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  • Sauver les orangs-outans grâce à l'huile de palme certifiée durable ?

    · Chronique des Matières Premières

    L'huile de palme responsable et durable peut sauver les orangs-outans d'Indonésie, mais aussi les grands singes d'Afrique centrale, estime le primatologue français Marc Ancrenaz. Le scientifique installé à Bornéo depuis 20 ans était cette semaine de passage à Paris. Sauver les orangs-outans indonésiens et les grands singes africains grâce à l'huile de palme certifiée durable ? L'idée peut sembler provocatrice. C'est pourtant celle du primatologue Marc Ancrenaz, co-fondateur et directeur scientifique de l’ONG française HUTAN, il gère le « Kinabatangan Orangutan Conservation Programme » à Sabah, la province malaisienne de l'île de Bornéo. Et il travaille particulièrement sur l’adaptation des orangs-outans à la dégradation de leur milieu naturel : « Nos recherches à Sabah montrent que certains orangs-outans commencent à utiliser les palmeraies établies, il y a quelques années. Ils quittent la forêt pour rentrer dans les palmeraies, ils arrivent parfois à faire des nids dans les palmes, à se nourrir des fruits, ils se déplacent au sol pour bouger d'une forêt à l'autre en traversant les plantations. L'évolution se fait devant nos yeux : on a des animaux intelligents, versatiles et adaptables, qui commencent à utiliser un nouveau milieu, le milieu agricole. » L'orang-outan peut survivre à condition qu'il n'y ait pas de chasse et qu'il lui reste des zones de forêts préservées, insiste Marc Ancrenaz. « Des zones qui sont vraiment importantes pour la biodiversité, il faut être sûr de les conserver, de ne pas y toucher. Ensuite tout autour de ces zones qui seraient protégées, qui ne seraient pas développées, mettre en place des pratiques qui respectent l'environnement, par exemple en respectant des corridors de forêt le long des rivières, ou en créant des petits isolats de forêts à l'intérieur des plantations, pour créer une mosaïque, une variété, une diversité dans le paysage. Cela permettrait à de nombreuses espèces de survivre, de se promener à l'intérieur des plantations » Il est illusoire de vouloir empêcher l'extension de la culture de l'huile de palme, estime le primatologue, il faut exiger la certification RSPO pour les plantations d'huile de palme. Une certification renforcée, qui imposerait au minimum 10% d'espaces vierges et une gestion de la vie sauvage dans la plantation. Il y a urgence : en Indonésie, 60% des zones allouées à l'huile de palme par le gouvernement n'ont pas encore été développées et elles abritent 10 000 orangs-outans. En Afrique équatoriale, ce sont les gorilles, les chimpanzés, les bonobos et les éléphants qui sont menacés par le développement de l'huile de palme, s'il est mené de façon anarchique.

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  • Des subventions en Chine pour abandonner le maïs

    · Chronique des Matières Premières

    La Chine veut se débarrasser de ses stocks de maïs. Pékin double les subventions pour ne plus en planter. Les agriculteurs chinois sont de plus en plus subventionnés… pour ne plus produire. En particulier pour ne plus produire de maïs, tant les entrepôts publics sont pleins. Cette année, Pékin va doubler les subventions pour encourager les paysans à abandonner le maïs, soit en opérant une rotation en faveur d’une autre culture, notamment le soja, soit en mettant leurs terres en jachère. Deux milliards et demi de yuan, selon Reuters, soit 323 millions d’euros, seront consacrés à ces subventions à ne pas produire de maïs, elles visent 800 000 hectares, dans le nord-est du pays. Des terres choisies parce qu’elles sont les moins favorables au maïs ou qu’on y a déjà planté du soja avec succès. Des stocks de maïs qui atteignent 350 000 tonnes Après l’abandon des subventions au coton, Pékin opère un découplage progressif de ses aides aux productions alimentaires, parce que la Chine croule sous les stocks. Ceux de maïs atteignent 350 000 tonnes, plus d’un an de consommation. Pour écouler ce maïs chinois, les provinces subventionnent les fabricants d’aliments du bétail qui veulent bien en acheter. C’est une mutation pour la Chine, après des décennies d’achats publics de céréales : la sécurité alimentaire était « la » priorité de la politique agricole chinoise. Pékin estime désormais que cela lui coûte trop cher, surtout dans un contexte d’excédents mondiaux de céréales qui rendent les achats à l’étranger beaucoup moins coûteux que les achats domestiques. Ce choix, l’Inde se refuse toujours à le faire tant elle reste attachée à l’autosuffisance alimentaire, même si elle a du mal à gérer correctement ses réserves. Au contraire, la Chine pourrait bientôt, juge un cadre chinois du fournisseur de semences Monsanto, devenir dépendante des importations de maïs.

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  • Nous avons un problème de déchets plus que de ressources

    · Chronique des Matières Premières

    Economiser la matière première et faire des déchets de nouvelles ressources, c'est le principe de l'économie circulaire. Nicolas Hulot, nouveau ministre de la Transition énergétique, en a inauguré les troisièmes assises à Paris ce mardi. L’économie circulaire ? Elle est dans « une trajectoire maintenant irréversible », estime, sans jeu de mots, le nouveau ministre de la Transition énergétique, Nicolas Hulot. Recyclage, éco-conception, économie de partage, allongement de la durée d’usage des produits... Après la prise de conscience des premières assises, les troisièmes ambitionnent de devenir celles de l’action. Pourtant, si l’obsolescence programmée est devenue un délit, en France, les smartphones continuent à rendre l’âme avec une régularité douteuse. Difficile également d’encourager la sobriété lorsque le prix des matières premières est déprimé, comme aujourd’hui, et que l’on semble à nouveau nager dans l’abondance de ressources, excédents de pétrole, réserves d’or ou de cuivre toujours renouvelées, même s’il faut pour les extraire consommer toujours plus d’eau et d’énergie. « Nous n’avons pas de problème de ressources, nous avons un problème de poubelles », résume l’économiste Pierre-Noël Giraud, professeur à Mines Paris Tech. Innover pour limiter les déchets enfouis Produire moins de déchets ou les recycler, même si les matières secondaires issues du recyclage du plastique, de la ferraille, ont du mal à concurrencer les matières premières redevenues peu chères. Les collectivités innovent pour limiter l’enfouissement des déchets, très coûteux. Dans le sud-ouest de la France, une déchetterie s’est transformée, première mondiale, en « supermarché inversé ». « On a revisité de fond en comble le concept de la déchetterie, où il s’agissait de venir abandonner et jeter des déchets », explique Eric Buffo, directeur du développement du Syndicat intercommunal de collecte et de valorisation du Libournais, rebaptisé « SMICVAL market ». On l’appelle le « supermarché inversé » parce qu’on a utilisé les codes du supermarché. Quand on arrive, on se gare, on prend un caddie, et on remet en rayons dans des espaces dédiés comme dans les supermarchés : à la petite enfance, au bricolage, aux matériaux. On a même embauché, à côté d’un « valoriste », un chef de rayon, pour faire vivre les rayons et pour s’assurer que les objets et les matériaux puissent être mis en valeur et repartir. » Résultat : la part des déchets enfouis a diminué de 60 % en un mois.

