Episodes

  • Joseph Zobel: une colère qui vient de loin

    · 00:49:30 · Les grandes voix de l'Afrique

    Joseph Zobel romancier et poète martiniquais, né le 26 avril 1915 à Rivière-Salée (Martinique) et mort le 17 juin 2006 à Alès, est considéré comme l'un des auteurs les plus significatifs de la littérature antillaise. Issu d’une famille très modeste, il est élevé par sa grand-mère Man Tine, ouvrière agricole. Pour poursuivre ses études, il rejoint sa mère à Fort-de-France, et franchit grâce à ses sacrifices toutes les étapes d’un parcours scolaire brillant, jusqu’au baccalauréat. Un premier emploi au service des Ponts et Chaussées lui permet de vivre, puis il entre comme aspirant répétiteur au Lycée Schoelcher.Après une série de nouvelles, il écrit un premier roman, Diab’-là, l’histoire d’un paysan qui décide de conquérir sa liberté par le travail de la terre, auprès d’une communauté de pêcheurs dont il partage la vie. Le thème du roman, pas plus que l’auteur, qui fustige l’ordre colonial, ne plaisent guère à la censure, qui «devrait délivrer des autorisations d’impression pour la moindre étiquette de bouteille de liqueur», selon Zobel. Le roman ne sera publié qu’en 1947. Joseph Zobel rejoint Paris en 1946 pour reprendre ses études, et s’installe avec sa famille à Fontainebleau. Le succès va venir après la publication du roman La Rue Cases-Nègres, un ouvrage tiré de ses souvenirs d’enfance publié en 1950.(Rediffusion du 25 août 2016).

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  • Camara Laye: l'enfant de Kouroussa

    · 00:49:30 · Les grandes voix de l'Afrique

    Camara Laye, né le 1er janvier 1928 à Kouroussa, un village de Haute-Guinée, est un écrivain guinéen d'expression française. Après des études à l'école française, Camara Laye part à Conakry, la capitale, poursuivre sa scolarité. Titulaire d'un CAP de mécanicien, il tente sans succès de devenir ingénieur en France. C'est alors que Camara Laye, qui traverse une période de désarroi, publie L'enfant noir, son premier roman, en 1953 et, un an plus tard, Le regard du roi.(Rediffusion du 17 août 2016).

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  • Jacques Rabemananjara: la renaissance malgache

    · 00:49:30 · Les grandes voix de l'Afrique

    Jacques Rabemananjara est né dans une famille de notables à Maroantsetra, sur la côte Est de Madagascar en 1913. Après des études dans les séminaires à Madagascar, il arrive à Paris en 1939, alors âgé de 26 ans. Dès son arrivée à Paris, il s'inscrit à l'Université de la Sorbonne où il y poursuit ses études en Lettres Classiques, et y obtient une licence. Quelques mois après son arrivée en France, il publie à Gap son premier recueil de poèmes, Sur les marches du soir. C'est également à cette époque qu'il fait la rencontre de Léopold Sédar Senghor, et surtout d'Alioune Diop aux côtés duquel il participera, dans l'immédiat après-guerre, au projet de la revue Présence Africaine, à laquelle il collabore toute sa vie.(Rediffusion du 15 août 2016).

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  • Bernard Dadié: l'écriture comme arme de combat

    · 00:49:30 · Les grandes voix de l'Afrique

    Bernard Binlin Dadié est né à Assinie, au sud de la Côte d’Ivoire en 1916. Il est élevé par son père, Gabriel Binlin Dadié, fondateur de l’association « Syndicat des Planteurs Africains » qui a joué un rôle dans le Parti Démocratique de la Côte d’Ivoire de Félix Houphouët-Boigny, et son oncle Melantchi, fermier à Bingerville, l'ancienne capitale de la Côte d’Ivoire. Pendant la première partie de sa vie, Bernard Dadié a connu la colonisation. Il a étudié en Côte d’Ivoire à Grand Bassam et puis à Bingerville. Après, il est devenu écrivain au Sénégal. Là-bas, il a étudié à l’Ecole William Ponty au Sénégal où il a écrit des scénarios.(Rediffusion du 16 août 2016).

