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    Dans cet épisode je reçois Blandine Sankara, elle est la fondatrice de la ferme agroécologique Yelemani. Et c’est aussi l’une des petites soeurs du président révolutionnaire du Burkina Faso Thomas Sankara.


    Dans cet entretien on est parties de sa trajectoire à elle, construite autour de la question de la souveraineté alimentaire, et on a pas mal bifurqué vers l’expérience révolutionnaire menée au Burkina dans les années 80, en insistant sur les modes d’organisation de l’époque, et les stratégies employées pour produire la transformation sociale.


    J’ai pratiquement tout gardé, c'est un épisode un peu long, mais je pense que c’est un moment de transmission rare et précieux et une parole importante. 


    Je remercie chaleureusement toute l’équipe du festival Alimenterre qui nous a invitées et réunies à Bruxelles en Octobre 2021, et je vous souhaite une bonne écoute !


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    Dans cet épisode je reçois la philosophe Séverine Kodjo-Grandvaux, pour une discussion autour de son livre « Devenir vivants ».

    Séverine Kodjo-Grandvaux propose une lecture de l’origine de la crise de la Modernité occidentale, qu’elle localise, comme d’autres, dans la blessure narcissique de la découverte de l’héliocentrisme (en gros, l’idée que l’homme n’est pas le centre de l’univers).

    Cette blessure aurait favorisé un repli sur terre, qui a motivé la conquête du monde, d’un monde à posséder, à maîtriser, un monde à coloniser. Bref, le monde tel qu’on le connait.


    Par conséquent, même notre conception de l’écologie qui relie l’humain et la nature, ne nous permet pas de sortir véritablement de la crise, car cette écologie telle que nous la pensons, reste géolocalisée, c’est une écologie terrestre, qui ne nous relie pas à l’univers et à son infinité.

    Or, pour Séverine Kodjo-Grandvaux, tout l’enjeu est précisément de partir du lieu de la blessure, du lieu de la séparation, pour entamer la réparation du lien profond qui unit tous les êtres.

    Pour cela, la philosophe nous rappelle à notre condition cosmique, nous sommes les enfants des étoiles. Elle rappelle que nous avons en commun, dans notre composition chimique, un grand nombre d’éléments avec tout le vivant, avec le Tout-Vivant.

    Penser à partir de la notion de Tout-Vivant, nous permet de construire un humanisme qui n’est pas anthropocentré, mais un humanisme qui relie tout ce qui est animé : monde animal, monde végétal et monde minéral. En somme, un humanisme animiste.


    Situer la question de l’écologie sur plan cosmique, nous permet de voir que la crise que nous vivons n’est pas seulement une crise écologique, environnementale, mais que c’est une crise plus profonde, une crise de la résonance. A l’écologie traditionnelle, Séverine Kodjo-Grandvaux propose de substituer l’écho-logie (E-C-H-O), c’est à dire de chercher une nouvelle manière d’entrer en résonance au monde. Parce que c’est en réparant notre lien au cosmos, que l’on pourrait relever le défi de faire monde en commun.


    Dans cet échange, on cite les travaux de Malcom Ferdinand, Emanuele Coccia, Hartmut Rosa, Valérie Cabanes, Edouard Glissant, ou encore de l’astrophysicien Trinh Xuan Thuan.


    Cet épisode a été enregistré en Février 2021, au moment de la publication du livre, mais j’étais trop débordée pour faire le montage plus tôt.


    Bonne écoute !


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    Visite de l'exposition collective "Sagesse des lianes" au Centre International d'Art et du Paysage de Vassivière (CIAPV) dans le Limousin.


    Je vous propose une traversée sonore de l’exposition, à la rencontre des oeuvres présentées par les artistes, dans les bruits et les échos du paysage.

    Vous allez entendre les voix de Nicolas Pirus, Myriam Mihindou, Jack Beng-Thi, Galadio Parfait Kaboré et Camille Varenne, L‘école des Mutants avec Hamedine Kane, Stephane Verlet-Bottero, Valérie Ozouf et Boris Raux, Florans Feliks Waro, Shivay la Multiples, Nicola Lo Calzo, Jean-Luc Raharimanana et Migline Paroumanou.


    Certains artistes ont marronné : Carlos Adaoudé, Carole Chausset, Hawad, Véronique Kanor, Eddy Ekete, Sylvie Sema, Florence Boyer et Hugo Rousselin… il vous faudra donc imaginer et espérer que l’exposition quitte le Plateau de Mille Vaches pour continuer sa route vers d’autres territoires.


    Merci à Dénètem Touam Bona pour son invitation à participer à cette grande fugue collective, et merci également à toute l’équipe du Centre International d’Art et du Paysage de Vassivière pour l’hospitalité.


    Bonne année, bonne écoute et bonne visite !


