Episodes

  • Lucie Vagenheim est chanteuse, compositrice et autrice. Face à sa bibliothèque, contenue sur quelques étagères suspendues au dessus de son bureau, elle nous parle de la passerelle qui existe, pour elle, entre la littérature et la musique. Elle vient de dévoiler son premier EP, Glaces Brûlantes, du même titre que le livre qu’elle a récemment publié. “En appelant cette dernière chanson [qu’elle a écrite] du même nom que [son] livre”, Lucie Vagenheim a voulu rendre hommage à Gaël Faye, et à son roman Petit Pays qui l’a profondément bouleversée. 

    Dans cette auto-fiction, Gaël Faye relate l’histoire d’un enfant qui grandit en plein génocide, celui des Tutsis par les Hutus, au Rwanda, en 1994. Ce roman fait écho à l’histoire familiale de Lucie Vagenheim: “ça a été découvrir une partie de mon histoire racontée de manière poétique à travers les yeux et les mots de quelqu’un d’autre”. Sa mère, rwandaise, en lui offrant ce livre, lui a confié une partie de son vécu. “C’est difficile d’en parler pour elle, et, dans ce geste qu’elle a fait de me dire “lis le”, j’ai compris ensuite pourquoi c’était si difficile”. Ce livre a été le moyen de parler de cette blessure et de sortir ce pays du silence nostalgique dans lequel l’imaginaire familial l’avait placé. 

    Lucie Vagenheim a lu ce roman en pleine période de questionnement sur sa propre identité. Née en France d’une mère rwandaise et d’un père italien, elle raconte à quel point cette interrogation a marqué son adolescence: “la question de l’identité a été assez pesante pour moi parce que j’ai grandi en Normandie au milieu de personnes de couleur blanche”. “Pendant la période où j’ai lu Petit Pays c’était un questionnement qui revenait à nouveau, un besoin de savoir qui j’étais”. En apprenant sur son histoire familiale, Lucie Vagenheim a aussi mieux compris qui elle était en tant qu’héritière de ce passé grâce aux mots de Gaël Faye. 

    Découvrir cette oeuvre l’a aussi aidée à s’assumer en tant qu’artiste. Le fait que Gaël Faye raconte son histoire en livre mais aussi en chansons a conforté Lucie Vagenheim dans l’idée qu’elle n’avait pas à choisir entre ces deux moyens d’expression. “C’est un exemple, un modèle pour moi, cette dimension multi-artiste qu’il est m’inspire beaucoup, me donne confiance, je me dis que c’est possible de faire les deux, qu’on a le droit”. Un droit qu’elle s’est aujourd’hui accordé en écrivant à son tour son histoire aussi bien sur papier qu’en musique. 

    Le Book Club est un podcast présenté par Agathe le Taillandier. Lucie Vagenheim a répondu aux questions de la journaliste Marie Salah. Lucile Rousseau-Garcia a fait le montage de cet épisode. Jean-Baptiste Aubonnet en a fait le mixage et Pauline Thomson en a composé la musique. Maud Benakcha est à l’édition et à la coordination de ce podcast.

    Marion Girard est responsable de productions, Maureen Wilson, responsable éditoriale. Mélissa Bounoua est directrice des productions et Charlotte Pudlowski directrice éditoriale.

     

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  • Giulia Foïs est journaliste et autrice. Dans son dernier livre, Je suis une sur deux, elle raconte le viol qu’elle a subi, en en faisant un récit combatif et un appel à la sororité. Dans cet épisode, elle nous invite dans sa cuisine, son “centre névralgique” (0’07) depuis toujours, pour nous parler de King Kong Théorie de Virginie Despentes. Cet essai féministe a une importance toute particulière pour elle puisqu’il s’agit du livre qui lui a permis de se relever, dix ans après son agression. 

    “Je n’avais aucun modèle auquel me raccrocher” (5’02), confie Giulia Foïs. “Jusqu'à ce que je tombe sur ce livre qui a mis exactement des mots sur ce que je ressentais” (5’52). Pour la première fois, le récit de Despentes a fait écho au sien et l’a libérée de la culpabilité dont elle se sentait prisonnière. Cette “bouée” (9’14) à laquelle elle a pu s’accrocher, lui a permis de transformer cette blessure en “une énergie guerrière mais tournée vers l’extérieur et plus tournée contre moi” (9’23). 

    La journaliste explique comment les autrices telles que Virginie Despentes, Nina Bouraoui ou encore Clémentine Autain ont nourri ses réflexions sur le genre, le systémisme du patriarcat et sur sa propre identité. “Aujourd’hui, après la lecture de Despentes [...] je peux vous assurer que je préfère être une femme, parce qu’au moins j’ai eu à me poser deux trois questions sur qui j’étais” (9’31). Si le parcours des femmes est certainement plus rude et plus escarpé, elles sont, d’après elle, enrichies par l’ensemble de ces interrogations qui s’imposent à elles. “Et puis après on se lève et on se casse!” (10’34). 

    Le Book Club est un podcast présenté par Agathe le Taillandier. Giulia Foïs a répondu aux questions de la journaliste Maud Ventura. Lucile Rousseau-Garcia a fait le montage de cet épisode. Jean-Baptiste Aubonnet en a fait le mixage et Pauline Thomson en a composé la musique. Maud Benakcha est à l’édition et à la coordination de ce podcast.

    Marion Girard est responsable de productions, Maureen Wilson, responsable éditoriale. Mélissa Bounoua est directrice des productions et Charlotte Pudlowski directrice éditoriale.

     

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  • Sophie Fontanel est autrice et critique de mode. Son dernier ouvrage Les fables de la Fontanel s’amuse des mœurs amoureuses au temps des réseaux sociaux et des applications de rencontre. Sophie Fontanel nous emporte dans son appartement, face à sa grande bibliothèque où les livres ne cessent de s’empiler: “c’est exactement comme les vêtements: j’ai beau ranger, une semaine plus tard c’est le bordel” (2’31). Un coin reste pourtant immuable: sa collection des romans d’Agatha Christie, reconnaissables par leurs couvertures orangées, qui sont un “refuge” (3’44) pour l’écrivaine. 

