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  • Contrairement à ce que l'on pourrait attendre, le volume du cerveau humain n'a pas toujours augmenté, même si l'homme continuait à progresser. C'est pourtant ce qu'il a commencé par faire.

    En effet, le cerveau humain a d'abord grandi, en deux temps : voilà d'abord 2 millions d'années environ, puis, dans une deuxième étape, il y a à peu près 1,5 million d'années. cette évolution correspond à la fabrication des premiers outils et à d'autres avancées techniques.

    Mais voilà que l'homme, qui continue pourtant dans la voie du progrès, voit son cerveau rétrécir. Les chercheurs, qui ont étudié des centaines de fossiles, ont d'abord situé ce changement voilà environ 30.000 ans.

    Puis une analyse plus précise leur a permis de constater que le cerveau humain a perdu de son volume beaucoup plus tôt. Il aurait rétréci voilà environ 3.000 ans, une époque qui était déjà celle de notre ancêtre direct, l'Homo sapiens.

    Il pouvait paraître assez surprenant que le cerveau diminuât alors que l'homme ne cessait d'aller de l'enfant dans la voie du progrès. Au reste, l'origine de ce phénomène demeurait assez mystérieuse.

    Pour mieux le comprendre, les spécialistes, n'ayant pas assez de fossiles à leur disposition, se sont mis à observer des fourmis. De fait, ces insectes ont plus d'un point commun avec l'homme.

    En effet, ils forment une véritable société, au sein de laquelle les tâches sont réparties. Elle repose donc sur une organisation collective.

    Ne serait-ce pas là la clef de l'énigme ? S'organisant eux-mêmes en sociétés, les Homos sapiens auraient pu davantage compter sur leurs congénères. Ils n'étaient plus contraints de stocker autant d'informations, la survie et la progression du groupe reposant désormais en partie sur une réaction collective. L'invention de l'écriture a pu jouer dans le même sens.

    Par contre, le moindre poids de l'Homo sapiens ne semble pas en relation avec la réduction du volume de son cerveau. Des études récentes ont d'ailleurs montré que l'intelligence ne dépendait pas seulement de la taille de ce cerveau.
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  • L'inflation actuelle n'épargne pas les loyers, dont le prix augmente fortement. Par ailleurs, le marché immobilier demeure très tendu dans certaines villes.

    Dans ces conditions, certaines personnes peuvent être tentées de transformer leur cave en un local habitable, qu'ils pourront habiter ou louer. Mais une telle démarche est-elle possible ? En principe non.

    En effet, la loi est formelle. Elle ne considère pas une cave, dès lors qu'elle est privée d'ouverture vers l'extérieur, comme un local propre à l'habitation. Il est donc interdit de vendre ou de louer un sous-sol à des fins d'habitation.

    Cependant, rien ne vous interdit d'aménager votre cave en vue de l'habiter. À condition, toutefois, d'entreprendre certaines démarches.

    La première chose à faire, c'est d'obtenir l'autorisation de la ville pour entreprendre les travaux nécessaires à l'aménagement d'une ou plusieurs pièces dans le sous-sol.

    Certaines municipalités donnent volontiers cet accord, surtout si la cave est petite. D'autres la refusent de manière systématique. Cette attitude se justifie notamment par la peur d'une inondation ou par une communication de la cave avec les égouts.

    La Mairie peut aussi craindre que le sous-sol aménagé ne soit transformé en un appartement loué, qui ne réponde pas aux normes requises d'habitabilité. Il est à noter qu'une éventuelle autorisation ne sera donnée que pour un "souplex", autrement dit un logement comprenant un rez-de-chaussée et un niveau en sous-sol.

    L'accord de la ville obtenu, il vous faudra solliciter celui des copropriétaires, surtout si les travaux prévus touchent aux structures de l'immeuble.

    Il faut ensuite prévoir certains aménagements. Il convient notamment d'isoler parfaitement le sol et de traiter les murs contre l'humidité. La mise en place d'un système de ventilation adapté est tout aussi indispensable.

    Il faut aussi s'efforcer d'apporter de la lumière à ce logis souterrain, en l'ouvrant par exemple sur le rez-de-chaussée. Si vous parvenez à transformer votre cave en une ou plusieurs pièces à vivre, vous ne paierez pas plus d'impôts locaux. En effet, le sous-sol n'est pas compté comme une partie à part entière du logement.
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  • La mer Morte se trouve au Proche-Orient, partagée entre Israël, la Jordanie et la Palestine. En fait, elle n'a de mer que le nom. Enclavée dans les terres, elle a en effet tout l'aspect d'un lac.

    La première particularité de cette étendue d'eau est sa situation. En effet, elle se trouve à 420 mètres au-dessous du niveau de la mer. Ce qui en fait l'une des zones les plus basses sur terre.

    Mais ce qui fait surtout la singularité de la mer Morte, c'est le taux de salinité de ses eaux. Elles comportent en effet environ 300 grammes de sel par litre, soit à peu près dix fois plus que dans les autres mers et océans du monde.

    C'est portés par cette masse de sel que les baigneurs peuvent flotter sans aucun effort sur les eaux de la mer Morte. Mais s'ils peuvent y faire la planche, ils doivent se garder d'en avaler le sel qui, à ce

    Mais pourquoi appelle-t-on ce grand lac la "mer Morte" ? Il faut d'abord préciser que ce nom n'est pas récent. Dans l'Antiquité, les Grecs la nommaient ainsi et on retrouve ce nom dans la Bible.

