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Les outils pour comprendre la mécanique humaine

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Le Laos, notre amour pour le communisme et les touristes  

No irony at all ;)
Nous avons eu la chance d'aller nous balader au Laos, et on vous dit tout, le bien comme le pourri, les bonnes rencontres comme les mauvaises, les trucs à faire... ou pas.

No spoiler
Pas envie de vous spoiler le contenu de cet épisode.
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Spoiler alert
Voici, en bref, les sujets dont on parle durant ce très long épisode:

La boucle de Mae Hong Son, au nord de la Thaïlande, à faire en scooter.
Mon petit coup de coeur sur la boucle, Ban Rak Thai, à la frontière de la Birmanie.
Le white Temple près de Chiang Rai (nord Thaïlande).
Luang Prabang, la ville clairement survendue (pour moi), ou on va voir des trucs qu'il y a partout ailleurs comme si c'était unique.
La petite cascade quand-même très mignonne près de Luang Prabang.
Vientiane, la capitale dont tout le monde dit qu'elle dort (pis ben... on est plutôt d'accord).
La bouffe, parce qu'on aime ça !
Les 4000 îles, notre petit coup de coeur genre "on a rien envie de plus qu'un coin tranquille, un hamac au bord du Mékong et une bière bien fraîche le soir...".
Les dauphins d'eau douce, qui sont trop mignons même si on les voit de loin.
Le kayak, parce que c'était funny.
Les chutes de... ben je sais plus, mais des grosses chutes qu'on va voir depuis les 4000 îles, qui sont assez symptomatiques des problèmes de tourisme massif en Asie.
Pleins d'autres trucs qui nous passaient par la tête en rapport avec le voyage.

Bonne écoute/vue !

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Le voyage, version critique et sans bullshit  

J'adore voyager. Vraiment. Tellement que j'ai même fait un podcast exclusivement sur le voyage pendant plus de 3 ans. Mais... y'a quand-même des trucs qui m'énervent un peu en voyage, genre ce que je lis sur certains blogs, certaines choses que j'entends de la part de voyageur ou non...
Et comme on était sur une jolie plage, que j'avais une caméra et des micros sous la main et que j'étais accompagné de ma petite soeur la meilleure du monde, c'était l'occasion parfaite d'en parler !
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Le voyage dans toute sa complexité
C'est super dur de parler de voyage. Pour avoir fait plus d'une centaine d'interview de voyageurs, je sais que tout ce qu'on dit est fortement biaisé. On sélectionne ce qu'on raconte, on le transforme (sans même forcément s'en apercevoir), nos sentiments évoluent avec le temps (pendant le voyage, juste après, 10 ans après), ça change en fonction d'avec qui on parle (critique ou non, on se la pète ou non, on sélectionne)... bref, c'est un peu le bazar.
Ce coup-ci, puisqu'on a une très forte tendance à être très analytiques dans nos façons de voir les choses, nous avons décidé d'aborder plein de thèmes à la suite, mais de façon très critique, voire trollesque, avec des angles pas toujours "en vogue", notamment chez certains blogueurs voyage.

Thèmes abordés

T'as pas peur de voyager ?
Le Starbuck, on y va ou pas ?
Les vraies rencontres de voyage.
Le storytelling.
L'authenticité (ou pas).
La vitesse de voyage.
Le vrai intérêt de certains trucs pour le voyageur rapide.
Le prix de certains trucs.
L'Asie c'est pas cher.
L'illusion de la culture.
Les marchés en Asie, entre les vrais, les faux, les authentiques...
Notre vision de la pauvreté.
Sortir des sentiers battus, bonne idée ou non ?
Cambodge, le pays du sourire.
Les blogs de voyage.
Les photos HDR (c'est le mal).

Blogs cités

Asiatrek, le blog de Laurent Houssin, à feuilleter sans hésitations.
One Chaï, le blog de Laurent Claudel, c'est juste très très très bon.
Curieuse Voyageuse, d'Aurélie Croiziers de Lacvivier, un style d'écriture que j'aime beaucoup !

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Pourquoi parler de Pékin ?  

Ça faisait super longtemps qu'on avait pas parlé seulement de voyage sur AnthroStory, et pour ceux qui l'ignorent, Voyagecast est l'ancêtre d'AnthroStory... et parlait seulement de voyage. Je profite de mon petit tour en Asie de cet hiver pour vous parler de mes découvertes, tout seul pour celui-ci, et avec ma petite soeur qui m'y a rejoint dans les prochains.
Du coup, rien de ce qui apparaît dans cet épisode n'est scientifique ni anthropologique, si le voyage et la découverte vous indiffèrent, passez votre chemin.
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Que faire à Pékin ?
A part perdre quelques années de vie à chaque respiration vous dites ? Oui, c'est du troll. Parce qu'on entend rarement parler de Pékin dans les médias, sauf quand le smog atteint des proportions post-apocalyptiques ou que Mark Zuckerberg parle en chinois. Bref, comme d'habitude, on vous vends bien ce qu'on veut...
Hors de ces clichés (en partie vrai, la pollution est flippante), il y a des trucs de fous à faire à Pékin, et c'est une escale de choix pour s'arrêter en allant ailleurs en Asie. Visa gratuit de 72 heures, métro ultra-moderne, la Cité Interdite, la muraille de Chine pas loin, des musées de fous, la place Tian'Anmen, le lac Hou Hai, le Palais d'été, le 798... sans compter les plats chinois, en restaurants ou dans la rue, les jolis petits hutongs (ou je me perds à chaque fois), les thés de fou à acheter...
Rien qu'à l'écrire j'ai envie d'y retourner. Pékin c'est génial. Vous pouvez même aller skier pas loin, c'est pas un truc de fou ?
Petit paragraphe en plein milieu pour parler sérieusement. Il y a une sorte de racisme anti-chinois latent en Europe, et sans doutes ailleurs. Clairement, la Chine est écrasante (et va écraser) tout ce qu'elle peut sur son passage. Clairement aussi, la façon de consommer des chinois peut nous sembler étrange, voire détestable. Mais... sérieusement, ça choque personne ? On a plus le droit d'être raciste (désolé pour ce mot) envers les noirs (et c'est bien entendu tout à fait normal et pas encore gagné), mais on a le droit d'être raciste envers les chinois ? Certaines remarques, autant en voyage que sur certains événements sont détestables et méritent qu'on y prête attention.
Ne pas oublier un petit truc non plus: on parle d'un pays d'une proportion continentale et d'une population (en Chine et à l'extérieur) qui représente plus de 20% de la population du monde. Autant dire que les traiter en bloc... c'est juste très con. Et aller en Chine, même juste à Pékin, c'est se rendre compte d'une richesse incroyable à tous les niveaux, d'une variété que peu de pays peuvent se vanter d'avoir.
Bref, c'est pas parce qu'on fait attention à ce qu'on dit (et qu'on pense) sur ceux qui sont différents mais plus proche de nous qu'on peut se permettre de raconter n'importe quoi sur les autres. Sans oublier de garder son esprit critique, mais ça c'est censé être évident...
Pour voir tout ça en vidéo, avec des prises de vues de malade et des photos incroyables (je m'emporte un peu, rien d'extra mais c'est sympa quand-même), c'est juste en-dessous.

