Episodit
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De plus en plus dâentreprises et de chercheurs sont en quĂȘte de solutions non ou moins impactantes que les polymĂšres pĂ©trosourcĂ©s. Et ce, en essayant dâatteindre les mĂȘmes performances. Nos invitĂ©s CharlĂšne BĂ©al-Fernandes, responsable communication et Lyes Chiheb, responsable dĂ©veloppement durable chez Lactips, une entreprise qui produit des polymĂšres naturels, tĂ©moignent.
La caséine, un nouveau matériau bien connu [01:02 - 08:25]
RĂ©aliser des matĂ©riaux Ă base de casĂ©ine, la protĂ©ine de lait, nâest pas nouveau. La sociĂ©tĂ© Lactips utilise cette protĂ©ine pour la conception de ses polymĂšres naturels, en sâappuyant sur les travaux rĂ©alisĂ©s par FrĂ©dĂ©ric Prochazka, enseignant chercheur au laboratoire IngĂ©nierie des matĂ©riaux polymĂšres de lâUniversitĂ© Jean Monnet Ă Saint-Etienne. Une protĂ©ine bien connue de lâindustrie qui trouve aujourdâhui son intĂ©rĂȘt dans la production de plastique. « Câest un changement de paradigme, le basculement vers des matiĂšres plus vertueuses, qui nous fait revenir Ă cette matiĂšre laissĂ©e dans un tiroir pendant des annĂ©es » commente Lyes Chiheb responsable dĂ©veloppement durable chez Lactips.
Pour le comestible et les piĂšces outdoor [08:26 - 14:04]
Aujourdâhui Lactips produit ce granulĂ© thermoplastique, hydrosoluble et biodĂ©gradable pour concevoir diffĂ©rents produits tels que « des films pour une utilisation de courte durĂ©e, des Ă©tiquettes hydrosolubles pour le marchĂ© du rĂ©emploi, le revĂȘtement des packaging alimentaires qui est aujourdâhui en plastique, mais Ă©galement des produits pour des applications outdoor, comme les petites piĂšces en plastiques utilisĂ©es par les agriculteurs et qui ne sont pas systĂ©matiquement rĂ©cupĂ©rĂ©es en fin de saison » illustre CharlĂšne BĂ©al-Fernandes, responsable communication chez Lactips.
Peu de modifications pour les industriels [14:05 - 21:15]
Le matĂ©riau est vendu sous la forme de granulĂ© et ne nĂ©cessite pas de grosses transformations de la ligne de production, ni de nouvel investissement dans les machines. « Notre matiĂšre ne va pas se transformer Ă des tempĂ©ratures similaires des conventionnelles, nous sommes Ă des tempĂ©ratures beaucoup plus basses, ajoute Lyes Chiheb. Ce qui est positif dâun point de vue environnemental. » Le matĂ©riau est quant Ă lui plus cher que le plastique conventionnel, comme les autres matiĂšres biosourcĂ©es. « Aujourdâhui, nous avons un producteur de matiĂšre premiĂšre français, qui se fournit avec des ingrĂ©dients français... ce qui est Ă©galement un avantage pour les industriels dans un contexte gĂ©opolitique compliquĂ© » ajoute-t-il. Sans oublier la rĂ©glementation qui pousse vers la fin des plastiques jetables.
Références citées :
- Frédéric Prochazka, co-fondateur et directeur scientifique de Lactips
- Alexis von Tschammer, directeur général de Lactips
- PHA ou polyhydroxyalcanoate
- Le blend : un mélange de bioplastiques
- Le produit CareTipsÂźïž de Lactips
- PE : polyéthylÚne, PP : polypropylÚne
- PPWR : Proposal Packaging and Packaging Waste regulation
- Le test CEPI de recyclabilité du papier. PTS Papiertechnische Stiftung Recherche et développement en matiÚre de fibres
- PLA : Polylactic Acid, matériau thermoplastique issu de sources biodégradables, qui n'est pas "home compost"Ressources pour aller plus loin :
Expérimentation sur la biodégradation des emballages certifiés compostables en site de compostage
Chaire Copack
Microbial decomposition of biodegradable plastics on the deep-sea floor
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Difficile de se passer de plastique ? Pour le deuxiÚme épisode de cette mini-série sur le plastique, nos invités Maïwenn Bégoc, consultante au cabinet de conseil Consultantseas spécialisé dans la prévention à la pollution plastique et Loïc Hénaff, PDG du groupe agroalimentaire Hénaff reviennent sur les aspects et les enjeux du travail mené ensemble sur l'utilisation du plastique et comment le réduire.
Embarquer tout le monde dans le changement [03:13 - 09:03]
Que lâon soit une TPE/PME, traquer les plastiques de son entreprise est possible. Mais dans cette transition vers des solutions moins impactantes, il est important dâembarquer tous les acteurs de la chaĂźne de valeur - clients, sous-traitants, etc. - mais Ă©galement les employĂ©s qui devront mettre en Ćuvre les nouvelles solutions. « Nous faisons travailler ensemble les entreprises, des scientifiques, des ONG, des fournisseurs, des fabricants, les acteurs de la fin de vie, etc. » affirme MaĂŻwenn BĂ©goc, consultante au cabinet de conseil Consultantseas spĂ©cialisĂ© dans la prĂ©vention Ă la pollution plastique.
Sur la chaĂźne de production et en interne [09:08 - 18:50]
Car les plastiques, que lâon imagine avant tout sur les chaĂźnes de production, sont Ă©galement prĂ©sents en interne : « nous utilisons peu de plastiques en production, mais beaucoup dans lâentreprise pour des raisons sanitaires, de protection, de soliditĂ©, de tenue de palette... » prĂ©cise LoĂŻc HĂ©naff, PDG du groupe agroalimentaire HĂ©naff. Pour parvenir Ă identifier lâensemble des plastiques utilisĂ©s par lâentreprise, un diagnostic est rĂ©alisĂ© sur les emballages mis sur le marchĂ©, les emballages secondaires et tertiaires, mais Ă©galement ceux dâapprovisionnement, de laboratoire, etc. « Ensuite, on vient prioriser et hiĂ©rarchiser les enjeux et les plastiques Ă traiter » ajoute MaĂŻwenn BĂ©goc.
IntĂ©grer lâensemble du cycle de vie [18:56 - 21:13]
Lorsquâun choix sâarrĂȘte sur une solution, il est important de vĂ©rifier la bonne gestion de sa fin de vie. « Quand nous avons basculĂ© nos barquettes en RPET en partie recyclĂ© et recyclable, nous Ă©tions persuadĂ©s quâelles pourraient aller dans les sacs jaunes du tri, mais les centres de tri autour de chez nous les refusaient au dĂ©but, explique LoĂŻc HĂ©naff. Petit Ă petit, ils les ont acceptĂ©es. Et maintenant notre fournisseur est en train de participer Ă la crĂ©ation dâun centre de rĂ©utilisation de ces barquettes. »
Et lâemballage consignĂ© ? [21:17 - 30:10]
Une autre solution pour les emballages Ă usage unique de lâagroalimentaire sont les barquettes en inox consignĂ©es, comme le propose la marque Berny. « Lâemballage standard est une question clĂ© pour le secteur agroalimentaire et facilitera le rĂ©emploi, ajoute MaĂŻwenn BĂ©goc. Mais pour le moment, le potentiel sur ces produits reste faible. Câest pour cela quâon encourage Ă considĂ©rer le rĂ©emploi sur tous les plastiques, notamment lĂ oĂč lâentreprise peut avoir la main, câest-Ă -dire en interne. »
Références citées :
- Consultantseas
- Hénaff
- La société Berny
- Surfrider
- Tara Océan
- Fondation Ellen MacArthur
- Les Parcs Nationaux
- RĂšgles 5R / 3R : "Refuse, reduce, reuse, recycle, rot"
- La boucle de réemploi, notamment de Citeo et la notion de transfert d'impact
- Les études de l'AdemeRessources pour aller plus loin :
- BeMed : analyse de terrain
- "La stratégie du Y" par Alan Fustec
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Puuttuva jakso?
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Pour faire face Ă la pollution plastique, des solutions alternatives sont mises en avant. RecyclĂ©s, biosourcĂ©s, biodĂ©gradables ou encore compostables... ces diffĂ©rents Ă©tats sont-ils une bonne idĂ©e ? Voici les rĂ©ponses de RaphaĂ«l Guastavi, directeur adjoint de la direction Ă©conomie circulaire Ă lâAdeme, et le tĂ©moignage de Thomas Huriez, fondateur de 1083.
Lâindustrie, addicte au plastique [01:17 - 04:06]
Pour ses diffĂ©rentes caractĂ©ristiques, le plastique a largement Ă©tĂ© utilisĂ© par lâindustrie mĂȘme lorsque ce nâĂ©tait pas nĂ©cessaire. « On est passĂ© Ă 15 millions de tonnes de plastiques produits dans les annĂ©es 1960 Ă plus de 300 millions de tonnes aujourdâhui. En France, câest 5 millions de tonnes de plastique produits pour 1,3 millions de tonnes » explique RaphaĂ«l Guastavi.
Des solutions alternatives... plastiques [04:14 - 16:21]
RecyclĂ©, biosourcĂ©, biodĂ©gradable ou encore compostable... « la meilleure solution alternative, câest de rĂ©duire le plastique » insiste RaphaĂ«l Guastavi. Mais utiliser du plastique recyclĂ© Ă la place dâune rĂ©sine vierge est plutĂŽt une bonne idĂ©e pour lâexpert, notamment pour la rĂ©duction de son impact environnemental. Les matĂ©riaux biosourcĂ©s Ă©galement, toujours en substitution de matiĂšre vierge « et en en utilisant des rĂ©sidus de culture » prĂ©cise-t-il. Pour le compostable, la solution doit ĂȘtre limitĂ©e Ă des cas trĂšs spĂ©cifiques.
