Les grandes voix de l'Afrique

Les grandes voix de l'Afrique

France

Cet été, Radio France Internationale vous ouvre ses archives sonores. En 15 épisodes, vous pourrez entendre les grandes voix de la littérature africaine. Cheick Hamidou Kane, Williams Sassine, Camara Laye, Sembène Ousmane, Bernard Dadié, Birago Diop, Ferdinand Oyono, tous ces grands noms racontent leur parcours, leurs émotions, les rencontres qui ont structuré leur existence, les joies et les difficultés de la création artistique. Ces grands noms ont été également les témoins de leur temps. Des grandes voix pour raconter des grandes plumes.

Episodes

Tchicaya U Tam'si: la poésie comme thérapie  

Poète, romancier et dramaturge, Tchicaya U Tam'si est un écrivain inclassable à plus d’un titre. Né à Mpili en République du Congo le 25 août 1931. Il fait paraître ses premiers poèmes dès 1955. Gérald-Félix Tchikaya prend en 1957 le pseudonyme de U Tam'si (celui qui parle pour son pays). (Rediffusion du 12 août 2016.) Poésie • Le Mauvais Sang, Pierre Jean Oswald, 1955 ; réédition avec Feu de brousse et A triche cœur, L'Harmattan. [Ouvrage de référence] • Épitomé, coll. « L'aube dissout les monstres », P. J. Oswald Éditeur, Honfleur 1962. • Le Ventre, 1964 suivi de Le Pain ou la Cendre 1978, réédité éd. Présence africaine 1999. • J’étais nu pour le premier baiser de ma mère, Œuvres complètes I, Gallimard, coll. « Continent noir », 2013 Romans • Les Cancrelats, Albin Michel, 1980. • Les Méduses, Albin Michel, 1982. • Les Phalènes, Albin Michel, 1984. • Ces fruits si doux de l'arbre à pain, Seghers, 1987. Théâtre • Le Zulu suivi de Vwène Le Fondateur, Nubia, 1977. • Le Destin glorieux du maréchal Nnikon Nniku, prince qu'on sort, Présence africaine, 1979. • Le Bal de N'dinga, éd. L'Atelier imaginaire/Éditions L'Âge d'Homme : Tarbes, 1987.  

Amadou Hampâté Bâ: le porte-étendard de la tradition  

Amadou Hampâté Bâ est né en 1900 ou 1901 à Bandiagara, au pied des falaises du pays Dogon, et il est mort en 1991 à Abidjan. Ecrivain et ethnologue, nous devons une nombreuse bibliographie à Amadou Hampâté Bâ : des romans, des recueils de contes, des pièces de théâtre, des études. On dit de lui qu'il est « pour l'Afrique noire le gardien de la mémoire, de la tradition orale qu'il a bien souvent couchée sur papier et est devenu, de ce fait, le défenseur vigilant d'une civilisation si longtemps méconnue. » C’est l’auteur d’une phrase célèbre : «En Afrique, quand un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui brûle». (Rediffusion du 11 août 2016).

Ferdinand Léopold Oyono: une brève et riche carrière  

Ferdinand Léopold Oyono est né le 14 septembre 1929 à Ngoulemakong, près de Ebolowa dans le sud du Cameroun. En trois romans, Ferdinand Oyono se fait une place incontestée parmi les grands auteurs du monde littéraire africain, et toute cette activité artistique est concentrée en cinq petites années. Une vie de boy publié en 1956 ; Le vieux nègre et la médaille en 1956 ; et Chemin d’Europe en 1960. (Rediffusion du 10 août 2016).

