Episódios

  • Depuis ses premiers bords en croisiĂšre avec son pĂšre jusqu'aux tours du monde en solitaire et en Ă©quipage, SĂ©bastien Simon a construit son parcours sans jamais emprunter la voie la plus Ă©vidente. ArrivĂ© tard dans la compĂ©tition, Ă©tudiant en Ă©cole d'ingĂ©nieur sur le circuit Figaro, le Sablais avance par Ă©tapes, sans suivre les parcours balisĂ©s. Une trajectoire singuliĂšre, guidĂ©e par une exigence constante et une volontĂ© de toujours repousser ses propres limites.

    La victoire sur la Solitaire du Figaro en 2018 lui ouvre les portes de l'IMOCA, mais les annĂ©es suivantes sont loin d'ĂȘtre un long fleuve tranquille. Premier projet marquĂ© par les avaries, abandon sur le VendĂ©e Globe 2020, recherche d'un nouveau partenaire, reconstruction autour du Groupe Dubreuil, participation Ă  The Ocean Race : il revient sans dĂ©tour sur les moments oĂč tout aurait pu s'arrĂȘter, et sur les rencontres qui lui ont permis de rebondir.

    Il raconte Ă©galement en dĂ©tail l'un des Ă©pisodes les plus marquants de sa carriĂšre : son grave accident lors de Retour Ă  la Base, en 2023. Blessure Ă  la tĂȘte, fracture cervicale, dĂ©mĂątage Ă  quelques milles de l'arrivĂ©e, qualification arrachĂ©e malgrĂ© les douleurs... Un enchaĂźnement d'Ă©vĂ©nements qui aurait pu tout remettre en cause, mais qui renforce au contraire sa dĂ©termination et transforme durablement son approche de la navigation.

    Au fil de son parcours se dessine le portrait d'un marin qui prĂ©fĂšre tracer sa propre route plutĂŽt que suivre les itinĂ©raires Ă©tablis. ÉcartĂ© des filiĂšres classiques, adepte des choix assumĂ©s, parfois Ă  contre-courant, SĂ©bastien Simon revendique une maniĂšre trĂšs personnelle d'aborder la compĂ©tition. Cette indĂ©pendance se retrouve aussi bien dans ses choix de carriĂšre que dans sa maniĂšre de concevoir ses projets et de prendre ses dĂ©cisions en mer.

    À travers ce rĂ©cit se dessine le portrait d'un compĂ©titeur qui ne se satisfait jamais de ses succĂšs. Chaque objectif atteint ouvre immĂ©diatement le suivant, chaque Ă©chec nourrit la suite. Une ambition assumĂ©e, forgĂ©e par les expĂ©riences autant que par les rĂ©sultats, et tournĂ©e vers un cap qui guide chacune de ses dĂ©cisions : remporter un jour le VendĂ©e Globe.


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  • Quatre dĂ©cennies plus tard, Lionel PĂ©an reste le premier Français Ă  avoir remportĂ© - Ă  29 ans - la Whitbread, le tour du monde en Ă©quipage aujourd’hui connu sous le nom d’The Ocean Race. Pourtant, rĂ©duire le skipper de L'Esprit d'Equipe Ă  cette victoire historique de 1986 serait passer Ă  cĂŽtĂ© de l’essentiel. DerriĂšre le palmarĂšs se dessine le parcours d’un marin qui, trĂšs tĂŽt, a fait le choix de construire sa propre route, loin des certitudes Ă©tablies et des effets de mode.

    Tout commence Ă  La Rochelle dans les annĂ©es 1970 : formĂ© auprĂšs de figures majeures comme Bertrand ChĂ©ret ou Philippe HarlĂ©, il quitte le foyer familial Ă  seulement quinze ans pour traverser l’Atlantique. Cette dĂ©cision fondatrice nourrit une conviction qui ne le quittera jamais : la voile est autant une aventure humaine qu’un exercice de mĂ©thode. De la campagne olympique en Soling Ă  la Mini-Transat, puis Ă  la victoire dans la Solitaire du Figaro en 1983, PĂ©an affine une approche oĂč la prĂ©paration compte davantage que l’inspiration du moment.

    La genĂšse de L’Esprit d’Équipe illustre parfaitement cette philosophie. Alors que la plupart des projets misent sur la puissance des maxi-yachts, il choisit un bateau plus modeste, optimise chaque dĂ©tail et constitue un Ă©quipage recrutĂ© moins pour son prestige que pour son adhĂ©sion au projet collectif. Analyse du rating, gestion rigoureuse, prĂ©paration physique, culture de groupe : bien avant que ces notions ne deviennent la norme, Lionel PĂ©an les place au cƓur de sa stratĂ©gie

    La victoire dans la Whitbread 1985-1986 ouvre un nouveau chapitre. AprÚs la Solitaire du Figaro et le tour du monde, Lionel Péan multiplie les projets : Route du Rhum, Sydney-Hobart, Transat AG2R, records océaniques ou encore campagnes internationales en Maxi ou sur des super yachts et des projets pro-am comme le VO70 SFS.

    Quarante ans aprÚs sa victoire autour du monde, Lionel Péan, 69 ans, reste actif dans le monde maritime. AprÚs une carriÚre marquée par la compétition et la gestion de projets complexes, il développe aujourd'hui Seafloatech, une entreprise spécialisée dans les solutions de mouillages écologiques. Du jeune navigateur parti traverser l'Atlantique à quinze ans à l'entrepreneur d'aujourd'hui, son parcours traverse un demi-siÚcle d'histoire nautique.


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  • À l’approche du dĂ©part de la Normandy Channel Race 2026 ce dimanche, nous vous proposons de réécouter cet Ă©pisode consacrĂ© Ă  Corentin Douguet. Vainqueur de l’édition 2025 avec Axel TrĂ©hin en Class40, Corentin Douguet fut, durant de longues annĂ©es, l'un des piliers et des animateurs du circuit Figaro. Revenons sur sa carriĂšre de marin.

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    Corentin Douguet, c'est d'abord une voix, basse, grave, posée, souvent espacée de quelques silences ; c'est un ton, ensuite, mélange d'autodérision et de second degré. C'est surtout, enfin, plus de vingt années de haut niveau, marquées par 11 participations à la Solitaire du Figaro.

    Pourtant, s'il a découvert la voile trÚs jeune sur le Muscadet familial, ce n'est que bien plus tard, à l'Ecole nationale de la marine marchande à Nantes, qu'il découvre la compétition. Sur les bancs de la Marmar, il rencontre Thierry Douillard, Thierry Chabagny, Fred Guilmin, Charles Caudrelier, Matthieu Richard... autant dire que son apprentissage de la régate, s'il est tardif, se fait en bonne compagnie !

    Sa voie est trouvée, il n'entrera jamais dans la carriÚre au long cours : régates, convoyages, préparation, il navigue dÚs qu'il le peut. En 2001, il se lance dans la Mini Transat, en faisant "tout ce qu'il ne faut pas faire" pour ce premier projet. Il enchaßne rapidement sur des courses en Figaro avec Thierry Chabagny et sur le Tour de France à la voile. Mais en 2003, son copain Armel Tripon remporte la Mini Transat, alors Corentin Douguet met en place un projet sérieux pour l'édition 2005 - qu'il remporte en gagnant toutes les courses de la saison...

    Logiquement il enchaßne sur le circuit Figaro, multipliant les participations à la Solitaire (et l'AG2R), marquées par deux podiums en 2007 et 2010. AprÚs cinq saisons intenses, il choisit de revenir à l'équipage en 2011, en manageant le projet Tour de France à la voile de Nantes et Saint-Nazaire en M34 pendant 3 saisons. En 2014 il est de retour sur le circuit Figaro, antichambre idéale du Vendée Globe, qu'il vise désormais. Il y squatte le top 10, multiplie les podiums d'étape, mais ne parvient pas à convaincre un sponsor de s'embarquer sur le Vendée Globe.

