Episódios

  • Cathy Jacobs vit en Australie, et sa passion, c’est la peinture. Dès qu’elle a un moment de libre, elle prépare son matériel et se met au travail.
    Elle s'installe confortablement sur un tabouret, dispose sa toile sur son chevalet, puis prépare ses pinceaux et sa palette de peinture.
    Elle aime les arbres, les fleurs et les oiseaux, donc elle regarde son jardin par la fenêtre, pour trouver l'inspiration. De temps en temps, lorsque le temps est agréable, elle peint dehors : le chant des oiseaux et l'odeur des fleurs créent une ambiance de travail très agréable.
    Sur sa palette, les couleurs sont vives. Elle les mélange pour obtenir de nouvelles couleurs, des teintes différentes, des tons plus subtils.
    Petit à petit, les traits de couleur prennent vie sur la toile, le vert des feuilles frémit, le bleu du ciel s’éclaircit, le jaune des plumes d’oiseaux prend des reflets dorés.
    En vérité, je ne connais pas Cathy. J'ai vu ses peintures, mais je ne connais pas sa technique. Cette histoire est le pur fruit de mon imagination ! Tout ce que je sais, c’est que quand elle peint, elle écoute parfois mes histoires en français. Quel honneur pour moi !

  • J’ai eu la chance incroyable, quand j’étais petit, d’habiter entre la mer et la montagne. La montagne était formidable, parce que depuis son sommet, la vue était splendide. Mais j’aimais aussi beaucoup la mer, parce que le monde subaquatique est un univers fantastique que j’ai passé beaucoup de temps à explorer. J’avais un masque et un tuba que j’emportais toujours avec moi quand j’allais à la mer. Pouvoir nager tout en admirant les fonds sous-marins était un de mes plus grands plaisirs. Je suivais les poissons bariolés qui se cachaient entre les branches de corail, j’examinais les coquillages qui se déplaçaient lentement sur le sable, et j’observais avec beaucoup d’intérêt les innombrables petites créatures de mille formes différentes qui vivent dans le récif.

    Des années plus tard j’ai commencé à apprendre l’anglais au collège. Un jour, mon professeur d’anglais, une très gentille dame, m’a demandé : « do you like snorkeling ?» Je n’avais jamais entendu ce mot, alors j’ai simplement répondu « not at all, madam ». Quand elle m’a expliqué que le snorkeling, c’est nager avec un masque et un tuba, je me suis frappé le front et je lui ai dit tout mon amour du snorkeling !

  • Estão a faltar episódios?

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  • L’année dernière, je vous avais raconté que chaque épisode de ce podcast était comme une bouteille à la mer. Je ne savais pas à qui je parlais, je ne savais pas qui m’écoutait. J’étais seul, comme un naufragé sur une ile déserte.

    Durant ces derniers mois, des bouteilles se sont échouées sur ma plage. Vous m’avez écrit, vous m’avez posé des questions, vous m’avez encouragé, vous m’avez remercié… et je vous en suis reconnaissant. Quand je me lève le matin, et que je lis un de ces messages, je souris et je suis de bonne humeur pour le reste de la journée. Ou au moins pour quelques minutes.

    J’ai maintenant une belle collection de bouteilles, qui sont arrivées des quatre coins du monde. Il est grand temps que j’arrête d’être paresseux et que je me remette au travail.

    Du fond du cœur, je vous dis merci, et je vous promets de vous répondre. Gardez un œil sur votre boite aux lettres !

  • Les lumières s’éteignent. Les rangées de fauteuils rouges disparaissent dans la pénombre. À quelques mètres de moi, un cercle de lumière illumine soudain la scène. Un jeune homme s’avance, il marche en équilibre sur un gros ballon qu’il fait rouler sous ses pieds. A quelques pas de lui, quelqu’un fait semblant de réparer un avion. L’avion, évidemment, n’est pas un véritable avion. C’est une grande maquette. Cette maquette, elle fait partie du décor du spectacle. Ce spectacle, c’est une adaptation du Petit Prince, d’Antoine de Saint-Exupéry.

