Episodes

  • Jeroen Olysaegers "La femme sauvage" (Stock)

    AoĂ»t 1577. InstallĂ© depuis dix ans Ă  Amsterdam oĂč il tient une auberge, Beer vit avec sa fille adoptive Marie qui supporte de plus en plus mal son mutisme et sa mĂ©lancolie. Ces derniers soirs, comme chaque annĂ©e au mois d’aoĂ»t, il s’isole dans sa chambre pour se remĂ©morer sa vie passĂ©e Ă  Anvers, ses trois Ă©pouses mortes en couches et son dernier amour, la Femme Sauvage, dĂ©cĂ©dĂ©e durant leur fuite vers le nord. Il replonge dans la ville bruissante d’Anvers au XVIe siĂšcle aux cĂŽtĂ©s des intellectuels Ă©clairĂ©s de l’époque – cartographes, imprimeurs, commerçants, astrologues, peintres, etc. – qui frĂ©quentent son auberge et y tiennent les rĂ©unions secrĂštes de leur confrĂ©rie, baptisĂ©e la Famille de l’Amour. Au retour d’une expĂ©dition maritime, des explorateurs lui demandent d’hĂ©berger une « femme sauvage » et sa petite fille, toutes deux vĂȘtues de peaux de phoque. Pour ne pas dĂ©plaire Ă  ces hommes qu’il admire, Beer accepte Ă  contrecƓur. Il les enferme dans une chambre qu’il munit de barreaux et commence Ă  faire payer les curieux qui veulent dĂ©couvrir « les crĂ©atures ». Ce comportement obtus et barbare lui aliĂšne progressivement la sympathie de ses proches, Ă  commencer par Margreet, la sage-femme qui vit avec lui, et son fils Ward, qui prend ses distances en lisant des livres Ă©sotĂ©riques interdits par la censure.Alors que le pays est en proie aux luttes religieuses et aux rĂ©voltes ourdies contre l’occupant espagnol, que les exĂ©cutions publiques, les tortures, les destructions d’églises, les incendies et les massacres se multiplient, un fĂ©lon du nom de Jan Grauwels tente de manipuler Beer pour infiltrer la Famille de l’Amour

    « Le nouveau livre de Jeroen Olyslaegers est comme Game of Thrones dans l'Anvers du XVIe siÚcle » Trouw Traduit du néerlandais (Belgique) par Françoise Antoine

    Lecture de Thibault de Montalembert

    Musique : Josquin, the Undead : Laments, Deplorations & Dances of Death. Grain de la Voix et Björn Schmelzer

    "Nymphes des bois" et "Plusieurs regretz"

  • JĂ©rĂ©mie Claes "L'horloger" (Editions HĂ©loĂŻse d'Ormesson)

    La tĂȘte de Jacob Dreyfus est mise Ă  prix depuis qu'il a participĂ© au dĂ©mantĂšlement d'une milice suprĂ©maciste sĂ©vissant jusqu'au Capitole. Mais c'est sa femme qui est prise pour cible. AprĂšs cet assassinat, Jacob est exfiltrĂ© sous une nouvelle identitĂ© dans un petit village de Provence, oĂč il tente de se reconstruire. Dix ans plus tard, alors qu'il coule enfin des jours apaisĂ©s dans une bastide des gorges du Loup, son passĂ© le rattrape. La seule vengeance peut-elle expliquer la chasse Ă  l'homme acharnĂ©e dont il est la proie ? En compagnie de Solane, le vieux flic français chargĂ© de sa protection, Jacob se lance dans une traque obsessionnelle de la vĂ©ritĂ©.
    Thriller Ă©tourdissant qui nous entraĂźne de la Louisiane Ă  Bruxelles, de la Patagonie Ă  Paris.

    Musique : « Ah que la vie est belle » par Zaho de Sagazan

    Et « It’s Alright » par The Big Push.