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  • Amadou Hampâté Bâ: le porte-étendard de la tradition

    · 00:49:30 · Les grandes voix de l'Afrique

    Amadou Hampâté Bâ est né en 1900 ou 1901 à Bandiagara, au pied des falaises du pays Dogon, et il est mort en 1991 à Abidjan. Ecrivain et ethnologue, nous devons une nombreuse bibliographie à Amadou Hampâté Bâ : des romans, des recueils de contes, des pièces de théâtre, des études. On dit de lui qu'il est « pour l'Afrique noire le gardien de la mémoire, de la tradition orale qu'il a bien souvent couchée sur papier et est devenu, de ce fait, le défenseur vigilant d'une civilisation si longtemps méconnue. » C’est l’auteur d’une phrase célèbre : «En Afrique, quand un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui brûle».(Rediffusion du 11 août 2016).

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  • Tierno Monénembo: paroles d’exil

    · 00:49:30 · Les grandes voix de l'Afrique

    L’écrivain guinéen Tierno Monénembo (de son vrai nom Thierno Saïdou Diallo), est né le 21 juillet 1947 à Porédaka en Guinée. Parlant de lui-même et son parcours de vie, Tierno Monénembo dit, « nous sommes une génération sacrifiée, une génération gaspillée ». Ce genre d’affirmation appelle une explication. Né en 1947, le jeune Thierno Saïdou Diallo a 11 ans, lorsque surviennent les indépendances des anciennes colonies d’Afrique. En 1969, ce fils de fonctionnaire quitte la Guinée, fuyant la dictature de Sékou Touré et rejoint à pied le Sénégal voisin. Il va ensuite en Côte d'Ivoire poursuivre ses études. Il rejoint la France en 1973 toujours pour étudier, et y obtient un doctorat en biochimie de l'Université de Lyon. Il a par la suite enseigné au Maroc et en Algérie.C’est en 1979 qu’il publie son premier roman, et devient Tierno Monénembo. Ses romans traitent souvent de l'impuissance des intellectuels en Afrique, et des difficultés de vie des Africains en exil en France. Puis, il va enchaîner les publications, et très rapidement se constituer une bibliographie remarquable par son foisonnement et les qualités d’écriture. «Moi je vais donner mauvaise conscience à mes compatriotes africains, à mes contemporains, c’est pour ça que j’écris le malaise.» Ainsi, parle Tierno Monénembo. Pour rester dans la même veine, disons que chaque titre de cet écrivain a fait écho à sa sortie. On peut citer: Les Crapauds-brousse en 1979; Les Écailles du ciel en 1986 : L'Aîné des orphelins en 2000 ; Le Terroriste noir en 2012; Les coqs cubains chantent à minuit en 2015.

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  • Boubacar Boris Diop: par devoir de mémoire

    · 00:49:30 · Les grandes voix de l'Afrique

    Boubacar Boris Diop, écrivain et intellectuel sénégalais, est né en 1946 à Dakar. En 2000, il reçoit le Grand prix littéraire d'Afrique noire pour l'ensemble de son œuvre. Romancier, essayiste, dramaturge, et scénariste, Boubacar Boris a été successivement professeur de littérature et de philosophie dans différents lycées, conseiller technique au ministère de la Culture du Sénégal. Puis, il passe ensuite au journalisme, et collabore à différents journaux sénégalais ainsi qu'en Suisse et au mensuel africain d'analyses Afrique, perspectives et réalités (Paris). Il fut aussi le directeur du Matin de Dakar. Paradoxalement, dans certains milieux, il est avant tout l’auteur du livre d’essai politique Négrophobie, avec Odile Tobner et François-Xavier Verschave, paru aux éditions Les Arènes, en 2005. Pour les lecteurs africains, Boubacar Boris Diop est l’auteur du livre Les Tambours de la mémoire. Un séjour au Rwanda, après le génocide, marque un tournant important dans l’œuvre et le parcours personnel de Boubacar Boris Diop. Dans le cadre de l’opération « Rwanda : écrire par devoir de mémoire », lancée en 1998 avec plusieurs autres écrivains, il écrit Murambi, le livre des ossements. Depuis, il sillonne le monde, de congrès en séminaires, « disant » la tragédie du génocide pour qu’elle ne se reproduise plus.