    Si elle a été baptisée de ce nom lugubre, c'est que ces eaux semblent inhabitées. Et, de fait, à part quelques micro-organismes et des champignons très résistants, aucune espèce ne peut survivre dans ces eaux gorgées de sel.

    Très tôt, les pêcheurs se sont donc aperçus qu'il ne servait à rien de tendre ses filets sur les eaux de ce vaste lac. En effet, ils ne pourraient que rentrer bredouilles.

    Aucune plante ne poussait non plus sur les rives ou le fond de cette mer. Cet endroit aride, dépourvu de végétation, a également contribué à associer cette mer à un lieu désert et sans vie.

    Et c'est cette concentration excessive de sel qui empêche le développement d'espèces animales et végétales sur les rives et dans les eaux de la mer Morte.
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  • Destinée à mettre en avant les personnes LGBT, la "marche des fiertés" est devenue, dans de nombreux pays du monde, un événement majeur. Et les participants à ces cortèges arborent volontiers le drapeau arc-en-ciel, emblème reconnu des communautés gays et lesbiennes.

    Mais pourquoi ce drapeau affiche-t-il ces couleurs ? On le doit à un jeune soldat américain, qui en conçoit le prototype en 1978, à l'occasion de la huitième Gay Pride de San Francisco.

    Il choisit alors, pour cet emblème, la plupart des couleurs de l'arc-en-ciel, à savoir le rose, le rouge, l'orange, le jaune, le vert, le bleu, l'indigo et le pourpre. À part le rose, on a là, de fait, toutes les teintes de l'arc-en-ciel.

    Mais pourquoi avoir choisi de telles couleurs ? Pour Gilbert Baker, elles représentent bien la diversité des orientations sexuelles qui caractérise le mouvement LGBT. Pour lui, elles sont aussi symboles de tolérance et d'inclusion.

    Souvent vives, ces couleurs ont parfois servi de signe de ralliement, à des époques où l'homosexualité était considérée comme un délit. Ainsi, l'œillet vert qu'il arborait à sa boutonnière était, pour Oscar Wilde, un clin d'œil adressé aux initiés.

    De même, le rose était la couleur du triangle cousu sur la tenue des homosexuels déportés dans les camps de concentration de l'Allemagne nazie.

    Le choix de ces couleurs fait aussi référence à la célèbre chanson "Over the rainbow", que Judy Garland interprète, en 1939, dans le film "Le magicien d'Oz", réalisé par Victor Fleming. Or on sait que l'actrice était devenue, au fil des années, une véritable icône gay.

    Dans le langage des couleurs, enfin, ces teintes ont des significations auxquelles peut être sensible la communauté homosexuelle. Ainsi, le rouge symbolise la vie, l'orange la guérison et le vert la nature.

    Le drapeau LGBT a cependant subi une petite transformation. Il a rapidement perdu deux de ses couleurs, le rose et l'indigo. Le but de cette modification était purement pratique. Réduit à ces six couleurs, un nombre pair, l'étendard était plus facile à plier.
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  • Il n'est pas rare que, dans la vie courante, nous utilisions des expressions dont nous ne connaissons pas l'origine. C'est le cas de l'expression "six pieds sous terre".

    Quand on précise qu'une personne est enterrée "six pieds sous terre", on veut dire par là que le cercueil où elle repose est profondément enfouie dans le sol. Comme cette expression utilise le terme "pied", on se doute qu'elle provient d'outre-Manche, où cette unité de mesure était utilisée.

    En effet, "six pieds sous terre" nous vient bien d'Angleterre. L'expression aurait été forgée à l'occasion de la grande épidémie de peste qui frappe le pays, et notamment sa capitale, Londres, en 1665.

    Si c'est la dernière manifestation de la peste dans le pays, du moins à cette échelle, c'est aussi la plus meurtrière. En effet, elle aurait fait entre 75.000 et 100.000 morts, soit environ 20 % de la population de Londres.

    On le sait, la médecine du temps était très démunie face à des maladies comme la peste. De leur côté, les autorités s'efforçaient surtout d'éviter tout ce qui pouvait favoriser la contagion.

    C'est ainsi que les malades étaient quasiment abandonnés dans leurs maisons, marquées d'une croix. On croyait que la maladie se transmettait non seulement par les vivants mais aussi par les morts.

    D'où la nécessité d'enterrer les cadavres aussi profondément que possible dans la terre. De telle sorte que les miasmes de la peste ne puissent s'échapper des tombeaux et que les chiens ne puissent déterrer les cadavres.

    Les édiles londoniens prennent alors leurs dispositions : les fossoyeurs devront enfouir les dépouilles à une certaine profondeur. Ils devront en effet creuser jusqu'à 6 pieds avant de déposer le cercueil.

    Le pied anglais valant 32,4 cm, 6 pieds correspondent à 1m80, ce qui paraissait suffisant pour écarter tout danger de contagion. En France, on creuse des fosses moins profondes. En effet, depuis la Révolution, celles-ci doivent avoir 1m50 de profondeur. Il est vrai que, dans certains cas, le Conseil municipal peut décider de déroger à cette mesure.
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  • Pour m'écouter vous raconter la vie de Donald Trump sur Comment j'ai bâti un empire:

    Apple Podcast:
    https://podcasts.apple.com/fr/podcast/mon-argent/id1569918922

    Spotify:
    https://open.spotify.com/show/6UduCKju82nA00KdBb08d9?si=KzkcGE8IRYOdR5m9hMbyZw

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    Qui ne connaît les aventures de Tintin, le célèbre reporter imaginé par Hergé ? Il semblerait que, pour créer son personnage, l'auteur belge se soit inspiré d'un modèle.

