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  • De plus en plus d’entreprises et de chercheurs sont en quĂȘte de solutions non ou moins impactantes que les polymĂšres pĂ©trosourcĂ©s. Et ce, en essayant d’atteindre les mĂȘmes performances. Nos invitĂ©s CharlĂšne BĂ©al-Fernandes, responsable communication et Lyes Chiheb, responsable dĂ©veloppement durable chez Lactips, une entreprise qui produit des polymĂšres naturels, tĂ©moignent.

    La caséine, un nouveau matériau bien connu [01:02 - 08:25]

    RĂ©aliser des matĂ©riaux Ă  base de casĂ©ine, la protĂ©ine de lait, n’est pas nouveau. La sociĂ©tĂ© Lactips utilise cette protĂ©ine pour la conception de ses polymĂšres naturels, en s’appuyant sur les travaux rĂ©alisĂ©s par FrĂ©dĂ©ric Prochazka, enseignant chercheur au laboratoire IngĂ©nierie des matĂ©riaux polymĂšres de l’UniversitĂ© Jean Monnet Ă  Saint-Etienne. Une protĂ©ine bien connue de l’industrie qui trouve aujourd’hui son intĂ©rĂȘt dans la production de plastique. « C’est un changement de paradigme, le basculement vers des matiĂšres plus vertueuses, qui nous fait revenir Ă  cette matiĂšre laissĂ©e dans un tiroir pendant des annĂ©es » commente Lyes Chiheb responsable dĂ©veloppement durable chez Lactips.

    Pour le comestible et les piĂšces outdoor [08:26 - 14:04]

    Aujourd’hui Lactips produit ce granulĂ© thermoplastique, hydrosoluble et biodĂ©gradable pour concevoir diffĂ©rents produits tels que « des films pour une utilisation de courte durĂ©e, des Ă©tiquettes hydrosolubles pour le marchĂ© du rĂ©emploi, le revĂȘtement des packaging alimentaires qui est aujourd’hui en plastique, mais Ă©galement des produits pour des applications outdoor, comme les petites piĂšces en plastiques utilisĂ©es par les agriculteurs et qui ne sont pas systĂ©matiquement rĂ©cupĂ©rĂ©es en fin de saison » illustre CharlĂšne BĂ©al-Fernandes, responsable communication chez Lactips.

    Peu de modifications pour les industriels [14:05 - 21:15]

    Le matĂ©riau est vendu sous la forme de granulĂ© et ne nĂ©cessite pas de grosses transformations de la ligne de production, ni de nouvel investissement dans les machines. « Notre matiĂšre ne va pas se transformer Ă  des tempĂ©ratures similaires des conventionnelles, nous sommes Ă  des tempĂ©ratures beaucoup plus basses, ajoute Lyes Chiheb. Ce qui est positif d’un point de vue environnemental. » Le matĂ©riau est quant Ă  lui plus cher que le plastique conventionnel, comme les autres matiĂšres biosourcĂ©es. « Aujourd’hui, nous avons un producteur de matiĂšre premiĂšre français, qui se fournit avec des ingrĂ©dients français... ce qui est Ă©galement un avantage pour les industriels dans un contexte gĂ©opolitique compliquĂ© » ajoute-t-il. Sans oublier la rĂ©glementation qui pousse vers la fin des plastiques jetables.

    Références citées :

    - Frédéric Prochazka, co-fondateur et directeur scientifique de Lactips
    - Alexis von Tschammer, directeur général de Lactips
    - PHA ou polyhydroxyalcanoate
    - Le blend : un mélange de bioplastiques
    - Le produit CareTipsÂźïž de Lactips
    - PE : polyéthylÚne, PP : polypropylÚne
    - PPWR : Proposal Packaging and Packaging Waste regulation
    - Le test CEPI de recyclabilité du papier. PTS Papiertechnische Stiftung Recherche et développement en matiÚre de fibres
    - PLA : Polylactic Acid, matériau thermoplastique issu de sources biodégradables, qui n'est pas "home compost"

    Ressources pour aller plus loin :

    Expérimentation sur la biodégradation des emballages certifiés compostables en site de compostage

    Chaire Copack

    Microbial decomposition of biodegradable plastics on the deep-sea floor

  • Difficile de se passer de plastique ? Pour le deuxiĂšme Ă©pisode de cette mini-sĂ©rie sur le plastique, nos invitĂ©s MaĂŻwenn BĂ©goc, consultante au cabinet de conseil Consultantseas spĂ©cialisĂ© dans la prĂ©vention Ă  la pollution plastique et LoĂŻc HĂ©naff, PDG du groupe agroalimentaire HĂ©naff reviennent sur les aspects et les enjeux du travail menĂ© ensemble sur l'utilisation du plastique et comment le rĂ©duire.

    Embarquer tout le monde dans le changement [03:13 - 09:03]

    Que l’on soit une TPE/PME, traquer les plastiques de son entreprise est possible. Mais dans cette transition vers des solutions moins impactantes, il est important d’embarquer tous les acteurs de la chaĂźne de valeur - clients, sous-traitants, etc. - mais Ă©galement les employĂ©s qui devront mettre en Ɠuvre les nouvelles solutions. « Nous faisons travailler ensemble les entreprises, des scientifiques, des ONG, des fournisseurs, des fabricants, les acteurs de la fin de vie, etc. » affirme MaĂŻwenn BĂ©goc, consultante au cabinet de conseil Consultantseas spĂ©cialisĂ© dans la prĂ©vention Ă  la pollution plastique.

    Sur la chaĂźne de production et en interne [09:08 - 18:50]

    Car les plastiques, que l’on imagine avant tout sur les chaĂźnes de production, sont Ă©galement prĂ©sents en interne : « nous utilisons peu de plastiques en production, mais beaucoup dans l’entreprise pour des raisons sanitaires, de protection, de soliditĂ©, de tenue de palette... » prĂ©cise LoĂŻc HĂ©naff, PDG du groupe agroalimentaire HĂ©naff. Pour parvenir Ă  identifier l’ensemble des plastiques utilisĂ©s par l’entreprise, un diagnostic est rĂ©alisĂ© sur les emballages mis sur le marchĂ©, les emballages secondaires et tertiaires, mais Ă©galement ceux d’approvisionnement, de laboratoire, etc. « Ensuite, on vient prioriser et hiĂ©rarchiser les enjeux et les plastiques Ă  traiter » ajoute MaĂŻwenn BĂ©goc.

    IntĂ©grer l’ensemble du cycle de vie [18:56 - 21:13]

    Lorsqu’un choix s’arrĂȘte sur une solution, il est important de vĂ©rifier la bonne gestion de sa fin de vie. « Quand nous avons basculĂ© nos barquettes en RPET en partie recyclĂ© et recyclable, nous Ă©tions persuadĂ©s qu’elles pourraient aller dans les sacs jaunes du tri, mais les centres de tri autour de chez nous les refusaient au dĂ©but, explique LoĂŻc HĂ©naff. Petit Ă  petit, ils les ont acceptĂ©es. Et maintenant notre fournisseur est en train de participer Ă  la crĂ©ation d’un centre de rĂ©utilisation de ces barquettes. »

    Et l’emballage consignĂ© ? [21:17 - 30:10]

    Une autre solution pour les emballages Ă  usage unique de l’agroalimentaire sont les barquettes en inox consignĂ©es, comme le propose la marque Berny. « L’emballage standard est une question clĂ© pour le secteur agroalimentaire et facilitera le rĂ©emploi, ajoute MaĂŻwenn BĂ©goc. Mais pour le moment, le potentiel sur ces produits reste faible. C’est pour cela qu’on encourage Ă  considĂ©rer le rĂ©emploi sur tous les plastiques, notamment lĂ  oĂč l’entreprise peut avoir la main, c’est-Ă -dire en interne. »

    Références citées :

    - Consultantseas
    - Hénaff
    - La société Berny
    - Surfrider
    - Tara Océan
    - Fondation Ellen MacArthur
    - Les Parcs Nationaux
    - RĂšgles 5R / 3R : "Refuse, reduce, reuse, recycle, rot"
    - La boucle de réemploi, notamment de Citeo et la notion de transfert d'impact
    - Les études de l'Ademe

    Ressources pour aller plus loin :

    - BeMed : analyse de terrain

    - "La stratégie du Y" par Alan Fustec


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  • Pour faire face Ă  la pollution plastique, des solutions alternatives sont mises en avant. RecyclĂ©s, biosourcĂ©s, biodĂ©gradables ou encore compostables... ces diffĂ©rents Ă©tats sont-ils une bonne idĂ©e ? Voici les rĂ©ponses de RaphaĂ«l Guastavi, directeur adjoint de la direction Ă©conomie circulaire Ă  l’Ademe, et le tĂ©moignage de Thomas Huriez, fondateur de 1083.

    L’industrie, addicte au plastique [01:17 - 04:06]

    Pour ses diffĂ©rentes caractĂ©ristiques, le plastique a largement Ă©tĂ© utilisĂ© par l’industrie mĂȘme lorsque ce n’était pas nĂ©cessaire. « On est passĂ© Ă  15 millions de tonnes de plastiques produits dans les annĂ©es 1960 Ă  plus de 300 millions de tonnes aujourd’hui. En France, c’est 5 millions de tonnes de plastique produits pour 1,3 millions de tonnes » explique RaphaĂ«l Guastavi.

    Des solutions alternatives... plastiques [04:14 - 16:21]

    RecyclĂ©, biosourcĂ©, biodĂ©gradable ou encore compostable... « la meilleure solution alternative, c’est de rĂ©duire le plastique » insiste RaphaĂ«l Guastavi. Mais utiliser du plastique recyclĂ© Ă  la place d’une rĂ©sine vierge est plutĂŽt une bonne idĂ©e pour l’expert, notamment pour la rĂ©duction de son impact environnemental. Les matĂ©riaux biosourcĂ©s Ă©galement, toujours en substitution de matiĂšre vierge « et en en utilisant des rĂ©sidus de culture » prĂ©cise-t-il. Pour le compostable, la solution doit ĂȘtre limitĂ©e Ă  des cas trĂšs spĂ©cifiques.

    L’exemple du jean en plastique recyclĂ© et recyclable [16:32 - 22:49]

    1083 conçoit un jean en polyester recyclĂ© et qui est recyclable grĂące Ă  sa composition monomatiĂšre. En cherchant Ă  dĂ©velopper ce jean, en s’intĂ©ressant aux potentiels fournisseurs , « on s’aperçoit que beaucoup de boutons sont en polyester recyclĂ©, que le fil Ă  coudre est trĂšs majoritairement en polyester et les Ă©tiquettes aussi peuvent l’ĂȘtre, explique Thomas Huriez. Il existait tout ce dont on avait besoin. Pour le moment, la boucle d’économie fermĂ©e n’est pas encore mise en route puisque les jeans vendus - consignĂ©s Ă  20 € pour favoriser le retour - ne sont pas, ou trĂšs peu, Ă©tĂ© retournĂ©s. DĂšs que la quantitĂ© de jean consignĂ©e reçu en retour client sera suffisante, et bien on va les effilocher pour les refondre et les mĂ©langer dans la mĂȘme filature et en faire un neuf » prĂ©cise Thomas Huriez.

    Une compétition sur les matiÚres [22:53 - 25:34]

    « Aujourd’hui, les rĂ©sines de matiĂšres vierges sont abondantes et peu chĂšres, ce qui rend la compĂ©tition difficile avec les matiĂšres recyclĂ©es plus cher » explique RaphaĂ«l Guastavi. « C’est vrai que sur une matiĂšre premiĂšre trĂšs mĂ»re Ă  recycler comme les bouteilles plastique, il y a une forte tension car c’est trĂšs demandĂ© commercialement, ajoute Thomas Huriez. Toutes les marques de boisson veulent montrer Ă  leur client qu’elles font leur part de rĂ©chauffement climatique et que leurs bouteilles sont recyclĂ©es. » De ce fait, la demande est supĂ©rieure Ă  l’offre, ce qui crĂ©e des tensions sur les matiĂšres premiĂšres.

