Lignes de défense

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France

Dans un système globalisé, où les menaces prennent des formes de plus en plus variées, la chronique d'Olivier Fourt vous plonge chaque semaine, au cœur des enjeux et des problématiques de défense et de sécurité du XXIème siècle. Les acteurs d’un monde militaire en mutation et les meilleurs observateurs des questions de Défense répondent à Olivier Fourt tous les dimanches matins dans sa chronique. Retrouvez les sujets traités par cette émission sur RFI SAVOIRS = http://savoirs.rfi.fr/

Episodes

Défense: risque d'attaque chimique en France  

En 1992, après la Guerre froide, le traité d’interdiction des armés chimiques ratifié par 191 Etats devait bannir la fabrication, le stockage et l'usage des armes chimiques, malheureusement, ces armes de destructions massives, sont aujourd'hui employées de manière régulière au Moyen-Orient, par le régime syrien déjà en 2013, mais aussi par des groupes terroristes jihadistes. « Une nouvelle forme de prolifération artisanale se dessine », note le Centre de doctrine et d'Enseignement du Commandement (CDEC) dans une étude récente pour le compte de l'armée de terre française, alors que le Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale (SGDSN) pointe dans un rapport rendu public cette semaine, « la volonté manifeste de certains groupes terroristes d’acquérir tout type de substances chimiques voire de les employer contre le territoire français. »

Choc du futur: l'univers militaire en 2030...  

Que sera le monde dans en 2030 ? Quelles technologies vont changer les rapports de forces voire la manière de faire la guerre ? Qui sera à même de les maîtriser ? En France, pour la première fois, le Secretariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) et la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) se sont penchés sur ces questions. Le rapport est intitulé « Chocs futurs : impact des transformations et ruptures technologiques sur l’environnement stratégique ». Ce document doit être officiellement rendu public dans les jours qui viennent.

Défense-renseignement: comment gérer la multitude de données?  

C’est une difficulté réelle pour les services de renseignements occidentaux : ils n’ont pas les moyens d’analyser l’ensemble des données qu’ils récoltent. Déjà en Irak, en 2003, les Américains avaient dû laisser de côté des mois d’enregistrements vidéo, faute d’avoir assez de personnel pour les visionner. Le constat est le même en France : la Direction du renseignement militaire (DRM) estime, qu’à l’avenir, le nombre d’images reçues va être multiplié par dix, voire vingt. Pour faire face à cet afflux, il va falloir développer d’indispensables algorithmes, permettant d’automatiser les recherches.

Les technologies civiles rivalisent avec  les technologies militaires (rediffusion)  

La société américaine SpaceX a lancé en décembre 2016 sa fusée Falcon 9 dont le premier étage avait déjà volé et était donc «recyclé». L'homme d'affaires, Elon Musk, fondateur et patron de SpaceX, s'est immédiatement félicité de ce succès. Cette innovation pourrait permettre de lancer des engins spatiaux à bien moindre coût, ouvrant la voie à de nouvelles applications civiles et militaires. L'avenir étant, selon les spécialistes, à la mise en orbite de petits satellites en «constellations», plutôt qu'aux gros engins lourds et difficiles à mettre en œuvre. Sur le champ de bataille aussi, la haute technologie n’est plus l’apanage des forces «étatiques», les groupes armés terroristes ou criminels en font également grand usage. Depuis le début des années 2000, la qualité des innovations issues du monde civil et du privé, a largement rattrapé le niveau des technologies militaires. Pour les militaires c’est une source d’inquiétude car ils voient ainsi leur puissance constestée par des acteurs irréguliers, maîtrisant parfaitement les nouvelles technologies de l’information et de la communication et détournant à leur profit des logiciels ou des produits «grand public».

Amandine, jeune femme officier de renseignement dans l'armée de l'air [Portrait]  

Au Niger, la Base aérienne projetée (BAP) de Niamey, accueille quelque 450 militaires français. Cette base de l'armée de l'air française est installée près de l'aéroport à l'invitation du Niger depuis 2013. RFI est allé à la rencontre de son personnel, engagé dans l'opération «Barkhane» et vous propose de faire connaissance avec le lieutenant Amandine, officier de renseignement du Groupement de Transport opérationnel (GTO). C'est sa passion pour l'Afrique qui a amené cette jeune femme au Sahel, car un bon officier de renseignement doit aussi parfaitement connaître les modes de vies, et les cultures des pays dans lesquels il est amené à travailler.