    Sa derniÚre Solitaire, en 2020, se termine avec un abandon sur vertÚbre cassée, mais l'année suivante, embarqué par Tanguy Le Turquais, ils décrochent une 2e place sur la Transat en double. Dans l'intervalle, il a lancé, avec le soutien d'un investisseur, la construction d'un Class40 pour le Rhum 2022. Il se présente à Saint-Malo en favori, aprÚs avoir gagné ou fini deuxiÚme de toutes les courses de la saison : avec une 3e place sur la transat, ce sera finalement son plus mauvais résultat sur le support !

    Depuis, Corentin Douguet, dont l'expertise en routage et en navigation est reconnue, découvre la vie de marin free-lance : des navigations de mise au point sur Arkea Paprec en début d'année ; la participation (écourtée) la Bermudes 100 Race avec Guirec Soudée ; et la saison Class40 2023 avec Fabien Delahaye... son carnet de bal est complet jusqu'à la fin de l'année.

    A-t-il envie, à bientÎt 49 ans, de reconstruire un projet personnel ? "C'est une bonne question, je cherche à y répondre depuis la fin de la Route du Rhum", répond-il dans son style caractéristique. "Ce qui est sûr, c'est que j'ai encore la gnaque pour aller me faire mal sur l'eau, c'est le plus important."

    Rediffusé le 29 mai 2026

    GĂ©nĂ©rique : In Closing – Days Past

    Post-production : Grégoire Levillain


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  • A l'occasion du dĂ©part de la Solitaire du Figaro Paprec Ă  Perros-Guirec ce dimanche Ă  11h, nous rediffusons l'Ă©pisode avec l'un des plus fidĂšles concurrents de l'Ă©preuve : Alexis Loison. EnregistrĂ© en 2024, 15 mois avant sa victoire sur l’édition prĂ©cĂ©dente, cet Ă©change nous plonge dans la tĂȘte d’un marin d’exception. Entre expertise technique et mental d’acier, dĂ©couvrez le parcours de celui qui s’apprĂȘtait Ă  marquer l’histoire de la course.

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    Il aura 40 ans le 11 aoĂ»t, quelques jours avant le dĂ©part de la Solitaire du Figaro, Ă  Rouen, sa ville natale. Est-ce un signe ? Alexis Loison se dit "un peu superstitieux, mais moins que d'autres". Pas au point de croire au mauvais Ɠil, celui qui le poursuivrait, lui qui vise, pour sa 18e participation, la victoire dans la prochaine Ă©dition.

    Pourquoi un tel acharnement, alors que les figaristes d'aujourd'hui restent moins longtemps que leurs glorieux aßnés, qui consentaient à quitter le circuit au bout d'une dizaine d'années pour beaucoup d'entre eux ? Parce qu'il aime cette course, tout simplement.

    Une passion qui le tient depuis son plus jeune Ăąge : un virus transmis par son pĂšre et les croisiĂšres familiales depuis Cherbourg, le port d'attache des Loison. puis les courses du Rorc, le Laser, le First Class 8, le Figaro 1 avec Alexandre Toulorge... LycĂ©en, il rĂȘve de Figaro., pas de Route du Rhum ou de VendĂ©e Globe !

    Il plonge enfin dans le grand bain en 2006, Ă  l'occasion du dĂ©part de la Solitaire depuis Cherbourg : et c'est parti pour 17 participations consĂ©cutives - avec juste une pause en 2022. Il lui faudra six Ă©ditions pour rentrer dans le top 10, quand, enfin, aprĂšs des annĂ©es de vaches maigres, il dĂ©croche un vrai sponsor - Fiva - et entre au PĂŽle FinistĂšre course au large. Depuis il fait partie des habituĂ©s du top 10, candidat "naturel" Ă  la victoire, mĂȘme s'il n'a remportĂ© qu'une seule Ă©tape et n'est jamais montĂ© sur le podium.

    Figariste, Alexis Loison est aussi stakhanoviste, n'hésitant pas à multiplier les supports, en particulier l'IRC, qu'il fréquente assidûment sur les courses du Rorc : en 2013, avec son pÚre, il réalise un exploit, remportant le Fastnet en double et au général - une épreuve qu'il a remportée 4 fois au total. Il est aussi habitué de Sydney-Hobart, remporté à deux reprises. Il goûte aussi au Class40, avec trois Transat Jacques Vabre dans les bottes.

    Quand il entre comme technico-commercial chez Technique Voile, en 2022, mettant la Solitaire en pause, ce n'est que pour mieux revenir l'an dernier : avec un nouveau sponsor et toujours la mĂȘme passion, tout en continuant son nouveau job chez Incidences.

    Le Figaro dans la peau, toujours...

    Rediffusé le 6 mars 2026

    Diffusé le 3 mai 2024

    GĂ©nĂ©rique : In Closing – Days Past

    Post-production : Grégoire Levillain


    Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  • Alors qu’il mĂšne actuellement la Globe40, nous rediffusons l'Ă©pisode enregistrĂ© le 14 mars 2021 avec Ian Lipinski : il y revient sur son parcours, de ses dĂ©buts en Mini Ă  ses succĂšs en Class40. Au micro de Pierre-Yves Lautrou, le skipper de CrĂ©dit Mutuel Ă©voque son approche de la course au large, son Ă©tat d’esprit et les choix qui ont marquĂ© sa trajectoire. Un Ă©change pour mieux comprendre le marin qu’il est aujourd’hui.

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    Qui a dit qu'il fallait ĂȘtre tombĂ© dedans tout petit pour tutoyer les podiums en course au large ? Ian Lipinski a dĂ» attendre ses 30 ans pour prendre le dĂ©part de sa premiĂšre course en solo. Et s'est bien rattrapĂ© durant la dĂ©cennie suivante !

    ElevĂ© en banlieue parisienne, ce fils d'une institutrice et d'un chercheur au CNRS attend l'adolescence pour dĂ©couvrir la mer. A 15 ans, il participe Ă  son premier stage aux GlĂ©nans, au cƓur de l'archipel du mĂȘme nom et c'est une rĂ©vĂ©lation. AprĂšs des Ă©tudes scientifiques, il renonce Ă  sa carriĂšre d'ingĂ©nieur aĂ©ronautique pour un long sĂ©jour aux GlĂ©nans puis un tour de l'Atlantique en croisiĂšre.

    A son retour, il plonge dans le grand bain du Mini 6.50 et s'installe à Lorient ; il n'en ressortira que 6 saisons plus tard, avec un palmarÚs inégalé jusqu'ici : chavirage dans la Mini Transat 2013, vainqueur de l'édition 2015 en série, puis de l'édition 2017 en prototype, un doublé inédit en 40 ans d'histoire de l'épreuve.

    Ian Lipinski est monté d'une division en lançant en 2018 un projet Class40, restant fidÚle à l'architecte de son dernier Mini 6.50, David Raison, qui lui dessine le premier "scow" de la classe, financé par le Crédit Mutuel. Quatre mois aprÚs sa mise à l'eau, il remporte avec Adrien Hardy la Transat Jacques Vabre, puis bat le record du Tour des ßles britanniques en solo l'été suivant.

    A bientĂŽt 40 ans, il a beau ĂȘtre l'un des favoris de la prochaine Transat Jacques Vabre et de la Route du Rhum 2022, il confie pourtant souffrir encore du "syndrome de l'imposteur", fruit d'un parcours hors des sentiers battus. Un drĂŽle de syndrome... qui l'amĂšne cependant Ă  aller trĂšs vite sur l'eau !