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  • En expansion, le marché des fruits rouges vire au bleu

    · Chronique des Matières Premières

    L'offre de framboises, de myrtilles et de mûres grandit en Europe, le marché des fruits rouges se diversifie de la simple fraise. Sur les étals des marchés européens, de plus en plus de myrtilles et de mûres côtoient, avec les framboises de toutes les couleurs, les habituelles fraises du printemps. Il y avait trop de concurrence sur le marché de la fraise, avec l’allongement du calendrier de production en Europe. Si l’Espagne reste le principal fournisseur de fraises de l’Union européenne avec ses 300 000 tonnes exportées, elle a opté pour des variétés de fraises plus qualitatives et elle s’est résolument tournée vers les petits fruits rouges. Après les framboises, dès le début des années 2000, c’est au tour des myrtilles et des mûres de s’étendre dans la région andalouse de Huelva, avec un rythme de croissance de 25 et 30 % cette année. Les myrtilles ont l’avantage de se conserver plus facilement, les surfaces espagnoles de myrtilles, plus de 2 500 hectares pour environ, 20 000 tonnes de fruits désormais, ont dépassé celles de framboises, 20 000 tonnes également, selon le magazine du Cirad, FruiTrop. Le marché des fruits rouges vire au bleu ! Risque de saturation à terme Mais là aussi la compétition s’accroît : le Maroc a fait de tous ces petits fruits rouges, tant prisés aujourd’hui en Europe, un axe de son plan Maroc Vert. Dans la région de Larache au nord-ouest du pays, on est passé en dix ans de 30 à 500 hectares de framboises, et autant de myrtilles, soit environ 5 000 tonnes de chaque aujourd’hui. L’objectif est de multiplier ce volume par six d’ici 2020. Le risque de saturation du marché est réel à terme, étant donné l’offre de myrtilles de la Pologne (potentiellement 30 000 tonnes) et de la Chine (environ 100 000 tonnes). Un risque déjà pris par les concurrents d’Amérique du Sud, qui produisent des petits fruits rouges de contre-saison et où 10 000 hectares ont été plantés en une décennie. Le Chili, pionnier de ces cultures dans les années 1980, peut en produire 100 000 tonnes aujourd’hui. Le Pérou lui emboîte le pas avec l’ambition de produire 70 000 tonnes en 2021 et de tirer de la myrtille pas moins d’un milliard de dollars de revenus annuels.

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  • Glencore convoite le charbon australien de Rio Tinto

    · Chronique des Matières Premières

    Le géant suisse du négoce et des mines Glencore améliore son offre sur un gisement australien de charbon de haute teneur en Australie, en espérant prendre de vitesse l’acquéreur concurrent chinois. Glencore tient décidément au gisement de charbon de Hunter Valley en Australie. Le géant suisse du négoce et des mines vient d’améliorer son offre à l’Australien Rio Tinto : 2,675 milliards de dollars, c’est désormais 225 millions de dollars de plus que l’offre du rival chinois Yancoal, choisi mardi dernier par Rio Tinto. Glencore propose également à Rio Tinto de lui verser son paiement en une fois, de lui permettre de profiter des revenus du gisement jusqu’à ce qu’à la fin et de lui octroyer une caution non récupérable au cas où l’opération ne recevrait pas l’approbation de toutes les autorités de régulation. Pour l’instant, seul le Japon a donné son feu vert, c’est le principal client du charbon de ce gisement australien. L’entêtement de Glencore peut étonner, le charbon n’est pas la matière première la plus en vogue à l’heure actuelle. Mais le gisement australien de Rio Tinto contient un charbon de haute teneur, qui plus est mitoyen d’un autre gisement que Glencore possède déjà. Le géant suisse espère ainsi faire des économies d’échelle et mélanger les minerais de charbon pour en tirer le plus de revenus possibles, selon les besoins de ses clients. Ne pas froisser la Chine Le groupe chinois Yancoal convoitait lui aussi le gisement de Hunter Valley pour avoir dans son portefeuille un actif de qualité, et pouvoir revaloriser son action. C’est un groupe chinois endetté, tout comme l’un de ses actionnaires, le négociant hongkongais Noble. Ce groupe Yancoal, soutenu par l’Etat chinois, était le candidat naturel de Rio Tinto pour plusieurs raisons : Rio Tinto dépend aujourd’hui de l'actionnaire chinois Chinalco, le numéro un chinois de l’aluminium. Par ailleurs, Rio Tinto a pour client principal, en particulier pour son minerai de fer, la Chine. L’Australien Rio Tinto est donc dans une situation délicate : il ne peut plus légalement refuser l’offre du groupe suisse Glencore, et à moins que le chinois Yancoal ne réussisse à renchérir grâce à une augmentation de capital, Rio Tinto risque bien de vexer la Chine, son principal financeur et client.