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  • Jean Pliya: le conteur de Djougou

    · 00:49:30 · Les grandes voix de l'Afrique

    Le Béninois Jean Pliya, professeur d’histoire géographie, romancier, conteur, auteur de pièces de théâtre, homme politique et fervent catholique, est l’auteur de textes célèbres tels La Fille Têtue, Les Tresseurs de cordes, Les Chimpanzés amoureux. Il est né le 21 juillet 1931 à Djougou dans le nord du Bénin. Il a quitté ce monde, le 14 mai 2015, à Abidjan en Côte d’Ivoire, à l’âge de 84 ans. Ses études secondaires commencées en 1946 au Bénin et en Côte d’Ivoire se poursuivent à l’Université de Dakar et de Toulouse. Il obtient sa licence de géographie en 1955, puis son DES en 1957, année où il passe son CAPES, et devient professeur certifié d’histoire et de géographie. Il enseigne l’histoire et la géographie de 1957 à 1969 en France (à Cahors et à Lyon) et au Bénin (à Porto-Novo et à Cotonou). Il est assistant de géographie de 1969 à 1972 à l’Université du Bénin au Togo, puis de 1972 à 1976 à l’Université Nationale du Bénin. Il est maître assistant depuis 1976. De 1983 à 1991, il enseigne la Géographie tropicale et économique à l’Université de Niamey (Niger). En politique, Jean Pliya a été ministre de l’Information et du Tourisme en 1963 ; puis député à l’Assemblée Nationale et premier secrétaire de l’Assemblée de 1964 à 1967.Ecrivain et dramaturge franco-béninois, Jean Pliya est une figure majeure de la littérature africaine. Il a notamment reçu de nombreux prix, dont celui de la meilleure nouvelle africaine en 1963, avec son œuvre L’arbre fétiche et celui de littérature d’Afrique noire en 1967 à Paris, avec sa pièce Kondo le requin. Il est aussi officier de l’ordre français des Arts et Lettres, depuis septembre 1981.

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  • Ahmadou Kourouma: le «guerrier» de Boundiali

    · 00:49:30 · Les grandes voix de l'Afrique

    Ahmadou Kourouma est né le 24 novembre 1927 à Boundiali, dans le nord de la Côte d’Ivoire) ; et décédé le 11 décembre 2003 à Lyon en France, à l’âge de 76 ans. Ahmadou Kourouma est d’origine malinké, une ethnie présente dans plusieurs pays d’Afrique de l'Ouest. Son nom signifie « guerrier» en langue malinké. Élevé par un oncle, il suit une scolarité à Bamako au Mali. De 1950 à 1954, (pendant la colonisation française donc), il est envoyé comme tirailleur sénégalais en Indochine, à titre disciplinaire. Avant de rejoindre la métropole pour suivre des études de mathématiques et d'actuariat, à l’Institut de science financière et d'assurances à Lyon en France. En 1960, lors de l’indépendance de la Côte d'Ivoire, il revient vivre dans son pays natal, mais est très vite inquiété par le régime du président Félix Houphouët-Boigny. Il connaît la prison avant de partir en exil dans différents pays, en Algérie (1964-1969), Cameroun (1974-1984) et Togo (1984-1994), avant de revenir vivre en Côte d'Ivoire.En 1968, son premier roman, Les Soleils des indépendances, porte un regard très critique sur les gouvernants de l’après-décolonisation. Par ce roman qui a fait date, il entre en littérature par la grande porte. Après Les soleils des Indépendances, Ahmadou Kourouma a écrit de nombreux autres romans. Monnè, outrages et défis en 1990, En attendant le vote des bêtes sauvages en 1994, Allah n'est pas obligé en 2000. Seuil). Décédé en décembre 2003, Au moment de sa mort, il travaillait à la rédaction d’un nouveau livre Quand on refuse, on dit non, une suite d’Allah n'est pas obligé parue à titre posthume en 2004. Ahmadou Kourouma est aussi l’auteur de plusieurs livres pour la jeunesse, des pièces de théâtre et des essais tels que Paroles de griots. Ce qui a valu à l’auteur plusieurs distinctions : le Prix du Livre Inter en 1998 ; le Grand prix Jean-Giono en 2000 ; le Prix Renaudot en 2000 ; et le Prix Goncourt des lycéens en 2000.

