Chronique des Matières Premières

Chronique des Matières Premières

France

Céréales, minerais ou pétrole, les ressources naturelles sont au cœur de l’économie. Chaque jour, la chronique des matières premières décrypte les tendances de ces marchés souvent méconnus. ** Cette chronique s'arrête du 29 juin au 30 août 2015. ** Retrouvez les sujets traités par cette émission sur RFI SAVOIRS = http://savoirs.rfi.fr/

Episodes

Un nouveau carburant à base d'huile alimentaire usagée  

Le géant français du pétrole Total s'associe à Suez, le spécialiste de l'eau et des déchets pour fabriquer un nouveau biodiesel à partir d'huiles alimentaires usagées. Mais il faudra compléter largement avec des huiles végétales - de colza, ou plus sûrement de palme. Ne jetez plus vos huiles de fritures, elles peuvent faire rouler vos voitures ! Total a mis au point un nouveau procédé pour en faire un biocarburant que l'on peut mélanger sans limite au diesel, ce qui n'était pas possible avec le diester de colza, limité à 7% dans les moteurs, pour des raisons techniques. Ce nouveau procédé d'huiles végétales hydrogénées (HVO), le géant français du pétrole y consacre son ancienne raffinerie de La Mède, près de Marseille. Et c'est le spécialiste de l'eau et des déchets, Suez, qui fournira à Total les huiles alimentaires usagées. Un gisement important, 100 000 tonnes en France : moins de la moitié pourtant est recyclée, principalement par le concurrent de Suez, Veolia, mais en biodiesel classique. Suez ne peut pour l'instant mettre à disposition de Total que 1 500 tonnes d'huile alimentaire usagées.   Le groupe promet d'organiser la collecte auprès des restaurateurs et des particuliers pour qu'ils lui livrent leur huile usagée. Mais à l'arrivée il manquera toute de même 60 à 70% de l'huile nécessaire pour faire tourner l'usine de La Mède. Le complément sera donc fourni par l'huile végétale la moins chère du marché : l'huile de palme.   Le nouveau biocarburant, même fabriqué en partie à partir de déchets d'huiles, ne sera donc que pour une petite part de deuxième génération. La filière de première génération, celle du colza, avec son diester classique, ne se prive pas de le rappeler. Elle dénonce le fait qu'il faudra importer en France beaucoup d'huile de palme pas forcément durable alors qu'on produit en Europe de l'huile et des tourteaux de colza.   Total répond que la France importe de toute façon près de la moitié de sa consommation de biodiesel et qu'il y a de la place pour tout le monde. Les deux filières partagent en revanche la même inquiétude sur le projet de la Commission européenne de diviser par deux le pourcentage de biocarburants de première génération dans les moteurs d'ici 2030.

La production d'or plafonne mais pas de panique  

La production des mines d'or a baissé pour le deuxième trimestre consécutif par rapport à l'an dernier. Certains estiment qu'on a déjà dépassé le «pic or», et que la production d'or ne fera plus que régresser.   Moins de 847 tonnes d'or ont été extraites du sous-sol de la planète au troisième trimestre, et c'est la deuxième baisse consécutive par rapport à l'an dernier. Il n'en faut pas plus pour faire ressurgir la théorie du « pic or », comparable à celle du « peak oil » pour le pétrole : le niveau maximum de production aurifère serait atteint et précéderait un déclin inexorable des ressources en or. Il est vrai que la production plafonne en ce moment, la teneur des gisements d'or connus est de plus en plus faible, moins d'un gramme par tonne de minerai charrié. Trouver de nouveaux gisements n'est plus la priorité des groupes miniers, le niveau actuel des cours du métal jaune, 1170 dollars l'once contre près de 1900 dollars en 2012, ne leur permet plus les dépenses d'investissement somptuaires du début des années 2000, parce qu'ils sont endettés. Des ressources qui ne manquent pas Pour autant la ressource en or ne manque pas dans le sous-sol. L’exploration en Afrique se poursuit. Et toute recrudescence des prix n’est pas improbable si l’inflation repart, l’approbation par la finance islamique des placements adossés à l’or pourrait même doper la demande, plutôt molle en Asie aujourd’hui. De quoi justifier dans les années qui viennent la mise en route de nouveaux projets dans des pays inexplorés, estime Christian Hocquard, économiste des métaux. « Il y a d’autres pays, d’autres mines. Il suffit que des pays s’ouvrent à l’exploration. Je pense en particulier à la Colombie. En Colombie, dès que les accords avec les FARC vont être trouvés, si la paix s’installe, ça va générer un boom de l’exploration. Vous avez l’Asie du Sud-Est qui s’ouvre : Laos, Birmanie… tous ces pays sont à découvrir. Et puis regardez le boom en Afrique de l’Ouest : il continue malgré les risques avec Aqmi, c’est même étonnant. » Pas de risque de pénurie de métal précieux, donc, surtout si l’on considère le stock accumulé sur terre sous forme de bijoux et de lingots, ainsi que le développement accéléré du recyclage. La ressource en or est loin de se tarir, même si la production plafonne en ce moment.  