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La science derrière Far Cry Primal, archéologie vs gameplay  

Vous avez aimé vous balader sur Oros ? Vous avez admiré les couchers de soleil, tué des mammouth ? Vous êtes-vous demandé si tout ça était bien scientifique, si Far Cry Primal tenait plus de l'imagination des studios d'Ubisoft ou de la science ? Pour en savoir un peu plus, nous avons interviewé Luc Doyon, un anthropologue qui a été consultant sur le jeu, la personne qu'il fallait pour en apprendre un peu plus sur la préhistoire.
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L'archéologie contre le gameplay... ou l'archéologie au service du gameplay ?
Quand un grand studio de jeux vidéo comme Ubisoft vient trouver un anthropologue spécialiste de la préhistoire, notamment des pointes taillées et de la chasse, tout ça pour faire un nouveau Far Cry, on est en raison de se demander pourquoi... Pourquoi aller trouver un anthropologue ? Que restera-t-il de scientifique à la fin de la conception du jeu ? Est-ce que ça va perturber l'image qu'on a tous de l'homme des cavernes ?

Les questions que nous avons posé à Luc Doyon et notes

Est-ce que c'est vrai qu'on peut refaire la préhistoire grâce à une découverte ?
Comment est-ce qu'on travaille pour Ubisoft en tant qu'anthropologue ?
Quel est l'aspect scientifique du jeu ?
Est-ce que se balader sur Far Cry Primal est la meilleure expérience d'exploration de la préhistoire ?
Qu'est-ce qui se passerait si des anthropologues avaient les mêmes outils que les créateurs de jeux vidéo ?
Far Cry Primal en réalité virtuelle (VR) sur plusieurs jours ?
Au lieu de la diète paléo, le weekend paléo !
Comment ça se faisait une lance au paléolithique ?
Ou est-ce qu'on situe cette histoire ?
Qu'est-ce qu'on utilise pour l’emmanchement des lances ?
Comment on s'habillait à l'époque ?
Comment est-ce qu'on construisait des abris ?
On doit imaginer 95% de ce qui manque dans les matériaux organiques, parce que seul la pierre reste longtemps.
Est-ce qu'on chassait vraiment le mammouth comme dans le jeu ?
Quelles sources scientifiques a-t-on sur ces moments de l'histoire ?
Est-ce que c'est possible d'avoir des tribus qui ont de tels écarts technologiques qui se rencontrent ?
Est-ce que la rencontre entre deux communautés se finissait toujours en violences ?
Quel est le coût de la guerre ?
Est-ce qu'un groupe d'une dizaine de personnes pouvaient vraiment survivre, ou est-ce que c'est trop faible ?
En fait, ce que nous apprends le jeu, c'est qu'il n'y a jamais eu de vrais débiles sauvages, ils n'auraient jamais survécu ?
Sans manuel d'instruction, même sans VR, on ne survivrait pas 15 minutes dans ce monde complexe.
Est-ce que c'est réaliste de voir des femmes chasser et faire la guerre ? Ou c'est un complot féministe ?
Est-ce que c'est bien que les anthropologues puissent être consultants sur des jeux vidéo ?

Sources conseillées par Luc Doyon (et Far Cry Primal)

Vous trouverez pas mal d'articles écrits par Luc Doyon sur cette page Académia
Jacques Jaubert, PREHISTOIRE DE FRANCE -1000.000 -7000
Marcel Otte, Cro Magnon
Marcel Otte (dir.), Néandertal / Cro Magnon : La rencontre
Robert L. Kelly, The Lifeways of Hunter-Gatherers
Bernard Chapais, Primeval Kinship - How Pair-Bonding Gave Birth to Human Society
Le jeu sur PC Far Cry Primal
Le jeu sur PS4 Far Cry Primal
Le jeu sur Xbox One Far Cry Primal

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Que deviennent les SDF ? #4 interdisciplinarité, terrain, université, fatalité  

Suite et fin de l'interview de Daniel Terrolle, anthropologue, avec qui nous tentons de répondre à cette question: que deviennent les SDF ? Après la révélation de sa conclusion dans l'épisode 3, nous revenons sur son enquête et sur les questions qu'elle laisse en suspend, avec quelques précisions.
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Forces et faiblesses de l'anthropologue
Cet interview fascinant, quoi que très complexe et aux conclusions tragiques, est cependant très intéressant à un grand nombre de niveaux.
Sans en faire la description totale, on pourrait dire que le premier niveau est le résultat de l'enquête. Dur, presque sans appel, il est étonnant, et le fait de n'avoir aucune statistique suffisamment précise n'aide pas. Pire que tout, l'absence de contrôle sur les résultats effectifs ou non des aides données aux sans-abris. De l'argent, oui, mais pas dépensé de la façon la plus efficace, et toujours les mêmes qui en profitent (pas les sdf).
Le deuxième niveau pourrait être l'absence de suites. Il faut bien une première enquête pour avoir un premier résultat, après tout, Daniel Terrolle pourrait être un pionnier, qui ouvre un vaste champ de recherches menant à des décisions politiques solides pour tenter de changer les choses. Malheureusement, l'impression finale est plus celle d'un prêcheur dans le désert qu'autre chose...
Le troisième niveau, c'est le besoin, qu'avait déjà évoqué Marc Abélès dans les interviews que nous avions fait ensemble, de diversité dans l'enquête ethnographique et anthropologique. Marc Abélès souhaitait voir plus de teams d'anthropologues, venant de régions et de cultures différentes, chose absolument nécessaire quand on enquête sur des problèmes européens. Daniel Terrolle, lui, avoue ses limites et son besoin d'être aidé par des statisticiens, des économistes et des journalistes d'enquête. En soit, ce n'est pas nouveau et il y a déjà des teams d'anthropologues et l'interdisciplinarité existe, mais l'image de l'anthropologue reste souvent celle d'un/une solitaire sur le terrain.
Le quatrième niveau, c'est celui des médias et du rôle que les anthropologues pourraient y tenir. Nous l'avons appris dans un épisode précédent, une médiatisation en pleine enquête a mis en "danger" ses sources, qui ne voulaient plus lui donner d'informations. Dans un même temps, Daniel Terrolle dit avoir été bloqué ou censuré sur certaines publications, et ses conclusions n'ont pas suffisamment alerté les médias et le public pour, éventuellement, avoir une pression politique dans son sens. La question du rôle de l'anthropologue et de son rapport avec les médias n'est pas nouveau sur AnthroStory, et nous y reviendrons souvent, après tout, on est un (très très très petit) média, nous aussi ;)