    Sophie Fontanel nous parle du roman L’île d’Arturo d’Elsa Morante, une histoire d’amour et d’ignorance sur l’île italienne de Procida. Arturo, un jeune garçon de 14 ans, tombe amoureux sans savoir encore ce qu’est l’amour: “Il ne sait rien et elle, elle sait tout” (10’22). Sophie Fontanel se retrouve dans ce personnage: “le parcours d’Arturo c’est le mien en fait, je sais pas, j’ai l’impression [...] de ne rien savoir à ce que c’est ensemble le sentiment amoureux et le désir” (11’03). Lire cet aveu lui a permis de se sentir “moins seule” (11’43).

    Elle nous raconte également dans cet épisode comment est né son intérêt pour l’écriture et pourquoi elle entretient un rapport très décomplexé à ses écrits. “Je me dis que puisque mon écriture et ma vie sont une seule et même chose [...] je n’ai pas à avoir honte en fait” (6’41). Vite détachée de ses propres publications, elle ne prête pas non plus une plus grande importance matérielle à l’objet livre dont elle se sépare pour le faire vivre.

    Le Book Club est un podcast présenté par Agathe le Taillandier qui a également envoyé les questions de cette interview à Sophie Fontanel. Lucile Rousseau-Garcia a fait le montage de cet épisode. Jean-Baptiste Aubonnet en a fait le mixage et Pauline Thomson en a composé la musique. Maud Benakcha est à l’édition et à la coordination de ce podcast.

    Marion Girard est responsable de productions, Maureen Wilson, responsable éditoriale. Mélissa Bounoua est directrice des productions et Charlotte Pudlowski directrice éditoriale. 

     

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  • Maylis de Kerangal est autrice. Dans la liste de ses oeuvres figurent notamment Naissance d’un pont, paru en 2010, Réparer les vivants, publié en 2014, ainsi que le plus récent Un monde à portée de main. Nous la retrouvons dans la pièce où elle les a écrit, une ancienne chambre de bonne, jonchée de livres et “ouverte sur les toits” (5’30). Un espace “qui [lui] appartient” (5’38), et qui lui semble indissociable de son travail d’écriture : “parfois je me dis: si je n’avais pas cette pièce, est-ce que j’écrirais?” (5’45). 

    Dans cet épisode, Maylis de Kerangal nous confie son “affection particulière” (13’56) pour Les Mots de Jean-Paul Sartre, un roman autobiographique qui dépeint son enfance et l’influence de celle-ci sur sa destinée d’écrivain. “C’est l’idée que tout écrivain n’est pas dépositaire d’un talent qui viendrait d’en haut mais est le produit finalement d’une sociologie, d’une idéologie, d’une culture et d’un environnement” (10’15). À travers ce récit, Sartre remet en cause la figure d’un écrivain qui serait naturellement doué et montre à quel point ses facultées ont été construites par les projections de son entourage.

    “Ce qui me touche beaucoup dans ces autobiographies, c’est toujours la période de l’enfance” (15’25). Plus particulièrement, l’autrice s’intéresse à la manière dont le monde de l’enfance, dans ce qu’il a de “radioactif” (17’51), déteint sur l’imaginaire de l’écrivain. Elle se questionne sur l’influence qu’a son enfance sur son écriture, “sur le plan du légendaire familial” (17’00), de la façon dont “ont été investis les voix, les lieux” (17’10), et évoque la possibilité d’un jour mettre en mots l’univers qui a bercé ses jeunes années. 

    Le Book Club est un podcast présenté par Agathe le Taillandier. Maylis de Kerangal a répondu aux questions de la journaliste Maud Ventura. Lucile Rousseau-Garcia a fait le montage de cet épisode. Jean-Baptiste Aubonnet en a fait le mixage et Pauline Thomson en a composé la musique. Maud Benakcha est à l’édition et à la coordination de ce podcast.

    Marion Girard est responsable de productions, Maureen Wilson, responsable éditoriale. Mélissa Bounoua est directrice des productions et Charlotte Pudlowski directrice éditoriale.

     

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  • Pauline Delabroy-Allard est autrice. Son premier roman, Ça raconte Sarah, publié en 2018 fait vivre une histoire d’amour urgente et passionnelle. Aujourd’hui, elle nous invite dans son intimité, il est 7h du matin, à l'orée d’une journée qui est déjà pluvieuse: “Comme tous les parents du monde je sais que les heures du petit matin comme ça sont très précieuses. Quand les enfants ne sont pas encore réveillés”. Elle profite donc de ce moment de calme pour nous parler de L’arbre aux haricots de Barbara Kingsolver. 

    Un roman qu’elle a tout de suite trouvé dans sa bibliothèque grâce à sa couleur reconnaissable: “Je connais sa tranche par coeur, elle est un peu verte et après avoir été léchée par le soleil, qui donne dans ma pièce, de vert qui était assez franc [elle s’est transformée en] une espèce de vert pâle, vert d’eau et je trouve ça très joli”. Une couleur singulière qui ressort au milieu de tous les autres livres blancs. 

    Paru en 1988, année de la naissance de Pauline Delabroy-Allard, ce roman et cet épisode tournent autour des questions de date, de famille, de filiation et de nouveaux né.e.s: “C’est un roman que j’ai lu pour la première fois à 15 ans et qu’ensuite j’ai lu très régulièrement. Une fois par an je pense jusqu’à mes 20 ans et puis maintenant il m’arrive de le lire une fois tous les deux ans”. Ce roman est l’histoire d’une jeune femme qui souhaite s’évader de sa ville natale qui l’ennuie, voire la désespère, mais sur le chemin, une femme lui donne son nourrisson. 