Mexique: le pari du pétrole  

Ce lundi, le Mexique lance les premières enchères sur ses champs en eaux très profondes. Un test pour une industrie pétrolière mexicaine en pleine refondation. C’est un peu le pari pétrolier mexicain. Ce troisième round d’appels d’offres du Mexique aux compagnies étrangères depuis la libéralisation de son industrie pétrolière, il y a deux ans, est le plus ambitieux parce qu’il s’agit non plus de champs terrestres, ou en eaux peu profondes, mais cette fois d’une quinzaine de champs en eaux très profondes. Ils nécessitent plus que jamais l’aide technique et les financements des compagnies privées étrangères. La zone est très prometteuse : elle a la même géologie que le golfe du Mexique sous souveraineté des États-Unis, mais elle a été très peu sondée. La compagnie nationale mexicaine, Pemex n’en avait pas les moyens seuls. Elle est endettée à près de 100 milliards d’euros. Preuve de l’intérêt de la zone, les compagnies les plus puissantes sont sur les rangs : BP, Chevron, ExxonMobil, ENI, Lukoil, Shell, Statoil, Total, la Chinoise CNOOC, sont préqualifiées individuellement ou en consortium. Des doutes qui subsistent Mais le résultat des enchères est encore incertain, les autorités de Mexico proposent un montage inédit de coentreprise avec la compagnie nationale Pemex, notamment pour l’exploitation du joyau Trion, le plus prometteur. Or la compagnie mexicaine inquiète encore, malgré son engagement à réduire sa dette d’ici 2019 et malgré la révision à la baisse des exigences de garantie en capital demandées aux investisseurs étrangers. La création d’un organe de régulation saura-t-elle rassurer ? Toujours est-il que ces enchères sont un test d’une importance majeure pour l’industrie pétrolière mexicaine : il s’agit d’enrayer le déclin de la production nationale, à son plus bas niveau depuis 1980, avec guère plus de deux millions de barils par jour. C’est aussi un enjeu économique, alors que les relations commerciales avec les États-Unis risquent de se tendre. Et un enjeu politique pour le chef d’État issu du PRI Enrique Peña Nieto, au plus bas dans les sondages, à quelques mois de la présidentielle de 2018.

Plan social chez un géant du poulet en Afrique du Sud  

En Afrique du Sud, l'industrie de la volaille souffre de la concurrence des importations. L'un des plus grands producteurs supprime plus d’un millier d’emplois.   Plan social chez un géant du poulet en Afrique du Sud : RCL Food supprime 1 350 emplois, plus de la moitié des effectifs de ses usines du Kwazulu Natal. Toute l'industrie sud-africaine de la volaille souffre. Particulièrement cette année : les prix du soja et du maïs pour les élevages ont flambé à cause de la sécheresse en Afrique australe, or l'aliment, c'est 60 % du coût de revient d'un poulet. Difficile dans ces conditions pour la volaille sud-africaine de rester compétitive face à la volaille étrangère : les importations ont augmenté de plus de 30 % pendant les six premiers mois de l'année, après avoir déjà progressé de 20 % en 2015. Un quart du poulet consommé en Afrique du Sud n'est pas produit localement. 45 % des poulets importés d'Europe Parmi les achats sud-africains à l'étranger, c'est le poulet du Brésil qui l'emporte : 43 % des importations. Viennent ensuite, mais loin derrière, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et l'Espagne. Le poulet de Pologne fait son apparition en Afrique du Sud. Au total, l'Europe représente 45 % des importations sud-africaines, majoritairement des morceaux non désossés. Quant au poulet des Etats-Unis, il fait un timide retour en Afrique du Sud, depuis le mois de mars, après 15 ans d'absence. Pretoria a fini par céder pour conserver les avantages de l'AGOA, l'accord de libre-échange des Etats-Unis avec l'Afrique. Au total sur les six premiers mois, près de 290 000 tonnes de volailles ont été importées en Afrique du Sud. L'industrie locale se plaint de l'absence de droits de douane dignes de ce nom : 10 000 tonnes de poulet importé, estime-t-elle, ce sont 1 000 emplois sud-africains perdus.  

Café instantané: le Brésil n'est plus le champion incontesté  

A court du robusta, l'industrie brésilienne du café instantané n'est plus compétitive. La concurrence grandit jusqu'en Chine. Le Brésil n'est plus le champion incontesté du café instantané. L'industrie caféière brésilienne manque de robusta, la sécheresse a réduit la récolte de ce type de café, appelé « conilon » au Brésil, à son plus bas niveau depuis dix ans. Or c'est le robusta qui est utilisé dans la fabrication des poudres solubles de café instantané. Les autorités brésiliennes découragent totalement les importations de café robusta de l'étranger, les taxes sont de 30 %, complètement rédhibitoires. Du coup l'industrie brésilienne du café instantané n'a plus de matière première suffisante, elle a cessé de conclure des contrats avec ses clients au-delà du mois de décembre ! Pendant ce temps les concurrents sont en embuscade. Le Mexique et la Colombie, autres pays caféiers, n'ont de leur côté aucune contrainte pour importer des grains de robusta du Vietnam pour leur industrie du café instantané. Mais c'est la Chine qui pourrait profiter le plus de la faiblesse de l'industrie brésilienne. La ville de Chongking, dans le sud-est chinois, vient de se doter d'une usine de transformation qui pourra produire 10 000 tonnes de poudre de café, la plus grande unité du pays à ce jour. La Chine ne produit que très peu de café, mais elle importera du robusta du Vietnam, le champion mondial de cette variété. La cité chinoise de Chongking ambitionne à terme de devenir un hub mondial du commerce du café, grâce à une bourse créée en juin dernier. Avec ses voies ferrées dirigées désormais vers l'Allemagne, la Chine pourrait un jour, qui sait, transporter autant de café soluble vers l'Europe, que le Brésil.