Williams Sassine: un exil fécond  

Williams Sassine a été décrit comme un écrivain de la marginalité. Marginalité et errance. Cela commence par la naissance à Kankan en Haute-Guinée d’un père arabe libanais et d’une mère guinéenne malinké. De 1973 à 1998, il publie 8 romans, un recueil de contes et une pièce de théâtre. L’exil, c’est une vie de marginalité et d’errance qui commence par de la prison à l’âge où on passe le baccalauréat. (Rediffusion du 9 août 2016). Bibliographie : • Saint Monsieur Baly, roman, Présence africaine, Paris, 1973 • Wirriyamu, roman, Présence africaine, Paris, 1976 • Le Jeune homme de sable, roman, Présence africaine, Paris, 1979 • L'Alphabête, roman, Présence africaine, Paris, 1982 • Le Zéhéros n'est pas n'importe qui, roman, Présence africaine, Paris, 1985 • L'Afrique en morceaux, roman, Le Bruit des autres, Solignac, 1994 • Légende d'une vérité, roman, Le Bruit des autres, Solignac, 1995 • Les indépendan-tristes, montage de texte réalisé par Jean-Claude Idée, théâtre, Le Bruit des autres, 1997. • Mémoire d'une peau, roman, Présence africaine, Paris, 1998.

Birago Diop: le souffle des ancêtres  

Birago Diop voit le jour à Ouakam, un quartier de Dakar, le 11 décembre 1906. Birago Diop a reçu une formation coranique et suivi simultanément les cours de l'école française. C’est donc à Paris que Birago Diop rencontre le poète Léopold Sédar Senghor et d’autres noms de la littérature francophone d’Afrique, et s'associe au mouvement de la négritude. Il est l’auteur du poème «Souffles» étudié par tous les écoliers d’Afrique francophone. On lui doit également les contes d’Hamadou Koumba. Rediffusion du 8 août 2016. Contes • Les Contes d'Amadou Koumba, Paris, Fasquelle, coll. « Écrivains d'Outre-Mer », 1947 - Rééd. Paris/Dakar, Présence Africaine, 1960 • Les Nouveaux Contes d'Amadou Koumba, Présence Africaine, 1958 • Contes et Lavanes, Présence Africaine, Grand prix littéraire d'Afrique noire,1964 • Contes d'Awa, Dakar, Les Nouvelles Éditions Africaines, 1977. Poésie • Leurres et Lueurs, Présence Africaine, 1960 Coups de Pilon est écrit en 1956. Théâtre • L'Os de Mor Lam, Dakar, Les Nouvelles Éditions Africaines, 1966. Mémoires • La Plume raboutée, Présence Africaine / Les Nouvelles Éditions Africaines, 1978 • À Rebrousse-temps, Présence Africaine, 1982 • À Rebrousse-gens, Présence Africaine, 1985 • Du Temps de..., Paris, L'Harmattan, coll. « Mémoires africaines », 1987 • Et les yeux pour me dire, Paris, L'Harmattan, coll. « Mémoires africaines », 1989.

Léopold Sédar Senghor: le poète de Joal  

Comment présenter un homme comme Léopold Sédar Senghor sans user de superlatifs ronflants ? On va donc se limiter à mentionner qu’il est né le 9 octobre 1906 à Joal, au Sénégal, et mort le 20 décembre 2001 à Verson, en France. Poète, écrivain, homme politique français, puis sénégalais et premier président de la République du Sénégal (1960-1980), et il fut aussi le premier Africain à siéger à l'Académie française. Il a également été ministre en France avant l'indépendance de son pays. C’est à Paris, alors qu'il était étudiant, qu’il créa en compagnie du Martiniquais Aimé Césaire et du Guyanais Léon Gontran Damas la revue contestataire L'Étudiant noir en 1934. C'est dans ces pages qu'il exprimera pour la première fois sa conception de la négritude, notion introduite par Aimé Césaire, dans un texte intitulé Négreries. Pour les écoliers africains, Léopold Sédar Senghor est d’abord l’auteur du recueil de contes La belle histoire de Leuk le lièvre, écrit en collaboration avec le romancier Abdoulaye Sadj, et publié pour la première fois en 1953. (Rediffusion du 23/08/16)

