Chronique des Matières Premières

Chronique des Matières Premières

France

Céréales, minerais ou pétrole, les ressources naturelles sont au cœur de l’économie. Chaque jour, la chronique des matières premières décrypte les tendances de ces marchés souvent méconnus. ** Cette chronique s'arrête du 29 juin au 30 août 2015. ** Retrouvez les sujets traités par cette émission sur RFI SAVOIRS = http://savoirs.rfi.fr/

Episodes

Le maïs américain, l'arme du Mexique contre Trump  

Face à la nouvelle politique commerciale de Donald Trump, le Mexique réplique. Son arme : les exportations de maïs américain. Dès son arrivée au pouvoir, Donald Trump a annoncé sa ferme intention de renégocier l’accord de libre-échange qui unit les États-Unis, le Mexique et le Canada. Le président accuse l’ALENA d’avoir précipité la désindustrialisation des États-Unis, en détruisant des emplois. Pour se défendre, le Mexique a trouvé une arme de poids. Il menace de ne plus acheter de maïs américain. Après l’essence, le Diesel et le gaz naturel, le maïs est, en effet, le produit américain le plus importé par le Mexique, qui en a acheté en 2016 pour 2,3 milliards de dollars. Vers d’autres débouchés Il faut dire que le maïs américain coûte 198 dollars la tonne, contre 210 dollars pour le brésilien et 217 dollars pour l’argentin. Des grains de maïs jaune destinés, essentiellement au bétail. À la recherche d’autres débouchés, le Mexique pourrait donc se tourner vers le Brésil, l’Argentine ou le Canada. Objectif : remplacer d’ici les trois prochaines années 100 % des achats de maïs américain. Un coup dur pour les cultivateurs américains, car le Mexique est leur principal marché d’exportation. Des exportations qui ont été multipliées par quatre depuis 1994, date de l’entrée en vigueur de l’ALENA. Près de 60 % de la production américaine est concentrée dans l’Iowa, le Kansas, le Missouri et le Nebraska. Ces États du Middle West, qui ont voté majoritairement pour Donald Trump, ont décidé de se mobiliser. Ils ont été rejoints dans leur combat par d’autres producteurs agricoles. Le soja, le blé et le porc américains pourraient également payer la politique commerciale de Donald Trump.

Brésil: le scandale de la viande avariée pèse sur les exportations  

Quelques jours après le démantèlement d'un vaste réseau de commercialisation de viande avariée au Brésil, Hong Kong, la Chine et le Chili ont décidé de suspendre les importations de ses produits. Des importations qui sont restreintes au sein de l'Union européenne et en Corée du Sud. Un coup dur pour le pays. Le Brésil est confronté à un scandale de viande avariée. Près d’une vingtaine d’entreprises brésiliennes, spécialisées dans le conditionnement de viandes, sont suspectées d’avoir exporté de la viande infectée de salmonellose. Une pratique réalisée avec la complicité de fonctionnaires des autorités sanitaires. Ce scandale tombe au pire moment pour un pays en récession depuis près de deux ans. Premier exportateur mondial, le Brésil redoute de voir ses ventes s’effondrer. D'autant plus qu'après le gigantesque marché chinois, Hong Kong est le plus gros importateur de bœuf brésilien et le cinquième importateur de volaille. Un marché de 15 milliards de dollars. Le secteur de la viande emploie plus de 7 millions de personnes et représente 15 % des exportations brésiliennes. Le Brésil pourrait donc faire face à une perte potentielle de 3,5 milliards de dollars. L’équivalent de 0,2 % du produit intérieur brut. Pour d'autres pays, dont les filières de viande sont soumises à des exigences sanitaires fortes, cela pourrait au contraire créer des opportunités. C'est le cas notamment de la France. Les industriels français du bœuf et de la volaille sont déjà sur les rangs.

Madagascar: la récolte de vanille menacée après le passage d’Enawo  

Le cyclone Enawo qui a ravagé, la semaine dernière, l’île de Madagascar, tuant 78 personnes, pourrait avoir un impact sérieux sur la culture de la vanille, dont Madagascar est le premier producteur mondial.   Jusqu’à 30% de la récolte de vanille serait endommagée ou détruite, par la pire tempête, qu’ait eu à affronter Madagascar, ces treize dernières années. Le cyclone s’est déchaîné sur l'île, au pire moment, pour la culture de la vanille.   Le commerce mondial de cette épice qui pèse, aujourd’hui, un milliard trois cents millions de dollars par an, est déjà à flux tendu. Les prix sont à un niveau record, en raison d’approvisionnements mondiaux, très serrés.   L’an dernier, le prix de la vanille de Madagascar, a doublé, pour atteindre 500 dollars le kilo, contre à peine 20 dollars le kilo en 2010. A titre de comparaison, le kilo de cette épice en Papouasie-Nouvelle-Guinée est à 210 dollars.   Les exportateurs de vanille de l’île redoutent, que les cultivateurs commencent à récolter, leur production avant maturité. Cueillies trop tôt, séchées artificiellement, les gousses perdent, en effet, de leur qualité.   Avec des prix élevés et une production de mauvaise qualité, la saison s’annonce catastrophique. Ile pauvre de l’océan indien, Madagascar assure plus de 80% de la production mondiale de la vanille. Pour bon nombre de spécialistes, il faut, donc, s’attendre à ce qu’il n’y ait pas assez de vanille, pour répondre à la demande mondiale.   Une mauvaise saison va, également, priver la population malgache de son principal revenu. La filière emploie directement 200 000 personnes, à cela il faut ajouter les emplois indirects.   En 2015, l’île a tiré plus de 300 millions de dollars de recettes du commerce de la vanille.

