Bölümler

  • Amateurs de bande dessinée en quête d'étrangeté et d'émotions, bienvenue dans ce nouvel épisode de ComicsDiscovery. Aujourd'hui, nous nous intéressons à Une Fête sans fin, la nouvelle bande dessinée de Martin Robic publiée au Label 619 chez Rue de Sèvres. Pour l'occasion, nous avons eu le plaisir d'échanger avec son auteur afin de revenir sur la création de cette œuvre singulière.

    Une Fête sans fin : Martin Robic signe une parenthèse poétique au Label 619

    🎙️ Rencontre avec Martin Robic : de l'animation à la bande dessinée
    Au cours de cette discussion, James revient avec Martin Robic sur son parcours d'auteur et son rapport à la création. Nourri par la bande dessinée comme par l'animation, il évoque les œuvres qui ont façonné son imaginaire et les méthodes qui l'accompagnent dans son travail d'écriture et de dessin.

    Entre influences, anecdotes et réflexions sur son métier, l'auteur dévoile les coulisses de la création d'Une Fête sans fin et partage plusieurs de ses coups de cœur culturels. L'occasion également de revenir sur l'accompagnement dont il a bénéficié durant la réalisation de l'album, notamment grâce aux conseils de Guillaume Singelin.

    🎭 Une Fête sans fin : une enquête au cœur d'un étrange festival
    L'histoire suit Violette, une jeune femme en pleine période de doute. Lorsqu'elle accompagne son amie Dorothée pour réaliser un reportage sur la mystérieuse « Fête sans fin », elle se retrouve confrontée à un phénomène qui semble défier les lois du temps.

    Que cache réellement cette célébration éternelle ? Pourquoi attire-t-elle autant de monde ? À mesure que l'enquête progresse, Violette s'enfonce dans un univers où la frontière entre rêve et réalité devient de plus en plus floue.

    🎨 Un tournant pour le Label 619
    Une Fête sans fin occupe également une place particulière dans l'histoire récente du Label 619. Alors que Run a longtemps incarné la direction éditoriale du label, cet album est le premier à être édité par Matthieu Bablet. Un changement qui se ressent dans l'approche de l'œuvre.

    Sans renier l'identité du Label 619, Martin Robic propose un récit qui s'éloigne des registres les plus explosifs ou frontaux souvent associés au label. Ici, l'accent est mis sur les émotions, les questionnements intérieurs et la reconstruction personnelle. Cette sensibilité plus contemplative et intimiste apporte une nouvelle couleur à la collection et témoigne de sa capacité à explorer des univers très différents tout en conservant son exigence artistique.

    ✨ Une œuvre réconfortante entre rêve et mélancolie
    Toute l'équipe de ComicsDiscovery est tombée sous le charme d'Une Fête sans fin. Martin Robic construit un récit délicat où l'onirisme côtoie des émotions très humaines. Les couleurs, les ambiances et la mise en scène participent à créer une expérience de lecture aussi douce qu'envoûtante.

    Au-delà de son mystère, cette bande dessinée parle du doute, de la reconstruction et de notre capacité à retrouver de la lumière dans les moments difficiles. Une lecture qui invite à la contemplation et qui résonnera différemment selon le vécu de chacun.

    Discuter de cette œuvre avec son auteur n'a fait que renforcer notre enthousiasme. Une Fête sans fin est le genre d'album qui se découvre autant avec le cœur qu'avec les yeux. Une lecture qui laisse une empreinte durable bien après avoir refermé la dernière page.

    🚀 Écoutez notre rencontre avec Martin Robic
    Dans cet épisode de ComicsDiscovery, découvrez les coulisses de la création d'Une Fête sans fin, les inspirations de Martin Robic, son parcours entre animation et bande dessinée, ainsi que notre analyse de cette œuvre marquante publiée au Label 619 chez Rue de Sèvres.

    On se retrouve très vite pour découvrir d’autres bande dessinée et nos prochains avis.

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  • Et si l’Histoire avait commencé par un malentendu ? Cette semaine dans ComicsDiscovery, on parle anthropologie, féminisme et place des femmes dans l’évolution humaine à travers Quand la femme était l’homme de Ulli Lust, publié chez Ça et Là. Une BD dense, passionnante qui démonte au passage plusieurs idées reçues sur la préhistoire. Et promis, on ne parlera pas trop de politique… enfin, vous savez déjà que c’est faux.

    Quand la femme était l’homme

    Une autrice PUNK
    Ulli Lust est une autrice et illustratrice autrichienne née à Vienne en 1967. Figure importante de la bande dessinée indépendante européenne, elle se fait connaître grâce à ses récits autobiographiques mêlant regard intime, critique sociale . Très jeune, elle quitte l’Autriche pour voyager à travers l’Europe avant de s’installer à Berlin. Là-bas, elle participe activement à la scène underground et alternative. Depuis, son travail explore régulièrement la sexualité, la politique, les rapports de pouvoir et la manière dont on construit les récits historiques. Son album autobiographique Trop n’est pas assez (Heute ist der letzte Tag vom Rest deines Lebens) reçoit un important succès critique et plusieurs récompenses internationales. Avec Quand la femme était l’homme, Ulli Lust poursuit ce travail de recherche et de vulgarisation en s’intéressant cette fois aux biais sexistes qui influencent notre vision de la préhistoire.

    La préhistoire comme vous ne l’avez jamais vue
    Dans Quand la femme était l’homme, Ulli Lust livre une ambitieuse BD documentaire sur les origines de l’humanité. Pour cela, elle s’appuie sur des recherches en anthropologie, archéologie et histoire des sciences. Elle démonte ainsi de nombreuses idées reçues, notamment celles qui présentent les sociétés préhistoriques comme naturellement patriarcales. Mais surtout, l’autrice réussit à rendre ces sujets complexes vivants et accessibles grâce à un mélange de vulgarisation scientifique, d’humour et de mise en scène documentaire. Résultat : la lecture reste captivante malgré la richesse des informations abordées. Publié chez Ça et Là, l’album impressionne autant par son travail de recherche que par sa capacité à passionner son lecteur.

    Un sujet beaucoup plus passionnant qu'on pourrait le croire
    Malgré sa densité  et la quantité d’informations présentes à chaque page, Quand la femme était l’homme reste passionnant du début à la fin. Au fil des chapitres, la BD ouvre de nombreuses discussions autour de l’anthropologie, du féminisme, du rapport à la science ou encore de la transmission du savoir. Pourtant, Ulli Lust évite toujours le piège du cours magistral indigeste. Au contraire, elle donne constamment envie de poursuivre la réflexion après la lecture. Rarement une bande dessinée documentaire nous aura autant fait débattre autour d’un album. Pour nous, c’est clairement une BD d’utilité publique tant elle stimule la curiosité et l’esprit critique. Bref, on vous la recommande très, très fort.

    Pour Allez plus loin
    Vous aimez les BD qui questionnent notre rapport au monde, à l’Histoire et à la place de l’être humain dans nos sociétés ? Alors ces épisodes de ComicsDiscovery devrait vous plaire :
    Le visage du Createur : https://jamesetfaye.fr/bd-challenger-le-visage-du-createur/
    Hérétique : https://jamesetfaye.fr/heretique-charlie-adlard-comicsdiscovery-s10e15/
    Silent Jenny : https://jamesetfaye.fr/silent-jenny-matthieu-bablet-comicsdiscovery-s10e05/
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  • Et si le pire des sociopathes avait le pouvoir d’arrêter le temps ?

    C’est le concept de Stand Still, le comics de Lee Loughridge, Andrew Robinson et Alex Riegel publié chez Delcourt. Un titre qui se démarque immédiatement grâce à son format horizontal original, mais qui peine malheureusement à transformer son excellente idée de départ en grand récit de science-fiction.

    Un comics atypique pour accompagner le retour de ComicsDiscovery après plusieurs semaines de pause.

    Stand Still : Quand le temps devient une arme
    Et si la technologie la plus révolutionnaire du monde tombait entre les mains de l’homme le plus dangereux qui soit ?

    C’est le point de départ de Stand Still, un comics publié chez Image Comics puis édité en France par Delcourt. L’histoire suit Ryker Ruel, détenteur d’un prototype capable de figer le temps. Très vite, Ryker Ruel utilise ce pouvoir pour régler ses comptes personnels dans une spirale de violence incontrôlable.

    Face à lui, Colin, ancien ami de Ryker Ruel et créateur de cette technologie, tente d’empêcher une catastrophe qu’il ne contrôle déjà plus.

    Avec un tel concept, Stand Still avait tout pour devenir un thriller de science-fiction marquant. Et sur plusieurs aspects, le comics réussit effectivement à sortir du lot.

    Un comics qui mise tout sur sa forme
    La première chose qui saute aux yeux avec Stand Still, c’est son format paysage. Ce choix reste rare dans le comics américain moderne. Pourtant, il apporte ici une véritable identité visuelle au projet.

    Grâce à cette lecture horizontale, les scènes d’action gagnent en intensité. Le découpage donne parfois l’impression de regarder un storyboard de film. Certaines doubles pages utilisent intelligemment l’espace pour renforcer les mouvements et la tension.

    De plus, ce format permet au comics Stand Still de se démarquer immédiatement des autres productions Image Comics.

    Cependant, cette originalité visuelle ne suffit pas toujours à compenser les faiblesses du scénario.

    Lee Loughridge réussit-il son premier scénario ?
    Avant Stand Still, Lee Loughridge travaillait surtout comme coloriste. Avec ce comics, il signe son premier scénario complet.

    Malheureusement, malgré une excellente idée de départ, l’écriture peine souvent à convaincre.

    Le récit accumule plusieurs problèmes de cohérence. Certains personnages prennent des décisions peu crédibles. En parallèle, plusieurs pistes narratives semblent abandonnées en cours de route. Enfin, certaines scènes cherchent à créer du mystère, mais donnent surtout l’impression que le scénario hésite sur sa direction.

    Pourtant, Stand Still reste divertissant. Le comics conserve un bon rythme et propose plusieurs séquences efficaces. Mais le récit manque de profondeur pour exploiter pleinement son concept.

    Deux dessinateurs pour deux visions
    Visuellement, Stand Still repose sur le travail de Andrew Robinson et d’Alex Riegel.

    Andrew Robinson dessine la première partie du comics. Et clairement, il livre les meilleures pages de l’album. Sa mise en scène exploite parfaitement le format horizontal. Certaines séquences jouent intelligemment avec l’espace et donnent une vraie sensation de temps suspendu.

    Ensuite, Alex Riegel reprend le dessin dans la seconde moitié du récit. Et malheureusement, la transition casse une partie du rythme installé jusque-là.

    Le découpage devient plus classique. Pire encore, certaines lectures verticales viennent contredire l’identité horizontale du comics. Le contraste entre les deux artistes devient alors difficile à ignorer.

    Au final, cette différence graphique renforce l’impression d’irrégularité qui traverse tout Stand Still.