    Rediffusé le 6 mars 2026

    Diffusé le 12 mars 2021

    GĂ©nĂ©rique : In Closing – Days Past

    Post-production : Grégoire Levillain


    Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  • Tout commence dans les boucles de la Seine, loin de la mer. CĂ©dric Chateau grandit dans la campagne normande, entre Rouen et Anneville-sur-Seine, oĂč ses parents les dĂ©posent, son frĂšre Yann et lui, au club de voile local pour occuper les vacances. Un concours de circonstances qui va façonner deux trajectoires remarquables dans la voile française - l'un devenant directeur de course des plus grandes Ă©preuves, l'autre un entraĂźneur et un coureur au parcours incroyablement dense.

    Autodidacte par nécessité, Cédric Chateau construit son parcours sans pÎle France, sans sport-études, en squattant les groupes bretons et parisiens pour progresser. AprÚs une carriÚre prometteuse en 470 puis en 49er, interrompue en 2003 à un an des Jeux d'AthÚnes pour des raisons économiques, il rejoint la Ligue de Voile de Normandie comme coach des 420. C'est là qu'il croise, dÚs 1999, de futurs champions : Charlie Dalin, Camille Lecointre - médaillée de bronze aux JO de Rio 2016 - Jérémie Mion, puis, plus tard, Guillaume Pirouelle. « On est juste un maillon de la chaßne », rappelle-t-il, avec modestie.

    La double casquette coach-rĂ©gatier, pourtant, il la revendique. Le match racing d'abord, en Ă©quipe familiale avec Yann et Nathalie, sa femme, jusqu'Ă  un ranking mondial de 3e avec Pierre-Antoine Morvan. Puis le TP52 Paprec, oĂč il tient la barre depuis 2016 aux cĂŽtĂ©s de LoĂŻck Peyron Ă  la tactique, dans un Ă©quipage semi-amateur qui a terminĂ© vice-champion du monde en 2025. Et enfin le Class40, oĂč une rĂ©vĂ©lation tardive l'emporte vers l'offshore : 5e de la Transat Jacques Vabre 2017, 6e en 2019, 3e en 2021 avec JĂ©rĂ©mie Mion, avant la consĂ©cration : vainqueur de la Transat CafĂ© l'Or 2025 sur Seafrigo-Sogestran avec Guillaume Pirouelle, avec 7 minutes d'avance aprĂšs 19 jours de traversĂ©e.

    DerriĂšre cette performance, il y a un projet. CĂ©dric Chateau a montĂ© celui-ci comme une filiĂšre de formation normande, passant le relais de Mion Ă  Pirouelle, et bientĂŽt Ă  un jeune coureur inconnu en 2027. L'ambition est claire : faire du Havre ce que Lorient est Ă  la Bretagne, un Ă©cosystĂšme complet oĂč les talents n'ont plus besoin - s'ils le souhaitent - de migrer vers l'Ouest pour exister.

    Diffusé le 17 avril 2026

    GĂ©nĂ©rique : In Closing – Days Past

    Post-production : Théo Levillain


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  • Figure singuliĂšre de la voile française, SĂ©bastien Col, 48 ans, s’est construit loin des trajectoires classiques de la course au large en solitaire. ÉlevĂ© sur un bateau qui sillonnait la MĂ©diterranĂ©e, il dĂ©veloppe trĂšs tĂŽt une relation intuitive Ă  l’ocĂ©an avant de basculer vers la compĂ©tition sur le tard. Du Laser au match racing, il s’impose rapidement et multiplie les titres nationaux, portĂ© par une capacitĂ© rare Ă  lire le vent et, surtout, Ă  comprendre les dynamiques collectives des Ă©quipages.

    Le match racing devient son terrain d’expression. Il y forge une conviction centrale : la performance repose sur l’alignement des individus. Cette recherche du “flow collectif”, Ă©tat de grĂące oĂč tout s’enchaĂźne naturellement Ă  bord, irrigue toute sa carriĂšre. Elle explique aussi ses choix, privilĂ©giant les projets d’équipage aux aventures solitaires, malgrĂ© quelques incursions marquantes au large.

    Son parcours s’inscrit ensuite dans les grandes campagnes de l'America’s Cup, oĂč il enchaĂźne plusieurs cycles. Il y dĂ©couvre un univers d’une exigence extrĂȘme, dominĂ© autant par la technologie que par la complexitĂ© humaine. DerriĂšre les performances, il dĂ©crit des Ă©quipes sous tension permanente, oĂč la gestion des egos et des Ă©quilibres internes conditionne autant les rĂ©sultats que la vitesse des bateaux.

    En parallĂšle, il cultive une carriĂšre hybride, naviguant entre circuits professionnels, grands prix, multicoques Ă  foils et course au large comme la Transat Jacques Vabre, qu'il court Ă  trois reprises et remporte en 2015 avec Vincent Riou. Cette diversitĂ© devient un levier d’apprentissage constant. Refusant de s’enfermer dans un seul format, il anticipe aussi les Ă©volutions du sport, notamment le basculement vers le foil, qu’il choisit d’embrasser dĂšs le milieu des annĂ©es 2010.

    Plus rĂ©cemment, SĂ©bastien Col Ă©largit son champ d’action en devenant team manager d'Holcim PRB The Ocean Race Europe. Une Ă©volution logique, oĂč la performance ne se limite plus au sportif mais englobe partenaires, organisation et gestion de crise. Son approche reste constante : crĂ©er les conditions d’un collectif performant, oĂč les bonnes dĂ©cisions, prises trĂšs tĂŽt, orientent durablement la trajectoire d’un projet.

    Diffusé le 3 avril 2026

    GĂ©nĂ©rique : In Closing – Days Past

    Post-production : Théo Levillain


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  • C'est un Ă©pisode d’Into The Wind un peu particulier, puisque nous y accueillons un ultra-trailer venu se frotter au monde de la course au large : Mathieu Blanchard. AthlĂšte de rĂ©fĂ©rence (deux podiums Ă  l'UTMB, vainqueur, entre autres, de la Diagonale des Fous et de la Yukon Arctic Ultra), nourri Ă  l’endurance extrĂȘme et Ă  l’exploration de soi, il bascule ici dans un univers radicalement diffĂ©rent, celui de l'Imoca de Conrad Colman, le temps d'une Transat CafĂ© L'Or Ă©pique. L’échange s’ouvre sur ce dĂ©calage : celui d’un athlĂšte aguerri qui dĂ©couvre, presque naĂŻvement, la violence spĂ©cifique de la course au large, et met en lumiĂšre une discipline dont les codes et la duretĂ© sont souvent banalisĂ©s par ceux qui la pratiquent.

    Le projet naĂźt d’une opportunitĂ©, mais s’ancre dans une trajectoire personnelle plus profonde : une enfance marquĂ©e par l’univers marin, puis une fascination tardive pour la voile de compĂ©tition. Rapidement, la rĂ©alitĂ© rattrape la projection. Formation accĂ©lĂ©rĂ©e, apprentissage technique, adaptation physique : Blanchard entre dans un monde oĂč l’erreur se paie immĂ©diatement. La dĂ©couverte de l’Imoca, machine Ă  la fois sophistiquĂ©e et spartiate, rĂ©vĂšle un contraste brutal avec son sport d’origine : ici, la performance passe par la maĂźtrise d’un systĂšme complexe autant que par la rĂ©sistance du corps.

    La course elle-mĂȘme agit comme un rĂ©vĂ©lateur. DĂšs le dĂ©part, les conditions extrĂȘmes et les avaries plongent Blanchard dans une logique de survie. PrivĂ© de sommeil, confrontĂ© au mal de mer et Ă  une fatigue cumulative, le trailer des Deux-Alpes dĂ©crit une expĂ©rience limite, loin de l’image hĂ©roĂŻque souvent associĂ©e aux marins. Son tĂ©moignage, notamment via ses rĂ©cits en mer, introduit un regard extĂ©rieur rare : celui d’un athlĂšte de haut niveau qui redĂ©couvre la notion d’inconfort absolu et requalifie la performance des navigateurs.