Citations
C'est risible, c'est drôle, mais c'est pas ethnographique.
La majorité de la réinsertion se fait dans la mort.
Ils ne peuvent plus vivre entre quatre murs, avec un toit.
C'est jamais les anthropologues qu'on invite à la TV.
L'université c'est ça, c'est devenu tellement académique que s'en est devenu rétrograde.
Toutes les sociétés mentent comme elles respirent, mais il est nécessaire de respirer pour vivre.
Pour une fois que quelqu'un s'intéresse aux conditions de production de l'anthropologie, il ne faut pas laisser passer le coup !

Sources

LE CACHALOT. Mémoires d'un SDF

L'arrière-cour de la mondialisation. Ethnographie des paupérisés, de Patrick Bruneteaux et Daniel Terrolle, disponible gratuitement ici.

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Que deviennent les SDF ? #3, don du corps à la science, marché de la pauvreté et statistiques  

Que deviennent les SDF ? Une question simple, posée par Daniel Terrolle, anthropologue. Ils reviennent dans la vie active, me direz vous. Oui, admettons. Mais combien ? En sachant qu'il y a un grand nombre d'associations avec la réinsertion comme objectif, il serait logique de penser qu'on a des statistiques précises sur la question.
Oui... mais non. Pas plus de statistiques sur le nombre de sans-abris qui meurent dans la rue. C'est ce qui a poussé Daniel Terrolle à enquêter sur le sujet, toujours plus profondément.
Attention, ceci est le troisième épisode de la série, pour le premier (ville dissuasive, et alimentation), cliquez ici, pour le deuxième (réinsertion, mort, presse et éthique), c'est par là.
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Que vaut un corps et ou il finit
Cet épisode commence vraiment hard, tout de suite, avec Daniel Terrolle qui, dans un concours de circonstances plutôt incroyable, entend une conversation téléphonique. Un corps a été dévié de la morgue à... ailleurs. Et ce n'est pas la première fois. C'est, naturellement, un corps de SDF. Ce qui le pousse à enquêter sur un sujet plutôt étrange: le don du corps à la science.
Suite à cette enquête, il va revenir sur le gros problème des statistiques, sur une thèse intéressante mais don la conclusion manque de pertinence... et sur le marché de la pauvreté. Aucun de ces sujets n'est joyeux, aucun est simple, pas un seul d'entre eux ne pose des questions encore plus grandes. Comme le dit Daniel, une seule vie ne suffit pas pour ces sujets.

Citations tirées de l'interview
Votre corps arrive, et alors qu'est-ce qu'il devient ? Moi, ça m'intéresse.

Ca part dans des caisses de soixante bras...

C'est pas devant qu'il faut étudier, c'est derrière !

C'était un peu hard quand-même...

Bien sûr qu'ils étaient déçu, même leur corps ne valait rien... dur.

On va lui injecter une potion secrète...

Le corps leur échappe, ils ne peuvent pas faire de rituel...

Il y a une sorte de vengeance post-mortem du gars qui a donné son corps à la science.

Elle est même pas reconnaissante cette conne de science !

Alors, j'essaie de collecter des photos de morts, alors bien sûr, je passe pour un mec morbide...

Il y a un malaise, il y a un malaise certain.

Vous vous rendez compte, symboliquement, ce que ça veut dire ? Une jeunesse qu'on oblige à s'assoir par terre comme des mendiants, putain, c'est insupportable pour moi !

C'est pas un complot, c'est une convergence d'intérêts.

Les français ne donnent pas de ceintures, je ne sais pas pourquoi, mais c'est comme ça !

Comment faire du fric en s'occupant des pauvres...
Source évoquée dans l'interview

Le site web pénombre, sur les statistiques, Daniel cite probablement ce billet "mais encore", lui-même la suite de celui-ci "espérance de vie, ou de mort".

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Que deviennent les SDF ? #2, réinsertion, mort, presse et éthique  

Dans le dernier épisode, indispensable à la compréhension de celui-ci (cliquez ici pour le trouver), nous avions parlé du début de l'enquête de Daniel Terrolle sur les SDF, avec comme question de base: "que deviennent les SDF ?". Entre l'alimentation et la ville dissuasive, il y avait de quoi débuter une enquête ethnographique. Dans cet épisode, nous parlons de la réinsertion des sans abris dans la vie "normale", de la mort des SDF, de la presse qui peut "casser" une enquête en cour et on finit sur l'éthique... relative de certaines personnes.
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La mort, la presse et la réinsertion
Comment sait-on qu'une réinsertion a marché ? C'est ainsi que nous avions finit l'épisode précédent. Si de l'argent est dépensé pour que les gens à la rue puissent revenir dans la vie "active", il serait bon d'avoir des statistiques précises sur le taux de réussite, ne serais-ce que pour comparer des techniques différentes. Pourtant... c'est pas si simple.
Pareillement, si les SDF meurent dans la rue (quelle que soit la cause du décès), il serait bien de savoir quel est leur nombre. Encore une fois, c'est une donnée complémentaire de l'insertion, si 80% des sans abris meurent dans la rue... alors c'est qu'elle ne fonctionne pas. Pourtant... c'est pas si simple.
Il est relativement rare qu'un anthropologue voit ses écrits apparaître dans la presse "grand public". Daniel Terrolle a eu la chance de voir son article repris par de grands médias... La chance, vraiment ? Pas sûr.

