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  • « Université Populaire des Futurs Africains »
    Episode 4/4 - "Les espaces de présent utopique"

    Hors-série polyphonique en 4 épisodes, avec les voix et les idées de Nadia Yala Kisukidi, Felwine Sarr, Oulimata Gueye et Alioune Sall.
    Ecrit et réalisé par Marie-Yemta Moussanang.

    Dans les épisodes précédents, la question du couple « Afrique x futur » a été travaillée depuis sa genèse, jusqu’à déployer toutes les interrogations contenues dans son noyau : la dimension politique, la question du temps, l’enjeu de la durabilité...Marie- Yemta Moussanang a suivi le fil de ces métamorphoses successives, pour conduire la narration dans un lieu, un « topos » pluridimentionnel, pluridisciplinaire et polyphonique.

    Comment fait-on collectivement pour performer le réel que l’on souhaite voir advenir ? Comment agit-on à partir des lieux que nous habitons, qu’il s’agisse d’un champ intellectuel, artistique ou d’un champs de mil ? Où se fabrique l’élan et le désir d’habiter pleinement nos vies ? Parce qu’aujourd’hui, l’enjeu c’est de poser de nouveaux repères, de nouvelles lignes directionnelles.

    Alioune Sall évoque les trajectoires possibles, et l’éthique du futur qui consiste à fabriquer une nouvelle manière de mettre le monde en économie. Il est aussi question de transformer radicalement nos imaginaires du développement.

    Felwine Sarr présente l’économie populaire, l’économie relationnelle encore dominante dans les sociétés africaines contemporaines, comme véritable voie de sortie - par le haut - de l’impasse libérale. Il propose de re-sémantiser, nommer autrement le réel que nous ne parvenons pas à regarder tel qu’il est : à savoir un territoire de résistance et d’indépendance et d’autonomie. Mais la vie ne se réduit pas à l’économie, et les espaces dans lesquels on appréhende la vie dans ses dimensions les plus riches sont ailleurs.

    Dans la note d’intention de la biennale de Kinshasa Yango II, Yala Kisukidi rappelle que « le présent est bâtisseur, il lie l’esprit à la terre ». C’est à partir du sol sur lequel nous nous tenons ensemble que l’on peut déployer des formes de vie plus riches et denses.

    Oulimata Gueye ouvre la voie de la pensée critique et de la création artistique. Ces brèches, qui une fois ouvertes, nous donnent la possibilité de respirer et d’habiter pleinement le présent.

    Bonne écoute !

    Musique : extrait du titre « LAMP » de Guiss Guiss Bou Bess, album Set Sela (2019). Auteur : Mara Seck, compositeur Stéphane Costantini.
    https://www.youtube.com/watch?v=rAT7YGhm9x8

    Design Graphique : Clara Brandt
    Mixage : Victor Donati

  • « Université Populaire des Futurs Africains »
    Episode 3/4 - "Du futur à l’utopie"

    Hors-série polyphonique en 4 épisodes, avec les voix et les idées de Nadia Yala Kisukidi, Felwine Sarr, Oulimata Gueye et Alioune Sall.
    Ecrit et réalisé par Marie-Yemta Moussanang.


    Dans cet épisode, le questionnement éthique et philosophique se poursuit pour prendre le cap de l’utopie. En effet, dans les précédents épisodes, la question du futur a muté, elle s’est transformée en question politique portant sur la modalité de l’action dans le présent.

    L’utopie, les utopies, sont-elles l’outil dont nous avons besoin pour performer les mondes que nous souhaitons voir advenir? Quelle est la place des imaginaires et de l’imagination dans ce processus ?

    Oulimata Gueye et Yala Kisukidi critiquent la notion de futur, mais ne lui substituent pas l’utopie, elles développent une approche de l’utopie qui densifie le propos, et permet de voir en quoi c’est une proposition engageante. En effet, l’utopie a une vertu propositionnelle, elle vise à produire des effets au présent. C’est donc une sorte de futur agissant.

    Felwine Sarr établit la distinction entre les imaginaires et l’imagination, et cette distinction porte sur le caractère collectif de l’imaginaire. Les imaginaires sont des productions collectives, sociales, qui ont une portée politique.

    Alioune Sall évoque quant à lui le lien de parenté qui existe entre l’utopie et la prospective, mais il en souligne également les lignes de démarcation. En effet, l’utopie est une démarche normative, quand la prospective est plutôt une démarche exploratoire. Les approches sont ne sont pas déterminées par les mêmes enjeux.

    Yala Kisukidi propose d’articuler l’utopie au présent, et déplace le noeud de l’interrogation vers la possibilité de la construction de brèches dans le temps présent. Et Felwine Sarr clôture en rappelant les mots du philosophe Miguel Abensour qui dit que « l’utopie c’est la recherche inlassable de l’ordre politique et social juste ». Et que dès lors qu’il y a société, le mouvement de la vie est mouvement de recherche, de la recherche d’un ordre juste. Et que toutes les créations, dispositifs, institutions progressistes dont nous bénéficions aujourd’hui sont le résultat d’une utopie active. La question devient alors, comment ne pas perdre de vue ce qui nous fonde.

    Bonne écoute !

    Musique : extrait du titre LAMP, de Guiss Guiss Bou Bess, album Set Sela (2019). Auteur : Mara Seck, compositeur Stéphane Costantini.
    Design Graphique : Clara Brandt
    Mixage : Victor Donati

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  • « Université Populaire des Futurs Africains »
    Episode 2/4 - "Les espaces temps du continent"

    Hors-série polyphonique en 4 épisodes, avec les voix et les idées de Nadia Yala
    Kisukidi, Felwine Sarr, Oulimata Gueye et Alioune Sall.
    Ecrit et réalisé par Marie-Yemta Moussanang.


