Episodes

  • Rencontre animée par Sophie Joubert

    L’Iliade est le récit de la guerre de Troie. L’Odyssée raconte le retour d’Ulysse en son royaume d’Ithaque. L’un décrit la guerre, l’autre la restauration de l’ordre. Tous deux dessinent les contours de la condition humaine. Ces textes sont peuplés de créatures hideuses, de magiciennes belles comme la mort, d’armées en déroute, d’amis intransigeants, d’épouses sacrificielles et de guerriers furieux. Les tempêtes se lèvent, les murailles s’écroulent, les dieux font l’amour, les reines sanglotent, les soldats sèchent leurs larmes sur des tuniques en sang, les hommes s’étripent et une scène tendre interrompt le massacre pour nous rappeler que les caresses arrêtent la vengeance. D’où viennent exactement ces chants, surgis des profondeurs, explosant dans l’éternité ? Et pourquoi conservent-ils à nos oreilles cette incomparable familiarité ? Comment expliquer qu’un récit de 2500 ans d’âge, résonne à nos oreilles avec un lustre neuf ? Sylvain Tesson nous dévoile son admiration contagieuse pour Homère et son œuvre.

    À lire - Sylvain Tesson, Un été avec Homère, Les Equateurs, 2018.

  • En dialogue avec Michelle Perrot

    "En 1991, quand le rideau de fer de la Guerre froide est définitivement tombé, on a cru aux jours meilleurs. L’effondrement des tours de Manhattan, le 11 septembre 2001, nous a définitivement désillusionnés. En France, l’arrivée du national-populiste Le Pen au second tour de l’élection présidentielle a chargé notre horizon de noirs nuages. Quel bonheur individuel reste possible dans une Histoire toujours abreuvée de sang et de larmes ?"
    Michel Winock

    Michel Winock a tenu son journal toute sa vie. Pour évoquer ce troisième volume, il s’entretiendra avec l’historienne Michelle Perrot.

    À lire – Michel Winock, Bienvenue au XXIè siècle – Journal 1996-2002, éd. Thierry Marchaisse, 2022.
    – Michelle Perrot, Le Chemin des femmes, coll. « Bouquins », Robert Laffont, 2019.

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  • Rencontre animée par Sophie Joubert

    Hélène a bientôt quarante ans. Elle a fait de belles études, une carrière, deux filles et vit dans une maison d’architecte sur les hauteurs de Nancy. Elle a réalisé le rêve de son adolescence : se tirer, changer de milieu, réussir. Et pourtant, le sentiment de gâchis est là, tout a déçu. Christophe, lui, vient de dépasser la quarantaine. Il n’a jamais quitté ce bled où ils ont grandi, Hélène et lui. Il a fait sa vie à petits pas, remettant au lendemain les grands efforts et les grandes décisions. Aujourd’hui, il vend de la bouffe pour chien, vit avec son père et son fils, une petite vie calme et indécise. On pourrait croire qu’il a tout raté. Et pourtant, il croit dur comme fer que tout est encore possible. Connemara, c’est l’histoire d’une liaison, d’une tentative à deux dans une France qui bascule. C’est surtout le récit des comptes qu’on règle avec ses illusions et sa jeunesse, le récit d’une autre chance dans un pays qui chante Sardou et va voter contre soi.

    À lire – Nicolas Mathieu, Connemara, Actes Sud, 2022.