    Références citées :

    - L'ademe
    - 1083
    - Le filateur espagnol Antex et le projet Seaqual
    - La gamme Infini de 1083

    Ressources pour aller plus loin :

    - Bilan sur 10 ans de recyclage, mars 2024, Ademe
    - Transition 2050, Ademe
    - Les feuilletons : "empreinte matiĂšre, empreinte carbone de la France", mars 2024, Ademe
    - La Permaindustrie, éditions Eyrolles


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  • Pour comprendre les tenants et aboutissants du rĂšglement europĂ©en sur l’intelligence artificielle, nous avons interrogĂ© Jean-Gabriel Ganascia, informaticien et philosophe spĂ©cialisĂ© dans l'intelligence artificielle et l’éthique Ă  Sorbonne UniversitĂ©. Il est Ă©galement membre du comitĂ© d’éthique du CNRS. Il nous partage Ă©galement les bonnes questions Ă  se poser avant de dĂ©velopper l’IA.

    C’est quoi l’IA Act ? [01:32 - 16:54]

    Le rĂšglement europĂ©en IA Act, a pour objectif “de nous prĂ©munir contre les dangers liĂ©s Ă  l’intelligence artificielle” explique Jean-Gabriel Ganascia. Et ce, en introduisant la notion de risque qui est “l’éventualitĂ© d’un danger” ajoute-t-il. Ces risques sont catĂ©gorisĂ©s : inadmissibles (techniques subliminales, notation, biomĂ©trie en temps rĂ©el), Ă©levĂ©s, modĂ©rĂ©s et faibles (filtres Ă  spam, jeux vidĂ©os).

    Pour l’instant il y avait peu de rĂ©glementation propre Ă  chaque pays, et encore moins en France. Raison pour laquelle ce rĂšglement est devenu important. Du cĂŽtĂ© des Etats-Unis et de la Chine, l’encadrement est trĂšs diffĂ©rent. Aux Etats-Unis, depuis juillet 2023, une rĂ©glementation enjoint les entreprises Ă  dĂ©velopper l’IA pour le bien commun. En Chine, “le principe Ă©thique sur lequel se reposent les rĂ©flexions c’est qu’il faut d’abord assurer la sĂ©curitĂ© et la cohĂ©sion” prĂ©cise l’expert.

    Des entreprises inquiĂštes [17:04 - 21:14]

    De nombreuses entreprises s’inquiĂštent de la complexitĂ© des rĂšglements, avec des rĂšgles gĂ©nĂ©rales et contraignantes, ou encore des exceptions aux rĂšgles. En d’autres termes, “il faut des services juridiques compĂ©tents qui maĂźtrisent parfaitement cette rĂ©glementation pour guider [...] et pour des petites sociĂ©tĂ©s, c’est extrĂȘmement difficile” regrette Jean-Gabriel Ganascia. Le rĂšglement a d’ailleurs tardivement inclut l’IA gĂ©nĂ©rative, et en urgence, notamment avec l’arrivĂ©e de ChatGPT sur le marchĂ©.

    IntĂ©grer l’éthique dans le dĂ©veloppement [21:18 - 31:46]

    Faut-il se poser des questions sur l’éthique avant de se lancer dans le dĂ©veloppement de l’IA ? Pour notre expert, les questions doivent se poser aprĂšs la maĂźtrise des techniques d’IA mais avant la mise en Ɠuvre des projets qui l’utilisent. “Sur chaque projet, il faut se demander quelles sont les consĂ©quences et les dĂ©rives d’utilisation du systĂšme” prĂ©cise le prĂ©sident du COMETS, en suivant une mĂ©thodologie prĂ©cise en quatre points : rĂ©unir un comitĂ© d’éthique, se demander quelles sont les contraintes qu’on va s’imposer pour Ă©viter les mauvaises utilisations, faire certifier par un organisme indĂ©pendant et garder une supervision. Et si vous ne savez pas comment faire pour mettre tout cela en place, il existe des formations !

    Références citées :

    Digital Service Act

    AI Act

    Grands modĂšles de Langage (ou Large Language Models, LLM)

    James Vicary (techniques subliminales)

    ChatGPT

    ModĂšles de fondation

    RGPD

    Tatouage, filigrane ou watermarking

    X (ancien Twitter)

    Instagram

    Ressources pour aller plus loin :

    Servitudes virtuelles, de Jean-Gabriel Ganascia

    Weapons of mass destruction, de Cathy O’Neil

    Chronique éthique

    IA Act

    Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de l’IngĂ©nieur. Cet Ă©pisode a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par SĂ©verine Fontaine, en collaboration avec Marie-Caroline Loriquet.

  • Gain de temps, prĂ©cision de prĂ©vision, un usage rĂ©flĂ©chi de l'intelligence artificielle rend diffĂ©rents services et satisfait des besoins mĂ©tiers. Certaines conditions garantissent un usage raisonnĂ©, comme l'Ă©thique, l'humilitĂ©, la protection des donnĂ©es, tout cela dans le respect d'une certaine frugalitĂ©. Outre ces axes rĂ©flexions, Pierre Monget directeur de programme chez Hub France IA et Paul HĂ©rent, cofondateur de Raidium, livrent leurs conseils en matiĂšre de dĂ©veloppement de solution d'IA.

    C’est quoi, une IA utile et raisonnĂ©e ? [01:17 - 03:57]

    L’utilitĂ© est “avant tout de satisfaire un besoin qui rend service Ă  une population d’utilisateurs et de maniĂšre plus large Ă  la sociĂ©tĂ©â€ dĂ©finit Pierre Monget. L’usage rĂ©flĂ©chi, c’est se poser des questions tout au long du cycle de vie d’un outil d’IA, en partant des besoins mĂ©tiers Ă  la rĂ©alisation, “en visant un usage non absurde”, ajoute-t-il. “Est-ce vraiment nĂ©cessaire d’avoir une solution d’IA pour telle finalitĂ© ? Cette finalitĂ© est-t-elle vraiment utile ? N’est-elle pas absurde ? Les moyens mis en Ɠuvre pour l’atteindre sont-ils raisonnĂ©s ?”

    L’exemple d’un outil mĂ©dical [04:12 - 12:29]

    Raidium dĂ©veloppe Ă  la fois un modĂšle de fondation (IA gĂ©nĂ©rative) et une interface utilisateur (un viewer), permettant au radiologue d’amĂ©liorer son travail. Le modĂšle a appris le corps humain de la tĂȘte aux pieds ainsi que les connaissances mĂ©dicales associĂ©es : anatomie normale et pathologique. Cet outil qui pourrait permettre Ă  la fois de rĂ©duire les erreurs mĂ©dicales et de dĂ©mocratiser l’expertise radiologique, sans remplacer le radiologue, Ă©videmment !

    Prendre en compte tout le cycle de vie [12:39 - 16:02]

    Que ce soit dans le dĂ©veloppement ou l’utilisation finale de l’outil d’intelligence artificielle, chacun a sa responsabilitĂ©. Au-delĂ  de questionner son utilitĂ©, il est important de prendre en compte l’impact environnemental tout au long de son cycle de vie : de son entraĂźnement Ă  sa mise Ɠuvre. De plus, il est important que le modĂšle d’IA respectent les principes Ă©thiques, la rĂ©glementation, et la bonne utilisation des donnĂ©es. “Sur quelles donnĂ©es va-t-on entraĂźner les modĂšles d’IA ? Sont-elles sensibles ? Personnelles ? A-t-on vraiment le droit d’y accĂ©der ?” Ă©numĂšre Pierre Monget.

    Des compromis nécessaires [16:15 - 27:37]

    DĂ©velopper un outil d’intelligence artificielle utile et raisonnĂ©, c’est aussi faire des compromis. Par exemple, utiliser un modĂšle plus lĂ©ger et donc moins impactant pour l’environnement au prix d’une prĂ©cision moindre lorsque cette derniĂšre n’est pas nĂ©cessaire. Remettre en question, cĂŽtĂ© utilisateur, son utilisation de ChatGPT pour crĂ©er de simples images, par exemple. Ou encore, suis-je autorisĂ© Ă  copier du code source de mon entreprise dans des outils d’IA gĂ©nĂ©rative pour le debugger ? Certains ingĂ©nieurs ont essayĂ©, ils ont eu des problĂšmes...

    Références citées :

    - Raidium
    - Viewer, outil de radiologie
    - Speech to text
    - Geoffrey Hinton - Deep Learning
    - Centre d'imagerie du nord, Saint-Denis 93
    - Coroscanner (Tomodensitométrie)
    - Open AI ChatGPT 3, 4
    - Large language model
    - Stable diffusion et MidJourney
    - AI Act

    Ressources pour aller plus loin :

    - MOOC de Stanford sur le deep learning

    - AI Revolution in Medicine : GPT-4 and beyond de Peter Lee, Carey Goldberg, Isaac Kohane

    - L'Innovation Jugaad - Redevenons Ingénieux ! de Navi Radjou, Jaideep Prabhu et Simone Ahuja

    Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de l’IngĂ©nieur. Cet Ă©pisode a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par SĂ©verine Fontaine, en collaboration avec Marie-Caroline Loriquet.

  • L’intelligence artificielle est partout. Mais comment celle-ci peut-elle aider les ingĂ©nieurs et chercheurs dans leur mĂ©tier ? Nous avons posĂ© la question Ă  nos invitĂ©s FrĂ©dĂ©ric Pascal, Professeur des UniversitĂ©s (UniversitĂ© Paris-Saclay) et directeur de l’institut DATAIA, et Marie-Aude Aufaure, directrice de la sociĂ©tĂ© de conseil et de formation Datarvest. Voici leurs rĂ©ponses.

    Evoluer aussi vite que l’IA [01:12 - 07:40]

    L’intelligence artificielle est « un ensemble de procĂ©dĂ©s complexes, logiques et automatisĂ©s, au travers d’algorithmes, qui permettent de rĂ©aliser des tĂąches pouvant ĂȘtre rĂ©alisĂ©es par des humains » dĂ©finit FrĂ©dĂ©ric Pascal. Deux type d’IA se distinguent, faisant appel Ă  des compĂ©tences diffĂ©rentes : la classique (Ă  programmer) et la gĂ©nĂ©rative (dont les prompts doivent ĂȘtre dĂ©finis prĂ©cisĂ©ment). Les outils d’intelligence artificielle Ă©voluant vite, il faut rĂ©guliĂšrement se mettre Ă  jour.

    L’IA modifie la façon de travailler [07:46 - 13:12]

    L’IA gĂ©nĂ©rative offre de nombreuses possibilitĂ©s, notamment de s’affranchir des tĂąches chronophages. « Il faut dĂ©terminer ce qu’on a intĂ©rĂȘt Ă  laisser Ă  l’IA et ce qui est vraiment cƓur de mĂ©tier, Ă  conserver” affirme Marie-Aude Aufaure. Une fois les tĂąches sĂ©lectionnĂ©es, il est important de se former afin de maĂźtriser le langage de l’IA - comme les prompts de l’IA gĂ©nĂ©rative - afin de l’utiliser le plus prĂ©cisĂ©ment possible.

    Se différencier [13:18 - 21:38]

    L’intelligence artificielle peut faire monter tout utilisateur en compĂ©tence, notamment dans la qualitĂ© des donnĂ©es rĂ©coltĂ©es ou encore dans les tĂąches fastidieuses, telles que la recherche d’information, de code, la traduction ou encore la synthĂšse, afin de se libĂ©rer du temps. Toutefois, pour tirer leur Ă©pingle du jeu, les chercheurs et ingĂ©nieurs vont devoir utiliser les bĂ©nĂ©fices de l’intelligence artificielle de concert avec leur propre intelligence. Mais Ă©galement de prendre en considĂ©ration les enjeux Ă©thiques et environnementaux.