    Tintin ressemblerait en effet à un certain Palle Huld. C'est en voyant une photographie de ce jeune Danois, né en 1912, et mort en 2010, presque centenaire, qu'Hergé aurait eu l'idée du personnage qui allait faire sa renommée.

    En regardant ce cliché, pris sur la place Rouge de Moscou, en 1928, on aperçoit tout de suite des similitudes entre cet adolescent de 15 ans et le futur Tintin. Il porte en effet des pantalons de golf, un veston boutonné, recouvert d'un ample manteau. Et il est coiffé d'une large casquette.

    Bref, la tenue même de Tintin, qu'on croirait sorti de ses albums pour venir poser devant l'objectif du photographe. Peu de temps s'est écoulé entre cette photo, qu'elle ait ou non inspiré la création de Tintin, et la première apparition du fameux reporter, le 10 janvier 1929, dans les pages d'un journal belge.

    Cette photo de Palle Huld a été prise au cours d'un tour du monde qu'effectuait alors le jeune homme. Le périple était organisé par un journal danois, à l'occasion du centenaire de la naissance de Jules Verne.

    Palle Huld avait été choisi parmi de très nombreux candidats. Interrogé à la fin de sa vie, il pensait que son allure juvénile et ses cheveux roux, peu fréquents au Danemark, lui avaient valu d'être désigné.

    Apprenti à cette époque, l'adolescent se lance alors, au grand effroi de sa mère, dans une odyssée de plus de 32.000 kilomètres, accomplie en un mois et demi. Il pouvait voyager de la manière qui lui convenait le mieux, sans avoir le droit de prendre l'avion.

    Ce périple, qui n'était pas sans danger, l'a porté aux quatre coins du monde, de l'Amérique du Nord à la Russie, en passant par le Japon. Au retour, le jeune homme est accueilli en héros. Plus tard, il devient acteur, au théâtre comme au cinéma. Il écrit aussi un livre sur son voyage.
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  • Dès le début du XXe siècle, certains prêtres s'engagent, à titre individuel, dans le monde du travail. Ces ecclésiastiques, et ceux qui les suivront, ressentent le besoin de partager, en travaillant à leurs côtés, les problèmes quotidiens des ouvriers.

    Il leur semble que c'est le meilleur moyen de mettre en pratique les valeurs évangéliques de partage et de fraternité, et de rester ainsi fidèles à l'esprit de leur mission sacerdotale.

    Ce travail en commun, avec les mineurs ou les dockers, leur paraît d'autant plus important que, durant la Seconde Guerre mondiale, un livre, promis à un grand retentissement, alerte sur la déchristianisation des milieux ouvriers.

    L'expérience commence, de manière officielle, dès 1942. Après la guerre, de nombreux prêtres-ouvriers travaillent en usine, dans les ports ou sur les chantiers.

    L'Église a autorisé le mouvement, mais du bout des lèvres. En effet, la hiérarchie catholique éprouve des réticences envers cette expérience des prêtres-ouvriers.

    En effet, elle leur paraît incompatible avec la neutralité que le prêtre, pasteur de l'ensemble de ses ouailles, doit conserver dans l'exercice de son ministère. Et, de fait, plusieurs prêtres-ouvriers s'engagent dans des syndicats ou même des partis politiques.

    Ils participent également à des manifestations et à des grèves. Aussi, en 1954, Pie XII encadre-t-il de manière plus stricte cette expérience, réduisant à trois heures quotidiennes le temps que le prêtre peut consacrer à son travail et lui interdisant tout engagement syndical.

    Attaché à une conception moins engagée du sacerdoce, Jean XXIII mettra même fin à l'expérience en 1959.

    Le Concile Vatican II, en 1965, change cependant la donne. À sa suite, Paul VI permet à nouveau le travail des prêtres. Ils sont désormais encadrés par la Mission ouvrière, qui regroupe les acteurs de l'évangélisation en milieu ouvrier.

    L'expérience est d'abord un succès, puisqu'on compte environ 800 prêtres-ouvriers au milieu des années 1970. Mais, par la suite, leur nombre décroît peu à peu. Selon certaines sources, ils seraient environ 300 en 2020, mais, la plupart étant en retraite, il n'en resterait qu'une quinzaine encore en activité.
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  • L'usage de faire commencer l'année le 1er janvier n'est pas nouveau. Il est même très ancien, puisqu'il remonte au premier siècle avant notre ère. En effet, en 45 avant J.-C., Jules César décide d'adopter un nouveau calendrier, fondé sur le soleil, ou plutôt sur les mouvements de la terre par rapport à cet astre.

    Ce calendrier, composé de 365 jours, commence le 1er janvier et prend le nom de son inventeur. Ce calendrier julien est promis à un bel avenir.

    En effet, dès le milieu du IVe siècle, l'Église l'adopte. Le 1er janvier correspond, en effet, à une date importante pour elle, la circoncision de Jésus, célébrée huit jours après sa naissance.

    Même si l'Église, par la voix du Pape, a fixé le début de l'année au 1er janvier, cette date n'est pas toujours acceptée. Au IXe siècle, Charlemagne décide que l'année commencera le 25 décembre, date qui, en l'an 800, marque son couronnement comme Empereur.

    Par ailleurs, l'année débute le 1er mars dans certaines provinces françaises. En France, cependant, un usage assez général voulait que l'année commence plutôt le jour de Pâques.