  • En conversation avec Hervé Mazurel, Quentin Deluermoz & Anouche Kunth
    Rencontre proposée par la revue Sensibilités

    « Il n’y pas d’histoire qui ne soit sensible de part en part ».
    Georges Didi-Huberman

    La revue Sensibilités s’emploie à mieux saisir les ressorts sensibles de la vie collective. Elle s’efforce de décrire l’infinie variété des modes de présence au monde. Ou, dit autrement, des façons de sentir et de ressentir d’hier et d’aujourd’hui, d’ici et d’ailleurs. Ce faisant, elle explore la vie affective dans toutes ses dimensions : pulsions et désirs, perceptions et émotions, sentiments, passions et autres fantasmes… Pour fêter la parution de son 10e numéro, la revue et son comité de rédaction, en partenariat avec les éditions Anamosa, ont souhaité inviter le philosophe et historien d’art Georges Didi-Huberman pour discuter de son approche de la vie sensible et de ce qu’il appelle les « faits d’affects ». Les historiens Quentin Deluermoz, Anouche Kunth et Hervé Mazurel se relaieront pour évoquer avec lui la vie longue de l’image survivante, les métamorphoses du pathos et de ses représentations, la contagiosité des émotions politiques et, avec elle, des gestes de révolte et de soulèvement.

    Pour l’anniversaire de la revue Sensibilités. Histoire, critique et sciences sociales (Anamosa), Quentin Deluermoz, Anouche Kunth et Hervé Mazurel, trois de ses animateurs, discuteront avec Georges Didi-Huberman de ses derniers livres autour de la vie sensible et des faits d’affects.

    À lire – La revue Sensibilités n°10, « La guerre transmise », éd. Anamosa, 2021.
    – Georges Didi-Huberman, Le Témoin jusqu’au bout. Une lecture de Victor Klemperer, Les éditions de Minuit, 2022.

  • Jean-Christophe Bailly a publié plus de quarante livres. Avec lui, c’est toute la littérature d’essai qui prouve son importance, sa consistance, sa justesse critique. Et sa liberté d’allure. Par la délicatesse intense et obstinée de son approche, il a contribué à modifier notre regard sur des questions devenues, grâce à lui, non seulement plus présentes, mais aussi plus urgentes : le paysage, l’animal, la ville, les images, les formes.
    Outre ce numéro spécial de la revue Critique entièrement consacré à son oeuvre, Jean Christophe Bailly vient de publier au Seuil Une éclosion continue, une réflexion sur le temps et la photographie.

    À lire – Jean-Christophe Bailly, Café Neon et autres îles, Arléa, mai 2022 ;
    – Revue Critique, Jean-Christophe Bailly, Poursuites, Janv-Fev 2022 ;
    – Jean-Christophe Bailly, Une éclosion continue – Temps et photographie, coll. « Fiction et Cie », Seuil, 2022.

  • Un cycle proposé par Camille Froidevaux-Metterie

    S’il n’y a pas d’écriture féminine, il y a assurément des écritures incarnées, des livres qui disent l’expérience vécue du corps des femmes. Celle-ci s’éprouve de mille manières singulières, elle est aussi le lieu d’une condition corporelle partagée, longtemps éprouvée sous le signe de l’objectivation, aujourd’hui réinvestie comme le lieu d’une libération. Ce cycle de rencontres fera entendre la voix de ces autrices qui font résonner cette aspiration, en dialogue avec la pensée féministe, dans la mise en commun des récits de soi.

    À lire – Camille Froidevaux-Metterie, Un corps à soi, Seuil, 2021
    – Laurine Thizy, Les maisons vides, L’Olivier, 2022
    – Lucile Génin, De nouveaux endroits, Sous-sol, 2022.

  • Lecture musicale avec Pascal Sangla (clavier)

    Au lendemain d’une séparation agitée, je fus contraint de chercher un petit appartement pour y recevoir mes enfants chaque week-end. Mon choix se porta sur un modeste logement, une sorte de mansarde, rue Brézin, dans le 14e arrondissement de Paris.
    Les clefs en main, j’entrepris de rendre l’endroit un peu plus accueillant en y passant un coup de peinture. La tâche se révéla plus compliquée qu’elle n’en avait l’air. Je n’avais pas mesuré l’état catastrophique des lieux. Lorsque je passais le pinceau, par exemple, la peinture du plafond s’écaillait et tombait par pans entiers. Réputé pour ses compétences dans ce domaine, un ami, le peintre, graveur et fresquiste Joerg Ortner, accepta de me donner des conseils. Mais s’avisant très vite que je n’étais pas vraiment l’homme de la situation, il m’offrit purement et simplement de prendre en charge le chantier.
    Ce fut le début d’une aventure tumultueuse entièrement dépendante de son amour immodéré de la perfection, qui rendit la réalisation de notre projet longtemps improbable.