Citations

Il conclut que bon... ça ne fonctionne pas, mais ça faut pas le dire.
L'état leur file du fric sans obligation de résultats, et la réinsertion ne marche pas, mais ça faut pas le dire, tout le monde le sait dans le milieu, mais faut pas le dire.
Ils sont noyés, si je puis dire, dans l'ensemble des inactifs, donc pas de statistique de mortalité.
Et là, je me mets à enquêter sur la mort des SDF à Paris, alors c'est... extraordinaire.
Quand un bac +10 vous dit qu'il ne comprend pas votre projet, c'est à vous de comprendre qu'il ne veut pas le comprendre.
Je peux pas me transformer en cadavre pour faire de l'observation participante, c'est un peu difficile...
Dans un cimetière ou tout pourri, les corps pourrissent, l'administration qui s'occupe de la gestion des morts s'appelle la conservation. Je trouve ça délicieux.
Le mort avait deux têtes, trois bras... il y avait le corps du mec plus des restes anatomiques...
Les gens qui font de l'éthique, moi je m'en méfie, je trouve que c'est les plus salauds qui soient, mais bon...
Je cherche la vérité, si la vérité est gauchiste, j'y peut rien !
Réinsertion, mort, presse et éthique
caveaux à décomposition rapide

Sources

Le livre Les affranchis : étiquetés SDF, drogués, marginaux inemployables : ils s'en sont sortis
Le film Soleil vert

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Que deviennent les SDF ? #1 ville dissuasive et alimentation  

Que deviennent les SDF ? Sont-ils rapidement "réintégrés" à la "société" pour continuer une vie "normale" ? Meurent-ils de vieillesse dans la rue ? Sujet délicat, dérangeant parce qu'à nos portes, pour les quatre prochains épisodes, nous essayerons de répondre à ces questions avec notre invité, Daniel Terrolle, anthropologue.

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Ville dissuasive et alimentation
Dans ce premier épisode, Daniel Terrolle nous apprend comment et pourquoi il en est arrivé à cette question: "que deviennent les SDF ?". Dans les prochains, nous verrons comment son enquête à eu lieu, quelles ont été les difficultés qu'il a eu et, enfin, le résultat de son enquête.
Vous avez déjà entendu parler du concept de "ville dissuasive" ? Si vous êtes dans une grande ville, vous avez certainement déjà vu des réalisations qui correspondent à cette idée, sans le savoir, du genre, les "bancs à structures discontinues". Nous parlons aussi de l'alimentation des sans-abris et des alternatives offertes par certaines sociétés commerciales et de sa réception dans la rue.
Il s'agit d'un unique interview, coupé en quatre parties pour être plus digeste. Il vaut mieux les écouter dans l'ordre, afin de pouvoir suivre le cheminement de l'enquête et des difficultés que Daniel Terrolle a eues, ce qui est aussi intéressant pour les amateurs en anthropologie qui ne pensent pas forcément à la complexité de l'étude sur le terrain.

Citations

Je me suis dit: "mais là c'est pas possible, tu veux faire philo pour comprendre le monde contemporain, tu termine sur la philosophie médiévale, sur le sexe des anges, c'est pas la bonne orientation !".
Les frais de terrain étaient pas lourds, un ticket de métro... ça coûtait pas cher !
L'étude des pauvres ne coûte pas cher, enfin, cher en argent, elle peut coûter cher autrement, psychologiquement, c'est plombant, ça vous tire par les pieds, surtout quand en plus, vous découvrez que la majorité meurt prématurément, alors là ça finit de vous plomber à mort.
Comme quoi, vous voyez, les interprétations rapides sont fausses, et puis qu'on est toujours trop angéliques avec la société dans laquelle on est.
Témoigné de quelque chose qui a disparu, c'est compliqué.
Vous dites que ça les empêche de mourir, mais c'est faux, ils meurent dans la rue, et ils meurent tôt.
On appréciera les limites de la charité chrétienne. Dans la charité chrétienne, il faut toujours que le pauvre en chie un peu plus. Il faut l'aider, mais pas non plus lui rendre sa pauvreté confortable, sinon il n'a plus aucune envie de sortir de son état, bien évidemment.
La révélation des faits trouble, c'est insupportable, donc il ne faut pas le dire.
L'ethnologue n'est pas là pour enchanter sa société, et même que la pratique de l'ethnologie doit être subversive, elle doit critiquer les idées reçues, les idées toutes faites, les évidences acquises comme ça, etc.
C'est pas une crise, c'est une réforme performative du système.
Je me pose une question toute simple, mais que deviennent les SDF ?
J'ai deux sorties de l'exclusion, la réinsertion ou la mort.
Vous avez des dizaines de bouquins sur "comment faire la réinsertion", et parallèlement vous cherchez sur "bilan sur la réinsertion" ou "quid de la réinsertion réussie", rien. Intéressant, isn't it ?

Sources

L'article "La ville dissuasive : l’envers de la solidarité avec les sdf", écrit par Daniel Terrolle.
L'article "L’alimentation des sans-abri, entre autonomie et dépendance", par Carole Amistani and Daniel Terrolle.
Le livre de Martine Segalen. "L’autre et le semblable. Regards sur l’ethnologie des sociétés contemporaines." Textes rassemblés et introduits par Martine Segalen. Presses du CNRS, 239 p., 1989.

Cet article

Et toi, pourquoi t’es anthropologue ?  

Pourquoi vouloir devenir anthropologue ? Qu'est-ce qui motive à faire des études d'anthropologie ? Pourquoi s'intéresser aux sciences sociales / humaines ? On y répond, ou plutôt, nos invitées tentent de le faire...
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Pourquoi t'as voulu être anthropologue ?
Même s'il y a quelques digressions, c'est la question principale posée à nos invitées, Julie, Jade et Marion, toutes anthropologues ou dans leurs études d'anthropologie. Pourquoi ce choix ? Que veulent-elle faire une fois devenues anthropologues ? Le désir de transmission est-il présent ? Voire même le côté militant ?
La discussion est courte et mériterait débat, mais c'est un bon début !

Nos invitées
Pour une fois, c'est Anne-Laure qui lead la discussion, votre serviteur ayant préféré laisser sa place à quatre anthropologues bien mieux à mêmes de répondre à cette question. Pour ceux qui n'écoutent ni ne regardent Anthropodcast, elle est anthropologue et co-fondatrice d'Anthropodcast. Pour en savoir plus sur elle et sur ses recherches, cette épisode sur le barrage du Belo Monte au Brésil devrait satisfaire votre curiosité.
Julie est aussi anthropologue et a collaboré, dans l'ombre, à tous les interviews enregistrés sur Paris, encore en cours de diffusion sur notre podcast.
Jade est la seule à ne pas déjà avoir participé à un podcast, elle est anthropologue et a déjà réalisé plusieurs reportages, son prochain sera probablement présenté lors du prochain festival du Grand Bivouac en 2016.
Enfin, Marion, encore en plein dans ses études, mais qui est déjà venue sur Voyagecast / Anthropodcast. Elle nous avait parlé des Hadzabé et du tourisme en Tanzanie, nous éclairant sur la réalité de la vie de tous les jours, une fois les touristes rentrés à leurs hôtels... un épisode que je vous encourage à écouter, en allant sur cette page !
Et vous, pourquoi êtes-vous ou voulez-vous être anthropologue ?