    Il faut attendre 1564 pour que le Roi Charles IX, par l'édit de Roussillon, impose le 1er janvier comme date du début de l'année, et ce sur l'ensemble du territoire français.

    Dix ans plus tard, en 1584, le Pape Grégoire XIII met en place un nouveau calendrier solaire, le calendrier grégorien qui, pour l'essentiel, reprend la structure du calendrier julien.

    Ce nouveau calendrier reprend, comme date du début de l'année, le 1er janvier qui, en 1622, est étendu par Rome à l'ensemble des pays catholiques.

    On sait, par ailleurs, que, dans de nombreux pays, marqués par une culture et une religion différentes, l'année ne commence pas le 1er janvier. Ainsi, le nouvel an islamique, lié aux variations d'un calendrier lunaire, débute souvent en été, alors que dans des pays bouddhistes, comme le Laos ou Sri Lanka, l'année commence entre le 12 et le 15 avril. Et le nouvel an chinois est encore placé à une date différente.
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  • L'un des plus grands écrivains de tous les temps, William Shakespeare, est-il vraiment l'auteur de ses pièces ? Pour certains, la question n'est pas aussi incongrue qu'elle peut le paraître.

    Elle se pose en tous cas depuis près de deux siècles. Ceux qui réfutent à Shakespeare la paternité de ses œuvres mettent en avant un certain nombre d'arguments. Le premier d'entre eux est la quasi absence de documents attestant la rédaction de ces pièces par Shakespeare.

    Ainsi, il n'existe pas de manuscrits ou de brouillons de ces pièces, ni de notes prises par cet écrivain. Par ailleurs, les sceptiques doutent qu'un homme d'une aussi modeste origine ait pu acquérir les connaissances nécessaires à la rédaction de ses œuvres.

    Ils se demandent où ce fils de gantier, né en 1564, dans la petite ville de Stratford-upon-Avon, aurait été chercher les informations qui lui ont permis de décrire, avec une grande précision parfois, les règnes de Richard III ou d'Henry V ou comment il aurait acquis les notions juridiques qui apparaissent dans ses pièces.

    Mais pour nombre de spécialistes et d'universitaires, il n'existe aucune preuve sérieuse d'une telle supercherie littéraire. On a plutôt des raisons de croire que Shakespeare fut bien l'auteur de ses pièces et de ses sonnets.

    On possède en effet des copies imprimées de certaines pièces de Shakespeare, sur lesquelles figure son nom. Il existe également, au sein de la compagnie théâtrale dont il faisait partie, des traces de son activité d'acteur.

    Par ailleurs, les détracteurs de Shakespeare n'ont pu se mettre d'accord pour attribuer ses écrits à un autre écrivain. Le très grand nombre d'auteurs auxquels on a pu attribuer l'écriture des pièces de Shakespeare, dont Francis Bacon ou le dramaturge Christopher Marlowe, montre bien, pour ses partisans, la légèreté d'une hypothèse étayée par aucun élément solide.

    Ils rappellent enfin que le candidat jugé le plus sérieux, Edward de Vere, comte d'Oxford, est mort en 1604, soit des années avant la publication de certains chefs-d'œuvre de Shakespeare, comme "Le Roi Lear" ou "Macbeth". À l'heure actuelle, le débat reste donc ouvert.
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  • En ce début d'année 2023, la guerre entre la Russie et l'Ukraine entre dans son onzième mois. Si les Occidentaux affichent un soutien sans faille à l'Ukraine, notamment en lui livrant de grandes quantités d'armes, les autorités de ce pays ont pu déplorer que ses alliés ne s'engagent pas de manière encore plus active à ses côtés.

    Pour justifier un tel soutien, elles évoquent parfois un document signé, entre autres, par la Russie, l'Ukraine et certains pays occidentaux. Il s'agit du Mémorandum de Budapest, qui date de 1994.

    Paraphé par la Russie, les États-Unis et le Royaume-Uni, auxquels s'ajouteront la Chine et la France, ce mémorandum se présente en fait sous la forme de trois accords, conclus respectivement avec l'Ukraine, la Biélorussie et le Kazakhstan.

    L'objet principal de ce Mémorandum est de prévoir la dénucléarisation de ces trois pays qui, après la disparition de l'URSS, en décembre 1991, ont accédé à l'indépendance.

    Or il se trouve que l'Ukraine, la Biélorussie et le Kazakhstan possédaient des armes nucléaires sur leur territoire. Les puissances nucléaires, et notamment les États-Unis, voulaient éviter que d'autres pays accèdent à ce type d'armement.

    Au terme d'une longue période de négociations, ces trois anciennes Républiques soviétiques ont donc accepté de démanteler leurs installations nucléaires offensives et de signer le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, entré en vigueur en 1970.

    Mais ils ne l'ont pas fait sans contreparties. En échange de la renonciation de ces trois pays aux armes nucléaires, les signataires, et donc la Russie, se sont engagés à respecter l'indépendance, la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine, de la Biélorussie et du Kazakhstan.

    En envahissant l'Ukraine, le 24 février 2022, la Russie a donc violé ce Mémorandum de Budapest, dont elle était signataire. Mais le Président ukrainien a aussi accusé les autres signataires de cet accord de ne pas le respecter, en refusant à son pays le soutien militaire que, d'après lui, ce document diplomatique impliquait.

    En fait, le texte de l'accord ne prévoit pas expressément d'intervention militaire des pays signataires en cas d'agression contre l'Ukraine, surtout si le pays agresseur n'utilise pas l'arme atomique contre elle..
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  • Dans l'Antiquité, les mœurs étaient, à certains égards, plus libres qu'elles ne le sont aujourd'hui. Ainsi, aucun jugement moral n'était porté, du moins en principe, contre un citoyen romain attiré par un autre homme ou un jeune adolescent.
     