Cheikh Hamidou Kane: une écriture philosophique  

Né à Matam le 2 avril 1928, Cheikh Hamidou Kane est un écrivain et un haut fonctionnaire sénégalais, qui occupa notamment des fonctions ministérielles. Son livre L'Aventure ambiguë, qui lui vaut le Grand prix littéraire d'Afrique noire en 1962, est devenu un classique de la littérature africaine. Ce roman est étudié dans tous les lycées, collèges et universités d'Afrique ; il est aussi l'un des livres de ce continent les plus célèbres dans le monde. Ce récit du déchirement d'un jeune étudiant sénégalais transplanté sur les bords de la Seine, a été traduit dans une trentaine de langues, il est enseigné dans de nombreuses universités à travers le monde. Commenté et faisant l'objet d'études, de thèses, d'articles, de mémoires et d'adaptations cinématographiques et théâtrales, ce grand classique de la littérature africaine est, cinquante ans après sa publication, plus que jamais d'actualité. (Rediffusion du 22/08/16)

Sembène Ousmane: un engagement sans faille  

Sembène Ousmane est né le 1er janvier 1923 à Ziguinchor, une ville de la Casamance. Ses parents sont des Lébous ayant quitté la presqu'île du Cap-Vert pour la Casamance. À partir de 7 ans, il fréquente l’école coranique et l’école française, apprenant à la fois le français et l’arabe, alors que sa langue maternelle est le wolof. Ecrivain, réalisateur, acteur et scénariste majeur de l'Afrique contemporaine, connu pour ses partis pris militants sur les questions politiques et sociales. Pour tous les écoliers et les étudiants africains, il restera l’auteur des Bouts de bois de Dieu, et le réalisateur de films célèbres comme le mandat et le camp de Thiaroye. (Rediffusion du 18/08/16)

Camara Laye: l'enfant de Kouroussa  

Camara Laye, né le 1er janvier 1928 à Kouroussa, un village de Haute-Guinée, est un écrivain guinéen d'expression française. Après des études à l'école française, Camara Laye part à Conakry, la capitale, poursuivre sa scolarité. Titulaire d'un CAP de mécanicien, il tente sans succès de devenir ingénieur en France. C'est alors que Camara Laye, qui traverse une période de désarroi, publie L'enfant noir, son premier roman, en 1953 et, un an plus tard, Le regard du roi. (Rediffusion du 17/08/16)

Bernard Dadié: l'écriture comme arme de combat  

Bernard Binlin Dadié est né à Assinie, au sud de la Côte d’Ivoire en 1916. Il est élevé par son père, Gabriel Binlin Dadié, fondateur de l’association « Syndicat des Planteurs Africains » qui a joué un rôle dans le Parti Démocratique de la Côte d’Ivoire de Félix Houphouët-Boigny, et son oncle Melantchi, fermier à Bingerville, l'ancienne capitale de la Côte d’Ivoire. Pendant la première partie de sa vie, Bernard Dadié a connu la colonisation. Il a étudié en Côte d’Ivoire à Grand Bassam et puis à Bingerville. Après, il est devenu écrivain au Sénégal. Là-bas, il a étudié à l’Ecole William Ponty au Sénégal où il a écrit des scé/narios. (Rediffusion du 16/08/16)

Tchicaya U Tam'si: la poésie comme thérapie  

Poète, romancier et dramaturge, Tchicaya U Tam'si est un écrivain inclassable à plus d’un titre. Né à Mpili en République du Congo le 25 août 1931. Il fait paraître ses premiers poèmes dès 1955. Gérald-Félix Tchikaya prend en 1957 le pseudonyme de U Tam'si (celui qui parle pour son pays). (Rediffusion du 12 août 2016). Poésie • Le Mauvais Sang, Pierre Jean Oswald, 1955 ; réédition avec Feu de brousse et A triche cœur, L'Harmattan. [Ouvrage de référence] • Épitomé, coll. « L'aube dissout les monstres », P. J. Oswald Éditeur, Honfleur 1962. • Le Ventre, 1964 suivi de Le Pain ou la Cendre 1978, réédité éd. Présence africaine 1999. • J’étais nu pour le premier baiser de ma mère, Œuvres complètes I, Gallimard, coll. « Continent noir », 2013 Romans • Les Cancrelats, Albin Michel, 1980. • Les Méduses, Albin Michel, 1982. • Les Phalènes, Albin Michel, 1984. • Ces fruits si doux de l'arbre à pain, Seghers, 1987. Théâtre • Le Zulu suivi de Vwène Le Fondateur, Nubia, 1977. • Le Destin glorieux du maréchal Nnikon Nniku, prince qu'on sort, Présence africaine, 1979. • Le Bal de N'dinga, éd. L'Atelier imaginaire/Éditions L'Âge d'Homme : Tarbes, 1987.  