Lâexemple du jean en plastique recyclĂ© et recyclable [16:32 - 22:49]
1083 conçoit un jean en polyester recyclĂ© et qui est recyclable grĂące Ă sa composition monomatiĂšre. En cherchant Ă dĂ©velopper ce jean, en sâintĂ©ressant aux potentiels fournisseurs , « on sâaperçoit que beaucoup de boutons sont en polyester recyclĂ©, que le fil Ă coudre est trĂšs majoritairement en polyester et les Ă©tiquettes aussi peuvent lâĂȘtre, explique Thomas Huriez. Il existait tout ce dont on avait besoin. Pour le moment, la boucle dâĂ©conomie fermĂ©e nâest pas encore mise en route puisque les jeans vendus - consignĂ©s Ă 20 ⏠pour favoriser le retour - ne sont pas, ou trĂšs peu, Ă©tĂ© retournĂ©s. DĂšs que la quantitĂ© de jean consignĂ©e reçu en retour client sera suffisante, et bien on va les effilocher pour les refondre et les mĂ©langer dans la mĂȘme filature et en faire un neuf » prĂ©cise Thomas Huriez.
Une compétition sur les matiÚres [22:53 - 25:34]
« Aujourdâhui, les rĂ©sines de matiĂšres vierges sont abondantes et peu chĂšres, ce qui rend la compĂ©tition difficile avec les matiĂšres recyclĂ©es plus cher » explique RaphaĂ«l Guastavi. « Câest vrai que sur une matiĂšre premiĂšre trĂšs mĂ»re Ă recycler comme les bouteilles plastique, il y a une forte tension car câest trĂšs demandĂ© commercialement, ajoute Thomas Huriez. Toutes les marques de boisson veulent montrer Ă leur client quâelles font leur part de rĂ©chauffement climatique et que leurs bouteilles sont recyclĂ©es. » De ce fait, la demande est supĂ©rieure Ă lâoffre, ce qui crĂ©e des tensions sur les matiĂšres premiĂšres.
Références citées :
- L'ademe
- 1083
- Le filateur espagnol Antex et le projet Seaqual
- La gamme Infini de 1083Ressources pour aller plus loin :
- Bilan sur 10 ans de recyclage, mars 2024, Ademe
- Transition 2050, Ademe
- Les feuilletons : "empreinte matiĂšre, empreinte carbone de la France", mars 2024, Ademe
- La Permaindustrie, éditions EyrollesHébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Pour comprendre les tenants et aboutissants du rĂšglement europĂ©en sur lâintelligence artificielle, nous avons interrogĂ© Jean-Gabriel Ganascia, informaticien et philosophe spĂ©cialisĂ© dans l'intelligence artificielle et lâĂ©thique Ă Sorbonne UniversitĂ©. Il est Ă©galement membre du comitĂ© dâĂ©thique du CNRS. Il nous partage Ă©galement les bonnes questions Ă se poser avant de dĂ©velopper lâIA.
Câest quoi lâIA Act ? [01:32 - 16:54]
Le rĂšglement europĂ©en IA Act, a pour objectif âde nous prĂ©munir contre les dangers liĂ©s Ă lâintelligence artificielleâ explique Jean-Gabriel Ganascia. Et ce, en introduisant la notion de risque qui est âlâĂ©ventualitĂ© dâun dangerâ ajoute-t-il. Ces risques sont catĂ©gorisĂ©s : inadmissibles (techniques subliminales, notation, biomĂ©trie en temps rĂ©el), Ă©levĂ©s, modĂ©rĂ©s et faibles (filtres Ă spam, jeux vidĂ©os).
Pour lâinstant il y avait peu de rĂ©glementation propre Ă chaque pays, et encore moins en France. Raison pour laquelle ce rĂšglement est devenu important. Du cĂŽtĂ© des Etats-Unis et de la Chine, lâencadrement est trĂšs diffĂ©rent. Aux Etats-Unis, depuis juillet 2023, une rĂ©glementation enjoint les entreprises Ă dĂ©velopper lâIA pour le bien commun. En Chine, âle principe Ă©thique sur lequel se reposent les rĂ©flexions câest quâil faut dâabord assurer la sĂ©curitĂ© et la cohĂ©sionâ prĂ©cise lâexpert.
Des entreprises inquiĂštes [17:04 - 21:14]
De nombreuses entreprises sâinquiĂštent de la complexitĂ© des rĂšglements, avec des rĂšgles gĂ©nĂ©rales et contraignantes, ou encore des exceptions aux rĂšgles. En dâautres termes, âil faut des services juridiques compĂ©tents qui maĂźtrisent parfaitement cette rĂ©glementation pour guider [...] et pour des petites sociĂ©tĂ©s, câest extrĂȘmement difficileâ regrette Jean-Gabriel Ganascia. Le rĂšglement a dâailleurs tardivement inclut lâIA gĂ©nĂ©rative, et en urgence, notamment avec lâarrivĂ©e de ChatGPT sur le marchĂ©.
IntĂ©grer lâĂ©thique dans le dĂ©veloppement [21:18 - 31:46]
Faut-il se poser des questions sur lâĂ©thique avant de se lancer dans le dĂ©veloppement de lâIA ? Pour notre expert, les questions doivent se poser aprĂšs la maĂźtrise des techniques dâIA mais avant la mise en Ćuvre des projets qui lâutilisent. âSur chaque projet, il faut se demander quelles sont les consĂ©quences et les dĂ©rives dâutilisation du systĂšmeâ prĂ©cise le prĂ©sident du COMETS, en suivant une mĂ©thodologie prĂ©cise en quatre points : rĂ©unir un comitĂ© dâĂ©thique, se demander quelles sont les contraintes quâon va sâimposer pour Ă©viter les mauvaises utilisations, faire certifier par un organisme indĂ©pendant et garder une supervision. Et si vous ne savez pas comment faire pour mettre tout cela en place, il existe des formations !
Références citées :
Digital Service Act
AI Act
Grands modĂšles de Langage (ou Large Language Models, LLM)
James Vicary (techniques subliminales)
ChatGPT
ModĂšles de fondation
RGPD
Tatouage, filigrane ou watermarking
X (ancien Twitter)
Instagram
Ressources pour aller plus loin :
Servitudes virtuelles, de Jean-Gabriel Ganascia
Weapons of mass destruction, de Cathy OâNeil
Chronique éthique
IA Act
Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de lâIngĂ©nieur. Cet Ă©pisode a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par SĂ©verine Fontaine, en collaboration avec Marie-Caroline Loriquet.
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Gain de temps, précision de prévision, un usage réfléchi de l'intelligence artificielle rend différents services et satisfait des besoins métiers. Certaines conditions garantissent un usage raisonné, comme l'éthique, l'humilité, la protection des données, tout cela dans le respect d'une certaine frugalité. Outre ces axes réflexions, Pierre Monget directeur de programme chez Hub France IA et Paul Hérent, cofondateur de Raidium, livrent leurs conseils en matiÚre de développement de solution d'IA.
Câest quoi, une IA utile et raisonnĂ©e ? [01:17 - 03:57]
LâutilitĂ© est âavant tout de satisfaire un besoin qui rend service Ă une population dâutilisateurs et de maniĂšre plus large Ă la sociĂ©tĂ©â dĂ©finit Pierre Monget. Lâusage rĂ©flĂ©chi, câest se poser des questions tout au long du cycle de vie dâun outil dâIA, en partant des besoins mĂ©tiers Ă la rĂ©alisation, âen visant un usage non absurdeâ, ajoute-t-il. âEst-ce vraiment nĂ©cessaire dâavoir une solution dâIA pour telle finalitĂ© ? Cette finalitĂ© est-t-elle vraiment utile ? Nâest-elle pas absurde ? Les moyens mis en Ćuvre pour lâatteindre sont-ils raisonnĂ©s ?â
Lâexemple dâun outil mĂ©dical [04:12 - 12:29]
Raidium dĂ©veloppe Ă la fois un modĂšle de fondation (IA gĂ©nĂ©rative) et une interface utilisateur (un viewer), permettant au radiologue dâamĂ©liorer son travail. Le modĂšle a appris le corps humain de la tĂȘte aux pieds ainsi que les connaissances mĂ©dicales associĂ©es : anatomie normale et pathologique. Cet outil qui pourrait permettre Ă la fois de rĂ©duire les erreurs mĂ©dicales et de dĂ©mocratiser lâexpertise radiologique, sans remplacer le radiologue, Ă©videmment !
Prendre en compte tout le cycle de vie [12:39 - 16:02]
Que ce soit dans le dĂ©veloppement ou lâutilisation finale de lâoutil dâintelligence artificielle, chacun a sa responsabilitĂ©. Au-delĂ de questionner son utilitĂ©, il est important de prendre en compte lâimpact environnemental tout au long de son cycle de vie : de son entraĂźnement Ă sa mise Ćuvre. De plus, il est important que le modĂšle dâIA respectent les principes Ă©thiques, la rĂ©glementation, et la bonne utilisation des donnĂ©es. âSur quelles donnĂ©es va-t-on entraĂźner les modĂšles dâIA ? Sont-elles sensibles ? Personnelles ? A-t-on vraiment le droit dây accĂ©der ?â Ă©numĂšre Pierre Monget.
Des compromis nécessaires [16:15 - 27:37]
DĂ©velopper un outil dâintelligence artificielle utile et raisonnĂ©, câest aussi faire des compromis. Par exemple, utiliser un modĂšle plus lĂ©ger et donc moins impactant pour lâenvironnement au prix dâune prĂ©cision moindre lorsque cette derniĂšre nâest pas nĂ©cessaire. Remettre en question, cĂŽtĂ© utilisateur, son utilisation de ChatGPT pour crĂ©er de simples images, par exemple. Ou encore, suis-je autorisĂ© Ă copier du code source de mon entreprise dans des outils dâIA gĂ©nĂ©rative pour le debugger ? Certains ingĂ©nieurs ont essayĂ©, ils ont eu des problĂšmes...
Références citées :
- Raidium
- Viewer, outil de radiologie
- Speech to text
- Geoffrey Hinton - Deep Learning
- Centre d'imagerie du nord, Saint-Denis 93
- Coroscanner (Tomodensitométrie)
- Open AI ChatGPT 3, 4
- Large language model
- Stable diffusion et MidJourney
- AI ActRessources pour aller plus loin :
- MOOC de Stanford sur le deep learning
- AI Revolution in Medicine : GPT-4 and beyond de Peter Lee, Carey Goldberg, Isaac Kohane
- L'Innovation Jugaad - Redevenons Ingénieux ! de Navi Radjou, Jaideep Prabhu et Simone Ahuja
Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de lâIngĂ©nieur. Cet Ă©pisode a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par SĂ©verine Fontaine, en collaboration avec Marie-Caroline Loriquet.