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    POST-SCRIPTUM VOCAL de Dénètem Touam Bona


    POST-SCRIPTUM et ERRATUM : Avant de diffuser l’épisode, je l’ai fait écouter à Dénètem et il a un message.

    Je vous transfère le vocal, car il apporte des précisions et des corrections, en effet j’avais mal compris ce qui s’est passé avec les jeunesse autochtones de Guyane.


    Et j’en profite pour vous partager une bonne nouvelle : l’exposition « Sagesse des lianes » est prolongée jusqu’au 30 Janvier à Vassivière.


    Bonne écoute et bonne visite !


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    Dans cet épisode je reçois le poète et philosophe Dénétem Touam Bona, il nous parle de « Sagesse des lianes ». Sagesse des lianes, c’est à la fois le titre de l’exposition collective que Dénètem Touam Bona présente au Centre International d’Art et du Paysage de Vassivière (CIAPV), jusqu’au 9 Janvier 2022, qui réunit des oeuvres d’artistes issus des mondes afro-diasporiques, sur le Plateau de Mille Vaches, à la frontière entre la Creuse et le Limousin.


    « Sagesse des lianes » c’est aussi le titre de l’essai qu’il a publié en Septembre, aux éditions Post-édition, en Octobre 2021.

    Cet épisode est une sorte de « carte blanche sonore » accordée à Dénètem, qui fuit, se dérobe, contorsionne, se déplace, et qui à l’image de la liane, choisit les chemins de ses réponses… imprévisibles. Donc voilà, je vous invite ici, à suivre les traces de Dénètem, et à explorer ce qui est l’enchevêtrement inextricable des lianes de son paysage.


    Dénètem nous parle de la genèse du projet, qui est né, à la fois dans la Creuse il y a 2 ans, et en Guyane, il y a plusieurs années. L’entretien est un dialogue permanent entre le livre et l’exposition, qui est elle-même une variation autour d’un motif, celui de la fugue végétale qu’est la liane, et du marronnage qui est le processus d’arrachement à la domestication, lui-aussi, inscrit dans le vivant et qui s’actualise dans des mouvements contemporains.


    Dénétem nous partage les expériences des mondes qui lui tiennent à coeur, à travers la notion de lyannaj, il nous parle de la mémoire de l’exploitation et de la résistance, et de la manière dont elles sont sont indissociables. Car le lyannaj, c’est à la fois le terme qui désigne le processus par lequel on attachait ensemble des faisceaux de cannes à sucre dans les plantations esclavagistes, Mais c’est aussi, par ce même terme et geste que les jeunesses autochtones de Guyane ont construit leur mouvement de solidarité en 2017 dans la Caraïbe, entre peuples des Outre-Mer et du Brésil, qui subissent les mêmes oppressions.


    La liane, c’est le mouvement d’exploitation qui devient processus d’alliance, geste de réparation, dans le sens où il vient ré-unir ce qui était désolidarisé. Donc le livre et l’exposition Sagesse des lianes, sont des tribunes, elles déploient et nous montrent la puissance des mondes afro-diasporiques et afro-caribéens, il faut les lire comme des cartes de paysage archipeliques qui situent des savoirs écologiques, des techniques de résistance, et des rituels de guérison…développés dans ces territoires.


    Cet épisode a été enregistré sur l’île de Vassivière, en partenariat avec le centre international d’art et du paysage de Vassivière, ainsi que Radio Vassivière, pour le programme « Sonder l’île ».


    Bonne découverte de l’archipel, et bonne écoute !


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    Salam Aleikoum.

    Je suis très heureuse de vous partager cet épisode, qui me tenait à coeur depuis longtemps.


    Hindou Oumarou Ibrahim est géographe de formation, elle appartient à la communauté peule Mbororo du Tchad, qui sont des éleveurs nomades au Sahel.

    Ensemble, nous parlons du défi climatique que rencontre notre région du monde, Hindou nous présente sa vision du lien entre le dérèglement climatique et les déstructurations que l'on peut observer dans les modes de vie des populations qui dépendent des écosystèmes.

    Elle nous parle aussi de la richesse des savoirs autochtones, et de toutes les solutions fondées sur la connaissance de la nature et les pratiques locales, qui font des communautés et des peuples autochtones, les premiers acteurs de la restauration des écosystèmes naturels. Ces solutions sont infiniment moins chères que les réponses militaires et humanitaires, que la communautés internationale continue à apporter à des problèmes politiques, économiques et sociaux qui ont des causes fondamentalement écologiques.


    C’est une voix importante, et on prolongera peut-être l’entretien dans un épisode bonus.


    Bonne écoute !


    Cet épisode a été enregistré en public, sur le plateau du think tank du festival We Love Green, le 11 Septembre 2021 à Paris, et il a bénéficié du soutien de la Saison Africa 2020.