Huile de palme: Amnesty International dénonce les conditions de travail  

Travail forcé, travail des enfants... Amnesty international a recueilli des témoignages dans les plantations indonésiennes qui accablent le géant de l'huile de palme Wilmar. Après avoir été accusé de détruire la forêt par Greenpeace, le géant singapourien de l'huile de palme est cette fois pointé du doigt pour non-respect des droits humains. Amnesty International a interrogé 120 ouvriers de cinq plantations et usines qui fournissent Wilmar dans les provinces de Kalimantan et de Sumatra. Les conditions décrites par Sabine Gagnier s'apparentent au travail forcé, avec des objectifs de résultat irréalisables. « On leur demande de récolter un très grand nombre de kilos de fruits par jour. S'ils ne remplissent pas leurs objectifs, leur charge de travail est reportée à celle du lendemain. S'ils se plaignent de leur condition de travail, ils sont menacés de ne pas être réemployés ». Du coup les enfants sont sollicités par leurs parents, ils portent des charges lourdes, manipulent des produits dangereux. Quant aux femmes elles travaillent à la tâche, sans protection sociale... Pas tout à fait la définition de l'huile de palme durable, à laquelle Wilmar s'est engagé en collaboration avec The Forest Trust depuis 2013. Directeur de cette fondation, Bastien Sachet reconnaît qu'il reste encore beaucoup de problèmes à régler. « Wilmar c'est une entreprise à travers laquelle transitent 45 % du volume d'huile de palme mondial. C'est un peu comme si on s'attaquait à l'Everest : il y a énormément de travail. Les premières problématiques auxquelles on a été confronté, c'est bien sûr les problématiques de lutte contre la déforestation. Il y a eu un gros travail en interne chez Wilmar pour voir où sont les plus gros risques et engager un dialogue avec les fournisseurs, qui a parfois abouti à une exclusion des fournisseurs les moins bons. La partie sociale, c'est une partie complexe qui, je dois dire, n'a pas été forcément la partie qui a été regardée en premier. » Mais le rapport d'Amnesty International pourrait accélérer les choses, Wilmar a déjà réagi en demandant à l'ONG de l'aider, en collaboration avec les autorités indonésiennes, à mettre fin à ces violations du droit du travail, dans les plantations et les usines d'huile de palme qui le fournissent.

Le gaz naturel liquéfié, solution pour l'Afrique en mal d'électricité  

L'Afrique souhaite importer du gaz naturel liquéfié, pour alimenter ses centrales électriques. Les projets de stockages flottants se multiplient, comme en Côte d'Ivoire. La Côte d'Ivoire pourrait devenir à partir de 2018 la principale porte d'entrée du GNL, le gaz naturel liquéfié, en Afrique de l'Ouest. Le but est de fournir en gaz, peu cher en ce moment et moins polluant que le charbon, deux nouvelles centrales électriques, à Songon et Grand Bassam, dans la région d'Abidjan. Le tout à partir d'une unité flottante, installée à Vridi, pour stocker et regazéifier le GNL. Comme l'explique Anne-Sophie Corbeau chercheuse au Kapsarc, le centre saoudien d'études et de recherche pétrolière, l'unité flottante est plus adaptée aux pays en développement qu'une usine de regazéification sur la terre ferme : « C'est un bateau qui peut recevoir un autre bateau, décharger la cargaison et ensuite facilement envoyer le gaz regazéïfié pour le marché. Ce bateau, si on n'en a plus besoin, il s'en va. Donc pour les pays qui n'ont pas beaucoup de capitaux, c'est parfois la seule solution, ils ne peuvent pas débourser 1 ou 2 milliards d'euros pour construire un nouveau terminal de regazéification. Il est beaucoup plus facile pour eux de payer la location de ce bateau annuellement. »   La compagnie française Total a pris la tête du projet ivoirien, signe que le débouché africain devient intéressant pour le gaz naturel liquéfié, qui viendrait du Qatar ou des Etats-Unis et par la suite d'autres pays gaziers d'Afrique.   L'Egypte importe du gaz naturel liquéfié de cette manière depuis l'an dernier, pour combler ses besoins en électricité, en attendant que ses propres nouveaux champs gaziers entrent en production. C'est la solution qu'envisagent également le Ghana, le Sénégal, le Maroc, le Kenya, l'Afrique du Sud et le Soudan.

La mangue africaine redevient incontournable en Europe  

Une mangue sur six consommée en Europe provient aujourd'hui d'Afrique. La progression est croissante malgré la persistance en Afrique de l'Ouest d'un fléau, la mouche du fruit.   La mangue africaine redevient incontournable en Europe. La mangue latino demeure prééminente, Brésil (46 0000 tonnes à ce jour) et Pérou (70 000 tonnes) restent les premiers expéditeurs de mangues vers l'Union européenne. Mais l'appétit des Européens pour ce fruit ne cesse de grandir : ils devraient consommer 300 000 tonnes de mangues en 2016, d'après les chiffres de FruitTrop, la revue du Cirad. L'espace pour la mangue africaine s'élargit.   Et les pays producteurs d'Afrique de l'Ouest répondent présents ! La saison n'est pas encore finie mais l'on estime à plus de 50 000 tonnes les quantités de mangues que la Côte d'Ivoire, le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso ou la Guinée expédieront en Europe cette année : une mangue sur six consommées en Europe sera africaine. Et une mangue sur dix sera ivoirienne. La Côte d'Ivoire a doublé ses exports vers l'Europe en quelques années (à 30 000 tonnes).   C'est une véritable prouesse, étant donné le fléau qui touche encore la mangue : la mouche du fruit. La mangue latino n'est plus très concernée, son premier marché, les Etats-Unis, ont imposé un traitement par le froid contre cet insecte sur le sol même des fournisseurs d'Amérique latine.   Rien de tel en Europe, mais les colis infestés sont en général stoppés à leur entrée dans l'Union. Or le nombre de ces colis est en baisse, particulièrement grâce à la Côte d'Ivoire, qui est parvenue à enrayer le phénomène en développant des techniques préventives et insecticides : seuls deux colis infestés ont été saisis à leur entrée dans l'Europe, contre 62, il y a encore deux ans. Le Sénégal (passé de 11 colis infestés en 2014 à 2 colis sur 8 500 tonnes en 2016) a également progressé en la matière. Il est vrai que l'Harmattan a balayé la pression parasitaire en 2015-2016.   Pourtant le Mali et le Burkina Faso n'ont pas bénéficié de ce coup de pouce météo, ils ont subi une recrudescence des colis infestés par la mouche du fruit à leur entrée en Europe, peut-être due, suggère Pierre Gerbaud, expert du Cirad, au contexte politique plus difficile.  