    L’IA n’est pas une option ! [21:44 - 26:24]

    Difficile aujourd’hui de se passer de l’IA sans se faire dĂ©passer. Pour Marie-Aude Aufaure, il est nĂ©cessaire d’identifier les tĂąches qui ont intĂ©rĂȘt Ă  ĂȘtre automatisĂ©es, et ne pas se focaliser uniquement sur l’IA gĂ©nĂ©rative. « Sur un processus ou un problĂšme dĂ©fini, il faut combiner l’IA gĂ©nĂ©rative et classique, afin d’avoir par exemple un processus un peu plus frugal », affirme-t-elle. Un autre point important est de maĂźtriser les risques en protection de donnĂ©es, de cyberattaques ou encore d’évolution d’emploi.

    Références citées :

    ChatGPT d'OpenAI, Olympiades de Mathématiques, Google Bard, AI Act, SNCF, SPOC, MOOC

    Ressources pour aller plus loin :

    - Artificial Intelligence : a modern approach de Stuart Russell et Peter Norvig

    - L’IA Ă©ducative : l’intelligence artificielle dans l’enseignement supĂ©rieur de FrĂ©dĂ©rique GuĂ©not

    - Le temps des algorithmes de Serge Abiteboul et Gilles Dowek

    - Quand la machine apprend de Yann Le Cun

    Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de l’IngĂ©nieur. Cet Ă©pisode a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par SĂ©verine Fontaine, en collaboration avec Marie-Caroline Loriquet. Le gĂ©nĂ©rique a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Pierre Ginon.

  • GrĂ©gory Richa, directeur associĂ© de la sociĂ©tĂ© de conseil OPEO dĂ©taille ce qu’est l’économie circulaire et AgnĂšs CrĂ©pet, responsable de la longĂ©vitĂ© des logiciels chez Fairphone et porte-parole France, nous explique la circularitĂ© de son smartphone modulaire.

    Qu’est-ce que l’économie circulaire ? [1:00 - 15:18]

    ModĂšle Ă©conomique le plus rĂ©pandu, l’économie linĂ©aire est basĂ©e sur une boucle d’extraction et un produit-dĂ©chet. L’économie circulaire vise Ă  rĂ©duire la consommation de ressources (matiĂšre, eau, Ă©nergie), et se base sur trois grandes boucles de circularitĂ© : rĂ©duction, rĂ©parabilitĂ© et rĂ©cupĂ©ration. Le recyclage est un dernier recours. Fairphone est un exemple de circularitĂ© avec son smartphone modulaire et dĂ©montable. “Pour la fin de vie", il n'y a pas "que le recyclage mais Ă©galement la rĂ©utilisation de certaines piĂšces” dĂ©taille AgnĂšs CrĂ©pet. Ces smartphones intĂšgrent en effet des mĂ©taux issus de recyclage.

    L’économie circulaire permet aux entreprises qui l'intĂšgrent qui se distinguer. Les grandes changent leurs modes de consommation et les petites peuvent Ă©merger rapidement. Restant compĂ©titives sur les ressources, elles sont aussi plus rĂ©silientes et moins soumises aux variations des coĂ»ts de matiĂšres premiĂšres. Leur empreinte COÂČ est rĂ©duite grĂące aux produits remanufacturĂ©s moins Ă©nergivores. La circularitĂ© favorise la crĂ©ation d’emplois locaux via une matiĂšre en circuit local.

    Concevoir un produit circulaire [15:27 - 28:24]

    Les industries ont tendance Ă  toujours fabriquer une nouvelle version d’un produit, entraĂźnant souvent l'ajout de technologies, de fonctionnalitĂ©s. Des produits toujours plus grands ou plus connectĂ©s, sont aussi fermĂ©s. Dans les smartphones par exemple, la batterie, l'Ă©cran sont collĂ©s et ne peuvent pas ĂȘtre remplacĂ©s lorsqu'ils ne fonctionnent plus. L'appareil entier n'est plus utilisable et doit ĂȘtre remplacĂ© par un neuf ! Choisir des produits ouverts permet de pĂ©renniser leur usage. VoilĂ  un dĂ©fi passionnant pour les ingĂ©nieurs !

    Passer Ă  l’économie circulaire [28:29 - 42:56]

    IntĂ©grer la circularitĂ© ne doit pas attendre, recommande GrĂ©gory Richa : “quand on est un industriel dans un monde linĂ©aire, on est vouĂ© Ă  ne plus pouvoir opĂ©rer dans les 5 ans”. Revenir Ă  des chaĂźnes de valeurs locales, autonomes et rĂ©silientes est nĂ©cessaire. Les rĂ©glementations venir vont probablement aller dans ce sens. Un produit circulaire peut ĂȘtre rĂ©utilisĂ©, un atout pour un industriel. DĂ©jĂ  existant, il est disponible plus rapidement qu'un neuf et vraisemblablement Ă  un prix Ă©quivalent. De plus, l'industrie circulaire est attractive pour les employĂ©s et les clients, “on a envie de s’engager” affirme GrĂ©gory Richa.

    Références citées :

    - Haulotte, Valrhona, SEB, Décathlon, Renault Trucks, réseau ENVIE, Murfy, Saint-Gobain Glass, Tesla, Volvo, Backmarket.

    - Fairphone, Google Ara et Nokia 3310.

    - Et aussi iPhone, SpaceX, Vinted, Foxconn

    Ressources pour aller plus loin :

    Les livres :

    - Ecologie du smartphone de Laurence Allard, Alexandre Monin et Nicolas Nova

    - L’ñge des low tech de Philippe Bihouix

    - La guerre des mĂ©taux rares et L’enfer du numĂ©rique de Guillaume Pitron

    - La machine est ton seigneur et ton maĂźtre de Jenny Chan et Yang Lizhi

    - Pivoter vers une industrie circulaire de Grégory Richa et Emmanuelle Ledoux

    - La théorie du donut de Kate Raworth

    - 20 000 ans ou la grande histoire de la nature de Stéphane Durand

    - Les limites Ă  la croissance de Dennis Meadows, Donella Meadows et Jorgen Randers

    - L’évĂ©nement anthropocĂšne de Jean-Baptiste Fressoz et Christophe Bonneuil

    Le podcast :

    - Circular4good, un podcast de Grégory Richa et Aurélien Gohier

    Le site web :

    - Association SystExt avec l'ingénieure géologue minier Aurore Stéphant

    Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de l’IngĂ©nieur. Cet Ă©pisode a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par SĂ©verine Fontaine, en collaboration avec Marie-Caroline Loriquet. Le gĂ©nĂ©rique a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Pierre Ginon et le visuel du podcast a Ă©tĂ© créé par Camille Van Belle.

  • StĂ©phane Le Pochat, directeur R&D du cabinet de conseil EVEA, s'entretient avec nous sur l’écoconception et sur l’analyse de cycle de vie (ACV). Cette approche offre une photographie environnementale globale d'un produit ou d'un service, afin d'amĂ©liorer les impacts liĂ©s Ă  chaque Ă©tape de sa vie.

    L’écoconception et l’analyse de cycle de vie [00:58 - 5:04] L’écoconception d'un produit ou d'un service prend en compte la dimension environnementale de sa fabrication et de son industrialisation afin de rĂ©duire son empreinte carbone. Pour cela, l'ACV est un outil privilĂ©giĂ©. Cette technique de modĂ©lisation intĂšgre en effet la totalitĂ© des impacts environnementaux d’un produit, de sa crĂ©ation Ă  sa fin de vie. Elle permet d’amĂ©liorer chacune des Ă©tapes, par exemple sa fabrication. Des indicateurs environnementaux interviennent, mais aussi la santĂ© humaine ou les ressources.

    Les différents types d'ACV [05:11 - 7:25]

    L'attributionnelle est l'ACV la plus courante, et porte sur le produit. La consĂ©quentielle analyse les consĂ©quences d’une dĂ©cision sur l’ensemble de l’économie, comme les scĂ©narios Ă©nergĂ©tiques Ă  l'horizon 2050, par exemple. L'organisationnelle repose sur la production d’une entreprise en intĂ©grant les gammes de produits. “L'analyse de cycle de vie sociale Ă©value les impacts sociaux et sociĂ©taux d’un produit sur le marchĂ©. Elle plaĂźt Ă  l’industrie car elle s’intĂšgre bien dans sa politique RSE”, complĂšte notre invitĂ©.

    Une photographie environnementale [07:28 - 10:53]

    Outil d’aide Ă  la dĂ©cision, l'AVC permet d’obtenir une photographie environnementale dĂ©taillĂ©e d’un produit. Celle-ci permet d’identifier les facteurs et les origines des impacts environnementaux. “On peut penser des pistes d’amĂ©lioration”, poursuit notre invitĂ©.

    Promue par des directives [10:52 - 13:29]

    Les premiĂšres ACV remontent aux annĂ©es 1990, poussĂ©es par des directives françaises et europĂ©ennes d’écoconception. Vers 2007, un processus d’affichage environnemental a Ă©mergĂ©, embarquant tous les secteurs industriels dans le calcul d’empreinte. Dans des projets de recherche ANR par exemple, “il est obligatoire de rĂ©aliser une ACV pour les Ă©valuer” ajoute notre invitĂ©.

    Quelques faiblesses [13:32 - 24:58]

    Crayon, satellite ou modĂšle Ă©conomique, tout est modĂ©lisable en thĂ©orie. StĂ©phane Le Pochat tempĂšre : “la modĂ©lisation repose sur l’acquisition de donnĂ©es” souvent confidentielles ou coĂ»teuses Ă  obtenir. “Une ACV de qualitĂ© peut s’élever Ă  une dizaine de milliers d’euros", dĂ©taille-t-il. Cela peut paraĂźtre Ă©levĂ©, mais en comparaison plus faible qu'un budget communication.

    Pour StĂ©phane Le Pochat, l’analyse de cycle de vie est fiable s’il s’agit de comparer deux produits dans le cadre d’une prise de dĂ©cision pour la reconception. Elle l'est moins pour dĂ©terminer les vrais impacts environnementaux, car “ce n’est pas l’objectif de l’ACV” prĂ©cise l’expert. “Elle traite d’impacts environnementaux potentiels. Ce sont des indicateurs, qui ne reflĂštent pas la rĂ©alitĂ©.” La recherche avance pour rendre toujours plus robustes les mĂ©thodes de calcul. Deux axes sont en cours d'Ă©tude : le temps et l’espace dans le calcul d’impacts environnementaux. Le niveau de pollution par exemple, se considĂšre Ă  tel moment et dans tel milieu.

    L’ACV est largement utilisĂ©e dans les industries, en interne dans de petites Ă©quipes, ou confiĂ©e Ă  des cabinets de conseil.

    Références citées :

    - Le bilan carbone Scope 3

    - Philips et Peugeot Citroën, précurseurs de l'ACV

    Ressources pour aller plus loin :

    - "Il y aura l’ñge des choses lĂ©gĂšres", sous la direction de Thierry Kazazian

    - "Small is beautiful", d’Ernst Friedrich Schumacher

    - "Cradle to cradle" (“du berceau au berceau”) de Michael Braungart et William McDonough

    Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de l’IngĂ©nieur. Cet Ă©pisode a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par SĂ©verine Fontaine, en collaboration avec Marie-Caroline Loriquet. Le gĂ©nĂ©rique a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Pierre Ginon et le visuel du podcast a Ă©tĂ© créé par Camille Van Belle.

  • Pour rĂ©pondre aux enjeux climatiques, les industries doivent devenir sobres. Mais qu’est-ce que cela signifie exactement ? Nous avons posĂ© la question Ă  nos invitĂ©s Sarah Thiriot, sociologue Ă  l’Ademe et Sam Allier, chargĂ© de projet au Shift Project. Voici leurs rĂ©ponses.