    Cette forme de sexualité était si bien acceptée qu'aucun mot spécifique ne désignait ce que nous appelons aujourd'hui l'"hétérosexualité" et l'"homosexualité".
     
    Aussi l'aventure homosexuelle prêtée à Jules César, notamment par Suétone, ne suscita-t-elle que les railleries de ses soldats. Mais, dans ces plaisanteries de caserne, ils prenaient tout aussi bien pour cibles les exploits amoureux plus "classiques" de leurs chefs.
     
    Et on sait qu'à cet égard aussi, l'amant de Cléopâtre, et, d'après la rumeur, de bien d'autres femmes, avait une réputation bien établie.
     
    Si l'on en croit ce qu'écrit Suétone, dans sa "Vie des douze Césars", Jules César aurait donc eu, dans sa jeunesse, une liaison masculine. Apparemment, on ne lui en connaît pas d'autres. À supposer même que l'aventure attribuée au futur dictateur soit avérée.
     
    Cette relation homosexuelle, César l'aurait eu avec Nicomède IV, Roi de Bithynie, une région du nord de l'Anatolie, dans la Turquie actuelle. Vers 80 avant J.-C., le jeune homme, au début de sa carrière, y est envoyé par Rome, qui exerce une sorte de tutelle sur le royaume.
     
    Il doit notamment lever une flotte, au bénéfice de l'Empire. Une fois sur place, les relations entre le souverain et le jeune ambassadeur seraient devenues intimes. Aux dires de Cicéron, Nicomède aurait fait conduire César dans sa chambre et l'aurait fait coucher sur son lit.
     
    Pour les méchantes langues, il serait même devenu le "prostitué" du Roi. Pourtant, Suétone lui-même reconnaît que rien, dans la vie de César, n'autorise à penser qu'il eut une seule autre liaison du même genre.
     
    Ce qui n'empêchera pas les ragots d'aller bon train. Ainsi, rapporte Suétone, on disait que César était "le mari de toutes les femmes et la femme de tous les maris", une claire allusion à sa prétendue bisexualité.
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  • Célébrés tous les quatre ans, depuis la renaissance de cette manifestation, en 1896, les jeux olympiques ont leurs traditions. L'allumage et le parcours de la flamme olympique sont l'une des plus connues.
     
    En effet, la flamme est embrasée à Athènes, le berceau antique des Jeux, et des athlètes se relaient ensuite pour l'acheminer jusqu'au lieu de la compétition. On entend souvent dire que cette cérémonie s'inspire des usages de l'Antiquité.
     
    Et il est vrai que, dans la Grèce antique, un feu sacré était allumé en permanence dans les grands sanctuaires, et notamment celui d'Olympie. Par ailleurs, les costumes portés lors de la cérémonie d'allumage de la flamme olympique s'inspirent des tenues portées, en cette occasion, par les anciens Grecs.
     
    L'esprit de l'Antiquité grecque est donc bien présent dans les Jeux modernes.

    Le cérémonial de la torche olympique, en revanche, ne doit rien à l'Antiquité. On en doit l'idée à Carl Diem, un dignitaire nazi chargé d'organiser les Jeux de Berlin, en 1936.
     
    Il s'était d'abord joint à Goebbels pour convaincre Hitler d'accepter la tenue en Allemagne d'une manifestation où le dictateur nazi voyait la main des juifs et des francs-maçons.
     
    Les deux hommes surent trouver les arguments susceptibles de persuader le Führer. Faire allumer la flamme à Olympie, puis, de là, la faire venir en Allemagne, c'était rattacher le IIIe Reich à la Grèce, berceau de la civilisation occidentale. Et c'était aussi en souligner l'ascendance aryenne.
     
    Par ailleurs, le parcours même de la flamme pouvait être assimilé au mouvement historique qui partait de la Grèce, puis des Empires romain et germanique, pour culminer dans le "Reich de mille ans" annoncé par Hitler.
     
    La torche s'inspirait d'une autre flamme qui avait flambé, celle-là, durant les Jeux olympiques de 1928, qui s'étaient tenus à Amsterdam. La fabrication de la torche fut confiée à la firme Krupp, mieux connue pour ses armes.
     
    Et c'est d'ailleurs un canon qui fut allumé avec le premier exemplaire de la torche. Un fâcheux symbole pour des olympiades censées représenter la paix entre les peuples.
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  • Les écoles dites "démocratiques" sont fondées sur la liberté de choix de son enseignement par l'enfant et sur des valeurs d'égalité, notamment entre l'enseignant et l'élève.
     
    De telles théories, associées parfois à des expériences concrètes, ne sont pas nouvelles. À la fin du XVIIe siècle, le philosophe anglais John Locke conseillait déjà de ne rien imposer à l'enfant.
     
    Un siècle plus tard, l'"Émile" de Rousseau devait choisir, de lui-même, ce qu'il lui paraissait utile d'apprendre. De leur côté, les enfants fréquentant l'école fondée par Tolstoï sur son domaine étaient libres de venir ou de rester chez eux.
     
    Quant à la gestion de la célèbre école de Summerhill, fondée en 1921 en Angleterre, elle était fondée sur de véritables principes démocratiques. Citons encore l'exemple de la "Sudbury Valley School", fondée en 1968, aux États-Unis, où l'on ne proposait aux élèves aucun programme d'enseignement préconçu.
     