    Dans cet épisode, l’enquête sur le couple Afrique x Futur progresse et Marie-Yemta Moussanang propose aux intervenants et aux auditeurs de s’arrêter sur la notion de temps. Nous sommes dans un moment philosophique où l’idée de « futur » change de coordonnées, pour s’écarter de ses dimensions temporelles (référence aux travaux du philosophe Bruno Latour), et habiter des dimensions spatiales, territoriales.

    Le futur est-il un temps africain ? Correspond-il à une manière endogène d’aborder la question du devenir des sociétés ? Quel est le temps dont nous avons besoin ? Comment se rapporte-t- on au présent et au temps passé ? Et quels sont les outils dont nous disposons pour composer un monde souhaitable ?

    Nadia Yala Kisukidi, professeure de philosophie à l’Université de Paris 8, revient sur la notion de Temps en philosophie africana, et présente les débats qui ont eu lieu dans l’espace intellectuel du XXe siècle.

    Felwine Sarr, économiste, rappelle que la question de la durabilité est traitée par toutes les sociétés humaines. Et qu’il faut peut-être substituer cette notion de durabilité à celle de futur.

    Les travaux du professeur de philosophie Souleymane Bachir Diagne sont abordés par Yala Kisukidi et Oulimata Gueye. L’enjeu se déplace est devient celui de chercher à identifier les besoins réels des sociétés, se demander « de quoi avons-nous besoin? ». A partir de là, le questionnement devient de plus en plus politique, car il est alors question d’outils, de ressources et de moyens.

    Alioune Sall présente la discipline de la prospective et revient sur sa genèse. Le pari de la prospective, c’est de dire que l’avenir est configurable, c’est à dire que l’on peut influer, programmer, agir dans le présent pour produire des effets dans le futur.
    La prospective a élaboré des méthodes, pour indiquer des trajectoires souhaitables, en même temps que le chemin à suivre pour inscrire les sociétés à l’intérieur de celles-ci. La question du temps mute, elle devient alors celle de l’action, et le temps de l’action, c’est le présent.

    Oulimata Gueye, commissaire de l’exposition UFA, présente les ambitions éthiques et esthétiques du champ de la création contemporaine. Elle revient sur les lieux « hors espace et temps » que nous proposent les artistes, notamment à l’intérieur de cette exposition.

    Bonne écoute !

    Musique : extrait du titre LAMP, de Guiss Guiss Bou Bess, album Set Sela (2019). Auteur : Mara Seck, compositeur Stéphane Costantini.
    Design Graphique : Clara Brandt
    Mixage : Victor Donati

  • « Université Populaire des Futurs Africains »
    Episode 1/4 - "Le temps des récits du futur"

    Hors-série polyphonique en 4 épisodes, avec les voix et les idées de Nadia Yala Kisukidi, Felwine Sarr, Oulimata Gueye et Alioune Sall.
    Ecrit et réalisé par Marie-Yemta Moussanang,

    Introduction au questionnement qui sera développé tout au long de cette « Université Populaire des Futurs Africains ».

    A quand remonte la production de discours sur le futur de l’Afrique ? D’où viennent ces récits et que disent-ils ? A quels enjeux ont-ils répondu hier, et à quels enjeux répondent-ils aujourd’hui ?

    Un cheminement dans l’histoire des idées, la philosophie, l’art et les nouvelles technologies, abordées dans une perspective critique et informée par des intervenants passionnants.
    Nadia Yala Kisukidi, professeure de philosophie à l’Université de Paris 8, rappelle toute la colonialité du contexte historique et scientifique en réponse auquel se sont déployées les formes modernes du discours du continent africain, au sujet de son propre futur.

    Felwine Sarr, écrivain, économiste, musicien et professeur à l’université de Duke aux USA, apporte son regard critique et sensible, et fait remarquer que les récits et les discours ont été formulés et diffusés dans des lieux différents de ceux dans lesquels la théorie est traditionnellement fabriquée. Ces récits des aspirations des peuples sont à rechercher dans les espaces de production culturelle populaire, comme la musique. Par ailleurs, il relève le fait qu’avec l’effondrement du mythe du progrès, ce sont toutes les sociétés qui se retrouvent face à la nécessité de trouver de nouveaux imaginaires, de fabriquer de nouveaux récits civilisationnels.

    Alioune Sall, militant révolutionnaire du Sénégal des années 1960 et prospectiviste, raconte comment les choses se sont passées au moment des Indépendances africaines. Il revient sur le discours dominant, le mythe de la modernité et du progrès sous la forme indiscutable du concept de « développement », et sa mise en oeuvre par l’élite dirigeante. Il rappelle également le contexte politique, idéologique, énergétique et économique des années d’après-guerre. A cette époque, le modèle productiviste qu’il soit capitaliste ou socialiste, n’était pas remis en question comme c’est le cas aujourd’hui.

    Enfin, Oulimata Gueye apporte un regard contemporain sur la manière dont les entreprises capitalistes du secteur des nouvelles technologies réactivent un discours et un rapport extractiviste au continent africain, désormais appréhendé comme « la dernière frontière du capitalisme », le dernier marché à conquérir, et toujours le grand réservoir de matières premières indispensables aux sociétés du Nord.

    Bonne écoute !