Le boom des métaux industriels  

Les cours des matières premières ont bondi ces derniers mois. Les investisseurs n’avaient pas investi autant, depuis 2014, sur ces marchés. L’annonce du projet de Donald Trump de développer des infrastructures y est pour beaucoup.   Preuve, de la bonne santé du secteur, l'indicateur de référence, du marché mondial des matières premières, l’indice de Standard and Poor’s GSCI, a augmenté de 20% en un an. Le minerai de fer a bondi de 17% sur douze mois. Le cuivre enregistre, également, une hausse de 26%.   Pourquoi ce retour en force, des métaux industriels ? Les investisseurs parient, sur les promesses de relance de Donald Trump. Son soutien à des programmes d'infrastructures, et aux industries extractives américaines, a fait bondir les cours des métaux industriels.   Au premier trimestre, les flux d’investissements sur les matières premières, devraient s’envoler de 50%, sur un an, pour atteindre 395 milliards de dollars, selon les estimations de la banque Citigroup. Un montant sans précédent depuis juin 2014.   Mais tout n'est pas joué. La politique monétaire américaine pourrait changer la donne. La Fed, la Réserve fédérale américaine a, en effet annoncé, la semaine dernière, une remontée progressive, de ses taux directeurs.   Et quand la Fed relève ses taux, les investisseurs affluent vers le dollar. Ce qui renforce le billet vert. Et comme les matières premières sont libellées en dollar. Un dollar fort dissuade les achats de matières premières, de la part des pays qui n'ont pas cette devise, pour monnaie.   Pour le moment, on en est encore loin. La Fed n'a remonté ses taux que d'un quart de point. Et le dollar reste plutôt faible sur les marchés. Résultat : les cours du cuivre, de l'aluminium, du plomb, de l'étain, du nickel et du zinc ont enregistré une hausse.  

L’Europe fait un pas dans la lutte contre l’importation des «minerais de sang»  

Le Parlement européen a adopté une nouvelle réglementation sur certains minerais dits minerais de sang. Les entreprises importatrices de l'Union doivent désormais garantir qu'il n'y a pas de lien entre leur chaîne d'approvisionnement et les conflits armés. La réglementation qui n'entrera en vigueur qu'en janvier 2021 est déjà considérée comme insuffisante par certaines ONG. Les entreprises européennes se doivent de garantir que les minerais qu’elles importent ne financent pas les conflits armés. La nouvelle réglementation est contraignante pour les sociétés  qui se trouvent en début de chaîne de production, y compris les fonderies et les raffineries. Ce sont les autorités compétentes de chaque Etat membre de l'Union européenne qui veilleront à ce que le règlement soit bien respecté. Elles devront aussi décider des sanctions éventuelles en cas de non-conformité. Les minerais visés  sont le tungstène, l’étain, le tantale et l’or. Importés surtout d'Afrique, ils sont indispensables à la production d'objets de la vie quotidienne comme les téléphones portables, les ordinateurs ou les réfrigérateurs. Les métiers qui importent de faibles volumes seront toutefois exemptés. C’est le cas des dentistes et des bijoutiers artisanaux. Les Organisations non gouvernementales jugent toutefois ce texte insuffisant. Elles regrettent notamment que la réglementation européenne exclue la majorité des entreprises qui importent des produits finis contenant ces minéraux. En effet, seules les entreprises de plus de 500 employés qui fabriquent ou vendent des produits finis seront tenues de communiquer sur leurs pratiques d'approvisionnement. Cette nouvelle réglementation s'inspire d'un article de loi adopté en 2010 aux Etats-Unis qui contraint les entreprises américaines à davantage de transparence quant à leur exploitation de ces minerais. Mais, peu après son arrivée au pouvoir, le président américain Donald Trump a signé en février un décret qui suspend cet article.

Glencore étend son contrôle sur le zinc africain  

Le géant suisse du négoce et des mines Glencore cède ses participations dans deux mines de zinc, en Namibie et au Burkina Faso. Pour mieux contrôler la commercialisation du zinc, un métal très rémunérateur. Glencore étend son contrôle sur le zinc africain. Pourtant, le géant suisse du trade et des mines cède ses parts dans deux gisements de zinc, Perkoa au Burkina Faso, et Rosh Pinah en Namibie. Mais Glencore les cède à son partenaire sur ces mines, la petite société canadienne Trevali, dans laquelle Glencore acquiert 20 % d’actions supplémentaires. Surtout Glencore garde la main sur tout le concentré de zinc qui sortira de ses gisements et qu’il sera chargé de vendre. « Ce qui compte pour le groupe suisse, trader encore plus que mineur, c’est la commercialisation plus que l’exploitation », commente Christian Hocquard, économiste des métaux. Déjà leader sur le marché du zinc, Glencore accroît de cette manière son contrôle sur ce métal industriel essentiel, champion des métaux l’an dernier avec plus de 60 % de hausse des cours. La relance du bâtiment en Chine et la reprise mondiale du secteur automobile ont accru la demande de zinc, au moment même où les plus grandes mines de zinc au monde fermaient, Lisheen en Irlande et Century en Australie. D’où la flambée des prix du métal gris. Au point qu’un projet de réhabilitation de la mine australienne est en cours pour reprendre la production et racler tout le zinc qui lui reste. L’Iran veut à son tour développer le gisement géant de zinc de Mahdiabad. En Afrique, Glencore laisse à Trevali le soin d’exploiter encore 14 ans la mine namibienne de Rosh Pinah, encore six ans la mine burkinabè de Perkoa. C’est Glencore qui commercialisera le zinc et Trevali qui devra se soucier de transporter par camion le zinc burkinabé, très éloigné des côtes. Si Trevali a trop de difficultés, Glencore se portera à son secours avec un prêt capitalisable, jusqu’à, si besoin, devenir majoritaire de son partenaire canadien sans redevenir actionnaire des gisements eux-mêmes.