    L'un des principes directeurs de cet enseignement démocratique est de laisser l'enfant libre de ses choix éducatifs. C'est lui qui décide de ses activités, sans qu'aucun cours, ni aucun programme, lui soient imposés. Il choisit, parmi les activités prévues, celles qui lui plaisent, et peut même en proposer d'autres.
     
    Ainsi, les élèves de ces écoles peuvent concevoir et mener à bien, du début à la fin, de véritables projets éducatifs. Il s'agit donc de faire confiance en la curiosité naturelle de l'enfant.
     
    Même si rien n'est imposé, les élèves ne sont pas laissés à eux-mêmes. Ils sont encadrés par des adultes qualifiés, qui les aident à donner vie à leurs idées. Pour leur permettre d'éclore, et de se matérialiser, des ressources pédagogiques variées sont mises à la disposition des enfants.
     
    Un autre principe de ces écoles démocratiques, nous l'avons vu, c'est l'égale importance, dans le choix des activités ou la gestion de l'établissement, entre l'adulte et l'enfant.
     
    Le dialogue et la médiation jouent également un grand rôle dans la résolution des conflits. De tels principes démocratiques n'excluent pas la présence de règles, mais celles-ci, la plupart du temps, ne prévoient pas de punitions.
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  • Quand on prétend que "tous les chemins mènent à Rome", on veut généralement dire par là qu'il existe plusieurs moyens pour parvenir à ses fins.
     
    Ce dicton se réfère à la centralité de la ville de Rome, et d'abord dans l'Antiquité où, elle était, comme on sait, la capitale de l'immense Empire romain. C'est d'ailleurs du cœur de cet immense ensemble que partaient les voies qui irriguaient tout l'Empire.
     
    Puis Rome est devenue une autre capitale, celle de tous les chrétiens. Et c'est là que, pour prier devant le tombeau de saint Pierre et se faire bénir par son successeur, le Pape, des pèlerins de toute la chrétienté prenaient "tous les chemins qui mènent à Rome".

    Quand votre interlocuteur "met les points sur les i", c'est qu'il tient à vous dire les choses franchement. Il veut clarifier la situation, de sorte qu'il n'y ait plus aucune confusion possible.
     
    Mais, là encore, d'où vient cette expression ? Pour le savoir, il faut remonter au Moyen-Âge. À cette époque, des moines étaient chargés de copier les manuscrits. Avant l'invention de l'imprimerie, c'était la seule manière de mettre ces écrits à la disposition de ceux, encore peu nombreux, qui pouvaient les lire.
     
    À cette fin, les copistes utilisaient une écriture spécifique, appelée "gothique". C'était une écriture dense, faite de caractères serrés. Elle n'avait pas été choisie pour son aspect esthétique, mais pour son caractère pratique.
     
    Avec ses caractères ramassés et ses abréviations, elle permettait d'écrire vite. Mais elle n'était pas toujours lisible. En effet, certaines lettres, comme le "i", étaient difficiles à déchiffrer.
     
    À cette époque, en effet, il n'était pas surmonté d'un point et s'écrivait comme un simple trait vertical. On pouvait donc facilement confondre un "i" avec un "l". Et quand deux "i" se côtoyaient, ce qui arrivait, ils pouvaient prendre l'apparence d'un "u".
     
    C'est pour éviter de telles confusions que les copistes décident finalement de surmonter le "i", et aussi le "j", tant qu'ils y étaient, d'un point. Ils venaient de "mettre les points sur les i".
     
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  • On le voit avec les conflits récents, l'imagination des militaires ne connaît pas de bornes quand il s'agit de concevoir de nouvelles armes ou techniques visant à détruire l'adversaire ou entraver sa progression.
     
    C'est le cas de ce qu'on appelle l'ensemencement des nuages. Il est vrai que son inventeur, l'Américain Vincent Schaefer, ne pensait sans doute pas que son procédé de pluie artificielle puisse être exploité à des fins militaires.
     
    Il l'a découvert par hasard, en 1946, en constatant qu'un glaçon, tombé dans l'atmosphère d'une chambre froide, transformait son haleine en un nuage chargé de gouttes d'eau. En déversant sur un nuage certaines substances, comme de fines particules de glace, on devait pouvoir activer la condensation des gouttelettes en de véritables gouttes de pluie, prêtes à tomber sur le sol.
     
    L'armée ne tarde pas à s'emparer de cette technique. Entre 1947 et 1952, plus de 250 vols expérimentaux sont entrepris, au cours desquels on verse sur les nuages de la glace pilée et de la mousse carbonique.
     
    Mais c'est l'iodure d'argent qui est le plus efficace. Certains scientifiques sont alors convaincus qu'il est possible de faire pleuvoir à volonté. D'autres pensent qu'il est inutile de provoquer des pluies qui auraient fini par tomber.
     
    Et c'est bien comme une arme que cet ensemencement des nuages est utilisé durant la guerre du Vietnam. En effet, pendant cinq ans, de 1967 à 1972, des avions larguent des tonnes d'iodure d'argent au-dessus des nuages qui surplombent la piste Hô Chi Minh.
     
    C'est par cet itinéraire que le Vietnam du Nord ravitaille, en armes et en vivres, les combattants du Sud. Cette opération "Popeye", dont le but est de prolonger la saison des pluies, est conduite dans le plus grand secret.
     