    Musique : extrait du titre LAMP, de Guiss Guiss Bou Bess, album Set Sela (2019). Auteur : Mara Seck, compositeur Stéphane Costantini.
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    Chers auditeurs, chères auditrices,

    Le podcast Afrotopiques lance sa campagne de crowdfunding, pour financer la nouvelle saison et le studio de podcasts associatif Génération Afrotopia !

    Participez à la création de la première "Maison d'édition d'Oralités" africaines contemporaines. Engagée et tournée vers la jeunesse.

    Je compte sur vous, chère communauté d'auditeurs et auditrices, pour soutenir et partager ce projet.

    Merci beaucoup !

    Marie-Yemta Moussanang

  • Une création de Marie-Yemta Moussanang pour studio Génération Afrotopia.

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    Dans cet épisode, on rencontre le philosophe Pierre Charbonnier, pour une discussion autour de son livre « Abondance et Liberté », paru en Janvier 2020 aux éditions La Découverte.

    C’est un travail d’enquête remarquable, soutenu par l’ambition de saisir et de mettre au premier plan la dimension matérielle des institutions et catégories de la Modernité occidentale, afin de voir un peu plus clair sur la manière dont on peut envisager de reconfigurer le présent, en prenant sérieusement en considération les limites de la notion de production... qui a structuré toute la pensée politique du XXe siècle.

    Il est question de trajectoire de développement, de la matérialité des catégories politiques, de développement écologique inégal, du lien entre les pratiques sociales et la capacité à faire son histoire.

    C’est un livre important et structurant, donc on vous invite vivement à le lire car on est très loin d’en faire le tour dans cet épisode.

    Bonne écoute //

  • Afrotopiques est un podcast indépendant, conçu et réalisé par Marie-Yemta Moussanang.

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    Dans cet épisode on rencontre Emmanuel Ndione, chercheur militant génial et très indiscipliné, fondateur de ENDA GRAF SAHEL - « Graf » qui signifie Groupe de Recherche Action Formation - c’est une organisation de recherche-action née dans les années 1980 à Dakar.
    La recherche-action, qu’on appelle également « Recherche-expérimentation » ou « recherche-intervention » est une manière de pratiquer la recherche, qui vise à produire du savoir, tout en élaborant des démarches pour produire du changement sur le terrain étudié. C’est un type de recherche qui valorise les connaissances pratiques des personnes et des groupes d’une situation donnée, en partant du principe que ce sont eux qui connaissent mieux leur réalité, et non pas des personnes extérieures.

    Emmanuel Ndione est un personnage infatigable, qui depuis près de 50 ans, met la sociologie au service des situations de projets de développements, pour mieux les subvertir. Nous l’avons rencontré à Dakar, dans son bureau de Grand Yoff, au siège d’Enda Graf.

    Il nous raconte comment s’est formée l’approche Enda Graf du développement, la démarche de compagnon du changement qui se base sur l’expertise et les stratégies des populations premières concernées.

    Emmanuel Ndione et ses équipes ont fait un travail remarquable depuis les années 80 pour observer, documenter, et transformer la société à partir de ses dynamiques relationnelles les plus inclusives.
    Les travaux d’Enda Graf sont un matériaux de première main pour construire de la théorie économique très hétérodoxe, qui s’appuie pourtant sur les pratiques de centaines de millions de personnes. Il est peut-être temps de décoloniser l’économie, elle-aussi.

    On tente de retracer une partie de la trajectoire du terrain pratique et théorique de Enda Graf, en faisant un petit focus sur l’économie populaire, que l’on se refuse à qualifier d’informelle, car on considère au contraire qu’il s’agit d’économie de la résistance, d’une économie enchâssée qui pourrait bien être le pilier de la transformation sociale et économique sur lequel on pourrait appuyer les formes contemporaines de notre émancipation.

    Bienvenue à l’école de la population africaine et bonne écoute //

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    Dans cet épisode, nous sommes très honorés de rencontrer Boubacar Doumbia, vieux maître du Bogolan, à Ségou au Mali, dans les murs en argile du Ndomo l’école-entreprise qu’il a fondé dans les années 1990.

    Tout y est impressionnant : la majestueuse architecture de terre, le recueillement présent dans les gestes du travail artisanal, le modèle écologique, économique, social et culturel du Ndomo…

    Le Ndomo, c’est une sorte d’entreprise moderne qui fonctionne sur la base des principes qui structurent l’organisation du travail agricole et artisanal dans la société traditionnelle mandingue, et celà, à l’intérieur même du cadre de la conception de la vie bonne dans la culture Mandingue.

    On y distingue 3 types de travail : le travail collectif de la grande famille, le travail individuel, et le travail de soutien.

    De cela découle une conception du travail, une répartition de son temps et de ce qu’il rapporte, selon son type, en fonction les étapes de la vie, et en conformité avec les valeur sociétales. Le Ndomo a établit son propre système de gestion et de planification comptable, à partir des réalités sociales et culturelles de la société malienne contemporaines.

    Le Ndomo, manifeste une voie de l’émancipation qui passe par une connaissance profonde des institutions culturelles du lien, de la solidarité, du faire société qui sont un héritage actif dans sociétés africaines contemporaines et diasporiques.
    En tant que modèle, le Ndomo nous invite à procéder à une reformulation, une remodélisation des institutions immatérielles par l’invention de formes hybrides, comme celles qui sont à l’oeuvre dans l’économie populaire africaine contemporaine.

    Cet épisode a été enregistré à Ségou en Décembre 2019.