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En route pour la Patagonie, avec Franck Michel  

La Patagonie, voilà encore un coin épargné du tourisme de masse, une terre qui respire l'aventure, la nature et la solitude, le South West ! Mais qu'est-ce qu'un anthropologue peut bien avoir d'intéressant à dire sur la Patagonie ? Après tout, c'est presque vide non ? Franck Michel, que vous avez déjà entendu sur Anthropodcast à plusieurs reprises, vient nous en parler, et il a de quoi dire, il a même écrit un livre dessus !
Vous pouvez utiliser le lecteur ci-dessous pour écouter:
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En Patagonie avec un anthropologue
C'est vrai que c'est étrange, pour avoir discuté avec énormément de voyageurs, (notamment grâce à Voyagecast ou j'ai interviewé des dizaines de voyageurs), et avoir pu parler de la Patagonie, presque personne ne m'a parlé de ses habitants. On cause de la météo parfois assez hard, de la route, de l'autonomie, de la nature, des glaciers... mais jamais d'humains. Pourtant, il y en a, et c'est d'eux qu'est venu nous parler Franck Michel.

Pour aller plus loin
Parce qu'on sait toujours le sujet de départ, mais pas forcément ou ça va finir, cet épisode n'a pas dérogé à la règle, on a exploré pas mal de sujets, mais toujours en parlant de voyage.
En effet, comment parler de Patagonie sans parler de Chili, et comment parler de Chili sans évoquer son histoire ou sa situation politique ? Et puis, Franck Michel est spécialisé dans l'anthropologie du tourisme, donc on en a parlé... beaucoup. Si l'affluence de plusieurs milliers de touristes a peu d'influence sur une mégapole, c'est vraiment très différents sur une petite ville côtière de Patagonie...
En même temps, la pêche au saumon n'étant pas en bonne forme économique, le tourisme peut être un bon plan de secours non ? Surtout que la pêche et l'élevage, dans ces conditions, n'est pas forcément le truc le plus écologique qu'on puisse imaginer... Mais en fait, on peut faire du tourisme, mais bien ?
Comme on est blogueurs, qu'on en connait pas mal (et qu'on en aime aussi), on en a parlé, comme d'expatriation par exemple. Bref, on a parlé de Patagonie, de voyage et de tourisme.
Si le sujet vous intéresse, Franck Michel a justement écrit un livre sur le sujet, "En route pour la Patagonie", que vous pouvez commander directement chez son éditeur sur cette page.
Pour ceux qui se demandent, oui, c'est de l'anthropologie, mais compréhensible par n'importe qui, agréable à lire et qui vous en apprendra énormément sur la région. Comme je l'avais déjà dit à plusieurs reprises, c'est le genre de livres qui vous donnent envie de voyager, mais de façon "intelligente", qui vous vend la destination sans vous la vendre... et c'est ça qu'on aime !
Si vous avez envie d'en avoir un avant goût, Franck Michel a écrit un superbe article "Tortel, étape amicale au bout du monde", que je vous encourage à lire, c'est juste génial.
N'hésitez pas à nous poser vos questions ou à faire des remarques !

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Terrain: c’est la fin  

Le titre aurait pu être "life and death of an anthropological journal", mais ça faisait un peu trop rock&roll ;) Cela fait maintenant trois épisodes que vous entendez parler de la revue Terrain, une revue sur l'anthropologie depuis plus de trente ans. Mais voilà... c'est la fin. Pourquoi ? Réponses avec notre invitée, Christine Langlois, rédactrice en chef de la revue Terrain.
Vous pouvez utiliser le lecteur ci-dessous pour écouter:
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Le tweet du 2 avril
L'origine de cette série d'interview et en fait... un tweet. Ouais, un tweet, sur l'anthropologie, fou non ? C'était le 2 avril, et je faisais ma veille média habituelle quand je tombe sur la phrase "la revue Terrain s'arrête en fin d'année". Et là, comme tous les deux avril, je me demande si c'est un tweet du premier retweetté un peu tardivement.
Comment en être sur ? En proposant un interview à sa rédactrice en chef, qui saura me fournir une réponse détaillée. Merci encore pour son accueil très agréable, sa disponibilité et sa totale franchise !

La fin d'une revue d'anthropologie
Maintenant que vous savez comment on commence une revue d'anthropologie, comment on l'alimente et quels sujets on traite, vous allez apprendre comment une revue... peut mourrir. On parle aussi des bibliothèque, de l'intérêt d'une revue papier face au web et de pleins d'autres petits sujets !
Trop de concurrence ? Pas assez de moyens ? Une base de lecteurs trop faible ? Trop de concurrence avec internet ? Manque d'intérêt général pour l'anthropologie ? Les aliens ? Vous allez le savoir dans ce dernier interview !
Si vous voulez vous abonner, n'hésitez pas, tous les moyens possibles sont sur cette page !

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Comment fabrique-t-on une revue d’anthropologie ?  

Vous le savez ? Nous si, depuis qu'on a discuté avec Christine Langlois, rédactrice en chef de la revue Terrain, revue française d'anthropologie. Elle nous explique un peu le fonctionnement de la revue, de la recherche de thème à la publication en passant par le choix de la couverture.
Vous pouvez utiliser le lecteur ci-dessous pour écouter:
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Comment on fabrique une revue d'anthropologie ?
Dans cet épisode, voici quelques questions auxquelles nous allons répondre:

Comment on cherche les thèmes ? Qui les trouvent et pourquoi ?
On commence combien de temps à l'avance à la construire ? En sachant qu'une recherche ou même une publication ne se commande pas en deux semaines, surtout quand on parle de terrain (en anthropologie).
Est-ce qu'on recherche tout ce qui a été écrit sur la thématique ou on commence tout de zéro ?
Est-ce que c'est toujours les mêmes auteurs, est-ce qu'on va les chercher dans d'autres langues et qu'on fait des traductions ?
Et surtout, pour les anthropologues qui nous regardent, quels conseils aurait-elle à donner pour ceux qui désirent publier leurs travaux ? Y-a-t-il des petites astuces ou techniques qui maximisent les chances de publication ?
Terrain étant une revue scientifique, comment fait-on pour vérifier les publications ? Y-a-t-il un système de revue par les pairs ? D'autant plus que certains sujets sont extrêmement spécialisés et que les anthropologues travaillent souvent en solitaire sur le terrain.