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  • A Darjeeling le soulèvement condamne la récolte du meilleur thé de l'année

    · Chronique des Matières Premières

    Le soulèvement séparatiste à Darjeeling, dans le nord-est de l'Inde, a complètement stoppé la deuxième récolte de thé, or c'est la plus chère. A Darjeeling le soulèvement séparatiste stoppe la récolte du meilleur thé de l'année. Dans les montagnes de cette région très enclavée du nord-est de l'Inde, le mouvement pour un Gorkaland autonome s'est réveillé. D'autant plus fort que le gouvernement de l'Etat du Bengale occidental, loin de là, à Calcutta, veut imposer à Darjeeling l'usage du bengali à l'école alors que l'on parle dans ces montagnes le nepali. La riposte de la police aux manifestations est inhabituellement violente. La tension ne redescend pas depuis le début du mois. Dans les plantations de thé, les « 87 jardins » de Darjeeling, pas question de braver l'ordre de grève des séparatistes. Plus personne ne circule. Le travail s'est arrêté, les feuilles se multiplient sur les théiers, elles sont gâchées : la « récolte d'été », celle du mois de juin, sera tout juste bonne à faire des sachets alors que c'est la plus qualitative. Darjeeling est une des seules origines de produits étrangers à disposer d'une appellation en Europe. Ce thé peut se vendre jusqu'à 200 dollars le kilo. En France, le dirigeant du Palais des thés s'est fourni juste avant les troubles, mais beaucoup d'acheteurs n'auront pas ces meilleures feuilles de Darjeeling. Les prix vont grimper, ce qu'ils avaient déjà fait et de 30% pendant la première récolte, celle de la mousson, qui avait été rare parce que trop sèche. Pour l'industrie locale du thé, l'impact commence à être très lourd. Si les salariés des plantations sont encore payés à ce jour, l'industrie du thé Darjeeling s'attend à perdre 40% de son revenu annuel. La tentation d'aller chercher du thé au Népal voisin et de l'estampiller Darjeeling, comme le font déjà certains producteurs indiens et certains acheteurs, risque d'être encore plus grande cette année.

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  • La sécheresse réveille les cours du blé

    · Chronique des Matières Premières

    La canicule en France commence à tirer les prix du blé vers le haut. La sécheresse qui sévit aux Etats-Unis mais surtout dans le sud de l'Europe et particulièrement en France réveille enfin les cours du blé, y compris sur les marchés américains. Depuis le début du mois, le prix de la céréale a grimpé à la bourse de Paris, au-delà des 175 euros la tonne. Les cours se reprennent aussi cette semaine à la bourse de Chicago, ce mardi on a dépassé les 4,45 dollars le boisseau, un niveau qu'on n'avait pas vu depuis près d'un an. Aux Etats-Unis le Département à l'agriculture a estimé que les blés d'hiver et surtout les blés de printemps étaient en beaucoup moins bon état dans les champs que l'an dernier. Mais c'est surtout l'état des cultures en Europe méridionale qui inquiète : selon Stratégie Grains, le Vieux continent pourrait perdre plus d'un million de tonnes de blé par rapport aux moissons de l'an dernier, déjà très mauvaises. L'Espagne, qui a connu le gel et depuis, l'absence de pluie, pourrait voir sa récolte divisée par deux cette année. En France la canicule cette semaine aggrave la sécheresse qu'endurent les blés depuis des mois. On avait déjà prévu que le nombre de grains par épis serait inférieur à la normale, mais cette fois c'est le remplissage des grains qui est menacé, faute de pluie. Chez Agritel, on estime que la récolte française pourrait ne pas dépasser 36 millions de tonnes, c'est évidemment mieux que la récolte catastrophique de l'an dernier, mais pas brillant du tout pour le premier fournisseur européen. Pourtant, poursuit la société de conseil en gestion des risques agricoles, la hausse des cours du blé reste encore très mesurée, parce que les stocks de céréales encombrent encore les grands pays exportateurs, comme les Etats-Unis, et que dans les pays de la Mer Noire, la production semble, à ce jour, satisfaisante.

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  • Codes miniers africains: comment partager la rente quand elle fond

    · Chronique des Matières Premières

    L'Afrique en est à sa troisième génération de codes miniers. Mais ces textes, décidés lorsque les prix des produits du sous-sol étaient élevés, sont, pour certains inapplicables aujourd'hui. Comment partager la rente minière quand elle fond ? Les Etats d'Afrique en sont à leur troisième génération de codes miniers, rappelle l'avocat Ludovic Bernet, dans Arcadia, l'Afrique et les marchés mondiaux de matières premières, qui paraît cette semaine. Après la première génération de codes miniers, qui affirmait la souveraineté des nouveaux Etats indépendants sur les richesses du sous-sol, la deuxième génération, dans les années 80, avait totalement libéralisé le secteur. La troisième génération de codes miniers impulsée à la fin des années 2000 s'est attelée à mieux répartir les revenus entre les entreprises minières, les Etats et les populations locales. Le niveau des impôts, des taxes et des redevances minières a été relevé. Les Etats se sont vu octroyer des parts gratuites plus grandes au capital des projets, des seuils d'emplois locaux ont été imposés... pour que la manne bénéficie plus largement à l'ensemble du pays. Mais ces codes miniers, pensés lorsque les prix des minerais et métaux étaient très élevés, entrent en vigueur alors que les marchés se sont retournés. Les nouveaux codes pourraient aujourd'hui dissuader les investisseurs en Afrique, pourtant 40% des réserves mondiales d'or, plus de 80% des réserves de chrome ou de platine. Le nouveau code minier sénégalais a multiplié par cinq le droit d'entrée même pour les petites entreprises et ce dès le permis de recherche, or il faut parfois plus de 10 ans avant de produire du minerai. Quant au code minier du Burkina Faso, il pourrait être tout bonnement inapplicable si les cours de l'or chutaient sous les 1100 dollars l'once, et nous n'en sommes pas très loin : il permettrait alors à l'Etat, selon les calculs du cabinet KPMG, de réclamer 110% des revenus, c'est-à-dire plus que la richesse générée par la mine ! Quelle solution alors ? Pour Ludovic Bernet, des conventions minières entre l'Etat et les entreprises sont plus adaptées aux fluctuations des cours. Le manque d'infrastructures étant un frein encore plus grand aux investissements miniers lorsque la conjoncture est mauvaise, le juriste préconise aux pays africains de s'unir pour les réaliser, comme le Gabon, le Cameroun et le Congo pour l'exploitation du minerai de fer. En échange ils seraient rémunérés par les entreprises minières.