    À lire – Alain Veinstein, Poursuivre, coll. « Fiction et Cie », Seuil, 2022.

  • Rencontre animée par Macha Séry.

    « Je vais consacrer mon mois d’été à écrire un roman poignant, sensible et émouvant, réveiller mes démons, transformer mon chagrin en matière brute, descendre à la mine et en remonter le texte le plus beau, le plus bouleversant qui soit. » Voilà la règle que se donne Alan, le narrateur du nouveau roman de Fabrice Caro. C’est sans compter sur la piscine des voisins qu’il doit « surveiller » pendant les vacances…

    Et comme un plaisir n’arrive jamais seul, parait également un roman-photo. Fabcaro y fait jouer à Eric Judor un rôle de « looser des loosers », risée de ses collègues à l’agence de publicité où il est employé. C’est sans compter sur un stage de vaudou que va suivre ce Stéphane Chabert…

    À lire – Fabrice Caro, Samouraï, coll. « Sygne », Gallimard, 2022.
    Eric Judor et Fabcaro, Guacamole-Vaudou, Seuil, 2022.

  • RÉGIS JAUFFRET – MICROFICTIONS 2022
    Rencontre animée par Grégoire Leménager

    «Je est tout le monde et n’importe qui.»

    Régis Jauffret

    Livre monstre, Microfictions rassemble cinq cents histoires tragi-comiques comme autant de fragments de vie compilés. De A à Z, d’ « Albert Londres » à « Zoo », ce roman juxtapose le banal de vies ordinaires tout à la fois fascinantes, cruelles, monstrueuses, à travers le quotidien d’un journaliste cynique, d’un cadre déphasé, d’un vieillard pédophile, d’un flic, d’un voyou, d’un SDF, ou d’un enfant mal aimé, incarnations successives d’une humanité minée par la folie, le désespoir, et qui pourtant se bat et espérera toujours. Le lecteur traverse ce livre comme une foule, il reconnaît certains visages, et croit parfois apercevoir sa propre silhouette au détour d’une page.

    À lire – Régis Jauffret, Microfictions 2022, coll. « Blanche », Gallimard, 2022.

  • Rencontre animée par Sophie Joubert

    « Au sortir du confinement, où le corps était vécu dans la séparation et la contrainte, j’ai tout à coup ressenti l’arrivée de l’été et la nage comme une libération bouleversante. Ce journal de nage (qui va de juin à fin août 2021) comprend des impressions vives notées presque chaque jour à la sortie du bain, les associations d’idées dont il s’est accompagné, des découvertes sur Nice (au 19e siècle en particulier) et les lectures de mon été. Parmi celles-ci, les journaux de Kafka, véritable fil conducteur, avec la question du corps, de la distance par rapport à son corps, de ses ressources de plaisir ou de malheur. Et notamment cette phrase : “Comme sont éloignés de moi par exemple les muscles des bras”, qui fut un déclic. En écrivant ce journal de nage, je poursuis l’entreprise paradoxale, entamée avec Souvenirs de la marée basse, texte sur ma mère en nageuse, de saisir l’insaisissable, de doter d’une mémoire ce qui, tracé sur les flots, est voué à l’effacement immédiat. Je tends à rejoindre le monde, à célébrer sa splendeur dans son éclat le plus fugitif, et donc à l’inscrire. »
    Chantal Thomas.

    À lire – Chantal Thomas, Journal de nage, coll. « Fiction et Cie », Le Seuil, 2022.