«Jeanne d’Arc 2017» la marine française en mission dans le Golfe  

Les 355 marins de la mission « Jeanne d’Arc 2017 », partis le 28 février dernier de Toulon, ont passé cette semaine le détroit de Bab-el-Mandeb, entre la mer Rouge et l’océan Indien. Cette mission opérationnelle va permettre à plus d’une centaine d’élèves officiers de différentes spécialités de parfaire leur formation, en naviguant « loin, longtemps, et en équipage », selon la formule consacrée. Le BPC Mistral est accompagné de la frégate Courbet. Cap vers l’Asie cette année, puisque la mission Jeanne d’Arc ira jusqu’au Japon. Mais avant cela, les marins vont se déployer dans l’une des zones les plus « troublées » de la planète, entre la Corne de l’Afrique et le détroit d’Ormuz, région toutefois vitale pour l’économie mondiale.

Lawrence d’Arabie précurseur des guerres irrégulières  

(Rediffusion du 25.12.2016) C’est un tout petit livre à lire ou à relire : Guérilla dans le désert 1916-1918, le retour d’expérience d’un jeune officier britannique, envoyé combattre les Turcs pendant la Première Guerre mondiale. Thomas Edward Lawrence, plus connu sous le nom de Lawrence d’Arabie, y évoque la guérilla menée aux côtés des tribus arabes contre les forces de l’Empire ottoman, de 1916 à 1918. Un récit d’une incroyable actualité, tant le mode de pensée et les techniques décrites rappellent celles employées par les mouvements jihadistes, au Sahel, au Moyen-Orient, ou en Afghanistan, et tant le rôle joué par Lawrence, rappelle celui des forces spéciales occidentales engagées dans ces régions. La Chronique Lignes de Défense d’Olivier Fourt, avec la complicité de Franck Alexandre.

Dans les entrailles du porte-avions «Charles de Gaulle»  

La rénovation, à mi-vie, du porte-avions «Charles de Gaulle» est un chantier à 1,3 miliard d'euros. En février dernier, le navire amiral de la flotte française est entré en cale sèche dans l'arsenal de Toulon, dans le sud de la France. C'est là qu'il va subir d'importantes modifications et améliorations durant 18 mois. Engagé ces dernières années dans les conflits en Afghanistan, en Libye ou en Syrie, l'unique porte-avions français devrait rester en service durant encore 20 ans. Un coup de jeune qu'a suivi notre envoyé spécial à Toulon, à l'invitation du constructeur DCNS.

La montée en puissance des casques bleus francophones  

Mali, République Centrafricaine, Congo, Liban... près de la moitié des opérations de maintien de la paix de l'Onu (OMP) se déroulent en zone francophone. D'où l'idée pour les Nations unies d'obtenir d'avantage encore de bataillons pouvant se faire comprendre en français. La semaine dernière s'est déroulé près de Paris un stage de formation dans les locaux de l'Emsome (Ecole de Spécialisation de l'Outre-mer et de l'étranger) destinés aux futurs cadres des unités déployées en opérations de maintien de la paix. Ce stage a réuni 35 officiers venus de 21 pays d'Afrique francophone et 2 pays asiatiques, le Vietnam et le Cambodge. Un stage organisé sous l'égide de l'Onu, avec l'appui de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et de la Direction de la Coopération de Sécurité et de défense (DCSD), rattachée au ministère français des Affaires étrangères. Ces opérations coûtent chaque année 7,8 milliards de dollars, un budget jusqu'alors financé à hauteur de 28% par les Etats-unis.

L’armée française appelle aux dons de sang  

En France, à Percy près de Paris, le Centre de transfusion sanguine des armées (CTSA) lance un appel aux dons de sang. Il ne s’agit pas de se préparer à de nouvelles attaques en France ou à l’étranger, mais de constituer des stocks, en vue d’importants travaux sur le site, qui vont obliger le centre à « mettre en sommeil » une partie de son activité. Le ravitaillement en produits sanguins des soldats sur le terrain est un défi quotidien pour le service de santé des armées. De la collecte, à la distribution, c’est une mécanique qui ne s’arrête jamais.