    C’est une histoire que j’ai lue plusieurs fois quand j’étais petit, et que j’aime beaucoup. C’est une histoire qui parle de voyages, de découvertes, de l’innocence de l’enfance et du fossé qui la sépare parfois du monde sérieux des adultes.  C’est aussi une histoire qui parle d’amitié et d’amour de manière très poétique. Alors quand j’ai entendu parler de ce spectacle, j’ai vite réservé un billet. Les comédiens de la troupe sont très talentueux. Les acrobates racontent les aventures du petit prince en dansant, au milieu d’un ballet de lumières multicolores. Je trouve que c’est une excellente idée, de mélanger les arts du cirque à une belle histoire, pour construire un spectacle de qualité ! 

  • Les bébés sont très mignons. Tous les bébés. Je crois que c'est un fait universel. Un bébé moche, ça n'existe pas. Les bébés ont un visage rond, de grands yeux, un petit nez, des oreilles charmantes, des joues rebondies. J'ai lu quelque part que si les bébés sont si adorables, c'est pour qu'on s'occupe bien d'eux.

    J'ai un neveu qui est tout petit, il apprend à marcher et il ne parle pas encore. Pourtant, il communique très bien ! Un jour, il était assis dans l'herbe avec un autre bébé de son âge. Il a regardé son nouvel ami, il s'est approché de lui en rampant, et il a passé ses bras autour de lui pour lui faire un gros câlin. Le nourrisson a été très surpris, il ne devait pas être habitué à recevoir des câlins d'autres bébés. Et moi, j'étais très fier de mon neveu qui n'avait pas peur de montrer son affection ! J'espère que mes bébés seront aussi mignons !

  • Estragon : Qu'est-ce que tu as ?
    Vladimir : Je n'ai rien.
    Estragon : Moi je m'en vais.
    Vladimir : Moi aussi.
    Silence.
    Estragon : Il y avait longtemps que je dormais ?
    Vladimir : Je ne sais pas.
    Silence.
    Estragon : Où irons-nous ?
    Vladimir : Pas loin.
    Estragon : Si si, allons-nous-en loin d'ici !
    Vladimir : On ne peut pas.
    Estragon : Pourquoi ?
    Vladimir : Il faut revenir demain.
    Estragon : Pour quoi faire ?
    Vladimir : Attendre Godot.
    Estragon : C'est vrai. (Un temps.) Il n'est pas venu ?
    Vladimir : Non.
    Estragon : Et maintenant il est trop tard.
    Vladimir : Oui, c'est la nuit.
    Estragon : Et si on le laissait tomber ? (Un temps.) Si on le laissait tomber ?
    Vladimir : Il nous punirait. (Silence. Il regarde l'arbre.) Seul l'arbre vit.
    Estragon : (regardant l'arbre): Qu'est-ce que c'est ?
    Vladimir : C'est l'arbre.
    Estragon : Non, mais quel genre?
    Vladimir : Je ne sais pas. Un saule.
    Estragon : Viens voir. (Il entraîne Vladimir vers l'arbre. Ils s'immobilisent devant. Silence.) Et si on se pendait ?
    Vladimir : Avec quoi ?
    Estragon : Tu n'as pas un bout de corde ?
    Vladimir : Non.
    Estragon : Alors on ne peut pas.
    Vladimir : Allons-nous-en.
    Estragon : Attends, il y a ma ceinture.
    Vladimir : C'est trop court.
    Estragon : Tu tireras sur mes jambes.
    Vladimir : Et qui tirera sur les miennes ?
    Estragon : C'est vrai.
    Vladimir : Fais voir quand même. (Estragon dénoue la corde qui maintient son pantalon. Celui-ci, beaucoup trop large, lui tombe autour des chevilles. Ils regardent la corde.) À la rigueur ça pourrait aller. Mais est-elle solide ?
    Estragon : On va voir. Tiens.
    Ils prennent chacun un bout de la corde et tirent. La corde se casse. Ils manquent de tomber.
    Vladimir : Elle ne vaut rien.
    Silence.
    Estragon : Tu dis qu'il faut revenir demain ?
    Vladimir : Qui.
    Estragon : Alors on apportera une bonne corde.
    Vladimir : C'est ça.
    Silence.
    Estragon : Midi.
    Vladimir : Oui.
    Estragon : Je ne peux plus continuer comme ça.
    Vladimir : On dit ça.
    Estragon : Si on se quittait ? Ça irait peut-être mieux.
    Vladimir : On se pendra demain. (Un temps) À moins que Godot ne vienne.
    Estragon : Et s'il vient.
    Vladimir : Nous serons sauvés.
    Vladimir enlève son chapeau - celui de Lucky - regarde dedans, y passe la main, le secoue, le remet.
    Estragon : Alors on y va ?
    Vladimir :Relève ton pantalon.
    Estragon :Comment ?
    Vladimir :- Relève ton pantalon.
    Estragon : Que j'enlève mon pantalon
    Vladimir : Relève ton pantalon.
    Estragon : C'est vrai.
    Il relève son pantalon. Silence.
    Vladimir : Alors on y va ?
    Estragon : Allons-y.
    Ils ne bougent pas.