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Lâintelligence artificielle est partout. Mais comment celle-ci peut-elle aider les ingĂ©nieurs et chercheurs dans leur mĂ©tier ? Nous avons posĂ© la question Ă nos invitĂ©s FrĂ©dĂ©ric Pascal, Professeur des UniversitĂ©s (UniversitĂ© Paris-Saclay) et directeur de lâinstitut DATAIA, et Marie-Aude Aufaure, directrice de la sociĂ©tĂ© de conseil et de formation Datarvest. Voici leurs rĂ©ponses.
Evoluer aussi vite que lâIA [01:12 - 07:40]
Lâintelligence artificielle est « un ensemble de procĂ©dĂ©s complexes, logiques et automatisĂ©s, au travers dâalgorithmes, qui permettent de rĂ©aliser des tĂąches pouvant ĂȘtre rĂ©alisĂ©es par des humains » dĂ©finit FrĂ©dĂ©ric Pascal. Deux type dâIA se distinguent, faisant appel Ă des compĂ©tences diffĂ©rentes : la classique (Ă programmer) et la gĂ©nĂ©rative (dont les prompts doivent ĂȘtre dĂ©finis prĂ©cisĂ©ment). Les outils dâintelligence artificielle Ă©voluant vite, il faut rĂ©guliĂšrement se mettre Ă jour.
LâIA modifie la façon de travailler [07:46 - 13:12]
LâIA gĂ©nĂ©rative offre de nombreuses possibilitĂ©s, notamment de sâaffranchir des tĂąches chronophages. « Il faut dĂ©terminer ce quâon a intĂ©rĂȘt Ă laisser Ă lâIA et ce qui est vraiment cĆur de mĂ©tier, Ă conserverâ affirme Marie-Aude Aufaure. Une fois les tĂąches sĂ©lectionnĂ©es, il est important de se former afin de maĂźtriser le langage de lâIA - comme les prompts de lâIA gĂ©nĂ©rative - afin de lâutiliser le plus prĂ©cisĂ©ment possible.
Se différencier [13:18 - 21:38]
Lâintelligence artificielle peut faire monter tout utilisateur en compĂ©tence, notamment dans la qualitĂ© des donnĂ©es rĂ©coltĂ©es ou encore dans les tĂąches fastidieuses, telles que la recherche dâinformation, de code, la traduction ou encore la synthĂšse, afin de se libĂ©rer du temps. Toutefois, pour tirer leur Ă©pingle du jeu, les chercheurs et ingĂ©nieurs vont devoir utiliser les bĂ©nĂ©fices de lâintelligence artificielle de concert avec leur propre intelligence. Mais Ă©galement de prendre en considĂ©ration les enjeux Ă©thiques et environnementaux.
LâIA nâest pas une option ! [21:44 - 26:24]
Difficile aujourdâhui de se passer de lâIA sans se faire dĂ©passer. Pour Marie-Aude Aufaure, il est nĂ©cessaire dâidentifier les tĂąches qui ont intĂ©rĂȘt Ă ĂȘtre automatisĂ©es, et ne pas se focaliser uniquement sur lâIA gĂ©nĂ©rative. « Sur un processus ou un problĂšme dĂ©fini, il faut combiner lâIA gĂ©nĂ©rative et classique, afin dâavoir par exemple un processus un peu plus frugal », affirme-t-elle. Un autre point important est de maĂźtriser les risques en protection de donnĂ©es, de cyberattaques ou encore dâĂ©volution dâemploi.
Références citées :
ChatGPT d'OpenAI, Olympiades de Mathématiques, Google Bard, AI Act, SNCF, SPOC, MOOC
Ressources pour aller plus loin :
- Artificial Intelligence : a modern approach de Stuart Russell et Peter Norvig
- LâIA Ă©ducative : lâintelligence artificielle dans lâenseignement supĂ©rieur de FrĂ©dĂ©rique GuĂ©not
- Le temps des algorithmes de Serge Abiteboul et Gilles Dowek
- Quand la machine apprend de Yann Le Cun
Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de lâIngĂ©nieur. Cet Ă©pisode a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par SĂ©verine Fontaine, en collaboration avec Marie-Caroline Loriquet. Le gĂ©nĂ©rique a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Pierre Ginon.
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GrĂ©gory Richa, directeur associĂ© de la sociĂ©tĂ© de conseil OPEO dĂ©taille ce quâest lâĂ©conomie circulaire et AgnĂšs CrĂ©pet, responsable de la longĂ©vitĂ© des logiciels chez Fairphone et porte-parole France, nous explique la circularitĂ© de son smartphone modulaire.
Quâest-ce que lâĂ©conomie circulaire ? [1:00 - 15:18]
ModĂšle Ă©conomique le plus rĂ©pandu, lâĂ©conomie linĂ©aire est basĂ©e sur une boucle dâextraction et un produit-dĂ©chet. LâĂ©conomie circulaire vise Ă rĂ©duire la consommation de ressources (matiĂšre, eau, Ă©nergie), et se base sur trois grandes boucles de circularitĂ© : rĂ©duction, rĂ©parabilitĂ© et rĂ©cupĂ©ration. Le recyclage est un dernier recours. Fairphone est un exemple de circularitĂ© avec son smartphone modulaire et dĂ©montable. âPour la fin de vie", il n'y a pas "que le recyclage mais Ă©galement la rĂ©utilisation de certaines piĂšcesâ dĂ©taille AgnĂšs CrĂ©pet. Ces smartphones intĂšgrent en effet des mĂ©taux issus de recyclage.
LâĂ©conomie circulaire permet aux entreprises qui l'intĂšgrent qui se distinguer. Les grandes changent leurs modes de consommation et les petites peuvent Ă©merger rapidement. Restant compĂ©titives sur les ressources, elles sont aussi plus rĂ©silientes et moins soumises aux variations des coĂ»ts de matiĂšres premiĂšres. Leur empreinte COÂČ est rĂ©duite grĂące aux produits remanufacturĂ©s moins Ă©nergivores. La circularitĂ© favorise la crĂ©ation dâemplois locaux via une matiĂšre en circuit local.
Concevoir un produit circulaire [15:27 - 28:24]
Les industries ont tendance Ă toujours fabriquer une nouvelle version dâun produit, entraĂźnant souvent l'ajout de technologies, de fonctionnalitĂ©s. Des produits toujours plus grands ou plus connectĂ©s, sont aussi fermĂ©s. Dans les smartphones par exemple, la batterie, l'Ă©cran sont collĂ©s et ne peuvent pas ĂȘtre remplacĂ©s lorsqu'ils ne fonctionnent plus. L'appareil entier n'est plus utilisable et doit ĂȘtre remplacĂ© par un neuf ! Choisir des produits ouverts permet de pĂ©renniser leur usage. VoilĂ un dĂ©fi passionnant pour les ingĂ©nieurs !
Passer Ă lâĂ©conomie circulaire [28:29 - 42:56]
IntĂ©grer la circularitĂ© ne doit pas attendre, recommande GrĂ©gory Richa : âquand on est un industriel dans un monde linĂ©aire, on est vouĂ© Ă ne plus pouvoir opĂ©rer dans les 5 ansâ. Revenir Ă des chaĂźnes de valeurs locales, autonomes et rĂ©silientes est nĂ©cessaire. Les rĂ©glementations venir vont probablement aller dans ce sens. Un produit circulaire peut ĂȘtre rĂ©utilisĂ©, un atout pour un industriel. DĂ©jĂ existant, il est disponible plus rapidement qu'un neuf et vraisemblablement Ă un prix Ă©quivalent. De plus, l'industrie circulaire est attractive pour les employĂ©s et les clients, âon a envie de sâengagerâ affirme GrĂ©gory Richa.
Références citées :
- Haulotte, Valrhona, SEB, Décathlon, Renault Trucks, réseau ENVIE, Murfy, Saint-Gobain Glass, Tesla, Volvo, Backmarket.
- Fairphone, Google Ara et Nokia 3310.
- Et aussi iPhone, SpaceX, Vinted, Foxconn
Ressources pour aller plus loin :
Les livres :
- Ecologie du smartphone de Laurence Allard, Alexandre Monin et Nicolas Nova
- LâĂąge des low tech de Philippe Bihouix
- La guerre des mĂ©taux rares et Lâenfer du numĂ©rique de Guillaume Pitron
- La machine est ton seigneur et ton maĂźtre de Jenny Chan et Yang Lizhi
- Pivoter vers une industrie circulaire de Grégory Richa et Emmanuelle Ledoux
- La théorie du donut de Kate Raworth
- 20 000 ans ou la grande histoire de la nature de Stéphane Durand
- Les limites Ă la croissance de Dennis Meadows, Donella Meadows et Jorgen Randers
- LâĂ©vĂ©nement anthropocĂšne de Jean-Baptiste Fressoz et Christophe Bonneuil
Le podcast :
- Circular4good, un podcast de Grégory Richa et Aurélien Gohier
Le site web :
- Association SystExt avec l'ingénieure géologue minier Aurore Stéphant
Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de lâIngĂ©nieur. Cet Ă©pisode a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par SĂ©verine Fontaine, en collaboration avec Marie-Caroline Loriquet. Le gĂ©nĂ©rique a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Pierre Ginon et le visuel du podcast a Ă©tĂ© créé par Camille Van Belle.
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StĂ©phane Le Pochat, directeur R&D du cabinet de conseil EVEA, s'entretient avec nous sur lâĂ©coconception et sur lâanalyse de cycle de vie (ACV). Cette approche offre une photographie environnementale globale d'un produit ou d'un service, afin d'amĂ©liorer les impacts liĂ©s Ă chaque Ă©tape de sa vie.
LâĂ©coconception et lâanalyse de cycle de vie [00:58 - 5:04] LâĂ©coconception d'un produit ou d'un service prend en compte la dimension environnementale de sa fabrication et de son industrialisation afin de rĂ©duire son empreinte carbone. Pour cela, l'ACV est un outil privilĂ©giĂ©. Cette technique de modĂ©lisation intĂšgre en effet la totalitĂ© des impacts environnementaux dâun produit, de sa crĂ©ation Ă sa fin de vie. Elle permet dâamĂ©liorer chacune des Ă©tapes, par exemple sa fabrication. Des indicateurs environnementaux interviennent, mais aussi la santĂ© humaine ou les ressources.