Cacao : L’ICCO s'installe à Abidjan en pleine déprime du marché  

L'Organisation internationale du cacao achève à peine son déménagement de Londres à Abidjan, qu'elle doit renégocier l'accord international de cette matière première, face à la chute inquiétante des cours.   C’est en pleine déprime du marché mondial que l’Organisation internationale du cacao achève son déménagement dans la capitale ivoirienne. Le nouveau siège de l’ICCO à Abidjan n’a pas à rougir face à celui de Londres, selon Jean-Marc Anga, le directeur exécutif de l’organisation : « Il y a beaucoup d’efforts qui ont été consentis pour nous permettre non seulement de délocaliser sur Abidjan, mais de nous installer dans des locaux que nous considérons comme magnifiques et d’un standing bien supérieur à celui que nous avions à Londres. » L’ICCO pourra plus facilement apporter son appui aux planteurs de Côte d’Ivoire, le premier fournisseur mondial de cacao. Mais l’Organisation qui rassemble pays producteurs et consommateurs, va devoir en urgence se pencher sur l’inquiétant plongeon des cours. « La chute des cours est la source d’une grande préoccupation, reconnaît Jean-Marc Anga. Nous sommes déjà en réflexion interne au sein du secrétariat [de l’ICCO] sur les tenants et aboutissants de cette chute des cours. Les pays de l’organisation ont pris le pouls de la situation. Le président du Conseil international du cacao a eu des rencontres avec les autorités ivoiriennes ; au menu de ces échanges, il y a la convocation d’un sommet de haut niveau en avril prochain pour débattre de cette situation et voir quelle stratégie mettre en œuvre pour en atténuer les effets et éviter que cela ne se répète ». L’accord international du cacao sera donc renégocié dès le mois prochain, avec 10 ans d’avance ! Il s’agit de ne plus encourager aveuglément la production comme le souhaitait l’industrie du chocolat, qui criait à la pénurie imminente alors qu’on est en excédent aujourd’hui. Mieux adapter l’offre à la demande, stimuler la demande des pays émergents... Ce n’est pas un hasard si la Chine, l’Inde, la Turquie font leur entrée aux côtés des États-Unis dans l’Organisation internationale du cacao, lors de l’inauguration du nouveau siège ivoirien de l’ICCO, le 25 avril.  

Le gouvernement Modi échoue à recycler l'or des foyers indiens  

En Inde, le gouvernement n'a pas réussi à motiver ni les particuliers ni les temples à céder les montagnes d'or et de bijoux qu’ils possèdent. Les importations indiennes de métal précieux repartent de plus belle, un fardeau pour la balance commerciale du géant asiatique. Le plan de monétisation de l’or est un échec en Inde. Lancé à grand renfort de communication pourtant, à l’automne 2015, ce plan du gouvernement Modi visait à remettre dans le circuit une grande partie de l’or qu’ont accumulé les temples hindous, mais surtout les familles indiennes, principalement sous forme de bijoux. L’objectif était d’éviter que l’Inde ne continue d’importer toujours plus d’or. Un fardeau pour la balance commerciale, 27 % du déficit, encore l’an dernier. Mais seize mois plus tard, force est de reconnaître que le plan Modi a fait fondre plus d’espoirs que de métal précieux. Le gouvernement n’a récupéré que 7 tonnes d’or sur les 24 000 tonnes supposées aux mains des temples et des foyers indiens. Les raisons d’un flop Beaucoup de raisons expliquent ce flop. Une cinquantaine de centres de raffinage avaient pourtant été créés pour recycler tout ce métal précieux. Mais les banques, qui étaient chargées de collecter l’or auprès des particuliers, ont traîné les pieds. Les profits étaient insignifiants, comparés au risque de mobiliser beaucoup de liquidités pour dédommager, quinze ans plus tard, les Indiens qui auraient décidé de se défaire de leur placement. Quant aux particuliers, ils devaient évaluer à leurs frais la valeur de leur or et voyaient leur placement rémunéré à 2,5 %, trois à quatre fois moins que le taux du crédit en Inde. Pas de quoi motiver les Indiens à se détourner de l’or, considéré comme un porte-bonheur, une assurance contre les mauvaises récoltes, contre la dévaluation de la roupie et comme la dot idéale. Signe que rien n’a changé, les achats d’or repartent de plus belle, en Inde, après la démonétisation de cet hiver, qui avait privé les bijoutiers de cash. Au mois de février, les importations de métal précieux ont même triplé par rapport à l’an dernier pour dépasser 96 tonnes. En avril, ce sera le début de la saison des mariages.  