  • Rencontre animée par Camille Thomine

    Nous sommes attachés aux oiseaux, depuis longtemps et par des liens de toutes sortes : par l’émerveillement, la curiosité, la chasse, les rites… Par la langue aussi, car la virtuosité des oiseaux et leur façon d’enchanter les paysages posent aux hommes la question de leurs propres langages, de ce que leur parole à eux sait déposer de bien dans le monde. L’histoire de la poésie est d’ailleurs en grande partie consacrée à dire et entretenir ces attachements.

    Or voici que les oiseaux tombent, comme une pluie. En quinze ans, près d’un tiers des oiseaux ont disparu de nos milieux. Alors on tend l’oreille, on essaie de traduire les alertes et d’écouter mieux.

    Ce livre explore la force de ces attachements, et pense ce nouveau rendez-vous que nous avons avec les oiseaux, à présent qu’ils disparaissent. Il réfléchit à ce que c’est que se suspendre à ce qui tombe, à la manière dont cela fait tenir autrement au monde.

    Il tente donc de nouvelles manières de parler nature, par temps d’extinction : des manières d’exercer nos responsabilités de vivants parlants au beau milieu des paysages, avec des oiseaux à l’esprit, à l’oreille, dans la vue : avec des oiseaux plein la voix.

    À lire – Marielle Macé, Une pluie d’oiseaux, coll. « Biophilia », éd. Corti, 2022.

  • Un cycle proposé par Camille Froidevaux-Metterie

    S’il n’y a pas d’écriture féminine, il y a assurément des écritures incarnées, des livres qui disent l’expérience vécue du corps des femmes. Celle-ci s’éprouve de mille manières singulières, elle est aussi le lieu d’une condition corporelle partagée, longtemps éprouvée sous le signe de l’objectivation, aujourd’hui réinvestie comme le lieu d’une libération. Ce cycle de rencontres fera entendre la voix de ces autrices qui font résonner cette aspiration, en dialogue avec la pensée féministe, dans la mise en commun des récits de soi.

    À lire – Camille Froidevaux-Metterie, Un corps à soi, Seuil, 2021.

    Emmanuelle Bayamack-Tam, À L’abordage !, P.O.L., 2021 – Arcadie (Prix Inter 2019), P.O.L., 2018

  • Avec Colette Fellous & Joëlle Pagès-Pindon
    Rencontre animée par Minh Tran Huy

    Grâce à elles, nous sommes forts d’archives audiovisuelles et livresques et nous pouvons encore passer de riches heures avec la figure Duras. Dans Le petit foulard de Marguerite D. Colette Fellous nous raconte un après-midi d’automne qu’elle a passé chez elle, rue Saint-Benoît. Simultanément, paraît une correspondance adressée par Duras à Michelle Porte, assortie d’une substantielle évocation par cette dernière de leur dialogue ininterrompu au cours de trente années de collaboration et de complicité amicale. Elle est ici interrogée par Joëlle Pagès-Pindon qui annote et préface le volume. Avant de revoir les beaux films de Michelle Porte (« Les lieux de Marguerite Duras », « Savannah Bay c’est toi », « L’après-midi de Monsieur Andesmas ») ou encore les entretiens préparés par Colette Fellous entre Duras et Godard, et avant de les lire bien sûr, écoutons-les nous livrer leur Duras intime.

    À lire – Colette Fellous, Le petit foulard de Marguerite D., Gallimard, 2022 – Marguerite Duras & Michelle Porte, Lettres retrouvées (1969-1989), édition préfacée et annotée par Joëlle Pagès-Pindon, Gallimard, 2022.

  • Avec Clotilde Hesme & Irène Jacob

    Dans cette lecture musicale, Maud Lübeck met en résonance son nouvel album « 1988, chroniques d’un adieu » inspiré du journal intime de son adolescence, exhumant un drame survenu durant l’été de ses quinze ans, avec des fragments de journaux de deuil amoureux issus de la littérature, parmi lesquels ceux de Joan Didion, Frédéric Boyer ou encore Jean-Claude Grumberg. Elle sera accompagnée par deux comédiennes qui figurent au casting de son album imaginé comme un roman musical, la BO du film d’une époque, Irène Jacob et Clotilde Hesme.