Minerais du sang : un réglement européen timide  

La législation de l'Union européenne pour lutter contre les minerais du sang est prête. Les ONG saluent ce règlement européen, mais déplorent ses lacunes et le délai de mise en application, reportée à 2021. Plus de six ans après les États-Unis, l’Europe a enfin son règlement pour lutter contre les minerais du sang, ceux qui financent les conflits armés. Après des semaines de négociations avec la Commission de Bruxelles, le Parlement et le Conseil européens sont parvenus à un accord sur le texte final, ébauché en juin dernier, et ils devraient l’adopter dans les semaines prochaines. Les entreprises européennes y sont contraintes de veiller à ce que leur approvisionnement en or, en étain, en tantale et en tungstène ne finance pas les conflits, et ce partout dans le monde — contrairement à la loi Dodd Frank aux États-Unis qui se concentrait sur la seule région africaine des Grands Lacs. Un texte insuffisant, soulignent les ONG En revanche, le texte européen ne s’appliquera qu’à partir de 2021 et il comporte de grandes insuffisances soulignées par les ONG. Pourquoi seulement ces quatre métaux, et pas par exemple le cobalt, où le travail des enfants a été signalé dans les mines ? Sabine Gagnier, chargée de plaidoyer Entreprises et droits humains chez Amnesty International, qui mène le collectif d’associations, regrette aussi l’instauration d’un tonnage en dessous duquel les entreprises n’auront aucun compte à rendre : « Ces seuils vont exempter un certain nombre d’entreprises, par exemple les bijoutiers ou les dentistes, et ça va permettre du coup à un certain nombre de produits qui représentent des millions d’euros de pouvoir rentrer dans l’Union européenne sans faire l’objet d’aucun contrôle. » Seuls les importateurs de métaux bruts visés Autre critique que les entreprises puissent déléguer à une plateforme collective la fiabilité de leur approvisionnement en ces quatre métaux, ce qui diluera leur responsabilité juridique. Enfin, et cette lacune était connue dès le mois de juin, contrairement à la loi américaine, le règlement européen ne vise que les importateurs de métaux bruts, pas les importateurs de composants contenant de l’or, du tantale, du tungstène ou de l’étain, ni les entreprises qui commercialisent les objets objets finis. On est encore loin de pouvoir acheter un bijou ou un téléphone en Europe les yeux fermés, en étant sûr que les métaux qu’ils contiennent n’ont pas financé un conflit ou une infraction aux droits de l’homme dans le monde.  

Bruxelles veut moitié moins de biocarburants de première génération en 2030  

Dans un projet de directive, la Commission européenne divise par deux son objectif de biocarburants de première génération, accusés d'émettre plus de CO2 que l'essence ou le Diesel. Un compromis qui ne satisfait personne   Bruxelles veut moitié moins de biocarburants de première génération pour 2030. Mais le projet de directive européenne ne satisfait ni les écologistes ni la filière européenne des biocarburants. Le biodiesel, fabriqué à base de colza ou d’huile de palme, et le bioéthanol, extrait de la betterave, du sucre ou du blé, ne devront plus dépasser 3,5 % de la totalité des carburants dans les transports européens en 2030, contre 7 % prévus initialement. À l’origine, l’incorporation de ces biocarburants de première génération avait été encouragée pour limiter la part des carburants fossiles, essence et Diesel, dans les transports, un quart des émissions de gaz à effet de serre en Europe. Mais un rapport a depuis conclu que le remède pouvait être pire que le mal si l’on tenait compte des émissions de CO2 provoquées par le changement d’affectation des sols, notamment la disparition des forêts et des tourbières, au profit de l’huile de palme, importée en complément pour alimenter les moteurs européens. Une décision qui ne passe pas Cet été, Bruxelles avait du coup tout bonnement décidé d’exclure le biodiesel et le bioéthanol de ces objectifs en 2030. Le fait que la Commission projette finalement de maintenir leur incorporation, même réduite de moitié, fait donc enrager l’association écologiste Transport et Environnement. Mais les producteurs européens de colza ne sont pas non plus satisfaits de ce compromis de Bruxelles. Si le débouché du colza, qui s’est imposé dans les rotations, est à ce point réduit, le prix de l’huile de colza va s’effondrer. La survie des exploitations céréalières européennes est en jeu autant que les usines de diester. On produira moins de tourteaux de colza pour le bétail européen et l’on importera encore plus de tourteaux de soja du Brésil. Les biocarburants de deuxième génération ne sont pas prêts à prendre le relais, utiliser la paille pour faire du carburant plutôt que de l’épandre sur les sols entraînera par ailleurs un usage plus important d’engrais, estime Didier Nedelec, directeur général d’Offre et demande agricole. Il aurait peut-être été plus judicieux d’exclure l’huile de palme des calculs d’incorporation dans les carburants européens.  