    Faut-il lire Stand Still ?
    Stand Still impressionne davantage par sa forme que par son histoire.

    Le comics propose une identité visuelle forte, un format original et plusieurs idées de mise en scène très réussies. Andrew Robinson livre notamment certaines des meilleures pages du titre.

    En revanche, le scénario de Lee Loughridge peine à maintenir le même niveau de qualité sur la durée. Le récit manque parfois de cohérence et n’exploite jamais totalement son excellent concept de départ.

    Au final, Stand Still reste une lecture originale et visuellement marquante. Un comics frustrant par moments, mais suffisamment atypique pour mériter le détour.

    Envie d’aller plus loin ?
    Nous vous recommandons également ces autres comics publiés chez Image Comics et déjà abordés dans ComicsDiscovery :
    The Rocketfellers : https://comicsdiscovery.lepodcast.fr/the-rocketfellers-des-vacances-dans-le-temps-en-famille-comicsdiscovery-s10e24
    Aucune Tombe Assez Profonde : https://comicsdiscovery.lepodcast.fr/aucune-tombe-assez-profonde-comicsdiscovery-s09e19
    The GodDamned : https://comicsdiscovery.lepodcast.fr/comicsdiscovery-s01e32-the-goddamned

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    Merci beaucoup à Cecil pour l'écriture de l'article.

  • Dans ce nouvel épisode de ComicsDiscovery, nous recevons Anne Masse, auteur d’Asphalte Sauvage, un récit post-apocalyptique marquant publié au Label 619 chez Rue de Sèvres. Avec cet album, il propose une vision brute et sensible d’un monde en ruine, portée par une narration immersive et un univers graphique fort.

    Dans cet épisode, nous revenons avec lui sur la genèse du projet, ses influences et sa manière d’aborder le post-apo en bande dessinée. L’objectif est clair : comprendre ce qui fait la singularité d’Asphalte Sauvage au sein du Label 619.

    Asphalte Sauvage

    Anne Masse, l’auteur pas la ville
    Avant Asphalte Sauvage, Anne Masse se fait connaître grâce à plusieurs séries publiées sur WEBTOON. Parmi elles, Les Vampires Anonymes, Sublime Misère et Extra-Coloc, qui cumulent des centaines de milliers, voire des millions de lectures. Grâce à ces projets, il développe un sens du rythme très efficace, typique de la narration verticale, ainsi qu’une écriture centrée sur les relations humaines.

    Parallèlement, il travaille dans plusieurs domaines de l’image, notamment le jeu vidéo, l’animation et le design. Ces expériences nourrissent directement sa mise en scène et son approche visuelle. Il collabore aussi avec le Label 619 comme coloriste, notamment sur des projets liés à Tank Girl. Cette étape marque son entrée progressive dans cet univers éditorial.

    Avec Asphalte Sauvage, il passe un cap. Il livre un récit long, personnel et maîtrisé, qui synthétise ses influences. Dans notre interview, il revient sur ce parcours, ses inspirations et les étapes qui l’ont mené à cet album.

    Du McCarthy mais en BD
    Dans Asphalte Sauvage, Anne Masse nous plonge dans un monde post-apocalyptique où les repères ont disparu. Nous suivons Vlada, une survivante qui erre après la perte de son groupe. Elle avance sans direction claire, jusqu’à croiser Pouic, un solitaire atypique fasciné par les vestiges du monde d’avant.

    Dès lors, le récit devient un voyage à travers des paysages désertiques et des ruines chargées de mémoire. Pourtant, l’enjeu principal ne réside pas dans la survie. Ce qui compte, c’est la relation entre les deux personnages. D’abord méfiants, ils apprennent peu à peu à se comprendre. Leur duo évolue au fil du chemin, chacun confronté à la vision du monde de l’autre.

    Ainsi, le post-apo sert surtout de décor. L’histoire se concentre sur l’humain : la solitude, le deuil et la reconstruction. Le récit prend son temps et privilégie l’émotion à l’action.

    Le symbolisme du jaune ou pas
    De notre côté, la lecture d’Asphalte Sauvage a été une vraie claque. Nous avons été happés par son style graphique, à la fois brut et sensible. On sent un retour assumé au dessin traditionnel, ainsi qu’un travail minutieux sur chaque planche. Cette exigence donne une forte identité à l’album et renforce l’immersion.

    Mais ce qui nous a surtout marqués, ce sont ses personnages. À la fois attachants et souvent drôles, ils installent d’abord une dynamique légère. Pourtant, le récit gagne rapidement en profondeur. Derrière cette apparente simplicité, l’histoire aborde des thèmes forts : la solitude, le lien aux autres et la manière de continuer à avancer. Progressivement, l’émotion s’impose et finit par toucher juste.

    Enfin, discuter avec Anne Masse a été un vrai plaisir. Nous espérons que cette énergie se ressent à l’écoute et que vous percevrez à quel point l’échange a été riche et passionnant.

    Pour aller plus loin
    Si vous aussi, comme nous, vous êtes des fans du Label 619, des vrais Label619Zouzes, alors on vous recommande de découvrir ou redécouvrir ces épisodes de ComicsDiscovery consacrés à d’autres titres marquants du label :

    Silent Jenny de Mathieu Bablet
    https://jamesetfaye.fr/silent-jenny-matthieu-bablet-comicsdiscovery-s10e05/

    Shin Zero de Guillaume Singelin et Mathieu Bablet
    https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s09e18-shin-zero/

    Frontier de Guillaume Singelin
    https://jamesetfaye.fr/bddiscovery-s01e01-frontier/

    Autant d’épisodes pour prolonger l’exploration du Label 619 et découvrir des œuvres qui repoussent, chacune à leur manière, les limites de la bande dessinée contemporaine.

  • Dans ce nouvel épisode de ComicsDiscovery, on revient sur Resurrection Man, la nouvelle série signée Ram V et Anand RK, publiée chez Urban Comics. Le personnage, assez atypique dans l’univers DC, revient à la vie après chaque mort avec de nouveaux pouvoirs. Ici, les auteurs proposent une version plus sombre sous le label DC Black Label.

    En parallèle, l’épisode met aussi en avant la scène indépendante. On accueille Cloé Peche, venue présenter son projet de bande dessinée Cerise Noire, actuellement en financement participatif sur Ulule. Une discussion qui fait le lien entre comics mainstream et création indépendante, fidèle à l’ADN de ComicsDiscovery.

    Resurrection Man

    De la pêche à la cerise
    On commence avec notre invitée Cloé Peche, qui nous parle de Cerise Noire. L’histoire se déroule à l’Académie de Bellune et suit des jumeaux pris dans un jeu d’identité, où l’un prend la place de l’autre. Le point de départ est solide. Le projet s’inscrit dans une série prévue sur plusieurs tomes, avec une approche proche du manga en couleur.

    Ensuite, elle revient sur son parcours. Elle a étudié le dessin à Chambéry avec Matthieu Bablet, avant de travailler comme coloriste sur plusieurs planches de Silent Jenny, un titre qu’on évoque aussi dans l’émission. Cet échange met en lumière un métier essentiel de la bande dessinée, encore trop peu abordé. Pour découvrir le projet et le soutenir : https://fr.ulule.com/cerise-noire-tome-1/

    Ram V et Anand RK, un duo d’auteurs à part
    Côté comics, on enchaîne avec Resurrection Man. C’est l’occasion de reparler de Ram V, un auteur qu’on a déjà croisé plusieurs fois dans ComicsDiscovery, notamment avec Le Dernier Festin de Rubin ou encore son passage sur Swamp Thing. Depuis quelques années, il s’impose comme une voix forte du comics contemporain. Il navigue entre indé et mainstream tout en gardant une identité marquée.

    Par ailleurs, ses origines indiennes nourrissent son écriture. Cela se ressent dans les thèmes, les ambiances ou certaines constructions narratives. Rien de forcé, mais une vraie couleur qui apporte quelque chose de différent dans le paysage comics.

    De son côté, Anand RK confirme ce qu’on avait déjà vu sur Blue in Green. Son style reste immédiatement reconnaissable. Il propose des planches organiques, parfois expérimentales, qui accompagnent parfaitement l’écriture de Ram V. Ensemble, ils cherchent clairement à sortir des codes classiques du super-héros.

    Un personnage culte mais discret
    Avant cette version, Resurrection Man restait un personnage à part dans l’univers DC. Créé dans les années 90 par Dan Abnett et Andy Lanning, Mitch Shelley revient à la vie après chaque mort, avec un nouveau pouvoir à chaque fois. Ce concept permet de varier les histoires, les tons et même les genres.

    Cependant, malgré cette idée forte, le personnage n’a jamais vraiment trouvé sa place sur la durée. Il apparaît de manière ponctuelle, notamment pendant les New 52, sans s’imposer durablement. Ce statut laisse aujourd’hui plus de liberté aux auteurs pour proposer leur propre vision.

    Une relecture ambitieuse mais clivante
    Avec Resurrection Man, Ram V et Anand RK prennent une direction très ambitieuse. Ils s’éloignent du récit de super-héros classique pour proposer quelque chose de plus conceptuel. La narration éclate la chronologie, multiplie les allers-retours et aborde des thèmes comme la mort, l’amour ou la mémoire.

    Cependant, de notre côté, ça ne fonctionne pas vraiment. À force d’accumuler les idées, le récit devient chargé. La lecture se complique et l’implication émotionnelle reste limitée. On a davantage l’impression de suivre une démonstration qu’une histoire qui nous embarque.

    En revanche, le travail de Anand RK sort clairement du lot. Sa mise en page se libère des codes classiques et propose une vraie recherche visuelle. C’est lui qui donne au titre son identité. Par moments, il réussit même à capter notre attention là où le récit décroche.

    Envie d’aller plus loin ?
    Vous voulez en découvrir plus sur l’univers de Ram V ? On a déjà consacré plusieurs épisodes de ComicsDiscovery à ses œuvres :


    Dawnrunner : https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s09e08-dawnrunner/
    Le dernier festin de Rubin : https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s09e04-le-dernier-festin-de-rubin/
    Blue in Green : https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s07e19-blue-in-green/

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  • Au cœur de The Rocketfellers, on suit une famille venue du futur qui tente de vivre incognito à notre époque. Mais derrière cette apparente normalité se cache une mission bien plus complexe : fuir un danger qui les traque à travers le temps, tout en essayant de préserver une vie de famille “classique”. Entre parents aux lourds secrets et enfants contraints de s’adapter à un monde qui n’est pas le leur, la série installe rapidement un équilibre fragile, où chaque décision peut avoir des conséquences à la fois intimes… et temporelles.

    Un duo d’auteurs bien rodé
    Derrière The Rocketfellers, on retrouve deux auteurs qui connaissent parfaitement les codes du comics mainstream. Peter J. Tomasi s’est imposé au fil des années comme un scénariste majeur chez DC Comics, notamment sur Batman and Robin, Superman ou encore Green Lantern Corps. Son écriture se distingue par une attention particulière portée aux relations humaines, et en particulier aux dynamiques familiales, qu’il place au cœur de récits pourtant très spectaculaires.