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  • Maryse Condé: le courage d’être inconvenante

    · 00:49:30 · Les grandes voix de l'Afrique

    Elle est née Marise Liliane Appoline Bocoulon, le 11 février 1937 à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe. A l'âge de 16 ans, elle quitte la Guadeloupe pour poursuivre ses études à Paris, et obtient une licence en Lettres modernes à la Sorbonne. En 1960, elle épouse Mamadou Condé, un comédien guinéen. Elle part ensuite pour l'Afrique, où elle enseignera pendant douze ans dans le secondaire (Guinée, Ghana, Nigeria, Sénégal). De retour en France, elle démarre en 1972 sa carrière d'écrivain, avec notamment des pièces de théâtre et des ouvrages sur la littérature antillaise. En 1976, elle commence à écrire des ouvrages de fiction, et publie deux romans inspirés de ses expériences en Afrique, Hérémakhonon (1976) et Une saison à Rihata (1981). Puis, elle a enchaîné les productions à un rythme effréné, comme par peur de manquer de temps pour tout accomplir. Pour le grand public, Maryse Condé est surtout et principalement l’auteure de la saga historique Ségou. C’est un roman décrivant le lent suicide de l'empire bambara ayant la ville de Ségou pour capitale, sur deux siècles allant de la période esclavagiste (XVIIIème siècle) jusqu'à l'arrivée des troupes coloniales françaises (fin du XIXème). Composé de deux tomes, Ségou - Les Murailles de terre (1984), puis Ségou - La Terre en miettes (1985), cette première saga africaine mêle personnages et événements historiques aux péripéties d’une famille de fiction, dont la lente et multiforme décomposition annonce celle de l’Afrique libre. Le choc de l’islam, l’arrivée européenne, l’histoire sert de cadre au roman, qui est la restitution de la vie africaine avant sa dégradationAprès son divorce d’avec son premier mari Mamadou Condé, l’auteure s’est remariée avec Richard Philcox, traducteur de nationalité britannique, et vit aujourd'hui entre New-York et Paris. On voit donc tout l’intérêt qu’il y a à lire un auteur qui fait la jonction entre les trois continents Afrique, Europe, Amérique, les trois pôles principaux de la tragédie qu’on a appelée pudiquement la diaspora, c’est-à-dire ces femmes et ces hommes arrachés aux entrailles de l’Afrique au fil des siècles.

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  • Florent Couao Zotti: un trublion tranquille