Les OGM prennent peu à peu racine au Nigeria  

Au Nigeria, la culture des OGM vient d'être approuvée par l'Académie nationale des sciences, qui souligne l'enjeu de sécurité alimentaire. L’Académie nigériane des sciences vient au secours des OGM, après les manifestations monstres du printemps au Nigeria contre Monsanto, qui les commercialise. Le Nigeria devrait être le cinquième pays d’Afrique à se lancer dans leur production commerciale, après l’Afrique du Sud, le Burkina Faso, l’Égypte et le Soudan. Pour l’instant, seuls des essais ont été réalisés, de maïs OGM, de riz, de niébé et de manioc. Mais le processus avance avec une loi sur la biosécurité l’an dernier, et aujourd’hui le blanc-seing de l’Académie nigériane des sciences : les OGM sont « sains à produire comme à consommer », estiment les chercheurs nigérians. « Les bénéfices à en tirer l’emportent sur les inquiétudes » qu’ils peuvent inspirer : il s’agit de « doper l’agriculture nigériane » pour nourrir moitié plus de personnes dans 15 ans au Nigeria, soit 260 millions d’habitants. Un impact qui reste à mesurer L’augmentation des rendements n’est pourtant pas le principal avantage trouvé aux OGM par une autre Académie des sciences, celle des États-Unis, eldorado de ces cultures : aucune preuve, selon la recherche américaine, que le tonnage a progressé plus vite aux États-Unis grâce aux OGM qu’en Europe avec la simple sélection variétale sans OGM. Il n’empêche qu’on récolte depuis cinq ans aux États-Unis, et malgré la sécheresse, une tonne de plus à l’hectare qu’en France, selon Agritel, le rendement du maïs OGM est le double du maïs conventionnel en Afrique du Sud ou au Nigeria, selon le Groupement national interprofessionnel des semences en France. Les semences transgéniques sont certes plus chères, c’est ce qui fait revenir certains agriculteurs américains aux cultures conventionnelles depuis la chute des cours des céréales, mais les semences Bt nécessitent bien moins de pesticides, puisqu’ils sont intégrés à la plante. C’est ce qui avait rendu le coton transgénique si populaire auprès des agriculteurs au Burkina Faso, avant qu’on ne découvre qu’il rétrécissait la fibre blanche. Mesurer l’impact positif ou négatif des OGM imposera, reconnaît l’Académie nigériane des sciences, une « vigilance sur leurs effets à long terme », au Nigeria comme ailleurs.

Thon, sardine et maquereau mettent en difficulté la conserve en France  

Les trois piliers de la conserve de poisson vacillent en France : on manque de thon, de sardine et de maquereau. Les prix s'envolent. La boîte de sardine, de thon ou de maquereau va-t-elle devenir un luxe ? Les conserveries françaises ont en tout cas des difficultés à se fournir, ces trois poissons sont rares et chers la même année. Le prix mondial du maquereau a grimpé de 35% par rapport à l'an dernier, le thon albacore et le thon blanc valent 40% de plus, le prix de la sardine s'est envolé de 50% ! Trop petite ou peu grasse en 2015-2016, la sardine de l'Atlantique. L'institut Ifremer a commencé des recherches pour comprendre le phénomène. En attendant, le prix pour les conserveries augmente, d’autant que la demande concurrente de sardine ou de maquereau congelés est très forte en Afrique de l'Ouest et en Asie.   Les captures de maquereau sont également en baisse et pour la deuxième année consécutive, avec la baisse des quotas en Norvège, en Irlande et en Ecosse. Les captures de thons elles aussi diminuent. Les bonnes pratiques de pêche se répandent : limitation du nombre de bateaux, suivi par satellite, avec observateurs à bord.   Des investissements coûteux pour à l'arrivée moins de quantités pêchées, souligne Pierre Commère, directeur général de l'industrie de la pêche à l'Adepale. « Traditionnellement, quand on fait des investissements c'est pour augmenter le chiffre d'affaires, augmenter les volumes, mais là, c'est l'inverse : dans le monde de la pêche, on investit pour pêcher mieux, mais aussi pour pêcher moins ! Du coup, on arrive à des coûts qu'il faut amortir sur des quantités moindres. Au bout du compte, il est normal qu'on ait une inflation importante sur les matières premières. C'est logique, c'est structurel. Mais maintenant, il faut arriver à ce que tout ça puisse être payé tout au long de la filière, que ce soit les fabricants de conserves, les distributeurs et les consommateurs ».   L'avertissement est lancé aux enseignes de la grande distribution à la veille des grandes négociations annuelles, alors que les trois piliers de la conserve de poisson vacillent en même temps et que la conserverie de maquereau de Boulogne, au nord de la France, est au bord de la faillite.