Bruxelles accueille favorablement les concessions de Gazprom  

La Commission européenne est favorable à un abandon des poursuites contre Gazprom, après les garanties offertes par le géant gazier russe. Mais les Etats de l’Union européenne pourraient en décider autrement. La menace de lourdes sanctions européennes s’éloigne du géant gazier russe Gazprom. Depuis cinq ans, l’opérateur russe était accusé d’abus de position dominante dans huit Etats d’Europe centrale et orientale, très dépendants à l’époque du gaz russe. En cloisonnant ces différents débouchés européens les uns des autres, Gazprom avait pu imposer ses conditions sur les prix et les infrastructures gazières de ces pays, cinq s’étaient plaints d’avoir été indûment surfacturés. Mais après cinq ans de bras de fer, un accord à l’amiable se dessine. Gazprom a revu la copie de ses contrats en Europe de telle manière que la commissaire européenne à la concurrence, Margrethe Vestager, se dit satisfaite des concessions du fournisseur russe. Gazprom accepte que soient renégociés les tarifs de ses contrats à long terme en cours de route. L'opérateur ne s’oppose plus à ce que ses clients réexportent le gaz russe aux voisins. Le compromis n’intervient pas par hasard, juge Thierry Bros, expert des marchés gaziers : « Gazprom a de lui-même baissé ses tarifs l'an dernier, face à la concurrence » du gaz naturel liquéfié du Moyen-Orient, d'Australie ou des Etats-Unis. La production gazière européenne déclinant inexorablement aux Pays-Bas, l'Europe n'a jamais autant importé de gaz russe qu'en 2016 ! « Il est donc difficile de taper sur Gazprom ». Même si ses tarifs, indexés sur le pétrole, repartent actuellement à la hausse, avec quelques mois de retard par rapport au brut. La Commission n'a pas pour autant dit son dernier mot, elle doit attendre encore trois semaines les observations des huit Etats européens plaignants, qui de la Lettonie à la Pologne et à la Bulgarie, en passant par la République tchèque, ne voient pas d'un très bon œil la clémence de Bruxelles, ils lui reprochent de faire deux poids deux mesures après sa sévérité contre les géants de l'informatique. Quoi qu'il en soit, si Gazprom venait à ne pas respecter ses engagements, la sanction tomberait sur le géant gazier russe : une amende de plus de 8 milliards d'euros, 10% de son chiffre d'affaires.

Pétrole: le regain de la production américaine fait flancher les cours  

Depuis mercredi dernier, les cours du pétrole sont en chute. En cause : des stocks de brut sans précédent aux Etats-Unis, et qui remettent en cause la stratégie de l’OPEP.   Le regain de la production américaine de pétrole fait flancher les cours du brut, interrompant la courbe ascendante qu’ils suivaient depuis la fin de l’année dernière. Alors que le baril de Brent se maintenait à près de 58 dollars depuis décembre, il s’est effondré à 53 dollars en une journée mercredi dernier.   Ce sont les stocks record de brut aux Etats-Unis qui ont déclenché le plongeon des marchés, les réserves pétrolières américaines ont augmenté quatre fois plus que prévu. Les cuves n’ont jamais été aussi pleines depuis que l’Institut américain du pétrole publie ses données. L’embellie des prix du dernier semestre a dopé, la production de pétrole de schiste aux Etats-Unis, elle repart comme jamais dans le bassin du Permian au Texas. Les compagnies américaines, Hess, Chesapeake ou Chevron, étendent leurs forages dans le Dakota du Nord et en Oklahoma.   De quoi mettre en péril toute la stratégie de l’OPEP, qui avait en s’accordant avec la Russie décidé de diminuer sa production de 1,8 million de barils par jour à partir de janvier. Les excédents mondiaux de pétrole reviennent hanter les dirigeants de ces pays, de l’Arabie saoudite à l’Irak, alors qu’ils avaient plutôt bien respecté leur promesse de réduire l’offre. Inquiet, le secrétaire général de l’OPEP, le Nigérian Mohamed Barkindo, s’est entretenu avec les PDG des compagnies américaines à Houston, où se tenait une conférence de l’industrie pétrolière la semaine dernière. Mais les compagnies privées appâtées par le retour des profits n’ont pas les mêmes préoccupations que les Etats pétroliers chargés de redresser leur budget.   Et ce sont ces compagnies qui profitent du sacrifice de l’OPEP et orientent aujourd’hui les prix à la baisse. De quoi irriter le ministre saoudien du Pétrole, il a prévenu qu’il n’y aurait pas de « nouveau tour gratuit » pour les producteurs de pétrole de schiste. Ce qui laisse penser que l’OPEP ne reconduira pas sa décision de baisser la production au-delà du mois de juin. Les membres du cartel se réunissent le 25 mai prochain.  

La fin du commerce de l'ivoire en Chine?  