    Bonne écoute //

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    Dans cet épisode, on rencontre Pierre Rabhi, grande figure de l’écologie en France, pionnier de l’agriculture écologique, fondateur de nombreux lieux, structures, mouvements comme celui des Colibris, et auteur de nombreux livres dans lesquels il partage sa vision du monde, et nous invite à le suivre dans la voie de ce qu’il nomme la sobriété heureuse.

    Dans cet entretien on a surtout essayé de resituer les choses, et de repolitiser la figure de Pierre Rabhi, en mettant l’accent sur des aspects souvent occultés de son parcours.

    On rappelle que Pierre Rabhi, c’est un enfant de la terre d’Algérie, que c’est avant tout une figure qui incarne le refus de la condition ouvrière moderne, le refus du pacte de la consommation proposé aux milieux populaires auquel lui et son épouse se trouvaient assignés à 20 ans. Que c’est quelqu’un, non seulement qui s’est levé, et qui s’est cassé, il y a déjà 60 ans, mais qui a surtout énormément oeuvré, construit et semé, en France et au-delà.

    On découvre à quel point la trajectoire de Pierre Rabhi est liée de l’entreprise destructrice et prédatrice de la Modernité occidentale. Et comment son parcours de vie est un bel exemple d’émancipation.

    Né dans les années 30, dans une Algérie qui était alors une colonie française de peuplement, c’est l’exploitation de mines de charbon pour le compte de l’industrie française, qui a détruit son village, transformé les paysans en ouvriers mineurs, et condamné à l’exode urbain ou métropolitain toute une génération, en modifiant durablement l’organisation de la vie humaine sur ce territoire.

    Il nous raconte son parcours, du déracinement au réenracinement, sa quête philosophique et spirituelle, son retour à la terre à contre-courant, Il nous parle de sacré, de droit à l’expérimentation, de convivialisme, et de la nécessité brulante de vivre autrement.

    Il nous raconte aussi comment c’était de travailler en agro-écologie sous Thomas Sankara, au début des années 80’ avec des paysans du Burkina Faso.


    C’est un épisode que l’on a enregistré en Aout 2019, il y a presque 1 an, et on ne peut s’empêcher de noter l’usage prémonitoire du mot « confiné » pour décrire les populations urbaines, et la pertinence de son analyse sur la fragilité du modèle des villes hors-sol et consuméristes, à laquelle la séquence COVID-19 a très largement donné raison.

    Voilà, pour nous Pierre Rabhi c’est, avant quoi que ce soit d’autre chose, quelqu’un qui a tracé une voie, et dont l’histoire personnelle illustre à la fois la fracture coloniale et environnementale de la Modernité, ainsi qu’une belle manière de la dépasser.

    Donc, à tous ceux qui voudraient opposer écologie et les classes populaires, on rappelle que l’une des grandes figures de la contestation du modèle productiviste et consumériste, est incarnée en France par un ouvrier d’origine algérienne qui a fait sécession, et proposé une alternative radicale.

    Et à toute la jeunesse des quartiers, on a envie de dire qu’on a des figures inspirantes pour penser et construire le retournement du présent.

    Pour prolonger la réflexion, on vous invite à écouter notre épisode avec Malcom Ferdinand sur l’écologie décoloniale, et à découvrir IMAGO TV, la plateforme de ressources audio et vidéo pour la transition écologique, sociale et politique.

    Bonne écoute //

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    Dans cet épisode, on est très heureux de rencontrer Senamé Koffi Agbodjinou : architecte, anthropologue, penseur, designer, serial fondateur, notamment de "L’Africaine d’Architecture" qui abrite de nombreux projets dont le Woelab - un immense espace d’expérimentation technologique basé à Lomé, au Togo - dans lequel les nouvelles technologies sont mises au service de principes ancrés dans des traditions éthiques africaines. Ils se caractérisent par la prise en charge, dans un même geste, du souci d’habiter la terre, et de faire humanité en commun. C’est ce qu’il nomme la « cosmo-éthique des sociétés traditionnelles », qu’il décrypte dans les architectures vernaculaires.

    Senamé Koffi ouvre les horizons de nos imaginaires du futurs, ceux d’une modernité africaine radicalement ancrée dans ses valeurs profondes, encodées dans ses architectures traditionnelles, engrammées dans les gestes du quotidien de l’économie de la vie en commun… A travers la question de la ville et du bâtiment, il nous invite à penser non pas la dystopie du devenir-nègre du monde, mais l’utopie réaliste de la civilisation du monde contemporain par son africanisation, sa sortie de la marchandisation, son ubuntuisation.

    Senamé Koffi nous partage ses intuitions et sa vision de ce que peut être la ville africaine, et le monde de demain. Après une critique en règle du projet libéral techno-scientifique de la smartcité, il nous permet de comprendre le potentiel qu’offrent les technologies actuelles pour renforcer les échanges et interactions hors-marché, comment on pourrait métropoliser cette forme d’économie, au lieu de la renforcer, en imposant le paradigme de la valeur tel que le conçoivent les sociétés traditionnelles : qui la placent dans l’échange, le lien, la relation et non pas dans ce qui est échangé, ni dans le témoin de la valeur.
    On entrevoit ainsi une des manières dont on pourrait changer d’époque, et bâtir une civilisation basée sur les principes cosmoéthiques que le présent appelle urgemment : habiter la terre et faire monde en commun.

    Ecoutons le témoignage de la sagesse des anciens qui ont su, on le répète parce que c’est un mantra « prendre en charge dans un même geste, le souci d’habiter la terre et de faire humanité en commun ».