Nous parlons aussi des couvertures, chose très importante pour Christine Langlois et qui donne un cachet fabuleux aux revues !
Si vous désirez nous suivre par d'autres moyens, ils sont tous référencés sur cette page.
Si vous désirez en savoir plus sur la revue Terrain et même la lire en ligne, cliquez ici !
Merci de nous écouter/regarder, à dans deux semaines !

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Petite sélection de numéros de Terrain à lire absolument !  

La dernière fois, nous avions parlé de la naissance de la revue Terrain, une revue fort appréciée dans l'équipe d'Anthropodcast, une excellente source d'informations sur l'anthropologie. En tout, 65 numéros sont sortis sur 30 ans, et Christine Langlois nous fait sa petite sélection personnelle, de quoi vous donner envie de lire !
Vous pouvez utiliser le lecteur ci-dessous pour écouter:
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La sélection
Ceux d'entre vous qui ont écouté (ou regardé) notre épisode sur les Aliens et les anthropologues savent que le sujet nous intéresse... et justement, la revue Terrain en parle ! Ceux qui ont suivi le premier épisode d'AnthropoGames savent que le terrain des jeux-vidéo nous interpelle... et la revue Terrain a parlé de World of Warcraft (entre autre). Bref, on aime la revue Terrain ;)

Autre questions
Voici quelques autres sujets que nous avons évoqués avec Christine Langlois:

Quels sont les gens qui ont eu beaucoup d’importance dans la revue ?
Vous ne publiez des articles que de chercheurs francophones ?
En anthropologie, les OVNI sont un sujet comme les autres ou les chercheurs qui s’y intéressent sont classés dans les “chercheurs fous” comme souvent en “sciences dures” ?
Terrain est-il disponible sur le net ?
Qu’est-ce qu’internet a changé pour la revue Terrain ?
Quels numéros vous on spécialement plus ou marqués ?
C’est quoi un comité scientifique dans une revue ? Un conseil de rédaction ? Combien de personnes y travaillent ?

Comme d'habitude, n'hésitez pas à poser vos questions ou laisser vos remarques dans les commentaires !

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Comment la revue Terrain est-elle née ?  

On l'a souvent mentionné (et fortement regretté), il y a une absence relative de contenu sur l'anthropologie sur le net. Ça nous embête un peu, ça serait tellement plus pratique que de commander quatre tonnes de livres hors de prix pour préparer Anthropodcast !
Mais, il y a au moins une revue que nous chérissons, parce que tout son contenu est consultable ET recherchable (mot pas français, mais vous avez compris) sur le net, la revue Terrain ! Sur 30 ans, le nombre d'articles est hallucinant et couvre presque toutes les thématiques, de la plus convenue à la plus farfelue (farfelue au premier abord, le contenu est très sérieux). Bref, on aime Terrain, et on a profité de notre passage à Paris pour interviewer Christine Langlois, rédactrice en chef depuis le premier numéro. Dans ce premier épisode, nous nous intéressons à l'origine de la revue.
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L'origine du Terrain
Mauvais jeu de mots, je vous l'accorde.
En tant qu'observateur extérieur, il peut sembler étrange que la revue Terrain dépende directement du Ministère de la Culture, Christine Langlois revient donc sur le début de la revue. Je vais vous laisser écouter (ou regarder) l'épisode, mais, par exemple, vous saviez que Christine Langlois a commencé la revue en solo ? Mieux que ça, qu'elle s'est chargée de tout pendant six ans, soit 12 numéros ? C'est fou non ? Quand je vois le travail et le temps que demande Anthropodcast, je ne peux qu'avoir un grand respect pour ce travail monstrueux.
Entre autres, nous répondons aussi à ces questions:

Qui écrit la revue ?
Combien de personnes y travaillent ?
Quels sont les rapports avec la presse “classique” ?
On dit plus “cultures exotiques”, mais on dit quoi alors ?
Est-ce qu’il y a plus ou moins de chercheurs qui veulent être publiés sur Terrain ?
Est-ce qu’il y a d’autres revues comme Terrain en France ?
Combien d’articles ont été publiés par rapport aux propositions ?

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Anthropologie et scepticisme, copains ou pas ?  

La dernière fois, nous vous avions parlé de ce qu'est le scepticisme scientifique (ou zététique), une petite incursion dans la pensée critique. Mais nous n'avions que très peu parlé d'anthropologie. Cette fois-ci, nous essayons de voir si l'anthropologie et le scepticisme sont compatibles ou non. Et, bien sûr, on en profite pour explorer différents thèmes autour de la question, comme les OVNI lunaires ou les maisons hantées...
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On se fait des bisous ou on se tape dessus ?
Nous avions vu que le sceptique ne prends pas un simple témoignage comme une preuve de quoi que ce soit et qu'il va chercher les données à la source et essaye de reproduire les expériences. Problème: l'anthropologie, ça ne fonctionne pas vraiment comme ça. Même si l'image de l'anthropologue tout seul au milieu de la jungle habitant dans une communauté et revenant avec des histoires incroyables est un peu éculée, l'anthropologue travaille souvent seul sur le terrain. D'ailleurs, ses observations ne sont pas des expériences et ne sont pas forcément reproductibles. Du coup, que fait le sceptique ? Il rejette tout en bloc ? Il pense que les livres d'anthropologie ont plus à voir avec la science fiction qu'avec la science ?
Outre cette question, on va un peu plus loin dans notre discussion sur le scepticisme, on discute de quelques cas parfois comiques, de la différence entre émique et éthique, une discussion à la cool qui devrait vous donner envie d'en savoir plus sur la zététique et sur l'anthropologie. Notre invité est Jean-Michel Abrassart, tenancier du génialissime podcast Scepticisme Scientifique.
N'hésitez pas à commenter !