Défense: les enjeux stratégiques s'aiguisent dans l'océan Arctique  

La Russie a lancé en 2016 le plus gros brise-glace à propulsion nucléaire du monde : l’Arktika. Il devra entrer en service l’an prochain et sera suivi de deux autres navires identiques, en 2019 et 2020. La Russie se dote aussi d’un nouveau brise-glace militaire, plus petit, il a été lancé en juin dernier mais sera doté de capacités de combat. La France n’a rien de comparable, mais dispose d’un statut d’observateur pour l’Arctique. La Marine nationale s’aventure donc régulièrement en Arctique, avec deux missions de plusieurs mois chaque année. L’une mobilise généralement une frégate classique, et l’autre un navire d’étude hydrographique. Le capitaine de vaisseau Jean-Marin d’Hébrail a participé à l’une de ces missions sur la frégate anti sous-marine Primauguet à l’été 2015. Il est aujourd’hui auditeur du Centre des hautes études militaires (CHEM), à l’Ecole militaire à Paris. Il répond à Olivier Fourt. A lire aussi dans les archives RFI : - La fonte alarmante de la banquise arctique (Par Dominique Raizon - le 04/11/2015) - La bataille pour l'océan Arctique a commencé (Par Marion Urban, le 02/08/2007) - La Russie plante son drapeau au fond de l’océan Arctique (Par Virginie Pironon, le 02/08/2007)

Des aigles royaux contre la guérilla des drones ?  

Cette semaine en Irak, le général Abdul-Wahab-al-Saadi qui dirige les unités spéciales anti-terrorisme (ICTS) a réclamé aux Américains la livraison de systèmes de brouillages anti-drones afin de protéger ses troupes sur le terrain, au moment où celles-ci s'attaquent aux quartiers denséments peuplés de la rive ouest de Mossoul. Depuis octobre dernier l’armée irakienne a recensé plus d’une dizaine de morts et une cinquantaine de blessés, lors d'attaques à l'aide d'engins piégés ou de drones larguant des explosifs. En France, l'armée de l'air réfléchit à une solution assez simple en apparence : le dressage d'oiseaux de proie, en l'occurence des aigles royaux, pour intercepter ces drones en plein vol.

De nouvelles pistes pour les processus de DDR en Afrique  

C'est souvent  un tournant, dans  la reconstruction «post-crise» en Afrique. Les processus dit de «Désarmement, Démobilisation et Réinsertion» - DDR - des combattants ou, posé autrement, que faire des anciens belligérants ? Leur redonner des armes, pour qu'ils rejoignent les rangs de l'armée régulière ? C'est ce qui se passe le plus souvent. Une solution pas toujours satisfaisante, car un milicien ne fait pas forcément un bon soldat. En France la DCSD, la direction de la Coopération de Sécurité et de Défense, propose une alternative : la constitution de bataillons de la protection-civile, ce qui revient à mettre les anciens belligérants au service de la population tout en les éloignant des armes.

Quelles règles de droit dans le cyberespace?  

En France, le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) vient de lancer une initiative pour construire la paix et la sécurité nationale de la société numérique. Dans un monde où a priori tous les coups sont permis, encadrer l’activité dans le cyberespace semble pour le moins utopique. Pourtant, la France cherche à promouvoir de bonnes pratiques internationales, pour un usage d’Internet en temps de paix. Une plate-forme numérique participative baptisée « Je suis Internet », ouvrira le 25 janvier, suivie d’un séminaire début février et d’une conférence internationale les 6 et 7 avril prochains à l’Unesco, à Paris.

«Flottes de combat 2016»: Bernard Prézelin quitte le bord  

C’est le catalogue de référence que l’on trouve sur toutes les passerelles des navires de la marine nationale… Epais comme un dictionnaire, le bouquin répertorie les navires de toutes les marines de guerre du monde. Un outil de travail pour les marins, généralement assez vite usé tant il est utilisé, notamment pour identifier les navires qui passent à l’horizon ! Après y avoir consacré 30 ans de sa vie, Bernard Prézelin, qui collectait à lui seul, toutes les données grâce à un réseau d’amis et de correspondants dans le monde, va passer la main. La prochaine édition sera entièrement numérique. Cet ancien agent d’assurance et officier de réserve, a présenté cette semaine son ouvrage à l’école militaire à Paris. Olivier Fourt l’a rencontré. Flottes de Combat, aux Editions Maritimes de l’Outre-Mer, EMOM 1 474 pages, 220 euros.