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  • Julia Malye "La Louisiane" (Stock)

    " Pour la premiĂšre fois depuis trois mois, elles discernent enfin le sable que leur cachait l’eau lors de la traversĂ©e de l’Atlantique, ce fond de l’ocĂ©an qu’elles ont briĂšvement aperçu ce matin en dĂ©barquant de La Baleine. Personne ne leur a expliquĂ© oĂč elles seraient logĂ©es ce soir, dans combien de temps elles seraient fiancĂ©es. On ne dit pas tout aux femmes. "


    Paris, 1720. Marguerite Pancatelin, la SupĂ©rieure de la SalpĂȘtriĂšre, est mandatĂ©e pour sĂ©lectionner une centaine de femmes « volontaires » qui seront envoyĂ©es en Louisiane afin d’y Ă©pouser les colons français. Parmi elles, trois amies improbables : une orpheline de douze ans Ă  la langue bien pendue, une jeune aristocrate dĂ©sargentĂ©e et rejetĂ©e par sa famille ainsi qu’une femme condamnĂ©e pour avortement. Comme leurs compagnes Ă  bord de La Baleine, Charlotte, PĂ©tronille et GeneviĂšve ignorent tout de ce qui les attend au-delĂ  des mers. Et n’ont pas leur mot Ă  dire sur leur avenir. Ces Ă©trangĂšres rĂ©unies par le destin devront braver l’adversitĂ© – maladie, guerre, patriarcat –, traverser une vie faite de chagrins d'amour, de naissances et de deuils, de cruautĂ© et de plaisirs inattendus. Et d’une amitiĂ© forgĂ©e dans le feu.
    Un roman d’une profondeur et d’une Ă©motion saisissantes, qui nous transporte au cƓur d’une terre impitoyable, aux cĂŽtĂ©s d’hĂ©roĂŻnes animĂ©es d’une extraordinaire soif d’amour et de vie.

    Musique:

    Queen “Cool Cat” et Beach House “Silver Soul”

  • Emmanuelle de Boysson "Un coup au cƓur" (Calmann-Levy)

    "Il Ă©tait 17 h 20 lorsque mon cƓur s’est arrĂȘtĂ©. Je ne me suis aperçue de rien.
    Ça s’est passĂ© comme si je m’endormais. C’était doux, presque un soulagement."

    Emma est morte le 7 fĂ©vrier 2022. Son cƓur a cessĂ© de battre pendant trente minutes. Un coup au cƓur raconte la bataille qu’elle a dĂ» mener pour revenir Ă  la vie, de la rĂ©animation Ă  la rĂ©Ă©ducation. Pour se remĂ©morer aussi oĂč elle est partie quand tout le monde la pensait disparue.
    Au fil de cette traversĂ©e, Emma explore ses sensations, les images qui lui viennent – certaines d’une beautĂ© Ă  couper le souffle, d’autres, plus inquiĂ©tantes, qui interrogent son rapport Ă  la mort, entre attirance et rĂ©pulsion – puis cĂ©lĂšbre, avec un enthousiasme contagieux, ces petits riens qui font notre bonheur quotidien.
    Une plongĂ©e dans l’au-delĂ .

    Lecture de Thibault de Montalembert

    Musique : "Paradis blanc" de Michel Berger

    "I will survive" de Gloria Gaynor.

  • Dominique Missika "L'affaire Bernard Natan; les annĂ©es sombres du cinĂ©ma français" (DenoĂ«l)

    À la tĂȘte de la firme PathĂ©-Natan, Bernard Natan rĂšgne sur le cinĂ©ma français des annĂ©es 1930. Victime d’une campagne de presse, il est lynchĂ©, lĂąchĂ©, emprisonnĂ© et disparaĂźt en 1942.
    Qui Ă©tait Bernard Natan ? Un capitaine d’industrie, un visionnaire, un fou de cinĂ©ma ? En 1929, il succĂšde Ă  Charles PathĂ© Ă  la tĂȘte de la firme qu’il fait prospĂ©rer. Moderniser, produire, distribuer, rien ne lui rĂ©siste. Bernard Natan est de toutes les rĂ©volutions du septiĂšme art : le parlant, la couleur, les premiers dessins animĂ©s de Walt Disney