    Bonne écoute //

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    Episode enregistré à Dakar en Février 2020.

    Dans cet épisode, on rencontre Jacques Berthelot, enseignant-chercheur à la retraite, spécialiste des politiques agricoles, défenseur de la souveraineté alimentaire et observateur attentif des politiques d’échanges mises en oeuvre aujourd’hui entre l’Union Européenne et l’Afrique.

    Il nous explique ce qu’il faut comprendre des Accords de Partenariat Economique (APE), leur genèse, leurs conséquences à court, moyen et long terme.
    On comprend ainsi qu’il ne s’agit pas simplement d’accords « préférentiels », de « suppression de tarifs douaniers » au nom de la « libre circulation de marchandises »… Mais que ce qui est réellement en jeu, c’est la souveraineté, et plus encore, la sécurité alimentaire de centaines de millions de personnes aujourd’hui et demain.

    Les APE ont pour principal effet de détruire les filières agricoles locales sur lesquelles la souveraineté et la sécurité alimentaire se construisent… Il favorisent essentiellement un flux d’importation de céréales subventionnés par l’UE à destination de l’Afrique…Et fabriquent au passage les conditions de l’exode rural dans le meilleur des cas, quand ils n’alimentent pas directement les routes de l’exil à l’extérieur des frontières nationales.

    Bonne écoute //

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    Episode enregistré en Juin 2019

    Dans cet épisode, on rencontre Lucile Cornet-Vernet, de la Maison de l’Artémisia, un réseau d’associations et d’entreprises sociales qui diffusent la culture de l’artémisia, une petite plante qui a le pouvoir de guérir et d’éradiquer le paludisme.

    C’est l’occasion de nous rappeler que le paludisme est la première pandémie mondiale, un parasite qui se transmet à l’homme par l’intermédiaire d’un moustique qui vit dans les zones tropicales, c’est à dire, en contact avec la moitié de la population mondiale.
    Chaque année, environ 250 millions de personnes sont infectées par le paludisme, et les 500.000 décès recensés concernent très majoritairement des enfants en Afrique subsaharienne.
    En remettant à la porté de tous le remède le plus simple, le plus efficace, sous sa forme la plus accessible, la Maison de l’Artémisia démontre que la santé n’a pas vocation à être un marché, et que l’on peut retrouver l’autonomie et les connaissances qui nous ont permis de vivre, de nous nourrir, de nous soigner et de nous habiller pendant des millénaires… Avant que des industries ne se mettent en place pour nous vendre ce que nous savions faire pour nous-mêmes.

    Lucile Cornet-Vernet nous explique ce qu’est le paludisme, les vertus de la tisane d’artémisia qui ne se contente pas de guérir les crises de palu, mais qui éradique le parasite dans le sang, là où le traitement ACT commercialisé par l’industrie pharmaceutique se contente de stopper les crises, mais ne détruit pas le parasite, qui continue à se transmettre de piqure de moustique en piqure de moustique.

    On comprend qu’il est urgent de renouer avec une vision de la santé comme « bien commun » et de favoriser les solutions simples et efficaces qui nous permettent de sortir de la logique de marché.
    Le financement de la R&D en santé publique, réalisé des consortium type « OMS/fonds Mondial/laboratoires pharmaceutiques » conduit à la situation dans laquelle nous sommes : la recherche de solutions captives et onéreuses type vaccins à renouveler tous les 2 ans, ou comprimés qui soignent mais pas trop… qui ont surtout pour effet d’alimenter une rente colossale de plusieurs milliards de dollars qui profite surtout à ceux qui s'enrichissent grâce la maladie.

    La santé, aussi, est politique.

    Alors que 70% des médicaments industriels sont fabriqués à partir de molécules de plantes, la maison de l’artémisia sème une belle graine dans le jardin médicinal de la santé comme bien commun, et ouvre de nouvelles voies pour construire l’émancipation au XXIe siècle.

    Bonne écoute //

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    Dans cet épisode on rencontre Fadel Barro, co-fondateur et ex-coordinateur du mouvement Y EN A MARRE au Sénégal, qui a semé les graines de l’insurrection citoyenne en 2011.

    On revient sur la genèse du mouvement, le contexte de la mobilisation et les stratégies qui ont été mises en oeuvre pour donner forme à une puissante contestation populaire constructive.

    On découvre comment la jeunesse africaine conscientisée a refondé l’espace du politique, la créativité dont elle a fait preuve pour inventer de nouveaux outils d’éducation populaire adaptés au contexte ; c’est à dire ancrés dans la culture locale, en langue locale, enracinés dans des situations de vie réelle et concrète, et diffusés à travers une culture véritablement partagée.

    Y EN A MARRE est parvenu à politiser le social, à l’arracher au fatalisme religieux, et le réveil populaire qui s’en est suivi n’a pas dit son dernier mot : le processus de réappropriation du politique initié par le mouvement, est en cours de mutation.

    Fadel Barro nous raconte le pourquoi, le comment, et aussi ce qu’il reste à faire. La stratégie et la créativité yenamarriste a porté de beaux fruits - car Abdoulaye Wade a été contraint de quitter le pouvoir par la voie des urnes - mais le plus important est peut-être l’espace qui a été ouvert. Celui des possibles, en montrant que l’engagement politique peut passer par des voies alternatives aux partis.