    Qu’est-ce que la sobriĂ©tĂ© ? [1:45 - 8:43]

    La sobriĂ©tĂ©, selon l’Ademe, est une approche qui consiste Ă  se questionner sur ses besoins et Ă  les satisfaire en limitant leur impact sur leur environnement. Cette sobriĂ©tĂ© engendre ainsi un changement de mode de production et de consommation. Du cĂŽtĂ© des industries, la “sobriĂ©tĂ© Ă©nergĂ©tique” consiste Ă  rendre plus efficiente la production, en clair, moins Ă©nergivore. Mais pour Sarah Thiriot, l’efficience Ă  elle seule ne suffira pas Ă  faire face aux dĂ©fis environnementaux. “La sobriĂ©tĂ© Ă©nergĂ©tique permet en partie de respecter les accords sur la dĂ©carbonation mais Ă©galement de faire face Ă  des contraintes physiques d’approvisionnement” explique Sam Allier.

    La neutralité carbone [8:51 - 14:36]

    Plusieurs chemins peuvent mener Ă  la neutralitĂ© carbone. L’Ademe en propose quatre, construits sur les scĂ©narios du GIEC et adaptĂ©s Ă  la France. Ces quatre scĂ©narios enclenchent plus ou moins les leviers de sobriĂ©tĂ©, d’efficacitĂ© et de dĂ©carbonation. Avec ces scĂ©narios, “nous montrons que diffĂ©rents champs des possibles sont atteignables Ă  long terme pour atteindre la neutralitĂ© carbone en 2050 (...) en offrant des visions contrastĂ©es sur le contexte Ă©conomique, le dĂ©ploiement dans les territoires ainsi que sur les modes de gouvernance” explique Sarah Thiriot.

    DĂ©carboner l’industrie française sans la saborder [14:39 - 22:33]

    Le Shift Project part du constat que “l’industrie reprĂ©sente 20 % des Ă©missions de gaz Ă  effet de serre, dont 75 % par l’industrie lourde” dĂ©clare Sam Allier. Pour la dĂ©carboner, “un levier est de continuer d’amĂ©liorer les procĂ©dĂ©s" et un autre "de dĂ©velopper les ruptures technologiques". “La sobriĂ©tĂ© ne va pas s’appliquer de la mĂȘme façon Ă  tous les secteurs” affirme Sarah Thiriot. Des activitĂ©s trop polluantes devront cesser, d’autres devront s'adapter et des infrastructures transformĂ©es. Et de nouveaux secteurs naĂźtront.

    Et l’ingĂ©nieur ? [22:42 - 26:08]

    L’ingĂ©nieur peut ĂȘtre acteur de la transformation des secteurs industriels. Il peut faire preuve de sobriĂ©tĂ© en refusant de travailler pour certains secteurs, propose Sam Allier. Ses compĂ©tences pourraient orienter le systĂšme vers une direction compatible aux enjeux Ă©cologiques. “C’est la dĂ©sertion que l’on commence Ă  observer et qui constitue un nouveau rapport de force avec les industriels qui n’ont pas de plan ambitieux pour la planĂšte” indique l’expert. Dans des secteurs passion mais polluants, les ingĂ©nieurs peuvent se questionner sur la rĂ©orientation des activitĂ©s ou en travaillant sur les ruptures technologiques.

    Quid du progrĂšs technique ? [26:15 - 29:25]

    La sobriĂ©tĂ© signerait-elle le glas du progrĂšs technique ? Sarah Thiriot observe cet “imaginaire un peu apocalyptique” derriĂšre cette thĂšse. Il ne s’agit pas de bannir le progrĂšs technique ou l’innovation, poursuit-elle. Les dĂ©veloppements techniques seront d’une nature diffĂ©rente, en fonction des choix industriels, Ă©conomiques mais Ă©galement de sociĂ©tĂ©. "Moins mais mieux", conclue-t-elle.

    Ressources pour aller plus loin :

    Le sixiÚme rapport du GIEC, publié en novembre 2022

    Le Rapport Transition(s) 2050 : Quatre scénarios pour atteindre la neutralité carbone en 2050

    Le rapport du Shift Project : DĂ©carboner l’industrie sans la saborder

    Le sociologue Antoine Bouzin : “Crise Ă©cologique : ces Ă©lĂšves ingĂ©nieurs qui veulent transformer leur mĂ©tier”

    AgroParisTech : quand de futurs ingĂ©nieurs racontent leur “conversion Ă©cologique”

    Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de l’IngĂ©nieur. Cet Ă©pisode a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par SĂ©verine Fontaine, en collaboration avec Marie-Caroline Loriquet. Le gĂ©nĂ©rique a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Pierre Ginon et le visuel du podcast a Ă©tĂ© créé par Camille Van Belle.

  • Qu’entend-on par fatigue lorsqu’il s’agit d’un matĂ©riau ? Comment explique-t-on ce processus ? Quels secteurs sont particuliĂšrement concernĂ©s ?

    Notre invitée Isabel Huther, Responsable Projets Fatigue au Cetim, le Centre technique des industries mécaniques, nous apporte son éclairage sur cette étape de la vie des matériaux.

    Chargements et rupture [1:06 – 6:11]

    Notre invitĂ©e explique que la fatigue est un processus d’endommagement des matĂ©riaux sous des sollicitations cycliques. Leurs niveaux varient au fil du temps, ainsi que leur amplitude.

    Sous ces chargements cycliques et appliquĂ©s Ă  la mĂȘme zone, le matĂ©riau s’endommage dans cette zone. Une fissure s’amorce et se propage jusqu’à la rupture brutale de la piĂšce.

    Une piÚce cassée présente un plan de rupture, aussi appelé faciÚs de rupture. Cette piÚce sollicitée en fatigue présente deux zones distinctes. Isabel Huther nous fait part des différences entre les plans de rupture, selon que le matériau dont la piÚce est constituée.

    Les plans de rupture en fatigue sont toujours perpendiculaires au chargement. Donc sur une piÚce cassée en service et qui a subi des sollicitations en fatigue, le plan de fissuration indique quel chargement a induit la rupture.

    Conception des piĂšces et durĂ©es de vie prĂ©dĂ©finies [6:11 – 12:17]

    Les ruptures en fatigue interviennent souvent dans des zones de concentration de contraintes. Isabel Huther nous éclaire sur ces zones, caractérisées par des discontinuités géométriques, comme des angles droits, par exemple. Elle recommande de les éviter au moment du dimensionnement ou de la conception de piÚce.

    Tous les matériaux métalliques ou composites peuvent se fissurer sous des chargements cycliques. En fatigue, les matériaux se distinguent par leur qualité. Le moins le matériau a de défauts, meilleure est sa tenue en fatigue. Il risque donc moins la fissuration.

    Notre invitĂ©e Ă©voque les secteurs concernĂ©s par les phĂ©nomĂšnes de fatigue. Les piĂšces et structures sont conçues au plus juste, entraĂźnant le risque de problĂšmes de fissuration par fatigue. Par exemple, le poids des avions est diminuĂ© pour qu’ils consomment moins.

    Les piĂšces sont dimensionnĂ©es vis-Ă -vis de leur tenue Ă  la fatigue pour s’assurer qu’elles ne cassent pas avant les durĂ©es de vie prĂ©dĂ©finies.

    RĂ©duire le processus de fatigue ? [12:34 – 19:10]

    La dĂ©termination de la rĂ©sistance Ă  la fatigue est expĂ©rimentale. Les donnĂ©es disponibles sont issues d’essais de fatigue rĂ©alisĂ©s sur des Ă©prouvettes, fabriquĂ©es dans les matĂ©riaux caractĂ©risĂ©s. A partir des valeurs relevĂ©es lors des essais, on peut estimer, pour une durĂ©e de vie donnĂ©e, la rĂ©sistance en fatigue recherchĂ©e.

    Pour minimiser les risques de fissuration par fatigue, il est nĂ©cessaire de connaĂźtre les performances du matĂ©riau en fatigue dans l’environnement d’utilisation. Il faut aussi connaĂźtre le type de chargement, ainsi que les niveaux de chargement.

    Ressources pour aller plus loin :

    Sur le site Techniques de l’IngĂ©nieur. Les articles de ressources documentaires :- gĂ©nĂ©ralitĂ©s sur la fatigue,- calcul des piĂšces,- rĂ©alisation des essais de fatigue.- Le webinar gratuit DĂ©couverte de la fatigue des matĂ©riaux avec Robin Hauteville.

    Les recueils Cetim performance, « collection fatigue » :- Les gĂ©nĂ©ralitĂ©s en fatigue,- Influence des paramĂštres en fatigue,- calcul des piĂšces,- Analyse des rĂ©sultats d’essais de fatigue,- Recueil sur la tenue en fatigue des assemblages soudĂ©s.

    L'ouvrage La fatigue des matériaux et des structures 1 : Introduction, endurance, amorçage et propagation des fissures, fatigue oligocyclique et gigacyclique sous la direction de Claude Bathias et André Pineau, éditions HermÚs Lavoisier.

    Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de l’IngĂ©nieur. Cet Ă©pisode a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Marie-Caroline Loriquet, en collaboration avec Intissar El Hajj Mohamed. Le gĂ©nĂ©rique a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Pierre Ginon et le visuel du podcast a Ă©tĂ© créé par Camille Van Belle.

  • Comment faire un choix de matĂ©riau pertinent et selon quels critĂšres ? Pour quelle application ? Sur quelle mĂ©thode de sĂ©lection peut-on s’appuyer ? Ces questions ont Ă©tĂ© posĂ©es Ă  Bruno Chenal, prĂ©sident de la SF2M, la SociĂ©tĂ© Française de MĂ©tallurgie et de MatĂ©riaux.

    La carte d'identitĂ© du matĂ©riau [6:00 - 16:07] Le nombre de matĂ©riaux augmente et leur choix est de plus en plus complexe. « De nouveaux matĂ©riaux permettent un nouvel usage et amĂ©liorent les performances d’un produit. L’aluminium et ses alliages, liĂ©s Ă  l’histoire de l’aĂ©ronautique, ont permis des avions plus rapides, de plus grande capacitĂ©, plus lĂ©gers. » Le choix d’un matĂ©riau pour une application donnĂ©e se base sur ses propriĂ©tĂ©s, son procĂ©dĂ© d’élaboration et de fabrication, et son design. « C’est ce que dĂ©finit le cahier de charges. » Bruno Chenal distingue « les propriĂ©tĂ©s intrinsĂšques, qui dĂ©finissent la carte d’identitĂ© du matĂ©riau », d'un cĂŽtĂ© et de l’autre, « ses propriĂ©tĂ©s extrinsĂšques qui interviennent lors de sa sĂ©lection finale : son prix, son impact environnemental, sa disponibilitĂ©, l’aspect santĂ©-sĂ©curitĂ©. »

    Évolutions du cadre de vĂ©lo [16:20 – 20:26]
    Ce passionnĂ© de cyclisme illustre son propos avec un cadre de vĂ©lo. « Les propriĂ©tĂ©s attendues sont la rigiditĂ©, l’élasticitĂ©, le dynamisme, le poids, la durabilitĂ©, mais aussi le prix et le fait de pouvoir le fabriquer en sĂ©rie ». Les cadres de vĂ©lo ont longtemps Ă©tĂ© en acier. Ils ont Ă©tĂ© allĂ©gĂ©s, grĂące aux alliages d’acier, et Ă  des tubes amincis. L’aluminium est trois fois plus lĂ©ger que l’acier, plus cher et moins rĂ©sistant. Le diamĂštre des tubes a Ă©tĂ© augmentĂ© pour les renforcer. Les composites Ă  fibres de carbone offrent des cadres plus lĂ©gers. Plus cher, le titane allie une faible densitĂ© aux caractĂ©ristiques Ă©levĂ©es de l’acier. Enfin, les composites permettent des formes d’ailes d’avion, pour un aĂ©rodynamisme amĂ©liorĂ©. DiffĂ©rents compromis conduisent Ă  diffĂ©rents choix.