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    « Université Populaire des Futurs Africains »

    Episode 4/4 - "Les espaces de présent utopique"

    Hors-série polyphonique en 4 épisodes, avec les voix et les idées de Nadia Yala Kisukidi, Felwine Sarr, Oulimata Gueye et Alioune Sall.

    Ecrit et réalisé par Marie-Yemta Moussanang pour l'exposition UFA, commissionnée par Oulimata Gueye.


    Dans les épisodes précédents, la question du couple « Afrique x Futur » a été travaillée depuis sa genèse, jusqu’à déployer toutes les interrogations contenues dans son noyau : la dimension politique, la question du temps, l’enjeu de la durabilité...


    Marie- Yemta Moussanang a suivi le fil de ces métamorphoses successives, pour conduire la narration dans un lieu, un « topos » pluridimentionnel, pluridisciplinaire et polyphonique.

    Comment fait-on collectivement pour performer le réel que l’on souhaite voir advenir ? Comment agit-on à partir des lieux que nous habitons, qu’il s’agisse d’un champ intellectuel, artistique ou d’un champs de mil ? Où se fabrique l’élan et le désir d’habiter pleinement nos vies ? Parce qu’aujourd’hui, l’enjeu c’est de poser de nouveaux repères, de nouvelles lignes directionnelles.


    Alioune Sall évoque les trajectoires possibles, et l’éthique du futur qui consiste à fabriquer une nouvelle manière de mettre le monde en économie. Il est aussi question de transformer radicalement nos imaginaires du développement.


    Felwine Sarr présente l’économie populaire, l’économie relationnelle encore dominante dans les sociétés africaines contemporaines, comme véritable voie de sortie - par le haut - de l’impasse libérale. Il propose de re-sémantiser, nommer autrement le réel que nous ne parvenons pas à regarder tel qu’il est : à savoir un territoire de résistance et d’indépendance et d’autonomie.


    Mais la vie ne se réduit pas à l’économie, et les espaces dans lesquels on appréhende la vie dans ses dimensions les plus riches sont ailleurs. Dans la note d’intention de la biennale de Kinshasa Yango II, Yala Kisukidi rappelle que « le présent est bâtisseur, il lie l’esprit à la terre ». C’est à partir du sol sur lequel nous nous tenons ensemble que l’on peut déployer des formes de vie plus riches et denses.


    Oulimata Gueye ouvre la voie de la pensée critique et de la création artistique. Ces brèches, qui une fois ouvertes, nous donnent la possibilité de respirer et d’habiter pleinement le présent.


    Bonne écoute !


    Musique : extrait du titre « LAMP » de Guiss Guiss Bou Bess, album Set Sela (2019). Auteur : Mara Seck, compositeur Stéphane Costantini.

    Design Graphique : Clara Brandt

    Mixage : Victor Donati


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    « Université Populaire des Futurs Africains »

    Episode 3/4 - "Du futur à l’utopie"

    Hors-série polyphonique en 4 épisodes, avec les voix et les idées de Nadia Yala Kisukidi, Felwine Sarr, Oulimata Gueye et Alioune Sall.

    Ecrit et réalisé par Marie-Yemta Moussanang pour l'exposition UFA, commissionnée par Oulimata Gueye.


    Dans cet épisode, le questionnement éthique et philosophique se poursuit pour prendre le cap de l’utopie. En effet, dans les précédents épisodes, la question du futur a muté, elle s’est transformée en question politique portant sur la modalité de l’action dans le présent.

    L’utopie, les utopies, sont-elles l’outil dont nous avons besoin pour performer les mondes que nous souhaitons voir advenir? Quelle est la place des imaginaires et de l’imagination dans ce processus ?


    Oulimata Gueye et Yala Kisukidi critiquent la notion de futur, mais ne lui substituent pas l’utopie, elles développent une approche de l’utopie qui densifie le propos, et permet de voir en quoi c’est une proposition engageante. En effet, l’utopie a une vertu propositionnelle, elle vise à produire des effets au présent. C’est donc une sorte de futur agissant. Felwine Sarr établit la distinction entre les imaginaires et l’imagination, et cette distinction porte sur le caractère collectif de l’imaginaire. Les imaginaires sont des productions collectives, sociales, qui ont une portée politique.


    Alioune Sall évoque quant à lui le lien de parenté qui existe entre l’utopie et la prospective, mais il en souligne également les lignes de démarcation. En effet, l’utopie est une démarche normative, quand la prospective est plutôt une démarche exploratoire. Les approches sont ne sont pas déterminées par les mêmes enjeux. Yala Kisukidi propose d’articuler l’utopie au présent, et déplace le noeud de l’interrogation vers la possibilité de la construction de brèches dans le temps présent.