    Y EN A MARRE s’est rapidement doté d’une philosophie d’action citoyenne au service de la transformation de la société : le Nouveau Type de Sénégalais (NTS) comme pratique de la recherche de solution aux problèmes identifiés…incarnation du changement que l’on souhaite voir advenir.

    C’est passionnant et vivant. L’aventure Y EN A MARRE n’est pas terminée, elle se transforme et la dynamique accompagne aujourd’hui d’autres initiatives comme l’Université Populaire des Mouvements Citoyens.

    On attend donc, selon le proverbe wolof, « le deuxième saut », celui qu’il reste à faire, ou encore peut-être la nouvelle manière de sauter qui est à inventer.

    La clé du nouveau saut est peut-être à chercher dans le « Qui? » saute, et on a hâte de voir ce qui se passe quand les intellectuels réarticulent et actualisent le discours émancipateur panafricain pour l’adapter aux besoins de ce que l’Afrique est devenue aujourd’hui.

    Bonne écoute //

  • Une création de Marie-Yemta Moussanang pour le studio Génération Afrotopia.

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    / Bande sonore d’un échange public organisé par l’équipe du podcast Afrotopiques, avec Malcom Ferdinand.

    / Une co-création : Malcom Ferdinand, Librairie La Brèche, radio r22-tout-monde, podcast Afrotopiques et toutes les personnes présentes.

    / LES RENCONTRES AFROTOPIQUES sont des moments d’oralité en commun et de discussion des thématiques abordées dans le podcast.


    Bonne écoute //

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    Dans cet épisode on rencontre Haïdar El Ali, acteur et activiste d’une écologie politique participative et populaire au Sénégal.
    Haïdar El Ali a d’abord rencontré et exploré la mer pendant des milliers d’heures de plongée, avant de se résoudre à en sortir pour dénoncer et lutter contre la barbarie des pratiques de pêche industrielle.
    Son engagement, d’abord militant dans le cadre associatif de l’Oceanium de Dakar, a progressivement dérivé jusqu’à l’arène politique. Il a été ministre de l’environnement du Sénégal en 2012, et il est actuellement à la tête de l’Agence Sénégalaise de Reforestation.
    A ce poste, il a la charge de la mise en oeuvre du grand projet panafricain de la grande muraille verte : planter une immense bande de foret au Sahel pour freiner l’avancée du désert.

    Haïdar nous partage sa vision et sa stratégie pour reboiser le Sahel et impliquer les populations locales dans l’action bien comprise, car, comme il le rappelle : au Sahel, on ne plante pas pour le climat, ni pour la compensation carbone « on plante pour protéger son champ de riz ». L’occasion de nous remettre en mémoire le fait que ce qui est immédiatement en jeu pour les populations rurales africaines, c’est l’autonomie alimentaire et la survie.
    Et aussi que l’écologie, avant d’être un discours, c’est fondamentalement un mode de vie.

    Ce projet est intéressant parce qu’il est une réplication à l’échelle d’une autre expérience de reboisement qu’il a mis en oeuvre avec l’Oceanium en 2006, dans la mangrove du delta du Saloum en Casamance…et accessoirement parce qu’il concerne des centaines de millions de personnes.

    Barrières de cactus, arbres coupe-vent, lance-pierre et bombes à graines, pratiques collectives… Avec Haïdar El Ali, l’écologie politique est populaire et participative car elle s’appuie sur des méthodes artisanales, des moyens d’actions adaptés aux populations locales, qu’elle s’intègre dans leur mode de vie, tout en replaçant l’homme en tant que simple élément de l’écosystème global.

    En attendant de détruire les autoroutes, on s’inspire d’une écologie qui s’intègre dans des modes de vie durables, qui implique directement les populations pour accélérer la reforestation, et restaurer les conditions de la vie.

    Bonne écoute //

  • Afrotopiques est un podcast indépendant, conçu et réalisé par Marie-Yemta Moussanang.

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    Dans cet épisode on rencontre Alioune Sall, dit « Paloma ».
    Anarchiste révolutionnaire, Alioune Sall est passé de la critique par les armes qui le conduira en prison, au front des imaginaires et de la prospective, épicentre du combat dans lequel se joue l’emprisonnement du futur des multitudes.
    Il est le fondateur de l'Institut des Futurs Africains, un Think tank de prospective basée en Afrique du Sud.

    Tout commence dans le contexte post-indépendance où l’apparente décolonisation administrative se traduit en réalité par un renforcement de la colonisation des futurs envisageables pour les jeunes nations, à travers l’instrument de la Loi Cadre.
    Alioune Sall nous rappelle l’importance des idées, des imaginaires, et la nécessité de s’insurger devant la proposition obscène d’un avenir qui n’est pas autre chose que le passé indigne des autres.
    Insurrection qui doit également inventer ses propres grammaires et architectures et s’émanciper des imaginaires révolutionnaires qui ont été forgées à partir de réalités et rationalités organisationnelles différentes. Car si l’avenir des Afriques n’est pas le socialisme théorisé hier à l’Est, alors le futur du continent demeure un territoire à explorer et un domaine à construire.

    On découvre le rôle qu’ont joué les idées et les intellectuels radicaux du Sud, comme Samir Amin avec la théorie de la dépendance, qui ont influencé la marche du monde, creusé des failles dans la théorie économique dominante et dans le système des Nations Unies, qui a pu être infiltré par des militants qui ont occupé des espaces et créé des sortes d’Agences A Défendre, comme celle de l’IDEP à Dakar. l’IDEP a entamé la construction d’un avenir post-capitaliste dès les années 70’ et a donné naissance à ENDA, la première ONG de chercheurs hétérodoxes basée au Sud, qui a pensé l’alternative au développement à partir de la critique environnementale de la modernité.
    Il nous rappelle également que la préoccupation du développement est venue du Sud, à une époque où tout ce qui intéressait les grandes puissances étaient l’équilibre des forces du désordre.