    SĂ©lectionner... [20:35 – 24:07] Bruno Chenal propose de s’appuyer sur « une mĂ©thode rationnelle de choix qui permet de faire le choix optimal d’un matĂ©riau », mise au point par le professeur Michael Ashby. Dans les diagrammes d’Ashby, une propriĂ©tĂ© donnĂ©e est reprĂ©sentĂ©e et les matĂ©riaux sont positionnĂ©s, chacun dans des domaines. Elle permet de restreindre les choix des matĂ©riaux, pour arriver Ă  une seule solution.

    ...Et fabriquer ! [24:16 – 30:38] Reste la question de la fabrication du matĂ©riau et du produit. « La fabrication additive donne accĂšs Ă  des gĂ©omĂ©tries impossibles Ă  produire par usinage. Le fait de pouvoir produire ces piĂšces en une seule fois avec un seul matĂ©riau ouvre de nouvelles perspectives. De nouveaux matĂ©riaux, mieux adaptĂ©s, peuvent ĂȘtre dĂ©veloppĂ©s. ». Bruno Chenal recommande l’approche la plus ouverte possible. Un choix est un compromis.

    Références citées :

    Laboratoires Bell LabsLes professeurs Michael Ashby, de l’UniversitĂ© de Cambridge, et Yves BrĂ©chet, de l’UniversitĂ© de GrenobleLes diagrammes d’Ashby
    Logiciel Granta Design d’Ansys« Une industrie accro aux minerais de conflit », Ă©pisode #2 podcast Cogitons Sciences sur les matĂ©riaux

    Ressources pour aller plus loin :- Livres de Michael Ashby :« Choix des matĂ©riaux en conception mĂ©canique », Dunot, 2012« MatĂ©riaux et environnement : choix Ă©coresponsable en conception », Dunot- De Michael Ashby et Yves BrĂ©chet :« SĂ©lection des matĂ©riaux et procĂ©dĂ©s de mise en Ɠuvre », 2001.- Choix et usage des matĂ©riaux, article de ressources documentaires de Techniques de l’IngĂ©nieur corĂ©digĂ© par Yves BrĂ©chet, Michael Ashby, Michel Dupeux et François Loucher.

    Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de l’IngĂ©nieur. Cet Ă©pisode a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Marie-Caroline Loriquet, en collaboration avec Intissar El Hajj Mohamed. Le gĂ©nĂ©rique a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Pierre Ginon et le visuel du podcast a Ă©tĂ© créé par Camille Van Belle.

  • Qu’appelle-t-on “minerais de conflits” ? Pourquoi leur extraction et leur utilisation sont-elles problĂ©matiques ? Pourrait-on un jour rĂ©glementer ce commerce ? RĂ©ponses avec notre invitĂ©e Marianna Reyne, juriste en droit de l’environnement industriel.

    Les 3TG [1:30 – 7:07]

    “L’expression “minerais de conflit” vient du fait que l’exploitation de ces minerais participe Ă  alimenter des conflits armĂ©s dans plusieurs rĂ©gions du monde”, explique Marianna Reyne. Parmi la soixantaine de mĂ©taux entrant dans la composition des Ă©quipements Ă©lectroniques, quatre de ces mĂ©taux sont issus de minerais de conflit : “le tantale, issu de la colombite-tantalite (le coltan), l’étain provient de la cassitĂ©rite, le tungstĂšne dont l’origine est la wolframite, et l’or”. Ces mĂ©taux sont dĂ©signĂ©s par un sigle : “3TG” (tin, tantalum. tungsten et gold, en anglais). Ils viennent principalement de pays dĂ©tenant “des ressources miniĂšres trĂšs importantes” : RĂ©publique DĂ©mocratique Congo, Rwanda, Burundi, Ouganda, Colombie, Birmanie et Afghanistan. “Qu’il s’agisse d’opĂ©rations miniĂšres artisanales non rĂ©glementĂ©es ou d’activitĂ©s industrielles, l’exploitation de ces minerais est illĂ©gale et entraĂźne de nombreuses dĂ©gradations sur l’environnement et des violations des droits humains”, souligne Marianna Reyne.

    Des consĂ©quences humaines et environnementales alarmantes [7:51 – 17:48]

    Il est estimĂ© que l’extraction illĂ©gale de la cassitĂ©rite, du coltan et de l’or a provoquĂ© en RDC l’enlĂšvement de la couverture vĂ©gĂ©tale de la forĂȘt ainsi qu’une trĂšs importante pollution. Citons par exemple la dĂ©gradation des zones situĂ©es le long des riviĂšres, dont rĂ©sultent des problĂšmes d’érosion, un envasement de l’eau et un dĂ©pĂŽt de rĂ©sidus contaminants (dont mercure et cyanure) dĂ©versĂ©s dans les riviĂšres. Les consĂ©quences humaines sont bien connues : “la violence et l’insĂ©curitĂ©, qui caractĂ©risent l’Est de la RDC, perdurent du fait de la compĂ©tition pour ce contrĂŽle du commerce des minerais entre groupes rebelles, milices locales et forces armĂ©es des États voisins. Le contrĂŽle illĂ©gal par les groupes armĂ©s et l’inaction Ă©tatique provoquent une situation humanitaire dĂ©sastreuse dans la rĂ©gion : affrontements, violations des droits de l’Homme, travail forcĂ© (y compris des enfants), violences sexuelles, attaques contre les civils
 En 2014, l’Unicef avait Ă©valuĂ© Ă  40 000 le nombre d’enfants qui travaillaient dans les mines du Sud de la RDC”, prĂ©cise Marianna Reyne.

    Et la RSE dans tout ça ? [18:11 – 21:59]

    Selon Marianna Reyne, les entreprises s’appuient sur un guide publiĂ© par l’OCDE en 2011 : considĂ©rĂ© comme le standard de rĂ©fĂ©rence en matiĂšre de responsabilitĂ© sociĂ©tale des entreprises, ce guide est consacrĂ© au devoir de diligence pour les chaĂźnes d’approvisionnement responsable en minerais provenant de zones de conflit. “On a aussi vu apparaĂźtre un certain nombre d’initiatives et de programmes venant de l’industrie, du tĂ©lĂ©phone ou de l’étain par exemple, et ces initiatives ont plus ou moins bien fonctionnĂ©.”

    Des tensions au cƓur de l’actualitĂ© [22:48 – 32:31]

    “S’agissant de la crise du Covid-19, analyse Marianna Reyne, les politiques publiques qui ont Ă©tĂ© adoptĂ©es de par le monde ont provoquĂ© d’énormes problĂšmes liĂ©s aux arrĂȘts de production, Ă  la fois du fait des confinements des populations et de cette instabilitĂ© gĂ©nĂ©ralisĂ©e qui a Ă©tĂ© créée. Ce que l’on observe, ce sont des crises de production et de logistiques majeures qui ont gĂ©nĂ©rĂ© elles-mĂȘme des pĂ©nuries en cascade”. Exemple le plus emblĂ©matique : la pĂ©nurie des semi-conducteurs Ă©lectroniques.

    Références citées :

    Guide OCDE

    iTSCi

    Cet article d’Amnesty International

    Ressources pour aller plus loin :

    Virunga

    Cobalt Blues

    Fairphone

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  • Comment passer des directions assistĂ©es pour automobiles aux voiliers de haute technologie ? Est-il possible pour un ingĂ©nieur de faire son mĂ©tier de sa passion ? Comment une page blanche devient un bateau capable de faire le tour du Monde ? Qu’est-ce qu’un ingĂ©nieur d’études peut apporter Ă  des skippers ?

    Pour nous rĂ©pondre, nous recevons ClĂ©ment Thivin, ingĂ©nieur d’études « mĂ©canique et systĂšmes » au bureau d’études de MerConcept, l’écurie de course au large créée par le navigateur François Gabart en 2006.

    De l’intĂ©rĂȘt Ă  la passion [1 :30 - 7:51]

    Lors du cursus d’ingĂ©nieur de ClĂ©ment Thivin Ă  l’INSA de Lyon, ses professeurs l’encouragent Ă  suivre leur ancien Ă©lĂšve, François Gabart, qui participe au VendĂ©e Globe Challenge, fin 2012. Dans les mĂ©dias, ClĂ©ment Thivin dĂ©couvre le projet de « construction d’un trimaran de course pour battre le record du tour du monde Ă  la voile en solitaire » par MerConcept. Ce sera sur ce projet qu'il travaillera durant son stage en 2014.

    C’est en poste chez JTEKT Technology que ClĂ©ment Thivin comprend qu'il est passionnĂ© par la voile et que c’est lĂ  qu'il veut travailler. Ses candidatures ne sont pas retenues. Puis, en intĂ©grant les Chantiers de l’Atlantique, il s’approche de l’ocĂ©an et acquiert de l’expĂ©rience dans le secteur naval. Ensuite, « dans un mĂ©dia spĂ©cialisĂ©, j’ai vu une offre de MerConcept ». Elle correspond bien Ă  son profil. Il postule. Il est recrutĂ©.

    Concevoir un bateau compétitif [8 :09 - 17 :10]

    C'est donc en 2019 que ClĂ©ment Thivin revient chez MerConcept. Il travaillera d'abord sur l’Imoca 11th Hour Racing. Il explique la diffĂ©rence de design entre cet Imoca, dessinĂ© pour un Ă©quipage, et « l’Imoca Apivia, skippĂ© par Charlie Dalin ».

    L’acquisition du vocabulaire nautique est comparĂ©e par ClĂ©ment Thivin Ă  l’arrivĂ©e « dans un nouveau pays ». « L’ingĂ©nieur d’études doit produire des piĂšces, des systĂšmes » pour le bateau. ClĂ©ment Thivin illustre sa charge de travail : « En aoĂ»t 2019, le bateau Ă©tait une page blanche. À l’étĂ© 2021, il a naviguĂ©. En novembre, il a traversĂ© l’Atlantique ». Ces bateaux sont conçus pour « participer Ă  des courses et si possible les gagner ». Il faut Ă  l’ingĂ©nieur d’études « un bon niveau de confiance et de doute » pour « prendre les dĂ©cisions vitales pour la performance du bateau ».

    À l’écoute des skippers [17 :30 - 28 :33]

    « On fait un bateau pour que les skippers puissent l’exploiter au maximum pendant les courses. Ils doivent ĂȘtre trĂšs impliquĂ©s dans le design du bateau et la philosophie des systĂšmes », explique ClĂ©ment Thivin. Le « retour est immĂ©diat pendant toutes les phases de conception ». « Capables de passer trois mois en mer tous seuls sur leur bateau, ils ont des choses Ă  raconter. », ajoute ClĂ©ment Thivin. « Les courses de bateaux rythment nos journĂ©es. La cartographie est le seul accĂšs Ă  la performance. Les pointages permettent de connaĂźtre les positions des bateaux ».

    Références citées :

    MerConcept

    The OceanRace est la course à laquelle va participer l’Imoca 11h

    Hour Racing

    Les Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire

    JTEKT Technology

    L’INSA de Lyon

    L’UniversitĂ© d’Aalto Ă  Helsinki, en Finlande

    Ressources pour aller plus loin :

    Le média spécialisé dans la voile de compétition Tip & Shaft

    le festival de films documentaires Sailorz

    Le livre « La longue route », de Bernard Moitessier
    « Maiden », le documentaire sur la skippeuse britannique Tracy Edwards

    Le Off Shore film festival, consacrĂ© Ă  l’aventure en mer

    Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de l’IngĂ©nieur. Cet Ă©pisode a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Marie-Caroline Loriquet, en collaboration avec Intissar El Hajj Mohamed. Le gĂ©nĂ©rique a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Pierre Ginon et le visuel du podcast a Ă©tĂ© créé par Camille Van Belle.