La pénurie de billets de banque en Inde fait bondir les cours du coton  

Les cours mondiaux du coton ont grimpé de 5% la semaine dernière. En cause, la disparition des gros billets en Inde, le premier producteur mondial de fibre. La pénurie de billets de banque en Inde fait bondir les cours du coton. A la bourse de New York, la livre de fibre a terminé la semaine à 72 cents et demi contre 69 cents la semaine précédente, une hausse de 5%. Raison principale, l'Inde a fourni moitié moins de coton depuis début octobre que l'an dernier, or elle est le deuxième exportateur mondial de fibre. Les paysans indiens ne livrent pratiquement plus de coton depuis le 8 novembre. Ce jour-là le Premier ministre indien annonce le retrait des billets de 500 et de 1000 roupies pour lutter contre l'économie souterraine. Depuis, c'est un peu la désorganisation générale, le géant indien manque de coupures. Or les paysans veulent être payés en cash. Alors en attendant que la circulation des billets revienne à la normale, ils s'assoient sur leurs balles de coton. Les ventes de coton indien à la Chine, au Bangladesh et au Pakistan, ses plus gros acheteurs, sont en baisse. C'était pourtant une période plus favorable aux exportations indiennes qu'aux exportations américaines de coton, étant donné la chute de la roupie face au dollar. Les perturbations dans les expéditions de coton indien ne devraient pas durer plus d'une quinzaine de jours, l'envolée des prix de la fibre sera momentanée. Car le bilan mondial du coton reste lourd. Les Etats-Unis ont beaucoup produit, la zone franc et la Turquie également, ce qui compense largement la récolte indienne, inférieure à la moyenne depuis deux ans. Surtout 18 millions de tonnes de stocks encombrent encore le marché international, la consommation mondiale n'est pas suffisante pour les éponger rapidement, ce qui pèse sur les prix mondiaux de la fibre naturelle, depuis quatre ans maintenant. L'absence de grosses coupures en Inde aura plus de conséquences sur les récoltes de céréales d'hiver du géant asiatique, les paysans manquant d'espèces pour acheter les semences.  

Le retour de la grippe aviaire bouleverse déjà le commerce de la volaille  

La grippe aviaire H5N8 sévit à nouveau dans huit pays européens. Encore épargnée, la France prend des précautions. Mais le commerce international de la volaille est déjà freiné.   Une nouvelle épidémie de grippe aviaire traverse l'Europe et elle a déjà des conséquences sur le commerce international de la volaille. Huit pays d'Afrique, d'Asie et d'Europe extra-communautaire (Afrique du Sud, Israël, Hong Kong, Corée du Sud, Japon, Singapour, Bosnie-Herzégovine et Serbie) ont déjà décidé un embargo sur la volaille et les œufs en provenance d'Allemagne et de Hongrie, où le virus H5N8 vient d'être détecté, dans des élevages de canards et de dindes. La grippe aviaire ne s'est jamais transmise à l'homme par la consommation de viande de volaille, et pour l'heure cette souche H5N8 n'a jamais fait de victime humaine. Mais elle est contagieuse et fatale pour les volatiles.   Depuis la découverte du premier cas sur une oie sauvage en Russie, l'épidémie progresse vite, au rythme des oiseaux migrateurs : tous les pays sur leur trajectoire sont menacés, du Moyen-Orient à l'Asie du Sud et à l'Afrique de l'Ouest. Vers le sud, la grippe H5N1 a déjà rejoint l'Inde où elle sévit dans les élevages du Kerala ; vers l'ouest, des oiseaux sauvages contaminés ont été repérés en Pologne, en Croatie, au Danemark, aux Pays-Bas.   La France est indemne pour l'instant. Mais le gouvernement a monté le niveau d'alerte dans les communes qui accueillent des oiseaux migrateurs, en imposant la protection des élevages. Deux mois seulement après la fin du confinement des oies et des canards du Sud-Ouest français, déjà frappé par les virus H5N1, N2 et N9 l'an dernier, ce qui a amputé d'un quart la production 2016 de foie gras.   Les Etats-Unis doivent eux aussi se préparer à un retour de la grippe aviaire, avertit l'Organisation internationale de la santé animale (OIE), deux ans après avoir dû abattre 50 millions de volatiles, ce qui avait provoqué chez les Américains une pénurie d'œufs.  

Les besoins de pétrole ne peuvent pas être comblés dans 25 ans selon l'AIE  

Malgré les engagements pris dans l'Accord de Paris sur le climat, la consommation de pétrole va continuer d'augmenter jusqu'en 2040. La production pétrolière pourrait même ne plus suffire aux besoins, estime l'Agence internationale de l'Energie. Dans moins de 25 ans, on ne produira peut-être pas assez de pétrole pour contenter la demande mondiale, avertit l'Agence internationale de l'Energie, l'AIE. Difficile de le croire aujourd'hui, le marché pétrolier est encombré d'excédents de brut qui écrasent les cours. Mais d'ici 2040, assure l'Agence, les besoins de pétrole vont continuer de croître, même si les Etats respectent leurs engagements de l'Accord de Paris visant à ralentir le réchauffement climatique, et donc à limiter leur consommation d'énergies fossiles. Si les pays industrialisés baissent leur consommation de 12 millions de barils par jour, les pays en développement en consommeront 19 millions de barils supplémentaires. Le tiers de cette croissance aura lieu en Inde, la Chine consommera plus de pétrole que les Etats-Unis... dans moins de 15 ans ! Non pas que ces pays asiatiques ne fassent pas d'efforts comme en Occident pour imposer par exemple la voiture électrique, mais le carburant des camions et des avions restera très difficilement substituable, le pétrole demeurera encore longtemps la base de l'industrie plastique, en plein essor dans ces pays. Quant à l'Afrique des villes, elle remplacera de plus en plus par du gaz de pétrole liquéfié sa consommation de charbon de bois. Face à cette hausse programmée des besoins en pétrole, il faudra renouveler l'offre, puisque les gisements se tarissent naturellement : on perd tous les deux ans l'équivalent de la production entière d'un pays comme l'Irak. Or les cours du brut sont trop bas, aujourd'hui, pour motiver les nouveaux investissements en exploration-production : ils ont chuté deux années de rang. Une troisième année de déclin des dépenses de l'industrie pétrolière l'an prochain, et le renouvellement de l'offre pétrolière ne sera pas suffisant pour couvrir les besoins en pétrole de la planète dans moins de 25 ans, conclut l'Agence.