    À ses côtés, Francis Manapul s’est fait un nom grâce à son travail sur The Flash (New 52) et Detective Comics, avec un style fluide et dynamique, qui joue beaucoup sur la mise en page et le mouvement pour renforcer la narration. Ensemble, ils forment un duo complémentaire, capable de mêler efficacité narrative et identité visuelle forte.

    Un divertissement efficace mais inégal
    À la lecture, The Rocketfellers séduit d’abord par son énergie et son accessibilité. Le titre est fun, porté par des personnages attachants et une proposition visuelle vraiment agréable. Mais derrière cette première impression, l’ensemble donne parfois le sentiment de manquer de consistance. Le récit enchaîne les idées sans toujours leur donner le poids nécessaire, ce qui crée une forme d’incohérence dans les enjeux.

    On aurait aimé que la série appuie davantage ses conflits, qu’elle prenne le temps d’installer une vraie tension, notamment autour du voyage dans le temps et des menaces qui pèsent sur la famille. Résultat, malgré ses qualités évidentes, le comics laisse une impression un peu légère, comme s’il passait à côté d’un potentiel plus fort.

    Faut-il lire The Rocketfellers ?
    Avec ses idées de science-fiction et son approche centrée sur la famille, The Rocketfellers reste une lecture divertissante, portée par un duo d’auteurs qui maîtrisent parfaitement leur sujet. Si la série peine parfois à donner toute l’ampleur à ses enjeux, elle n’en reste pas moins divertissante et pleine de bonnes intentions, notamment dans sa manière d’aborder le voyage dans le temps sous un angle plus intime.

    Un titre imparfait mais attachant, qui pourra séduire les amateurs de récits fun et rythmés, même s’il laisse entrevoir un potentiel encore plus grand.

    Vous avez envie d’aller plus loin ?
    Si vous aimez les comics indés et les récits originaux, on vous propose de découvrir d’autres bande dessinées à travers ces épisodes de ComicsDiscovery :


    Helen De Wyndhorn : https://jamesetfaye.fr/helen-de-wyndhorn-critique-bd-podcast-comicsdiscovery/
    The Moon Is Following Us : https://jamesetfaye.fr/critique-the-moon-is-following-us-daniel-warren-johnson/
    1949 : https://jamesetfaye.fr/1949-dustin-weaver-comicsdiscovery-podcast/

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  • Dans cet épisode de ComicsDiscovery, on s’intéresse au comics Les évadés d’Alcatraz, signé Christopher Cantwell au scénario et Tyler Crook au dessin, publié chez Delcourt. Inspiré de l’un des plus grands mystères américains, le récit ne raconte pas l’évasion… mais ce qui vient après. Que se passe-t-il une fois dehors, quand tout reste à construire et que la liberté a un prix ? Entre tension, survie et paranoïa, on vous propose dans ce podcast comics notre analyse et critique BD.

    Les évadés d’Alcatraz : une des énigmes les plus sombres

    Située sur une île isolée au milieu de la baie de San Francisco, Alcatraz est longtemps considérée comme la prison la plus sécurisée des États-Unis, un lieu dont il est théoriquement impossible de s’échapper en raison des courants glacials et de l’isolement total. Pourtant, en juin 1962, trois détenus, Frank Morris et les frères John Anglin et Clarence Anglin, parviennent à réaliser l’impensable. Pendant des mois, ils creusent les murs de leurs cellules avec des outils de fortune, fabriquent de faux visages pour tromper les gardiens et assemblent un radeau avec des imperméables. Dans la nuit du 11 juin, ils disparaissent sans laisser de trace. Officiellement, ils se seraient noyés en tentant de rejoindre le continent, mais aucun corps n’a jamais été retrouvé, laissant planer le doute et transformant cette évasion en l’un des plus grands mystères de l’histoire américaine.

    Alcatraz dans la pop culture
    L’évasion d’Alcatraz et le mythe qui entoure la prison ont profondément marqué la pop culture, inspirant de nombreux films, séries et récits. On pense notamment à L’Évadé d’Alcatraz avec Clint Eastwood, à The Rock qui transforme l’île en terrain d’action spectaculaire, ou encore à la série Prison Break. Symbole ultime de l’enfermement et du défi à l’autorité, Alcatraz est devenue un décor récurrent pour raconter des histoires de fuite, de survie et de mystère. Aujourd’hui, c’est au tour de Christopher Cantwell et Tyler Crook de s’intéresser à cette histoire.

    Cantwell et Crook aux commandes
    Christopher Cantwell est un scénariste américain connu pour son travail à la télévision, notamment en tant que co-créateur des séries Halt and Catch Fire et Paper Girls. Dans le comics, il s’est illustré chez Marvel avec Doctor Doom ou Iron Man, en explorant des personnages marqués par leurs failles. À ses côtés, Tyler Crook apporte une identité visuelle forte grâce à son style à l’aquarelle, notamment sur Harrow County. Son trait organique et atmosphérique installe une ambiance lourde et immersive, idéale pour ce type de récit.

    L’évasion, et après ?
    Christopher Cantwell prend ici le contre-pied de ce que l’on pourrait attendre en choisissant de débuter son récit après l’évasion. Dans cette version, une partie des prisonniers a réussi à atteindre la Californie, et l’histoire se concentre sur leur fuite et leur tentative de disparaître. S’ensuit un récit rythmé, ponctué de nombreux rebondissements et de twists qui maintiennent l’intérêt tout au long de la lecture. Sans révolutionner le genre, ce comics reste efficace et agréable à suivre. L’introduction de deux enquêteurs lancés sur les traces des évadés permet également d’aborder d’autres thématiques et d’enrichir l’ensemble. De son côté, Tyler Crook livre un travail très solide, porté par une mise en couleur à l’aquarelle qui plonge pleinement dans l’atmosphère du récit.

    Envie d’allez plus loin
    Vous aimez les récits inspirés de l’histoire avec un grand H ? Je vous conseille d’écouter ces épisodes de ComicsDiscovery :
    Le Visage du Créateur : https://jamesetfaye.fr/bd-challenger-le-visage-du-createur/
    Hérétique : https://jamesetfaye.fr/heretique-charlie-adlard-comicsdiscovery-s10e15/
    Dr Wertham : https://jamesetfaye.fr/dr-wertham-failli-tuer-comics/

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  • Une romance queer troublante, entre désir et body horror. On reçoit Marianne Garnier-Surles dans ComicsDiscovery.

    Dans ce nouvel épisode de ComicsDiscovery, on vous parle de La plus belle personne, une BD publiée chez 6 Pieds sous Terre, qui mêle romance queer et body horror pour questionner notre rapport à la beauté.

    Pour en discuter, nous avons eu le plaisir d’accueillir son autrice, Marianne Garnier-Surles, avec qui on revient sur la création de l’œuvre, ses influences et les thèmes qu’elle aborde.

    Jusqu’où peut-on aller pour le regard des autres ?

    Marianne Garnier-Surles est une autrice et illustratrice française, originaire du sud de la France. Elle publie en 2026 son premier album, La plus belle personne, chez 6 Pieds sous Terre. L’équipe de ComicsDiscovery a eu le plaisir de la découvrir au travers d’un entretien passionnant. Elle nous a parlé de la genèse du projet, de ses inspirations et des thèmes au cœur du récit.

    Une romance queer teintée de body horror

    La plus belle personne suit Lia, une jeune fille qui grandit dans un petit village et nourrit des sentiments pour Eva. Mais un été, cette dernière disparaît mystérieusement, laissant derrière elle une absence qui pèse lourd.

    Alors que Lia entre au lycée avec cette disparition en toile de fond, elle fait une rencontre qui va bouleverser son quotidien. Son regard et son comportement évoluent peu à peu. Pour gagner en assurance, elle commence à reproduire ce que faisait Eva, jusqu’à adopter un geste aussi étrange que dérangeant : se réfugier dans un trou qui semble ronger sa chair.

    Avec cette BD, Marianne Garnier-Surles s’intéresse avant tout au regard des autres et à la manière dont il façonne la construction de soi. À travers le personnage de Lia, le récit montre comment l’image que l’on renvoie peut devenir un poids, surtout à un moment charnière comme le passage de l’enfance à l’adolescence.

    Ce basculement est au cœur du récit. Entre innocence et découverte, Lia est confrontée à ses premiers désirs, à ses émotions et à la complexité des relations. La romance queer s’inscrit dans cette évolution, apportant une dimension intime et sensible, où le désir se construit autant dans l’attirance que dans le manque laissé par l’absence d’Eva.

    Le body horror au service du récit

    Le body horror vient renforcer ces thématiques. Il ne sert pas uniquement à choquer, mais à matérialiser ce que Lia traverse intérieurement. Son corps devient le reflet de ses tensions, de ses doutes et de sa volonté de se transformer pour correspondre à une image, ou pour se rapprocher de celle qu’elle a perdue.

    Impossible de ne pas penser à Black Hole de Charles Burns, qui abordait déjà l’adolescence à travers des transformations corporelles marquantes. Comme dans cette œuvre, le corps devient un langage, un moyen d’exprimer le malaise, le désir et la marginalisation.

    On ressent également une influence du manga dans la manière de traiter les émotions et les relations. Le récit prend le temps de s’installer, de laisser place aux silences et aux regards, ce qui renforce la dimension intime de la romance et rend les moments plus dérangeants encore lorsque le corps entre en jeu.

    Ce fut un vrai plaisir d’échanger autour de cette BD avec Marianne Garnier-Surles, ainsi qu’avec Zelda des éditions 6 Pieds sous Terre. La discussion a permis de revenir en profondeur sur la création de l’œuvre, ses intentions et les thématiques qu’elle aborde.

    Du côté de l’équipe, La plus belle personne a été un véritable coup de cœur. Une lecture marquante, à la fois sensible et dérangeante, qu’on ne peut que vous recommander chaudement.

    Encore une fois, 6 Pieds sous Terre confirme son envie de mettre en avant de nouvelles voix en donnant sa chance à une autrice pour un premier album aussi fort et singulier.

    Envie d’aller plus loin ?

    Si comme nous vous adorez les BD de chez 6 Pieds sous Terre, on vous propose de continuer votre découverte avec ces épisodes de ComicsDiscovery :


    Sauvage ou la sagesse des pierres :

    https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s09e16-sauvage-ou-la-sagesse-des-pierres/

    Ils brûlent :

    https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-ils-brulent/

    Adieu mon royaume :

    https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s09e05-adieu-mon-royaume/

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  • Dans ce nouvel épisode de votre podcast préféré sur les comics, on vous parle d’un nouveau titre du scénariste irlandais bien connu pour son ton trash, Garth Ennis.

    Accompagné de Mike Perkins, il revient avec Freddie l’arrangeur (Freddie the Fix en VO), une satire violente et sans filtre d’Hollywood, publiée chez Delcourt.