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  • Huile d'olive : une production française en déclin

    · Chronique des Matières Premières

    La récolte d'huile d'olive est en déclin en France, alors que la production explose en Espagne, en Tunisie et même au Portugal. Les producteurs français perdent inexorablement leurs parts de marché. La récolte d’huile d’olive 2016-2017 s’annonce « catastrophique » en France. 3 400 tonnes seulement, principalement dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, au sud-est du pays. Si la belle récolte de l’an dernier avait fourni une bulle d’air aux oléiculteurs français, la mauvaise performance de cette année va confirmer le déclin inexorable de cette filière dans l’Hexagone. Sur les cinq dernières années, la récolte française d’huile d’olive a pratiquement baissé d’un quart par rapport aux cinq années précédentes. Pour revenir au faible niveau de l’année 2000. Et ce malgré la plantation de 3 500 hectares d’oliviers, entrés en production dans l’intervalle. Des producteurs vieillissants et une relève pas assez professionnalisée La mouche de l’olive des années passées et en 2016, la mauvaise floraison due à la sécheresse et à la fraîcheur n’expliquent pas tout, estime le président de l’interprofession Afidol. Olivier Nasles porte un jugement sans concession sur l’oléiculture française : des producteurs âgés et une relève pas assez professionnalisée. « Il ne suffit pas de planter pour produire, encore faut-il savoir produire, ce savoir-faire nous l’avons en partie perdu », déplore-t-il. « Les oléiculteurs n’ont pas suivi les préconisations de nos techniciens en matière de traitement. Ou ils n’ont pas arrosé quand on leur a dit. Cependant, reconnaît-il, aucun technicien français n’a été capable de nous proposer un changement de méthode de taille, d’irrigation, ou de fertilisation ». Sans non plus de lien fort entre les exploitations et les huileries, l’oléiculture se meurt à petit feu, en France, comme en Grèce et en Italie, alors qu’une autre explose, en Espagne, en Tunisie, au Maroc et au Portugal. Des concurrents qui profitent du succès croissant de l’huile d’olive. En France, on consomme 13 % d’huile d’olive supplémentaire par an, c’est aujourd’hui la moitié de l’huile consommée dans l’Hexagone (105 000 tonnes par an). Mais les producteurs français n’arrivent à fournir que 5 % de ce marché local. Sans même parler des marchés étrangers, États-Unis, Canada, Chine, Japon, Russie, Australie, qui consomment eux aussi de plus en plus d’huile d’olive.

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  • L’industrie minière sud-africaine hostile à la réforme du gouvernement

    · Chronique des Matières Premières

    En Afrique du Sud, l’industrie minière promet des années de procédure contre la réforme du gouvernement, qui élève à nouveau le seuil de l’actionnariat noir dans les entreprises minières. C’est la bronca dans l’industrie minière sud-africaine contre la nouvelle charte du gouvernement. Les entreprises du secteur minier ont un an pour distribuer 30% de leurs actions aux Noirs sud-africains, dont 14% à des cadres dirigeants noirs, 8% à des employés et 8% aux communautés locales. Des contraintes qui vont au-delà des 26% de la précédente réforme, imposée il y a quinze ans. « Cette loi était pionnière », estime le ministre sud-africain des Mines, elle a « permis l’émergence de nouveaux capitaines d’industrie noirs ». Mais il faut, selon lui, « ouvrir l’industrie minière à une participation plus large des Noirs sud-africains, et donner plus de pouvoirs aux employés », majoritairement Noirs dans les mines. La nouvelle réforme est pourtant un aveu d’échec de l’amélioration du sort des Noirs dans l’économie minière sud-africaine (7% du PIB). Depuis 2002, beaucoup d’actionnaires noirs ont revendu leurs participations, qui avaient été financées par les entreprises minières. Ils se sont enrichis au passage, lors du cycle haussier des minerais et métaux, mais leurs actions n’ont pas été reprises par des Noirs sud-africains. Il faut donc à nouveau rebattre les cartes aujourd’hui, alors que le secteur est mal en point - l’industrie a perdu 60 000 emplois en cinq ans. Relever le seuil de l’actionnariat noir dans les entreprises minières, cela veut dire créer de nouvelles actions, et en diminuer la valeur. De quoi faire fuir les investisseurs, estiment les groupes miniers sud-africains. La réforme leur impose aussi de se fournir à 70% en biens et à 80% en services auprès d’entreprises appartenant à des Noirs sud-africains. Un casse-tête en perspective dans la chaîne de sous-traitance, depuis les machines, largement importées, au retraitement de l’eau. La Chambre des mines veut saisir la Cour de justice sur les nouvelles règles d’actionnariat, au nom du droit de propriété. Les sous-traitants étrangers pourraient protester auprès de l’Organisation mondiale du commerce. Des années de procédures en vue, estime un avocat du secteur, pour qui il est peu vraisemblable que la nouvelle charte soit appliquée dans un futur proche.

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  • La Chine-Afrique de la tomate