    Ce livre permet à Pauline Delabroy-Allard de nous livrer les questionnements qui l’ont suivie depuis son adolescence jusqu’à aujourd’hui: “Pendant le confinement, j'ai mis le point final (ou ce que je crois être le point final) à mon deuxième roman”. Un roman sur son identité: “c’est le point de départ parce que dit comme ça ça a l’air un peu mégalomane ou nombriliste mais c’est un projet autour de ce qui fait l’identité de chacun, à commencer par le prénom” Choisir le prénom, une réflexion d’autant plus actuelle qu’elle est sur le point de donner naissance à son deuxième enfant.

    Le Book Club est un podcast présenté par Agathe le Taillandier. Lucile Rousseau Garcia a fait le montage de cet épisode. Tristan Mazire en a fait le mixage et Pauline Thomson en a composé la musique. Maud Benakcha est à l’édition et à la coordination de ce podcast.

    Marion Girard est responsable de productions, Maureen Wilson, responsable éditoriale. Mélissa Bounoua est directrice des productions et Charlotte Pudlowski directrice éditoriale.

     

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  • Joanna est chanteuse et compositrice. Dans ses chansons, elle prend à bras le corps les sujets féministes de notre époque. Dans ses textes, qu’elle réalise elle-même, elle parle d’agressions sexuelles, de corps en vie et d’une féminité émancipée. Beaucoup de sujets de société “la révoltent”, dit-elle, et c’est notamment grâce à la littérature qu’elle a forgé cet esprit conscient et critique du monde.

    Ça n’est d’ailleurs pas anodin qu’elle conseille trois oeuvres dont Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir: “Grâce à ce livre j’ai décomplexé”. Ses textes sont féministes mais également beaucoup tournés vers l’amour: “ Le grand sujet de ma courte vie”. Elle nous recommande également, comme la comédienne Florence Loiret Caille quelques semaines plus tôt, Fragments d’un discours amoureux de Roland Barthes:  “ C’est un livre qui pose toutes les questions que l’amour peut nous donner”. 

    Dans cet épisode, le fil rouge tiré par Joanna est justement celui du discours: appris, en développement et compris. Et le dernier tisse une réflexion à l’échelle européenne : “Ça parle avec brio du métier de lobbyiste et de son impact sur notre société capitaliste” avec Europe connexion d’Alexandra Badea. Avec ses conseils de lecture, elle ouvre trois portes pour découvrir ou faire découvrir à de jeunes adultes les portes d’une compréhension du féminisme, de l’amour et de l’anticapitalisme. 

    Le Book Club est un podcast présenté par Agathe le Taillandier. Maud Benakcha est à l’édition et à la coordination. Elle a également fait le montage de cet épisode. Tristan Mazire en a fait le mixage et Pauline Thomson en a composé la musique. 

    Marion Girard est responsable de productions, Maureen Wilson, responsable éditoriale. Mélissa Bounoua est directrice des productions et Charlotte Pudlowski directrice éditoriale.

     

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  • Mélodie Lauret est chanteuse et compositrice. Sa passion est - entre autre - de faire sonner les mots. Elle joue avec, les faits résonner, les faits renaître pour qu’ils vibrent en nous: “c’est ce qui me passionne le plus dans la vie c’est les mots”. Les mots, on les retrouve évidemment dans les livres, sauf que son rapport aux pavés n’est pas aussi fluide qu’elle le voudrait: “Je suis quasiment incapable de lire un livre dans son entièreté”. Alors si l’inspiration et ce rapport aux mots ne vient pas de la littérature, d’où viennent-ils ? 

    Dans le podcast, on lit les mots. On les partage via leur rythme, à travers les voix qui les incarnent et grâce aux émotions qu’elles transmettent. C’est un peu la même chose qu’avec la chanson: “Je me suis rendu compte que j’avais un peu appris les mots en écoutant de la musique”. À travers Fin de partie de Samuel Beckett et No et moi de Delphine de Vigan, Mélodie Lauret nous tend la main pour nous livrer le chemin qu’elle a parcouru pour apprécier la lectrice qu’elle est aujourd’hui. 

    Le Book Club est un podcast présenté par Agathe le Taillandier. Maud Benakcha est à l’édition et à la coordination. Elle a également fait le montage de cet épisode. Tristan Mazire en a fait le mixage et Pauline Thomson en a composé la musique. 

    Marion Girard est responsable de productions, Maureen Wilson, responsable éditoriale. Mélissa Bounoua est directrice des productions et Charlotte Pudlowski directrice éditoriale.

     

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  • Kaoutar Harchi est sociologue des arts, de la culture et écrivaine. Dans cet épisode, elle analyse Nedjma de Kateb Yacine, paru en 1956. Un roman qui lui est aussi intime personnellement que fondateur professionnellement: “C’est un récit que j’ai découvert à l’adolescence. À l’époque je n’en lisais que des fragments qui me touchaient parce que je trouvais la poésie, les métaphores déployées d’une extraordinaire beauté”. Nedjma, c’est le roman éponyme de la passion amoureuse de quatre hommes envers cette femme: “Page après page chacun de ces hommes raconte sa relation à Nedjma, raconte la manière dont il espère la posséder”. Mais Nedjma c’est, entre les lignes, le récit d’un pays colonisé - l’Algérie - et l’histoire d’un écrivain colonisé: “Kateb Yacine engage un récit dans le but - selon ses propres mots - de montrer à la France, à la nation littéraire par excellence, qu’il était lui, l’indigène, le colonisé, capable d’écrire une histoire aussi complexe, aussi élaborée, aussi réfléchie que celle qui parsème l’ensemble littéraire français ”. C’est notamment pour cette raison qu’il écrit en français: “dans le but, selon ses propres mots, d’expliquer, aux Français, en français, que l’Algérie n’est pas française”. Des thématiques à l’intersection entre la valeur littéraire et la francophonie qui sont l’une des essences du travail de la sociologue Kaoutar Harchi. 