  • Gauthier Ryckeboer et Romain AndrĂ© sont respectivement ingĂ©nieur Ă©lectronique et chef de projet produits Ă©lectroniques au dĂ©partement conception d'accessoires jeux vidĂ©o chez Nacon.

    Multi-casquettes [2:18 - 30:12]

    “Au quotidien, mon mĂ©tier se rĂ©sume Ă  plusieurs casquettes, dĂ©taille Gauthier Ryckeboer. Une premiĂšre casquette laboratoire qui reprĂ©sente les validations, les tests et les caractĂ©risations des diffĂ©rents accessoires des jeux vidĂ©o. Une deuxiĂšme casquette, cette fois ingĂ©nierie, qui est plus liĂ©e Ă  la spĂ©cification en vue du dĂ©veloppement de l’accessoire, et c’est lĂ  oĂč j’assiste mon collĂšgue Romain, ces missions Ă©tant liĂ©es au user interface, Ă  l’électronique et Ă  l’électrique. Une troisiĂšme casquette autour de l’amĂ©lioration continue du produit, en fonction des retours clients, et nous sommes toujours Ă  l’affĂ»t de nouvelles technologies et de nouveaux composants”.

    Romain AndrĂ© participe Ă  la supervision du dĂ©veloppement du produit “en allant de l’idĂ©e de dĂ©part et jusqu’à la sortie de l’usine et l’arrivĂ©e en magasin” : “cela consiste Ă  dĂ©finir complĂštement le produit, d’un point de vue technique, avec les membres du laboratoire, dont Gauthier, superviser le dĂ©veloppement tout au long de la chaĂźne de production, participer Ă  l’élaboration du packaging et travailler avec les Ă©quipes marketing pour prĂ©senter le produit aux clients”.

    Une flexibilité professionnelle accrue [30:25 - 49:57]

    Depuis leurs dĂ©buts dans le milieu du jeu vidĂ©o, les deux ingĂ©nieurs profitent d’une plus grande flexibilitĂ© au travail. Pour Gauthier Ryckeboer : “chez Nacon, lorsque nous avons une idĂ©e ou un projet, que ce soit sur le dĂ©veloppement d’accessoires ou sur autre chose, il nous est possible de le remonter trĂšs facilement car la hiĂ©rarchie est trĂšs accessible, et cela jusqu’au PDG (Alain Falk, NDLR), et il nous est aussi possible d’échanger avec beaucoup de corps de mĂ©tiers, qu’il s’agisse de nos collĂšgues de la comptabilitĂ© ou de l’informatique, de nos partenaires industriels qui se trouvent en Chine par exemple, de nos partenaires technologiques Ă©parpillĂ©s Ă  travers le monde, ou encore les collĂšgues chefs de projet comme Romain ou encore les collĂšgues designers industriels
 Aujourd’hui, j’ai pu dĂ©velopper un cĂŽtĂ© pluridisciplinaire, trĂšs agrĂ©able car challengeant intellectuellement”.

    Cette flexibilitĂ© pousse Romain AndrĂ© Ă  poursuivre sa carriĂšre dans le secteur du jeu vidĂ©o : “la flexibilitĂ©, c’est la possibilitĂ© d’entreprendre et de voir le concept, imaginĂ© avec les collĂšgues, prendre forme et prendre vie. C’est une des choses qui rend le secteur au global ainsi que l’innovation trĂšs intĂ©ressants, car ce n’est pas un secteur qui reste fixe. Si par exemple on voit aujourd’hui comment a Ă©voluĂ© une manette, Ă  quoi elle ressemblait et ce qu’il y avait dedans il y a 10 ans, ce n’est plus la mĂȘme chose aujourd’hui, ça a complĂštement changĂ© ! Et on peut en dire tout autant pour l’évolution des jeux vidĂ©o, des supports de jeux, mais aussi des casques audio. Et au niveau industriel, cette flexibilitĂ© m’a permis de rencontrer des personnes qui maĂźtrisent des technologies qu’autrement, si j’étais restĂ© dans le secteur automobile, je n’aurais pas forcĂ©ment pu dĂ©couvrir Ă  moins de changer de pĂ©rimĂštre ou de site
 Alors qu’aujourd’hui, je travaille sur des catĂ©gories de produits qui sont totalement diffĂ©rentes les unes des autres, tout en restant au mĂȘme endroit”.

    Références citées :

    Nacon

    Thrustmaster

    Valeo

    Ressources pour aller plus loin :

    “Power on: The Story of Xbox”

    “High Score : L’Âge d’or du gaming”

    “Les consoles de jeux vidĂ©o”

    Les livres sur l’histoire du jeu vidĂ©o, aux Ă©ditions OmakĂ©

    “Joypads ! Le design des manettes”

    “Le rendez-vous tech” et “Le rendez-vous jeux”

    “Tech cafĂ©â€

    Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de l’IngĂ©nieur. Cet Ă©pisode a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Intissar El Hajj Mohamed, en collaboration avec Marie-Caroline Loriquet. Le gĂ©nĂ©rique a Ă©tĂ© créé par Pierre Ginon ; le visuel, par Camille Van Belle.

  • Depuis janvier 2019, Alexandre Tisserant est PDG de KinĂ©is. La constellation de 25 nanosatellites de KinĂ©is devrait fournir des services de connectivitĂ© destinĂ©s Ă  l’internet des objets (IoT). Dans la continuitĂ© du projet Argos, ses applications vont – entre autres – du suivi de la biodiversitĂ© marine et terrestre, au suivi de l’activitĂ© volcanique, en passant par le suivi des convois de denrĂ©es sensibles.

    En 2002, Alexandre Tisserant obtient un diplĂŽme d’ingĂ©nieur spĂ©cialisĂ© en computer science, de l’Ecole polytechnique. Il y ajoute en 2004 un deuxiĂšme master, dĂ©livrĂ© par Telecom ParisTech, et cette fois tournĂ© vers le management, la stratĂ©gie commerciale et le dĂ©veloppement de logiciel. Ni ses Ă©tudes, ni une carriĂšre dans la finance au sein de l’Etat ne prĂ©sageaient pour cet ingĂ©nieur une direction toute autre lorsqu’il rejoint CLS Group en 2017 : embrasser le domaine spatial. Un univers qui, pourtant, l’avait toujours fasciné 

    Une passion avant tout [1:00 – 11:18]

    “Je ne pense pas que ça me prĂ©destinait Ă  y travailler, mais le spatial est un domaine qui me fascinait depuis trĂšs longtemps, nous confie Alexandre Tisserant. Adolescent, en lisant les magazines de vulgarisation scientifique, j’étais toujours trĂšs intĂ©ressĂ© par les dossiers qui avaient trait Ă  l’espace. Et quand ensuite j’ai eu des cours de mĂ©canique spatiale, comprendre comment les astres tournent les uns autour des autres m’a captivĂ©. À un moment, j’envisageais mĂȘme de m’orienter vers l’astrophysique ; chose que je n’ai pas poursuivie, car je n’étais pas sĂ»r que le domaine de la recherche me conviendrait. Comme par ailleurs j’aimais beaucoup l’informatique, je me suis spĂ©cialisĂ© lĂ -dedans.”

    Dans l’espace infini, de la rigueur [11:19 – 23:46]

    En 2017, alors que la famille part s’installer Ă  Toulouse, oĂč l’épouse d’Alexandre Tisserant va enseigner l’histoire Ă  l’universitĂ©, l’ingĂ©nieur cherche des opportunitĂ©s de travail dans la ville rose. “De fil en aiguille”, il est alors recrutĂ© par CLS Group pour diriger le projet KinĂ©is, devenu par la suite une entreprise spin-off. Dans ce milieu qu’il dĂ©couvre, comme nous l’explique Alexandre Tisserant, une spĂ©cificitĂ© se dĂ©marque : “Quand on envoie un objet dans l’espace, on n’y a plus accĂšs, plus jamais, et on est donc obligĂ© de rĂ©aliser une batterie de tests et de validations, Ă  la fois Ă©lectroniques, informatiques, mĂ©caniques, thermiques, au sol. En plus, envoyer et dĂ©velopper le satellite coĂ»te cher !” Et on n’a donc pas vraiment droit Ă  l’erreur. D’oĂč cette rigueur accrue. Qui peut mĂȘme contraster avec le monde de l’informatique : “De lĂ  dĂ©coule la mĂ©thode de l’ingĂ©nierie spatiale, qui est trĂšs diffĂ©rente de l’informatique, oĂč on Ă©crit du code, on compile, on exĂ©cute, on teste, et si ça ne marche pas, on refait”.

    Le liant : la curiosité  Et une quĂȘte de sens [23:47 – 32:58]

    “Ce qui m’a guidĂ© tout au long de ma carriĂšre, c’est la curiositĂ©, une envie de comprendre comment les choses fonctionnent, et pouvoir les refaire moi-mĂȘme”, dĂ©crĂšte le PDG de KinĂ©is. Il continue : “C’est d’ailleurs comme ça que je me suis retrouvĂ© Ă  travailler pour le budget de l’Etat pendant quelques annĂ©es, car c’était une mĂ©canique financiĂšre que je ne comprenais pas au dĂ©but, alors que c’est au cƓur des ‘machines’ de l’Etat !” Son conseil aux Ă©tudiants ingĂ©nieurs ? “Savoir pourquoi vous faites ce que vous faites, et vous demander ce que ça produit pour la sociĂ©tĂ© en gĂ©nĂ©ral !”

    Références citées :

    Argos (continué par Kinéis)

    CLS Group

    Ressources pour aller plus loin :

    “Merci de changer de mĂ©tier”, un livre de Celia Izoard

    “Voyage en misarchie”, un livre d’Emmanuel Dockùs

    “Les couilles sur la table”, un podcast de Victoire Tuaillon

    “Silicon Valley”, une sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e amĂ©ricaine

    Cogitons Sciences est produit par Techniques de l’IngĂ©nieur. L'Ă©pisode a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Intissar El Hajj Mohamed, en collaboration avec Marie-Caroline Loriquet. Le gĂ©nĂ©rique a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Pierre Ginon. Le visuel a Ă©tĂ© créé par Camille Van Belle.

  • Qu’est-ce qui pousse les ingĂ©nieurs français Ă  partir ? Pourquoi choisissent-ils travailler Ă  l’étranger ? Et est-ce qu’ils envisagent de revenir un jour ?

    RĂ©ponses avec Lucile Zenou, ingĂ©nieure biomĂ©dicale rĂ©sidant au Canada depuis 2014 et prĂ©sidente de l'association FrancogĂ©nie, et Marion, ingĂ©nieure en Espagne oĂč elle travaille depuis 16 ans.

    Entre le groupe français et la filiale catalane, des cultures de travail différentes [1:31 - 6:23]
    Pour s’installer en Espagne, deux possibilitĂ©s se prĂ©sentaient Ă  Marion : signer un contrat local ou opter pour l’expatriation. Marion a choisi la premiĂšre option, idĂ©ale pour les salariĂ©s qui souhaitent s’établir dans un pays Ă©tranger. Et bien que l’ingĂ©nieure n’ait pas changĂ© d’entreprise, cette mutation lui fait dĂ©couvrir une culture de travail bien diffĂ©rente. “Oui, j’avais les codes de l’entreprise, j’avais la culture de l’entreprise
 mais cette petite structure Ă©tait beaucoup plus rapide, beaucoup plus agile, nous pouvions crĂ©er nos postes, nous Ă©tions beaucoup plus autonomes, et nous avions beaucoup plus d’informations de toute la structure puisque nous travaillons moins en silo, dĂ©taille Marion. C’était une expĂ©rience trĂšs diffĂ©rente de ce que j’avais vĂ©cu Ă  Paris.”