    · Chronique des Matières Premières

    La Chine domine le commerce mondial du concentré de tomate et 70 % de ses exportations vont vers l'Afrique, d'après Jean-Baptiste Malet, auteur d'une enquête sur la tomate d'industrie, « L'Empire de l'or rouge ». La Chine est devenue « l'Empire de l'or rouge », le concentré de tomates. Un or rouge qui voyage en barils, comme l'or noir, le pétrole, et qui inonde la planète, et avant tout l'Afrique, avec de grandes interrogations sur sa qualité. Jean-Baptiste Malet a mené l'enquête de la Chine au Ghana, en passant par les Etats-Unis et bien sûr l'Italie, berceau de l'industrie du concentré de tomate. Une industrie italienne qui a tout appris à la Chine, lorsqu'elle s'est lancée à la fin des années 90. Dans la province autonomiste du Xinjiang, les champs de blé et de coton ont alors fait place aux champs de « tomates d'industrie ». Des tomates oblongues, peu juteuses et à la peau très épaisse, bref, immangeables telle quelles, mais transformées, après épluchage, épépinage, broyage et évaporation, en triple concentré, qui traverse ensuite les mers dans des poches stériles, empilées dans des barils bleus. La planète entière mange du concentré de tomate chinois sans le savoir, dans le ketchup ou les pizzas, dans le double concentré en boîte ou la sauce tomate « made in France » ou « made in Italy » dès qu'il est dilué dans un de ces pays, il n'est pas obligatoire d'indiquer l'origine de la matière première. La Chine a capté plus de 30 % du commerce de cet or rouge. Et 70 % du marché africain ! Avec une guerre des prix qui a mené les industriels chinois à des mélanges douteux, lorsqu’ils se sont mis à fabriquer, en Chine, le double concentré expédié en Afrique. Dans les qualités les plus basses, le triple concentré chinois peut ressembler à de « l'encre noire » tant il est oxydé. On le complète alors avec des poudres d'amidons, de la fibre de soja, du dextrose et des colorants pour lui redonner un aspect comestible. Ces méthodes ont été constatées par l'auteur dans une usine de Tianjin en Chine, qui exporte ses boîtes de concentré prêt à consommer en Afrique. Mais aussi dans une usine toute récente du Ghana, qui devient la tête de pont de l'industrie chinoise de la tomate en Afrique de l'Ouest. Sans utiliser un gramme de tomate ghanéenne. A lire: notre webdocumentaire La tomate noire d'Italie

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  • Le commerce de viande bovine interdit en Inde, ex-champion mondial

    · Chronique des Matières Premières

    En Inde, le gouvernement Modi a interdit le transport de bétail vers les abattoirs. Ce qui condamne le commerce de viande bovine en Inde, pourtant l’un des premiers exportateurs mondiaux. L’Inde va durablement perdre son rang de premier exportateur mondial de bœuf, qu’elle avait ravi au Brésil en 2014. Elle pourrait même devoir importer du bœuf, désormais ! Depuis moins d’un mois, il est interdit de transporter du bétail vers les abattoirs dans tout le pays. Interdiction de transporter non seulement les zébus - sacrés chez les hindouistes - mais aussi interdiction pour les buffles et les chameaux, ces deux viandes sont largement consommées, transformées et vendues par les musulmans indiens et les intouchables. La raison invoquée ? Le bien-être animal. Pourtant la volaille n’est pas concernée, malgré des conditions d’élevage et d’abattage encore terrifiantes, observe Jean-Joseph Boillot, spécialiste de l’économie indienne. Le Premier ministre Narendra Modi déploie un programme nationaliste hindou ultra pour préparer les élections de 2019. Son arrêté fédéral, signé juste avant le début du ramadan et désavoué même au sein de son parti, le BJP, vient conforter les précédentes interdictions dans certains États, dont l’Uttar Pradesh, qui a élu un leader hindouiste en mars dernier. Depuis quelques mois, les transporteurs de bétail s’exposent au lynchage en Inde. Un climat qui a déjà fait reculer le commerce du bœuf au cours de l’an dernier. Mais avec 1 million 600 000 tonnes encore exportées en 2016 (source Interbev), l’Inde occupe encore le trio de tête, derrière l’Australie et le Brésil. Une viande de bœuf indienne plutôt bas de gamme et congelée, précise Jean-Paul Simier, expert de ces marchés, qui part vers le Bangladesh, le Moyen-Orient (15 %), l’Asie du Sud-Est (10 %), l’Afrique (moins de 10 %), et surtout pour moitié vers le Vietnam, antichambre commerciale de la Chine, premier importateur de bœuf au monde. L’éclipse de l’Inde qui pourrait être durable, sur le marché du bœuf, va bénéficier aux autres grands exportateurs : Brésil, Australie, États-Unis, Europe et re-segmenter le marché. L’Algérie, se réjouit Guy Hermouet, le président de la section bovine d’Interbev, l’interprofession française du bétail et des viandes, est déjà en train de substituer une partie de ses importations de bœuf indien, massives jusqu’à présent, par un peu de viande française.

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  • Pourquoi le prix du lait en France ne suit pas la flambée du beurre

    · Chronique des Matières Premières

    Les éleveurs laitiers manifestent de nouveau en France. Ils estiment ne pas bénéficier de l'amélioration du marché laitier mondial et en particulier de l'envolée des prix du beurre. Pourquoi le prix du lait en France ne suit-il pas la flambée du beurre ? Les éleveurs français s'impatientent de ne pas voir remonter leur rémunération, 30 centimes d'euros le litre de lait, toujours en-dessous de leurs coûts de production. Pourtant, après deux années catastrophiques pour les produits laitiers européens, à la fois bloqués par l'embargo russe et un peu moins demandés en Chine, les prix laitiers mondiaux repartent à la hausse. Particulièrement ceux du beurre. Une matière grasse longtemps délaissée par les fabricants européens et néo-zélandais, rappelle Jean-Paul Simier, économiste de l'élevage, au profit de la poudre de lait : on n'avait pas anticipé le récent boom des importations de beurre de la Chine et du Mexique, ni l'engouement nouveau ou retrouvé des pays du Sud-Est asiatique et des Etats-Unis pour cette matière grasse. Facteur supplémentaire, un des rares gros exportateurs de beurre, l'Argentine, a subi des inondations et donc des problèmes de collecte. La Nouvelle-Zélande a dû réorienter en catastrophe sa production vers le beurre. L'Europe qui a diminué sa collecte depuis l'an dernier à cause de la surproduction laitière de 2015 a vu les rares exportateurs de beurre européens, Pays-Bas, Irlande, Danemark et France bénéficier d'une belle flambée des prix, 80% en quelques mois. Mais ces prix du beurre n'ont bénéficié que marginalement à ceux du lait : l'Europe a toujours sur les bras 350 000 tonnes de poudre de lait - il faudrait s'en débarrasser une fois pour toutes en aide alimentaire, juge un représentant des éleveurs à Paris. Les producteurs laitiers français s'estiment aussi beaucoup moins bien traités que leurs collègues du nord de l'Europe, qui ont bénéficié d'une hausse deux à trois fois plus importante du prix du lait depuis janvier. Le système français de lissage des prix a bon dos, jugent-ils. Il y a un manque de transparence, non seulement de la part des industriels, mais aussi des coopératives. Ce sont nos entreprises, rappellent les producteurs, mais que font-elles de leurs marges retrouvées, alors qu'un distributeur comme Système U accepterait que le producteur reçoive 16% de plus ? Les éleveurs comptent sur les Etats généraux de l'alimentation début juillet pour récupérer un peu plus de la valeur de cette filière laitière française : en tout 4 milliards d’euros.