Amadou Hampâté Bâ: le porte-étendard de la tradition  

Amadou Hampâté Bâ est né en 1900 ou 1901 à Bandiagara, au pied des falaises du pays Dogon, et il est mort en 1991 à Abidjan. Ecrivain et ethnologue, nous devons une nombreuse bibliographie à Amadou Hampâté Bâ : des romans, des recueils de contes, des pièces de théâtre, des études. On dit de lui qu'il est « pour l'Afrique noire le gardien de la mémoire, de la tradition orale qu'il a bien souvent couchée sur papier et est devenu, de ce fait, le défenseur vigilant d'une civilisation si longtemps méconnue. » C’est l’auteur d’une phrase célèbre : «En Afrique, quand un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui brûle». (Rediffusion du 11 août 2016).

Ferdinand Léopold Oyono: une brève et riche carrière  

Ferdinand Léopold Oyono est né le 14 septembre 1929 à Ngoulemakong, près de Ebolowa dans le sud du Cameroun. En trois romans, Ferdinand Oyono se fait une place incontestée parmi les grands auteurs du monde littéraire africain, et toute cette activité artistique est concentrée en cinq petites années. Une vie de boy publié en 1956 ; Le vieux nègre et la médaille en 1956 ; et Chemin d’Europe en 1960. (Rediffusion du 10 août 2016).

Williams Sassine: un exil fécond  

Williams Sassine a été décrit comme un écrivain de la marginalité. Marginalité et errance. Cela commence par la naissance à Kankan en Haute-Guinée d’un père arabe libanais et d’une mère guinéenne malinké. De 1973 à 1998, il publie 8 romans, un recueil de contes et une pièce de théâtre. L’exil, c’est une vie de marginalité et d’errance qui commence par de la prison à l’âge où on passe le baccalauréat. (Rediffusion du 9 août 2016). Bibliographie : • Saint Monsieur Baly, roman, Présence africaine, Paris, 1973 • Wirriyamu, roman, Présence africaine, Paris, 1976 • Le Jeune homme de sable, roman, Présence africaine, Paris, 1979 • L'Alphabête, roman, Présence africaine, Paris, 1982 • Le Zéhéros n'est pas n'importe qui, roman, Présence africaine, Paris, 1985 • L'Afrique en morceaux, roman, Le Bruit des autres, Solignac, 1994 • Légende d'une vérité, roman, Le Bruit des autres, Solignac, 1995 • Les indépendan-tristes, montage de texte réalisé par Jean-Claude Idée, théâtre, Le Bruit des autres, 1997. • Mémoire d'une peau, roman, Présence africaine, Paris, 1998.  

Birago Diop: le souffle des ancêtres  

Birago Diop voit le jour à Ouakam, un quartier de Dakar, le 11 décembre 1906. Birago Diop a reçu une formation coranique et suivi simultanément les cours de l'école française. C’est donc à Paris que Birago Diop rencontre le poète Léopold Sédar Senghor et d’autres noms de la littérature francophone d’Afrique, et s'associe au mouvement de la négritude. Il est l’auteur du poème «Souffles» étudié par tous les écoliers d’Afrique francophone. On lui doit également les contes d’Hamadou Koumba. Rediffusion du 8 août 2016. Contes • Les Contes d'Amadou Koumba, Paris, Fasquelle, coll. « Écrivains d'Outre-Mer », 1947 - Rééd. Paris/Dakar, Présence Africaine, 1960 • Les Nouveaux Contes d'Amadou Koumba, Présence Africaine, 1958 • Contes et Lavanes, Présence Africaine, Grand prix littéraire d'Afrique noire,1964 • Contes d'Awa, Dakar, Les Nouvelles Éditions Africaines, 1977. Poésie • Leurres et Lueurs, Présence Africaine, 1960 Coups de Pilon est écrit en 1956. Théâtre • L'Os de Mor Lam, Dakar, Les Nouvelles Éditions Africaines, 1966. Mémoires • La Plume raboutée, Présence Africaine / Les Nouvelles Éditions Africaines, 1978 • À Rebrousse-temps, Présence Africaine, 1982 • À Rebrousse-gens, Présence Africaine, 1985 • Du Temps de..., Paris, L'Harmattan, coll. « Mémoires africaines », 1987 • Et les yeux pour me dire, Paris, L'Harmattan, coll. « Mémoires africaines », 1989.  