    En attendant Godot, by Samuel Beckett

  • Quand j’étais au collège, je n’avais pas de téléphone portable. Un jour, ma sœur m’a prêté le sien pour que je puisse l’appeler après les cours. Je ne m’en étais jamais servi.

    Nous étions en plein cours de philosophie quand soudain, une sonnerie ridicule sortit de ma poche. Je suis devenu tout rouge, je ne savais pas comment baisser le volume, ou comment simplement arrêter la sonnerie. Si mon cerveau avait fonctionné normalement, j’aurais simplement raccroché, ou éteint le téléphone. Mais j’étais tellement gêné que je n’ai même pas pensé à ça. J’ai essayé d’étouffer la sonnerie en cachant le téléphone tout au fond de mon sac. Puis le bruit s’est arrêté. Mais une minute plus tard, ça a recommencé. Alors, il n’y avait plus qu’une chose à faire. Se débarrasser de ce maudit téléphone. Je suis sorti de la classe en courant, et j’ai enterré le téléphone sous un tas de feuilles dans un pot de fleurs. Je suis retourné en classe soulagé, sous le regard sévère de ma professeure, et au milieu des rires moqueurs de mes camarades.

    Ce n’est que trois ans plus tard que j’ai surmonté ce traumatisme, et que je me suis décidé à acheter un téléphone portable.

  • Les travestis vont se raser

    Les strip-teaseuses sont rhabillées

    Les traversins sont écrasés

    Les amoureux sont fatigués

    […]

    Le café est dans les tasses

    Les cafés nettoient leurs glaces

    Et sur le boulevard Montparnasse

    La gare n'est plus qu'une carcasse

    […]

    La Tour Eiffel a froid aux pieds

    L'Arc de Triomphe est ranimé

    Et l'Obélisque est bien dressé

    Entre la nuit et la journée

    […]

    Les journaux sont imprimés

    Les ouvriers sont déprimés

    Les gens se lèvent, ils sont brimés

    C'est l'heure où je vais me coucher

    Il est cinq heures

    Paris s'éveille

    Il est cinq heures

    Je n'ai pas sommeil

    Il est cinq heures, Jacques Dutronc, 1968

  • Imaginez un instant que vous ne puissiez plus bouger aucune partie de votre corps, à l’exception de votre paupière… Cligner de l’œil est à peine perceptible, mais c’est aussi un geste qui peut avoir une signification profonde et merveilleuse, si c’est le seul mouvement dont notre corps est capable.
    Aujourd’hui, je vous parle de l’histoire fascinante de Jean-Dominique Bauby, l’histoire vraie d’un homme qui est complètement paralysé à la suite d’une attaque. Son cerveau est intact, et il ne peut bouger que sa paupière gauche, qui devient son seul moyen de communiquer.
    Jean-Do, comme ses amis l’appellent, menait une vie active et normale, jusqu’au jour où, par une surprise du destin, une attaque change sa vie à jamais.
    Après de nombreuses tentatives infructueuses, son orthophoniste Henriette parvient à communiquer avec lui : elle lui dit l’alphabet, et en réponse, il bouge le seul muscle qui fonctionne encore dans son corps. Dès qu’elle dit la lettre qu’il veut utiliser pour former un mot, il cligne de l’œil.
    Passé un temps de frustration, il s’habitue à cette technique et décide d’écrire un livre intitulé Le scaphandre et le papillon, un livre captivant et émouvant qui a été littéralement écrit en clignant de l’œil.
    Jean Dominique Bauby est un homme admirable, et un exemple pour nous tous, qui nous montre que nous sommes capables de grandes choses quelles que soient les circonstances.

  • Il y a des histoires que l’on a vécues, et dont on ne se souvient pas. L’histoire d’aujourd’hui, ce sont mes parents qui me l’ont racontée, parce que j’étais petit à l’époque, et je ne m’en souviens pas.

    J’avais quatre ans, et mes parents avaient décidé de faire une randonnée.