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  • Afrique du Sud: plus de 200 mineurs illégaux arrêtés dans une mine d'or

    · Chronique des Matières Premières

    Grève et arrestations massives dans une mine d'or sud-africaine. Le gisement, opéré par le groupe Sibanye, était envahi par les mineurs illégaux. L’Afrique du Sud sévit contre les mineurs illégaux et leurs complices présumés dans les entreprises minières. A Westonaria, à 40 kilomètres au sud-ouest de Johannesburg, plus de 200 personnes ont été arrêtées ce lundi dans la mine d'or de Crooke, un des gisements de l'entreprise Sibanye. Les mineurs clandestins opéraient dans la mine alors qu'elle est en activité. Il leur a fallu des complicités, tout au moins de l'eau et de la nourriture, dont la compagnie minière avait fini par interdire toute introduction sur le site. 58 salariés de Sibanye ont été arrêtés la semaine dernière pour complicité présumée avec des mineurs clandestins. La grève sans préavis, massive et violente qui s’en est suivie, a achevé de priver les mineurs illégaux qui étaient encore à 1000 mètres de fond de renforts. A leur sortie des puits, 202 de ces mineurs clandestins ont été arrêtés à leur tour. La direction du groupe Sibanye avait déjà annoncé qu'elle voulait faire disparaître l'extraction illégale de ses gisements d'ici janvier prochain. Le phénomène est en recrudescence en Afrique du Sud. Malgré la chute des cours du métal précieux depuis 2011, la conversion du prix de l'once d'or en monnaie locale est restée attractive, étant donné qu’on obtient plus de rand avec un dollar aujourd’hui. L'augmentation du chômage et de la pauvreté en Afrique du Sud a également amplifié le phénomène. L'extraction illégale est aussi de plus en plus le fait d'immigrés clandestins aux mains d'une mafia internationale, contre laquelle il est difficile de lutter, reconnaît la Chambre des mines sud-africaines. L'Afrique du Sud compterait de 14 000 à 30 000 mineurs clandestins, qui n'hésitent pas à s'aventurer à 4000 mètres de profondeur dans les gisements d'or et de platine, et plus récemment de diamant, de chrome et même de charbon.

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  • Prix alimentaires mondiaux: un rebond ponctuel selon la FAO

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    Céréales, lait, viande, la facture alimentaire mondiale a augmenté au mois dernier, a calculé la FAO. Mais les prix agricoles devraient stagner sur le reste de l’année, du fait notamment de l’abondance des récoltes. Au mois de mai, le panier alimentaire mondial a coûté plus cher. 2,2% de plus qu’au mois d’avril et 10% de plus que l’an dernier. L’inflation a concerné les céréales, les huiles, la viande et les produits laitiers, seul le sucre fait exception. Plus d’importations et un coût plus élevé du transport maritime sont les principales causes de cette hausse des prix agricoles, encore plus marquée dans les pays en développement, dont l’Afrique subsaharienne, qui ont un déficit de productions alimentaires. Pour autant, la FAO ne voit pas l’augmentation des prix se poursuivre, tant l’abondance de productions agricoles reste d’actualité. Certes les récoltes de céréales (2 milliards 590 millions de tonnes), en particulier de blé (-2,2%) vont un peu diminuer en 2017, mais l’abondance de grains sera encore telle, qu’elle devrait encore largement combler la demande mondiale, même si cette demande n’a jamais été aussi forte (2 milliards 584 millions de tonnes, prévoit la FAO). Les stocks vont donc rester bien pleins ; pour le blé, ils seront au plus haut niveau de tous les temps, pronostique l’agence de l’ONU. D’où la stagnation attendue des prix des céréales dans les mois qui viennent. Stagnation à venir également du prix des oléagineux, après leur récente hausse : les rendements de soja ont été extraordinaires, ce qui a reconstitué les réserves. Les prix des produits laitiers devraient se calmer après une très bonne collecte mondiale, en particulier en Inde. Quant à la viande, la FAO prédit une croissance modeste des prix, la production notamment de boeuf, a augmenté partout, sauf en Chine, ce sont les importations chinoises qui doperont le commerce mondial de viande toute cette année.

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  • Cacao : les critiques pleuvent sur le Cocobod au Ghana