    Et pourtant, plus de 2.300 missions sont menées à bien. Mais ces pratiques finissent par être connues, provoquant un scandale aux États-Unis. C'est pour éviter, à l'avenir, de telles manipulations, que, en 1974, une convention internationale interdisant les modifications du climat à des fins militaires est adoptée.
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  • D'après les chiffres de l'Organisation mondiale de la santé, le plus gros consommateur mondial d'alcool est la Moldavie. On consommerait en effet, dans ce petit pays européen, coincé entre l'Ukraine et la Roumanie, un peu plus de 18 litres d'alcool par personne et par an.

    Soit trois fois plus que la moyenne mondiale, qui s'établit à un peu plus de 6 litres par personne et par an. Il est vrai que le rapport des Moldaves au vin remonte à la plus haute Antiquité.

    Les premières vignes auraient été plantées près de 3.000 ans avant notre ère. Les Grecs et les Romains appréciaient beaucoup le vin moldave. Après des siècles de domination ottomane, où l'alcool est prohibé, la Moldavie, qui fait partie de l'Empire des tsars depuis 1812, fournit en vin la Russie, puis l'URSS.

    Aujourd'hui, le vin moldave, qui fournit 20% du PIB et représente environ un tiers des exportations, est surtout vendu à l'étranger.

    Une telle consommation d'alcool ne peut qu'avoir de graves conséquences sur la santé des Moldaves. D'autant que, comme la quasi-totalité du vin est exportée, ils boivent surtout une eau-de-vie locale, fabriquée par les très nombreux bouilleurs de cru.

    Il s'agit d'un alcool très fort et d'une qualité parfois douteuse. Ainsi, en Moldavie une personne sur 1.000 meurt d'une cirrhose du foie, soit 6 fois plus qu'en France. Et les accidents de la route liés à une consommation excessive d'alcool sont aussi très nombreux.

    De ce fait, on estime que, dans le pays, un homme sur 5 mourrait à cause de l'alcool. En effet, les hommes boivent plus que les femmes; ce qui explique que leur espérance de vie moyenne est de 66 ans, contre 75 ans pour leurs compagnes.

    Dans les années 1980, les autorités soviétiques avaient tenté de prohiber l'alcool. Les seuls résultats avaient été une baisse des revenus de l'État et une plus grande circulation de l'alcool artisanal.

    Depuis une dizaine d'années, les autorités moldaves essaient de faire baisser cette consommation d'alcool, par l'instauration de taxes mais aussi par une campagne d'information et de prévention.
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  • Les Français d'un certain âge se souviennent encore de cette liste de sept mots se terminant par "ou". En effet, ils ont appris par cœur, à l'école primaire, que les mots bijou, caillou, chou, genou, hibou, joujou et pou prenaient un "x" et non un "s" au pluriel.

    Une fois de plus dans la langue française, une règle avait des exceptions. Dont seul le recours à la mémoire permettait de se souvenir. Malgré tout, peut-on expliquer la terminaison en "x" de ces mots ?

    Pour cela, il faut remonter au Moyen-Âge, époque pendant laquelle s'est poursuivie l'élaboration de notre langue, notamment à l'écrit. Dans ce domaine, l'usage était souvent fixé, de manière involontaire, par les moines chargés de recopier les manuscrits.

    Pour comprendre ce qui s'est passé avec nos sept mots en "ou", et le rôle des moines copistes dans cette histoire, il faut rappeler un usage de la langue de l'époque. En effet, on n'écrivait pas des "chevals", au pluriel, mais des "chevaus".

    De fait, la consonne "l", placée devant le "s" du pluriel, devenait un "u". On écrivait aussi un "genouil", au singulier, et des "genous", au pluriel, ou encore un "chevel", au singulier, et des "cheveus", au pluriel.

    Les moines avaient beaucoup de travail. On imagine en effet le temps nécessaire à la copie d'un manuscrit. Aussi avaient-ils l'habitude, pour aller plus vite, d'utiliser des abréviations.

    Celle qu'ils employaient pour le groupe "us" ressemblait beaucoup au "x". Aussi, les copistes finirent-ils par écrire, au pluriel, "genox", "hibox" ou encore "chox". Mais, pour prendre l'exemple du premier de ces mots, on le prononçait toujours comme s'il avait été écrit "genoux".

    Par ailleurs, on oublia rapidement que le "x" était une abréviation, mise pour "us". On finit donc par rétablir le "u". Désormais, on n'écrivit donc plus "genous" mais "genoux".

    Par contre, les spécialistes eux-mêmes ne savent pas vraiment pourquoi l'usage limita cette marque du pluriel, qui dérogeait à la règle, à seulement sept mots.
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  • Née, depuis les débuts du XXe siècle, des travaux de plusieurs urbanistes, le concept de "ville du quart d'heure" est le plus souvent attribué à l'universitaire franco-colombien Carlos Moreno.

    Il désigne une ville dans laquelle tous les services seraient accessibles en 15 minutes, depuis son domicile, à pied ou à vélo. Ainsi, un citadin doit pouvoir, dans ce laps de temps, accéder à son lieu de travail, un supermarché, une école, un lieu de soin et de distraction.

    Ce qui modifierait complètement la disposition urbaine. Un centre-ville unique, rassemblant tous ces services, ou des quartiers spécialisés dans certains d'entre eux, seraient remplacés par des zones, bien réparties sur le territoires urbain, où toutes ces fonctions coexisteraient.

    D'après ses défenseurs, cette nouvelle conception de la ville aurait bien des vertus. Elle contribuerait à limiter les déplacements pendulaires, ce qui permettrait de fluidifier la circulation et de désengorger les transports en commun.

