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  • Il y a une question que je me pose de plus en plus. Est-ce moi qui suis fou ou les autres ? Ceux de la télé et des débats et analyses tous plus plombés les uns les autres. Quand vous voyez la déferlante des commentaires moutonniers et laudatifs autour de ce remaniement, vous vous dites : ça y est, on est reparti pour un tour. Le train des poncifs, des unes de Paris Match et de BFM, de l’argent facile, des inégalités et du néant abyssal de nos projections politiques est en marche. Les médias sont sous contrôles et prêts pour le tabassage des cerveaux. Le massacre. Ils ont fabriqué Macron comme un produit manufacturé en vente partout. Ils reprennent les mêmes recettes pour nous fourguer Attal. Jeune, beau, intelligent, libre, courageux, audacieux, indépendant des partis, 34 ans, homo, homme d’action. En un an, le môme s’est transformé en petit prince de la politique carrossé par Gucci, parfumé par LVMH. Et encaissez-vous ça dans la courbure. De quoi Attal est-il le nom ? D’une combinaison politique et d’un tiroir-caisse… Le dernier édito de Denis Robert nous conte la fabrication d’un plagiat ou comment Gabriel Attal a été porté par une oligarchie affairiste et affairée pour poursuivre le travail entrepris en 2017, par son maitre en manipulation, Emmanuel macron. Rien que ça ? Rien que ça…


  • En 1975, au moment où sort le film Dupont Lajoie, un jeune catholique intégriste qui se balade partout avec des photos de Saint dans les poches de son veston et son frère, prennent le contrôle de la banque de l’Union européenne industrielle et financière. C’est le début de l’ascension de Saint-Vincent Bolloré. Le jeune breton a de grands desseins pour la France. Il a compris très tôt que les politiques étaient du menu fretin, qu’on pouvait acheter les présidents à coup de yacht et de Rolex, qu’il fallait être patient. Il a compris très tôt que pour compter dans le paysage et faire aboutir ses idées, il fallait acheter des médias. Y mettre le prix. Pour Bolloré, les journalistes aussi sont du menu fretin. Et les commissions parlementaires une sorte de grande vespasienne où on peut se déboutonner sans risques. Un peu comme chez Pascal Praud le soir. Le grand déversoir, la vérité parallèle, les obsessions sécuritaires. Les braises chaudes de la guerre de civilisation. La petite bande est là avec un petit contradicteur qui sert d’alibi et ça y va à fond les manettes. Chaque soir, c’est un florilège, une quintessence. Les gars vivent en monde clos. Bolloré a réussi son coup. CNews allume la mèche. Le lendemain, Europe 1 reprend et puis ensuite le JDD, Paris Match… Et maintenant l’édition. Depuis le 7 octobre, l’attaque du Hamas et la riposte d’Israël, la situation se tend dans les médias français. On a le droit de partir en guerre de son salon et de dire à peu près n’importe quoi. Plus c’est inhumain, violent, islamophobe, con, mieux c’est. Et la course à l’audience les rend tous dingues : Pour son dernier édito de 2023, Denis Robert pare au plus pressé ...

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  • Le sujet est casse gueule. L’autre jour, je prends le train pour Paris. Au départ à Metz, un cheminot cégétiste me dit : « J’espère que vous allez arrêter de faire la propagande d’Israël, ce sont eux les oppresseurs ». Lui n’avait pas encore été arrêté par la police à 6 h du matin pour incitation au terrorisme. A l’arrivée à Paris, un jeune homme énervé, les yeux cernés, se pointe devant moi et m’agresse : « C’est vous Blast. Ce que vous faites est dégueulasse. Il faudrait mettre un drapeau israélien sur tous vos programmes. Rien de pire ne nous est arrivé depuis la Shoah » : ainsi démarre l’édito de Denis Robert qui reconnait que ce dernier est sans doute le plus difficile qu’il ait eu à écrire tant le sujet est douloureux et divise les partisans des deux camps. Il tente de réhabiliter et de remettre au centre du jeu le journalisme et les reporters et les médias libres et indépendants. Il nous propose donc un édito casqué « pour éviter les coups » écrit-il, avant de s’intéresser aux images et aux commentaires qui remontent de Gaza. Pour qui les as vues une fois, les images de cadavres reviennent en boucle. Celles des hommes, des femmes, des bébés, des chiens, celles des blocs soufflés par les missiles, les sanglots lents des familles israéliennes, les cris des Palestiniens transportant des enfants enveloppés dans des draps. Sauf que ce ne sont que des images, des vidéos, des impressions. Et les guerres se jouent sur ce trafic où des guetteurs doivent nous montrer des chemins. Les guerres d’aujourd’hui sont d’abord des guerres d’informations. L’Ukraine nous avait préparé au pire. On y est.