    Une fois la tempĂȘte passĂ©e, l’expĂ©rience bascule. Le rythme s’apaise, laissant place Ă  l’apprentissage, Ă  la contemplation et Ă  une forme de reconnexion au temps long. Blanchard y retrouve des mĂ©canismes familiers issus de l’ultra-endurance : gestion mentale, cycles de fatigue, adaptation permanente. Mais il en tire aussi des enseignements nouveaux, notamment sur le sommeil fractionnĂ© et la dimension collective de la performance, inhabituelle dans une discipline individuelle comme le trail.

    Au terme de la traversĂ©e, le bilan est lucide. L’expĂ©rience a dĂ©placĂ© ses repĂšres, sans pour autant redĂ©finir son cap. Si la voile reste un terrain d’exploration, elle apparaĂźt moins comme un objectif de performance que comme un prolongement d’une quĂȘte plus large : celle de l’aventure.

    Diffusé le 20 mars 2026

    GĂ©nĂ©rique : In Closing – Days Past

    Post-production : Grégoire Levillain


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  • Alors qu’il mĂšne actuellement la Globe40, nous rediffusons l'Ă©pisode enregistrĂ© le 14 mars 2021 avec Ian Lipinski : il y revient sur son parcours, de ses dĂ©buts en Mini Ă  ses succĂšs en Class40. Au micro de Pierre-Yves Lautrou, le skipper de CrĂ©dit Mutuel Ă©voque son approche de la course au large, son Ă©tat d’esprit et les choix qui ont marquĂ© sa trajectoire. Un Ă©change pour mieux comprendre le marin qu’il est aujourd’hui.

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    Qui a dit qu'il fallait ĂȘtre tombĂ© dedans tout petit pour tutoyer les podiums en course au large ? Ian Lipinski a dĂ» attendre ses 30 ans pour prendre le dĂ©part de sa premiĂšre course en solo. Et s'est bien rattrapĂ© durant la dĂ©cennie suivante !

    ElevĂ© en banlieue parisienne, ce fils d'une institutrice et d'un chercheur au CNRS attend l'adolescence pour dĂ©couvrir la mer. A 15 ans, il participe Ă  son premier stage aux GlĂ©nans, au cƓur de l'archipel du mĂȘme nom et c'est une rĂ©vĂ©lation. AprĂšs des Ă©tudes scientifiques, il renonce Ă  sa carriĂšre d'ingĂ©nieur aĂ©ronautique pour un long sĂ©jour aux GlĂ©nans puis un tour de l'Atlantique en croisiĂšre.

    A son retour, il plonge dans le grand bain du Mini 6.50 et s'installe à Lorient ; il n'en ressortira que 6 saisons plus tard, avec un palmarÚs inégalé jusqu'ici : chavirage dans la Mini Transat 2013, vainqueur de l'édition 2015 en série, puis de l'édition 2017 en prototype, un doublé inédit en 40 ans d'histoire de l'épreuve.

    Ian Lipinski est monté d'une division en lançant en 2018 un projet Class40, restant fidÚle à l'architecte de son dernier Mini 6.50, David Raison, qui lui dessine le premier "scow" de la classe, financé par le Crédit Mutuel. Quatre mois aprÚs sa mise à l'eau, il remporte avec Adrien Hardy la Transat Jacques Vabre, puis bat le record du Tour des ßles britanniques en solo l'été suivant.

    A bientĂŽt 40 ans, il a beau ĂȘtre l'un des favoris de la prochaine Transat Jacques Vabre et de la Route du Rhum 2022, il confie pourtant souffrir encore du "syndrome de l'imposteur", fruit d'un parcours hors des sentiers battus. Un drĂŽle de syndrome... qui l'amĂšne cependant Ă  aller trĂšs vite sur l'eau !

    Rediffusé le 6 mars 2026

    Diffusé le 12 mars 2021

    GĂ©nĂ©rique : In Closing – Days Past

    Post-production : Grégoire Levillain


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  • Le 25 janvier 2026, l’équipage de Sodebo Ultim 3 est entrĂ© dans l’histoire en s'emparant du TrophĂ©e Jules Verne en 40 jours, 10 heures et 45 minutes. Responsable de la navigation Ă  bord, Benjamin Schwartz a Ă©tĂ© l’un des artisans de ce nouveau temps de rĂ©fĂ©rence. L'occasion de réécouter l'Ă©pisode d'Into the Wind consacrĂ© Ă  ce marin au parcours atypique.

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    C'est l'histoire d'un marin trĂšs recherchĂ©, qui enchaĂźne embarquements et coups d'Ă©clat, mais n'a pas vraiment suivi les voies d'accĂšs traditionnelles Ă  la voile de compĂ©tition. NĂ© Ă  Lyon dans une famille oĂč personne ne pratique le bateau, c'est grĂące Ă ... son prof de judo qu'il dĂ©couvre la voile en MĂ©diterranĂ©e. C'est lĂ  qu'il va progressivement faire son trou et se spĂ©cialiser dans l'Ă©lectronique et la navigation sur des bateaux de propriĂ©taires, de plus en plus gros, tout en suivant des Ă©tudes en gĂ©ologie Ă  Lyon.

    En 2014, il embarque sur l'ex VOR 70 SFS avec Lionel Péan, qui sillonne en course toute la Grande Bleue. Deux ans et demi plus tard, début 2017, il tente sa chance et candidate chez Dongfeng : il participe à la campagne victorieuse de Charles Caudrelier et des siens dans la Volvo Ocean Race, en charge, dans l'équipe technique, de l'électronique.

    Cette fois c'est le grand bain, il a Ă©tĂ© repĂ©rĂ© et est appelĂ© par Spindrift, tandis que l'Ă©quipe Dongfeng l'encourage Ă  assumer ses envies de Figaro, lui qui n'a jamais couru en solitaire. Il se jette Ă  l'eau en 2019 et le bizuth explose sur la Solitaire avec une 6e place et mĂȘme, du jamais vu, un titre de champion de France Ă©lite de course au large.

    DĂ©sormais installĂ© Ă  Lorient, son tĂ©lĂ©phone sonne de plus en plus souvent : tout en enchaĂźnant les stand-by et les tentatives de TrophĂ©e Jules Verne avec Spindrift, il gagne le championnat d'Europe mixte de course au large avec Marie Riou, est recrutĂ© pour The Ocean Race Europe sur Corum, puis navigue Ă  bord d'Holcim-PRB sur The Ocean Race, oĂč il finit skipper aprĂšs l'affaire Escoffier.

    Fin 2023, il doit participer à la Transat Jacques Vabre avec Nicolas Troussel, mais le sponsor finit par renoncer aprÚs un démùtage sur le Défi Azimut. En 2024, il découvre le Class40 avec Fabien Delahaye (1er et 2e sur la Normandy Channel Race et Québec Saint-Malo) et le duo Alberto Riva-Jean Marre (2e sur la Niji 40). Il intÚgre le team Gitana pour cet hiver, avant que le maxi-trimaran Edmond de Rothschild ne démùte à Gibraltar. Le téléphone sonne quelques jours plus tard et l'équipage de Sodebo le récupÚre pour le Trophée Jules Verne.

    Pour la saison prochaine, il n'a rien de prĂ©vu, pour le moment. Ça ne saurait durer...

    Rediffusé le 20 février 2026

    Diffusé le 15 novembre 2024

    GĂ©nĂ©rique : In Closing – Days Past

    Post-production : Grégoire Levillain


    Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  • Tout plaquer Ă  50 ans et se lancer dans le VendĂ©e Globe : voilĂ , en peu de mots, le parcours de Manu Cousin, loin, trĂšs loin des trajectoires classiques de la course au large professionnelle.

    NĂ© Ă  Rouen en 1967, il dĂ©couvre la mer trĂšs jeune par le biais familial et construit, au fil des annĂ©es, une relation intense avec la voile. Longtemps, elle demeure une passion parallĂšle Ă  une carriĂšre professionnelle "normale" menĂ©e en entreprise, un Ă©quilibre assumĂ© qui façonne sa maniĂšre d’aborder la performance et l’engagement sportif.