    Mais dans la France des annĂ©es 1930, l’extrĂȘme droite se dĂ©chaĂźne contre ce Juif roumain nĂ© Nahum Tanenzaph. Sous l’Occupation, l’ancien combattant de la Grande Guerre est la cible de la presse collaborationniste. EmprisonnĂ© pour une affaire financiĂšre, il est dĂ©chu de sa nationalitĂ© par Vichy Ă  la suite d’un procĂšs fantoche, dĂ©portĂ© et assassinĂ© Ă  Auschwitz.
    Celui qui fut l’un des pionniers du septiĂšme art a Ă©tĂ© effacĂ©. En puisant dans les archives, Dominique Missika braque les projecteurs sur celui qui est devenu une « lĂ©gende noire ». Elle en tire un rĂ©cit poignant qui remet le nom de Bernard Natan Ă  sa juste place au gĂ©nĂ©rique de l’histoire du cinĂ©ma français.
    Une légende oubliée du cinéma français enfin réhabilitée.

    Musique : Glenn Miller « In the Mood »

    « Le pĂȘcheur de perles » de Bizet

  • Virginie Linhart "Une sale affaire" (Flammarion)

    Ce livre est le rĂ©cit d’un procĂšs littĂ©raire et des interrogations qu’il a fait naĂźtre en moi. IntentĂ©e par ma mĂšre et mon ex-compagnon, la procĂ©dure visait Ă  empĂȘcher la parution de mon prĂ©cĂ©dent ouvrage, L’Effet maternel.
    Depuis le jugement et la publication de L’Effet maternel, quatre ans se sont Ă©coulĂ©s. Et je n’ai cessĂ© de m’interroger sur l’écriture autobiographique.
    À qui appartient l’histoire ?
    C’est Ă  cette question que tente de rĂ©pondre Une sale affaire.

    Musique : "Tant de nuits" Alain Bashung et "Sympathy for the devil" Rolling Stones

  • Charles Dantzig "Paris dans tous ses siĂšcles" (Grasset)


    Que peuvent avoir en commun Victor, Ă©crivain vieillissant qui ne publie plus et devient un commentateur d’actualitĂ© grincheux, son amie Gabrielle, galeriste quinquagĂ©naire Ă©prise d’un homme beaucoup plus jeune, le fils de Victor, la mĂšre et la fille de Gabrielle, des Ă©tudiants qui tentent de devenir artistes, des provinciaux qui rĂȘvent de se faire une place, un escort brĂ©silien, le chat Xanax et le teckel Guillaume, un cadavre qui disparaĂźt, un Ă©lĂ©phant qui s’échappe et tant d’autres personnages de cette ronde qui efface les frontiĂšres entre les espĂšces, les espaces et les temps ?

    Tous vivent Ă  Paris, cette scĂšne du jugement perpĂ©tuel. Or, « Paris est un combat ». Certains cherchent la clef pour conquĂ©rir la capitale, d’autres croient l’avoir, d’autres l’espĂšrent, d’autres pensent qu’elle n’existe pas. Qu’adviendra-t-il des ambitions de chacun ?

    Parmi les mille inventions de ce roman qui fourmille de trouvailles, de traits d’esprit, de brio et de profondeur, soulignons quelques surprises :
    Au dĂ©but de chaque chapitre, un animal parle, animal domestique ou symbolique du personnage qui va suivre, et traitĂ© Ă  Ă©galitĂ© avec lui. De temps Ă  autre, les rues de Paris se complĂštent de « dĂ©roulĂ©s historiques »: leur bitume est retirĂ©, des rambardes s’élĂšvent et les passants assistent, comme du balcon d’un thĂ©Ăątre, Ă  des scĂšnes du passĂ©, celles de la LibĂ©ration aussi bien que des conversations des «prĂ©cieuses» de l’hĂŽtel de Rambouillet.
    En bas de page, quand les personnages se trouvent dans la rue, sont notĂ©es des bribes de phrases qui forment la bande passante de conversations saisies au vol en marchant. On n’est pas plus obligĂ© de les lire que de les Ă©couter, mais elles contribuent Ă  donner sa tonalitĂ© Ă  la capitale.

    Une façon nouvelle de raconter des vies nouvelles, dans un Paris désordonné, vivace, imprévisible, créatif. Sous les auspices de l'Ulysse de Joyce, du Berlin Alexanderplatz de Döblin et du Petersbourg de Biély, une histoire à la fois contemporaine et mythologique, un grand roman de la ville.