    · 00:49:30 · Les grandes voix de l'Afrique

    Florent Couao-Zotti, écrivain béninois, auteur de romans, nouvelles, pièces de théâtre et de bandes dessinées, est né le 18 juin 1964 à Pobé, une ville du sud-est du Bénin. En quelques années, Florent Couao-Zotti a réussi à construire une œuvre littéraire originale. Depuis 2002, il se consacre entièrement à l'écriture qu'il décline dans différents genres littéraires (romans, nouvelles, pièces de théâtre) et dans les arts narratifs (bande dessinée, série télévisée et films vidéo). Les œuvres de Florent Couao-Zotti sont traduites dans cinq langues (japonais, italien, catalan, allemand, anglais), c'est une des plumes de référence sur le continent. Ses œuvres ont reçu plusieurs récompenses, dont le prix Tchicaya U Tams'i, le prix de la Francophonie de littérature de jeunesse, le prix de l'Excellence du Bénin, Meilleure plume de la décennie, le prix Ahmadou Kourouma, etc.Le style provoquant de cet écrivain béninois envers les hommes politiques au pouvoir lui a valu quelques ennuis. Cet auteur montre le destin des exclus, et sa plume n’hésite pas à décrire les aspects les plus repoussants de la société béninoise, et partant de l’Afrique contemporaine. Même les titres de ses livres sont parlants: Ce soleil où j’ai toujours soif, Notre pain de chaque jour, L'homme dit fou et la mauvaise foi des hommes, Notre pain de chaque nuit, Charly en guerre, La diseuse de mal-espérance, Le collectionneur de vierges, Le Cantique des cannibales, Retour de tombe, Si la cour du mouton est sale, ce n'est pas au cochon de le dire, La Traque de la Musaraigne.

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  • Djibril Tamsir Niane: « Enfin, les Gaulois cessèrent d’être nos ancêtres »

    · 00:49:30 · Les grandes voix de l'Afrique

    Djibril Tamsir Niane, écrivain et historien guinéen, né le 9 janvier 1932  à Conakry (Guinée). Il est spécialiste de l’histoire du Mandé, notamment l'Empire du Mali. Avec une écriture minutieuse, il s’est taillé une renommée internationale. Étudiant en histoire à l’Université de Bordeaux (France), Djibril Tamsir Niane est titulaire d’une licence et d’un DES. Son mémoire portant sur la recherche sur l’Empire du Mali, il collecte auprès des griots, notamment Mamadou Kouyaté, les récits de la tradition orale. C’est à partir de ces recherches qu’il publie en 1960 Soundjata, ou l’épopée mandingue, son ouvrage le plus connu. Il a participé à l’écriture de l’Histoire générale de l’Afrique sous les auspices de l’Unesco avec Joseph Ki-Zerbo. Il est également auteur de pièces de théâtre comme Les fiançailles tragiques. Certains de ses écrits lui valent la prison sous le régime de Sékou Touré, puis l’obligent à l’exil au Sénégal dans les années 1970.L’engagement politique de Djibril Tamsir Niane commence pendant les années d’études puisqu’il est Membre actif de la Fédération des étudiants d'Afrique noire en France (FEANF) a été créée en 1950, après les congrès de Lyon (avril 1950) et de Bordeaux (décembre 1950). C’était le temps où l’on parlait de plus en plus d’autonomie des colonies d’Afrique. C’est donc un témoin précieux de ce temps. Puisqu’il a même été emprisonné au célèbre camp militaire Boiro de Conakry.Djibril Tamsir Niane a consacré 5 livres à cette question de la redécouverte de la riche histoire mandé. En 1960, Soundiata ou l'épopée mandingue (Paris, Présence africaine), en 1975, Recherche sur l'empire du Mali au Moyen Âge, suivi de Mise en place des populations de la Haute-Guinée (Paris, Présence africaine) ; en 1985, Contes d'Hier et d’Aujourd’hui (Paris, Présence africaine) ; 1989, Histoire des Mandingues de l'ouest (Paris, Karthala) ; et enfin en 1991, «Le Mali et la deuxième expansion mande» dans le volume IV de  l’Histoire générale de l'Afrique. C’est le résultat d’un patient travail de collecte auprès des griots, détenteurs de la mémoire collective.