    Et Felwine Sarr clôture en rappelant les mots du philosophe Miguel Abensour qui dit que « l’utopie c’est la recherche inlassable de l’ordre politique et social juste ». Et que dès lors qu’il y a société, le mouvement de la vie est mouvement de recherche, de la recherche d’un ordre juste. Et que toutes les créations, dispositifs, institutions progressistes dont nous bénéficions aujourd’hui sont le résultat d’une utopie active. La question devient alors, comment ne pas perdre de vue ce qui nous fonde.


    Bonne écoute !


    Musique : extrait du titre « LAMP » de Guiss Guiss Bou Bess, album Set Sela (2019). Auteur : Mara Seck, compositeur Stéphane Costantini.

    Design Graphique : Clara Brandt

    Mixage : Victor Donati


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    « Université Populaire des Futurs Africains »

    Episode 2/4 "Les espaces temps du continent"


    Hors-série polyphonique en 4 épisodes, avec les voix et les idées de Nadia Yala Kisukidi, Felwine Sarr, Oulimata Gueye et Alioune Sall.

    Ecrit et réalisé par Marie-Yemta Moussanang pour l'exposition UFA, commissionnée par Oulimata Gueye.


    Dans cet épisode, l’enquête sur le couple "Afrique x Futur" progresse et Marie-Yemta Moussanang propose aux intervenants et aux auditeurs de s’arrêter sur la notion de temps.

    Nous sommes dans un moment philosophique où l’idée de « futur » change de coordonnées, pour s’écarter de ses dimensions temporelles (référence aux travaux du philosophe Bruno Latour), et habiter des dimensions spatiales, territoriales.


    Le futur est-il un temps africain ? Correspond-il à une manière endogène d’aborder la question du devenir des sociétés ? Quel est le temps dont nous avons besoin ? Comment se rapporte-t- on au présent et au temps passé ? Et quels sont les outils dont nous disposons pour composer un monde souhaitable ?


    Nadia Yala Kisukidi, professeure de philosophie à l’Université de Paris 8, revient sur la notion de Temps en philosophie africana, et présente les débats qui ont eu lieu dans l’espace intellectuel du XXe siècle. Felwine Sarr, économiste, rappelle que la question de la durabilité est traitée par toutes les sociétés humaines. Et qu’il faut peut-être substituer cette notion de durabilité à celle de futur. Les travaux du professeur de philosophie Souleymane Bachir Diagne sont abordés par Yala Kisukidi et Oulimata Gueye. L’enjeu se déplace est devient celui de chercher à identifier les besoins réels des sociétés, se demander « de quoi avons-nous besoin? ».


    A partir de là, le questionnement devient de plus en plus politique, car il est alors question d’outils, de ressources et de moyens. Alioune Sall présente la discipline de la prospective et revient sur sa genèse. Le pari de la prospective, c’est de dire que l’avenir est configurable, c’est à dire que l’on peut influer, programmer, agir dans le présent pour produire des effets dans le futur. La prospective a élaboré des méthodes, pour indiquer des trajectoires souhaitables, en même temps que le chemin à suivre pour inscrire les sociétés à l’intérieur de celles-ci.


    La question du temps mute, elle devient alors celle de l’action, et le temps de l’action, c’est le présent. Oulimata Gueye, commissaire de l’exposition UFA, présente les ambitions éthiques et esthétiques du champ de la création contemporaine. Elle revient sur les lieux « hors espace et temps » que nous proposent les artistes, notamment à l’intérieur de cette exposition.


    Musique : extrait du titre « LAMP » de Guiss Guiss Bou Bess, album Set Sela (2019). Auteur : Mara Seck, compositeur Stéphane Costantini.

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    « Université Populaire des Futurs Africains »

    Episode 1/4 - "Le temps des récits du futur"

    Hors-série polyphonique en 4 épisodes, avec les voix et les idées de Nadia Yala Kisukidi, Felwine Sarr, Oulimata Gueye et Alioune Sall.

    Ecrit et réalisé par Marie-Yemta Moussanang pour l'exposition UFA, commissionnée par Oulimata Gueye.


    A quand remonte la production de discours sur le futur de l’Afrique ? D’où viennent ces récits et que disent-ils ? A quels enjeux ont-ils répondu hier, et à quels enjeux répondent-ils aujourd’hui ? Un cheminement dans l’histoire des idées, la philosophie, l’art et les nouvelles technologies, abordées dans une perspective critique et informée par des intervenants passionnants.


    Nadia Yala Kisukidi, professeure de philosophie à l’Université de Paris 8, rappelle toute la colonialité du contexte historique et scientifique en réponse auquel se sont déployées les formes modernes du discours du continent africain, au sujet de son propre futur.