Une nouvelle étape dans l'interdiction du commerce de l'ivoire. La Chine, plus grand marché du monde pour l'or blanc très en vogue auprès des collectionneurs, veut interdire la vente et la transformation d'objets en ivoire. Annonce faite en décembre dernier et mise en place à partir de la fin de ce mois de mars. Des figurines de bouddha, des colliers de perles ou même des défenses entières finement ouvragées... 34 ateliers et 143 magasins en Chine peuvent aujourd'hui transformer et vendre l'ivoire légalement. Officiellement, il s'agit de la revente de stocks acquis avant 1989, date à laquelle la Chine a interdit l'importation de l'ivoire. Mais en réalité, la majorité de ces soi-disant « stocks » proviendrait de la contrebande. Sous la pression internationale, Pékin a finalement décidé de mettre fin à ce commerce. A partir du 31 mars prochain, une partie des boutiques devra fermer et d'ici décembre 2017, elles seront toutes priées de cesser leurs activités. La vente et la transformation d'objets en ivoire seront entièrement interdites. Un grand pas en avant, selon le WWF, le Fonds mondial pour la nature, qui rappelle qu'au moins 20 000 éléphants sont massacrés chaque année pour leur ivoire. Mais l'ONG préfère rester prudente. D'abord, cette interdiction doit être strictement appliquée, ce qui ne va pas de soi en Chine, connue pour son laxisme. Chaque année, 800 affaires de contrebande sont découvertes, comme en 2015 lorsque des douaniers ont mis la main sur 30 kilos d'ivoire, estimés à 170 000 euros, camouflés dans les valises d'un voyageur. Ensuite, la vente de « reliques culturelles » restera autorisée. S'agit-il d'antiquités ? D'œuvres d'art ? La définition est floue et laisse la porte ouverte aux abus. Et puis, à Hong Kong, le commerce de l'ivoire ne sera interdit qu'en 2021. L'ex-colonie britannique risque alors de servir de plaque tournante pour blanchir l'ivoire issu du marché noir.

Après une très belle année, le blé russe va s'exporter davantage  

La Russie est devenue en 2016 le premier pays exportateur de blé au monde. Les pays de la mer Noire, Russie et l'Ukraine font désormais mieux que les exportateurs historiques comme les Etats-Unis et la France. La Russie a exporté 25 millions de tonnes de blé en 2016, soit 14 % de plus qu’en 2015. Et pour la campagne en cours, les exportations devraient atteindre 29 millions de tonnes, soit 4 millions de tonnes de plus que l’ensemble de l’Union européenne. Toutes céréales confondues, les exportations prévues sur la campagne 2016/2017 sont évaluées entre 35 et 37 millions de tonnes contre 33,9 millions en 2015/2016. La production céréalière en Russie a augmenté d’un tiers au cours des sept dernières années pour atteindre 119 millions de tonnes en 2016. La Russie a ainsi atteint l’autosuffisance en céréales. Dans le sud du pays, sur le pourtour de la mer Noire, d’anciennes exploitations agricoles sont en train d’être reconstruites et les rendements sont meilleurs. Les fermes utilisent de nouveaux silos à grains améliorant les conditions de stockage. Les raisons du succès de l’exportation du blé russe D’après Andrei Morev, directeur général de A8 Praktika, une agence russe spécialisée, le transbordement dans les ports russes se passent mieux ; le volume de leur capacité qui est déjà de 45 millions de tonnes devrait s’accroître avec la reconstruction des terminaux céréaliers. Toutefois, selon Michel Portier, patron du cabinet Agritel, le prix de l’acheminement du silo au bateau coûte encore très cher, 15 dollars la tonne contre 5 dollars en France. La dépréciation du rouble explique également le succès du blé russe à l’export. Le principal importateur de blé russe est l’Égypte, mais il se vend bien également en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, ainsi qu’au Nigeria ou au Bangladesh. Les pays du pourtour de la mer Noire produisent un blé de qualité apprécié par les pays consommateurs de pain. Ainsi la Russie et la Roumanie se partagent 95 % des achats de blé égyptien. La production a également augmenté en Ukraine. Russie et Ukraine produisent à elles deux 25 % du blé mondial, contre 6 % il y a dix ans. Pour Pierre Danon, vice-président d’Agrogénération, dans les 5 ans, la Russie et l’Ukraine ensemble devraient devenir de façon pérenne le premier exportateur mondial. Ces deux pays bénéficient de terre noire très fertile, immense et sous exploitées, et d’une faible démographie, qui fait que tous les gains de production vont à l’export.

Sénégal: l'enjeu capital du lait  

Au Sénégal, le lait est un enjeu capital dans l’alimentation quotidienne. L’État vient d’annoncer, lors du Salon de l’agriculture à Paris, l’importation de 1 000 vaches laitières pour améliorer la production locale. Une filière qui a des difficultés à s’industrialiser et qui fait face à la concurrence du lait importé. Améliorer la qualité des races locales. Les 1 000 vaches laitières qui seront importées devraient permettre, après croisement, d’obtenir un meilleur patrimoine génétique adapté au terroir et donc d’augmenter à terme la production de lait des vaches locales. Certaines espèces, confrontées à un climat rugueux, par manque d’eau et de fourrage également, donnent seulement quelques litres de lait par jour. Il y a 200 000 éleveurs au Sénégal et certains n’ont pas attendu l’État pour améliorer leur cheptel et donc leurs productions. Dans le nord du pays, certains obtiennent déjà des rendements bien meilleurs, 50 à 60 litres par jour et par animal. Pour eux se pose un autre problème : notamment celui de la collecte du lait, qui doit se faire dans la journée, pour respecter les normes. Des laiteries locales fonctionnent et travaillent cette matière première de qualité. Le lait est mis en bouteille, transformé en yaourt ou en beurre. Mais selon les responsables de la filière, ces produits sont beaucoup plus taxés que le lait importé, 25 % contre 8 %. Difficile dans ces conditions de faire des bénéfices et de développer dans d’autres régions ce modèle industriel. Changer les mentalités Des éleveurs locaux confrontés donc à la production étrangère : 25 000 tonnes de lait en poudre sont en effet importées chaque année notamment d’Europe et de Nouvelle-Zélande. Transformés sur place, les produits, moins chers, sont désormais entrés dans les habitudes des familles. Et comme pour le riz, il est difficile de faire changer les modes de consommation. Dans de nombreux ménages, on considère que le lait venu de l’étranger est de meilleure qualité que le lait local. Impossible pour le moment pour l’état de réduire ses importations, difficile aussi de réajuster les taxes à l’importation, de revoir une fiscalité défavorable aux éleveurs locaux. L’État espère que l’importation de ces 1 000 vaches laitières sera justement un premier pas vers un processus agricole et industriel qui prendra du temps et qui permettra d’obtenir l’autosuffisance en lait.