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  • Joseph K-Zerbo: le renouveau en Histoire

    · 00:49:30 · Les grandes voix de l'Afrique

    Joseph Ki-Zerbo, historien, essayiste, et homme politique burkinabé né le 21 juin 1922 à Toma au Burkina Faso et décédé le 4 décembre 2006 à Ouagadougou. Le jeune Joseph Ki-Zerbo est d’abord élève aux séminaires de Pabré proche de Ouagadougou, et Faladiè, aujourd’hui un quartier périphérique de Bamako. Il passe son Baccalauréat à Bamako, en tant que candidat libre. Après quoi, de 1949-1953, il poursuit des Etudes d’Histoire à la Sorbonne à Paris ; puis de 1953-1955 à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris. En 1956, il passe avec succès l’Agrégation d’Histoire à la Sorbonne. Il soutient sa thèse de doctorat à l’Institut d’études politiques de l’université de Paris. Joseph Ki-Zerbo devient professeur des universités. Il est l’un des plus grands penseurs de l’Afrique contemporaine. Il enseigne à Orléans, à Paris puis à Dakar en 1957.Joseph Ki-Zerbo va renouveler, avec le Sénégalais Cheikh Anta Diop, les études sur l’histoire de l’Afrique. Ce mouvement a pour but de redonner aux Africains un petit contrôle sur la définition de leur passé. Cependant, sa démarche est beaucoup plus scientifique au sens où, dans ses écrits, il détache clairement ce qui est du fait reconnu par d'autres historiens et de ses propres investigations, de ce qui est hypothèses peu étayées. En 1964 Joseph Ki-Zerbo publie Le Monde africain noir, aux éditions Hatier, Paris. Et en 1972: Histoire de l’Afrique noire, toujours aux éditions Hatier, Paris. Mais c’est en 1991 que sortira véritablement son livre qui va faire date : Histoire générale de l’Afrique, ouvrage collectif, éditions Présence africaine/Edicef/Unesco, Paris.

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  • Cheikh Anta Diop: un pharaon africain

    · 00:49:30 · Les grandes voix de l'Afrique

    Cheikh Anta Diop est historien, anthropologue, égyptologue et homme politique. Il a mis l'accent sur l'apport de l'Afrique et en particulier de l'Afrique noire à la culture et à la civilisation mondiale. C’est l’auteur de Nations nègres et culture: de l'Antiquité nègre égyptienne aux problèmes culturels de l'Afrique noire d'aujourd'hui et de Civilisation ou barbarie, deux livres qui ont été lus et qui sont lus dans tous les collèges, lycées et universités en Afrique. Cheikh Anta Diop est né le 29 décembre 1923 à Thieytou, dans le département de Bambey, région de Diourbel au Sénégal. À l'âge de 23 ans, il part pour Paris afin d'étudier la physique et la chimie mais se tourne aussi vers l'histoire et les sciences sociales. Il adopte un point de vue spécifiquement africain face à la vision de certains auteurs de l'époque selon laquelle les Africains sont des peuples sans passé. En 1951, Diop prépare sous la direction de Marcel Griaule une thèse de doctorat à l'Université de Paris, dans laquelle il affirme que l'Égypte antique était peuplée d'Africains noirs, et que la langue et la culture égyptiennes se sont ensuite diffusées dans l'Afrique de l'Ouest. Sa thèse rencontre un « grand écho » sous la forme d'un livre, Nations nègres et culture, publié en 1954. C’est le début d’une grosse polémique qui ne s’arrêtera plus. N’oublions pas qu’à l’époque on parlait de l’histoire des peuples sans histoire, comme on parlait de terres vacantes et de terres sans propriétaires.Il lui fallait l’appui de la science. Quand l’historiographie officielle dit que la préhistoire s’arrête et que la vraie histoire de l’homme commence précisément au moment où les sociétés inventent l’écriture, il est clair que des pans entiers de l’humanité se trouvent de ce fait exclus. Et c’est le cas de l’Afrique Noire, terre de civilisation orale qui ignore jusqu’à l’existence du papier. Il a d’abord fallu le combat des tenants de la négritude pour dire que l’homme noire est un humain comme les autres, avec une culture et une civilisation comme tous les autres. Cheikh Anta Diop va plus loin, puisqu’il parle de l’Antériorité des civilisations nègres.