    LECTURE : Thibault de Montalembert

    Musique : Juniore "A la plage" et Miley Cyrus "Flowers"

  • Jean-Louis du Roy "Fais descendre le Polonais" (Le Cri)

    Trois condisciples d'universitĂ© aux parcours de vie contrastĂ©s se retrouvent mĂȘlĂ©s, quelques dizaines d'annĂ©es plus tard, Ă  un crime survenu dans un bar montant bruxellois.Quels sont les liens entre le riche et cĂ©lĂšbre pĂ©naliste, le patron pervers de la boĂźte de nuit et l'auteur de fiction en mal de succĂšs ?

    À la veille de sa mort, l'avocat confie Ă  l'Ă©crivain le manuscrit de ses mĂ©moires. Il y manque une cinquantaine de pages. Étrangement, celles-ci parviennent au romancier au compte-gouttes et dans le dĂ©sordre. Peu Ă  peu, en y lisant les tĂ©moignages d'un nain au passĂ© douteux, homme lige du propriĂ©taire du bar, du voyou recruteur et de la tenanciĂšre, l'Ă©crivain dĂ©couvre des informations sur le crime. Pris au jeu, il mĂšne l'enquĂȘte, accompagnĂ© par une jeune entraĂźneuse qui travaille dans la boĂźte depuis peu et le sĂ©duit. Profitant de l'aubaine, l'Ă©crivain se saisit de l'histoire pour la transformer en fiction. Il comprend alors avec effroi qu'il est lui-mĂȘme liĂ© de trĂšs prĂšs au cold case qu'il raconte. De fictionnel, son roman dĂ©rive vers la chronique d'une rĂ©alitĂ© Ă  laquelle il ne pourra Ă©chapper.

    Roman noir haletant qui embarque le lecteur dans l'univers glauque de la nuit, "Fais descendre le Polonais" tient le lecteur en haleine et ne le lùche qu'une fois l'affaire élucidée.

    Musique : Bach "Variations Goldberg"

    Mozart "La flûte enchantée" (La Reine de la nuit)

  • StĂ©phanie Hochet « William » (Rivages)

    Que s’est-il passĂ© dans la vie de William Shakespeare entre 1585 et 1592, de ses vingt et un Ă  vingt-huit ans ? Personne ne le sait. Ce sont ces « annĂ©es perdues » que StĂ©phanie Hochet se plaĂźt ici Ă  imaginer.
    William, mariĂ© prĂ©maturĂ©ment et pĂšre de trois enfants, Ă©touffe dans le carcan familial. Il ne rĂȘve que d’une chose: devenir acteur. Il se joint alors aux ComĂ©diens de la Reine qui cherchent un remplaçant. Dans une Angleterre oĂč sĂ©vit la peste, son sort bascule et sa vocation de dramaturge s’affirme. Ses rencontres avec le tĂ©nĂ©breux Richard Burbage, qui lui inspirera le personnage de Richard III, et le fascinant Marlowe seront dĂ©cisives. Elles dicteront son destin.
    Avec un art subtil du portrait, l’autrice Ă©voque aussi en Ă©cho les thĂ©matiques et les passages de sa propre vie qui justifient son attachement Ă  la figure de Shakespeare : l’androgynie, l’emprise des aĂźnĂ©s, le dĂ©sir de fuite, l’idĂ©e du suicide
 Une forme inĂ©dite du roman d’apprentissage.

    Musique : « My funny Valentine » Chet Baker

  • Corine Jamar "Les aimantes" (Zellige)

    Avoir un ami et penser que c'est pour la vie, nous avons tous connu cela...
    Delphine, Anne, Noémie et Eléonore ont toujours cru que le lien qui les unissait était indestructible.
    La mort brutale du fils de l'une d'entre elles, dont Delphine se sent coupable, va faire vaciller leur amitié, exacerbant les tensions et alimentant les incompréhensions.
    Et puis, il y a les alĂ©as de la vie, et le temps qui passe, tout simplement. Delphine, prĂȘte Ă  tout pour prĂ©server l'unitĂ© de leur petit groupe, jusqu'Ă  sacrifier l'amour.
    Un roman poignant sur l'amitié et sa vulnérabilité. On y parle aussi d'amour; de sororité et de mort.