    Dans son essai Je n’ai qu’une langue, ce n’est pas la mienne, elle se demande comment se forme la valeur littéraire. Elle analyse également comment être un écrivain non français, en France, mais qui parle et qui écrit la langue française. 

    Le Book Club est un podcast présenté par Agathe le Taillandier. Maud Benakcha et Maële Diallo étaient à l’édition et à la coordination. Maud Benakcha a également fait le montage de cet épisode. Tristan Mazire en a fait le mixage et Pauline Thomson en a composé la musique. 

    Marion Girard est responsable de productions, Maureen Wilson, responsable éditoriale. Mélissa Bounoua est directrice des productions et Charlotte Pudlowski directrice éditoriale.

    Kaoutar Harchi a publié plusieurs romans dont Zone cinglée ou L’Ampleur du saccage et un essai Je n’ai qu’une langue, ce n’est pas la mienne.

     

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  • Rachel Khan est actrice et autrice. Elle nous invite via une note vocale dans son appartement fourni en bibliothèques: “j’essaie de les ranger de temps en temps mais ça n’est pas du tout classé. On a un code général des collectivités territoriales à côté de Victor Hugo en passant par du droit international public à côté” Un désordre qui lui plait: “j’aime bien en fait que ça ne soit pas rangé. Parce qu’il y a ce petit challenge, là en ce moment, où on peut faire des haïku avec les titres de livre à la suite. En alignant les titres, on fait une phrase. C’est assez rigolo dans une bibliothèque qui n’est pas rangée”.

    Elle nous recommande un livre dont le titre réchauffera le coeur de certain.e.s, et intensifiera les craintes des autres: “Le livre que je relis lorsqu’on est dans une période un peu d’instabilité [...] a un titre assez parlant. Il s’appelle Gros-câlin. Donc à l’heure où l’on est dans nos gestes barrière je trouve que c’est un joli clin d’oeil”. Un livre écrit par Romain Gary (alias Émile Ajar). Un auteur adoré par Rachel Khan et dont elle a lu une bonne partie de ses romans : “Ce livre est véritablement ma passion. Je l’adore. Je considère que c’est un chef d’oeuvre. Il m’a été offert par ma Maman qui est une ancienne libraire”. 

    Le Book Club est un podcast présenté par Agathe le Taillandier. Maud Benakcha et Maële Diallo étaient à l’édition et à la coordination. Maud Benakcha a également fait le montage de cet épisode. Tristan Mazire en a fait le mixage et Pauline Thomson en a composé la musique. 

    Marion Girard est responsable de productions, Maureen Wilson, responsable éditoriale. Mélissa Bounoua est directrice des productions et Charlotte Pudlowski directrice éditoriale.

    Rachel Khan est actrice et autrice. Elle fait également partie de la direction du centre culture hip hop La Place, à Paris. 

     

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  • Charlotte Gabris est comédienne, humoriste et autrice. Lundi, date d’un premier pas vers le déconfinement, elle sera certainement très heureuse de voir de nouveau les librairies ouvrir leurs portes: “Je me rends compte, surtout en confinement, que j’ai vraiment du mal à lire sur tablette ou sur mon téléphone. Là comme toutes les librairies sont fermée, soit on relit des livres qu’on a déjà […] Ce qui me manque le plus - entre autre - en ce moment, c’est d’aller dans les librairies. J’adore n’acheter des livres qu’au ressenti. J’adore flâner, toucher, regarder les couvertures…”. Pendant le confinement, comme beaucoup de femmes qui se sont enregistrées en notes vocales pour le Book Club pendant cette période confinée, Charlotte Gabris voulait se plonger dans de gros pavés. Mais finalement, elle s’est tournée vers ses premières amours: “J’ai finalement repris le livre qui est mon livre préféré, qui est mon livre que j’ai depuis que j’ai 15 ans. Qui est un livre de Xavier Durringer qui s’appelle Chroniques des jours entiers, des nuits entières J’adore ce livre, enfin j’adore ce qu’il écrit. […] J’aime qu’on puisse tout lire à n’importe quel page. J’aime que ce soit un langage parlé”. 

    Des premières amours sur papier et rangées par ordre alphabétique: “Mon chéri à tout rangé par ordre alphabétique. Et c’était, je crois, une première petite dispute parce que pour moi c’est ma hantise. Je ne supporte pas ça. Au début je dis “non en fait on ne va pas du tout avoir une bibliothèque rangée par ordre alphabétique. Mais alors pas du tout !” Moi ça m’angoisse les choses trop rangées, trop carrées. J’aime que ça vive, j’aime le désordre ! Mais je l’ai laissé ranger par ordre alphabétique et finalement je suis assez reconnaissante vu que je trouve mes livres beaucoup plus rapidement qu’avant”. Et vous, quel est votre système de rangement ?

    Le Book Club est un podcast présenté par Agathe le Taillandier. Maud Benakcha est à l’édition et à la coordination. Elle a également fait le montage de cet épisode. Tristan Mazire en a fait le mixage et Pauline Thomson en a composé la musique. 

    Marion Girard est responsable de productions, Maureen Wilson, responsable éditoriale. Mélissa Bounoua est directrice des productions et Charlotte Pudlowski directrice éditoriale.

    Charlotte Gabris a publié récemment publié Déjeuner en paix aux éditions du Cherche-Midi.

     

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  • Réjane Sénac est directrice de recherche CNRS au centre de recherches politiques de Sciences Po. Elle questionne l’égalité et plus précisément les nouvelles expressions qui encadrent le principe d’égalité aujourd’hui. 