    · Chronique des Matières Premières

    Corruption, mauvaise gestion, faible prix au producteur... le Cocobod, qui gère la filière cacao au Ghana, fait l'objet de graves critiques de la part de la Banque mondiale... et des nouvelles autorités ghanéennes. Les critiques pleuvent sur le Cocobod au Ghana. L’organisme public, qui gère la filière cacao ghanéenne, était le bon élève, il est aujourd’hui dans le viseur à la fois des nouvelles autorités d’Accra et de la Banque mondiale. Les traders le confirment, l’institution financière internationale est sévère : « Les gouvernements successifs au Ghana ont préféré collecter l’argent du cacao, plutôt que de bien rémunérer les planteurs », dit le rapport que s’est procuré Reuters. Prix au producteur trop faible, mais aussi mauvaise gestion, voire corruption dans la distribution des engrais et des pesticides : certains paysans n’en ont jamais vu la couleur, selon la Banque mondiale, qui suggère de céder cette prestation au secteur privé. La nouvelle direction du Cocobod dresse, elle aussi, un tableau bien sombre de la filière cacao ghanéenne, rapporte CommodAfrica : plantations trop âgées, ou malades, 40 % du verger ghanéen ne produirait plus de cacao. Les grandes failles des filières cacao ouest-africaines Nouvelle direction du Cocobod et Banque mondiale regrettent de concert que le Ghana ne parvienne plus à renouveler son exploit de 2010-2011 : un million de tonnes de fèves. C’est oublier que cette année-là un embargo occidental sur le cacao ivoirien lors de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire avait poussé beaucoup de fèves ivoiriennes à traverser la frontière ghanéenne… Ce qui est sûr, c’est que le plongeon des cours révèle les grandes failles des filières cacao ouest-africaines. Au Ghana, le Cocobod a été trop dépensier ; en Côte d’Ivoire, le Conseil café cacao ivoirien, structure beaucoup plus légère, a manqué d’anticipation et s’est retrouvé avec la moitié de la production de fèves sur les bras alors que le prix mondial s’était effondré. Ce qui est certain également, c’est que le cacao est taxé comme aucune autre culture de rente, et pas seulement au Ghana. Le poids du prélèvement étatique, 40 % en Côte d’Ivoire, c’est le véritable frein à l’amélioration durable du niveau de vie des producteurs ouest-africains de cacao, estime l’agronome du CIRAD Philippe Bastide. Du coup, les paysans n’ont pas les moyens d’investir pour rénover les plantations. Or, au Ghana, il n’y a plus de réserve foncière pour en créer de nouvelles. La production ne peut que stagner.

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  • Les flux maritimes du Qatar bouleversés par les sanctions de ses voisins

    · Chronique des Matières Premières

    Les voisins du Qatar ont interdit leurs eaux territoriales, leurs ports aux bateaux de l’Émirat. Avec des conséquences sur leur ravitaillement en fuel, et donc sur les exportations qatariennes d’hydrocarbures. Les sanctions des pays du Golfe contre le Qatar bouleversent les flux maritimes dans la région et donc les exportations d’hydrocarbures de l’émirat. L’Égypte n’a pourtant pas fermé le canal de Suez aux navires qatariens, des navires qui peuvent aisément éviter les eaux territoriales des voisins, en passant par les eaux iraniennes. Mais l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et Bahreïn ont aussi interdit leurs ports à tout bateau qatarien ou qui transporterait une cargaison de/ou vers le Qatar. Or la production qatarienne de pétrole, parce qu’elle ne dépasse guère les 600 000 barils par jour, était jusqu’à présent mélangée à celle des autres pays de la péninsule arabique, dans les supertankers. Ce n’est plus possible désormais, l’agence Platts a déjà ôté le brut qatarien de son indice des prix des pétroles du Moyen-Orient. Trouver d’autres solutions Quant au ravitaillement des navires qatariens, en particulier les méthaniers qui transportent le gaz naturel liquéfié vers l’Asie et l’Europe, ils avaient coutume de se ravitailler avant leur odyssée dans un port des Émirats arabes unis : Fujairah, « la » station essence des navires dans la région. Ces navires vont donc devoir trouver d’autres solutions pour remplir leurs réservoirs de fuel désormais. On évoque les ports d’Oman : l’Émirat a conservé dans cette crise la neutralité qu’il affectionne. Mais Salahah sur l’Océan indien a réduit au minimum ses activités jusqu’en septembre à cause de la houle provoquée par la mousson. Reste le port omanais de Sohar, il est en eau profonde et pourrait même servir de lieu de transbordement aux porte-containers qui destinent une partie de leurs marchandises au Qatar, en lieu et place de Jebel Ali, aux Émirats arabes unis. Pas sûr que Sohar, cependant, puisse fournir tout le ravitaillement en fuel nécessaire. Les méthaniers qatariens vont donc devoir aussi s’approvisionner plus loin : en Iran, au Pakistan, en Inde et jusqu’à Singapour, lorsqu’ils livreront l’Asie en GNL, mais aussi à Gibraltar pour livrer l’Europe. La logistique maritime est bouleversée pour le Qatar. Ce qui va aussi alourdir les coûts du fret et de l’assurance vers et en provenance de l’émirat.

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  • A Madagascar, la vanille est récoltée trop tôt par crainte des vols

    · Chronique des Matières Premières

    À Madagascar, les paysans récoltent la vanille sans attendre qu’elle soit mûre. Ils craignent qu’on leur vole les gousses, encore plus précieuses depuis le passage du cyclone Enawo. À Madagascar la vanille est récoltée trop tôt par crainte des vols. Son prix a flambé depuis que le cyclone Enawo a dévasté au mois de mars une des principales régions de production, Antalaha, au nord-est du pays. Le kilo de gousses vertes vaut aujourd’hui 500 dollars avant même d’avoir été fermenté et séché. Cinq fois plus qu’en 2015 ! Ce qui attire toutes les convoitises. Certaines plantations sont surveillées par des gardiens armés pour les protéger des voleurs. Mais tous les paysans n’ont pas les moyens de payer ce service. Alors pour éviter de se faire dérober les précieuses gousses, beaucoup ont déjà commencé à cueillir la vanille depuis plusieurs semaines, avec trois ou quatre semaines d’avance sur le calendrier, témoigne un observateur du marché sur place, avant même que la vanille ne soit mûre. Les producteurs sont, pour une fois, les vrais gagnants de la filière. Ils cueillent avant l’heure, sèchent et fermentent à la va-vite. Ils peuvent même se permettre de vendre la vanille sous vide alors que c’est interdit. Mais on les comprend, ils risqueraient de perdre 100 grammes d’eau par kilo, c’est-à-dire 50 dollars à chaque fois ! Les exportateurs achètent sans discuter étant donné qu’ils n’ont pas de stock, et ils revendent aussitôt par peur d’un retournement de marché comme ils en ont connu en 2003. Mais la qualité de la vanille n’est pas au rendez-vous. La perte d’arôme serait de 30 à 40 %. Même pour l’industrie des arômes, qui fournit l’industrie agroalimentaire mondiale, glaces et confiseries, et qui s’en sort en procédant à l’extraction à partir des gousses de vanille, cela veut dire acheter plus de gousses, au prix record actuel, 600 dollars le kilo de vanille conditionné... Malgré la vogue des arômes naturels, le danger est que l’industrie se tourne de plus en plus vers les arômes artificiels, c’est ce qui avait fait plonger les prix de la vanille malgache en 2003-2004. Ou que les acheteurs se détournent peu à peu de l’origine malgache pour aller s’approvisionner davantage en Inde, en Indonésie ou en Papouasie-Nouvelle-Guinée, qui relancent les plantations, prêtes au bout de quatre ans.