    Nous sommes partis très tôt le matin, au lever du jour. Mon père me portait sur ses épaules, j’étais léger. Après quelques heures, nous sommes arrivés au sommet. La vue à 360 degrés était magnifique : d’un côté de la crête, la mer d’un bleu profond, la baie sinueuse et la marina ; de l’autre, la jungle, les plantations et les arbres fruitiers.

    Après un petit repos et une courte balade le long de la crête, nous nous sommes mis en route pour redescendre vers la maison. Malheureusement, il nous fut impossible de retrouver le chemin. Pendant des heures, nous avons marché à travers une brousse épaisse, sans savoir exactement où nous allions arriver. Finalement, alors que le soleil disparaissait sous l’horizon, nous avons retrouvé la route.

    Lorsque mes parents m’ont raconté cette aventure, j’ai demandé à mon père : « Papa, tu n’étais pas épuisé après m’avoir porté toute la journée ? »

    Il m’a répondu : « Pas du tout, tu as trotté pendant toute la descente de la montagne ! »

  • La scène se déroule il y a très longtemps, à l’aube de l’humanité, dans les temps préhistoriques.

    À l’approche de l’hiver, une tribu nomade traverse forêts et montagnes pour retrouver le climat tempéré de la côte. Les hommes ont couru pour chasser le gibier. Les femmes ont grimpé aux arbres pour cueillir des fruits. Les vieux ont appris aux enfants à reconnaitre les baies et les feuilles comestibles. Le soir, toute la tribu est fatiguée, et se réunit autour d’un feu qui illumine la plaine.

    Un jeune homme est un peu à l’écart du groupe, il se repose en regardant les étoiles qui apparaissent l’une après l’autre dans le ciel. Ses compagnons font un festin avec le cerf qu’ils ont tué. Lui, il n’a pas faim : il a mangé des fleurs qui sentaient bon. Il est allongé, il médite. Il oublie tous les bruits qui l’entourent. Il n’entend plus les grognements et les rires du groupe qui mange avec enthousiasme. Il n’entend plus le chant des cigales, il n’entend plus le souffle du vent dans l’herbe haute. Il n’entend plus rien au dehors. Il sent et il entend son cœur battre dans sa poitrine. Ce rythme lent et doux le calme. Alors, du bout de ses doigts, il saisit un galet, et le tape contre le sol, au même rythme que son cœur. Puis il fait claquer sa langue. Non loin, certains remarquent ces sons qui brisent le silence avec harmonie. Cela les amuse, et ils se mettent à faire des petits bruits à leur tour. Certains tapotent leur ventre avec leurs mains, d’autres secouent des colliers de coquillages, il y en a même qui soufflent dans des os creux. Bientôt, tous ces petits bruits, insignifiants individuellement, forment ensemble une mélodie qui remplit les cœurs d’émotions intenses.

    C’est ainsi que le premier morceau de musique a été composé. Enfin, je dis ça mais je n’étais pas là, donc je ne peux pas en être certain.

  • Voilà presque cinq semaines que je suis silencieux. Pardonnez-moi, j’avais la tête ailleurs.

    C’est une drôle d’expression, avoir la tête ailleurs. C’est ce qu’on dit en français quand on est distrait, quand on pense à autre chose et quand on a du mal à se concentrer.

    Pourtant notre tête ne nous quitte jamais, elle est toujours avec nous, sur nos épaules.

    Mais quand on dit d’une personne qu’elle a la tête sur les épaules, en français, ça veut dire qu’elle est raisonnable, qu’elle a les pensées claires. On peut aussi dire, en anglais comme en français, avoir les pieds sur terre.

    C’est ce qui m’est arrivé ces dernières semaines. Je n’avais plus les pieds sur terre, j’avais la tête ailleurs, dans les nuages.

    La tête dans les nuages, vous comprenez, c’est pareil en anglais.

    Il ne faut pas confondre avec l’expression « Être sur un petit nuage », qui signifie « être tellement heureux qu’on en oublie la réalité »

    Franchement, je ne sais pas si je suis dans les nuages ou au-

  • Es-tu brune ou blonde ?
    Sont-ils noirs ou bleus,
    Tes yeux ?
    Je n'en sais rien, mais j'aime leur clarté profonde,
    Mais j'adore le désordre de tes cheveux.

    Es-tu douce ou dure ?
    Est-il sensible ou moqueur,
    Ton cœur ?
    Je n'en sais rien, mais je rends grâce à la nature
    D'avoir fait de ton cœur mon maître et mon vainqueur.