    Musique : Louis Amstrong « Saint James infirmary »

    Georges Brassens « Les passantes »

  • Bernard Werber "Le temps des chimĂšres" (Albin Michel)

    Que deviendrait le monde si l’ĂȘtre humain changeait de forme ?

    C’est le projet fou d’Alice Kammerer, jeune et brillante scientifique, qui parvient, au lendemain de la troisiùme guerre mondiale, à inventer de nouvelles espùces hybrides : des chimùres, mi-homme mi-animal.
    Tandis qu’elle assiste, fascinĂ©e, Ă  l’évolution de ces bĂ©bĂ©s pourvus d’ailes, de griffes ou de nageoires, un monde diffĂ©rent se construit.

    Il est à la fois porteur d’alliances et de conflits, de passion et d’espoir

    Mais quelle place l’ancienne humanitĂ© pourra-t-elle conserver face Ă  ces nouveaux « voisins » ?


    Avec ce roman d’aventures haletant, Bernard Werber nous entraĂźne dans un monde oĂč les frontiĂšres de la rĂ©alitĂ© sont repoussĂ©es, vers un avenir peut-ĂȘtre pas si lointain.

    Musique : Maurane « Pour les ùmes et pour les hommes » Richard Gotainer « Halleluya »

  • Aysegul Savas « Transparence de la umiĂšre » Traduit de l'anglais par Ana Samaka (Bouquins)

    L'art dévoile-t-il ou dissimule-t-il le créateur ?Une étudiante en histoire de l'art loue la maison d'un professeur dont elle suit les travaux de recherche. Il la prévient simplement que sa femme Agnes, qui est peintre, viendra occuper quelques jours l'atelier du premier étage.
    Lorsque celle-ci arrive, une intimitĂ© se noue entre les deux femmes : au fil de leurs rencontres dans l'escalier, dans l'atelier ou au cafĂ©, Agnes se confie sur sa jeunesse, sa famille, son mariage, ses enfants et son rapport Ă  l'art. Il apparaĂźt petit Ă  petit qu'Agnes n'a plus d'autre endroit oĂč aller. Les moments de sa vie racontĂ©s avec frĂ©nĂ©sie trahissent une personnalitĂ© dispersĂ©e et mouvante. Sa crĂ©ativitĂ©, qui reste Ă  l'Ă©tat d'une peinture blanche sur une toile blanche, s'en ressent.
    Dans ce roman empreint d'une atmosphĂšre trouble et sensuelle, AyƟegĂŒl SavaƟ, d'une plume prĂ©cise et subtile, plonge son lecteur dans le monde inquiĂ©tant de la crĂ©ation et interroge la figure de l'artiste: l'art dĂ©voile-t-il ou dissimule-t-il le crĂ©ateur?

    Musique: Bach: Concerto for 4 pianos BWV 1065
    III. Allegro (D. Fray, J. Rouvier, E. Christien, A. Vigoureux)

  • Natasha Fraser "Harold ! Ma jeunesse avec Harold Pinter" (Grasset) Traduit de l’anglais par François Rosso.

    Harold Pinter (1930-2008), prix Nobel de littĂ©rature 2005, est un des plus grands dramaturges du XXe siĂšcle. NĂ© dans une famille juive de l’Est de Londres, fils d’un tailleur pour hommes, Ă©levĂ© dans un quartier pauvre et populaire, il est devenu une cĂ©lĂ©britĂ© mondiale par la seule force de son talent. En janvier 1975, il rencontre la fameuse biographe Antonia Fraser, Ă©minente membre de l’aristocratie britannique. Ce coup de foudre les entrainera en effet Ă  quitter leurs conjoints respectifs.

    A l’ñge de onze ans, Natasha Fraser, voit sa vie bouleversĂ©e par l’arrivĂ©e dans sa famille de ce gĂ©nie. ElevĂ©e dans « les meilleures Ă©coles », apprenant Ă  « bien se tenir », elle dĂ©couvre qu’une autre vie existe, consacrĂ©e Ă  l’art.
    Dans la garde-robe d’Harold Pinter, c’était le noir qui dominait. Et pourtant, il n’écrivait ses chefs-d’Ɠuvre que sur des grandes feuilles de couleur paille. Sportif, il adorait tout de blanc vĂȘtu, jouer au cricket. Sa Mercedes dĂ©capotable couleur argent Ă©clipsait toutes les autres. Et il y avait surtout la magie du thĂ©Ăątre : le regarder absorber le dĂ©roulement d’une piĂšce, c’était regarder quelqu’un qui embrassait toute la scĂšne Ă  360°.
    Un Pinter intime comme on ne l’avait jamais montrĂ©.