    Un comics corrosif qui s’inscrit dans la lignée de ses précédents travaux comme The Boys… et c’est le titre dont on parle cette semaine.

    Freddie l’arrangeur : le nouveau comics de Garth Ennis

    Deux Britanniques s’en prennent à Hollywood
    Garth Ennis est un scénariste irlandais incontournable, connu pour son ton brutal, provocateur et souvent très drôle. Il s’est imposé avec des séries devenues cultes comme Preacher ou The Boys, où il démonte aussi bien les super-héros que les institutions avec une bonne dose de cynisme. Son écriture, toujours très directe, mélange violence, satire et regard acerbe sur la société, ce qui en fait une voix à part dans le monde du comics.

    De son côté, Mike Perkins est un dessinateur britannique reconnu pour son style réaliste et sombre. Il a travaillé sur de nombreux titres chez Marvel et DC, comme Captain America, The Swamp Thing ou encore The Stand. Son trait précis et son sens de l’ambiance apportent une vraie densité visuelle aux récits qu’il illustre, ce qui colle parfaitement à l’univers noir et grinçant de Freddie l’arrangeur.

    Quand Ray Donovan rencontre Entourage
    Dans Freddie l’arrangeur (Freddie the Fix), on suit Freddie, un homme de l’ombre qui règle les problèmes d’Hollywood… quels qu’ils soient. Discret, efficace et surtout sans scrupules, il navigue dans un milieu où tout peut s’acheter, se cacher ou disparaître.

    Entre producteurs véreux, affaires compromettantes et secrets bien gardés, le comics plonge dans les coulisses les plus sales de l’industrie du cinéma. Une satire noire et sans filtre, où Garth Ennis s’amuse à démonter les mécanismes d’un système aussi fascinant que profondément corrompu.

    On en pense quoi ?
    Ce n’est clairement pas du mauvais Garth Ennis, mais le titre est vraiment trop court pour être marquant. On a surtout l’impression qu’Ennis avait envie de s’amuser avec son pote Mike Perkins, et que le projet s’est fait un peu comme ça, sans chercher à aller beaucoup plus loin.

    Du coup, ce n’est pas le comics qu’on vous recommanderait pour découvrir leur travail. Mike Perkins fait le taf au dessin, mais ça reste parfois un peu figé et ça manque de dynamisme. Malgré tout, ça reste une lecture plutôt agréable : vous ne passerez pas un mauvais moment, mais vous refermerez sans doute la BD avec un petit goût d’inachevé.

    Envie d’aller plus loin ?
    Vous voulez découvrir d’autres comics de Garth Ennis ? On vous conseille l’écoute de nos épisodes de ComicsDiscovery consacrés à ses œuvres :


    The Boys : https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s04e06-the-boys/
    Hellblazer : https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-vacances-s02e05-hellblazer/
    Preacher : https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-vacances-s0201-preacher/

    On se retrouve très vite pour découvrir d’autres comics et nos prochains avis sur les sorties comics.
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  • Dans ce nouvel épisode de ComicsDiscovery, l’équipe s’intéresse à Hello Sunshine de Keezy Young, publié en français chez Bliss Comics. Un récit mêlant horreur et santé mentale, entre fantômes, émotions et réalité.

    Hello Sunshine
    Keezy Young est une autrice et illustratrice américaine de comics basée à Seattle. Artiste queer et non-binaire, elle développe des récits young adult mêlant fantastique, horreur et romance, avec une attention particulière portée aux émotions et aux relations entre ses personnages. Elle s’est notamment fait connaître avec Taproot : le jardinier qui voyait des fantômes, un roman graphique d’abord publié en webcomic puis édité en album, également disponible en français chez Bliss Comics.

    Et si la vraie horreur était réelle ?
    Noah revient de camp d’été avec une seule idée en tête : retrouver son petit ami Alex. Mais en rentrant en ville, il découvre que celui-ci a disparu. Avec l’aide de ses amis, il se lance alors dans une enquête pour comprendre ce qui a bien pu lui arriver. On découvre alors un récit adolescent entre horreur et sentiments où Keezy Young aborde la santé mentale à travers une histoire paranormale, avec également de la représentation queer.

    Un récit qui utilise le paranormal pour parler de santé mentale
    Hello Sunshine propose un récit sensible qui aborde la santé mentale avec beaucoup de justesse. À travers son histoire mêlant paranormal et émotions adolescentes, Keezy Young parle des blessures invisibles, de l’amitié et de la difficulté de comprendre ce que traversent les autres. Un comic touchant et accessible qui utilise les codes de l’horreur pour évoquer des sujets très réels. Une lecture particulièrement pertinente pour un public adolescent, mais qui saura aussi toucher les lecteurs plus âgés.

    Pour aller plus loin
    Si comme nous vous aimez les bons comics teenage, on vous propose de continuer la découverte avec ces épisodes de ComicsDiscovery :
    Something is Killing the Children
    https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s06e21-something-is-killing-the-children/
    Derrière la porte
    https://jamesetfaye.fr/derriere-la-porte-james-tynion/
    It’s Lonely At The Centre Of The Earth
    https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s08e18-its-lonely-at-the-centre-of-the-earth/

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  • Dans ComicsDiscovery, notre podcast consacré à la bande dessinée, nous nous intéressons aujourd’hui à Le Visage du Créateur, une bande dessinée signée Laurent-Frédéric Bollée et Cristiano Spadoni et publiée chez Glénat. Un album historique qui revient sur l’une des plus grandes tragédies de la conquête spatiale : l’explosion de la navette Challenger le 28 janvier 1986, une catastrophe qui a profondément marqué la NASA et son programme spatial.

    Laurent-Frédéric Bollée et Cristiano Spadoni aux commandes
    Au scénario, on retrouve Laurent-Frédéric Bollée, scénariste mais aussi journaliste français. Né en 1967, il débute très jeune dans la bande dessinée en coécrivant une série dérivée du Vagabond des Limbes avec Christian Godard. Au fil des années, il s’est imposé comme un auteur reconnu pour ses récits historiques et documentés.

    Au dessin, Cristiano Spadoni, artiste italien formé à Rome, s’est notamment illustré dans la bande dessinée italienne chez Sergio Bonelli Editore, en travaillant entre autres sur la série Julia. Avec Le Visage du Créateur, il signe une entrée remarquée dans la bande dessinée franco-belge.

    73 secondes qui ont marqué l’histoire de la NASA
    Le 28 janvier 1986, sous les yeux du monde entier, la navette Challenger explose seulement 73 secondes après son décollage. À son bord se trouvent sept membres d’équipage : les astronautes Francis R. Scobee, Michael J. Smith, Ronald McNair, Ellison Onizuka et Judith Resnik, ainsi que deux civils, l’ingénieur Gregory Jarvis et l’enseignante Christa McAuliffe, sélectionnée pour devenir la première professeure à voyager dans l’espace. Le drame endeuille leurs familles, mais il traumatise aussi toute l’Amérique et met un coup d’arrêt brutal au programme de la navette spatiale de la NASA.

    Dans Le Visage du Créateur, les auteurs utilisent plusieurs points de vue pour nous replonger au cœur de cette tragédie et rappeler à quel point la conquête spatiale représentait un immense espoir pour toute une génération. L’album évoque notamment le rôle de Nichelle Nichols, l’actrice connue pour son rôle d’Uhura dans Star Trek, qui s’est fortement impliquée dans les campagnes de recrutement de la NASA afin d’encourager la diversité au sein de l’agence spatiale.

    Une génération marquée par le rêve spatial
    Dans cette émission, nous avons aussi la chance d’avoir Spades avec nous, qui fait partie de la génération qui a grandi avec la course à l’espace et le rêve incarné par la NASA : celui de voir l’humanité repousser ses limites et atteindre l’inconnu. Mais il a également vécu le traumatisme de la catastrophe de Challenger et l’arrêt brutal de ce rêve pour toute une génération qui voyait soudain l’espace redevenir un horizon beaucoup plus lointain.

    Un récit humain et poignant
    L’album Le Visage du Créateur, signé Laurent-Frédéric Bollée et Cristiano Spadoni, revient avec beaucoup de justesse sur cette tragédie. La bande dessinée nous plonge au cœur de l’événement, notamment à travers la préparation de Christa McAuliffe, l’enseignante sélectionnée pour devenir la première professeure à voyager dans l’espace. Le récit permet aussi de comprendre les raisons de la catastrophe et à quel point celle-ci aurait pu être évitée. C’est une bande dessinée particulièrement touchante, portée par un dessin très vivant qui renforce encore la dimension humaine de cette histoire.

    Continuez votre découverte de la BD avec ComicsDiscovery
    Si, comme nous, vous aimez la bande dessinée indépendante, nous vous proposons de poursuivre votre découverte avec ces épisodes de ComicsDiscovery :


    Silent Jenny de Matthieu Bablet : https://jamesetfaye.fr/silent-jenny-matthieu-bablet-comicsdiscovery-s10e05/
    Strange Bedfellows de Ariel Slamet Ries : https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s09e30-strange-bedfellows/
    Vertu de Saint-Cyr de Rutile et Yllogique : https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s9e22-vertu-de-st-cyr/

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  • Peut-on vivre éternellement ? Cette semaine on ne vous parle pas d’Highlander dans ComicsDiscovery, mais de dépression éternelle au travers de Blatta de Alberto Ponticelli, à retrouver chez Bliss Comics.

    Blatta, l'immortalité mais a quel prix ?

    Avec Alberto Ponticelli, l’Italie est à l’honneur dans ComicsDiscovery
    Dessinateur italien, Alberto Ponticelli s’est fait connaître dans l’industrie des comics grâce à un trait expressif et souvent sombre. Les lecteurs de ComicsDiscovery ont déjà pu découvrir son travail avec UN3, un récit publié chez Bliss Comics que nous avions déjà abordé dans l’émission.

    Au fil de sa carrière, l’artiste s’est illustré dans des récits aux thématiques fortes, où la violence du monde et les tourments psychologiques des personnages occupent une place importante. Avec Blatta, il propose une œuvre plus personnelle qui explore la solitude, la dépression et les dérives d’une humanité obsédée par l’immortalité.

    La quête d’immortalité
    Blatta conduit le lecteur au sein d’un monde futuriste où l’humanité a fait un grand sacrifice pour gagner son immortalité. Les relations entre humains ont été bannies et la reproduction ne se fait plus de manière charnelle. Les personnes sont clonées à l’infini et leurs mémoires téléchargées dans leur nouveau corps.

    On suit l’un de ces derniers humains qui partent à la découverte du monde et de lui-même.

    Un univers intéressant
    La BD propose un questionnement philosophique et psychologique au lecteur. Ponticelli aborde le thème compliqué de la dépression. Il utilise beaucoup le dessin pour exprimer la solitude et le vide ressenti par une personne dépressive. Il en montre également la violence.