    Pour les employeurs québécois, la priorité est aux compétences [6:25 - 13:51]
    AprĂšs un premier court sĂ©jour au Canada, Lucile Zenou y est repartie en 2014, cette fois-ci Ă  la recherche d’un travail. Et bien qu’elle n’ait pas fait d’école d’ingĂ©nieur, Lucile Zenou occupe aujourd’hui des fonctions d’ingĂ©nieur, dans le secteur du biomĂ©dical, sans pour autant avoir le statut ou le titre d’ingĂ©nieure. En effet, elle a repris ses Ă©tudes au Canada et a obtenu un master en gĂ©nie biomĂ©dical. “J’ai quittĂ© la France car j’avais beaucoup de mal Ă  y trouver un emploi, nous explique-t-elle. Mon domaine (chimie des matĂ©riaux, nanomatĂ©riaux et nanotechnologies, NDLR) Ă©tait trop spĂ©cialisĂ© et je n’avais pas les diplĂŽmes des Ă©coles d’ingĂ©nieurs. Mais une fois au QuĂ©bec, on ne me demandait pas forcĂ©ment mes diplĂŽmes, on ne me demandait pas de quelle Ă©cole je venais. C’était vraiment par rapport Ă  mes compĂ©tences.”

    Un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée [13:53 - 28:15]
    Lucile Zenou et Marion s’accordent sur un point : elles parviennent mieux Ă  concilier vie professionnelle et vie privĂ©e. Que ce soit grĂące aux diffĂ©rents accommodements mis en place par l'État, au QuĂ©bec, ou grĂące aux multiples Ă©volutions positives qui se sont opĂ©rĂ©es trĂšs vite en Espagne au fil des annĂ©es. D’autres points peuvent sembler un peu moins attractifs, comme l’expliquent nos deux interlocutrices ; mais si Ă  premiĂšre vue ils peuvent paraĂźtre comme des dĂ©fauts, ils sont assez complexes pour ĂȘtre “contrebalancĂ©s” par des avantages indissociables.

    Revenir en France n’est pas à l’ordre du jour [28:16 - 38:25]
    Ni Marion ni Lucile Zenou ne se voient revenir de sitĂŽt en France ! Pour Lucile Zenou : “La seule chose qui pourrait me pousser Ă  rentrer en France serait ma famille, et la possibilitĂ© d’ĂȘtre auprĂšs de ma famille. Surtout dans les circonstances actuelles (la pandĂ©mie de Covid-19, NDLR), c’est vraiment une prĂ©occupation quand on est loin.” Quant Ă  Marion : “Comme Lucile, ce n’est pas dans mes plans. Car d’abord j’aurai du mal Ă  quitter cette qualitĂ© de vie. Ensuite, professionnellement, je me suis Ă©tablie ici et j’aurai du mal Ă  me rĂ©adapter en France. Cette zone grise, cette flexibilitĂ© qu’on a en Espagne, j’aurai du mal Ă  la perdre.”

    Références citées :
    EnquĂȘte IESF

    Au Québec, l'accommodement raisonnable

    Ressources pour aller plus loin :
    L’immigration au Canada (site gouvernemental)

    Francogénie

    Le livre “Ainsi parlent les français”

    Le film “L’Auberge espagnole”

    Le film “Ocho apellidos vascos”

    Cogitons Sciences est produit par Techniques de l’IngĂ©nieur. L'Ă©pisode a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Intissar El Hajj Mohamed, avec Alexandra VĂ©pierre. Le gĂ©nĂ©rique a Ă©tĂ© créé par Pierre Ginon ; le visuel, par Camille Van Belle.

  • OĂč travaillent les ingĂ©nieurs aujourd’hui ? Quels mĂ©tiers Ă©voluent ou disparaissent ? Comment le numĂ©rique et la transition Ă©nergĂ©tique impactent-ils le mĂ©tier ?

    Pour rĂ©pondre Ă  ces questions, nous recevons Marc Rumeau et Christine Quinola. Marc Rumeau est prĂ©sident d’IESF (IngĂ©nieurs et Scientifiques de France), une association fondĂ©e en 1848 qui reprĂ©sente 175 des associations d’alumnis d’écoles d’ingĂ©nieurs en France. Il est ingĂ©nieur et a fait toute sa carriĂšre dans des entreprises dans le domaine des automatismes, de l’électronique puis de la sĂ©curitĂ© Ă©lectronique et incendie. Christine Quinola est secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale d’IESF. Elle a Ă©tĂ© ingĂ©nieure dans la pĂ©trochimie et aujourd’hui, elle a fondĂ© Calliroxe, son entreprise de formations en gestion de projet.

    Panorama des ingĂ©nieurs en France [1:36 – 15:36]

    Pour dresser un panorama de la profession, IESF rĂ©alise chaque annĂ©e une enquĂȘte nationale via son ComitĂ© Observatoire des ingĂ©nieurs, pour laquelle elle interroge environ 55 000 ingĂ©nieurs. L’enquĂȘte 2021 a rĂ©vĂ©lĂ© que les ingĂ©nieurs se trouvaient dans tous les secteurs et pas uniquement l’industrie, et que la part de femmes continuait Ă  stagner Ă  24%. GĂ©ographiquement parlant, les ingĂ©nieurs français sont Ă  85% sur le territoire français, mais beaucoup travaillent sur des projets Ă  l’international

    Afin d’évoluer dans sa carriĂšre, Christine Quinola souligne la nĂ©cessitĂ© du rĂ©seau, favorisĂ©e par des associations comme IESF. Cette fĂ©dĂ©ration encourage la force d’entraide entre les alumnis et accompagner les personnes qui veulent progresser dans leur mĂ©tier. Nos invitĂ©s revendiquent l’importance de la curiositĂ© dans ce mĂ©tier, qui permet de se former tout le long de sa carriĂšre.

    L’évolution des mĂ©tiers d’ingĂ©nieur [15.37 – 34:38]

    Plus qu’une disparition de mĂ©tiers, Marc Rumeau parle de leur Ă©volution et de la nĂ©cessitĂ© d’un accompagnement dans ces bouleversements. Parmi les domaines Ă©mergeants, l’hydrogĂšne, mais aussi la data. Christine Quinola temporise et rappelle le besoin de traiter les donnĂ©es de maniĂšre intelligente, faisant Ă©merger de nouvelles compĂ©tences, comme celui de data scientist.

    La transition numĂ©rique bouleverse les mĂ©tiers, comme la transition Ă©nergĂ©tique. Pour le prĂ©sident d’IESF, il s’agit surtout de trouver des solutions pour le dĂ©veloppement durable. Christine Quinola souhaite aussi mettre en avant le mix Ă©nergĂ©tique comme un secteur qui va fortement recruter. Initialement rĂ©fractaire Ă  travailler dans le domaine du pĂ©trole, elle reconnait finalement que ses valeurs Ă©cologiques personnelles lui ont permis de changer les choses dans ce milieu, notamment en s’assurant que les normes Ă©taient respectĂ©es. Nos deux invitĂ©s comptent sur les ingĂ©nieurs, scientifiques, doctorants français pour participer Ă  la crĂ©ation d’un monde plus durable, mais ils regrettent que leurs compĂ©tences ne soient pas suffisamment exploitĂ©es.

    Par ailleurs, d’autres spĂ©cialisations ne sont pas assez prĂ©sentes en France. C’est le cas des experts techniques, tout domaine confondu, et des spĂ©cialistes en jumeau numĂ©rique. Marc Rumeau regrette notamment la pĂ©nurie de professeurs et dĂ©plore la gestion de la formation continue.

    Références citées :

    - + d’1,2 million d’ingĂ©nieurs et scientifiques en France dont environ 920 000 d’ingĂ©nieurs encore en exercice

    - Certificat EUR ING

    - La Conférence des grandes écoles

    - EnquĂȘte IESF

    - Emmanuelle Charpentier : Prix Nobel de Chimie 2020

    - Guillaume Rozier : ingĂ©nieur Ă  l’origine de CovidTracker

    Ressources pour aller plus loin :

    - Livre Blanc IESF « Face aux défis du XXI siÚcle les Propositions et Recommandations des Ingénieurs et Scientifiques de France »

    - Film Le Mans 66 réalisé par James Mangold

    - Série Le Bureau des légendes

    Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de l’IngĂ©nieur. Cet Ă©pisode a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Alexandra VĂ©pierre, en collaboration avec Intissar El Hajj Mohamed. Le gĂ©nĂ©rique a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Pierre Ginon et le visuel du podcast a Ă©tĂ© créé par Camille Van Belle.

  • Quelles sont les compĂ©tences sociales et sociĂ©tales demandĂ©es aux ingĂ©nieurs? Comment y former les futurs ingĂ©nieurs ? Et quelles sont les attentes de la
    nouvelle gĂ©nĂ©ration d’ingĂ©nieurs ?

    Pour rĂ©pondre Ă  ces questions, nous recevons Laure Bertrand. Laure Bertrand est enseignante/chercheuse et directrice soft skills, dĂ©veloppement durable et carriĂšre au PĂŽle LĂ©onard de Vinci. Ce pĂŽle rĂ©unit une Ă©cole de commerce (EMLV), une Ă©cole du digital (IIM) et surtout l’école d’ingĂ©nieurs (ESILV).

    L’évolution de la sociĂ©tĂ© influe sur les attentes en termes de compĂ©tences [1:19] – [16:55]

    Les soft skills et le dĂ©veloppement durable font depuis quelques annĂ©es partie de la formation de l’école d’ingĂ©nieurs ESILV. Selon Laure Bertrand, c’est une nĂ©cessitĂ© d’inculquer le plus tĂŽt possible aux jeunes diplĂŽmĂ©s ces compĂ©tences sociales, humaines et relationnelles, et de modifier les cursus pour rĂ©pondre aux enjeux de l’urgence climatique. La demande Ă©mane Ă  la fois des entreprises, des Ă©tudiants, de la sociĂ©tĂ© civile et des Ă©coles. Les recruteurs notamment sont en demande des soft skills car les compĂ©tences scientifiques ne suffisent plus. Afin de prĂ©parer leurs programmes sur 5 ans, les Ă©coles doivent ĂȘtre constamment en Ă©veil et avoir un regard prospectif sur l’évolution du marchĂ© du travail et des attentes de la sociĂ©tĂ©. Laure Bertrand constate d’ailleurs une Ă©volution notable du cĂŽtĂ© des Ă©tudiants et Ă©tudiantes, qui souhaitent un management plus horizontal en entreprise, et qui cherchent Ă  avoir un impact positif sur la sociĂ©tĂ© grĂące Ă  leur travail.

    Les soft skills dans le travail des ingĂ©nieurs [16.55] – [27:38]

    Laure Bertrand divise les soft skills en 2 sous-parties : les compĂ©tences intrapersonnelles (l’esprit critique, l’intelligence Ă©motionnelle, la crĂ©ativitĂ© etc.) et interpersonnelles (l’empathie, la capacitĂ© d’écoute, la coopĂ©ration, l’intelligence
    collective etc.). « La bonne nouvelle c’est qu’on peut se former aux soft skills », ajoute-t-elle. Elle prend alors l’exemple de l’empathie et donne des mĂ©thodes pour la travailler.

    DiffĂ©rentes soft skills sont utiles aux ingĂ©nieurs : le dĂ©veloppement de l’intelligence Ă©motionnelle, la crĂ©ativitĂ©, la flexibilitĂ© et l’agilitĂ©, la coopĂ©ration. Dans l’école oĂč elle travaille, les Ă©tudiants et Ă©tudiantes ont aussi des cours pour trouver leur style de leadership afin d’embarquer une Ă©quipe, avoir de l’impact sur les autres, mĂȘme sans autoritĂ© hiĂ©rarchique.