L'avocat israélien est prisé des Européens  

Il est réputé bon pour la santé et est de plus en plus prisé en Europe. La demande d’avocats augmente et pour s’approvisionner, le vieux continent se tourne notamment vers Israël. Hass, Fuerte, Ettinger, Nabal : les familles d’avocats poussant en Israël sont diverses. Et les saisons n’étant pas les mêmes d’une variété à l’autre, le fruit est présent sur les étals des maraîchers israéliens dix mois par an. Un atout dont les producteurs jouent également à l’exportation. Dans les autres zones de production, Amérique latine en tête, les saisons sont souvent nettement plus réduites. En 2016, 100 000 tonnes d’avocats ont été récoltées en Israël. Et la moitié d’entre elles est partie vers d’autres pays, selon les chiffres du Conseil de production et de commercialisation des plantes. 80 % des avocats exportés en Europe 50 000 tonnes d’avocats exportées, c’est une quantité légèrement inférieure à l’année précédente. Trois mille de moins précisément. La faute, estime le Conseil, à une tempête hivernale qui a affecté la production. Mais les exportations vont globalement bien et l’Europe est le principal débouché pour les producteurs israéliens : le continent achète 80% de ces avocats, la France en écoulant à elle seule un tiers. Outre une production quasiment toute l’année, Israël compte un autre avantage sur ses concurrents sud-américains : la proximité géographique avec le marché européen. En 4 ou 5 jours de voyage dans des containers réfrigérés, les avocats israéliens peuvent être dans les assiettes des consommateurs européens. Mais cet avantage-là est menacé. L’Espagne est un acteur de plus en plus important sur le marché des avocats. Le pays s’était fait une réputation dans le domaine des agrumes. Mais ce secteur-là est plus compliqué, juge le Conseil israélien de production et de commercialisation des plantes. Et il constate un basculement des producteurs espagnols vers l’un de ses marchés de prédilection.

Le charbon en Afrique du Sud a-t-il un avenir ?  

Quel avenir pour le charbon sud-africain ? Il en a été question en février dernier lors du Mining Indaba, la plus importante rencontre de l'industrie minière du continent africain. Une rencontre qui a lieu chaque année dans la ville du Cap. L'Afrique du Sud est le 7e producteur mondial de charbon. Mais les cours mondiaux sont en baisse. Et lors de la dernière conférence sur le climat qui s'est tenue à Paris, il y a 2 ans, l'Afrique du Sud s'est engagée à réduire sa dépendance au charbon pour faire baisser son émission de CO2. L'Afrique du Sud produit plus de 250 millions de tonnes de charbon chaque année depuis quasiment 10 ans. Une production qui ne cesse d'augmenter. Plus de la moitié est consommé localement pour produire de l'énergie. 81 % de l'électricité du pays provient de centrale à charbon. Le gouvernement dit vouloir réduire sa dépendance au charbon. Pretoria s'est notamment engagé à réduire ses émissions de CO2 de plus de 40% d'ici 2025. Mais pour l'analyste minier Peter Major, le pays n'en a pas les moyens. « Il n'y a absolument aucun signe que le gouvernement va réduire son utilisation de charbon. Au pire, il va garder la même pendant les prochains 20 à 30 ans, dit-il. « Si le gouvernement décide de construire des centrales nucléaires, il n'aura plus besoin d'autant de charbon, il réduira leur consommation peu à peu. Mais il aura certainement encore besoin de charbon pendant 20 ans, 30 ans... Et il en aura autant besoin de la même quantité qu'aujourd'hui. » Opportunités D'ailleurs deux nouvelles centrales - parmi les plus grosses au monde - Medupi et Kusile sont en cour de constructions. Et dans les mois qui viennent le gouvernement doit lancer deux appels d'offre pour plusieurs millions de tonnes de charbon pour ces centrales. L'exploitation de nouveaux gisements dans le Waterberg and Soutpansberg doit également commencer prochainement. Une opportunité idéale pour de jeunes entrepreneurs noirs qui veulent se lancer dans l'industrie. « Clairement, le charbon est un marché plus facile à accéder pour les juniors, les petites entreprises minières, parce que le ticket d'entrée est moins cher, déclare Tebello Chabana de la Chambre sud-africaine des Mines. Il s'agit de mines à ciel ouvert où l'investissement est moins lourd. Et surtout, dans tout pays qui a une activité minière, les juniors jouent un rôle essentiel, car ils sont à la recherche du moindre gisement, même les plus petits. Ce sont eux qui font l'exploration, puis les majors, les grosses boîtes reprennent les droits, les permis et développent l'activité. Donc, ils sont essentiels, ce sont eux qui démarrent les gisements. » Selon les estimations, l'Afrique du Sud possèderait 53 milliards de tonnes de charbon ; de quoi tenir 200 ans au rythme de production actuel.