    Fidèle, infidèle ?
    Qu'est-ce que ça fait.
    Au fait ?
    Puisque, toujours disposé à couronner mon zèle
    Ta beauté sert de gage à mon plus cher souhait.

    Paul Verlaine, Chansons pour elle, 1891

  • Quand je dis à des personnes non-francophones que je suis français, elles me demandent immédiatement : « So you eat snails ? »

    J’aimerais leur dire que c’est mon plat préféré, que j’élève des escargots dans mon jardin et que j’organise régulièrement des dégustations ; malheureusement ce n’est pas la vérité.

    Pour être honnête, je ne me rappelle pas la dernière fois que j’ai mangé des escargots. C’était peut-être quand j’étais petit, dans un restaurant. Je pense que ma mère n’en a jamais cuisinés.

    Attendez, je luis demande.

    « Dis, maman, est ce que tu as déjà cuisiné des escargots ?

    Non mon fils, je n’ai jamais préparé d’escargots »

    Voilà, nous avons la réponse. Maman est une excellente cuisinière, elle peut préparer des centaines de plats, mais les escargots ne font pas partie de son répertoire.

    Malgré notre réputation de mangeurs d’escargots, ce plat n’est pas très répandu en France. Je pense que les restaurants français, dans d’autres pays, aiment préparer ce plat pour piquer la curiosité des clients !

    Une prochaine fois peut-être, nous parlerons des cuisses de grenouilles !

  • - Salut Chinta, ça va ?

    - Bof… je n’ai pas beaucoup dormi.

    - Pourquoi ?

    - J’ai passé la nuit à chercher un appartement. En ce moment, j’habite trop loin de la fac, donc je vais déménager et essayer de trouver quelque chose de plus proche.

    - Oui, je comprends, tu as bien raison. Et alors ? Tu as trouvé ?

    - Pas encore. Je suis assez difficile tu sais. Je cherche un appartement qui soit proche du centre-ville, mais dans un quartier calme. J’ai horreur d’entendre le bruit des voitures quand j’essaye de dormir.

    - C’est vrai que c’est très désagréable.

    - Et puis j’aimerais qu’il soit bien équipé, avec des appareils modernes : une machine à laver, un frigidaire, un congélateur, et un grand four. J’adore faire des gâteaux !

    - Oui, donc tu cherches un appartement meublé.

    - Voilà, bien meublé, bien situé, et pas cher.

    - Ah, tu ne peux pas tout avoir !

    - C’est vrai… Si le loyer est trop cher, tu emménageras avec moi et on partagera les charges !

    - Hahaha on verra ! Je voudrais visiter d’abord…

    - Pas de problème, dès que je trouve l’appartement idéal, je t’appelle et on le visite ensemble !

    - Tope-là !

  • J’ai passé deux semaines dans la montagne, loin des villes et loin des gens. J’étais seul. Pendant deux semaines, le feu a été mon meilleur ami. Le matin, je faisais bouillir de l’eau sur le feu, pour me faire un bon café. Le soir, quand l’air devenait frais et que la nuit tombait, le feu me tenait chaud. Avant de me coucher, je passais de longs moments à regarder le feu, sans penser à rien. Puis je m’endormais, et je faisais de beaux rêves.

    Un jour, le ciel a grondé, et de gros nuages gris se sont formés à l’horizon. J’ai compris que la tempête était imminente, et qu’il allait pleuvoir. Vite, je suis allé ramasser du bois, beaucoup de bois. Des petites brindilles et des grosses bûches. J’ai recouvert le tas de bois avec des fougères pour le protéger de la pluie.

    En sentant les premières gouttelettes, j’ai commencé à construire le feu, avec du petit bois d’abord et des grosses bûches à la fin, au-dessus. Les flammes devenaient de plus en plus grandes malgré la pluie. Je me suis assis à l’abri, et j’ai regardé ce combat formidable entre le feu et la pluie. Le lendemain matin, le feu était éteint. Mais sous une fine couche de cendre, il restait des braises. J’ai rajouté quelques brindilles sèches, et j’ai pu faire chauffer l’eau pour le café. Le feu avait gagné la bataille.

  • Nous sommes en décembre. Dans quelques jours, je pars en vacances ; j’ai vraiment hâte ! J’ai beaucoup travaillé ces derniers temps, et j’ai mérité de prendre des vacances.