    Felwine Sarr, écrivain, économiste, musicien et professeur à l’université de Duke aux USA, apporte son regard critique et sensible, et fait remarquer que les récits et les discours ont été formulés et diffusés dans des lieux différents de ceux dans lesquels la théorie est traditionnellement fabriquée. Ces récits des aspirations des peuples sont à rechercher dans les espaces de production culturelle populaire, comme la musique. Par ailleurs, il relève le fait qu’avec l’effondrement du mythe du progrès, ce sont toutes les sociétés qui se retrouvent face à la nécessité de trouver de nouveaux imaginaires, de fabriquer de nouveaux récits civilisationnels.


    Alioune Sall, militant révolutionnaire du Sénégal des années 1960 et prospectiviste, raconte comment les choses se sont passées au moment des Indépendances africaines. Il revient sur le discours dominant, le mythe de la modernité et du progrès sous la forme indiscutable du concept de « développement », et sa mise en oeuvre par l’élite dirigeante. Il rappelle également le contexte politique, idéologique, énergétique et économique des années d’après-guerre. A cette époque, le modèle productiviste qu’il soit capitaliste ou socialiste, n’était pas remis en question comme c’est le cas aujourd’hui.


    Enfin, Oulimata Gueye apporte un regard contemporain sur la manière dont les entreprises capitalistes du secteur des nouvelles technologies réactivent un discours et un rapport extractiviste au continent africain, désormais appréhendé comme « la dernière frontière du capitalisme », le dernier marché à conquérir, et toujours le grand réservoir de matières premières indispensables aux sociétés du Nord.


    Musique : extrait du titre « LAMP » de Guiss Guiss Bou Bess, album Set Sela (2019). Auteur : Mara Seck, compositeur Stéphane Costantini.

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  • Chers auditeurs, chères auditrices,


    Le podcast Afrotopiques lance sa campagne de crowdfunding, pour financer la nouvelle saison et le studio de podcasts associatif Génération Afrotopia.


    Participez à la création de la première "Maison d'édition d'Oralités" africaines contemporaines engagée, et résolument tournée vers la jeunesse.


    Je compte sur vous, chère communauté d'auditeurs et auditrices, pour soutenir et partager ce projet.


    Merci beaucoup !


    Marie-Yemta Moussanang


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    Extrait vidéo de l'entretien.


    Dans cet épisode, je rencontre le philosophe Pierre Charbonnier, pour une discussion autour de son livre « Abondance et Liberté », paru en Janvier 2020 aux éditions La Découverte.


    C’est un travail d’enquête remarquable, soutenu par l’ambition de saisir et de mettre au premier plan la dimension matérielle des institutions et catégories de la Modernité occidentale, afin de voir un peu plus clair sur la manière dont on peut envisager de reconfigurer le présent, en prenant sérieusement en considération les limites de la notion de production... qui a structuré toute la pensée politique du XXe siècle.


    Il est question de trajectoire de développement, de la matérialité des catégories politiques, de développement écologique inégal, du lien entre les pratiques sociales et la capacité à faire son histoire. C’est un livre important et structurant, donc on vous invite vivement à le lire car je suis très loin d’en faire le tour dans cet épisode.


    Bonne écoute !


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    Dans cet épisode je rencontre Emmanuel Ndione, chercheur militant génial et très indiscipliné, fondateur de ENDA GRAF SAHEL ( "GRAF" qui signifie Groupe de Recherche Action Formation) c’est une organisation de recherche-action née dans les années 1980 à Dakar.


    La recherche-action, que l’on appelle également « Recherche-expérimentation » ou « recherche-intervention » est une manière de pratiquer la recherche, qui vise à produire du savoir, tout en élaborant des démarches pour produire du changement sur le terrain étudié. C’est un type de recherche qui valorise les connaissances pratiques des personnes et des groupes d’une situation donnée, en partant du principe que ce sont eux qui connaissent mieux leur réalité, et non pas des personnes extérieures.


    Emmanuel Ndione est un personnage infatigable, qui depuis près de 50 ans, met la sociologie au service des situations de projets de développements, pour mieux les subvertir. Je l'ai rencontré à Dakar, dans son bureau de Grand Yoff, au siège d’Enda Graf. Il me raconte comment s’est formée l’approche Enda Graf du développement, la démarche de "compagnon du changement" qui se base sur l’expertise et les stratégies des populations premières concernées.


    Emmanuel Ndione et ses équipes ont fait un travail remarquable depuis les années 80 pour observer, documenter, et transformer la société à partir de ses dynamiques relationnelles les plus inclusives. Les travaux d’Enda Graf sont un matériaux de première main pour construire de la théorie économique très hétérodoxe, qui s’appuie pourtant sur les pratiques de centaines de millions de personnes. Il est peut-être temps de décoloniser l’économie, elle-aussi.