Les différents types d'ACV [05:11 - 7:25]
L'attributionnelle est l'ACV la plus courante, et porte sur le produit. La consĂ©quentielle analyse les consĂ©quences dâune dĂ©cision sur lâensemble de lâĂ©conomie, comme les scĂ©narios Ă©nergĂ©tiques Ă l'horizon 2050, par exemple. L'organisationnelle repose sur la production dâune entreprise en intĂ©grant les gammes de produits. âL'analyse de cycle de vie sociale Ă©value les impacts sociaux et sociĂ©taux dâun produit sur le marchĂ©. Elle plaĂźt Ă lâindustrie car elle sâintĂšgre bien dans sa politique RSEâ, complĂšte notre invitĂ©.
Une photographie environnementale [07:28 - 10:53]
Outil dâaide Ă la dĂ©cision, l'AVC permet dâobtenir une photographie environnementale dĂ©taillĂ©e dâun produit. Celle-ci permet dâidentifier les facteurs et les origines des impacts environnementaux. âOn peut penser des pistes dâamĂ©liorationâ, poursuit notre invitĂ©.
Promue par des directives [10:52 - 13:29]
Les premiĂšres ACV remontent aux annĂ©es 1990, poussĂ©es par des directives françaises et europĂ©ennes dâĂ©coconception. Vers 2007, un processus dâaffichage environnemental a Ă©mergĂ©, embarquant tous les secteurs industriels dans le calcul dâempreinte. Dans des projets de recherche ANR par exemple, âil est obligatoire de rĂ©aliser une ACV pour les Ă©valuerâ ajoute notre invitĂ©.
Quelques faiblesses [13:32 - 24:58]
Crayon, satellite ou modĂšle Ă©conomique, tout est modĂ©lisable en thĂ©orie. StĂ©phane Le Pochat tempĂšre : âla modĂ©lisation repose sur lâacquisition de donnĂ©esâ souvent confidentielles ou coĂ»teuses Ă obtenir. âUne ACV de qualitĂ© peut sâĂ©lever Ă une dizaine de milliers dâeuros", dĂ©taille-t-il. Cela peut paraĂźtre Ă©levĂ©, mais en comparaison plus faible qu'un budget communication.
Pour StĂ©phane Le Pochat, lâanalyse de cycle de vie est fiable sâil sâagit de comparer deux produits dans le cadre dâune prise de dĂ©cision pour la reconception. Elle l'est moins pour dĂ©terminer les vrais impacts environnementaux, car âce nâest pas lâobjectif de lâACVâ prĂ©cise lâexpert. âElle traite dâimpacts environnementaux potentiels. Ce sont des indicateurs, qui ne reflĂštent pas la rĂ©alitĂ©.â La recherche avance pour rendre toujours plus robustes les mĂ©thodes de calcul. Deux axes sont en cours d'Ă©tude : le temps et lâespace dans le calcul dâimpacts environnementaux. Le niveau de pollution par exemple, se considĂšre Ă tel moment et dans tel milieu.
LâACV est largement utilisĂ©e dans les industries, en interne dans de petites Ă©quipes, ou confiĂ©e Ă des cabinets de conseil.
Références citées :
- Le bilan carbone Scope 3
- Philips et Peugeot Citroën, précurseurs de l'ACV
Ressources pour aller plus loin :
- "Il y aura lâĂąge des choses lĂ©gĂšres", sous la direction de Thierry Kazazian
- "Small is beautiful", dâErnst Friedrich Schumacher
- "Cradle to cradle" (âdu berceau au berceauâ) de Michael Braungart et William McDonough
Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de lâIngĂ©nieur. Cet Ă©pisode a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par SĂ©verine Fontaine, en collaboration avec Marie-Caroline Loriquet. Le gĂ©nĂ©rique a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Pierre Ginon et le visuel du podcast a Ă©tĂ© créé par Camille Van Belle.
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Pour rĂ©pondre aux enjeux climatiques, les industries doivent devenir sobres. Mais quâest-ce que cela signifie exactement ? Nous avons posĂ© la question Ă nos invitĂ©s Sarah Thiriot, sociologue Ă lâAdeme et Sam Allier, chargĂ© de projet au Shift Project. Voici leurs rĂ©ponses.
Quâest-ce que la sobriĂ©tĂ© ? [1:45 - 8:43]
La sobriĂ©tĂ©, selon lâAdeme, est une approche qui consiste Ă se questionner sur ses besoins et Ă les satisfaire en limitant leur impact sur leur environnement. Cette sobriĂ©tĂ© engendre ainsi un changement de mode de production et de consommation. Du cĂŽtĂ© des industries, la âsobriĂ©tĂ© Ă©nergĂ©tiqueâ consiste Ă rendre plus efficiente la production, en clair, moins Ă©nergivore. Mais pour Sarah Thiriot, lâefficience Ă elle seule ne suffira pas Ă faire face aux dĂ©fis environnementaux. âLa sobriĂ©tĂ© Ă©nergĂ©tique permet en partie de respecter les accords sur la dĂ©carbonation mais Ă©galement de faire face Ă des contraintes physiques dâapprovisionnementâ explique Sam Allier.
La neutralité carbone [8:51 - 14:36]
Plusieurs chemins peuvent mener Ă la neutralitĂ© carbone. LâAdeme en propose quatre, construits sur les scĂ©narios du GIEC et adaptĂ©s Ă la France. Ces quatre scĂ©narios enclenchent plus ou moins les leviers de sobriĂ©tĂ©, dâefficacitĂ© et de dĂ©carbonation. Avec ces scĂ©narios, ânous montrons que diffĂ©rents champs des possibles sont atteignables Ă long terme pour atteindre la neutralitĂ© carbone en 2050 (...) en offrant des visions contrastĂ©es sur le contexte Ă©conomique, le dĂ©ploiement dans les territoires ainsi que sur les modes de gouvernanceâ explique Sarah Thiriot.
DĂ©carboner lâindustrie française sans la saborder [14:39 - 22:33]
Le Shift Project part du constat que âlâindustrie reprĂ©sente 20 % des Ă©missions de gaz Ă effet de serre, dont 75 % par lâindustrie lourdeâ dĂ©clare Sam Allier. Pour la dĂ©carboner, âun levier est de continuer dâamĂ©liorer les procĂ©dĂ©s" et un autre "de dĂ©velopper les ruptures technologiques". âLa sobriĂ©tĂ© ne va pas sâappliquer de la mĂȘme façon Ă tous les secteursâ affirme Sarah Thiriot. Des activitĂ©s trop polluantes devront cesser, dâautres devront s'adapter et des infrastructures transformĂ©es. Et de nouveaux secteurs naĂźtront.
Et lâingĂ©nieur ? [22:42 - 26:08]
LâingĂ©nieur peut ĂȘtre acteur de la transformation des secteurs industriels. Il peut faire preuve de sobriĂ©tĂ© en refusant de travailler pour certains secteurs, propose Sam Allier. Ses compĂ©tences pourraient orienter le systĂšme vers une direction compatible aux enjeux Ă©cologiques. âCâest la dĂ©sertion que lâon commence Ă observer et qui constitue un nouveau rapport de force avec les industriels qui nâont pas de plan ambitieux pour la planĂšteâ indique lâexpert. Dans des secteurs passion mais polluants, les ingĂ©nieurs peuvent se questionner sur la rĂ©orientation des activitĂ©s ou en travaillant sur les ruptures technologiques.
Quid du progrĂšs technique ? [26:15 - 29:25]
La sobriĂ©tĂ© signerait-elle le glas du progrĂšs technique ? Sarah Thiriot observe cet âimaginaire un peu apocalyptiqueâ derriĂšre cette thĂšse. Il ne sâagit pas de bannir le progrĂšs technique ou lâinnovation, poursuit-elle. Les dĂ©veloppements techniques seront dâune nature diffĂ©rente, en fonction des choix industriels, Ă©conomiques mais Ă©galement de sociĂ©tĂ©. "Moins mais mieux", conclue-t-elle.
Ressources pour aller plus loin :
Le sixiÚme rapport du GIEC, publié en novembre 2022
Le Rapport Transition(s) 2050 : Quatre scénarios pour atteindre la neutralité carbone en 2050
Le rapport du Shift Project : DĂ©carboner lâindustrie sans la saborder
Le sociologue Antoine Bouzin : âCrise Ă©cologique : ces Ă©lĂšves ingĂ©nieurs qui veulent transformer leur mĂ©tierâ
AgroParisTech : quand de futurs ingĂ©nieurs racontent leur âconversion Ă©cologiqueâ
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Quâentend-on par fatigue lorsquâil sâagit dâun matĂ©riau ? Comment explique-t-on ce processus ? Quels secteurs sont particuliĂšrement concernĂ©s ?
Notre invitée Isabel Huther, Responsable Projets Fatigue au Cetim, le Centre technique des industries mécaniques, nous apporte son éclairage sur cette étape de la vie des matériaux.
Chargements et rupture [1:06 â 6:11]
Notre invitĂ©e explique que la fatigue est un processus dâendommagement des matĂ©riaux sous des sollicitations cycliques. Leurs niveaux varient au fil du temps, ainsi que leur amplitude.
Sous ces chargements cycliques et appliquĂ©s Ă la mĂȘme zone, le matĂ©riau sâendommage dans cette zone. Une fissure sâamorce et se propage jusquâĂ la rupture brutale de la piĂšce.
Une piÚce cassée présente un plan de rupture, aussi appelé faciÚs de rupture. Cette piÚce sollicitée en fatigue présente deux zones distinctes. Isabel Huther nous fait part des différences entre les plans de rupture, selon que le matériau dont la piÚce est constituée.
Les plans de rupture en fatigue sont toujours perpendiculaires au chargement. Donc sur une piÚce cassée en service et qui a subi des sollicitations en fatigue, le plan de fissuration indique quel chargement a induit la rupture.
Conception des piĂšces et durĂ©es de vie prĂ©dĂ©finies [6:11 â 12:17]
Les ruptures en fatigue interviennent souvent dans des zones de concentration de contraintes. Isabel Huther nous éclaire sur ces zones, caractérisées par des discontinuités géométriques, comme des angles droits, par exemple. Elle recommande de les éviter au moment du dimensionnement ou de la conception de piÚce.
Tous les matériaux métalliques ou composites peuvent se fissurer sous des chargements cycliques. En fatigue, les matériaux se distinguent par leur qualité. Le moins le matériau a de défauts, meilleure est sa tenue en fatigue. Il risque donc moins la fissuration.
Notre invitĂ©e Ă©voque les secteurs concernĂ©s par les phĂ©nomĂšnes de fatigue. Les piĂšces et structures sont conçues au plus juste, entraĂźnant le risque de problĂšmes de fissuration par fatigue. Par exemple, le poids des avions est diminuĂ© pour quâils consomment moins.