    Tout bascule aprĂšs un congĂ© sabbatique passĂ© en famille sur l'eau en 2003, puis une Transquadra courue en 2010. Il s’oriente alors vers la Class40 et y forge une approche mĂ©thodique du projet sportif : comprĂ©hension fine du bateau, gestion des moyens limitĂ©s, attention portĂ©e Ă  la fiabilitĂ© et Ă  la technique. Mais ce n'est qu'Ă  l'issue de la Transat Jacques Vabre 2017, qu'il pense, aidĂ© par son partenaire, au VendĂ©e Globe, jusqu'ici trĂšs Ă©loignĂ© de ses ambitions.

    Avec sa femme Sandrine, ils démissionnent alors de leurs CDI respectifs de cadres commerciaux, vendent leur maison de Normandie et déménagent aux Sables d'Olonne pour une nouvelle vie, à 50 ans.

    Courses aprĂšs courses, il apprend l'Imoca sur le bateau qu'il a rachetĂ© Ă  Arnaud BoissiĂšres, et un nouveau mĂ©tier, celui d'entrepreneur, traversant le Covid et se qualifiant pour le VendĂ©e Globe 2020. La casse de son vĂ©rin de quille vient profondĂ©ment marquer son Ă©preuve, qu’il parvient nĂ©anmoins Ă  terminer et se classer 23e. L’expĂ©rience renforce sa conviction que boucler un tour du monde en solitaire constitue dĂ©jĂ , en soi, une forme d’accomplissement. Mais il sait dĂ©jĂ  qu'il veut repartir.

    La préparation de son second Vendée Globe est fauchée en plein vol par le départ de son partenaire, juste aprÚs la Route du Rhum 2022. Mais il parvient en quelques mois à reconstituer un collectif de sponsors et s'aligne en 2024 pour un nouveau Vendée Globe. Juste avant d'entrer dans le Grand Sud, il heurte violemment un objet ou un animal non identifié (Oani) et n'arrivera jamais à retrouver la sérénité nécessaire pour tirer sur sa machine. Pour autant, il parvient à terminer, à nouveau, mais à une 31e place décevante pour lui.

    Et là encore, tandis qu'il remonte le chenal des Sables d'Olonne, il sait déjà qu'il veut repartir pour le Vendée Globe 2028, achÚte un nouveau bateau à foils et sécurise le financement de la prochaine édition.

    Histoire de continuer Ă  vivre un rĂȘve Ă©veillĂ©, celui de vivre sa passion au quotidien.

    Diffusé le 6 février 2026

    GĂ©nĂ©rique : In Closing – Days Past

    Post-production : Grégoire Levillain


    Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  • Il est nĂ© Ă  Buenos Aires dans une famille aux origines armĂ©niennes, britanniques et françaises, s'est formĂ© au lycĂ©e français avant d’étudier l’architecture navale Ă  l’universitĂ© de Southampton : Juan Kouyoumdjian - Juan K. pour les intimes - ne pouvait ĂȘtre un architecte tout Ă  fait comme les autres...

    Sa triple culture, Ă  la fois sud-amĂ©ricaine, francophone et anglo-saxonne, a nourri une approche du design fondĂ©e sur l’analyse, la rigueur scientifique et une vision globale des projets, et une attirance pour le savoir-faire des "crazy Frenchies" .

    Il dĂ©bute ainsi sa carriĂšre professionnelle Ă  La Rochelle au sein du cabinet de Philippe Briand, alors trĂšs impliquĂ© dans la Coupe de l’America. Cette premiĂšre expĂ©rience le place rapidement au contact du plus haut niveau de la conception de bateaux de course. À la fin des annĂ©es 1990, il signe ses premiers projets en son nom, dont un 50 pieds dessinĂ© pour Ortwin Kandler Ă  l'occasion de l’Admiral’s Cup 1999. Conçu pour exploiter les limites de la jauge IMS, Krazy Kyote suscite une forte controverse rĂ©glementaire, qui contribue nĂ©anmoins Ă  asseoir sa notoriĂ©tĂ© internationale.

    Les annĂ©es suivantes sont marquĂ©es par une implication continue dans la Coupe de l’America et dans la Volvo Ocean Race. Juan Kouyoumdjian accompagne la transition technologique du dĂ©but des annĂ©es 2000, caractĂ©risĂ©e par l’essor de la simulation numĂ©rique et de la modĂ©lisation avancĂ©e. Les campagnes Volvo d'ABN AMRO (2005-2006) , Ericsson (2008-2009) puis Groupama (2011-2012) se traduisent par trois victoires consĂ©cutives.

    ParallĂšlement, Juan K. dĂ©veloppe une activitĂ© soutenue dans le secteur des maxis et des bateaux de sĂ©rie. Des monocoques de 100 pieds aux projets rĂ©alisĂ©s avec Nautor Swan, il intervient dans un univers dominĂ© par des propriĂ©taires privĂ©s, des budgets importants et des rĂšgles de jauge complexes, oĂč les choix techniques s’inscrivent autant dans des logiques sportives que rĂ©glementaires et Ă©conomiques.

    Son parcours en IMOCA (CheminĂ©es Poujoulat, Paprec ArkĂ©, Corum L'Epargne) apparaĂźt plus contrastĂ©. Juan K. souligne la complexitĂ© de la conception de bateaux destinĂ©s au solitaire, oĂč le facteur humain conditionne fortement la performance. Plusieurs projets montrent un potentiel de vitesse Ă©levĂ©, mais sont affectĂ©s par des avaries ou des limites structurelles, empĂȘchant une exploitation optimale en course.

    A 54 ans, il en nourrit quelques regrets, mais serait prĂȘt Ă  repartir sur un projet avec un seul skipper : Franck Cammas, avec qui il a gagnĂ© la Volvo Ocean Race. Message transmis !

    Diffusé le 23 janvier 2026

    GĂ©nĂ©rique : In Closing – Days Past

    Post-production : Grégoire Levillain


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  • C'est l'histoire d'un gamin de Marseille nĂ© en 1980 et qui prĂ©fĂšre les posters des coureurs au large Ă  ceux de l'OM. ElevĂ© dans un environnement familial marquĂ© par la musique, Laurent BourguĂšs est formĂ© trĂšs tĂŽt au violon au conservatoire et dĂ©couvre parallĂšlement la mer par la plaisance, lors de croisiĂšres familiales en MĂ©diterranĂ©e. La voile est d’abord un univers, nourri par les magazines, les grandes courses ocĂ©aniques et les images de multicoques. L’envie de large s’installe avant toute idĂ©e de carriĂšre, sans filiĂšre Ă©vidente depuis le Sud.

    A l'adolescence, il se met au Laser Radial et atteint un excellent niveau, rĂȘvant de Tornado. Le basculement se fait au dĂ©but des annĂ©es 2000, lorsqu’il monte en Bretagne comme on va vers la terre promise aprĂšs une formation en plasturgie qui le destine d'abord Ă  l'usine Eurocopter de Marignane. A force de persĂ©vĂ©rance, il intĂšgre le chantier de rĂ©paration du trimaran d’Yvan Bourgnon aprĂšs la Route du Rhum 2002, une expĂ©rience fondatrice qui l’ancre durablement dans le milieu. Il rejoint ensuite le Gitana Team, oĂč il travaille plusieurs saisons, au cƓur de projets multicoques de haut niveau.

    Mais s'il est devenu technicien, c'est d'abord pour rentrer dans le milieu et pouvoir naviguer. En 2006, il démissionne de Gitana et se lance dans la grande avanture du Mini 6.50. Il dispute deux Mini Transat, en grande partie auto-financées, tout en poursuivant une activité technique pour subvenir à ses besoins. Ces années de solitaire constituent une étape structurante : apprentissage du large, de la fatigue, de la gestion des avaries, et confrontation directe au niveau sportif de la classe. Il se teste ensuite au FIgaro, mais c'est un échec, qui l'aiguille un temps vers d'autres univers.