    Elle conduirait aussi à une autre conception du travail, déjà expérimentée à l'occasion de la pandémie de Covid. Elle repose sur la constatation suivante : il est plus logique de travailler chez soi, ou près de chez soi, quand c'est possible, que de traverser la ville pour s'asseoir devant un ordinateur.

    Cette redistribution des services, dans l'ensemble de la ville, pourrait aussi s'appuyer sur une meilleure utilisation de bâtiments qui, souvent, sont loin d'être utilisés à 100 %.

    Certains locaux pourraient ainsi être employés à d'autres fins. Les écoles, par exemple, pourraient accueillir des activités culturelles pendant le week-end.

    D'ores et déjà, ce concept de "ville du quart d'heure" a séduit bien des édiles. C'est le cas de la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui a commencé à l'appliquer, au sortir de la récente crise sanitaire.

    D'autres villes, à travers le monde, comme Dublin, Milan, Singapour ou encore Ottawa, ont pris des mesures destinées à rapprocher les principaux services des habitants.

    Certains pensent cependant que l'éclatement de la ville en quartiers polyvalents pourraient accroître les disparités urbaines et provoquer une sorte d'"esprit de clocher" à l'échelle de chacune de ces zones.
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  • Œuvre du sculpteur français Auguste Bartholdi, à laquelle participa Gustave Eiffel, la célèbre statue de la Liberté fut offerte aux États-Unis par la France et inaugurée en octobre 1886. Depuis, elle est devenue l'un des emblèmes du pays.

    L'observateur attentif pourra déceler, sur ce monument, un certain nombre de symboles, dont on ne connaît pas toujours la signification. Ainsi, les pointes constituant la couronne de la statue représenteraient, selon les versions, les 7 continents ou les 7 océans du globe.

    Par ailleurs, la date inscrite, en chiffres romains, sur la tablette tenue par la statue est celle de la déclaration d'indépendance des États-Unis, le 4 juillet 1776. Les chaînes brisées, au pied de la statue, symbolisent l'abolition de l'esclavage.

    De leur côté, les 25 fenêtres du monument seraient en relation avec les 25 pierres gemmes présentes sur terre. La torche tenue par la statue, avec sa flamme, se réfère, d'après certaines versions, au siècle des Lumières.

    C'est d'ailleurs vers l'Europe, où ce mouvement s'est développé, qu'est tourné le regard de la statue.

    Mais, avec la statue de la Liberté, le visiteur n'est pas au bout de ses surprises. En contemplant son visage, il ne sait sans doute pas que Bartholdi, pour le sculpter, s'est inspiré de celui de sa propre mère.

    Il serait aussi surpris d'apprendre que la couleur de la statue a changé avec le temps. Au départ, en effet, elle était plutôt rouge, cette teinte se transformant, au fil des années, en un vert bleuté.

    On le sait, la statue est un cadeau de la France. Mais elle est d'abord présentée en entier à l'ambassadeur des États-Unis, avant d'être démontée, puis chargée dans des caisses à destination du Nouveau monde, où elle sera remontée.

    Au départ, et jusqu'en 1906, la statue de la Liberté a aussi servi de phare. Cependant, elle n'éclairait pas assez les bateaux pour que l'expérience soit poursuivie.

    Dernière anecdote enfin : jusqu'à ce qu'une explosion, en 1916, n'endommage une partie de la statue, la torche était également accessible aux visiteurs.
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  • Certains livres sont plus précieux que d'autres. Mais les "incunables" sont sans doute ceux auxquels les bibliophiles attachent le plus de prix. Ce terme désigne des livres imprimés entre l'invention de l'imprimerie, vers 1450, et la fin du XVe siècle.

    Pour mériter cette appellation, un livre doit donc avoir été publié avant le 1er janvier 1501. La date retenue comporte une part d'arbitraire, les ouvrages imprimés en 1501, par exemple, ne différant en rien de ceux publiés l'année précédente.

    Le mot "incunable" est tiré d'un mot latin signifiant "berceau". Il se réfère donc aux débuts de l'imprimerie. Les spécialistes, aujourd'hui, pensent que le terme a été utilisé, pour la première fois, par le philologue hollandais Hadrianus Junius, dans un ouvrage écrit en 1569.

    Il y aurait aujourd'hui entre 30.000 et 32.000 incunables. Parmi eux, on compte environ 35 % d'éditions italiennes, les incunables germaniques représentant 34 % du total et les exemplaires français 18 %.

    Ces livres ont une très grande valeur. C'est ainsi que les bibles imprimées par Gutenberg lui-même, en 1455 et 1456, valent plusieurs millions d'euros.

    Les incunables sont souvent des livres religieux, des bibles en premier lieu, ou des versions de manuscrits du Moyen-Âge portant sur la religion. Il peut s'agir aussi de psautiers, comme le "Psalmorum Codex", publié en 1457, qui est le premier ouvrage imprimé en couleurs.

    Il doit aussi sa renommée à la régularité de son impression et au dessin délicat de ses lettrines ornées. Mais on imprime aussi des livres profanes, comme "La chronique de Nuremberg", en 1493.

    Autre incunable, un exemplaire de "La légende dorée", de Jacques de Voragine. Sorti de l'imprimerie de Lyon, en 1476, il est considéré comme l'un des premiers livres imprimés français.

    Ces premiers livres imprimés paraissent sans la page de titre, où figurent notamment le nom de l'auteur et le titre de l'ouvrage. Les imprimeurs la feront figurer peu à peu, comme la pagination. Ces incunables sont imprimés en caractères gothiques, puis romains, et comprennent de superbes illustrations.
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