Israël veut pouvoir exporter en toute liberté son gaz  

Israël vient de lancer (mardi 15 novembre) un appel d'offres sur 24 nouveaux champs gaziers au large de ses côtes. L'objectif est de donner à l'Etat hébreu la plus grande marge de manoeuvre possible pour exporter librement son gaz. Israël espère que les compagnies répondront nombreuses à son appel d'offres gazier, malgré la conjoncture pétrolière et malgré les mauvais souvenirs des démêlés juridiques autour du précédent appel d'offres. Car Israël ambitionne de doubler ses réserves de gaz. Six ans après la découverte des gisements géants de Tamar et Leviathan, l'Etat hébreu ne peut toujours pas exporter son gaz librement : quand on enlève les 60 % réservés à la consommation nationale et le contrat de fourniture à la Jordanie, Israël n'a plus assez de gaz pour financer une usine de liquéfaction et expédier ce gaz naturel liquéfié par bateau, où bon lui semble. Pour l'instant, rappelle Pierre Terzian, de Petrostratégies, Israël dépend de la Turquie ou de l'Egypte pour écouler son gaz : « N'ayant pas découvert suffisamment de gaz pour pouvoir exporter en toute indépendance via la liquéfaction - parce que ça coûte cher de construire une usine de liquéfaction - les Israéliens n'ont que deux choix et deux seulement : exporter vers la Turquie, mais il faut espérer que les relations avec la Turquie resteront bonnes, or le passé récent a montré qu'il y a des risques énormes. Deuxième option : l'Egypte, mais cela veut dire aussi qu'Israël accepte de dépendre politiquement et économiquement de l'Egypte pour liquéfier son gaz dans des usines égyptiennes et l'exporter. Donc, les deux options présentent des inconvénients. » Pour l'instant, Israël ménage toutes les options pour exporter son gaz, le mois dernier il était encore question d'un gazoduc avec la Turquie. Mais les autorités israéliennes espèrent que leurs nouvelles enchères gazières leur donneront la possibilité d'exporter leur gaz liquéfié jusqu'en Europe de l'Ouest. Verdict en mars 2017.

Trump retourne à nouveau le marché de l'or  

Donald Trump avait fait bondir les cours de l'or au lendemain de son élection. Depuis une semaine, la politique de relance annoncée par le nouveau président élu fait plonger les prix du métal précieux. L'or plonge depuis jeudi alors qu'il avait bondi très fortement tout de suite après le résultat du vote aux Etats-Unis. En moins d'une semaine, Trump a retourné deux fois le marché du métal précieux, à la hausse puis à la baisse ! Au lendemain des élections américaines, les investisseurs se ruent vers l'or, inquiets, désarçonnés par la victoire du candidat républicain. Le métal jaune bondit de 5 %. Il crève le plafond des 1 330 dollars l'once. C'est l'effet panique de Trump sur l'or. Mais à peine le président élu chiffre-t-il sa relance budgétaire, que la situation s'inverse. 1 000 milliards de dollars de dépenses publiques pour les chantiers d'infrastructures, cette évocation laisse imaginer une accélération de la croissance américaine, les investisseurs reprennent le goût du risque et le chemin des marchés d'action, ils cessent de stocker de l'or. D'autant que la monnaie américaine atteint son plus haut niveau en onze mois. Rien de bon pour les matières premières, dont l'or, libellé en billet vert. La chute du métal précieux ne fait que s'accélérer vendredi après la déclaration du vice-président de la Réserve fédérale : la FED juge que les perspectives économiques américaines sont plus que jamais favorables à une hausse graduelle des taux d'intérêt. Un crédit plus cher, et l'or perd de son intérêt, puisque d'autres placements retrouvent de la rentabilité, d'où la désaffectation actuelle pour le métal précieux. Une tendance baissière qui a commencé en juillet dernier, depuis que l'on prévoit un resserrement de la politique monétaire aux Etats-Unis. Au troisième trimestre, la demande mondiale de métal précieux a d'ailleurs chuté de 10 % par rapport  à l'an dernier. La tendance à la baisse des cours de l'or se poursuit donc, après un redressement éphémère au lendemain de l'élection. Désormais, Donald Trump pourrait mener les cours du métal jaune sous la barre des 1 200 dollars.

Les engrais ont leur premier contrat à terme à la Bourse d'Euronext  

La France est le deuxième utilisateur au monde d'engrais azotés. Ce lundi, la Bourse des matières premières d'Euronext lance le premier contrat au monde sur ce produit.   La cloche résonne exceptionnellement depuis que les transactions sont électroniques, mais la Bourse des matières premières d’Euronext, dans le quartier de la Défense désormais, fête la naissance d’un nouveau produit : le contrat à terme sur les engrais azotés. La France, grande productrice de céréales et de betterave sucrière est le deuxième utilisateur au monde d’engrais azotés, derrière les États-Unis. Or le prix de ce fertilisant peut fluctuer de 50 % dans la même année, en fonction des prix du gaz naturel, qui entre dans sa composition, et surtout en fonction des volumes commandés au dernier moment par les agriculteurs - et là, c’est la météo et la trésorerie de la ferme qui décident... Anticiper les besoins Les négociants d’engrais azotés attendaient donc impatiemment de pouvoir assurer les risques qu’ils prennent sur des cargaisons entières d’engrais. « C’est un produit qui ne se détruit qu’au printemps et avec des possibilités de stockage limitées, souligne Eric Le Texier, responsable des ventes chez Ameropa, négociant suisse d’engrais. Donc, nous qui devons anticiper toute cette logistique, et anticiper le besoin de l’agriculteur, nous devons prendre des risques. Nous devons arriver avec des bateaux de 25 000 tonnes quand nos clients prennent des positions sur la base d’un camion de 30 tonnes, donc on a une échelle de 1 à 1 000 sur un risque financier : si le marché descend et qu’on a un produit en stock, on se retrouve dans une situation financière très délicate. »   Les négociants d’engrais, mais aussi les coopératives agricoles et l’industrie chimique des engrais sont les autres destinataires naturels de ce nouveau contrat d’Euronext sur la solution azotée. Livraison du contrat possible dans les entrepôts de Rubis Terminal au port de Rouen, première porte d’entrée en Europe pour les engrais azotés, fabriqués notamment en Russie.  