    On tente ici de retracer une partie de la trajectoire du terrain pratique et théorique de Enda Graf, en faisant un petit focus sur l’économie populaire, que l’on se refuse à qualifier d’informelle, car on considère au contraire qu’il s’agit d’économie de la résistance, d’une économie enchâssée qui pourrait bien être le pilier de la transformation sociale et économique sur lequel on pourrait appuyer les formes contemporaines de notre émancipation.


    Bienvenue à l’école de la population africaine et bonne écoute 💁🏽‍♀️


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    Dans cet épisode, je suis très honorée de rencontrer Boubacar Doumbia, vieux maître du Bogolan, à Ségou au Mali, dans les murs en argile du Ndomo l’école-entreprise qu’il a fondé dans les années 1990. Tout y est impressionnant : la majestueuse architecture de terre, le recueillement présent dans les gestes du travail artisanal, le modèle écologique, économique, social et culturel du Ndomo…


    Le Ndomo, c’est une sorte d’entreprise moderne qui fonctionne sur la base des principes qui structurent l’organisation du travail agricole et artisanal dans la société traditionnelle mandingue, et celà, à l’intérieur même du cadre de la conception de la vie bonne dans la culture Mandingue.

    On y distingue 3 types de travail : le travail collectif de la grande famille, le travail individuel, et le travail de soutien. De cela découle une conception du travail, une répartition de son temps et de ce qu’il rapporte, selon son type, en fonction les étapes de la vie, et en conformité avec les valeur sociétales.


    Le Ndomo a établit son propre système de gestion et de planification comptable, à partir des réalités sociales et culturelles de la société malienne contemporaines. Le Ndomo, manifeste une voie de l’émancipation qui passe par une connaissance profonde des institutions culturelles du lien, de la solidarité, du faire société qui sont un héritage actif dans sociétés africaines contemporaines et diasporiques. En tant que modèle, le Ndomo nous invite à procéder à une reformulation, une remodélisation des institutions immatérielles par l’invention de formes hybrides, comme celles qui sont à l’oeuvre dans l’économie populaire africaine contemporaine.


    Cet épisode a été enregistré à Ségou en Décembre 2019.


    Bonne écoute !


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    Dans cet épisode, je suis partie à la rencontre Pierre Rabhi, cette grande figure de l’écologie en France, pionnier de l’agriculture écologique, fondateur de nombreux lieux, structures, mouvements comme celui des Colibris, et auteur de nombreux livres dans lesquels il partage sa vision du monde, et nous invite à le suivre dans la voie de ce qu’il nomme la sobriété heureuse.


    Dans cet entretien on a surtout essayé de resituer les choses, et de repolitiser la figure de Pierre Rabhi, en mettant l’accent sur des aspects souvent occultés de son parcours. Je rappelle que Pierre Rabhi, c’est un enfant de la terre d’Algérie, que c’est avant tout une figure qui incarne le refus de la condition ouvrière moderne, le refus du pacte de la consommation proposé aux milieux populaires auquel lui et son épouse se trouvaient assignés à 20 ans... Que c’est quelqu’un, non seulement qui s’est levé, et qui s’est cassé, il y a déjà 60 ans, mais qui a surtout énormément oeuvré, construit et semé, en France et au-delà.


    On découvre à quel point la trajectoire de Pierre Rabhi est liée de l’entreprise destructrice et prédatrice de la Modernité occidentale. Et comment son parcours de vie est un bel exemple d’émancipation.

    Né dans les années 30, dans une Algérie qui était alors une colonie française de peuplement, c’est l’exploitation de mines de charbon pour le compte de l’industrie française, qui a détruit son village, transformé les paysans en ouvriers mineurs, et condamné à l’exode urbain ou métropolitain toute une génération, en modifiant durablement l’organisation de la vie humaine sur ce territoire.


    Il nous raconte son parcours, du déracinement au réenracinement, sa quête philosophique et spirituelle, son retour à la terre à contre-courant, Il nous parle de sacré, de droit à l’expérimentation, de convivialisme, et de la nécessité brulante de vivre autrement.


    Il nous raconte aussi comment c’était de travailler en agro-écologie sous Thomas Sankara, au début des années 80’ avec des paysans du Burkina Faso. C’est un épisode que j'ai enregistré en Aout 2019, il y a presque 1 an, et je ne peux m’empêcher de noter l’usage prémonitoire du mot « confiné » pour décrire les populations urbaines, et la pertinence de son analyse sur la fragilité du modèle des villes hors-sol et consuméristes, à laquelle la séquence COVID-19 a très largement donné raison.