    Il revient cependant vite à ses premiers amours et tout s'enchaßne : il travaille notamment avec Yves Le Blévec, Tanguy de Lamotte, Boris Herrmann et surtout Thomas Ruyant, dont il accompagne les projets IMOCA sur plusieurs campagnes majeures, dont le Vendée Globe 2016 : les projets s'enchaine, il apprend encore et toujours.

    AprĂšs prĂšs d’une dĂ©cennie dans ces rĂŽles techniques, Laurent BourguĂšs dĂ©missionne de TR Racing en 2021 et s'offre une "crise de la quarantaine" en choisissant de redevenir coureur au large : une saison en Figaro en 2022, oĂč il investit toutes ses Ă©conomies, une saison en Imoca avec Damien Seguin en 2023, puis c'est le lancement du projet Ocean Fifty Mon Bonnet Rose en 2024. Depuis, loin du confort de son dernier job, il bataille dur pour financer son projet, Ă  commencer par la prochaine Route du Rhum. Mais il est exactement lĂ  oĂč il voulait ĂȘtre.

    Diffusé le 9 janvier 2026

    GĂ©nĂ©rique : In Closing – Days Past

    Post-production : Grégoire Levillain


    Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  • L’heure est au bilan ! Nous avons sĂ©lectionnĂ© pour vous les deux escales d’Into The Wind les plus Ă©coutĂ©es de l'annĂ©e 2025. Que vous les dĂ©couvriez ou que vous les réécoutiez, laissez-vous porter par ces rĂ©cits du grand large de nos invitĂ©s en attendant notre retour le vendredi 9 janvier. D'ici lĂ , toute l’équipe de Sailorz vous souhaite de trĂšs belles fĂȘtes et une excellente annĂ©e 2026 !

    __

    À 41 ans, Louis Duc a bouclĂ© le dernier VendĂ©e Globe au terme d’une aventure marquĂ©e par la tĂ©nacitĂ©. De cette expĂ©rience fondatrice, le skipper normand confie sans dĂ©tour la difficultĂ© de s’en remettre, l’amnĂ©sie Ă©trange des premiĂšres semaines aprĂšs l’arrivĂ©e, et ce besoin irrĂ©pressible d’y retourner : « J’ai vĂ©cu un truc extraordinaire
 mais pas fini ».

    La carriĂšre de Louis Duc ne ressemble Ă  aucune autre. NĂ© Ă  Cherbourg, Ă©levĂ© Ă  Carteret, il dĂ©couvre la mer dans un doris de rĂ©crĂ©ation et construit ses rĂȘves dans les pages des magazines. L’école, trĂšs peu pour lui : il arrĂȘte Ă  17 ans pour apprendre le composite chez JMV Ă  Cherbourg, puis chez Foncia aux cĂŽtĂ©s d’Alain Gautier. Il multiplie ensuite les embarquements, achĂšte un mini en Ă©pave, le retape, prend le dĂ©part de la MiniTransat en 2005, dĂ©mĂąte en mer, regrĂ©e, arrive Ă  Dakar et revient
 embarquĂ© par la Marine nationale ! L’histoire est rocambolesque, mais fonde un style : celui d'un artisan, dĂ©terminĂ© et passionnĂ©.

    Ce goĂ»t pour les aventures hors-normes le conduit ensuite en Class40, oĂč il monte avec trois associĂ©s un projet basĂ© en Normandie avec un bateau d'occasion pendant 3 saisons. Ensemble, ils construisent ensuite en 2017 un bateau neuf et innovant signĂ© Marc Lombard - le premier Lift - , et Louis Duc se retrouve pour la premiĂšre fois Ă  la tĂȘte d'un projet financĂ© et compĂ©titif. MalgrĂ© des hauts et des bas – abandon sur la Route du Rhum 2018, 5e place avec AurĂ©lien Ducroz lors de la Transat Jacques Vabre 2019 –, "P'tit Louis", comme on l'appelle, est devenu grand. Malheureusement, lors du convoyage retour, dans un coup de vent proche des Açores, lui et son Ă©quipier sont doivent abandonner le bateau...

    Une Ă©preuve marquante, mais Louis Duc est tenace et se lance ensuite dans son premier VendĂ©e Globe, sur un bateau reconstruit Ă  partir d’une coque incendiĂ©e. Louis boucle l’épreuve, malgrĂ© les avaries de voile et les moyens limitĂ©s. Il en tire un mĂ©lange de fiertĂ© – "je l’ai fini" – et aussi de frustration – "je pouvais faire mieux". Depuis, il prĂ©pare la suite, avec l’envie de passer sur un foiler, mais sans illusion sur la difficultĂ© Ă  financer un projet Ă  4 ou 5 millions d’euros.

    Le VendĂ©e Globe 2028 en ligne de mire, Louis Duc incarne une autre voie : celle d’un marin d’artisanat et de convictions, enracinĂ© en Normandie, attachĂ© au collectif, et toujours avide d’apprendre. Un skipper "normal", comme il aime Ă  le dire, mais dont le parcours, lui, ne l’est dĂ©cidĂ©ment pas.

    Rediffusé le 2 janvier 2026

    Diffusé le 22 août 2025

    GĂ©nĂ©rique : In Closing – Days Past

    Post-production : Grégoire Levillain


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  • L’heure est au bilan ! Nous avons sĂ©lectionnĂ© pour vous les deux escales d’Into The Wind les plus Ă©coutĂ©es de l'annĂ©e 2025. Que vous les dĂ©couvriez ou que vous les réécoutiez, laissez-vous porter par ces rĂ©cits du grand large de nos invitĂ©s en attendant notre retour le vendredi 9 janvier. D'ici lĂ , toute l’équipe de Sailorz vous souhaite de trĂšs belles fĂȘtes et une excellente annĂ©e 2026 !

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    De l'achat de son mini 6.50 à l'arrivée de son deuxiÚme Vendée Globe fin janvier 2025, il s'est écoulé... à peine une décennie.

    Quel parcours que celui de Clarisse CrĂ©mer : marquĂ© par des succĂšs sportifs (victoires et podiums sur le circuit Mini, double finisheuse du VendĂ©e Globe) mais aussi des Ă©preuves personnelles et mĂ©diatiques qui l’ont profondĂ©ment transformĂ©e. À 35 ans, elle parle avec beaucoup de sincĂ©ritĂ© de sa vie de navigatrice, de femme et de mĂšre, entre passion de la mer et quĂȘte d’équilibre.

    Ses dĂ©buts sont atypiques : issue d’une famille parisienne aisĂ©e, passĂ©e par HEC, cofondatrice d'une start-up, elle dĂ©couvre la course au large presque par hasard, dans le sillage de son compagnon Tanguy Le Turquais, avant de s’y engouffrer avec une Ă©nergie impressionnante. Mini-Transat, Figaro, puis le VendĂ©e Globe : en dix ans, sa trajectoire fulgurante l’amĂšne au plus haut niveau d’un sport oĂč la lĂ©gitimitĂ© se construit souvent dĂšs l’enfance.

    Clarisse revient ensuite sur son premier tour du monde en solitaire, bouclĂ© en 2021 Ă  la 12ᔉ place, sous les couleurs de Banque Populaire. Un immense dĂ©fi, vĂ©cu avec des doutes et un sentiment d’imposture, mais aussi comme une rĂ©vĂ©lation intime : la compĂ©tition, dit-elle, n’efface jamais sa relation « presque spirituelle » avec la mer. C’est ce mĂ©lange de fragilitĂ© et de combativitĂ© qui la pousse Ă  vouloir repartir, malgrĂ© les obstacles.