Les piĂšces sont dimensionnĂ©es vis-Ă -vis de leur tenue Ă la fatigue pour sâassurer quâelles ne cassent pas avant les durĂ©es de vie prĂ©dĂ©finies.
RĂ©duire le processus de fatigue ? [12:34 â 19:10]
La dĂ©termination de la rĂ©sistance Ă la fatigue est expĂ©rimentale. Les donnĂ©es disponibles sont issues dâessais de fatigue rĂ©alisĂ©s sur des Ă©prouvettes, fabriquĂ©es dans les matĂ©riaux caractĂ©risĂ©s. A partir des valeurs relevĂ©es lors des essais, on peut estimer, pour une durĂ©e de vie donnĂ©e, la rĂ©sistance en fatigue recherchĂ©e.
Pour minimiser les risques de fissuration par fatigue, il est nĂ©cessaire de connaĂźtre les performances du matĂ©riau en fatigue dans lâenvironnement dâutilisation. Il faut aussi connaĂźtre le type de chargement, ainsi que les niveaux de chargement.
Ressources pour aller plus loin :
Sur le site Techniques de lâIngĂ©nieur. Les articles de ressources documentaires :- gĂ©nĂ©ralitĂ©s sur la fatigue,- calcul des piĂšces,- rĂ©alisation des essais de fatigue.- Le webinar gratuit DĂ©couverte de la fatigue des matĂ©riaux avec Robin Hauteville.
Les recueils Cetim performance, « collection fatigue » :- Les gĂ©nĂ©ralitĂ©s en fatigue,- Influence des paramĂštres en fatigue,- calcul des piĂšces,- Analyse des rĂ©sultats dâessais de fatigue,- Recueil sur la tenue en fatigue des assemblages soudĂ©s.
L'ouvrage La fatigue des matériaux et des structures 1 : Introduction, endurance, amorçage et propagation des fissures, fatigue oligocyclique et gigacyclique sous la direction de Claude Bathias et André Pineau, éditions HermÚs Lavoisier.
Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de lâIngĂ©nieur. Cet Ă©pisode a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Marie-Caroline Loriquet, en collaboration avec Intissar El Hajj Mohamed. Le gĂ©nĂ©rique a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Pierre Ginon et le visuel du podcast a Ă©tĂ© créé par Camille Van Belle.
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Comment faire un choix de matĂ©riau pertinent et selon quels critĂšres ? Pour quelle application ? Sur quelle mĂ©thode de sĂ©lection peut-on sâappuyer ? Ces questions ont Ă©tĂ© posĂ©es Ă Bruno Chenal, prĂ©sident de la SF2M, la SociĂ©tĂ© Française de MĂ©tallurgie et de MatĂ©riaux.
La carte d'identitĂ© du matĂ©riau [6:00 - 16:07] Le nombre de matĂ©riaux augmente et leur choix est de plus en plus complexe. « De nouveaux matĂ©riaux permettent un nouvel usage et amĂ©liorent les performances dâun produit. Lâaluminium et ses alliages, liĂ©s Ă lâhistoire de lâaĂ©ronautique, ont permis des avions plus rapides, de plus grande capacitĂ©, plus lĂ©gers. » Le choix dâun matĂ©riau pour une application donnĂ©e se base sur ses propriĂ©tĂ©s, son procĂ©dĂ© dâĂ©laboration et de fabrication, et son design. « Câest ce que dĂ©finit le cahier de charges. » Bruno Chenal distingue « les propriĂ©tĂ©s intrinsĂšques, qui dĂ©finissent la carte dâidentitĂ© du matĂ©riau », d'un cĂŽtĂ© et de lâautre, « ses propriĂ©tĂ©s extrinsĂšques qui interviennent lors de sa sĂ©lection finale : son prix, son impact environnemental, sa disponibilitĂ©, lâaspect santĂ©-sĂ©curitĂ©. »
Ăvolutions du cadre de vĂ©lo [16:20 â 20:26]
Ce passionnĂ© de cyclisme illustre son propos avec un cadre de vĂ©lo. « Les propriĂ©tĂ©s attendues sont la rigiditĂ©, lâĂ©lasticitĂ©, le dynamisme, le poids, la durabilitĂ©, mais aussi le prix et le fait de pouvoir le fabriquer en sĂ©rie ». Les cadres de vĂ©lo ont longtemps Ă©tĂ© en acier. Ils ont Ă©tĂ© allĂ©gĂ©s, grĂące aux alliages dâacier, et Ă des tubes amincis. Lâaluminium est trois fois plus lĂ©ger que lâacier, plus cher et moins rĂ©sistant. Le diamĂštre des tubes a Ă©tĂ© augmentĂ© pour les renforcer. Les composites Ă fibres de carbone offrent des cadres plus lĂ©gers. Plus cher, le titane allie une faible densitĂ© aux caractĂ©ristiques Ă©levĂ©es de lâacier. Enfin, les composites permettent des formes dâailes dâavion, pour un aĂ©rodynamisme amĂ©liorĂ©. DiffĂ©rents compromis conduisent Ă diffĂ©rents choix.SĂ©lectionner... [20:35 â 24:07] Bruno Chenal propose de sâappuyer sur « une mĂ©thode rationnelle de choix qui permet de faire le choix optimal dâun matĂ©riau », mise au point par le professeur Michael Ashby. Dans les diagrammes dâAshby, une propriĂ©tĂ© donnĂ©e est reprĂ©sentĂ©e et les matĂ©riaux sont positionnĂ©s, chacun dans des domaines. Elle permet de restreindre les choix des matĂ©riaux, pour arriver Ă une seule solution.
...Et fabriquer ! [24:16 â 30:38] Reste la question de la fabrication du matĂ©riau et du produit. « La fabrication additive donne accĂšs Ă des gĂ©omĂ©tries impossibles Ă produire par usinage. Le fait de pouvoir produire ces piĂšces en une seule fois avec un seul matĂ©riau ouvre de nouvelles perspectives. De nouveaux matĂ©riaux, mieux adaptĂ©s, peuvent ĂȘtre dĂ©veloppĂ©s. ». Bruno Chenal recommande lâapproche la plus ouverte possible. Un choix est un compromis.
Références citées :
Laboratoires Bell LabsLes professeurs Michael Ashby, de lâUniversitĂ© de Cambridge, et Yves BrĂ©chet, de lâUniversitĂ© de GrenobleLes diagrammes dâAshby
Logiciel Granta Design dâAnsys« Une industrie accro aux minerais de conflit », Ă©pisode #2 podcast Cogitons Sciences sur les matĂ©riauxRessources pour aller plus loin :- Livres de Michael Ashby :« Choix des matĂ©riaux en conception mĂ©canique », Dunot, 2012« MatĂ©riaux et environnement : choix Ă©coresponsable en conception », Dunot- De Michael Ashby et Yves BrĂ©chet :« SĂ©lection des matĂ©riaux et procĂ©dĂ©s de mise en Ćuvre », 2001.- Choix et usage des matĂ©riaux, article de ressources documentaires de Techniques de lâIngĂ©nieur corĂ©digĂ© par Yves BrĂ©chet, Michael Ashby, Michel Dupeux et François Loucher.
Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de lâIngĂ©nieur. Cet Ă©pisode a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Marie-Caroline Loriquet, en collaboration avec Intissar El Hajj Mohamed. Le gĂ©nĂ©rique a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Pierre Ginon et le visuel du podcast a Ă©tĂ© créé par Camille Van Belle.
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Quâappelle-t-on âminerais de conflitsâ ? Pourquoi leur extraction et leur utilisation sont-elles problĂ©matiques ? Pourrait-on un jour rĂ©glementer ce commerce ? RĂ©ponses avec notre invitĂ©e Marianna Reyne, juriste en droit de lâenvironnement industriel.
Les 3TG [1:30 â 7:07]
âLâexpression âminerais de conflitâ vient du fait que lâexploitation de ces minerais participe Ă alimenter des conflits armĂ©s dans plusieurs rĂ©gions du mondeâ, explique Marianna Reyne. Parmi la soixantaine de mĂ©taux entrant dans la composition des Ă©quipements Ă©lectroniques, quatre de ces mĂ©taux sont issus de minerais de conflit : âle tantale, issu de la colombite-tantalite (le coltan), lâĂ©tain provient de la cassitĂ©rite, le tungstĂšne dont lâorigine est la wolframite, et lâorâ. Ces mĂ©taux sont dĂ©signĂ©s par un sigle : â3TGâ (tin, tantalum. tungsten et gold, en anglais). Ils viennent principalement de pays dĂ©tenant âdes ressources miniĂšres trĂšs importantesâ : RĂ©publique DĂ©mocratique Congo, Rwanda, Burundi, Ouganda, Colombie, Birmanie et Afghanistan. âQuâil sâagisse dâopĂ©rations miniĂšres artisanales non rĂ©glementĂ©es ou dâactivitĂ©s industrielles, lâexploitation de ces minerais est illĂ©gale et entraĂźne de nombreuses dĂ©gradations sur lâenvironnement et des violations des droits humainsâ, souligne Marianna Reyne.
Des consĂ©quences humaines et environnementales alarmantes [7:51 â 17:48]
Il est estimĂ© que lâextraction illĂ©gale de la cassitĂ©rite, du coltan et de lâor a provoquĂ© en RDC lâenlĂšvement de la couverture vĂ©gĂ©tale de la forĂȘt ainsi quâune trĂšs importante pollution. Citons par exemple la dĂ©gradation des zones situĂ©es le long des riviĂšres, dont rĂ©sultent des problĂšmes dâĂ©rosion, un envasement de lâeau et un dĂ©pĂŽt de rĂ©sidus contaminants (dont mercure et cyanure) dĂ©versĂ©s dans les riviĂšres. Les consĂ©quences humaines sont bien connues : âla violence et lâinsĂ©curitĂ©, qui caractĂ©risent lâEst de la RDC, perdurent du fait de la compĂ©tition pour ce contrĂŽle du commerce des minerais entre groupes rebelles, milices locales et forces armĂ©es des Ătats voisins. Le contrĂŽle illĂ©gal par les groupes armĂ©s et lâinaction Ă©tatique provoquent une situation humanitaire dĂ©sastreuse dans la rĂ©gion : affrontements, violations des droits de lâHomme, travail forcĂ© (y compris des enfants), violences sexuelles, attaques contre les civils⊠En 2014, lâUnicef avait Ă©valuĂ© Ă 40 000 le nombre dâenfants qui travaillaient dans les mines du Sud de la RDCâ, prĂ©cise Marianna Reyne.