    Voilà, à mes yeux, Pierre Rabhi, avant quoi que ce soit d’autre chose, c'est quelqu’un qui a tracé une voie, et dont l’histoire personnelle illustre à la fois la fracture coloniale et environnementale de la Modernité, ainsi qu’une belle manière de la dépasser. Donc, à tous ceux qui voudraient opposer écologie et les classes populaires, je rappelle que l’une des grandes figures de la contestation du modèle productiviste et consumériste, est incarnée en France par un ouvrier d’origine algérienne qui a fait sécession, et proposé une alternative radicale. Et à toute la jeunesse des quartiers, j'ai envie de dire que l’on a des figures inspirantes pour penser et construire le retournement du présent.


    Pour prolonger la réflexion, il y a l'épisode et la rencontre avec Malcom Ferdinand sur l’écologie décoloniale.


    Bonne écoute !


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    Dans cet épisode, on rencontre Senamé Koffi Agbodjinou : architecte, anthropologue, penseur, designer, serial fondateur, notamment de L’Africaine d’Architecture qui abrite de nombreux projets dont le Woelab - un immense espace d’expérimentation technologique basé à Lomé, au Togo - dans lequel les nouvelles technologies sont mises au service de principes ancrés dans des traditions éthiques africaines. Ils se caractérisent par la prise en charge, dans un même geste, du souci d’habiter la terre, et de faire humanité en commun.

    C’est ce qu’il nomme la « cosmo-éthique des sociétés traditionnelles », qu’il décrypte dans les architectures vernaculaires.


    Senamé Koffi ouvre les horizons de nos imaginaires du futurs, ceux d’une modernité africaine radicalement ancrée dans ses valeurs profondes, encodées dans ses architectures traditionnelles, engrammées dans les gestes du quotidien de l’économie de la vie en commun… A travers la question de la ville et du bâtiment, il nous invite à penser non pas la dystopie du devenir-nègre du monde, mais l’utopie réaliste de la civilisation du monde contemporain par son africanisation, sa sortie de la marchandisation, son ubuntuisation.


    Senamé Koffi nous partage ses intuitions et sa vision de ce que peut être la ville africaine, et le monde de demain. Après une critique en règle du projet libéral techno-scientifique de la smartcité, il nous permet de comprendre le potentiel qu’offrent les technologies actuelles pour renforcer les échanges et interactions hors-marché, comment on pourrait métropoliser cette forme d’économie, au lieu de la renforcer, en imposant le paradigme de la valeur tel que le conçoivent les sociétés traditionnelles : qui la placent dans l’échange, le lien, la relation et non pas dans ce qui est échangé, ni dans le témoin de la valeur.


    On entrevoit ainsi une des manières dont on pourrait changer d’époque, et bâtir une civilisation basée sur les principes cosmoéthiques que le présent appelle urgemment : habiter la terre et faire monde en commun. Ecoutons le témoignage de la sagesse des anciens qui ont su, on le répète parce que c’est un mantra « prendre en charge dans un même geste, le souci d’habiter la terre et de faire humanité en commun ».


    Bonne écoute.


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    Dans cet épisode, je rencontre Jacques Berthelot, enseignant-chercheur à la retraite, spécialiste des politiques agricoles, défenseur de la souveraineté alimentaire et observateur attentif des politiques d’échanges mises en oeuvre aujourd’hui entre l’Union Européenne et l’Afrique. Il nous explique ce qu’il faut comprendre des Accords de Partenariat Economique (APE), leur genèse, leurs conséquences à court, moyen et long terme.


    On comprend ainsi qu’il ne s’agit pas simplement d’accords « préférentiels », de « suppression de tarifs douaniers » au nom de la « libre circulation de marchandises »… Mais que ce qui est réellement en jeu, c’est la souveraineté, et plus encore, la sécurité alimentaire de centaines de millions de personnes aujourd’hui et demain.


    Les APE ont pour principal effet de détruire les filières agricoles locales sur lesquelles la souveraineté et la sécurité alimentaire se construisent… Il favorisent essentiellement un flux d’importation de céréales subventionnés par l’UE à destination de l’Afrique…Et fabriquent au passage les conditions de l’exode rural dans le meilleur des cas, quand ils n’alimentent pas directement les routes de l’exil à l’extérieur des frontières nationales.


    Un article pour continuer la réflexion.


    Bonne écoute.


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    Dans cet épisode, je rencontre Lucile Cornet-Vernet, fondatrice de la Maison de l’Artémisia, un réseau d’associations et d’entreprises sociales qui diffusent la culture de l’artémisia, une petite plante qui a le pouvoir de guérir et d’éradiquer le paludisme.

    C’est l’occasion de nous rappeler que le paludisme est la première pandémie mondiale, un parasite qui se transmet à l’homme par l’intermédiaire d’un moustique qui vit dans les zones tropicales, c’est à dire, en contact avec la moitié de la population mondiale.