Sony Labou Tansi: l'éveilleur chante le Congo  

Sony Labou Tansi est un écrivain congolais, né le 5 juin 1947 à Kimwanza, au Zaïre, et mort le 14 juin 1995. Ancien professeur d'anglais au Collège Tchicaya-Pierre à Pointe-Noire, il s'est progressivement imposé à partir de 1979 comme l'un des leaders d'une nouvelle génération d'auteurs francophones d'Afrique Noire, par ses romans et par son théâtre. Il a obtenu le Grand Prix de l'Afrique Noire pour L'anté-peuple, le Prix Francophonie de la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques pour l'ensemble de son oeuvre, et le Prix Ibsen, décerné par le Syndicat Professionnel de la critique dramatique, pour sa pièce Antoine m'a vendu son destin. Romans édités : - La vie et demi (1979), - L'état honteux (1981), - L'anté-peuple (1983), - Les sept solitudes de Lorsa Lopez (1985), - Les yeux du volcan (1988), - Le commencement des douleurs (1995). Ses romans sont édités aux Editions du Seuil. Théâtre publié : - Conscience de tracteur, N.E.A.-CLE (1979), - La parenthèse de sang et Je soussigné cardiaque, Ed. Hatier-Monde Noir, - La rue des mouches, Revue Equateur n°1 (1986), - Moi, veuve de l'empire, Ed. Avant-Scène Théâtre n°815 (1982), - La résurrection rouge et blanche de Roméo et Juliette, Acteurs (1990), - Le coup de vieux (coécrit avec Caya Makhélé, R.F.I.) Présence Africaine, - Antoine m'a vendu son destin, Collection Scènes sur Scènes, Ed. Acoria (1997) Théâtre publié aux Editions Lansman (Belgique) : - Qui a mangé Madame d'Avoine Bergotha ? (1989), réédition 1995, - Une chouette petite vie bien osée (1992), - Qu'ils le disent... qu'elles le beuglent (1995), - Une vie en arbre et chars... bonds (1995), - Monologues d'or et noces d'argent (1996). Poésie éditée : - La vie privée de Satan, recueil, - Les yeux de l'espoir, recueil, - L'acte de respirer, recueil, - La peur de crever la vie, recueil - Poèmes et vents lisses, poésie, publiée aux Editions Le bruit des autres (1995). Prix : Il a obtenu le Grand Prix de l'Afrique Noire pour L'anté-peuple, le Prix Francophonie de la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques pour l'ensemble de son oeuvre, et le Prix Ibsen, décerné par le Syndicat Professionnel de la critique dramatique, pour sa pièce Antoine m'a vendu son destin.

Joseph Zobel: une colère qui vient de loin  

Joseph Zobel romancier et poète martiniquais, né le 26 avril 1915 à Rivière-Salée (Martinique) et mort le 17 juin 2006 à Alès, est considéré comme l'un des auteurs les plus significatifs de la littérature antillaise. Issu d’une famille très modeste, il est élevé par sa grand-mère Man Tine, ouvrière agricole. Pour poursuivre ses études, il rejoint sa mère à Fort-de-France, et franchit grâce à ses sacrifices toutes les étapes d’un parcours scolaire brillant, jusqu’au baccalauréat. Un premier emploi au service des Ponts et Chaussées lui permet de vivre, puis il entre comme aspirant répétiteur au Lycée Schoelcher. Après une série de nouvelles, il écrit un premier roman, Diab’-là, l’histoire d’un paysan qui décide de conquérir sa liberté par le travail de la terre, auprès d’une communauté de pêcheurs dont il partage la vie. Le thème du roman, pas plus que l’auteur, qui fustige l’ordre colonial, ne plaisent guère à la censure, qui «devrait délivrer des autorisations d’impression pour la moindre étiquette de bouteille de liqueur», selon Zobel. Le roman ne sera publié qu’en 1947. Joseph Zobel rejoint Paris en 1946 pour reprendre ses études, et s’installe avec sa famille à Fontainebleau. Le succès va venir après la publication du roman La Rue Cases-Nègres, un ouvrage tiré de ses souvenirs d’enfance publié en 1950.