Les ambitions du soja en France  

En France, la filière du soja s'organise pour remplacer les importations de soja non OGM du Brésil. Grand producteur de blé, la France va-t-elle devenir un important producteur de soja? Très loin des superficies des Etats-Unis ou du Brésil, la filière soja française n'en affiche pas moins de grandes ambitions : elle veut augmenter les surfaces de 100 000 hectares en moins de 10 ans (de 150 000 hectares aujourd'hui à 250 000 hectares en 2025), augmenter les capacités de trituration des graines et définir une charte de qualité du soja français d'ici l'automne. Le soja cultivé en France est non OGM, et c'est justement sa chance. Le consommateur français mange des quantités croissantes de soja pour remplacer la viande ou le lait. Et la viande qu'il mange, il apprécie de plus en plus qu'elle provienne d'un élevage nourri sans OGM - un étiquetage lui permet de le savoir en France depuis 2012. Problème : le soja cultivé sur la planète est majoritairement transgénique, en particulier au Brésil, source principale des importations françaises de tourteaux de soja pour les élevages de l'Hexagone, soit 3 millions et demi de tonnes par an. Le Brésil cultive bien encore un peu de soja non OGM, mais faire venir un demi-million de tonnes de tourteaux non OGM brésiliens en France demande une logistique séparée, ce qui signifie un surcoût de 20% pour les fabricants français d'aliments du bétail.   Il suffisait donc d'un coup de pouce pour que le soja non-OGM cultivé en France devienne compétitif. En 2014, le gouvernement lance le plan Protéines pour encourager l'essor des oléo-protéagineux dans l'Hexagone, ce sont les légumineuses comme le lin, le lupin, les pois, les féveroles et le soja.   En deux ans les surfaces de soja doublent en France, principalement dans le Sud-Ouest. Le Gers est devenu le premier département français pour la culture de cette légumineuse, qui exige moins d'engrais azotés qu'une autre plante et dont le prix de vente reste stable. Le soja reste encore une culture de niche, mais il côtoie de plus en plus le maïs dans la Toscane française.

Le boom du Cobalt  

Les cours du cobalt ont atteint leur plus haut niveau depuis 2010. Un niveau qui reflète l’intérêt des investisseurs pour ce métal. Une matière première qui entre dans la composition des téléphones portables ou des voitures électriques. Certes, on est encore loin des records de 2008. Mais depuis septembre dernier, le prix du cobalt a augmenté, de plus de 50%. En 2016, la demande mondiale de cobalt a dépassé l’offre. La faute à des spéculateurs, qui ont acheté, puis stocké près de 17% de la production mondiale de cobalt, l’an dernier. Une demi-douzaine de fonds d’investissement comme notamment le Suisse PALA Investments et le chinois Shanghai Chaos ont, en effet, acheté ces derniers mois près de 6 000 tonnes de cobalt. Ces investisseurs parient sur une forte hausse de ce métal, particulièrement recherché pour fabriquer les piles et les batteries destinées aux téléphones portables, aux tablettes et aux voitures électriques. Dans leur ligne de mire : le marché du mobile et surtout le boum de la voiture électrique. Les grandes qualités du cobalt le rendent, en effet, très difficile à remplacer, dans les produits de haute technologie. Cette ruée des investisseurs est rendue possible, car les réserves mondiales se concentrent dans des zones géographiques, où il y a très peu de règlements environnementaux et de régulations du droit du travail. C’est notamment le cas de la République Démocratique du Congo. La RDC est, aujourd’hui, le premier réservoir de cobalt. Soit près de 60% de la production mondiale. Des investisseurs qui font fi des conditions dans les mines artisanales où les travailleurs risquent, en permanence, des accidents mortels … Pour à peine un dollar par jour.