Et la RSE dans tout ça ? [18:11 â 21:59]
Selon Marianna Reyne, les entreprises sâappuient sur un guide publiĂ© par lâOCDE en 2011 : considĂ©rĂ© comme le standard de rĂ©fĂ©rence en matiĂšre de responsabilitĂ© sociĂ©tale des entreprises, ce guide est consacrĂ© au devoir de diligence pour les chaĂźnes dâapprovisionnement responsable en minerais provenant de zones de conflit. âOn a aussi vu apparaĂźtre un certain nombre dâinitiatives et de programmes venant de lâindustrie, du tĂ©lĂ©phone ou de lâĂ©tain par exemple, et ces initiatives ont plus ou moins bien fonctionnĂ©.â
Des tensions au cĆur de lâactualitĂ© [22:48 â 32:31]
âSâagissant de la crise du Covid-19, analyse Marianna Reyne, les politiques publiques qui ont Ă©tĂ© adoptĂ©es de par le monde ont provoquĂ© dâĂ©normes problĂšmes liĂ©s aux arrĂȘts de production, Ă la fois du fait des confinements des populations et de cette instabilitĂ© gĂ©nĂ©ralisĂ©e qui a Ă©tĂ© créée. Ce que lâon observe, ce sont des crises de production et de logistiques majeures qui ont gĂ©nĂ©rĂ© elles-mĂȘme des pĂ©nuries en cascadeâ. Exemple le plus emblĂ©matique : la pĂ©nurie des semi-conducteurs Ă©lectroniques.
Références citées :
Guide OCDE
iTSCi
Cet article dâAmnesty International
Ressources pour aller plus loin :
Virunga
Cobalt Blues
Fairphone
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Comment passer des directions assistĂ©es pour automobiles aux voiliers de haute technologie ? Est-il possible pour un ingĂ©nieur de faire son mĂ©tier de sa passion ? Comment une page blanche devient un bateau capable de faire le tour du Monde ? Quâest-ce quâun ingĂ©nieur dâĂ©tudes peut apporter Ă des skippers ?
Pour nous rĂ©pondre, nous recevons ClĂ©ment Thivin, ingĂ©nieur dâĂ©tudes « mĂ©canique et systĂšmes » au bureau dâĂ©tudes de MerConcept, lâĂ©curie de course au large créée par le navigateur François Gabart en 2006.
De lâintĂ©rĂȘt Ă la passion [1 :30 - 7:51]
Lors du cursus dâingĂ©nieur de ClĂ©ment Thivin Ă lâINSA de Lyon, ses professeurs lâencouragent Ă suivre leur ancien Ă©lĂšve, François Gabart, qui participe au VendĂ©e Globe Challenge, fin 2012. Dans les mĂ©dias, ClĂ©ment Thivin dĂ©couvre le projet de « construction dâun trimaran de course pour battre le record du tour du monde Ă la voile en solitaire » par MerConcept. Ce sera sur ce projet qu'il travaillera durant son stage en 2014.
Câest en poste chez JTEKT Technology que ClĂ©ment Thivin comprend qu'il est passionnĂ© par la voile et que câest lĂ qu'il veut travailler. Ses candidatures ne sont pas retenues. Puis, en intĂ©grant les Chantiers de lâAtlantique, il sâapproche de lâocĂ©an et acquiert de lâexpĂ©rience dans le secteur naval. Ensuite, « dans un mĂ©dia spĂ©cialisĂ©, jâai vu une offre de MerConcept ». Elle correspond bien Ă son profil. Il postule. Il est recrutĂ©.
Concevoir un bateau compétitif [8 :09 - 17 :10]
C'est donc en 2019 que ClĂ©ment Thivin revient chez MerConcept. Il travaillera d'abord sur lâImoca 11th Hour Racing. Il explique la diffĂ©rence de design entre cet Imoca, dessinĂ© pour un Ă©quipage, et « lâImoca Apivia, skippĂ© par Charlie Dalin ».
Lâacquisition du vocabulaire nautique est comparĂ©e par ClĂ©ment Thivin Ă lâarrivĂ©e « dans un nouveau pays ». « LâingĂ©nieur dâĂ©tudes doit produire des piĂšces, des systĂšmes » pour le bateau. ClĂ©ment Thivin illustre sa charge de travail : « En aoĂ»t 2019, le bateau Ă©tait une page blanche. Ă lâĂ©tĂ© 2021, il a naviguĂ©. En novembre, il a traversĂ© lâAtlantique ». Ces bateaux sont conçus pour « participer Ă des courses et si possible les gagner ». Il faut Ă lâingĂ©nieur dâĂ©tudes « un bon niveau de confiance et de doute » pour « prendre les dĂ©cisions vitales pour la performance du bateau ».
Ă lâĂ©coute des skippers [17 :30 - 28 :33]
« On fait un bateau pour que les skippers puissent lâexploiter au maximum pendant les courses. Ils doivent ĂȘtre trĂšs impliquĂ©s dans le design du bateau et la philosophie des systĂšmes », explique ClĂ©ment Thivin. Le « retour est immĂ©diat pendant toutes les phases de conception ». « Capables de passer trois mois en mer tous seuls sur leur bateau, ils ont des choses Ă raconter. », ajoute ClĂ©ment Thivin. « Les courses de bateaux rythment nos journĂ©es. La cartographie est le seul accĂšs Ă la performance. Les pointages permettent de connaĂźtre les positions des bateaux ».
Références citées :
MerConcept
The OceanRace est la course Ă laquelle va participer lâImoca 11h
Hour Racing
Les Chantiers de lâAtlantique Ă Saint-Nazaire
JTEKT Technology
LâINSA de Lyon
LâUniversitĂ© dâAalto Ă Helsinki, en Finlande
Ressources pour aller plus loin :
Le média spécialisé dans la voile de compétition Tip & Shaft
le festival de films documentaires Sailorz
Le livre « La longue route », de Bernard Moitessier
« Maiden », le documentaire sur la skippeuse britannique Tracy EdwardsLe Off Shore film festival, consacrĂ© Ă lâaventure en mer
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Gauthier Ryckeboer et Romain André sont respectivement ingénieur électronique et chef de projet produits électroniques au département conception d'accessoires jeux vidéo chez Nacon.
Multi-casquettes [2:18 - 30:12]
âAu quotidien, mon mĂ©tier se rĂ©sume Ă plusieurs casquettes, dĂ©taille Gauthier Ryckeboer. Une premiĂšre casquette laboratoire qui reprĂ©sente les validations, les tests et les caractĂ©risations des diffĂ©rents accessoires des jeux vidĂ©o. Une deuxiĂšme casquette, cette fois ingĂ©nierie, qui est plus liĂ©e Ă la spĂ©cification en vue du dĂ©veloppement de lâaccessoire, et câest lĂ oĂč jâassiste mon collĂšgue Romain, ces missions Ă©tant liĂ©es au user interface, Ă lâĂ©lectronique et Ă lâĂ©lectrique. Une troisiĂšme casquette autour de lâamĂ©lioration continue du produit, en fonction des retours clients, et nous sommes toujours Ă lâaffĂ»t de nouvelles technologies et de nouveaux composantsâ.
Romain AndrĂ© participe Ă la supervision du dĂ©veloppement du produit âen allant de lâidĂ©e de dĂ©part et jusquâĂ la sortie de lâusine et lâarrivĂ©e en magasinâ : âcela consiste Ă dĂ©finir complĂštement le produit, dâun point de vue technique, avec les membres du laboratoire, dont Gauthier, superviser le dĂ©veloppement tout au long de la chaĂźne de production, participer Ă lâĂ©laboration du packaging et travailler avec les Ă©quipes marketing pour prĂ©senter le produit aux clientsâ.
Une flexibilité professionnelle accrue [30:25 - 49:57]
Depuis leurs dĂ©buts dans le milieu du jeu vidĂ©o, les deux ingĂ©nieurs profitent dâune plus grande flexibilitĂ© au travail. Pour Gauthier Ryckeboer : âchez Nacon, lorsque nous avons une idĂ©e ou un projet, que ce soit sur le dĂ©veloppement dâaccessoires ou sur autre chose, il nous est possible de le remonter trĂšs facilement car la hiĂ©rarchie est trĂšs accessible, et cela jusquâau PDG (Alain Falk, NDLR), et il nous est aussi possible dâĂ©changer avec beaucoup de corps de mĂ©tiers, quâil sâagisse de nos collĂšgues de la comptabilitĂ© ou de lâinformatique, de nos partenaires industriels qui se trouvent en Chine par exemple, de nos partenaires technologiques Ă©parpillĂ©s Ă travers le monde, ou encore les collĂšgues chefs de projet comme Romain ou encore les collĂšgues designers industriels⊠Aujourdâhui, jâai pu dĂ©velopper un cĂŽtĂ© pluridisciplinaire, trĂšs agrĂ©able car challengeant intellectuellementâ.
Cette flexibilitĂ© pousse Romain AndrĂ© Ă poursuivre sa carriĂšre dans le secteur du jeu vidĂ©o : âla flexibilitĂ©, câest la possibilitĂ© dâentreprendre et de voir le concept, imaginĂ© avec les collĂšgues, prendre forme et prendre vie. Câest une des choses qui rend le secteur au global ainsi que lâinnovation trĂšs intĂ©ressants, car ce nâest pas un secteur qui reste fixe. Si par exemple on voit aujourdâhui comment a Ă©voluĂ© une manette, Ă quoi elle ressemblait et ce quâil y avait dedans il y a 10 ans, ce nâest plus la mĂȘme chose aujourdâhui, ça a complĂštement changĂ© ! Et on peut en dire tout autant pour lâĂ©volution des jeux vidĂ©o, des supports de jeux, mais aussi des casques audio. Et au niveau industriel, cette flexibilitĂ© mâa permis de rencontrer des personnes qui maĂźtrisent des technologies quâautrement, si jâĂ©tais restĂ© dans le secteur automobile, je nâaurais pas forcĂ©ment pu dĂ©couvrir Ă moins de changer de pĂ©rimĂštre ou de site⊠Alors quâaujourdâhui, je travaille sur des catĂ©gories de produits qui sont totalement diffĂ©rentes les unes des autres, tout en restant au mĂȘme endroitâ.