    L’auteur aborde ensuite la question de la perte d’humanisation face aux nouvelles technologies comme l’intelligence artificielle. On y trouve aussi une critique de la société de consommation.

    Blatta est magnifique. Le coup de crayon de Ponticelli est renversant. Il arrive à faire ressentir la claustrophobie dans laquelle s’est enfermé le personnage pour survivre au travers de petites cases. Celles-ci s’opposent à l’immensité de ces villes dépeuplées.

    Un comics de dessinateur
    Bien que Blatta offre une belle esthétique, le lecteur ressent ses limites. Ponticelli a voulu proposer trop de thèmes dans son récit, au point que celui-ci perd de sa force. On se demande souvent ce qu’a voulu nous raconter l’auteur et quelques scènes auraient mérité d’être racontées autrement pour éviter les clichés et la violence gratuite.

    Malgré ses défauts, Blatta reste une œuvre à découvrir pour la beauté de ses traits.

    D’autres lectures chez Bliss Comics
    Si vous souhaitez découvrir d’autres titres publiés par Bliss Comics, nous vous proposons de poursuivre avec ces épisodes de ComicsDiscovery :
    By Night de John Allison et Christine Larsen : https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s04e20-by-night/
    Faith de Jody Houser et Pere Perez : https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s01e37-faith/
    Bloodshot, le héros de chez Valiant : https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s04e28-bloodshot/

    On se retrouve très vite pour découvrir d'autres comics.

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  • Dans ce nouvel épisode de ComicsDiscovery, nous revenons sur Exquisite Corpses, le nouveau titre de James Tynion IV. Auteur que nous suivons régulièrement dans l’émission, Tynion explore ici le registre du battle royale horrifique aux côtés de Michael Walsh, pour un comics publié chez Urban Comics. Un nouveau projet ambitieux que nous avions hâte de découvrir et d’analyser ensemble.

    Bataille royale familiale
    Le nom de James Tynion IV commence à devenir familier si vous suivez l’émission. C’est un scénariste qui arrive souvent avec de vraies promesses et qui sait susciter l’attente. Nous suivons son travail avec attention, et il nous a régulièrement surpris dans le bon sens du terme.

    On pense notamment à The Nice House on the Lake puis The Nice House by the Sea, une série dont nous attendons la suite avec impatience tant les premiers épisodes nous avaient marqués. On lui doit aussi la très efficace série d’horreur aux accents teenage Something Is Killing the Children.

    Tynion est un auteur capable d’écrire des récits d’horreur tendus et ambitieux, mais aussi de s’inscrire dans un registre plus mainstream. Son passage sur Detective Comics, où il réunissait autour de Batwoman une équipe composée de Spoiler, Orphan, Clayface (dans une version réhabilitée) et Robin, reste un très bon souvenir de lecture.

    Autant dire que nous étions particulièrement curieux de découvrir Exquisite Corpses.

    Une battle royale pour les États-Unis
    Tous les cinq ans, les familles les plus puissantes d’Amérique s’affrontent. Elles se réunissent et choisissent chacune un champion. Le vainqueur obtient le droit d’exercer son influence sur les États-Unis.

    Évidemment, il ne s’agit pas d’une compétition ordinaire. Les représentants de ces dynasties sont des tueurs sanguinaires, lâchés dans une petite ville isolée transformée en terrain de chasse. Une battle royale brutale où tous les coups sont permis, et où les civils paient le prix fort.

    Avec Exquisite Corpses, James Tynion IV et Michael Walsh cochent toutes les cases du comics sanglant et excessif… peut-être même un peu trop.

    Erreur de parcours
    Au final, Exquisite Corpses nous a laissés plutôt froids. Le concept est simple, presque trop : une battle royale ultra-violente où l’escalade graphique semble parfois tenir lieu de narration. La brutalité ne suffit pas à compenser un récit qui manque d’épaisseur, et les personnages restent trop peu développés pour susciter un véritable attachement.

    Sur le fond, l’ensemble donne une impression de déjà-vu. Le mélange entre Battle Royale et The Purge ne dépasse jamais le stade de la référence évidente, sans parvenir à proposer un angle neuf ou une réelle ambition thématique.

    Les dessins de Michael Walsh remplissent leur rôle, et certains designs de personnages auraient pu être marquants. Mais le scénario ne leur donne pas la place d’exister pleinement. On peine à percevoir la montée en puissance ou la vision d’ensemble que le projet semblait promettre.

    D’autant plus que James Tynion IV présente Exquisite Corpses comme l’un des titres phares de sa nouvelle structure éditoriale en collaboration avec Image Comics. Une ambition difficile à saisir à la lecture de ces deux premiers numéros qui, pour l’instant, peinent à dépasser leur concept de départ.

    Un éditorial qui change
    Sur le plan éditorial, en revanche, Urban Comics tente quelque chose d’intéressant. L’éditeur propose ici un format court et souple de 64 pages à 7,90 €, avec en complément un coffret accompagné de bonus pour les deux premiers numéros. Une formule plus accessible, tant en prix qu’en format, qui pourrait séduire un nouveau lectorat.

    Il est possible qu’Urban Comics expérimente ici une nouvelle manière de promouvoir certains titres, en misant sur une entrée moins engageante financièrement. L’idée n’est pas mauvaise : rendre le comics plus abordable reste une piste pertinente pour élargir le public.

    Reste que le choix du titre interroge. Sur une série plus solide ou plus ambitieuse, l’impact aurait sans doute été plus fort. À moins que la cible visée soit un public plus jeune, moins familier des récits de battle royale, et donc moins exigeant sur les codes du genre.

    Pour l’instant, Exquisite Corpses ressemble davantage à un concept accrocheur qu’à une œuvre réellement marquante. Reste à voir si la suite saura lui donner l’ampleur et la profondeur que l’on est en droit d’attendre d’un titre signé James Tynion IV.

    Si, comme nous, vous préférez un James Tynion IV plus inspiré, nous vous conseillons également l’écoute de ces épisodes de ComicsDiscovery consacrés à ses travaux les plus marquants :
    The Nice house on the lake : https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s07e22-the-nice-house-on-the-lake/
    Le Déviant, un conte de Noël : https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s09e06-le-deviant-un-conte-de-noel/
    Something is killing the children : https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s06e21-something-is-killing-the-children/

    Le mot de la fin
    Merci à toutes et tous de nous avoir suivis pour cet épisode de ComicsDiscovery consacré à Exquisite Corpses de James Tynion IV et Michael Walsh, publié chez Urban Comics.
    On se retrouve très vite pour de nouvelles découvertes comics.

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  • Dans cet épisode de ComicsDiscovery, on s’attaque à un véritable monument de la culture DC. Un récit légendaire, souvent cité comme l’un des événements les plus marquants de l’histoire des comics, celui qui a bouleversé l’univers DC et marqué des générations de lecteurs : Crisis on Infinite Earths, de Marv Wolfman et George Pérez.

    Et bonne nouvelle : Urban Comics remet aujourd’hui cette saga incontournable sur le devant de la scène avec une nouvelle édition en format moderne, dont le premier tome vient tout juste de sortir.

    Un peu de contexte historique
    Crisis on Infinite Earths date de 1986, mais son histoire commence en réalité bien plus tôt, en septembre 1961, avec The Flash #123, un épisode devenu mythique intitulé Flash of Two Worlds!.

    Dans ce numéro, scénarisé par Gardner Fox et dessiné par Carmine Infantino, Barry Allen rencontre pour la première fois Jay Garrick, le tout premier Flash de l’histoire de DC. Cette rencontre introduit une idée révolutionnaire : l’existence de Terres parallèles et de réalités multiples au sein d’un même univers.

    À partir de là, DC va exploiter ce concept pour multiplier les séries, et intégrer progressivement des personnages issus d’autres éditeurs rachetés au fil du temps. Des héros comme Shazam, Blue Beetle ou encore Plastic Man n’appartenaient pas à l’origine à DC, mais vont venir enrichir cette immense continuité.

    Le problème, c’est qu’à la fin des années 70 et au début des années 80, l’univers DC devient de plus en plus complexe : trop de Terres, trop de versions des personnages, et des lecteurs parfois complètement perdus.

    C’est dans ce contexte que Marv Wolfman arrive avec une idée radicale : détruire le multivers pour tout reconstruire autour d’un seul univers cohérent.

    Et c’est ainsi que naît Crisis on Infinite Earths.

    Le récit de Crisis on Infinite Earths
    Dans Crisis on Infinite Earths, une menace cosmique sans précédent s’abat sur le multivers. Une entité appelée l’Anti-Monitor commence à détruire les différentes Terres une par une, effaçant des univers entiers dans une vague d’antimatière.Face à cette annihilation totale, son opposé, le Monitor, rassemble des héros et des vilains venus de toutes les réalités pour tenter de stopper la catastrophe.

    Superman, Batman, Wonder Woman, Flash, Green Lantern… tous sont entraînés dans une bataille désespérée où l’enjeu n’est rien de moins que la survie de l’existence elle-même. Mais très vite, les sacrifices deviennent inévitables, et certaines figures majeures de l’univers DC vont disparaître pour toujours.

    Alors, est-ce une bonne idée de lire Crisis en 2026 ?
    C’est une question qu’on peut légitimement se poser. Le récit a bientôt 40 ans, et comme beaucoup de comics de cette époque, il peut avoir un peu vieilli, aussi bien dans son écriture que dans son rythme.

    Et surtout, avec la sortie de cette nouvelle édition proposée par Urban Comics, une autre question se pose : est-ce que cet achat vaut vraiment le coup aujourd’hui ?

    On va commencer directement par ce qui ne va pas… non, ne vous précipitez pas sur cette édition.

    À moins d’être vraiment complétiste, cette réédition de Crisis on Infinite Earths ne justifie pas son prix, pour une raison assez simple : ce n’est pas vraiment Crisis on Infinite Earths dans sa forme la plus lisible.

    Le problème des tie-ins
    Quand on parle d’un énorme event DC ou Marvel, il faut comprendre une chose : ce sont des univers interconnectés. Donc forcément, toutes les séries en cours sont impactées.

    Ces épisodes parallèles, publiés dans d’autres séries mais liés à l’event, on appelle ça des tie-ins. Et souvent, les éditeurs publient l’histoire principale dans un tome, puis un second volume type Companion Book qui regroupe ces épisodes annexes.

    Mais ici, Urban a fait un choix éditorial discutable : ils ont tout mélangé.

    Résultat, vous lisez un chapitre de Crisis, puis vous enchaînez sur plusieurs numéros de séries annexes, parfois sans vrai contexte, avec des personnages obscurs, issus d’un univers des années 80 dont vous n’avez jamais entendu parler… et dont vous n’entendrez probablement plus jamais parler après.

    Un classique malgré tout
    Malgré tout, Marv Wolfman et George Pérez restent deux immenses artistes qui ont profondément marqué l’histoire des comics.