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  • Wolé Soyinka: le chantre de la liberté

    · 00:49:30 · Les grandes voix de l'Afrique

    Le Nigérian Wole Soyinka est le premier auteur noir lauréat du prix Nobel de littérature, qu'il obtient en 1986. Il est né à Abeokuta le 13 juillet 1934. On n’est pas innocent quand on voit le jour à Abeokuta, car c’est une ville du Nigeria, capitale de l'état d'Ogun, fondée en 1825 comme refuge contre les chasseurs d'esclaves du Dahomey et d'Ibadan. Signalons que c’est la ville de Fela Kuti, chanteur, saxophoniste, chef d'orchestre et homme politique nigérian; Shane Lawal, joueur de basket-ball ; et Funmilayo Ransome-Kuti, leader féministe. En 1946, pour protester contre les taxes décidées par l'autorité coloniale britannique, les femmes de la ville et des alentours adhèrent en grand nombre à l'Union des femmes d'Abeokuta dirigée par Funmilayo Ransome-Kuti. Les femmes sont libérées des taxes et elles obtiennent le droit de siéger dans les instances locales.Pour en revenir au cas spécifique de Wole Soyinka, disons que sur le plan de l’action politique, l'auteur est emprisonné au Nigéria entre 1967 et 1969 pour avoir soutenu le mouvement d'indépendance du Biafra. En 1994, il est contraint à l'exil après avoir été condamné à mort par le gouvernement de Sani Abacha. Il ne pourra rentrer au pays qu'après la mort du président Sani Abacha, en 1998.Sur le plan artistique, Wole Soyinka est un dramaturge, essayiste, poète. Il a publié 3 romans, 3 recueils de nouvelles, 5 récits autobiographiques, 7 recueils de poésie, une vingtaine de pièces de théâtre.

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  • Werewere Liking: une grande dame des arts vivants et des lettres

    · 00:49:30 · Les grandes voix de l'Afrique

    Werewere-Liking Gnepo, actrice, romancière, écrivaine, est née en 1950 à Bondè, au Cameroun. Elle a été élevée par ses grands-parents paternels dans un milieu traditionnel. Elle vit en Côte d'Ivoire depuis 1978, époque à laquelle elle se lance dans des recherches en traditions et esthétiques négro-africaines à l'université.Elle est la fondatrice du groupe Ki Yi M'Bock, compagnie de théâtre basée à Abidjan. Werewere Liking est un auteur prolixe qui a touché à tous les genres; cependant, c'est sans doute à son théâtre et à son travail au sein de la communauté du Village Ki-Yi qu'elle s'est forgé une réputation internationale. Pour nombre de lecteurs et d’auditeurs, elle restera l’auteur du livre La Mémoire Amputée.Trouver un langage poétique et esthétique en équilibre entre valeurs traditionnelles et combat contre tous les systèmes qui embrigadent l’homme en Afrique, c’est une préoccupation constante qui a guidé le travail de Werewere Liking.  

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  • Jean-Baptiste Tati Loutard: le ministre écrivain

    · 00:49:30 · Les grandes voix de l'Afrique

    Jean-Baptiste Tati Loutard est un écrivain et homme politique brazza-congolais, né le 15 décembre 1938 à Ngoyo, dans la commune de Pointe-Noire, et décédé le 4 juillet 2009 à Paris. Après ses études de lettres en France, il enseigne la littérature à l’Université de Brazzaville où il devient doyen de la Faculté des Lettres. A partir de 1975, il est tour à tour ministre de l’enseignement supérieur, de la culture, des arts et des sports. En 1997, il devient ministre des hydrocarbures. Il a toujours su concilier ses activités administratives et politiques avec celles de poète, de nouvelliste et de romancier.Considéré comme l’une des voix majeures de l’Afrique francophone, Jean-Baptiste Tati Loutard a publié une dizaine de recueils de poésie, et obtenu divers prix. Son activité poétique, déployée sur une trentaine d’années, a donné forme à une réflexion profonde sur l’art et la vie, la nécessaire réconciliation des contraires. Ce qui lui valut de devenir leader du mouvement culturel congolais.