Références citées :
Nacon
Thrustmaster
Valeo
Ressources pour aller plus loin :
âPower on: The Story of Xboxâ
âHigh Score : LâĂge dâor du gamingâ
âLes consoles de jeux vidĂ©oâ
Les livres sur lâhistoire du jeu vidĂ©o, aux Ă©ditions OmakĂ©
âJoypads ! Le design des manettesâ
âLe rendez-vous techâ et âLe rendez-vous jeuxâ
âTech cafĂ©â
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Depuis janvier 2019, Alexandre Tisserant est PDG de KinĂ©is. La constellation de 25 nanosatellites de KinĂ©is devrait fournir des services de connectivitĂ© destinĂ©s Ă lâinternet des objets (IoT). Dans la continuitĂ© du projet Argos, ses applications vont â entre autres â du suivi de la biodiversitĂ© marine et terrestre, au suivi de lâactivitĂ© volcanique, en passant par le suivi des convois de denrĂ©es sensibles.
En 2002, Alexandre Tisserant obtient un diplĂŽme dâingĂ©nieur spĂ©cialisĂ© en computer science, de lâEcole polytechnique. Il y ajoute en 2004 un deuxiĂšme master, dĂ©livrĂ© par Telecom ParisTech, et cette fois tournĂ© vers le management, la stratĂ©gie commerciale et le dĂ©veloppement de logiciel. Ni ses Ă©tudes, ni une carriĂšre dans la finance au sein de lâEtat ne prĂ©sageaient pour cet ingĂ©nieur une direction toute autre lorsquâil rejoint CLS Group en 2017 : embrasser le domaine spatial. Un univers qui, pourtant, lâavait toujours fascinĂ©âŠ
Une passion avant tout [1:00 â 11:18]
âJe ne pense pas que ça me prĂ©destinait Ă y travailler, mais le spatial est un domaine qui me fascinait depuis trĂšs longtemps, nous confie Alexandre Tisserant. Adolescent, en lisant les magazines de vulgarisation scientifique, jâĂ©tais toujours trĂšs intĂ©ressĂ© par les dossiers qui avaient trait Ă lâespace. Et quand ensuite jâai eu des cours de mĂ©canique spatiale, comprendre comment les astres tournent les uns autour des autres mâa captivĂ©. Ă un moment, jâenvisageais mĂȘme de mâorienter vers lâastrophysique ; chose que je nâai pas poursuivie, car je nâĂ©tais pas sĂ»r que le domaine de la recherche me conviendrait. Comme par ailleurs jâaimais beaucoup lâinformatique, je me suis spĂ©cialisĂ© lĂ -dedans.â
Dans lâespace infini, de la rigueur [11:19 â 23:46]
En 2017, alors que la famille part sâinstaller Ă Toulouse, oĂč lâĂ©pouse dâAlexandre Tisserant va enseigner lâhistoire Ă lâuniversitĂ©, lâingĂ©nieur cherche des opportunitĂ©s de travail dans la ville rose. âDe fil en aiguilleâ, il est alors recrutĂ© par CLS Group pour diriger le projet KinĂ©is, devenu par la suite une entreprise spin-off. Dans ce milieu quâil dĂ©couvre, comme nous lâexplique Alexandre Tisserant, une spĂ©cificitĂ© se dĂ©marque : âQuand on envoie un objet dans lâespace, on nây a plus accĂšs, plus jamais, et on est donc obligĂ© de rĂ©aliser une batterie de tests et de validations, Ă la fois Ă©lectroniques, informatiques, mĂ©caniques, thermiques, au sol. En plus, envoyer et dĂ©velopper le satellite coĂ»te cher !â Et on nâa donc pas vraiment droit Ă lâerreur. DâoĂč cette rigueur accrue. Qui peut mĂȘme contraster avec le monde de lâinformatique : âDe lĂ dĂ©coule la mĂ©thode de lâingĂ©nierie spatiale, qui est trĂšs diffĂ©rente de lâinformatique, oĂč on Ă©crit du code, on compile, on exĂ©cute, on teste, et si ça ne marche pas, on refaitâ.
Le liant : la curiosité⊠Et une quĂȘte de sens [23:47 â 32:58]
âCe qui mâa guidĂ© tout au long de ma carriĂšre, câest la curiositĂ©, une envie de comprendre comment les choses fonctionnent, et pouvoir les refaire moi-mĂȘmeâ, dĂ©crĂšte le PDG de KinĂ©is. Il continue : âCâest dâailleurs comme ça que je me suis retrouvĂ© Ă travailler pour le budget de lâEtat pendant quelques annĂ©es, car câĂ©tait une mĂ©canique financiĂšre que je ne comprenais pas au dĂ©but, alors que câest au cĆur des âmachinesâ de lâEtat !â Son conseil aux Ă©tudiants ingĂ©nieurs ? âSavoir pourquoi vous faites ce que vous faites, et vous demander ce que ça produit pour la sociĂ©tĂ© en gĂ©nĂ©ral !â
Références citées :
Argos (continué par Kinéis)
CLS Group
Ressources pour aller plus loin :
âMerci de changer de mĂ©tierâ, un livre de Celia Izoard
âVoyage en misarchieâ, un livre dâEmmanuel DockĂšs
âLes couilles sur la tableâ, un podcast de Victoire Tuaillon
âSilicon Valleyâ, une sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e amĂ©ricaine
Cogitons Sciences est produit par Techniques de lâIngĂ©nieur. L'Ă©pisode a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Intissar El Hajj Mohamed, en collaboration avec Marie-Caroline Loriquet. Le gĂ©nĂ©rique a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Pierre Ginon. Le visuel a Ă©tĂ© créé par Camille Van Belle.
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Quâest-ce qui pousse les ingĂ©nieurs français Ă partir ? Pourquoi choisissent-ils travailler Ă lâĂ©tranger ? Et est-ce quâils envisagent de revenir un jour ?
RĂ©ponses avec Lucile Zenou, ingĂ©nieure biomĂ©dicale rĂ©sidant au Canada depuis 2014 et prĂ©sidente de l'association FrancogĂ©nie, et Marion, ingĂ©nieure en Espagne oĂč elle travaille depuis 16 ans.
Entre le groupe français et la filiale catalane, des cultures de travail différentes [1:31 - 6:23]
Pour sâinstaller en Espagne, deux possibilitĂ©s se prĂ©sentaient Ă Marion : signer un contrat local ou opter pour lâexpatriation. Marion a choisi la premiĂšre option, idĂ©ale pour les salariĂ©s qui souhaitent sâĂ©tablir dans un pays Ă©tranger. Et bien que lâingĂ©nieure nâait pas changĂ© dâentreprise, cette mutation lui fait dĂ©couvrir une culture de travail bien diffĂ©rente. âOui, jâavais les codes de lâentreprise, jâavais la culture de lâentreprise⊠mais cette petite structure Ă©tait beaucoup plus rapide, beaucoup plus agile, nous pouvions crĂ©er nos postes, nous Ă©tions beaucoup plus autonomes, et nous avions beaucoup plus dâinformations de toute la structure puisque nous travaillons moins en silo, dĂ©taille Marion. CâĂ©tait une expĂ©rience trĂšs diffĂ©rente de ce que jâavais vĂ©cu Ă Paris.âPour les employeurs quĂ©bĂ©cois, la prioritĂ© est aux compĂ©tences [6:25 - 13:51]
AprĂšs un premier court sĂ©jour au Canada, Lucile Zenou y est repartie en 2014, cette fois-ci Ă la recherche dâun travail. Et bien quâelle nâait pas fait dâĂ©cole dâingĂ©nieur, Lucile Zenou occupe aujourdâhui des fonctions dâingĂ©nieur, dans le secteur du biomĂ©dical, sans pour autant avoir le statut ou le titre dâingĂ©nieure. En effet, elle a repris ses Ă©tudes au Canada et a obtenu un master en gĂ©nie biomĂ©dical. âJâai quittĂ© la France car jâavais beaucoup de mal Ă y trouver un emploi, nous explique-t-elle. Mon domaine (chimie des matĂ©riaux, nanomatĂ©riaux et nanotechnologies, NDLR) Ă©tait trop spĂ©cialisĂ© et je nâavais pas les diplĂŽmes des Ă©coles dâingĂ©nieurs. Mais une fois au QuĂ©bec, on ne me demandait pas forcĂ©ment mes diplĂŽmes, on ne me demandait pas de quelle Ă©cole je venais. CâĂ©tait vraiment par rapport Ă mes compĂ©tences.âUn meilleur Ă©quilibre entre vie professionnelle et vie privĂ©e [13:53 - 28:15]
Lucile Zenou et Marion sâaccordent sur un point : elles parviennent mieux Ă concilier vie professionnelle et vie privĂ©e. Que ce soit grĂące aux diffĂ©rents accommodements mis en place par l'Ătat, au QuĂ©bec, ou grĂące aux multiples Ă©volutions positives qui se sont opĂ©rĂ©es trĂšs vite en Espagne au fil des annĂ©es. Dâautres points peuvent sembler un peu moins attractifs, comme lâexpliquent nos deux interlocutrices ; mais si Ă premiĂšre vue ils peuvent paraĂźtre comme des dĂ©fauts, ils sont assez complexes pour ĂȘtre âcontrebalancĂ©sâ par des avantages indissociables.Revenir en France nâest pas Ă lâordre du jour [28:16 - 38:25]
Ni Marion ni Lucile Zenou ne se voient revenir de sitĂŽt en France ! Pour Lucile Zenou : âLa seule chose qui pourrait me pousser Ă rentrer en France serait ma famille, et la possibilitĂ© dâĂȘtre auprĂšs de ma famille. Surtout dans les circonstances actuelles (la pandĂ©mie de Covid-19, NDLR), câest vraiment une prĂ©occupation quand on est loin.â Quant Ă Marion : âComme Lucile, ce nâest pas dans mes plans. Car dâabord jâaurai du mal Ă quitter cette qualitĂ© de vie. Ensuite, professionnellement, je me suis Ă©tablie ici et jâaurai du mal Ă me rĂ©adapter en France. Cette zone grise, cette flexibilitĂ© quâon a en Espagne, jâaurai du mal Ă la perdre.âRĂ©fĂ©rences citĂ©es :
EnquĂȘte IESFAu QuĂ©bec, l'accommodement raisonnable
Ressources pour aller plus loin :
Lâimmigration au Canada (site gouvernemental)FrancogĂ©nie
Le livre âAinsi parlent les françaisâ
Le film âLâAuberge espagnoleâ
Le film âOcho apellidos vascosâ
Cogitons Sciences est produit par Techniques de lâIngĂ©nieur. L'Ă©pisode a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Intissar El Hajj Mohamed, avec Alexandra VĂ©pierre. Le gĂ©nĂ©rique a Ă©tĂ© créé par Pierre Ginon ; le visuel, par Camille Van Belle.