    En ce moment, elle nourrit ses recherches notamment par le manifeste Féminisme pour les 99% écrit par Cinzia Arruzza, Tithi Bhattacharya et Nancy Fraser. Grâce à ces trois théoriciennes du politique, Réjane Sénac pose des pistes possibles pour l’avenir (post confinement): “Le chemin qui mènera à une nouvelle société au-delà de la crise actuelle repose sur - je les cite : «une justice de genre indexée à l’anti capitalisme» et qui sera dans l’alliance entre les féministes, les anti racistes, les écologistes, les militants pour les droits des travailleurs, travailleuses et des migrants, migrantes”

    Elle va ensuite un peu plus loin pour imaginer une toute autre société de valeurs: “Mais je pense important aussi de se servir de ce manifeste, de prendre appui sur ce manifeste pour repenser aussi et aller au-delà des frontières entre humain et non-humain dans une redéfinition du rapport au vivant et dans une redéfinition de la modernité et en particulier remettre en cause la sacralisation du pouvoir de la raison humaine et de la rationalité du monde”.

    Le Book Club est un podcast présenté par Agathe le Taillandier. Maud Benakcha est à l’édition et à la coordination. Elle a également fait le montage de cet épisode. Tristan Mazire en a fait le mixage et Pauline Thomson en a composé la musique. 

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    Réjane Sénac a publié L’égalité sans condition. Osons nous imaginer et être semblables aux éditions Rue de l’échiquier.

     

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  • Katia Lewkowicz est réalisatrice. Quand elle enregistre sa note vocale, il est 8h du matin. On sent la lenteur et le poids de la nuit dans sa voix. Elle profite du seul moment calme de sa journée: “On est donc sept ou huit dans cette maison, c’est un bon bon bon bordel”. Il y a un ami, les enfants de cet ami, son compagnon et ses enfants. 

    C’est d’ailleurs dans ses lectures d’enfants qu’elle nous emporte: “Moi j’ai commencé à lire très jeune, je lisais beaucoup. Beaucoup beaucoup. Je me souviens que quand j’étais petite, j’ai commencé avec Fantômette. C’était la bibliothèque rose. J’avais une bibliothèque quand j’étais petite. Avec que des livres roses. Et ça n’était que Fantômette.”. Elle nous embarque également dans ses souvenirs teintés de la chaleur de l’été en Israël: “Pierre Bellemare il faisait, ça s’appelle Histoires vraies. Il écrivait des petites nouvelles. Je me rappelle je lisais ça en Israël, en vacances C’était déjà les prémices du confinement parce que ma mère elle ne voulait pas sortir avant 16-17h par qu’il faisait trop chaud. Donc on était dans ce petit appartement à Netanya. On avait une chambre pour ma soeur jumelle et mon frère. Avec deux lits en U. Et il y en avait un qui avait un lit tiroir. Donc régulièrement on se demandait qui allait dormir dans le tiroir. Et ma mère pour nous occuper elle nous avait achetés des canevas en laine. Elle s’est dit tiens ça va les occuper ils vont faire des paysages. Et moi je lisais Pierre Bellemare toute la journée. Que des histoires de meurtre”.

    Katia Lewkowicz nous conseille également la lecture de Je suis une sur deux de la journaliste Giulia Foïs qui y décrit son viol: “Elle m’a changé mon regard complètement là dessus. Je sais que maintenant s’il se passe quelque choses, s’il arrive quelque chose à ma fille ou à mes filles, j’aurai plus peur. Je saurai comment les regarder Je saurai comment leur parler. Je saurai comment les défendre. Je sais grâce à elle de quoi elles auraient besoin”. Un livre qui est une vraie prise de conscience pour la réalisatrice.

    Le Book Club est un podcast présenté par Agathe le Taillandier. Maud Benakcha est à l’édition et à la coordination. Elle a également fait le montage de cet épisode. Tristan Mazire en a fait le mixage et Pauline Thomson en a composé la musique. 

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  • Pauline Darley est photographe. A travers ses yeux, le monde est plus vif et sacrément plus séduisant. Dans ce nouvel épisode, elle nous emporte dans le Paris de l’entre-deux-guerres avec Aurélien de Louis Aragon: “Paris est tellement belle. On a l’impression qu’elle est vivante. Et je trouve que l’on ressent bien l’ambiance du Paris des années folles, avec les artistes présents, les peintres, les poètes, les musiciens de jazz. Ou en tous cas l’image que l’on se fait de ce Paris là”. 

    Pauline Darley s’est plongée dans ces 700 pages d’histoire d’amour entre Aurélien et Bérénice alors que quelques années avant, rien ne la prédestinait à être une lectrice vorace. C’est récemment, en 2017, qu’un roman l’a bouleversée: “L’une de mes meilleures amies m’a parlée d’un livre, c’est La Passe-Miroir de Christelle Dabos, en me disant que c’était incroyable, qu’elle avait adoré ! Et donc j’ai voulu le lire, pour voir. Et en fait ça a été tellement un déclic parce que je crois que c’est la première fois, ou en tous cas la première fois avant longtemps, que je me suis retrouvée dans une bulle en lisant. Comme un état méditatif où plus rien ne se passait autour. J’étais vraiment dans ma bulle”. A partir de cette rencontre littéraire, elle s’est rendu compte de l’immensité de ce qu’elle avait à découvrir: Elle s’est même créée un rythme bien à elle: “Niveau lecture je crois que je suis une lectrice un peu étrange parce que j’adore lire plein de livres en même temps et des livres totalement différents. Je sais que je ne vais pas vouloir lire la même chose le soir qu’en journée, chez moi ou en extérieur”. Depuis, plus rien ne l’éloigne de ses romans. Vous vous imaginez vous, redécouvrir pour la première fois les oeuvres qui vous ont les plus transportées ? Quel rêve !