    À écouter – Maud Lübeck, « 1988, chroniques d’un adieu », Finalistes, 2022.

  • Lecture par l’auteur, Myriam Boyer & Alice Rahimi

    Soirée proposée par le Festival du Livre de Paris

    Trois monologues de Laurent Gaudé qui, dans une langue joyeusement chahutée, interrogent et célèbrent la jouissance procurée par les mensonges que les hommes se racontent pour se plaire, pour plaire à l’autre et pour embrasser la vie que leur imaginaire projette sur le réel. Trois voix pour incarner le texte d’un romancier qui n’a jamais oublié qu’il était dramaturge.

    Lecture par Laurent Gaudé, Myriam Boyer, deux fois lauréate du Molière de la meilleure comédienne et Alice Rahimi comédienne diplômée du conservatoire d’Art dramatique de Paris.

    Soirée proposée par le Festival du Livre de Paris.

    À lire – Laurent Gaudé, Grand menteur, Actes Sud-Papiers, 2022.

  • Textes et voix : Marc Delouze
    Musique : Maxime Perrin
    Invitée : Nancy Huston

    Cette lecture musicale, comme l’album dont il est issu, est le fruit d’une rencontre datant de 20 ans. Le poète confirmé accueille le jeune musicien, ouvrant la porte générationnelle. S’ensuivent une amitié et une complicité dont témoigne cet opus, où le dialogue entre poésie et musique devient duo et même trio. Ils s’entourent de la voix et de la présence – et d’un poème inédit – de Nancy Huston.

    Les confinements de ces longs mois nous ont intimé de réagir, afin de lutter contre la morosité, voire la désespérance. La traversée d’une époque où la fonction essentielle de l’art s’est vue remise en cause. Créer des perspectives, inventer des images, des couleurs, des sons, ont fait office de contrepoison.

    Textes de Marc Delouze extraits de Deuil du singe, Petits Poèmes Post-It et de Chronique d’une Divine Pandémie (inédits, 2019- 2021).

    Un poème inédit de Nancy Huston.

    Musique originale composée par Maxime Perrin (accordéon)

    À lire – Marc Delouze, Deuil du singe, Lieux-dits, 2018. Petits poèmes post-it, Maelstrom, 2018 – Nancy Huston, Reine du réel, Nil éditions, 2022.

  • Avec Noma Omran & Bruno DouceyLa poésie de la syrienne Hala Mohammad tient à jamais le cap de l’espérance. Elle ne dit pas l’effroi des bombardements, les corps démembrés, la route boueuse de l’exil ; elle dit l’arbre et l’oiseau, le chagrin des maisons, le miroir de l’absence. Elle ne filme pas les colonnes de soldats en route pour la guerre, ne fait pas le procès des monstres, ne pleure ni Alep ni Damas ; elle dit simplement que « l’aube n’abandonne pas la terre », que les hirondelles font leur nid « avec la paille du silence », que l’amour demeure le premier alphabet. Bien sûr, le fleuve de la vie ne sait plus ce qui lui arrive, les chansons roulent sur les chemins, la lune est la maison de l’exilé. Mais une femme, assise sur la rive de la poésie, fait entendre sa voix. Hala Mohammad sera accompagnée pour cette soirée par la chanteuse lyrique et compositrice syrienne Noma Omran. L’une est née à Lattaquié, l’autre à Homs, mais toutes deux se connaissent depuis bien longtemps. Leur exil en France a renforcé leur complicité en un combat commun pour leur pays. Elle sera également sur scène en duo avec son éditeur, Bruno Doucey.À lire – Hala Mohammad, Les Hirondelles se sont envolées avant nous, trad. de l’arabe (Syrie) par Antoine Jockey, éd. Bruno Doucey, 2021.