    Certes, Crisis on Infinite Earths est un récit très bavard, avec une narration typique des années 80, et une colorisation qui a clairement vieilli. Mais ça reste un pilier fondamental de l’univers DC, un événement dont les répercussions se font encore sentir aujourd’hui, même dans les histoires modernes.

    De mon côté, j’ai pris un vrai plaisir à découvrir la série, ne serait-ce que pour les dessins de George Pérez, qui sont tout simplement magnifiques. Chaque page déborde de détails, de personnages, d’énergie… c’est un travail monumental.

    Alors oui, vous ne comprendrez peut-être pas tout, et vous allez sûrement croiser des héros dont vous n’avez jamais entendu parler. Mais ça fait aussi partie de l’expérience : plonger dans un récit qui a marqué des générations de lecteurs et qui continue, encore aujourd’hui, à influencer tout l’univers DC.

    Donc tentez l’aventure… mais évitez cette nouvelle édition. Préférez une version plus simple, qui contient uniquement les 12 épisodes complets de la mini-série originale.

    Envie de découvrir d’autres events marquants ?
    Si cette plongée dans Crisis on Infinite Earths vous a donné envie d’explorer d’autres grands événements qui ont marqué l’histoire des comics, on vous conseille de jeter une oreille à ces épisodes de ComicsDiscovery :

    Flashpoint de Geoff Johns et Ivan Reis :
    https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s05e43-flashpoint/

    X-Men : Messiah Complex :
    https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s03e04-x-men-le-complexe-du-messie/

    Civil War de Mark Millar et Steve McNiven :
    https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-lete-des-must-have-civil-war/

    Le mot de la fin
    Merci à toutes et tous de nous avoir suivis pour cet épisode de ComicsDiscovery consacré à Crisis on Infinite Earths de Marv Wolfman et George Pérez.

    Avec cet événement mythique, on s’est attaqué à l’un des récits les plus importants de l’histoire de DC Comics, celui qui a bouleversé le multivers et marqué des générations de lecteurs.

    Même si l’œuvre a forcément vieilli sur certains aspects, elle reste un pilier incontournable pour comprendre l’univers DC moderne et l’héritage des grandes sagas éditoriales.

    On se retrouve très vite pour de nouvelles découvertes comics.

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  • Bienvenue pour un nouvel épisode de ComicsDiscovery !

    Cette semaine, nous avons le plaisir de recevoir Gaëlle Hersent et Margaux Saltel, impliquées dans l’organisation du Festival interconnecté de la bande dessinée à Montpellier. Un épisode un peu particulier, puisque l’on parle à la fois d’un événement majeur, d’une mobilisation historique dans le milieu de la bande dessinée, et bien sûr du comic de la semaine : Hérétique de Robbie Morrison et Charlie Adlard, disponible chez Delcourt.

    Festival interconnecté : un contre-festival porté par Girlxcott
    Le Girlcott est né à la suite des révélations sur les violences systémiques et le management toxique entourant le Festival d’Angoulême, ainsi que sur la manière dont certaines personnes victimes de VSS ont été traitées. Cette mobilisation, devenue la collective Girlxcott (pour être plus inclusive), fédère aujourd’hui des centaines d’auteurices de bande dessinée. Le but est de mobiliser  pour défendre leurs droits, lutter contre les violences sexistes et sexuelles, et faire évoluer en profondeur un milieu longtemps dominé par des logiques d’exclusion et de privilèges.

    Après une mobilisation historique ayant mené à l’annulation de l’édition 2026 du FIBD, la collective s’organise et devient une association loi 1901, avec pour vocation le soutien à la création et à la diffusion de la bande dessinée dans une perspective féministe et inclusive.

    Avec l’annulation du FIBD, Girlxcott a décidé de lancer le Festival interconnecté de la bande dessinée, un contre-festival organisé simultanément dans plusieurs villes de France. L’objectif est de rassembler une multitude d’événements autour de la BD, avec un angle politique, féministe et inclusif. Nous en discutons avec Margaux Saltel et Gaëlle Hersent, et plus particulièrement de la version montpelliéraine du festival.

    👉 Toutes les informations et le programme du festival sont à retrouver ici :
    https://campsite.bio/girlxcott

    Hérétique : Adlard quitte les zombies pour l’Inquisition
    Charlie Adlard est un dessinateur britannique incontournable du comics contemporain, principalement connu pour avoir illustré pendant plus de quinze ans la série culte The Walking Dead aux côtés de Robert Kirkman. Son trait rugueux, expressif et viscéral en a fait l’un des artistes majeurs du comics horrifique moderne.

    Robbie Morrison, scénariste écossais reconnu, s’est illustré sur des séries emblématiques comme Judge Dredd, Nikolai Dante, The Authority ou encore Batman, avec un goût prononcé pour les récits sombres, politiques et historiques.

    Le comic raconte l’histoire de Johann Weyer, un savant du XVIᵉ siècle farouchement opposé à la chasse aux sorcières. Des années plus tard, Sigmund Freud, fasciné par son œuvre, aurait dissimulé ses journaux.

    Lorsqu’une traduction refait surface, le lecteur découvre la jeunesse de Weyer, sa rencontre avec son maître, l’archiviste Agrippa, et une enquête qui les entraîne au cœur d’une vague de crimes liés à la terrifiante Inquisition.

     

    Une étude de l’homme et de ses cycles de violence
    Au-delà du thriller historique, Hérétique propose une réflexion sur la nature humaine. Lorsque le monde change et que les temps deviennent difficiles, l’homme a tendance à chercher des responsables plutôt que de reconnaître ses propres torts. Les femmes, les étrangers, la religion… peu importe, tant que l’on trouve quelqu’un à blâmer.

    Le dessin de Charlie Adlard renforce ce propos avec un travail marqué sur les expressions faciales, les regards et un découpage oppressant. Le trait brut et sombre donne à voir un visage terrifiant et sauvage de l’humanité.

    Un immense merci à nos invitées Gaëlle Hersent et Margaux Saltel pour leur temps, leur engagement et leurs éclairages passionnants autour du Festival interconnecté de la bande dessinée et de la collective Girlxcott. On ne peut que vous encourager à aller découvrir leur travail, suivre l’actualité du festival et soutenir cette initiative essentielle en vous abonnant à leurs comptes Instagram.

    👉 Girlxcott Montpellier :
    https://www.instagram.com/girlxcott.montpellier/

    👉 Margaux Saltel :
    https://www.instagram.com/m_saltel/

    👉 Gaëlle Hersent :
    https://www.instagram.com/gaelle_hersent/

    Si comme nous vous aimez les comics horrifiques et les récits sombres qui interrogent la nature humaine, on vous conseille de poursuivre votre découverte avec ces épisodes de ComicsDiscovery :


    Derrière la porte de James Tynion IV et Gavin Fullerton :
    https://jamesetfaye.fr/derriere-la-porte-james-tynion/
    30 jours de nuit de Steve Niles et Ben Templesmith :
    https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s09e25-30-jours-de-nuit/
    Dr Wertham de Harold Schechter et Eric Powell :
    https://jamesetfaye.fr/dr-wertham-failli-tuer-comics/

    Le mot de la fin
    Merci à toutes et tous de nous avoir suivis pour cet épisode de ComicsDiscovery consacré à Hérétique de Robbie Morrison et Charlie Adlard. Un épisode riche en échanges, entre analyse d’un récit marquant et discussion autour des enjeux actuels du milieu de la bande dessinée.

    On se retrouve très vite pour de nouvelles découvertes comics.
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  • Après avoir traité une bonne partie des titres du label Absolute de DC Comics tout au long de l’année 2025, on termine ce tour d’horizon avec la dernière sortie publiée chez Urban Comics : Absolute Flash, écrit par Jeff Lemire et dessiné par Nick Robles et A.L. Kaplan.

    Après Absolute Superman, Absolute Wonder Woman, Absolute Batman et surtout Absolute Martian Manhunter, véritable coup de cœur de l’équipe, cette relecture de Flash est-elle au même niveau que ses comparses ? On vous donne notre avis dans ce nouvel épisode de ComicsDiscovery.

    Absolute Flash : une autre vitesse pour le héros écarlate
    Dans Absolute Flash, Jeff Lemire fait un choix fort : ici, pas de Barry Allen, mais Wally West, un personnage majeur de l’histoire de Flash, notamment grâce au run emblématique de Mark Waid que l’on peut retrouver dans les DC Archives chez Urban Comics.

    On découvre Wally West adolescent, vivant sur une base militaire où travaille son père. Solitaire, un peu rebelle, il voit sa vie basculer à la suite d’un accident impliquant une expérience menée par un certain Barry Allen. Cet événement va lui conférer les pouvoirs de Flash… mais également attirer sur lui l’attention d’une équipe étonnamment familière pour les fans du personnage.

    Jeff Lemire s’amuse surtout à remodeler les éléments iconiques de l’univers de Flash, en les intégrant à cette continuité Absolute plus sombre et plus brute. Une approche qui fait écho à ce que le label a déjà proposé sur Superman, Wonder Woman ou Martian Manhunter, tout en gardant une identité propre.

    Jeff Lemire, un auteur aux multiples facettes
    Si vous êtes lecteur de comics ou auditeur régulier de ComicsDiscovery, le nom de Jeff Lemire ne doit pas vous être inconnu. Auteur extrêmement prolifique, il navigue avec aisance entre l’indé et le mainstream.

    On lui doit des œuvres marquantes comme Sweet Tooth, Black Hammer ou Royal City, mais également des titres plus grand public comme Joker: Killer Smile, la saga de science-fiction Descender, son passage remarqué sur Green Arrow, ou encore Gideon Falls, qui avait d’ailleurs fortement divisé l’équipe lors de sa sortie.

    Au dessin, Absolute Flash s’appuie sur Nick Robles et A.L. Kaplan. Si leur travail est globalement efficace, le changement d’artiste en cours de récit se ressent et peut un peu casser la fluidité visuelle, un point que l’on aborde dans l’épisode.

    Un titre idéal pour découvrir Flash ?
    Absolute Flash est un comics agréable à lire, rythmé, plein d’action et truffé de références à l’univers des speedsters de DC Comics. Mais, contrairement à certains autres titres du label Absolute, il fonctionne surtout si l’on connaît déjà bien le personnage et son lore.

    L’un des grands intérêts du récit réside dans la manière dont Jeff Lemire réinvente des figures familières et joue avec les attentes des lecteurs. Sans cette connaissance préalable, l’histoire peut perdre en impact et se réduire à un récit adolescent efficace, mais finalement assez classique.

    Dans cet épisode de ComicsDiscovery, on revient en détail sur ce que propose Absolute Flash, ses forces, ses limites et sa place au sein du label Absolute de DC Comics.