    AcquĂ©rir les compĂ©tences personnelles [27:38 – [42:08]

    MĂȘme sans passer par une Ă©cole, plusieurs mĂ©thodes existent pour progresser et amĂ©liorer ses compĂ©tences. PremiĂšre Ă©tape : faire un Ă©tat de lieux pour comprendre les soft skills qui existent et faire le point sur ses atouts et ses points faibles. Ensuite, il est possible de faire des formations sur les sujets qui nous intĂ©ressent ou de suivre des Moocs. Selon Laure Bertrand, les compĂ©tences soft permettent d’acquĂ©rir des aptitudes indispensables pour Ă©voluer dans le monde professionnel, et notamment dans le contexte de la transition Ă©cologique. Parmi les compĂ©tences utiles, elle cite le dĂ©veloppement de la pensĂ©e systĂ©mique, la capacitĂ© Ă  coopĂ©rer dans un cadre interdisciplinaire, l’intelligence collective, la capacitĂ© au plaidoyer, le dĂ©veloppement de l’esprit critique, la capacitĂ© Ă  gĂ©rer et impulser le changement etc.

    Elle rappelle d’ailleurs qu’agir pour la transition Ă©cologique ne se fait pas uniquement pas convictions. Certains peuvent s’y engager par pragmatisme car le monde Ă©volue et les entreprises sont de plus en plus soumises Ă  des restrictions et des cadres particuliers. D’oĂč l’importance de dĂ©velopper ses compĂ©tences personnelles sur le sujet.

    Références citées :

    CGE : conférence des grandes écoles Le manifeste des étudiants pour un réveil écologique C3D : Le collÚge des directeurs du développement durable The Shift project Youmatter Greta Thunberg VIA survey Cartes de forces éditées par Positran Questionnaire MBTI DISC Process communication Performance

    Ressources pour aller plus loin :

    Rapports de The Shift project La conférence des grandes écoles Le manuel de la grande transition La Contagion émotionnelle de Christophe Haag

    Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de l’IngĂ©nieur. Cet Ă©pisode a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Alexandra VĂ©pierre, en collaboration avec Intissar El Hajj Mohamed. Le gĂ©nĂ©rique a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Pierre Ginon et le visuel du podcast a Ă©tĂ© créé par Camille Van Belle.

  • Les solutions numĂ©riques pour faciliter l’écoconduite existent, et WeNow en fait partie. Comment fonctionne une telle solution, d’un genre nouveau en France ? Est-elle adaptĂ©e Ă  tout type de vĂ©hicule ? Quelles rĂ©ductions de l’empreinte carbone prĂ©sage-t-elle ? Quelles sont les bonnes pratiques Ă  adopter en tant qu’automobiliste ?

    Pour rĂ©pondre Ă  ces questions, et bien d’autres encore, Techniques de l’IngĂ©nieur reçoit Fabien Carimalo, cofondateur de WeNow.

    Vers un changement des habitudes [0:00 - 7:50]

    Le but derriĂšre WeNow n’est pas de dĂ©carboner les Ă©missions carbone sur les routes, mais de changer le comportement des conducteurs en les incitant Ă  opter pour l’écoconduite. GrĂące Ă  un boĂźtier connectĂ©, les Ă©missions du vĂ©hicule sont mesurĂ©es et ensuite transmises Ă  l’application WeNow qui va afficher ces chiffres Ă  l’intention du conducteur et lui recommander la dĂ©marche Ă  suivre (un « coaching ») pour rĂ©duire, « de 10 Ă  15% », sa consommation Ă©nergĂ©tique. Fabien Carimalo Ă©voque ce rapport, publiĂ© en juin par le Haut Conseil du Climat et qui rappelle que le transport est le secteur ayant le plus d’impact CO2 en France : « Le secteur des transports en France est le premier contributeur aux Ă©missions de gaz Ă  effet de serre territoriales avec une part de 31 % en 2019, soit 136 Mt Ă©qCO2 ». PrĂ©cisons toutefois que la solution WeNow est pour l’instant rĂ©servĂ©e aux flottes de vĂ©hicules des entreprises.

    Un environnement de données compréhensible [7:50 - 26:20]

    Un systĂšme de points auquel s'ajoutent des challenges mis en place par WeNow « de maniĂšre systĂ©matique ou pas », qui pourraient aboutir Ă  des rĂ©compenses (selon le souhait de l’entreprise cliente), fait partie de l’environnement de l’application. « Un gestionnaire de flotte ou un manager va avoir accĂšs Ă  une sĂ©rie de donnĂ©es, mais nous sommes conscients du fait que trop de donnĂ©es tue la donnĂ©e », prĂ©vient Fabien Carimalo. « L’enjeu pour nous n’est pas de mettre Ă  disposition des mĂ©gaoctets et des gigaoctets de donnĂ©es auprĂšs d’une personne qui n’aura pas le temps de les utiliser, mais de mettre en place un systĂšme qui est simple, centrĂ© sur l’essentiel et facilement comprĂ©hensible ».

    Une centaine de sociétés clientes [26:20 - 45:40]

    « Nous avons choisi de partir sur les vĂ©hicules de sociĂ©tĂ©s car c’est dĂ©jĂ  l’environnement le plus sensibilisĂ© Ă  la rĂ©duction de l’empreinte carbone », explique Fabien Carimalo. Avant de poursuivre : « Il y a des obligations pour les entreprises, mĂȘme dĂšs leur crĂ©ation, notamment sur la nĂ©cessitĂ© de rĂ©aliser un bilan carbone. Aujourd’hui, cela s’est largement gĂ©nĂ©ralisĂ© en France, avec la loi d’orientation des mobilitĂ©s qui impose aux entreprises d’une certaine taille d’inclure dans leur flotte une part plus ou moins significative de vĂ©hicules Ă©lectrifiĂ©s. Il y a donc un enjeu de contrainte du cĂŽtĂ© du secteur privĂ©, mais aussi un enjeu stratĂ©gique et marketing pour les grands groupes qui doivent montrer l’exemple surtout qu’ils ont les moyens d’engager la transition ».

    Sobriété énergétique tout en gaming [45:40 - 51:22]

    Pourquoi adopter l’engagement par le jeu ? RĂ©ponse de Fabien Carimalo : « L’écologie punitive, pour nous, n’a aucun avenir. Il faut donner aussi un sens positif Ă  l’action communautaire, collective, Ă  l’encouragement, et au fun. Ce sont des leviers Ă©nergĂ©tiques qui font partie de notre sociĂ©tĂ© et de notre culture. L’apprentissage par le jeu est quelque chose qui est presque naturel. Il est beaucoup plus puissant d’apprendre sur le climat et d’aller vers la sobriĂ©tĂ© Ă©nergĂ©tique, tout en s’amusant. Cela donne envie d’y revenir. D’oĂč notre conviction : si nous voulons avoir de l’impact et fĂ©dĂ©rer Ă  grande Ă©chelle, le jeu est un levier puissant qui fait partie du quotidien des jeunes gĂ©nĂ©rations. »

    Références citées :

    Les rapports du Haut Conseil du Climat

    La loi d’orientation des mobilitĂ©s

    Pour aller plus loin :

    Les rapports de l’Ademe

    WeNow

  • Quelle est la diffĂ©rence entre biocarburants avancĂ©s et biocarburants conventionnels ? Quelles technologies permettent de produire des biocarburants avancĂ©s ? Quels sont les freins et les leviers pour leur dĂ©ploiement en France ?

    Pour rĂ©pondre Ă  ces questions, Techniques de l’IngĂ©nieur reçoit Jean-Christophe ViguiĂ©, responsable des programmes “biocarburants” Ă  l’IFP Énergies Nouvelles (IFPEN). L’IFPEN a menĂ© plusieurs projets en partenariat avec des industriels et des laboratoires de recherche pour dĂ©velopper des technologies de production de biocarburants avancĂ©s.

    Les biocarburants avancés, quésaco ? [1:10 - 3:02]

    Les biocarburants avancĂ©s sont « dĂ©finis par une liste de ressources dans la directive europĂ©enne RED II [Directive des Energies Renouvelables, NDLR] », explique Jean-Christophe ViguiĂ©. « Ce sont des ressources qui n’entrent pas en compĂ©tition directe avec un usage alimentaire ». Ils sont ainsi diffĂ©rents des biocarburants « produits Ă  partir de ressources qui entrent en concurrence avec un usage alimentaire ».

    Comment produire les biocarburants avancés ? [3:02 - 7:02]

    « On peut distinguer deux grands types de technologies ». Une premiĂšre catĂ©gorie est celle des technologies thermochimiques, oĂč « la biomasse est d’abord dĂ©construite en la gazĂ©ifiant Ă  trĂšs haute tempĂ©rature », avant de rĂ©aliser une synthĂšse Fischer-Tropsch. « La deuxiĂšme grande voie est une voie biochimique » qui commence Ă©galement par une dĂ©construction de la biomasse mais se termine par une fermentation grĂące Ă  des biocatalyseurs afin d’obtenir de l’éthanol. L’IFPEN a notamment co-dĂ©veloppĂ© deux technologies de production de biocarburants avancĂ©s : Futurol et BioTfuel.

    Du développement à la commercialisation [7:02 - 12:07]

    Pour dĂ©velopper ces technologies, « il faut mettre en place de nombreuses compĂ©tences, en chimie, en gĂ©nie chimique, en hydraulique, en hydrodynamique, en biotechnologie, en Ă©conomie ou en analyse environnementale ». Ensuite, il faut s’assurer de maĂźtriser le risque technologique. Le procĂ©dĂ© est assez long : il a ainsi fallu 10 ans pour complĂ©ter le projet Futurol (de 2018 Ă  2019) et 11 ans pour BioTfuel (de 2010 Ă  2021 ; en cours de validation).

    Des freins et des leviers [12:07 - 16:56]

    Pour Jean-Christophe ViguiĂ©, la France a l’avantage de disposer de trĂšs larges ressources agricoles et forestiĂšres, sans oublier que le pays a fourni « d’importants efforts de recherche et d’innovation avec le soutien de l’Etat ». Un point bloquant rĂ©side dans la rĂ©glementation en vigueur sur les Ă©missions des vĂ©hicules : celle-ci « se focalise sur les Ă©missions de CO2 au pot d’échappement, ce qui est un biais dans la rĂ©glementation car ce CO2, quand il provient des biocarburants, est comptĂ© comme un CO2 qui proviendrait des carburants fossiles ».

    Pour bien décarboner nos transports [16:56 - 29:47]

    Selon l’IFPEN, les filiĂšres avancĂ©es permettraient de rĂ©duire les Ă©missions de gaz Ă  effet de serre par un facteur de 10, par rapport Ă  la rĂ©fĂ©rence fossile. « Un vĂ©hicule qui roule aujourd’hui avec du biocarburant synthĂ©tique prĂ©sente un bilan plus favorable qu’un vĂ©hicule Ă©lectrique ». Et de conclure : « Les biocarburants et les biocarburants avancĂ©s en particulier sont une trĂšs bonne solution pour dĂ©carboner nos transports. Ils doivent donc ĂȘtre mis en Ɠuvre aux cĂŽtĂ©s de l’électrification, de l’hybridation, et c’est probablement en combinant toutes ces solutions que nous pourrons atteindre un objectif ambitieux de dĂ©carbonation des transports. »

    Ressources citées :

    Directive européenne RED II

    Les chiffres de la Direction gĂ©nĂ©rale de l’énergie et du climat (DGEC)

    Références pour aller plus loin :

    Le site de l’IFPEN

    La plateforme européenne Etip bioenergy

    Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de l’IngĂ©nieur. Cet Ă©pisode a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Intissar El Hajj Mohamed, en collaboration avec Alexandra VĂ©pierre. Le gĂ©nĂ©rique a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Pierre Ginon et le visuel du podcast a Ă©tĂ© créé par Camille Van Belle.