    Le Book Club est un podcast présenté par Agathe le Taillandier. Maud Benakcha en est à l’édition et à la coordination. Elle a également fait le montage avec Maële Diallo. Tristan Mazire a fait le mixage de cet épisode et Pauline Thomson en a composé la musique.

     

    Marion Girard est responsable de productions, Maureen Wilson, responsable éditoriale. Mélissa Bounoua est directrice des productions et Charlotte Pudlowski directrice éditoriale.

    Vous pouvez retrouver les créations de Pauline Darley sur son site et sur Instagram

     

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  • Camille Froidevaux-Metterie est philosophe féministe, professeure de science politique et chargée de mission égalité diversité à l’université Reims Champagne-Ardenne. Elle nous invite dans sa “petite grotte”, son bureau où elle travaille, lit et parfois dort. Dans cet espace à elle seule, il y a “une grande bibliothèque en trois parties. Il y a des livres d’histoire et de philosophie d’abord qui remontent à mes années d’études et puis que je complète chaque année, chaque mois, quasiment chaque semaine. Il y a une bibliothèque de science politique qui correspond à mon travail d’enseignante. Et puis, la dernière, ma préférée j’allais dire… En tous cas celle qui aujourd’hui est la plus importante pour moi: ma bibliothèque féministe qui comporte beaucoup d’essais, beaucoup de philosophie. A la fois des classiques mais aussi des ouvrages plus récents. Et puis des ouvrages qui sont en quelque sorte le fondement de tout mon travail. Des ouvrages sans lesquels je ne pourrais pas faire ce que je fais”.  

    Partie pour passer son confinement dans des essais féministes, Camille Froidevaux-Metterie s’est finalement tournée vers des romans et vers une histoire d’ours. Elle nous parle de Croire aux fauves de l'anthropologue Nastassja Martin: “Elle relate comment, alors qu’un jour elle s’était éloignée de ses compagnons de voyage, pour aller marcher seule dans la forêt elle a rencontré un ours. Quand je dis “rencontrer” vous vous doutez bien qu’il s’est agit de plus que d’une rencontre, d’un véritable combat d’un duel, d’une lutte corps à corps. Dont elle est sortie victorieuse puisqu’elle n’est pas morte mais avec une partie du visage arraché, restée dans la gueule de l’ours et puis aussi une jambe très abîmée”. Lecture de “déconfinement” pour Camille Froidevaux-Metterie, cette lecture et ce récit du rapport au corps l’ont bouleversée alors qu’elle était touchée physiquement et mentalement par le virus du Covid 19.

     

    Cet épisode est présenté par Agathe le Taillandier, Maud Benakcha était au montage, à l’édition et à la coordination. Tristan Mazire a fait le mixage de cet épisode et Pauline Thomson en a composé la musique. 

    Marion Girard est responsable de productions, Maureen Wilson, responsable éditoriale. Mélissa Bounoua est directrice des productions et Charlotte Pudlowski directrice éditoriale.

    Camille Froidevaux-Metterie a publié récemment Seins. En quête d’une libération et La Révolution du Féminin est disponible republié en Folio. Ces deux ouvrages peuvent être retrouvés en format ebook. 

     

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  • Florence Loiret Caille est actrice. En ce moment, on peut la retrouver dans la dernière série Le Bureau des Légendes sur Canal+. Elle est devenue actrice très jeune: “J’ai eu un agent assez tôt, vers 17 ans. Donc j’ai tourné mon premier court métrage à 17 ans”. C’est par la lecture que tout s’est construit: “En fait mon envie de jouer elle est effectivement née dans les livres. Quand je lisais un livre ça décrivait un état dans lequel je me mettais”. Parallèlement aux tournages, elle étudie à la fac et c’est à ce moment là qu’elle découvre notamment Fragments d’un discours amoureux de Roland Barthes.

    Oeuvre littéraire hybride sur le sentiment amoureux, sur le discours de l’amoureux, cet essai est un texte libre dans lequel on peut se balader, un peu comme dans un recueil de poésie. “L’état amoureux est décrit à tous les stades” se souvient Florence Loiret Caille qui l’a lu à un moment particulièrement propice: “J’ai dû me prendre un méga vent un jour et j’ai dû ouvrir ce truc pendant que je l’étudiais et là je suis tombée de ma chaise je pense”. 

    Depuis cette période “dès que ça ne va pas sentimentalement”, Florence Loiret Caille se replonge dans cette “bible” des maux amoureux: “ça me donne un axe et ça me remet dans le monde. Parce qu’on est toujours un peu paniqué quand on est envahis par un sentiment amoureux. Que ça se passe bien ou mal en fait”.  

    Aujourd’hui son exemplaire de Fragments d’un discours amoureux est tellement stabiloté, corné que “on dirait un vieux scénario tout pourri”. Et comme littérature et jeu sont toujours aussi entremêlés dans la vie de Florence Loiret Caille, elle a appris de sa lecture de Roland Bathes: “Quand on joue, quand on prépare un film, on se met aussi dans un certain état. Comme quand on est amoureux”. 

    Florence Loiret Caille recommande également Love me Tender, de Constance Debré que nous avons entendue il y a quelques mois dans le Book Club. 

    Cet entretien a été mené par Agathe le Taillandier. C’est également elle qui présente Le Book Club. Amel Almia a monté cet épisode. Maud Benakcha est à l’édition et à la coordination. Jean-Baptiste Aubonnet a fait le mixage de cet épisode et Pauline Thomson en a composé la musique. 

    Marion Girard est responsable de productions, Maureen Wilson, responsable éditoriale. Mélissa Bounoua est directrice des productions et Charlotte Pudlowski directrice éditoriale.

    La dernière saison du Bureau des légendes est actuellement diffusée sur Canal+.