    Vous aimez Flash et son univers ? Nous aussi.
    Pour prolonger votre découverte, on vous propose de poursuivre avec ces épisodes de ComicsDiscovery :

    Comment découvrir Flash en comics :

    https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s07e40-flash/

    Flashpoint de Geoff Johns et Andy Kubert :

    https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s05e43-flashpoint/

    Absolute Martian Manhunter :

    https://jamesetfaye.fr/labsolute-a-ne-pas-rater-comicsdiscovery-s10e12-absolute-martian-manhunter/

    Le mot de la fin
    Merci à toutes et tous de nous avoir suivis pour cet épisode de ComicsDiscovery consacré à Absolute Flash de Jeff Lemire.
    Après avoir exploré plusieurs titres du label Absolute de DC Comics, on espère que cette relecture de Flash, centrée sur Wally West, vous aura donné envie de (re)découvrir le personnage et son univers.

    On se retrouve très vite pour de nouvelles découvertes comics.

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  • Avant d’organiser des tournois d’ex maléfiques, Brian Lee O’Malley faisait dans le road trip introspectif.
    Cette semaine, nous discutons de À la dérive, le tout premier comics de l’auteur de Scott Pilgrim, publié pour la première fois en français chez Hi Comics.

    À la dérive de Brian Lee O’Malley

    Une introspection sur quatre roues
    Le récit met en lumière Raleigh, une jeune femme perdue dans ses pensées et sa vie. Elle part en road trip avec trois connaissances, sans but particulier. Rapidement, ce voyage devient une métaphore de son propre chemin de pensée. À la dérive n’est pas un récit d’action, ni une comédie romantique ; c’est une plongée dans un malaise poignant et universel.

    Ce qui frappe dès les premières pages, c’est la manière dont O’Malley transforme l’invisible en visible. La solitude, le vide intérieur, le manque de repères, l’hésitation constante entre ce qu’on désire et ce qu’on n’ose pas faire. Ces émotions sont transmises par les regards, les silences, le paysage étiré qui défile comme un miroir de l’esprit de Raleigh.

    Plus qu’un road trip
    Plutôt que de raconter une histoire pleine d’événements, À la dérive installe une atmosphère et laisse le lecteur ressentir plutôt que simplement suivre une intrigue. Le style graphique, déjà marqué par l’influence du manga et une narration cinétique, capte parfaitement ce sentiment de flottement.

    Les personnages secondaires ne sont pas simplement des accompagnateurs ; ils deviennent des miroirs ou des obstacles pour comprendre qui est réellement Raleigh et ce qu’elle fuit ou cherche.

    Ce roman graphique traite avec délicatesse de thèmes comme :

    "
    la crise d’identité et la difficulté à se reconnaître soi-même,
    la solitude malgré les autres,
    le besoin de sens à un âge où les repères s’effritent,
    la fragilité des émotions et leur traduction visuelle.

    C’est un livre qui ne t’en met pas plein la vue, mais qui te touche précisément parce qu’il ne prétend rien cacher.
    Un avant-goût de la voix d’O’Malley
    Pour ceux qui ne connaissent O’Malley que via Scott Pilgrim, À la dérive peut sembler plus subtil, presque fragile. Et pourtant, on y retrouve déjà sa manière d’explorer la vulnérabilité humaine avec humour et sensibilité.

    Ce n’est pas une BD « punchy », mais une expérience de lecture où l’on ressent davantage qu’on ne comprend, et c’est précisément ce qui fait sa force.

    Si tu es sensible aux récits introspectifs, aux road trips philosophiques ou aux BD qui abordent l’âme humaine sans artifices, À la dérive est une œuvre qui mérite d’être connue.

    Dans cet épisode, nous accueillons un nouveau membre dans l’équipe ComicsDiscovery : Cecil, auteur de bande dessinée et illustrateur. On espère que vous lui ferez un très bon accueil, et surtout, n’hésitez pas à aller faire un tour sur son compte Instagram pour découvrir son travail :

    https://www.instagram.com/cecilbehar
    Pour aller plus loin avec Hi Comics
    Si À la dérive vous a donné envie d’explorer davantage le catalogue de Hi Comics, nous vous recommandons également trois épisodes de ComicsDiscovery consacrés à des titres marquants de l’éditeur :



    Dawnrunner de Ram V et Evan Cagle, une relecture intense et viscérale du mythe du kaiju.
    https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s09e08-dawnrunner/
    Hack/Slash Back to School de Zoe Thorogood, un récit horrifique moderne porté par une approche très personnelle.
    https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s09e11-hack-slash-back-to-school/
    Immortal Sergeant de Joe Kelly et Ken Niimura, une réflexion violente et humaine sur la guerre, la mémoire et l’immortalité.
    https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s08e10-immortal-sergeant/



    Trois lectures très différentes, mais qui illustrent parfaitement la diversité et la richesse éditoriale du catalogue Hi Comics.



    Le mot de la fin
    Merci à toutes et tous de nous avoir suivis pour cet épisode de ComicsDiscovery consacré à À la dérive de Brian Lee O’Malley.
    Un grand merci également à Cecil, qui rejoint l’équipe à l’occasion de cet épisode. On espère que vous lui réserverez un bel accueil et que vous irez découvrir son travail d’auteur de BD et d’illustrateur.

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  • Après vous avoir parlé de la sainte Trinité de DC Comics avec Batman, Superman et Wonder Woman dans une précédente émission, on s’intéresse cette fois au Martien vert préféré de l’éditeur.
    Absolute Martian Manhunter, écrit par Deniz Camp et dessiné par Javier Rodriguez, arrive en France chez Urban Comics et s’impose comme l’un des nouveaux titres du label Absolute piloté par Scott Snyder.

    Est ce que ce nouvel Absolute est le titre à ne pas rater chez DC Comics ? On vous en parle dans cet épisode de ComicsDiscovery.

    Absolute Martian Manhunter de Deniz Camp et Javier Rodriguez

    Un invité venu d’ailleurs
    Pour parler des aventures d’un extraterrestre, il nous en fallait bien un autre. Nous avons eu la joie d’accueillir Dr Salience, vidéaste qui aborde les comics avec une approche très personnelle. Vous pouvez retrouver sa chaîne YouTube ici :
    https://www.youtube.com/channel/UClAxorfXj27uDj9NZXu8rBg

    Si vous en avez assez des vidéos critiques classiques tournées devant une bibliothèque Billy remplie de figurines Pop, son univers décalé et son humour singulier devraient vous séduire. Nous vous invitons à découvrir son travail et à vous abonner si le cœur vous en dit pour le soutenir.

    Découvrons le limier martien
    Martian Manhunter, aussi connu sous le nom de J’onn J’onzz, est l’un des personnages majeurs de DC Comics. Pourtant, en France, le personnage reste relativement discret, en dehors de ses apparitions dans les séries animées, notamment la célèbre Super Justice League qui l’a révélé à toute une génération.
    Chez Urban Comics, seuls deux titres lui ont été consacrés en solo, Absolute Martian Manhunter étant la seconde publication centrée sur le Martien. On l’a surtout découvert dans des récits d’équipe, dont le superbe New Frontier de Darwyn Cooke où il occupe un rôle clé.
    Cette rare présence éditoriale rend d’autant plus excitante la sortie d’un récit entièrement dédié au personnage.

    Créé en 1955 par Joseph Samachson et Joe Certa, Martian Manhunter appartient aux grandes figures de l’âge d’argent de DC Comics. J’onn J’onzz est souvent considéré comme l’âme de la Justice League, un héros profondément empathique, traumatisé par la disparition de son peuple.
    Sa personnalité mêle sagesse, mélancolie et sens du devoir, ce qui le distingue des autres membres de l’équipe.
    Ses pouvoirs variés, qui vont de la télépathie à la métamorphose en passant par la super force et l’intangibilité, en font l’un des héros les plus puissants de l’univers DC.
    Cette importance, bien reconnue aux États Unis, explique l’attente autour d’un récit qui lui redonne enfin toute sa place.

    Une réinvention du personnage
    Pour revisiter Martian Manhunter, Scott Snyder s’est entouré de deux auteurs particulièrement inspirés.
    Deniz Camp s’est fait connaître avec des récits ambitieux comme 20th Century Men, où il explore déjà des thèmes humains, politiques et intimes.
    Javier Rodriguez apporte quant à lui une identité visuelle forte, grâce à son style expressif et ses compositions inventives aperçues dans Daredevil, Spider Woman ou The History of the Marvel Universe.
    Ensemble, ils donnent à ce titre Absolute une personnalité très marquée.

    Dans Absolute Martian Manhunter, Deniz Camp propose une interprétation originale en jouant sur la relation entre J’onn J’onzz et son identité humaine, l’agent du FBI John Jones.
    Le Martien est ici présenté comme une présence presque parasitaire dans l’esprit de l’agent, une conscience qui influence sa perception du monde.
    Cette idée rappelle par certains aspects la dynamique d’un Venom, mais avec une approche bien plus psychologique.
    Ce choix renforce les thèmes du récit, qui explore l’identité, la mémoire et la difficulté de trouver sa place.
    Le dessin de Javier Rodriguez accompagne parfaitement cette vision grâce à un jeu de couleurs expressif qui matérialise les émotions ressenties par l’enquêteur et accentue le décalage entre ses deux natures.

    Le titre à lire de la ligne Absolute ?
    Si vous aimez les séries des Big Two qui flirtent avec l’esprit des comics indépendants, comme The Vision de Tom King et Gabriel Walta ou Moon Knight de Jeff Lemire et Greg Smallwood, vous allez adorer ce titre.
    Absolute Martian Manhunter plonge au cœur de la psyché du dernier Martien et s’appuie sur une collaboration très réussie entre scénario et dessin.
    Le travail sur la couleur donne au récit un rythme particulier et renforce l’immersion dans l’enquête.
    Tout est pensé pour offrir un portrait complet du personnage et de son univers, tout en construisant un thriller haletant qui tient en haleine du début à la fin.

    Comme le titre de l’émission le laisse entendre, on est clairement devant le titre à ne pas manquer dans la ligne Absolute.
    Nous n’avons pas encore découvert le Flash, mais Absolute Martian Manhunter est déjà notre vrai coup de cœur de ce nouveau label DC.

    Si vous avez apprécié notre discussion avec Dr Salience, n’hésitez pas à aller découvrir son univers directement sur sa chaîne YouTube.
    Il propose des vidéos originales, décalées et très soignées autour des comics.
    Vous pouvez le retrouver ici et vous abonner pour soutenir son travail :
    https://www.youtube.com/channel/UClAxorfXj27uDj9NZXu8rBg

    Vous aimez les récits qui réinventent les super héros ou les plongées dans des univers forts et singuliers ?
    Voici quelques épisodes de ComicsDiscovery qui pourraient aussi vous plaire.

    DC The New Frontier de Darwyn Cooke :
    https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s07e30-dc-the-new-frontier/

    Mister Miracle de Tom King et Mitch Gerads :
    https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s07e08mr-miracle/

    The Vision de Tom King et Gabriel Walta :
    https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s07hsc-vision/

    Le mot de la fin
    Merci à tous et toutes de nous avoir suivi et merci à notre invité Salience. Nous sommes désolés pour l'attente , le mois de décembre nous a apporté une belle grippe. Prenez soin de vous et on se retrouve en Janvier pour de nouvelles découvertes.