    La comptabilité macabre des morts est le sujet de cette guerre naissante qui attaque sa troisième semaine. Sur les réseaux et dans les médias occidentaux en particulier français, les victimes israéliennes ont des visages, des histoires, des sourires, des sourires figés. On les voit, on les sent. On nous montre du bonheur qui s’échappe. Ces morts nous renvoient à l’holocauste. « Rien de pire nous est arrivé depuis la Shoah » : C’est le message qu’on reçoit à jet continu d’Israël. Les morts palestiniens n’ont pas d’images, pas de story. Ce sont des fantômes. On les discerne sous des draps gris, portés par des types en larmes. Est-on sûr qu’un cadavre est sous ces draps ? Est-on sûr qu’un fœtus a été arraché du ventre de sa mère ? Est-on sûr que des bébés et des enfants ont été brulés dans certains kibboutz ? Est-on sûr que le djihad islamique a envoyé une roquette sur le parking de l’hôpital de Gaza ?

    On avance avec lui dans une nuit emplie d’orages. De menteurs, de tueurs, de tricheurs. Et les plus emmerdants, ce sont les types sûrs d’eux qui commencent leurs phrases par « Laisse- moi vous dire une chose… » On en croise beaucoup sur les plateaux télé en France…


  • « Une insurrection qui éclate, c’est une idée qui passe son examen devant le peuple » disait Victor Hugo.

    Dans ce dernier édito de la saison 2, Denis Robert a relu LTI de Victor Klemperer et vu Athena de Romain Gavras. Il part de là pour refaire l’histoire des émeutes ayant suivant la mort de Nahel et fait le lien avec la montée de l’extrême droite en France.

    "Si j’avais à corriger la copie de la semaine d’émeutes suivant la mort de Nahel, je dirais « a fait peur aux bourgeois et au pouvoir bien plus que toutes les manifs de Gilets jaunes et les cortèges non violents d’opposants à la retraite, mais sans appui, sans organisation, ni discours s’est vite retourné contre ses initiateurs et s’est effondré. Si l’insurrection était votre projet, peux mieux faire » dit-il.

    Athena est une fiction à haute dose de testostérone mais à faible intensité politique s’inspirant de la réalité des banlieues et des émeutes. LTI est un récit introspectif autour d’une fiction auquel les allemands étaient priés de croire : l’existence d’une race pure et supérieure. Les deux traitent du même sujet, le délitement d’une démocratie et la toxicité des discours de haine pouvant mener à une dictature.

    L’un surfe sur des images de luttes urbaines en plan séquence hypnotisant. L’autre plonge dans la folie collective et l’antisémitisme du troisième Reich. Les deux témoignent d’un monde en vase à peu près clos. A Athena comme dans la maison de Klemperer à Dresde, on passe son temps à chercher l’ouverture.

    Prof de littérature à la retraite, juif et marié à Eva, une aryenne qui lui permet d’échapper à la déportation, Victor Klemperer a accumulé une abondante matière faite de notes, de réflexions et d’observations qu’il entreprend dés 1934 pour montrer comment les nazis et leur grand Yaka Adolf Hitler ont mis en place une novlangue et des fake news, tendant à faire croire qu’une grande Allemagne blanche et blonde avec un langage, un passé et même un alphabet oublié pré existait et avait été corrompue par des élites cosmopolites.

    L’arsenic, sa propagation. La peur.

    Klemperer raconte comment les nazis ont élaboré entre eux des croyances et un langage dans le but d’acquérir le pouvoir et d’en jouir. Dire sans dire. Amener à. Faire du buzz avec tout et n’importe quoi. Conchier la presse juive et la bourgeoisie suceuse du sang du peuple allemand. Das Volk. Le peuple.

    « On va dire que j’atteins très vite mon point Godwin. Je sais, j’assume… » lance l’éditorialiste. On le suit sans faillir, en nous demandant si le cauchemar pourrait revenir sous Macron…

    La réponse est oui.