  • Avec Sabine Huynh & Patricia Godi
    Lecture par Dominique Reymond
    Rencontre animée par Francesca Isidori

    Figure majeure de la poésie américaine, Anne Sexton (1928-1974) est l’autrice d’une œuvre poétique composée de plus d’une dizaine de recueils précurseurs.

    Prix Pulitzer en 1967, Tu vis ou tu meurs est reconnu comme un chef-d’œuvre.

    « Si l’exploration des liens de parenté occupe une place centrale dans la poésie d’Anne Sexton, sa nouveauté réside aussi, fondamentalement, dans la venue à l’écriture de l’autre relation qui a interrogé la psychanalyse, la relation des mères et des filles. Dès lors que le sujet lyrique se situe en tant que fille dans nombre de poèmes, de même qu’en tant que génitrice, l’œuvre entreprend doublement de pallier le silence qui a entouré les généalogies féminines »

    Patricia Godi



    Les quatre recueils présents dans cette édition sont traduits pour la première fois en français par Sabine Huynh, qui a fait de la traduction de l’œuvre d’Anne Sexton un projet de vie.

    À lire – Anne Sexton, Tu vis ou tu meurs, trad. de l’anglais (États-Unis) par Sabine Huynh – présenté par Patricia Godi, éditions des femmes – Antoinette Fouque, 2022.

  • « Douleur et rébellion »
    Rencontre animée par Gérard Meudal

    Deux voix parmi les plus prometteuses de la scène littéraire italienne. Deux romans où la fiction joue avec le récit autobiographique et l’épreuve de la douleur. Dans Cité engloutie, un livre intime et fort, Marta Barone, qui a perdu son père à l’âge de 24 ans, fait face à l’absence et à la souffrance, mais également à l’histoire passée et au dossier judiciaire de son père où elle découvre une vérité insoupçonnée liée aux années de plomb. De son côté, Nous voulons tous être sauvés de Daniele Mencarelli – Prix Strega Giovani 2021 – plonge dans l’univers des hôpitaux psychiatriques, où le protagoniste, à vingt ans, se retrouve placé sous le régime de l’hospitalisation sans consentement. Dans ces pages il fait preuve d’une délicatesse et d’une puissance uniques pour raconter les précipices de la folie et l’absurdité des lieux.

    À lire – Marta Barone, Cité engloutie, trad. par Nathalie Bauer, Grasset, 2022 – Daniele Mencarelli, Nous voulons tous être sauvés, trad. par Nathalie Bauer, Globe, 2022.

  • Par l’auteure & Olivier Mellano

    Laure Gauthier et Olivier Mellano se sont frayés ensemble un chemin dans le texte Les corps caverneux pour en retenir certains archipels. Tandis que l’auteure tente d’imaginer en mots une musique de nos espaces vides, Olivier Mellano la puise dans le silence qui prolonge les mots et la déploie comme un halo épousant les frontières d’un au-delà du langage.

    Le titre de ce récit poétique Les corps caverneux fait allusion au désir sexuel, à nos anatomies désirantes mais les « corps caverneux » désignent aussi, avant tout, les cavernes en nous par analogie avec les cavernes préhistoriques : les corps caverneux sont donc ces espaces vides, ces trous ou ces failles, que nous avons tous en commun et que notre société de consommation tente de combler par tous les moyens… Il ne s’agit pas de cabanes, de lieux précaires et provisoires à habiter hors de nous, mais d’espaces solides et intimes à défendre avant que d’aller lutter à l’extérieur. Dans chacune des séquences est évoquée une nouvelle attaque contre ces espaces intimes de respiration et de liberté, en réaction à laquelle une musique émerge, une musique de nos cavernes, qui nous permet de nous cabrer et de rester vigilants.

    À lire – Laure Gauthier, Les corps caverneux, LansKine, 2022.