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  • Cette semaine, dans votre podcast BD favori, on vous propose de parler de Batman Dark Age, le récit qui revient sur comment Bruce Wayne, playboy mondain de Gotham, est devenu le Chevalier Noir qui fait régner la justice sur la ville.
    On vous voit venir : encore une origin story ! Oui, mais cette fois, c’est Mark Russell à l’écriture, avec son style politisé, social et toujours un peu piquant. Il prend le God Damned Caped Crusader pour en faire une satire de l’Amérique.
    Au dessin, on retrouve Mike Allred, toujours aussi pop et acidulé, un vrai régal visuel.
    On vous en parle dans l’émission, et vous pouvez retrouver le comics chez Urban Comics.

    Batman Dark Age, une fausse origin story classique
    Dans Batman Dark Age, on suit le jeune Bruce Wayne, héritier de l’une des plus grandes familles de Gotham, dont la vie bascule le soir où ses parents sont assassinés sous ses yeux. Ce traumatisme le pousse à parcourir le monde pour apprendre les arts martiaux, la stratégie et la justice pour protéger sa ville devenue un nid de corruption et de crime. Une quête initiatique qui le mène à construire son identité de justicier masqué, symbole de…

    Bon, ok. Oui. Je sais.
    Vous avez déjà lu cette histoire mille fois, et vous pouvez sans doute la réciter avant même de finir cette phrase.

    Et c’est là que Dark Age devient intéressant, parce que Mark Russell ne cherche pas à refaire l’origine de Batman, mais à s’en servir comme prétexte. Il revisite la légende avec une lecture politique et sociale acide.

    Petite précision utile : Batman Dark Age est en quelque sorte un spin-off de Superman Lost Age, un autre titre où Mark Russell pose les bases de son univers. Nous, on n’a pas lu Superman Lost Age, mais visiblement, ça peut apporter un contexte supplémentaire. Rassurez-vous, Dark Age reste parfaitement compréhensible tout seul, même si les lecteurs de l’autre série y verront sans doute quelques clins d’œil en plus.

    Deux auteurs atypiques dans l’industrie
    Mark Russell s’est clairement fait une place à part dans le monde des comics. Il vient souvent là où on ne l’attend pas, que ce soit avec The Flintstones, Exit Stage Left : The Snagglepuss Chronicles ou, plus récemment, One-Star Squadron. Sa marque de fabrique, une écriture engagée, mais jamais pesante. Il aime prendre des personnages archi connus pour parler de l’Amérique, de ses contradictions et de ses absurdités. C’est son style, toujours un peu ironique, mais avec un vrai fond derrière, qui donne toute sa saveur à Dark Age.

    Mike Allred, lui, est l’un des auteurs les plus reconnaissables du comics indépendant. Impossible de parler de sa carrière sans évoquer Madman, son personnage fétiche, qu’il a créé et développé avec Laura Allred aux couleurs. C’est un titre culte, tellement marqué par leur identité visuelle qu’on ne pourrait pas l’imaginer signé par quelqu’un d’autre. Leur travail commun a façonné tout ce qui fait le charme d’Allred aujourd’hui : les couleurs pop, les contours nets, l’énergie rétro et ce petit côté psychédélique.

    On en avait déjà parlé dans l’émission, notamment quand on avait consacré un épisode au Silver Surfer de Dan Slott et Mike Allred dans la saison 3. Et oui, je le redis encore ici : c’est l’une des plus belles histoires d’amour de Marvel.
    Sur Batman Dark Age, Allred garde cette même sincérité graphique tout en donnant un côté vintage, mais dynamique à la relecture de Mark Russell.

     

    Le style pop d’Allred dans un Gotham sombre
    Je n’aurais jamais parié sur Mike Allred pour un récit se déroulant dans l’univers sombre et gothique de Batman. Sur le papier, son style pop très années 70 semble loin du Dark Knight torturé qu’on connaît.
    Et pourtant, ça fonctionne étonnamment bien. Par moments, on a presque l’impression de revoir un épisode de la série Batman 66 avec Adam West, avec ce mélange de kitsch assumé et d’énergie colorée.

    Comme toujours, Allred est généreux. Ses planches débordent d’idées, son découpage est vivant, ses personnages ont ce charme rétro immédiat. Ce n’est pas du tout le grim and gritty God Damn Batman, mais ça apporte une vraie fraîcheur.
    Et sur six numéros, ça passe très bien.

    Pour aller plus loin dans Gotham
    Vous aimez les récits de Batman ou les relectures originales de super-héros ?
    Voici quelques épisodes de ComicsDiscovery qui pourraient aussi vous plaire :

    Batman Curse of the White Knight de Sean Gordon Murphy :
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    Batman & Robin de Peter Tomasi et Patrick Gleason :
    https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s09e27-batman-robin/

    Batman et Robin Dynamic Duo de Joshua Williamson et Simone Di Meo :
    https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s08e29-batman-et-robin-dynamic-duo/

    Le mot de la fin
    Merci d’avoir exploré avec nous Batman Dark Age, la relecture pop et sociale de Mark Russell et Mike Allred, publiée chez Urban Comics.
    Un récit qui revisite les origines du Chevalier Noir avec une approche plus politique, plus colorée et franchement rafraîchissante.
    N’hésitez pas à nous dire ce que vous avez pensé de Batman Dark Age et à échanger avec d’autres passionnés de BD, comics et pop culture !

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  • Entre rêve et réalité, futur et passé, l’équipe de ComicsDiscovery part à la chasse au
    serial killer dans 1949 de Dustin Weaver, publié chez
    Delcourt. Ce polar nous entraîne aux côtés de la lieutenante Blank,
    partagée entre deux vies séparées par deux siècles. Une enquête qui dépasse les frontières du temps,
    un tueur insaisissable et une ambiance à mi-chemin entre film noir et science-fiction : on vous raconte
    pourquoi ce titre intrigue autant qu’il surprend.

    1949 de Dustin Weaver
    Dustin Weaver est un artiste américain de bande dessinée, né le 3 octobre 1978 à
    San Diego (Californie) et ayant grandi à Eagle River (Alaska). Il débute officiellement dans le milieu en 2003,
    après un passage en tant que stagiaire au sein de WildStorm Studios. Au fil de sa carrière,
    il a travaillé pour des éditeurs majeurs comme Dark Horse Comics, notamment sur la série
    Star Wars: Knights of the Old Republic, puis pour Marvel Comics,
    où il a collaboré à des récits autour des X-Men et à la première mini-série
    S.H.I.E.L.D.: Architects of Forever. Weaver est aujourd’hui reconnu pour son trait détaillé,
    ses compositions ambitieuses et sa capacité à naviguer entre science-fiction, polar
    et récits d’action.

    Une époque sombre et violente
    Le lecteur suit l’agent Blank, chargée par le FBI de traquer un mystérieux
    serial killer qui laisse derrière lui un étrange liquide sur chacune de ses victimes.
    Dans cette partie du récit, Dustin Weaver plonge pleinement dans les codes du
    polar classique : un noir et blanc élégant, des ruelles poisseuses, des flics véreux,
    une héroïne forte, une violence jamais gratuite, mais toujours pesante. Le travail graphique de Weaver est superbe,
    jouant avec les ombres et la lumière pour renforcer l’atmosphère oppressante.

    Retour vers le futur
    L’autre moitié de ce récit singulier nous projette dans un futur lointain, où l’héroïne semble
    évoluer dans un corps robotique, presque déshumanisé. Cette partie du comics troque l’ambiance
    polar pour une véritable quête identitaire : qui est-elle réellement ? Quel est son rôle dans ce monde
    technologique et froid qui ne lui renvoie aucune trace de son passé ? À intervalles réguliers, elle est hantée par
    l’apparition du visage d’une vieille femme, dont elle ne comprend ni le message ni l’intention. Weaver joue ici avec
    l’abstraction, les ruptures de ton et une mise en scène plus sensorielle, qui tranche volontairement avec le noir et
    blanc du passé.

    Et on en a pensé quoi ?
    Malgré des thématiques intéressantes et un pitch qui avait tout pour être alléchant,
    Dustin Weaver peine malheureusement à nous accrocher pleinement à son récit.
    Le lien entre les deux époques censées se répondre et se nourrir l’une l’autre reste flou, trop ténu pour créer
    l’effet de révélation attendu. On sent clairement sa volonté de construire un récit à twist, à l’image de
    L’Échelle de Jacob ou Angel Heart, mais la mécanique narrative ne
    suit pas toujours, et on peine à comprendre où il souhaite nous emmener.

    Heureusement, la partie graphique, elle, est absolument splendide. C’est clairement un
    « comics de dessinateur » dans le meilleur sens du terme, et cela compense en grande partie les
    faiblesses du scénario. Les deux époques ont chacune une identité visuelle marquée : un noir et blanc tranchant,
    presque sale, pour le polar ; une esthétique futuriste plus claire, organique et
    étrangement apaisante pour la partie futuriste. Weaver y démontre une maîtrise remarquable, entre les influences
    visibles de Moebius pour la SF et celles de Frank Miller
    pour la partie noire. Visuellement, c’est un véritable régal.

    Reste que l’on se dit que le projet aurait peut-être gagné en force si
    Dustin Weaver avait collaboré avec un·e scénariste. Son univers et son trait sont puissants,
    mais un regard extérieur aurait sans doute permis d’ancrer davantage le récit et de renforcer les enjeux entre les deux
    lignes temporelles.

    Retrouvez 1949 dans toutes vos librairies indépendantes.
    Soutenir les commerces de proximité est plus important que jamais.
    Ainsi que sur le site de Delcourt : https://www.editions-delcourt.fr/comics/series/serie-1949/album-1949

    Vous aimez les récits de SF ou les polars bien noirs ? Voici quelques épisodes de
    ComicsDiscovery qui pourraient aussi vous plaire :

    Torso de Brian Michael Bendis et Marc Andreyko :
    http://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-torso-true-crime-bendis/

    Silent Jenny de Matthieu Bablet :
    https://jamesetfaye.fr/silent-jenny-matthieu-bablet-comicsdiscovery-s10e05/

    Parker de Richard Stark et Darwyn Cooke :
    https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s04e45-parker/

    Le mot de la fin
    Merci d’avoir exploré avec nous 1949, le récit temporel et déroutant de Dustin Weaver, publié chez Delcourt. Une histoire qui oscille entre polar noir et science-fiction, où passé et futur s’entremêlent pour créer une atmosphère unique.
    Un grand merci à toute l’équipe de ComicsDiscovery pour leurs analyses et leur passion. Vos retours, vos messages et vos recommandations enrichissent chaque épisode et nourrissent notre amour pour la BD indépendante et les récits qui sortent des sentiers battus.
    N’hésitez pas à nous dire ce que vous avez pensé de 1949 et à échanger avec d’autres passionnés de BD et pop culture !

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