  • Edito républicain à Blast… Denis Robert reprend ses bonnes habitudes et nous délivre ici un édito qui démarre sur une citation de De Gaulle qui critique le capitalisme obsédé par le profit et s’achève sur Pompidou qui a peur de vivre dans une bulle, trop éloigné des sentiments et des peurs des français : entre les deux, dans le viseur de l’éditorialiste Emmanuel Macron qui apparait ici comme un chef de bande isolé, obsédé par le capitalisme financier et entouré de petites frappes et d’affranchis. On n’est pas dans un film de Scorsese mais en France en 2023. Bienvenu au Blast club et dans le 18ième éditorial de Denis Robert : « Je suis né dans un pays où le président avait combattu Pétain, de l’allure, un grand pif et était au final anticapitaliste. Je finis dans le même pays avec un jeune centriste et hypercentré qui rend hommage à Pétain, fait du capital et du profit une quasi religion. Je suis né dans un pays où le président était clairement de droite mais adorait les communistes. Je finis dans un pays où le boss s’est appuyé sur la gauche pour interdire les ménagères à casseroles et autoriser les défilés de néonazis. De Gaulle voulait répartir les richesses. Macron les estourbit. Ce que nous vivons tous n’est que la lente dégénérescence de cette histoire racontée par le général De Gaulle. Sauf qu’on morfle aujourd’hui comme jamais. On prend cher, non ? »


  • Après deux mois de stand by, Denis Robert revient avec un édito newlook peuplé d'images et de vidéos dénichées sur les réseaux sociaux."Des sons, des images. Des coups. Des chiens. Des cris. Des meufs qui dansent. Des mecs qui se battent. Des acrobates. Des chanteurs. Des gros balaises qui se filent des baffes au point de se détruire le cortex pariétal. Des renards pris au piège. Des crocodiles qui avalent des tigres. Des députés qui multiplient les punchline débiles à l’Assemblée nationale. Des extraits d’émissions TV de plus en plus trash. En France la patte de Bolloré, le deus ex machina de nos lobotomies. Partout, les algorithmes de Zuckerberg, ceux de Youtube, ceux de TikTok nous façonnent. La manière dont la Chine et les Gafam s’occupent de nos envies, influencent jusqu’à nos pensées, assouvissent nos penchants les plus vils, font de la politique à leur bénéfice. Nous intoxiquent. C’est ce monde-là qui nous enveloppe tous les jours et auquel il faut résister sans y renoncer. Résister à ce déferlement, à ce bruit, à ces injonctions. Utiliser les failles." écrit le boss de Blast. Il en appelle à des fantômes comme ceux d'Ernest Backes, d'Edward Snowden ou de Julian Assange pour mieux dire le brouillard dans lequel on fonce. Au final, on revient en Macronie avec le combat que mènent la rue et les syndicats contre "les voleurs de vie". Quand il prend le train direction Paris pour enregistrer son édito, il croise des émules et des clones d'Emmanuel Macron... " Des jeunes types qui bossent dans des banques du quartier de gare de Metz, en pantalon slim, veste courte et godasses brillantes. Ils parlent comme lui, sourient comme lui. Ils se sentent dans le camp des winners. Ils râlent quand ils croisent un gréviste, pouffent quand c’est un gilet jaune. Macron aura aussi été l’homme de cette fracture entre nous. Nous sommes devenus irréconciliables" Selo DR, Macron n’est pas un animal politique comme pouvait l’être Sarkozy. Il est une "anomalie politique... Il a gagné sans débattre, sans convaincre. Il est le contraire d’un conquérant comme pouvait l’être Chirac ou Mitterrand. Même François Hollande qui a été suffisamment benêt pour nous l’amener à l’Elysée, s’est battu et a débattu. Macron n’en a pas eu besoin. Il sera ad vitam aeternam celui qui a tué la politique et le service public. Il va laisser cette trace-là, une trace sale."


  • «Si on est puni pour ça
    Alors j'dis "Halte à tout !"
    Explique-moi, Papa,
    C'est quand qu'on va où ?
    Je dois écrire un édito de moins de 15 minutes.
    Plus mon texte est long,
    plus il est compliqué à monter et plus il coute cher à Blast.
    C’est ce qu’ils m’ont répété à la prod.
    Faut faire éco-efficace.
    D’où le timing et la nécessité de parler vite.
    Et le chrono qui tourne contre moi et ma propension à m’étendre.
    Je suis comme un train qui doit speeder.
    Ça tombe bien, j’écris dans un TGV.
    Comme un boxeur qui doit conclure avant le gong.
    Le combat est permanent,
    je prends quelques coups,
    j’en donne aussi.
    Comme un marathonien pressé qui cherche au loin l’horizon.
    C’est quand qu’on va où papa ?»