    Elle aborde sans dĂ©tour les Ă©pisodes plus sombres, les "affaires" qui la touchent : la rupture avec son ancien sponsor au moment de sa grossesse, les polĂ©miques qui s’ensuivent, puis les accusations de triche un an plus tard, dont elle sera blanchie avec Tanguy Le Turquais. Autant de tempĂȘtes mĂ©diatiques qui ont failli la faire renoncer, mais qu’elle dĂ©crit comme autant d’occasions d’apprendre Ă  s’affirmer, Ă  dire non et Ă  tracer sa voie.

    Enfin, elle raconte son second VendĂ©e Globe Ă  bord de L'Occitane, vĂ©cu cette fois avec une forme de sĂ©rĂ©nitĂ©. MalgrĂ© les avaries et la fatigue, elle savoure le simple fait d’ĂȘtre seule en mer, dans une vie rĂ©duite Ă  l’essentiel. À l’arrivĂ©e, confie-t-elle, c’est la premiĂšre fois qu’elle s’est sentie vraiment fiĂšre d’elle.

    Une fiertĂ© forgĂ©e par l’expĂ©rience, les coups encaissĂ©s, et le choix assumĂ© de continuer Ă  naviguer, coĂ»te que coĂ»te.


    Rediffusé le 21 décembre 2025

    Diffusé le 5 septembre 2025

    GĂ©nĂ©rique : In Closing – Days Past

    Post-production : Grégoire Levillain


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  • Cette semaine, Ă©coutez ou réécoutez l'Ă©pisode avec Alexia Barrier, alors qu’elle est en pleine tentative du TrophĂ©e Jules Verne Ă  bord du trimaran The Famous Project CIC avec son Ă©quipage 100% fĂ©minin. Un podcast indispensable pour mieux comprendre son parcours.


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    C'est l'histoire d'une promesse. Celle que se fait Ă  elle-mĂȘme une petite fille, le jour de ses 10 ans, un certain 26 novembre 1989, au dĂ©part du premier VendĂ©e Globe : elle aussi, elle participera un jour Ă  cette folle aventure autour du monde.

    Une promesse qu'elle mettra 31 ans à tenir, ce qui en dit long sur l'énergie qu'il faut déployer et sur la ténacité qui l'a animée pour y parvenir : la petite fille en question s'appelle Alexia Barrier, 24e du Vendée Globe 2020-2021.

    NĂ©e Ă  Paris, elle dĂ©mĂ©nage Ă  Nice Ă  3 ans et dĂ©couvre la voile avec ses parents plaisanciers novices. Fan de cheval et de basket, elle devient monitrice de voile Ă  15 ans, tĂąte du Laser mais se lance rapidement, avec succĂšs dans le match racing fĂ©minin, oĂč elle Ă©volue au niveau mondial.

    BientĂŽt c'est la Mini Transat (en 2005) qui l'attend, puis la transat AG2R, du Class40, de l'Imoca et, trĂšs vite les grands yachts en MĂ©dterranĂ©e, oĂč elle devient marin professionnel, Ă©clusant les circuits maxi et classiques.

    En 2014, elle décroche une 3e place sur l'AG2R, enchaßne sur le Tour de France à la voile, court la Solitaire du Figaro en 2017, sans jamais oublier son étoile polaire : le Vendée Globe.

    En 2018, elle franchit le pas et achÚte le Pingouin, solide et rustique Imoca sur plan Lombard que Catherine Chabaud et Tanguy de Lamotte ont emmené autour du monde. Jusqu'au bout, elle se bat pour conquérir son budget, euro par euro. Et prend, quelques jours avant ses 40 ans, le départ du Vendée Globe.

    Avant mĂȘme de toucher terre, Alexia Barrier sait qu'elle veut repartir pour une nouvelle giration planĂ©taire et se lance dans la course pour le VendĂ©e Globe 2024. Histoire d'aller toujours plus loin que son rĂȘve de petite fille...

    Rediffusé le 12 décembre 2025

    GĂ©nĂ©rique : In Closing – Days Past
    Post-production : Clovis Tisserand


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  • Ch'ti arrivĂ© dans le Sud Ă  l'Ăąge de 6 mois, Dimitri Despierres dĂ©couvre la voile par le dĂ©riveur avant de tomber amoureux du match racing, attirĂ© par la prĂ©cision technique et le duel tactique. RepĂ©rĂ© dans les annĂ©es 1990 pour sa double compĂ©tence d’ingĂ©nieur et de rĂ©gatier, il intĂšgre la sĂ©lection « Yaka France » et participe Ă  sa premiĂšre Coupe de l’America en 2000. Avec SixiĂšme Sens, il dĂ©couvre un univers oĂč tout se dĂ©veloppe en continu, oĂč les bateaux sont modifiĂ©s chaque nuit et oĂč l’esprit d’équipe prime sur tout.

    En 2003, il rejoint le DĂ©fi Areva et prend en charge les plans de pont et les systĂšmes de bord. Sa capacitĂ© Ă  naviguer et concevoir sĂ©duit Oracle, qui l’intĂšgre l’annĂ©e suivante. Commence alors un chapitre de quatorze ans, marquĂ© par deux victoires et une plongĂ©e au cƓur de la haute technologie appliquĂ©e Ă  la voile. Il vit d’abord la fin des Class America avant de basculer vers les multicoques gĂ©ants.

    En 2010, il participe au dĂ©veloppement du trimaran Ă  aile rigide qui remporte la Coupe aprĂšs une campagne hors norme, faite d’avaries, de reconstructions express et d’innovation totale. Trois ans plus tard, il se retrouve au cƓur du « come-back » de 2013, lorsque l’AC72 d’Oracle renverse une finale perdue d’avance grĂące Ă  une montĂ©e en puissance technique, notamment dans les systĂšmes de contrĂŽle du vol.

    AprĂšs les Bermudes en 2017, puis la transition vers les AC75 volants de 2021, Dimitri devient l’un des experts de la mĂ©catronique : hydraulique, Ă©lectronique, logiciels embarquĂ©s, contrĂŽle de foils. Avec American Magic, il vit notamment le chavirage spectaculaire de l’AC75, puis sa reconstruction en une semaine, un moment qu’il qualifie parmi les plus forts de sa carriĂšre.

    A 50 ans, alors qu’American Magic s’est retirĂ© de la prochaine Ă©dition, Dimitri Despierres se retrouve au cƓur du mercato. Avec plus de vingt-cinq ans de Coupe de l’America, 8 campagnes, 2 victoires, et une expertise rare dans les systĂšmes embarquĂ©s, il poursuit son fil rouge : faire avancer la voile de compĂ©tition par l’innovation, l’ingĂ©nierie et le travail collectif. Avec une passion plus qu'intacte pour le pichet d'argent et l'envie d'aller dĂ©crocher une troisiĂšme Ă©toile.

    Diffusé le 28 novembre 2025

    GĂ©nĂ©rique : In Closing – Days Past

    Post-production : Grégoire Levillain


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  • Issu d’une famille emblĂ©matique de la voile française, Antoine Carpentier a construit depuis trente ans une carriĂšre aussi discrĂšte qu’immense : triple vainqueur de la Transat Jacques Vabre, triple vainqueur du Tour de France Ă  la voile, quintuple vainqueur du Fastnet - entre autres.

    Fils de Jean-Michel et neveu de Patrice Carpentier, il grandit entre La TrinitĂ©-sur-Mer et les pontons de la SNT avant de devenir un Ă©quipier recherchĂ©. De l'habitable en baie de Quiberon au Tour de France Ă  la voile, il s’impose trĂšs tĂŽt comme un rĂ©gatier complet, capable d’évoluer sur tous les postes et tous les supports.