    Musique : "Falling in love again" MarlĂšne Dietrich

    Mozart « Clarinet concerto en A major" K.622 adagio. Sabine Meyer 232

  • Olivia ElkaĂŻm: « Fille de Tunis » (Stock)

    « D’elle, il me reste un foulard bleu, une bouteille vide de son parfum et ce clichĂ© sĂ©pia, conservĂ© dans un cadre rouge : la vingtaine resplendissante, chignon laquĂ©, bustier soulignant le galbe de sa poitrine, Arlette trĂŽne sur la cheminĂ©e de mon salon. Mais je ne sais presque rien d’elle, quelques dates, mes souvenirs d’enfance. Je fouille ma mĂ©moire, gratte le passĂ©. Comment la saisir, elle qui ne s’est jamais laissĂ© attraper par personne ? »

    Entre Tunis et Marseille, Olivia Elkaim nous entraĂźne dans le sillage de sa grand-mĂšre maternelle, une femme libre et magnĂ©tique au destin percutĂ© par la guerre, la dĂ©colonisation et l’exil, dont elle livre un portrait incandescent.

    Musique :Eminem “Cleaning out my closet” et Dalida "Love in Porto Fino"

  • 1940 : les nazis s’installent au musĂ©e du Jeu de Paume, et Rose Valland entre dans l’Histoire. AttachĂ©e de conservation, elle note secrĂštement – et au pĂ©ril de sa vie – la provenance et la destination de toutes les Ɠuvres d’art spoliĂ©es qui transitent par le musĂ©e au bĂ©nĂ©fice d’Hitler et de Goering. AprĂšs la guerre, elle jouera un rĂŽle essentiel dans leur rĂ©cupĂ©ration. Issue d’une classe sociale modeste, femme dans un monde d’hommes, homosexuelle assumĂ©e, Rose Valland incarne Ă  elle seule le dĂ©passement de bien des dĂ©terminismes.
    Quatre-vingts ans plus tard, une rĂ©alisatrice dĂ©couvre ce mystĂ©rieux personnage de rĂ©sistante et dĂ©cide de lui consacrer un documentaire. Sous la forme d’un journal d’enquĂȘte, elle retrace peu Ă  peu son parcours et y mĂȘle bientĂŽt ses rĂ©flexions intimes, ses peurs et ses incertitudes, notamment sur la question de la transmission, en un jeu de miroirs qui la confronte Ă  ses propres contradictions.

    Musique: Paco Ibañez "Cancion de Jinete", sur un texte de Federico Garcia Lorca

    Haendel, "Ombra mai fu" (Serse), par Philippe Jaroussky

  • Gilles Paris « Les 7 vies de Mlle Belle Kaplan » (Plon)

    Belle Kaplan est aussi adulée qu'insaisissable. Ses films sont des succÚs planétaires, mais elle reste énigmatique et discrÚte sur sa vie. Des lettres anonymes lui parviennent, dont l'expéditeur, lui, n'ignore rien de sa sulfureuse trajectoire d'autrefois.
    Du prĂ©sent au passĂ©, de Paris Ă  la Floride en passant par San Francisco, tandis que Belle Kaplan est sur le point de rĂ©aliser son plus grand rĂȘve, celui de tourner Ă  Hollywood aux cĂŽtĂ©s des plus grands, le destin va la rattraper. Un amour de jeunesse s'invite, pour le meilleur et pour le pire.
    Gilles Paris livre ici un roman poignant sur la quĂȘte d'identitĂ©, la force de volontĂ© et le destin qui unit les Ăąmes.