    C’est difficile de rester concentré quand on pense aux vacances. Difficile de continuer à travailler normalement quand l’excitation du sentiment de liberté monte petit à petit. Devant moi, sur mon bureau, mon ordinateur est allumé. À côté de mon bureau, il y a une fenêtre. Je devrais regarder mon ordinateur, mais je regarde la fenêtre. En fait, par la fenêtre, je regarde le ciel. Il est bleu, avec quelques nuages blancs, et ça me fait penser à la mer et son écume. Je suis immobile, comme le ciel. J’aimerais me déchainer comme les vagues.

    Encore quelques jours, encore quelques heures. Et puis je sortirai du bureau, et je conduirai jusqu’à la côte, et je me jetterai dans l’océan. L’eau sera froide, mais le soleil me réchauffera. Alors, je serai heureux.

  • Les sciences sont un outil formidable pour observer et comprendre le monde qui nous entoure. Intéressons-nous à quelques-unes des sciences que l’on étudie à l’école, en France.

    La géologie est l’étude de la Terre, de la structure du sol, de la formation du relief. Avec la biologie, nous comprenons le fonctionnement des organismes vivants. La chimie concerne les propriétés de la matière, et l’étude des réactions entre ses éléments. La physique énonce les lois de la nature. En grec ancien, « phusis » est la nature.

    Les mathématiques sont la science des nombres. Or Pythagore a déclaré que tout est nombre. Donc les mathématiques sont la mère de toutes les sciences.

    J’espère que vous apprécierez ce syllogisme.

    Maintenant, prenons une pomme par exemple : la géologie nous permet de comprendre le sol sur lequel le pommier a poussé, la biologie nous enseigne comment une graine de pomme a donné un pommier, la chimie peut expliquer la couleur et le goût de la pomme, enfin la physique décrit la chute de la pomme grâce à la loi de la gravitation ; toutes ces sciences s’appuient sur les mathématiques.

    Au final, la science explique les phénomènes qui ont conduit à la chute de la pomme sur la tête de Newton.

    Mais pourquoi y a-t-il des pommiers, et des pommes ? À cette question, la science n’a pas de réponse. C’est le grand mystère de l’univers…

  • L’Invitation au Voyage

    Mon enfant, ma sœur,

    Songe à la douceur

    D’aller là-bas vivre ensemble !

    Aimer à loisir,

    Aimer et mourir

    Au pays qui te ressemble !

    Les soleils mouillés

    De ces ciels brouillés

    Pour mon esprit ont les charmes

    Si mystérieux

    De tes traîtres yeux,

    Brillant à travers leurs larmes.

    Là, tout n’est qu’ordre et beauté,

    Luxe, calme et volupté.

    Des meubles luisants,

    Polis par les ans,

    Décoreraient notre chambre ;

    Les plus rares fleurs

    Mêlant leurs odeurs

    Aux vagues senteurs de l’ambre,

    Les riches plafonds,

    Les miroirs profonds,

    La splendeur orientale,

    Tout y parlerait

    À l’âme en secret

    Sa douce langue natale.

    Là, tout n’est qu’ordre et beauté,

    Luxe, calme et volupté.

    Vois sur ces canaux

    Dormir ces vaisseaux

    Dont l’humeur est vagabonde ;

    C’est pour assouvir

    Ton moindre désir

    Qu’ils viennent du bout du monde.

    – Les soleils couchants

    Revêtent les champs,

    Les canaux, la ville entière,

    D’hyacinthe et d’or ;

    Le monde s’endort

    Dans une chaude lumière.

    Là, tout n’est qu’ordre et beauté,

    Luxe, calme et volupté.

    Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal (1857)

  • Rêvé pour l’hiver

    L’hiver, nous irons dans un petit wagon rose
    Avec des coussins bleus.
    Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose
    Dans chaque coin moelleux.

    Tu fermeras l’œil, pour ne point voir, par la glace,
    Grimacer les ombres des soirs,
    Ces monstruosités hargneuses, populace
    De démons noirs et de loups noirs.

    Puis tu te sentiras la joue égratignée…
    Un petit baiser, comme une folle araignée,
    Te courra par le cou…

    Et tu me diras :  » Cherche !  » en inclinant la tête,
    – Et nous prendrons du temps à trouver cette bête
    – Qui voyage beaucoup…

    Arthur Rimbaud

    le 7 octobre 1870