    Dans cet Ă©pisode, il revient longuement sur cette trajectoire singuliĂšre, façonnĂ©e par une culture de l’équipage et un goĂ»t prononcĂ© pour les projets collectifs. Devenu pro presque naturellement aprĂšs es Ă©tudes, il raconte ses annĂ©es structurantes en ORMA au dĂ©but des annĂ©es 2000, puis l’aventure exceptionnelle de Courrier Dunkerque, avec Daniel Souben, oĂč il remporte plusieurs Tours de France Ă  la voile. Une pĂ©riode qu’il dĂ©crit comme la plus formatrice de sa carriĂšre, tant l’exigence y Ă©tait Ă©levĂ©e.

    Au fil des saisons, il glisse vers le large : premiĂšres transats en Class40, dĂ©couverte du solitaire, et une sĂ©rie remarquable de rĂ©sultats. Trois victoires consĂ©cutives sur la Transat Jacques Vabre – deux en Class40 (2017 et 2021), une en Ocean Fifty (2019) – assoient dĂ©finitivement son statut de marin polyvalent, capable de briller aussi bien en multicoque qu'en monocoque. Il Ă©voque aussi ses deux Routes du Rhum, 7e puis 5e, en Class40 - sans cacher sa prĂ©fĂ©rence pour le duo ou l'Ă©quipage - des saisons oĂč il dĂ©roge un peu Ă  sa rĂšgle : naviguer beaucoup, sur de nombreux supports, pour apprendre et progresser, encore et toujours.

    Aujourd’hui, Ă  50 ans, Antoine navigue en Class40 aux cĂŽtĂ©s de Ian Lipinski sur CrĂ©dit Mutuel depuis 2023 et s’apprĂȘte Ă  poursuivre la Globe 40, le tour du monde en Class40 en double. L’entretien se referme sur une rĂ©flexion plus personnelle : celle d’un marin comblĂ©, conscient du temps qui passe, partagĂ© entre sa passion intacte pour la compĂ©tition, l’envie de transmettre et un rapport lucide Ă  la vie de famille. Un parcours dense, simple et droit, Ă  l’image du marin.

    Diffusé le 14 novembre 2025

    GĂ©nĂ©rique : In Closing – Days Past

    Post-production : Grégoire Levillain


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  • Il a grandi Ă  La Rochelle, bercĂ© par les week-ends familiaux Ă  bord d’un Gin Fizz et les hĂ©ros des transats des annĂ©es 1980. TrĂšs vite, Philippe GuignĂ© attrape le virus : la rĂ©gate, l’esprit de compĂ©tition et l’envie d’entreprendre. Dans les annĂ©es 1990, en Ă©cole de commerce, il dĂ©couvre le haut niveau sur le Tour de France Ă  la Voile, d’abord aux cĂŽtĂ©s de Laurent Cordelle, puis avec Bertrand PacĂ© et Chris Dickson – deux figures tutĂ©laires dont il dira qu’elles l’ont « formĂ© Ă  la rigueur et Ă  la gagne ». Six tours, une victoire, et dĂ©jĂ  l’envie de construire plus grand : organiser, monter des projets.

    Au dĂ©but des annĂ©es 2000, le marin devient entrepreneur. PassionnĂ© par le jeu vidĂ©o et Internet naissant, il crĂ©e Many Players, avant d’imaginer presque par hasard un jeu pour la Route du Rhum 2006 : Virtual Regatta est nĂ©. Le concept – une course en ligne jouĂ©e en temps rĂ©el avec les mĂȘmes conditions que sur l'eau – devient un phĂ©nomĂšne. Le VendĂ©e Globe 2008 explose les compteurs avec 340 000 joueurs. Le monde dĂ©couvre qu’on peut « naviguer » depuis son bureau.

    Mais derriĂšre le succĂšs, des tempĂȘtes : procĂšs absurdes, serveurs qui plantent Ă  cinq minutes du dĂ©part du VendĂ©e 2016, nuits blanches et sueurs froides. « Je jouais ma peau », raconte-t-il, encore Ă©mu. À force de rĂ©silience, Virtual Regatta s’impose : jeu officiel du VendĂ©e Globe, partenaire de la Volvo Ocean Race, puis de World Sailing. En 2018, la discipline du « e-sailing » devient sport reconnu, jusqu’à ĂȘtre intĂ©grĂ©e aux Olympic Virtual Series du CIO – apothĂ©ose d’un parcours unique dans la voile et le numĂ©rique.

    En 2021, aprÚs un Vendée Globe historique qui réunit un million de navugateurs en ligne, Philippe Guigné revend Virtual Regatta au groupe 52 Entertainment, leader mondial du bridge en ligne. Il tourne la page, sans nostalgie.

    Aujourd’hui, Ă  55 ans, il navigue plus que jamais, rĂ©gate en J70, investit dans des start-ups maritimes et savoure le luxe qu’il s’était promis, plus jeune : du temps. « La voile, dit-il, c’était mon mĂ©tier, mais avant tout, ça reste ma passion. »

    Diffusé le 31 octobre 2025

    GĂ©nĂ©rique : In Closing – Days Past

    Post-production : Grégoire Levillain


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  • Navigateur, journaliste, auteur, humanitaire, convoyeur, Ă  61 ans, SĂ©bastien Destremau a toujours vĂ©cu Ă  contre-courant. NĂ© Ă  Toulon dans une sacrĂ©e famille, formĂ© en autodidacte trĂšs tĂŽt sur les plans d’eau mĂ©diterranĂ©ens, il s’est d’abord illustrĂ© en habitable, glanant de nombreux titres, avant de tenter une PO en Flying Dutchman puis de parrticiper Ă  plusieurs campagnes de la Coupe de l’America - son rĂȘve de gamin. Il y dĂ©couvre la rigueur et la folie de ce monde Ă  part, entre haute technologie et ego surdimensionnĂ©s.

    AprĂšs avoir longtemps racontĂ© les autres – notamment comme commentateur pour la tĂ©lĂ©vision et pour sa propre Ă©mission Destop News – il dĂ©cide, Ă  plus de 40 ans, de repasser de l’autre cĂŽtĂ© du miroir, aprĂšs une vĂ©ritable rĂ©vĂ©lation la veille du dĂ©part du VendĂ©e Globe 2012. Quatre ans plus tard, il prend le dĂ©part de son premier tour du monde en solo Ă  bord d’un bateau d’occasion, presque seul contre tous. Sa course, marquĂ©e par une panne de pilote automatique dĂšs les premiers jours et une lente descente vers les mers du Sud, devient une odyssĂ©e. Il boucle le tour du monde en 124 jours, dernier mais hĂ©ros malgrĂ© lui, symbole d’une aventure hors norme assumĂ©e, loin de l'esprit de performance des premiers. Il raconte son odyssĂ©e et son parcours dans un livre Ă  succĂšs Seul au monde, qui deviendra une piĂšce de théùtre, une BD, des confĂ©rences...

    En 2020, il repart, cette fois sur Merci, son bateau fĂ©tiche, avec l’envie de boucler une deuxiĂšme fois la boucle. Mais la mer en dĂ©cide autrement : avarie majeure dans l’ocĂ©an Indien, abandon, puis rapatriement, en convoyage avec sa fille depuis l'Australie. Le marin Ă©voque aujourd’hui cette expĂ©rience comme une renaissance contrariĂ©e plutĂŽt qu’un Ă©chec. “Le VendĂ©e Globe, dit-il, ne pardonne pas, mais il apprend Ă  se connaĂźtre.”

    Entre ces deux tours du monde, Destremau explore beaucoup d’autres horizons - sa marque de fabrique - avec, toujours dans un coin de la tĂȘte, le VendĂ©e Globe, dont il regrette l'Ă©volution, trop professionnel Ă  son goĂ»t. Dans Into The Wind, il revient sans dĂ©tour sur ses contradictions, sa quĂȘte de sens et son besoin viscĂ©ral de libertĂ©. Un rĂ©cit franc, parfois rugueux, mais toujours sincĂšre.

    Diffusé le 17 octobre 2025

    GĂ©nĂ©rique : In Closing – Days Past

    Post-production : Grégoire Levillain


    Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.