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  • Olympe Bhêly-Quenum: le porte-parole du Vaudou

    · 00:49:30 · Les grandes voix de l'Afrique

    L’écrivain Olympe Bhêly-Quénum, est né le 20 septembre 1928 à Ouidah au Bénin. C’est l’auteur du roman, culte Un piège sans fin. Fils d'une grande prêtresse du Vodoun, Olympe Bhêly-Quénum est le neveu de l'ethnologue dahoméen Maximilien Quénum. Après avoir réalisé ses études primaires au Bénin (ex-Dahomey), il arrive en France en 1948. A partir de là, il est à la fois Dahoméen et Normand.La carrière d’écrivain d’Olympe Bhêly-Quénum commence en fanfare avec le roman Un piège sans fin édité en 1960. Puis, ça ne s’est plus arrêté. Que ce soit le Chant du Lac, Un Enfant d’Afrique, l’Initié, les Appels du vaudou, toute l’œuvre d’Olympe Bhêly-Quenum est imprégnée de cette religion africaine. Il faut garder en mémoire que l’auteur est fils d'une Grande Prêtresse du Vodoun, qu’il est né le 20 septembre 1928 à Ouidah, ville historique, creuset du Vodoun au Bénin.

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  • Mongo Béti: une grande capacité d’indignation

    · 00:49:30 · Les grandes voix de l'Afrique

    Ecrivain camerounais, Alexandre Biyidi Awala, est plus connu sous le nom Mongo Béti. Il est également l’écrivain Eza Boto. Mongo Béti est né le 30 juin 1932 à Akométam, petit village situé à 10 km de Mbalmayo, une ville distante de 45 km de Yaoundé, la capitale du Cameroun. Et il nous a quittés le 7 octobre 2001, à l’âge de 69 ans, à Douala. Professeur, journaliste, libraire, Mongo Béti a toujours été perçu comme un écrivain contestataire et intransigeant. La carrière d’écrivain de Mongo Béti commence dans les années cinquante et avec trois premiers titres, il se fait une place dans le monde littéraire africain. Sans haine et sans amour, en 1953 ; Ville cruelle (publié sous le pseudonyme Eza Boto), en 1954 ; et Le pauvre Christ de Bomba, en 1956. Le troisième titre, Le pauvre Christ de Bomba, est une dénonciation féroce de la société coloniale française. Dénonciation qui a fait scandale. La décolonisation n’a pas épuisé la capacité d’indignation de Mongo Béti. La preuve, Main basse sur le Cameroun : autopsie d’une décolonisation, paru en 1972. Ce livre a été censuré à sa parution par un arrêté du ministre de l’Intérieur français.

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  • Aimé Césaire: un courage extraordinaire et une rage divine

    · 00:49:30 · Les grandes voix de l'Afrique

    Aimé Césaire, écrivain et homme politique français, est né le 26 juin 1913 à Basse-Pointe en Martinique, et mort le 17 avril 2008 à Fort-de-France. L’homme a produit des poésies marquantes, des pièces de théâtre et des discours qui ont fait date. Dans le registre de la poésie, son art majeur, il y a eu des textes qui ont donné de la chair et des sanglots aux mots d’Aimé Césaire. Des textes que personne n’a pu oublier. Les plus marquants, c’est d’abord le Discours sur le colonialisme et les Cahiers d’un retour au pays natal.Pour l’auteur, il s’agissait de réhabiliter les souffles, les cris et les râles de millions de femmes et d’hommes à travers les âges. Et en ces temps pas si lointains où des hommes trouvaient normal de posséder les corps, les âmes et les terres d’autres hommes, il a fallu un courage extraordinaire et une rage divine à Aimé Césaire pour produire des textes d’une telle portée. Un message toujours actuel.

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