Défense: l'Afrique de l'Ouest se dote de capacités aériennes  

Dans la bande Sahel-Sahara, pas d'opérations sans moyens aériens. Ce qui est vrai pour la force française Barkhane l'est aussi pour les armées de la région qui sont en train de se doter d'hélicoptères ou d'avions de transports, et qui bénéficient le plus souvent de programmes de formation conduits avec l'aide de la coopération militaire française. Des projets menés avec un certain succès, au Sénégal, et en Mauritanie mais aussi au Niger et au Mali. Une manière pour les forces de la région de gagner en réactivité, face à un ennemi imprévisible.

La rétrospective Défense et Stratégie 2016  

2016 aura été marquée par la contre-attaque des autorités irakiennes et des forces de la coalition contre l'organisation Etat islamique. Si des bastions comme Ramadi ou Falloujah ont été repris à l'EI, une bonne partie de Mossoul reste encore aux mains de l'organisation jihadiste. En Syrie aussi l'EI recule. En Europe de nouvelles tensions sont apparues avec la Russie, particulièrement en Baltique. Une Europe par ailleurs toujours confrontée au terrorisme, comme l'attentat contre le marché de Noël à Berlin l'a prouvé récemment. Retour les principaux « points chauds » de 2016.

Guérilla dans le désert: les leçons de Lawrence d’Arabie  

C’est un tout petit livre d’à peine une centaine de pages à mettre au pied du sapin... A lire ou à relire : Guérilla dans le désert 1916-1918, le retour d’expérience d’un jeune officier britannique, envoyé combattre les Turcs pendant la Première Guerre mondiale. Thomas Edward Lawrence, plus connu sous le nom de Lawrence d’Arabie, y évoque la guérilla menée aux côtés des tribus arabes contre les forces de l’Empire ottoman, de 1916 à 1918. Un récit d’une incroyable actualité, tant le mode de pensée et les techniques décrites rappellent celles employées par les mouvements jihadistes, au Sahel, au Moyen-Orient, ou en Afghanistan.

Les technologies civiles rivalisent désormais souvent avec les meilleurs outils militaires  

Sur le champ de bataille, la haute technologie n’est plus l’apanage des forces « étatiques », les groupes armés terroristes, ou criminels en font également grand usage. Depuis le début des années 2000, la qualité des innovations issues du monde civil a largement rattrapé le niveau des technologies militaires. Pour les militaires c’est une source d’inquiétudes, car ils voient ainsi leur puissance constestée par des acteurs irréguliers, maîtrisant parfaitement les nouvelles technologies de l’information et de la communication et détournant à leur profit des logiciels ou des produits « grand public ».

Défense: l'eau, une ressource stratégique  

L'accès à l'eau douce est un enjeu stratégique. Dans le nord du Mali, aujourd'hui, à Gao, l'armée française partage la nappe phréatique avec les populations locales qui l'utilisent pour l'agriculture et l'élevage. La question de la répartition de la ressource entre l'armée et les habitants est sensible dans ces zones arides, d’où l'idée d'aller chercher de l'eau à des profondeurs bien supérieures, dans des nappes d'eau dites «profondes» ou «fossiles» : d'immenses réservoirs d'eau bloqués dans la roche. C'est ce qu'a fait l'armée française avec plus ou moins de succès, dans le nord du Niger à Madama. C'est aussi ce qu'avait fait, avant elle, le colonel Kadhafi, avec son projet pharaonique de «grande rivière artificielle» au Sahara. Cette semaine au Forum sur la paix et la sécurité de Dakar, l'explorateur Alain Gachet est venu proposer ses solutions. Cet un ancien «pétrolier» reconverti dans la recherche de l'or bleu, répond à notre envoyé spécial. ► Alain Gachet, explorateur et ingénieur des mines, participait au Forum pour la Paix et la sécurité en Afrique, qui s'est déroulé en début de semaine à Dakar.

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