    Alioune Sall nous invite à réinventer l’avenir, à partir d’une analyse renouvelée du présent. A observer les effets de 60 ans de développement qui se traduisent par un creusement inouï des inégalités économiques, territoriales, culturelles et une vulnérabilisation accentuée d’une partie toujours grandissante de la population.

    Les défis qui se posent aujourd’hui, c’est de construire une économie qui retrouve sa vocation originelle, qui est d’être le véhicule de la chaleur que produit la confiance en l’autre et la coopération. De renouveler la réflexion sur les nouveaux mécanismes de la dépendance, de retrouver l’audace de penser en dehors des paradigmes dominants, et de produire un langage commun pour construire un futur durable et désirable. Si possible, sans acronymes.

    Bonne écoute //

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    Dans cet épisode, on rencontre le professeur Yoporeka Somet, philosophe et égyptologue, pour étudier le principe de la Maât : concept égyptien antique de l’équilibre cosmique, dans l’univers, dans la nature et entre les humains.
    La philosophie de l’Egypte pharaonique a façonné une Pensée du monde, une Pensée de la nature, un discours sur l’origine et la nature des « étants », qui a produit une conception mobilisatrice de la Justice et un solide principe d’organisation du monde.

    Dans cette pensée, tous les étants (humains, animaux, végétaux, minéraux...) partagent une même fraternité, c’est à dire qu’ils appartiennent à la même famille. Cette conception du réel a nourri les principes d’organisation des rapports et des relations entre les humains entre eux, et avec le reste de la nature. Le principe de la recherche et du maintient de l’équilibre, de la cohérence, de la cohésion entre tout ce qui se trouve dans l’univers a beaucoup à nous apporter, aujourd’hui.

    On revisite la manière dont les vestiges de la civilisation pharaonique nous sont parvenus depuis le XIXe, siècle, c’est à dire bien abîmés par la colonialité des discours scientifiques et philosophiques d’une Europe esclavagiste, raciste et impérialiste.

    On découvre le travail et l’audace du jeune savant sénégalais Cheikh Anta Diop ; qui a osé imaginer la possibilité d’une Renaissance de l’Afrique, enracinée dans les valeurs profondes qui ont alimenté et soutenu la civilisation égyptienne pharaonique pendant des millénaires.

    L’étude de la Maât nous permet également de penser le présent.

    La Pensée est un outil puissant, ne la négligeons pas. La civilisation égyptienne nous rappelle ceci que, c’est une Pensée de l’équilibre et de l’ordre juste du monde qui a servi de pilier pour organiser une société dans laquelle l’exploitation n’était pas une option.

    Ce passé nous éclaire et nous invite à réanimer nos cosmologies africaines pour envisager des présents qui soient le reflet de nos conceptions exigeantes de l’ordre juste des choses.

    Bonne écoute //

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    Dans cet épisode on rencontre Malcom Ferdinand, philosophe et auteur d’un essai qui vient de paraitre au Seuil, intitulé « Une écologie décoloniale, Penser l’écologie depuis le monde caribéen ».

    Malcom Ferdinand propose une conception de l’écologie radicalement en rupture avec son acception dominante. Une écologie décoloniale, une écologie-du-monde.

    Par delà environnementaliste et colonialité, il développe un récit qui nous permet de penser la Modernité depuis la perspective des mondes caribéens, un récit qui n’occulte pas l’existence des navires négriers du passé et du présent, des plantations d’ici et d’ailleurs, ni le sort de ceux qui sont dans les cales de ce navire Modernité. Il nous propose un récit qui saisit le Tout-Monde contemporain dans sa complexité, et qui permet de théoriser et problématiser les enjeux du présent autrement.

    Ce récit propose une autre compréhension et une autre généalogie de la crise écologique, d’autres références et d’autres figures, et nous permet de comprendre que toutes les destructions sont construites, qu’elles s’inscrivent dans une histoire politique, sociale, économique, culturelle…Ici, celle de notre Modernité occidentale et du monde qu’elle a configuré autour de ce qu’il appelle « un habiter colonial de la terre ».

    L’ambition de l’écologie décoloniale, ce n’est pas seulement de changer de récit, de protéger l’environnement, ni seulement de reconnaître les luttes anti-racistes ou anti-esclavagistes, mais bien plutôt d’instaurer un monde. De réparer la double fracture qui sépare les luttes décoloniales des luttes environnementales, afin de retrouver la force nécessaire pour briser la cale du monde.

    Cette écologie décoloniale propose de quitter la plantation et son ère, elle nous permet de voir ce qu’il reste à faire, et à défaire. Elle nous rappelle également que l’écoutille qui sépare le pont de la cale se brise des deux côtés, du côté des libres et des captifs, que l’on a tous du travail, car la Modernité nous a inculqué - à tous - des formes de l’habiter colonial.

    C’est un livre passionnant et important qui réussit à tenir ensemble, sans mettre de côté l’exigence de justice. On vous invite vraiment à le lire, parce que l’on a pas eu le temps de parler de tout, et que c’est un essai qui a véritablement le pouvoir de transformer nos imaginaires. Et que l’écologie c’est, aussi, une question d’imaginaire.