La banane française dénonce le bio au rabais de ses concurrentes  

La banane de Guadeloupe et de Martinique «mieux que bio»... La provocation des planteurs antillais n'est pas passée inaperçue au salon de l'Agriculture. Le but : pousser l'Europe à contrôler davantage la banane bio importée d'Amérique latine « Mieux que bio » la banane française ? Le slogan des producteurs de Guadeloupe et de Martinique, sur le stand du salon de l'agriculture, est une vraie provocation : la banane antillaise n'est pas labellisée bio, sauf exception. Mais les producteurs de Guadeloupe et de Martinique estiment qu'ils ont fait des efforts en réduisant de moitié l'usage des pesticides en dix ans. Alors que selon eux, les bananes de République dominicaine, d'Equateur ou du Pérou, sont importées avec le label biologique européen, mais ne respectent pas la réglementation. Sur la trentaine de produits phytosanitaires utilisés, la moitié ne sont pas autorisés dans l'Union européenne, souligne effectivement une étude (d'AND International) commandée par l'ODEADOM et reprise par le Sénat français : l'huile de Neem, la roténone... quant au banole, seul traitement autorisé en bio contre la cercosporiose, le champignon des bananiers en recrudescence, il ne peut être utilisé que six fois par an en France, alors que la République dominicaine l'utilise 15 à 25 fois et par épandage aérien, ce qui est interdit aux Antilles. L'Agence bio réfute cet argument. Selon l'organisme public qui veut développer les filières de production et d'importation du bio en France, on ne peut pas comparer les produits phytosanitaires autorisés sur la banane bio d'Amérique latine avec ceux qui sont utilisés sur les bananes conventionnelles des Antilles. Mais il faudrait qu'ils soient les mêmes produits autorisés en bio dans les pays tiers et en Europe, reconnaît l'Agence bio, cela renforcerait la confiance des consommateurs. Le vrai problème est peut-être ailleurs : le label bio européen est attribué dans des pays pauvres, par les antennes locales d’organismes de certification privés, mais l'administration européenne ne contrôle pas sur place qu'il est mérité. C'est à l'entrée dans l'Union européenne que les produits sont inspectés par les douanes, mais la banane ne garde pas de trace des pesticides utilisés sur les bananiers. Qu'ils soient autorisés ou pas.

Le retour aux bénéfices des géants miniers  

Les grands groupes miniers renouent avec les bénéfices en 2016. De bons résultats obtenus grâce au rebond des cours des matières premières et aux restructurations qui ont permis aux grands producteurs de minéraux et de métaux de réaliser de bonnes performances.   La plupart des géants miniers ont engrangé des bénéfices considérables l’an dernier effectuant même leurs meilleurs résultats depuis des années. Des performances qui s’expliquent d’abord par la remontée des cours des métaux sur les marchés. La Chine, la plus grande consommatrice de matières premières, retrouve de l’appétit pour les métaux grâce à la relance du secteur immobilier. D’autres facteurs ont également dopé les cours : les promesses du président Donald Trump de relancer aux États-Unis de grands projets d’infrastructures ou encore le programme du gouvernement indien de moderniser les routes, les aéroports et les chemins de fer. Des projets qui vont accroître la demande en métaux et en énergie. Le minerai de fer, qui entre dans la composition de l’acier, donne un aperçu de cette progression. La tonne s’échangeait récemment autour de 90 dollars contre moins de 40 dollars fin 2015.   Restructurations profondes   Les performances des groupes miniers s’expliquent aussi par la mise en place de grands programmes de restructuration. Confrontés à la chute des cours, les producteurs de minerais et de métaux ont été contraints de fermer des sites, de tailler dans les effectifs, d’abaisser la production et également de réduire leurs investissements. Si l’optimisme est aujourd’hui de retour, des incertitudes continuent de peser sur le secteur, les cours du charbon par exemple peuvent à nouveau baisser à cause de la concurrence du gaz naturel et de la multiplication des projets d’énergie propres. Le dollar américain, la devise dans laquelle s’échangent les matières premières, pourrait encore s’apprécier face à d’autres monnaies. Sans compter que la Réserve fédérale américaine a prévu d’augmenter les taux d’intérêt ce qui renforcera le billet vert, Or, un dollar fort rend plus chers les achats des investisseurs munis d’autres devises.   

Les marchés agricoles vont mieux, mais pas les agriculteurs  

Les prix du lait, des céréales et des huiles se redressent. Mais pas les agriculteurs...   Le prix des produits agricoles rebondit actuellement, pas sûr pourtant que cela redonne le moral aux exploitants réunis au salon de l'agriculture. Les crises laitières, puis la pire récolte céréalière française en 30 ans, ont tellement malmené les trésoreries des agriculteurs que certains ne s'en relèveront pas. Leur découragement pourrait cependant contribuer à accentuer la reprise des prix que l'on commence à observer sur les marchés mondiaux. La baisse du cheptel de vaches laitières et de porcs est telle dans l'Union européenne et en Océanie, que les prix du beurre ont explosé, celui de la poudre de lait repart à la hausse, ainsi que les prix du porc, la demande chinoise aidant. Des céréales inégalement réparties Le colza manque, le soja est toujours très demandé, l'offre d'huile de palme est insuffisante, ce qui fait monter les prix des oléagineux. Du côté des céréales, l'abondance n'est qu'apparente et très mal répartie, souligne Offre et demande agricole (ODA) : dans l'hémisphère sud, l'Argentine a bénéficié d'une belle récolte de blé, mais elle fournit presque tout au Brésil qui en manque. L'Australie a bien produit, mais elle doit fournir plus de blé que d'habitude à l'Afrique orientale et à l'Inde, tandis qu'elle continue de vendre toujours plus à l'Asie du Sud-Est. La consommation de cette région est largement ignorée par les statistiques mondiales, mais à observer les cargos, l'Indonésie importe désormais plus de blé que l'Egypte ! La demande alimentaire mondiale est toujours plus importante, or en 2017 les céréaliers de l'hémisphère nord, découragés par les prix bas, dépenseront moins en engrais et en semences. Les « farmers » américains pourraient même remettre des terres en jachère. C'est pourquoi les experts s'attendent à un rebond des prix des céréales comme de tous les autres produits agricoles cette année. Malheureusement beaucoup d'agriculteurs auront d'ici là mis la clé sous la porte...  

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