Léon-Gontran Damas: un homme au carrefour des frustrations  

L’histoire personnelle de Léon-Gontran Damas le prédisposait à la poésie de révolte. Né en 1912 en Guyane d’un père mulâtre européen-africain, et d’une mère métisse amérindienne-africaine originaire de la Martinique, il se révolte avec violence contre l'éducation créole, sorte de «camisole de force» imposée par l'acculturation. Il fit à Paris des études de droit, puis à l'École des langues orientales de russe, de japonais et de baoulé. Un de ses grands thèmes est la honte de l'assimilation. Engagé dans la politique, il fut député de Guyane. L’école coloniale française promeut une petite partie de la jeunesse colonisée afin de l’assimiler, et d’en faire la future élite destinée à encadrer les populations des colonies. Les plus doués des jeunes scolarisés parviennent, à la fin des années 1920, dans les classes préparatoires des lycées parisiens. Léopold Sédar Senghor (1906-2001), Sénégalais, et Aimé Césaire (né en 1913), Martiniquais, font connaissance en 1932 au Lycée Louis-le-Grand, à Paris. Ils fondent le Mouvement de la Négritude. Léon-Gontran Damas est le tout premier à publier dans cette orientation ; il le fait avec virulence. Ce sera le recueil Pigments publié en 1937.

Léopold Sédar Senghor: le poète de Joal  

Comment présenter un homme comme Léopold Sédar Senghor sans user de superlatifs ronflants ? On va donc se limiter à mentionner qu’il est né le 9 octobre 1906 à Joal, au Sénégal, et mort le 20 décembre 2001 à Verson, en France. Poète, écrivain, homme politique français, puis sénégalais et premier président de la République du Sénégal (1960-1980), et il fut aussi le premier Africain à siéger à l'Académie française. Il a également été ministre en France avant l'indépendance de son pays. C’est à Paris, alors qu'il était étudiant, qu’il créa en compagnie du Martiniquais Aimé Césaire et du Guyanais Léon Gontran Damas la revue contestataire L'Étudiant noir en 1934. C'est dans ces pages qu'il exprimera pour la première fois sa conception de la négritude, notion introduite par Aimé Césaire, dans un texte intitulé « Négreries ». Pour les écoliers africains, Léopold Sédar Senghor est d’abord l’auteur du recueil de contes La belle histoire de Leuk le lièvre, écrit en collaboration avec le romancier Abdoulaye Sadj, et publié pour la première fois en 1953.

Cheikh Hamidou Kane: une écriture philosophique  

Né à Matam le 2 avril 1928, Cheikh Hamidou Kane est un écrivain et un haut fonctionnaire sénégalais, qui occupa notamment des fonctions ministérielles. Son livre L'Aventure ambiguë, qui lui vaut le Grand prix littéraire d'Afrique noire en 1962, est devenu un classique de la littérature africaine. Ce roman est étudié dans tous les lycées, collèges et universités d'Afrique ; il est aussi l'un des livres de ce continent les plus célèbres dans le monde. Ce récit du déchirement d'un jeune étudiant sénégalais transplanté sur les bords de la Seine, a été traduit dans une trentaine de langues, il est enseigné dans de nombreuses universités à travers le monde. Commenté et faisant l'objet d'études, de thèses, d'articles, de mémoires et d'adaptations cinématographiques et théâtrales, ce grand classique de la littérature africaine est, cinquante ans après sa publication, plus que jamais d'actualité.

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