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  • Le Qatar continuera de vendre son gaz malgré les mesures de ses voisins

    · Chronique des Matières Premières

    La rupture entre le Qatar et ses voisins arabes ne menace pas l’approvisionnement en gaz naturel liquéfié, dont le Qatar est le premier exportateur mondial. Le Qatar continuera de vendre son gaz malgré les mesures de rétorsion de ses voisins. L’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte ont certes interrompu les échanges terrestres et maritimes avec le Qatar pour marquer la rupture de leurs relations diplomatiques, mais les exportations gazières, première ressource du Qatar, ne sont pas menacées. La grande majorité de ce gaz est liquéfié et il part en bateau. Ces méthaniers chargés de GNL qatarien naviguent en premier lieu vers les pays asiatiques (Chine, Japon, Corée du Sud, Inde), en deuxième lieu vers l’Europe, et en troisième lieu vers l’Amérique, rappelle Francis Perrin, président de Stratégie et Politiques énergétiques. Des marchés qui n’ont aucun lien avec la brouille actuelle. Ce fret de gaz naturel liquéfié, il n’est pas possible que les pays arabes adversaires du Qatar l’interrompent, les méthaniers qatariens peuvent tout à fait emprunter les eaux territoriales iraniennes. Sauf à bloquer le détroit d’Ormuz vers le sud ou le canal de Suez vers le nord, mais ce sont des voies d’eau internationales. Les bloquer serait considéré comme un acte de guerre. Même l’Egypte d’Abdel Fatah al-Sissi, qui en veut terriblement au Qatar de continuer à soutenir les Frères musulmans, n’oserait pas franchir ce pas. Reste les livraisons de gaz qatarien à ces mêmes pays arabes. L’Egypte, en attendant de pouvoir puiser du gaz chez elle, dans le nouveau gisement maritime géant de Zohr, achète du GNL au Qatar. Du temps de Mohamed Morsi, l’Egypte avait même reçu gratuitement ses premiers méthaniers qatariens, au nom de l’amitié pour les Frères musulmans. Aujourd’hui Le Caire pourrait tout à fait dénoncer son contrat avec le Qatar et acheter du gaz naturel liquéfié à des traders, reconnaît Philippe Sébille-Lopez, de Geopolia : le marché spot du GNL est surabondant. Dans l’autre sens Doha pourrait interrompre ses livraisons à l’Egypte ou aux Emirats arabes unis mais il n’y pas grand intérêt. Pas plus que les Emirats arabes unis n’ont intérêt à se priver du gaz qatarien qu’ils reçoivent, sous forme gazeuse cette fois, par un gazoduc terrestre, Dolphin. Avec l’arrivée de l’été, la population des Emirats consomme beaucoup plus d’électricité, et donc de gaz, pour faire tourner les climatiseurs. Enfin pour le Qatar, ces clients arabes sont très secondaires : ils ne constituent que 10% de ces exportations gazières. Même s'il fallait rerouter quelques cargos, imagine Thierry Bros, de l'Oxford Institute for Energy Studies, les revenus gaziers du Qatar ne seraient pas touchés. Ce n’est pas au plan énergétique que la brouille entre le Qatar et ses voisins arabes aura le plus d’impact.

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  • Pittsburgh, ville de partage du pétrole aux Etats-Unis

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    Donald Trump a justifié son retrait de l'accord sur le climat en rappelant qu'il avait été « élu par les habitants de la ville américaine de Pittsburgh, pas de Paris ». Pittsburgh n'est pas seulement l'ancien bastion de l'acier, aux Etats-Unis : la cité, porte du Midwest, pourrait aussi arracher l'activité de raffinage à la côte Est, grâce à l'inversion du flux d'un oléoduc. Qui fournira la ville de Pittsburgh en essence ? L'ancienne cité sidérurgique, qui a élu Donald Trump, comme l'a rappelé le président américain, en annonçant son retrait de l'accord de Paris, est aussi l'enjeu d'un partage du pétrole entre les raffineries de la côte Est et les raffineries du Midwest. Jusqu'à présent c'étaient les raffineries de la côte Est qui alimentaient Pittsburgh en carburant. De l'Est vers l'Ouest, via un oléoduc, le Laurel Pipeline. Mais le flux de l'oléoduc pourrait être inversé si son opérateur obtient l'aval de l'Etat de Pennsylvanie cet automne, prévoit Reuters. Dans ce cas l'essence partirait dans l'autre sens, d'Ouest en Est, et ce sont les raffineurs du Midwest qui fourniraient alors en carburant non seulement Pittsburgh, mais toute la Côte Est, première zone de consommation d'essence des Etats-Unis. C'en serait fini pour les raffineurs de la région de New York et de Philadelphia, déjà mal en point financièrement. Ces raffineurs de la côte Est importent leur pétrole brut du Canada par le train, mais surtout par bateau d'Afrique et d'Amérique latine. Les raffineurs du Midwest, eux, ont accès au pétrole canadien par oléoduc, ce qui leur coûte moins cher, et bientôt ils auront accès au pétrole de schiste américain grâce à l'oléoduc Dakota Access. De quoi remplir à pleine capacité le Laurel Pipeline, et donc arrondir les revenus de l'opérateur. Ce dernier brandit d'autres arguments auprès de l'Etat de Pennsylvanie, pour obtenir de faire partir l'essence de Pittsburgh vers l'Atlantique : l'entreprise met en avant le fait que les prix de l'essence pourraient encore baisser pour le consommateur américain, et que l'on pourrait diminuer la dépendance des Etats-Unis aux importations. La Côte Est importe non seulement du pétrole brut, d'Afrique et d'Amérique latine, pour le raffiner, mais elle fait venir un quart de sa consommation d'essence par bateau d'Europe et du Canada.

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