     

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  • Diane Brasseur est autrice. Aujourd’hui, elle a ce titre d’autrice mais avant d’être publiée pour la première fois, elle a douté, elle a attendu et elle a été patiente: “J’ai lu ce récit de Jean-Philippe Toussaint, L’urgence et la patience [NDLR] alors que je n’avais pas encore publié et c’est un livre qui m’a donné - à l’époque - beaucoup d’allant et beaucoup de courage surtout pour traverser ces moments de découragement qu’on connaît quand on se dit qu’on ne va jamais publier.” La patience est le mot phare de cette période de confinement pour nous tou.te.s et c’est également l’idée centrale de cet épisode. L’idée de la patience dans l’écriture. Depuis le début du confinement, plusieurs autrices comme Alice Zeniter, Marie Pavlenko ou Myriam Leroy nous ont détaillé les étapes compliquées de l’écriture et de la fin de la création. 

    “Il y a un moment très important dans le processus de l’écriture. C’est celui où l’on n’écrit pas. Le moment où l’on rêve son livre.” Il y a beaucoup de mythes autour de l’écriture. Notamment l’idée de cette inspiration qui arrive d’un coup: “Donc l’auteur qui se met à sa table et qui serait frappé par une foudre créatrice. Pour lui, Jean-Philippe Toussaint [NDLR] il y a une passivité qui lui déplaît et à laquelle il ne croit pas du tout. Il trouve que l’urgence c’est bien plus intéressant que l’inspiration parce que l’urgence c’est le contraire de l’inspiration.” Diane Brasseur nous embarque dans la construction concrète des livres entre “délivrance”, “jaillissement” et “persévérance”. 

    Cet épisode est présenté par Agathe le Taillandier, Maud Benakcha et Maële Diallo étaient au montage, à l’édition et à la coordination. Tristan Mazire a fait le mixage de cet épisode et Pauline Thomson en a composé la musique. 

    Marion Girard est responsable de productions, Maureen Wilson, responsable éditoriale. Mélissa Bounoua est directrice des productions et Charlotte Pudlowski directrice éditoriale.

    Diane Brasseur a publié plusieurs romans aux éditions Allary.

     

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  • Vous connaissez peut-être cette pile de livres. Celle qui est au chevet de votre lit, ou sur votre table basse, peut-être même qu’il y en a plusieurs, disséminées un peu partout chez vous. Des livres que vous avez achetés puis jamais ouverts, d’autres que vous aimez tant que vous avez besoin de les garder près de vous, ou bien simplement des livres entamés, que vous prenez le temps de découvrir page par page, chapitre par chapitre. 

    L’illustratrice Estine Coquerelle fait partie de ces lectrices à la bibliothèque dispersée. Aux quatre coins de son appartement on trouve des bandes-dessinées de Riad Sattouf comme La vie secrète des jeunes, qu’elle trouve fascinant: “ce travail, d’arriver à retranscrire la manière de parler des gens , à quel point c’est drôle toutes ces mimiques qu’on acquiert selon le milieu social duquel on vient (...) et il y a des trucs du quotidien dans lesquels on se reconnaît.”. Elle raconte également son amour pour les recueils de nouvelles de Milan Kundera car elle aime “sa façon de raconter l’amour, la vie, le désir, la culpabilité”. Enfin, son trésor à elle, c’est “un gros livre” de Louis Aragon, qu’elle a hérité de sa grand-mère et dont elle a lu la première page à son amoureux quand elle l’a rencontré. Cependant, il y a un livre cher à son coeur qui manque à sa collection. Il s’agit de Journal d’un corps, de Daniel Pennac, qu’elle a lu et relu, offert, prêté et perdu. Ce livre, “Il est drôle, dégoûtant, il est tout ce qu’on veut”, et il résonne avec son art, où le corps est central et sublimé, mais honnête. 

    Dans cet épisode du Book Club spécial confinement, Estine Coquerelle nous raconte qu’elle aime lire, mais surtout en vacances, quand elle a le temps. Ce qu’elle préfère, c’est “se laisser guider par l’envie”, et si ces temps-ci elle n’a pas forcément loisir à se plonger dans un roman, elle garde auprès d’elle quelques œuvres qu’elle aime feuilleter pour s’inspirer quand elle “tourne en rond” dans son travail d’illustratrice. 

    Vous pouvez retrouver l’oeuvre d’Estine Coquerelle sur Instagram et vous procurer ses illustrations sur sa boutique en ligne

    Cet épisode est présenté par Agathe le Taillandier, Maureen Wilson était responsable éditorial, Maële Diallo était au montage, Tristan Mazire a fait le mixage de cet épisode et Pauline Thomson en a composé la musique. Le Book Club est un podcast coordonné par Maud Benakcha. 

     

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  • Les tragédies que subit un pays lui appartiennent, de manière presque intime. Elles appartiennent également à sa population, habitée par la mémoire de ces événements. Mais cette capacité à porter une histoire en soi ne s’arrête pas aux frontières. L’autrice Alice Zeniter n’est pas Nigériane, pourtant, en se plongeant dans le roman de Chimamanda Ngozi Adichie L’autre moitié du soleil, publié en 2006, elle s’est sentie transportée au cœur de la guerre civile qui a bouleversé le pays dans les années 1970. “Le Nigéria devient une part de ma carte intime” dit-elle. Ce livre qui l’a tant marquée devient alors une extension d’elle: “j’ai prêté mon corps aux personnages pour ressentir ce qu’éprouvait Adichie, et donc leur souffrance, leur traversée de la guerre elle est passée par moi, par cette identification, et du coup ça devient un peu mon histoire”. 

    Pour Alice Zeniter, la lecture de ce roman est une expérience, mais aussi un cours d’écriture. Elle s’enthousiasme devant la plume de Chimamanda Ngozi Adichie, sa capacité à mélanger les genres et à s’approprier le roman de guerre, que l’on associe (à tort) plutôt aux écrivains hommes: “Je trouve ça admirable qu’elle n’ait pas eu peur de ça, qu’elle ait pu dire: ceci est ma place et c’est là que je vais déployer l’immensité de mon talent”. Elle-même autrice, elle lui voue une admiration “de romancière à romancière” qu’elle décrit dans ce nouvel épisode du Book Club spécial confinement. 