    Chaque année, environ 250 millions de personnes sont infectées par le paludisme, et les 500.000 décès recensés concernent très majoritairement des enfants en Afrique subsaharienne.


    En remettant à la porté de tous le remède le plus simple, le plus efficace, sous sa forme la plus accessible, la Maison de l’Artémisia démontre que la santé n’a pas vocation à être un marché, et que l’on peut retrouver l’autonomie et les connaissances qui nous ont permis de vivre, de nous nourrir, de nous soigner et de nous habiller pendant des millénaires… Avant que des industries ne se mettent en place pour nous vendre ce que nous savions faire pour nous-mêmes.


    Lucile Cornet-Vernet nous explique ce qu’est le paludisme, les vertus de la tisane d’artémisia qui ne se contente pas de guérir les crises de palu, mais qui éradique le parasite dans le sang, là où le traitement ACT commercialisé par l’industrie pharmaceutique se contente de stopper les crises, mais ne détruit pas le parasite, qui continue à se transmettre de piqure de moustique en piqure de moustique.


    On comprend qu’il est urgent de renouer avec une vision de la santé comme « bien commun » et de favoriser les solutions simples et efficaces qui nous permettent de sortir de la logique de marché. Le financement de la R&D en santé publique, réalisé des consortium type « OMS/fonds Mondial/laboratoires pharmaceutiques » conduit à la situation dans laquelle nous sommes : la recherche de solutions captives et onéreuses type vaccins à renouveler tous les 2 ans, ou comprimés qui soignent mais pas trop… qui ont surtout pour effet d’alimenter une rente colossale de plusieurs milliards de dollars qui profite surtout à ceux qui s'enrichissent grâce la maladie.


    La santé, aussi, est politique. Alors que 70% des médicaments industriels sont fabriqués à partir de molécules de plantes, la maison de l’artémisia sème une belle graine dans le jardin médicinal de la santé comme bien commun, et ouvre de nouvelles voies pour construire l’émancipation au XXIe siècle.


    Bonne écoute !


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    Dans cet épisode je rencontre Fadel Barro, co-fondateur et ex-coordinateur du mouvement Y EN A MARRE au Sénégal, qui a semé les graines de l’insurrection citoyenne en 2011. On revient sur la genèse du mouvement, le contexte de la mobilisation et les stratégies qui ont été mises en oeuvre pour donner forme à une puissante contestation populaire constructive.


    On découvre comment la jeunesse africaine conscientisée a refondé l’espace du politique, la créativité dont elle a fait preuve pour inventer de nouveaux outils d’éducation populaire adaptés au contexte ; c’est à dire ancrés dans la culture locale, en langue locale, enracinés dans des situations de vie réelle et concrète, et diffusés à travers une culture véritablement partagée. Y EN A MARRE est parvenu à politiser le social, à l’arracher au fatalisme religieux, et le réveil populaire qui s’en est suivi n’a pas dit son dernier mot : le processus de réappropriation du politique initié par le mouvement, est en cours de mutation. Fadel Barro nous raconte le pourquoi, le comment, et aussi ce qu’il reste à faire.


    La stratégie et la créativité yenamarriste a porté de beaux fruits - car Abdoulaye Wade a été contraint de quitter le pouvoir par la voie des urnes - mais le plus important est peut-être l’espace qui a été ouvert. Celui des possibles, en montrant que l’engagement politique peut passer par des voies alternatives aux partis. Y EN A MARRE s’est rapidement doté d’une philosophie d’action citoyenne au service de la transformation de la société : le Nouveau Type de Sénégalais (NTS) comme pratique de la recherche de solution aux problèmes identifiés…incarnation du changement que l’on souhaite voir advenir. C’est passionnant et vivant.


    L’aventure Y EN A MARRE n’est pas terminée, elle se transforme et la dynamique accompagne aujourd’hui d’autres initiatives comme l’Université Populaire des Mouvements Citoyens. On attend donc, selon le proverbe wolof, « le deuxième saut », celui qu’il reste à faire, ou encore peut-être la nouvelle manière de sauter qui est à inventer. La clé du nouveau saut est peut-être à chercher dans le « Qui? » saute, et on a hâte de voir ce qui se passe quand les intellectuels réarticulent et actualisent le discours émancipateur panafricain pour l’adapter aux besoins de ce que l’Afrique est devenue aujourd’hui.


    Bonne écoute.


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    Bande sonore d’un échange public organisé par l’équipe du podcast Afrotopiques, avec Malcom Ferdinand.

    Une co-création : Marie-Yemta Moussanang, Malcom Ferdinand, Librairie La Brèche, radio r22-tout-monde et toutes les personnes présentes.


    LES RENCONTRES AFROTOPIQUES sont des moments d’oralité en commun et de discussion des thématiques abordées dans le podcast.


    Bonne écoute !


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