    Musique : Senso Fonseca "La piu bella del mondo" et Leo Sayer "Easy to love"

  • JosĂ©phine Tassy « L’indĂ©sir» (L’Icononoclaste)

    Ce matin, Nuria s'est réveillée avec une impression d'hier. Dans la nuit, son téléphone a sonné : sa mÚre est morte. Elle ne ressent rien, aucun chagrin pour cette étrangÚre qu'elle n'a pas vue depuis huit ans. Avec Abel, un garçon croisé en boßte, elle part à la rencontre des drÎles d'individus qui ont connu sa mÚre. Nuria cherche des réponses sans poser de questions. Sauf une, qu'elle garde pour elle. Le souvenir de cette femme qui n'a jamais voulu d'elle la renvoie à l'indésir qui lui colle à la peau.

    Musiques : "L’amour à la plage" de Niagara et "What a Wonderful World" de Louis Armstrong.

  • Jean-Philippe Toussaint "L'Ă©chiquier" (Editions de Minuit)

    "Je voudrais que ce livre soit l'échiquier de ma mémoire"

    « Je voulais que ce livre traite autant des ouvertures que des fins de partie, je voulais que ce livre me raconte, m’invente, me recrĂ©e, m’établisse et me prolonge. Je voulais dire ma jeunesse et mon adolescence dans ce livre, je voulais dĂ©bobiner, depuis ses origines, mes relations avec le jeu d’échecs, je voulais faire du jeu d’échecs le fil d’Ariane de ce livre et remonter ce fil jusqu’aux temps les plus reculĂ©s de mon enfance, je voulais qu’il y ait soixante-quatre chapitres dans ce livre, comme les soixante-quatre cases d’un Ă©chiquier. »

    Musique : Romance oubliée, Liszt et « Karma man » David Bowie

  • Fabrice Roger-Lacan "Encore un instant" au thĂ©Ăątre des Galeries jusqu’au 12 novembre

    Suzanne est une actrice adulĂ©e du public. Une adoration qui, parfois, va jusqu'au fĂ©tichisme de son jeune locataire Simon. Pour son retour sur les planches, elle hĂ©site Ă  jouer dans la nouvelle piĂšce de Max spĂ©cialement Ă©crite pour elle. Ce que veut Suzanne, c’est ĂȘtre seule, encore un instant, avec Julien.

    Julien qu’elle aime et qui l’aime, Julien qui rĂąle et qui rit, Julien qui vit mais que personne ne voit ni n’entend. Sauf Suzanne
 En fait, elle a du mal Ă  vivre (et Ă  retravailler) depuis que son mari est mort et elle prĂ©fĂšre rester avec lui, du moins avec son fantĂŽme.

    Musique: Serge Reggiani « L’absence »

    Frank Sinatra “The shadow of your smile”

  • Laure Murat "Proust, roman familial" (Robert Laffont)

    SĂ©lection du Prix Goncourt

    Un texte qui médite sur le pouvoir émancipateur de la littérature, qui est aussi un pouvoir de consolation et de réconciliation avec la vie.
    "Toute mon adolescence, j'ai entendu parler des personnages d' À la recherche du temps perdu, persuadĂ©e qu'ils Ă©taient des cousins que je n'avais pas encore rencontrĂ©s. À la maison, les rĂ©pliques de Charlus, les vacheries de la duchesse de Guermantes se confondaient avec les bons mots entendus Ă  table, sans solution de continuitĂ© entre fiction et rĂ©alitĂ©. Car le monde rĂ©volu oĂč j'ai grandi Ă©tait encore celui de Proust, qui avait connu mes arriĂšre-grands-parents, dont les noms figurent dans son roman.
    J'ai fini, vers l'Ăąge de vingt ans, par lire la Recherche. Et lĂ , ma vie Ă  changĂ©. Proust savait mieux que moi ce que je traversais. il me montrait Ă  quel point l'aristocratie est un univers de formes vides. Avant mĂȘme ma rupture avec ma propre famille, il m'offrait une mĂ©ditation sur l'exil intĂ©rieur vĂ©cu par celles et ceux qui s'Ă©cartent des normes sociales et sexuelles.
    Proust ne m'a pas seulement décillée sur mon milieu d'origine. Il m'a constituée comme sujet, lectrice active de ma propre vie, en me révélant le pouvoir d'émancipation de la littérature, qui est aussi un pouvoir de consolation et de réconciliation avec le Temps."

    Musique : Halévy : « La Juive » « Rachel Quand du Seigneur »