    Entre ses lectures et ses rendez-vous à distance avec son éditrice, Alice Zeniter se confie également sur la prochaine rentrée littéraire et se demande si son mois de septembre sera comme les autres. En attendant, elle continue de travailler sur son roman même si elle a “vraiment des problèmes pour imaginer le futur ces derniers temps”.

    Cet épisode est présenté par Agathe le Taillandier, Maud Benakcha était au montage, à l’édition et à la coordination. Tristan Mazire a fait le mixage de cet épisode et Pauline Thomson en a composé la musique.

     

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  • Vous est-il déjà arrivé d’ouvrir un vieux livre — publié plusieurs décennies, voire plusieurs siècles avant votre naissance — en pensant ne jamais vous retrouver dans l’histoire de ces personnages si lointains ? Et pourtant, au bout de quelques chapitres, cette histoire, ces personnages vous ont saisis et vous les avez compris. Peut-être parce que leur situation faisait écho à vos ressentis du moment, ou parce qu’ils vous rappelaient de vieilles histoires familiales. C’est ce qu’a vécu l’autrice jeunesse Marie Pavlenko en ouvrant Germinal d’Emile Zola, un jour d’été, pendant son adolescence: « Je n’ai jamais connu mon grand-père maternel - il est mort quand ma Maman avait dix ans — et il était mineur. Et Germinal est un livre qui a beaucoup compté pour moi parce qu’il m’a fait rentrer dans un monde que je ne connaissais pas et qui pourtant appartenait à mon passé. » 

    Si sa bibliothèque est remplie de mangas et de livres jeunesse, Marie Pavlenko revendique également son amour des classiques qui ont fait la littérature: « Il ne faut pas bouder les classiques. Les classiques ils ne sont pas là pour rien, ils sont là parce qu’ils ont traversé les temps et ils portent quelque chose. Ils portent une époque, mais ils portent aussi une espèce de parole universelle et intemporelle. » D’ailleurs, la littérature jeunesse a aussi ses œuvres incontournables. C’est le cas des romans de l’écrivain britannique Roald Dahl qui ont passionné l’autrice pendant son enfance. Ses favoris restent Le Bon Gros Géant et Sacrées Sorcières mais c’est avec La Potion Magique de George Bouillon qu’elle comprend le cœur de l’œuvre de l’auteur: “J’ai eu l’un de mes premiers chocs purement littéraire qui était de découvrir la puissance de la métaphore [...] il y a ces quelques mots à un moment donné : « elle avait la bouche ridée comme le derrière d’un chien » Et je me souviens que du haut de mes huit ans j’ai vu le derrière du chien, et j’ai vu la bouche de la grand-mère. Et j’ai éclaté de rire. Et ces deux choses qui entraient en collusion dans ce bout de phrase eh bien ça va bientôt faire 40 ans et je m’en souviens encore. » 

    Dans ce septième épisode du Book Club spécial confinement, Marie Pavlenko nous recommande de nous « plonger dans des pavés », même si, de son côté, elle n’a pas tellement le temps de le faire car elle doit terminer son prochain roman et aller écouter les oiseaux se remettre à chanter.

    Cet épisode est présenté par Agathe le Taillandier, Maud Benakcha était au montage, à l’édition et à la coordination. Tristan Mazire a fait le mixage de cet épisode et Pauline Thomson en a composé la musique. 

    Marion Girard est responsable de productions, Maureen Wilson, responsable éditoriale. Mélissa Bounoua est directrice des productions et Charlotte Pudlowski directrice éditoriale.

    Vous pouvez retrouver les livres de Marie Pavlenko chez Flammarion Jeunesse

     

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  • Comment s’est construit votre chemin vers le féminisme? Est-ce en faisant face à des inégalités criantes et répétées? Est-ce en rencontrant une personne qui vous a ouvert les yeux? Ou est-ce, comme c’est le cas dans cet épisode avec la musicienne Flèche Love, en lisant une oeuvre qui vous a fait prendre conscience des réalités, “comme des guides spirituels et lumineux”? 

    Resté sur sa table de chevet pendant des années, Femmes qui courent avec les loups: Histoires et mythes de l’archétype de la femme sauvage de Clarissa Pinkola Estès, a attendu longtemps avant que Flèche Love puisse l’apprécier, le digérer et le lire entièrement: “C’est comme si je n’avais pas été prête à lire ce livre. Plusieurs fois je m’y suis essayée et je m’y suis perdue. Et j’ai lu deux pages et j’étais là “ah je comprends pas!” C’est un livre qui demande à être lu au bon moment”. Et, pourquoi ne serait-ce pas le bon moment pour vous aussi de le découvrir? C’est ce que conseille la musicienne: “Dans une période de confinement on ne peut pas aller chercher à l’extérieur ce dont on a besoin. On ne peut pas sortir. Et c’est une invitation à l’intériorité dans toute sa puissance.” 

    Dans ce sixième épisode du Book Club spécial confinement, Flèche Love nous incite (pour ceux et celles qui le peuvent) à prendre du temps pour soi afin de mieux comprendre le monde. Elle nous scande sa vision de la société pour peut-être mieux l’apprivoiser.

    Cet épisode est présenté par Agathe le Taillandier, Maud Benakcha était au montage, à l’édition et à la coordination. Tristan Mazire a fait le mixage de cet épisode et Pauline Thomson en a composé la musique. 

    Marion Girard est responsable de productions, Maureen Wilson, responsable éditoriale. Mélissa Bounoua est directrice des productions et Charlotte Pudlowski directrice éditoriale.

    Le dernier album de Flèche Love est produit par le label Musique Sauvage.

     

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