La Côte d'Ivoire suspend les ventes de cacao devant la chute des cours  

Les cours du cacao sont au plus bas depuis trois ans. Le Conseil du café cacao de Côte d'Ivoire interrompt les ventes. Devant la chute des cours du cacao, la Côte d'Ivoire suspend les ventes. Des sources de négoce le confirment : la «messagerie», le système électronique par lequel le Conseil du café cacao (CCC) propose des contrats par anticipation aux exportateurs, ne permet plus d'accéder aux volumes de fèves de Côte d'Ivoire, le premier producteur mondial. Le Conseil du café cacao espère-t-il par cette interruption réveiller les prix mondiaux ? Les cours ne cessent effectivement de chuter depuis l'été, après avoir bondi au printemps pour cause de récolte intermédiaire catastrophique, après le passage d'El Niño. Désormais on s'attend au contraire à une bonne récolte principale - celle qui a commencé en octobre, et sans doute à une bonne récolte intermédiaire, dans la foulée : la pluie est au rendez-vous et les rendements s'améliorent, avec la généralisation de meilleures semences et de meilleures pratiques agricoles (450 kilos à l'hectare en moyenne contre 300 kilos auparavant). Or la demande de chocolat stagne dans les pays importateurs, on s'attend à un surplus de cacao cette année.   Dégringolade énorme   Du coup les cours dévissent. A seulement 2 050 livres sterling à la bourse de Londres, marché de référence pour le Conseil du café cacao, la tonne de fèves vaut aujourd'hui 20% de moins qu'au moins de juillet. Une dégringolade énorme, en livre sterling qui plus est. Etant donné la chute de la monnaie britannique par rapport à l'euro, le revenu en franc CFA des exportations de fèves s'est effondré. Or le Conseil du café cacao doit garantir que le prix versé au producteur, lui, restera à son niveau record de 1100 francs CFA le kilo, quitte à verser une compensation aux acheteurs.   L'équation semble difficile à résoudre pour l'organisme public ivoirien si les prix mondiaux du cacao ne remontent pas. Il lui reste encore à vendre sur le marché spot un reliquat de la dernière récolte principale, et presque toute la récolte intermédiaire passée. En réservant pour l'instant cette maigre récolte aux broyeurs locaux, et en interrompant les ventes par anticipation de la récolte 2017-2018 qui n'a pas encore poussé, le Conseil du café cacao gagne du temps. Le temps qui permettra peut-être aux cours de l'or brun de repartir à la hausse.  

L'élection de Donald Trump secoue les marchés de matières premières  

La victoire de Donald Trump a fait bondir les prix de l'or et du cuivre, mais chuter ceux du pétrole et des céréales. L'élection de Donald Trump a secoué les marchés de matières premières, surpris eux aussi par le résultat du scrutin. Quelle sera la politique économique du nouvel hôte de la Maison Blanche ? Beaucoup d'incertitudes encore. D'où la ruée des investisseurs vers l'or, la matière refuge, qui a gagné 5%. L'once dépasse désormais 1330 dollars. Le candidat Trump avait promis de relancer les infrastructures aux Etats-Unis, d'où la hausse d'une autre matière première : le cuivre, très utilisé dans la construction, a bondi de 2% en une journée. Pour le reste, les matières premières ont plutôt accusé le coup. Donald Trump a promis un retour au protectionnisme, de mauvais augure pour le volume des échanges mondiaux, d'où le repli du cours des céréales, déjà mal en point selon Michel Portier, directeur général d'Agritel. « L’élection de Trump, avec le risque de voir les Etats-Unis se replier sur eux- mêmes… les Etats-Unis étant premier producteur au monde de soja et premier producteur au monde de maïs, ça va ralentir les échanges mondiaux, c’est plutôt baissier. Mais ça ne fait que rester dans la tendance : le monde est largement alimenté en matières premières agricoles. » La crainte d'un ralentissement du commerce mondial a également fait chuter le pétrole sous les 45 dollars. D'autant que Donald Trump veut que les Etats-Unis produisent des hydrocarbures sans limites, rappelle Pierre Terzian de Pétrostratégie, de quoi aggraver l'excédent mondial : « Il est en faveur du développement à mort du pétrole et du gaz aux Etats-Unis. Il dit : "nous avons des ressources pour 100 ans, 200 ans, 300 ans, on ne va pas faire une croix là-dessus". Donc il est favorable à toutes formes de déréglementation pour que l’industrie du pétrole et du gaz travaille ». Un rebond des prix du pétrole pourrait pourtant intervenir si Donald Trump dénonce la levée des sanctions contre l'Iran, comme il l'a promis. Ce serait pour le coup un vrai siphonnage du marché pétrolier ! Cela dit, le président Trump ne mettra peut-être pas en œuvre toutes les promesses du candidat Donald.

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