  • Comment un pays aussi riche que le nôtre peut produire autant de pauvreté et laisser tant se creuser les inégalités ? Pourquoi accepte-t-on collectivement cet asservissement à l’ordre qu’établissent les champions et les actionnaires du CAC 40 ? Inutile d’aller chercher loin. Ce sont les mêmes qui possèdent et produisent les systèmes d’information qui nous enfument et tuent en nous toute révolte.
    Prenons le chauffage et la chaleur des pauvres. En serions-nous là si Gaz de France, joyau du service public, n’avait pas été vendu à Suez et au milliardaire Albert Frère avec la complicité de Nicolas Sarkozy et la faiblesse insigne de François Hollande alors secrétaire général du parti socialiste ?
    Je parle de chauffage au gaz, au fioul et au bois, car ce sujet occupe notre espace mental et médiatique sans que jamais on ne revienne à la genèse, à l’origine de nos maux.
    Pour cet édito de rentrée, Denis Robert prend le TGV et nous fait voyager de San Sebastian à Doha en passant par Paris et Mexico. Il nous fait voir du paysage et revisiter les films de Godard et d’Antonionni. Il nous parle de littérature, de fiscalité, de paradis fiscaux, de révolution, d’un accident nucléaire toujours possible et des papillons monarques qui se font la malle pour ne plus revenir. Sinueuse et survitaminée, cette énergie nous avait manqué…


  • "Du fric, que du fric, des pétrodollars, de la corruption et des fables inventées pour endormir le peuple. Le ballon rond est devenu un outil de propagande. Nasser, Macron et Mbappé peuvent paraître marrants, voire dévoués. Ce ne sont que les mauvais acteurs d’une fable pornographique."


  • “L’isolement n’est pas possible en temps d’élection, pas plus que la solitude au milieu d’un champ de bataille” Victor Hugo. J’avais prévu une autre citation que cette prémonition hugolienne pour démarrer cet édito. Elle était très bien d’ailleurs, ma citation, mais un peu compliquée à mettre en exergue car réversible... Hannah Arendt est reprise en boucle sur les réseaux sociaux pour avoir dit : “Politiquement, la faiblesse de l’argument du moindre mal a toujours été que ceux qui choisissent le moindre mal oublient très vite qu’ils ont choisi le mal.”


  • "Et ton patrimoine Manu ? 500 000 euros, ce n’est même pas l’addition de tes salaires de Président… Avez-vous lu sa lettre aux Français ? Cette volonté de tirer un trait sur le passé, de prendre un nouveau départ en s’affranchissant de tout ce qui l’emmerdait avant, c'est-à-dire pas grand-chose. Après Jupiter, Emmanuel Macron se rêve en Napoléon. Il veut devenir intraitable et rêve d’élever la toute-puissance de la France en Europe."


  • "Ça a été long. Un mois, presque, sans vous parler. Sans faire vivre ce lien particulier entre Blast et vous. Je ne suis qu’un intermédiaire ici dans cet édito… un déviant… J’aime bien l’idée de dévier le cours commun des choses et du long fleuve tranquille de l’information produite par les médias dominants et les GAFAM… On invente un métier, comme on invente notre quotidien en fabriquant Blast."


  • "En France, les deux candidats d’extrême droite comptabilisent plus d’intentions de vote que les 8 candidats de gauche s’ils étaient réunis. J’ai fait le calcul dans le dernier sondage de Marianne, Zemmour et Le Pen sont au coude-à-coude avec 29,5% des voix. Les huit autres arrivent à 28%. À huit.... C’est vrai que parmi eux, il y en a un qui en a 13. Macron, tout seul lui, est à 23%."


  • "Un journal n’est plus fait pour éclairer, mais pour flatter les opinions. Ainsi, tous les journaux seront, dans un temps donné, lâches, hypocrites, infâmes, menteurs, assassins. Ils tueront les idées, les systèmes, les hommes, et fleuriront par cela même. Ils auront le bénéfice de tous les êtres de raison : le mal sera fait sans que personne en soit coupable.”

  • Montrent leurs visages meurtris
    Grande est l’impatience de ceux
    qui vivent en sécurité.
    De quoi vous plaignez-vous ? demandent-ils
    Vous avez lutté contre l’injustice !
    C’est elle qui a eu le dessus,
    Alors taisez-vous


  • « Joie après joie
    Victoire après victoire
    Gens de couleur de l’Afrique à Cuba
    C’est dans la victoire que l’homme n’a pas de couleur
    C’est dans la joie que l’unique couleur est la couleur de l’homme »
    Pier Paulo Pasolini (Rage)

  • C’est une pièce de Becket, elle s’appelle « Oh les beaux jours ». C’est un souvenir personnel. Madeleine Renaud, splendide et douce comédienne, est postée sur une dune de papiers journaux. Les actualités et les bruits du monde remontent jusqu’à elle. Elle a son sac posé et regarde l’horizon. Elle voit ainsi venir. Elle est coincée là et elle dit : Les mots vous lâchent, il est des moments où même eux vous lâchent.