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Une anthropologue, un sceptique et des licornes  

Vous avez déjà entendu parler de scepticisme scientifique ? De zététique ? De pensée critique ? De démarche scientifique ou encore de rationalité ? Non ? Ca tombe bien, le nouvel épisode d'Anthropodcast est fait pour vous, vous saurez presque tout sur ces sujets. En invité, Jean-Michel Abrassart, du podcast Scepticisme Scientifique, qui répond à nos questions et nous éclaire sur des sujets parfois ardus, toujours avec simplicité et bonne humeur !
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Encore sceptique ?
Avant d'explorer les relations possibles (ou pas) entre le scepticisme et l'anthropologie, nous avons consacré un épisode entiers à la définition de la zététique, avec des questions qui vont parfois jusqu'à la philosophie. Si, pour certains auditeurs qui ont une formation scientifique, la pensée critique est une école de pensée connue et acceptée (quoi que...), la démarche scientifique est un concept étranger pour beaucoup d'autres. C'est pour cela qu'il nous semblait fondamental d'en parler, autant pour en explorer les recoins que pour en souligner l'importance (et son absence presque absolue dans les médias). Entre OVNI, conspiration, médiums et autres licornes (en passant par l'homéopathie), Jean-Michel Abrassart nous donne un bel état de la situation.

Questions
Voici quelques questions qu'on explore dans cet épisode:

Quelques infos sur le podcast scepticisme scientifique, sujets abordés, origine…
C’est quoi le scepticisme ?
En fait, les sceptiques essaient de savoir si des histoires assez marrantes (Loch Ness, OVNI) sont réelles, grâce à la science ?
Comment est-ce qu’on fait léviter une table ?
Quelle est la différence entre la zététique “française” et à “l’américaine” ?
Est-ce qu’il y a pas un problème avec l’enseignement de “la science” à l’école ? Tout le monde ne devrait-il pas être sceptique “naturellement”, au moins un peu ?
Il y a un truc qui me fait toujours rire dans ton podcast, qui m’a même pas plu du tout au début, c’est dans ta présentation “le balado de la science et de la raison”. Hors, je trouve ça super subjectif et pour le coup pas scientifique du tout quand tu dis “la raison”. Anne-Laure te dirait certainement que c’est très ethnocentré, et c’est pas faux. Personnellement, quand j’entends “la raison”, j’entends aussi que tous les autres ont forcément tort, alors que le sceptique fait aussi des erreurs, j’imagine, mais du coup si on est pas d’accord sur un argument, on a forcément tort, ou on est déraisonnables… En plus, au niveau temporalité c’est faux, tu pourrrais dire “le balado de la science et de la raison au moment de l’enregistrement”, non ?
Là on entre presque dans la philosophie, mais il me semble que si les sceptiques cherchent à détruire des croyances et des convictions si elles ne sont pas véridiques, c’est pour rendre les gens heureux, ou au moins moins malheureux. C’est un vaste débat, et je suis d’accord pour dire que les croyances ont amenées à ce qu’il y a de pire dans l’histoire humaine, on sait que c’est un moyen incroyable de contrôle des masses, mais les rends-ont plus heureuses pour autant ? Après tout, si j’ai envie de croire en Dieu, aux aliens et aux licornes, et que ça me rend heureux, pourquoi essayer de me convaincre du contraire ? Mon monde serait peut-être moins joli sans Dieu, sans aliens et sans licornes non ?
Du moment que tu es là, j’en profite de te poser une question qui m’est souvent venue en écoutant tes podcasts. Si on prends le monstre du Loch Ness ou les OVNI, il me semble que celà fait super longtemps que les scpeptiques étudient ces phénomènes pour en donner des explications scientifiques et contrer les théories spéculatives. Ca, je comprends, je comprends aussi qu’une nouvelle observation enclenche de nouvelles recherches. Mais pourquoi revenir sur de vieilles histoires qui ont déjà été travaillées ? Du genre, pour moi,

Société, culture, tradition, identité et ethnocentrisme… c’est quoi ?  

Vous sauriez définir la société, la culture, la tradition, l'identité et l'ethnocentrisme ? Pas si facile non ? Surtout quand on sait qu'on utilise souvent mal ces mots (ou qu'ils sont mal utilisés dans les médias). Trop chiant et compliqué d'ouvrir Wikipédia ? Pas de soucis, on les définit pour vous, aussi simplement que possible.
Ces mots étant souvent utilisés dans la littérature en anthropologie et en ethnologie, ce sont ces définitions que nous utiliserons, étayées par quelques citations d'anthropologues.
Pour les impatients, voici la version audio améliorée:

Société, culture... si facile à définir ?
De base, on se dit qu'on sait tous définir ces mots, après tout, on les entends souvent non ? Oui mais... non. Et pourtant, c'est important, très très important. Quand un politicien vous parle "d'identité", il veut dire quoi exactement ? Pareil pour "les traditions", choses qu'il faut, paraît-il, protéger... mais c'est quoi exactement ? D'ailleurs, on parle rarement d'ethnocentrisme, et c'est souvent un choix de mot loin d'être innocent. Taxer un politicien de "racisme" parle à tout le monde, dire qu'il est "ethnocentré" demande un peu plus de connaissances. Pourtant, on pourrait le dire de presque tout le monde... mais je vais vous le laisser découvrir.

Version écrite du dossier
Voici le dossier complet à l'écrit. Vous remarquerez quelques légères différences avec la version vidéo, mais c'est négligeable. Les sources sont plus bas.
Définir en 10 mn des concepts anthropologiques un peu compliqué pour y voir un peu plus clair, c’est ce que nous vous proposons aujourd’hui. Alors sans perdre de temps, c’est parti !

La société qu’est ce que c’est?
Tu me poses la question à moi?
C’était plutôt rhétorique mais vas y je t’en prie !
Ben moi je dirais que c’est un groupe d’humain qui vit ensemble.
Bonne réponse ! Bon ben plus besoin de moi alors…
Allez, je sais que je suis trop fort mais t’as pas une définition plus alambiquée comme aiment en faire les anthropologues, du genre tellement compliquée que tu l’oublies en 5 minutes ?
Si c’est ça que tu veux…
David Aberle, un anthropologue américain a proposé en 1950 de définir la société comme “un groupe d’être humains…
C’est ce que j’ai dis, pas besoin d’être anthropologue !
… pourvu de la capacité à auto reproduire son existence collective en fonction d’un système de règles pour l’action dont la durée de vie excède celle de chacun des individus qui s’y soumet”.
Ah ouais carrément…
Ouais, carrément. Maurice Godelier dit que « L’Homme est le seul animal social qui crée de la société pour vivre »
En gros le groupe de potes qui se retrouve pour jouer aux cartes tous les dimanches c’est pas une société…
Non
Mais si ces mêmes gars créent une confrérie secrète de joueurs de cartes, recrutent des gens et qu’après leur mort, des gens continuent de se réunir pour jouer aux cartes d’après les traditions qu’ils ont instauré, ca devient une société?
Oui…  Une micro-société.
Cool, ça me donne des idées :)
Comme l’explique Marcel Mauss, l’échange est l’essence même de la vie sociale. De même, les liens de parenté joue un rôle important dans l’organisation des sociétés car les relations qui lient les individus mettent aussi en rapport les différents groupes sociaux qui interagissent entre eux. C’est pourquoi les anthropologues ont beaucoup étudié les liens de filiation et d’alliance pour mieux comprendre l’organisation des sociétés humaines.
Chaque personne née dans une société qui existait avant lui et l'apprentissage de la langue des aînés sera un premier pas pour acquérir au fil du temps les traits culturels qui lui seront transmis.
Chacun transmettra et recevra différemment des éléments pourtant relatifs à un même groupe social parce que ça dépend de lui, des autres, du contexte sociétal,