    Bonne écoute //

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    Dans cet épisode on rencontre Gaël Giraud, jésuite, brillant économiste qui vient de quitter son poste à l’AFD. Il porte une parole nécessaire et courageuse qui nous met debout et nous arme pour faire face aux défis de notre présent.

    Il connait bien le Sud du Tchad car il y a vécu 2 ans, en tant que volontaire de la DCC (Délégation catholique pour la coopération).

    Gaël Giraud est très investi sur les questions économiques, énergétiques et financières contemporaines, il nous permet de bien comprendre l’insoutenabilité du modèle des sociétés dites « développées », l’absurdité et la fragilité et du système financier international et la gravité des situations sociales, humaines, dans lesquels l’immobilisme politique et économique pourrait nous conduire.

    On vous invite à regarder les vidéos de ses conférences, à suivre le MOOC intitulé « Transition énergétique et écologique dans les pays du Sud » disponible sur Coursera, et aussi à écouter l’excellent épisode du podcast Présages d’Alexia Soyeux.

    Ici, Gaël Giraud décode sans filtre la signification réelle de la notion de « dérèglement climatique », et nous rappelle que nous faisons face à une situation d’une barbarie inouïe, où nous pourrions assister à l’injustice ultime : le monde des uns, saccagé par la banalité du mal qui réside dans le mode de vie des autres.

    Les territoires et populations dites du Sud sont déjà les plus violemment impactées par le modèle de développement insoutenable et prédateur des populations dites du Nord. Elles l’étaient jusqu’à présent sur le mode économique. Elles sont désormais exposées à une menace climatique inquantifiable et inqualifiable.

    Le temps est au basculement. Basculement des mondes et de nos représentations.
    Nous ne pouvons pas accepter cette ultime provocation et la défiguration absolue de notre humanité vers lesquelles nous conduisent l’idéologie néolibérale et la propriété privée, diluées dans un modèle de société qui prend des multitudes en otage.

    Face à la gravité de la situation, nous devons réapprendre à faire monde Commun, renouer avec le sens profond de nos existences et rompre avec les croyances, les conditionnements, les modes de vies et de de société qui ont construit ce monde inégalitaire et ces rapports prédateurs. Abolir l’asymétrie Nord-Sud en changeant les termes de la relation. Apprendre les uns des autres et changer de récit.

    Les guerres civiles, les famines, les milliards de morts ou de réfugiés climatiques annoncés ne sont pas une fatalité, ni une nécessité. De nombreuses alternatives existent, à nous de leur donner de la force pour les faire advenir.

    On peut choisir de relever le défi, faire preuve d’un "incrémentalisme enragé" pour configurer le monde que nous voulons, et d’un pragmatisme offensif pour le construire.
    L’horizon des communs est vraisemblablement celui vers lequel nous pouvons tourner nos regards. Ce futur qui est derrière nous.

    Le seul effondrement qui doit se produire, c’est celui de l’imaginaire destructeur et individualiste qui nous a colonisés, sur lequel reposent nos sociétés et nos institutions, et parfois jusqu’à nos croyances les plus intimes.

    Bonne écoute //

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    Dans cet épisode, on rencontre Philippe Descola, anthropologue et auteur d’une grande oeuvre qui permet à notre époque de mieux comprendre notre humanité.

    Le professeur Descola nous explique ce qui fait l’objet de l’anthropologie et pourquoi cette discipline nous est utile pour penser les défis du présent.
    On revient sur ses travaux et l'on découvre comment, à partir de cette discipline, il a modélisé et schématisé la manière dont les humains fabriquent non seulement leur représentation du monde, mais encore comment les rapports entretenus entre les humains entre eux, ou avec les hon-humains, découlent de ce qu’il appelle un système de « distributions ontologiques ».

    En d’autres termes, l'anthropologie permet de faire le lien entre les différents usages humains du monde, les types de rapports qui s’y manifestent, les différentes compositions du monde élaborées par les sociétés, et les différentes conceptions de ce qui est considéré comme nécéssaire pour vivre une vie pleine.

    Un point important que l’anthropologie permet de clarifier aujourd'hui, c’est que les rapports de prédation, de production, de compétition - naturalisés dans nos sociétés car nous les avons institutionnalisés en construisant des mécanismes économiques, sociaux et culturels basés sur ces mêmes représentations, qui les renforcent chaque jour dans leur réalité (propriété privée, intérêt privé, individu…etc) - en réalité, ces rapports ne sont pas plus naturels que les rapports de don, de coopération, d’échange ou d’entraide.

    L’anthropologie nous dit donc que le monde actuel n’est pas une nécessité, qu’il n’y a pas une NATURE humaine, bonne ou mauvaise. Elle nous dit en revanche, qu’il existe une multitude de manières de composer le monde et de faire société.

    On explore les innovations politiques et culturelles contemporaines qui prennent la forme de recompositions de la relation avec le vivant. Ces initiatives sont le fait de groupes humains du Nord et du Sud, on aborde le Processus des Communautés Noires (PCN) en Colombie et la Zad de Notre Dame des Landes en France, et l’on entrevoit l’idée que ces communautés, par leur manière de rompre avec un certain monde pour en composer de nouveaux, sont en train de proposer des bases structurelles à la nécessaire transformation de nos imaginaires collectifs et de nos institutions juridiques occidentales ou occidentalisées.
    Deux jalons essentiels de la transition vers des sociétés plus justes et plus apaisées dans leur rapport au réel, et plus ambitieuses dans leur proposition de trajectoires de vies individuelles et collectives.

    Bonne écoute //