Slow travel en Chine et image idéalisée du paysan  

Les deux dernières fois, nous vous avions parlé des ONG LGBT et des parents d'enfants malades mentaux en Chine. Ils font généralement partie de la classe "moyenne haute", et d'après vous, ou vont-ils en vacances ? En Europe ? Dans le reste de l'Asie ? Oui, mais pas seulement, en réalité, il y a beaucoup de tourisme chinois... en Chine ! Et d'après vous, quelle est un des style de voyage favori ? Si je vous dit que ces touristes chinois viennent souvent de grandes villes saturées de pollution, ça vous aide ?
Gagné, ils vont à la campagne, un bon moyen de se mettre au vert et de faire du slow travel... Monique Selim, anthropologue, nous parle de ce phénomène et de l'image idéalisée du paysan en Chine.
Vous pouvez utiliser le lecteur ci-dessous pour écouter:
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Slow travel et recherche de la vie paysanne idéalisée
C'est quoi le slow life, ou le slow travel ? Et d'ailleurs, ça a quoi à voir avec l'image idéalisée du paysan ? Réponses avec notre interview de Monique Selim, anthropologue, qui a étudié le phénomène en Chine.
Qu'en est-il vraiment, comment ce "tourisme vert" se construit ? Début de réponses dans ce podcast, même si le sujet mériterait qu'on s'y attarde plus longuement, comme tous les autres...
Si vous ne voulez louper aucun épisode d'Anthropodcast, n'hésitez pas à vous abonner, il y a pleins de manières différentes de le faire sur cette page !

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Anthropodcast et Voyagecast enfin réunis !  

Ça faisait un moment que ça cogitais dans ma petite tête, déjà pour savoir si c'était une bonne idée et ensuite pour savoir comment le faire techniquement, mais c'est désormais chose faite: Anthropodcast et Voyagecast sont enfin réunis !

Ce que ça change pour vous si vous êtes abonné à Anthropodcast

Vous avez désormais accès à la totalité des épisodes de Voyagecast en remontant le flux (en allant chercher les anciens épisodes sur votre App de podcast).
Vous aurez, de temps en temps, des épisodes qui parleront beaucoup plus de voyage que d'anthropologie, un excellent moyen de temporiser certaines thématiques complexes abordées et de rêver un peu d'ailleurs...

Ce que ça change pour vous si vous êtes abonné à Voyagecast

Vous avez accès à la totalité des épisodes d'Anthropodcast et de Voyagecast.
Désormais, vous recevrez les épisodes d'Anthropodcast et, en fonction de notre temps et des invités, des épisodes qui auraient été postés sur Voyagecast, mais que vous trouverez sur le même flux.

Pourquoi ?

Parce que certains épisodes d'Anthropodcast parlent de voyage, et que cela intéressera les auditeurs de Voyagecast, mais pour éviter de les poster en double, j'ai réuni les deux podcasts.
Parce que c'est plus simple pour moi, un seul site, un seul flux, un seul endroit pour les commentaires... j'aime les choses simples ;)
Parce que l'anthropologie c'est bien, donc écoutez-en ;)

Pourquoi réunir les podcasts sous la bannière d'Anthropodcast et pas de Voyagecast ?
Je pense que stratégiquement, prendre le nom de Voyagecast est plus vendeur et connu qu'Anthropodcast. Mais:

Anthropodcast est une association, c'est important pour pleins de raisons, et avoir une association qui ne porte pas le même nom que le contenu, c'est pas terrible.
Parce qu'au fond, on va quand même faire beaucoup plus d'épisodes dans la direction de l'anthropologie que du voyage, l'anthropologie restera la thématique principale, même si on mettra plein de voyage dedans ;)

Bref, vous avez compris l'essentiel, je vous invite à écouter mon micro épisode pour tout vous expliquer:

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Autisme, maladies mentales et travail social en Chine avec Monique Selim  

Après une petite escale du côté des ONG LGBT en Chine, Monique Selim nous raconte quelques expériences qu'elle a eu sur le traitement des maladies mentales comme l'autisme ou la schizophrénie, toujours en Chine. Il est toujours intéressant d'apprendre comment une société traites ses malades mentaux (qu'ils le soient en tant que malades ou autres dénominations), et de voir comment ça change sur le temps, ce que Monique Selim peut faire en tant qu'anthropologue.
Vous pouvez utiliser le lecteur ci-dessous pour écouter:
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ONG chinoises et maladies mentales
C'est encore un sujet complexe qui mériterait qu'on y revienne, mais c'est un avant goût de la question des maladies mentales (principalement de leur gestion par la société), que cela soit en Chine ou ailleurs. Comme d'habitude, nous ne saurons que vous conseiller la lecture d'articles sur le sujet si vous désirez en savoir plus, dont ceux de Monique Selim qui concernent principalement Canton. De même, la méthode dites "américaine" que Monique Selim critique mérite qu'on s'y intéresse au-delà du podcast, c'est la méthode ABA et une foule d'articles en parlent.

Références
Ces références ne se veulent pas exhaustives, mais c'est un bon début:

Vous pouvez commencer par cet article/interview de Monique Selim sur la gestion de l'handicap à Canton.
Le film cité et dont vous voyez la bande annonce est "A La Folie" du réalisateur Wang Bing.
Voici deux articles sur la méthode ABA qui vous en apprendront un peu plus, le premier est du Monde "autisme, une mise en garde contre la méthode ABA" et le deuxième est de Maxiscience "Autisme : la méthode ABA, une thérapie aux résultats prometteurs".

N'oubliez pas de poser vos questions en commentaire !

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