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OĂč travaillent les ingĂ©nieurs aujourdâhui ? Quels mĂ©tiers Ă©voluent ou disparaissent ? Comment le numĂ©rique et la transition Ă©nergĂ©tique impactent-ils le mĂ©tier ?
Pour rĂ©pondre Ă ces questions, nous recevons Marc Rumeau et Christine Quinola. Marc Rumeau est prĂ©sident dâIESF (IngĂ©nieurs et Scientifiques de France), une association fondĂ©e en 1848 qui reprĂ©sente 175 des associations dâalumnis dâĂ©coles dâingĂ©nieurs en France. Il est ingĂ©nieur et a fait toute sa carriĂšre dans des entreprises dans le domaine des automatismes, de lâĂ©lectronique puis de la sĂ©curitĂ© Ă©lectronique et incendie. Christine Quinola est secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale dâIESF. Elle a Ă©tĂ© ingĂ©nieure dans la pĂ©trochimie et aujourdâhui, elle a fondĂ© Calliroxe, son entreprise de formations en gestion de projet.
Panorama des ingĂ©nieurs en France [1:36 â 15:36]
Pour dresser un panorama de la profession, IESF rĂ©alise chaque annĂ©e une enquĂȘte nationale via son ComitĂ© Observatoire des ingĂ©nieurs, pour laquelle elle interroge environ 55 000 ingĂ©nieurs. LâenquĂȘte 2021 a rĂ©vĂ©lĂ© que les ingĂ©nieurs se trouvaient dans tous les secteurs et pas uniquement lâindustrie, et que la part de femmes continuait Ă stagner Ă 24%. GĂ©ographiquement parlant, les ingĂ©nieurs français sont Ă 85% sur le territoire français, mais beaucoup travaillent sur des projets Ă lâinternational
Afin dâĂ©voluer dans sa carriĂšre, Christine Quinola souligne la nĂ©cessitĂ© du rĂ©seau, favorisĂ©e par des associations comme IESF. Cette fĂ©dĂ©ration encourage la force dâentraide entre les alumnis et accompagner les personnes qui veulent progresser dans leur mĂ©tier. Nos invitĂ©s revendiquent lâimportance de la curiositĂ© dans ce mĂ©tier, qui permet de se former tout le long de sa carriĂšre.
LâĂ©volution des mĂ©tiers dâingĂ©nieur [15.37 â 34:38]
Plus quâune disparition de mĂ©tiers, Marc Rumeau parle de leur Ă©volution et de la nĂ©cessitĂ© dâun accompagnement dans ces bouleversements. Parmi les domaines Ă©mergeants, lâhydrogĂšne, mais aussi la data. Christine Quinola temporise et rappelle le besoin de traiter les donnĂ©es de maniĂšre intelligente, faisant Ă©merger de nouvelles compĂ©tences, comme celui de data scientist.
La transition numĂ©rique bouleverse les mĂ©tiers, comme la transition Ă©nergĂ©tique. Pour le prĂ©sident dâIESF, il sâagit surtout de trouver des solutions pour le dĂ©veloppement durable. Christine Quinola souhaite aussi mettre en avant le mix Ă©nergĂ©tique comme un secteur qui va fortement recruter. Initialement rĂ©fractaire Ă travailler dans le domaine du pĂ©trole, elle reconnait finalement que ses valeurs Ă©cologiques personnelles lui ont permis de changer les choses dans ce milieu, notamment en sâassurant que les normes Ă©taient respectĂ©es. Nos deux invitĂ©s comptent sur les ingĂ©nieurs, scientifiques, doctorants français pour participer Ă la crĂ©ation dâun monde plus durable, mais ils regrettent que leurs compĂ©tences ne soient pas suffisamment exploitĂ©es.
Par ailleurs, dâautres spĂ©cialisations ne sont pas assez prĂ©sentes en France. Câest le cas des experts techniques, tout domaine confondu, et des spĂ©cialistes en jumeau numĂ©rique. Marc Rumeau regrette notamment la pĂ©nurie de professeurs et dĂ©plore la gestion de la formation continue.
Références citées :
- + dâ1,2 million dâingĂ©nieurs et scientifiques en France dont environ 920 000 dâingĂ©nieurs encore en exercice
- Certificat EUR ING
- La Conférence des grandes écoles
- EnquĂȘte IESF
- Emmanuelle Charpentier : Prix Nobel de Chimie 2020
- Guillaume Rozier : ingĂ©nieur Ă lâorigine de CovidTracker
Ressources pour aller plus loin :
- Livre Blanc IESF « Face aux défis du XXI siÚcle les Propositions et Recommandations des Ingénieurs et Scientifiques de France »
- Film Le Mans 66 réalisé par James Mangold
- Série Le Bureau des légendes
Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de lâIngĂ©nieur. Cet Ă©pisode a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Alexandra VĂ©pierre, en collaboration avec Intissar El Hajj Mohamed. Le gĂ©nĂ©rique a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Pierre Ginon et le visuel du podcast a Ă©tĂ© créé par Camille Van Belle.
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Quelles sont les compétences sociales et sociétales demandées aux ingénieurs? Comment y former les futurs ingénieurs ? Et quelles sont les attentes de la
nouvelle gĂ©nĂ©ration dâingĂ©nieurs ?Pour rĂ©pondre Ă ces questions, nous recevons Laure Bertrand. Laure Bertrand est enseignante/chercheuse et directrice soft skills, dĂ©veloppement durable et carriĂšre au PĂŽle LĂ©onard de Vinci. Ce pĂŽle rĂ©unit une Ă©cole de commerce (EMLV), une Ă©cole du digital (IIM) et surtout lâĂ©cole dâingĂ©nieurs (ESILV).
LâĂ©volution de la sociĂ©tĂ© influe sur les attentes en termes de compĂ©tences [1:19] â [16:55]
Les soft skills et le dĂ©veloppement durable font depuis quelques annĂ©es partie de la formation de lâĂ©cole dâingĂ©nieurs ESILV. Selon Laure Bertrand, câest une nĂ©cessitĂ© dâinculquer le plus tĂŽt possible aux jeunes diplĂŽmĂ©s ces compĂ©tences sociales, humaines et relationnelles, et de modifier les cursus pour rĂ©pondre aux enjeux de lâurgence climatique. La demande Ă©mane Ă la fois des entreprises, des Ă©tudiants, de la sociĂ©tĂ© civile et des Ă©coles. Les recruteurs notamment sont en demande des soft skills car les compĂ©tences scientifiques ne suffisent plus. Afin de prĂ©parer leurs programmes sur 5 ans, les Ă©coles doivent ĂȘtre constamment en Ă©veil et avoir un regard prospectif sur lâĂ©volution du marchĂ© du travail et des attentes de la sociĂ©tĂ©. Laure Bertrand constate dâailleurs une Ă©volution notable du cĂŽtĂ© des Ă©tudiants et Ă©tudiantes, qui souhaitent un management plus horizontal en entreprise, et qui cherchent Ă avoir un impact positif sur la sociĂ©tĂ© grĂące Ă leur travail.
Les soft skills dans le travail des ingĂ©nieurs [16.55] â [27:38]
Laure Bertrand divise les soft skills en 2 sous-parties : les compĂ©tences intrapersonnelles (lâesprit critique, lâintelligence Ă©motionnelle, la crĂ©ativitĂ© etc.) et interpersonnelles (lâempathie, la capacitĂ© dâĂ©coute, la coopĂ©ration, lâintelligence
collective etc.). « La bonne nouvelle câest quâon peut se former aux soft skills », ajoute-t-elle. Elle prend alors lâexemple de lâempathie et donne des mĂ©thodes pour la travailler.DiffĂ©rentes soft skills sont utiles aux ingĂ©nieurs : le dĂ©veloppement de lâintelligence Ă©motionnelle, la crĂ©ativitĂ©, la flexibilitĂ© et lâagilitĂ©, la coopĂ©ration. Dans lâĂ©cole oĂč elle travaille, les Ă©tudiants et Ă©tudiantes ont aussi des cours pour trouver leur style de leadership afin dâembarquer une Ă©quipe, avoir de lâimpact sur les autres, mĂȘme sans autoritĂ© hiĂ©rarchique.
AcquĂ©rir les compĂ©tences personnelles [27:38 â [42:08]
MĂȘme sans passer par une Ă©cole, plusieurs mĂ©thodes existent pour progresser et amĂ©liorer ses compĂ©tences. PremiĂšre Ă©tape : faire un Ă©tat de lieux pour comprendre les soft skills qui existent et faire le point sur ses atouts et ses points faibles. Ensuite, il est possible de faire des formations sur les sujets qui nous intĂ©ressent ou de suivre des Moocs. Selon Laure Bertrand, les compĂ©tences soft permettent dâacquĂ©rir des aptitudes indispensables pour Ă©voluer dans le monde professionnel, et notamment dans le contexte de la transition Ă©cologique. Parmi les compĂ©tences utiles, elle cite le dĂ©veloppement de la pensĂ©e systĂ©mique, la capacitĂ© Ă coopĂ©rer dans un cadre interdisciplinaire, lâintelligence collective, la capacitĂ© au plaidoyer, le dĂ©veloppement de lâesprit critique, la capacitĂ© Ă gĂ©rer et impulser le changement etc.
Elle rappelle dâailleurs quâagir pour la transition Ă©cologique ne se fait pas uniquement pas convictions. Certains peuvent sây engager par pragmatisme car le monde Ă©volue et les entreprises sont de plus en plus soumises Ă des restrictions et des cadres particuliers. DâoĂč lâimportance de dĂ©velopper ses compĂ©tences personnelles sur le sujet.
Références citées :
CGE : conférence des grandes écoles Le manifeste des étudiants pour un réveil écologique C3D : Le collÚge des directeurs du développement durable The Shift project Youmatter Greta Thunberg VIA survey Cartes de forces éditées par Positran Questionnaire MBTI DISC Process communication PerformanceRessources pour aller plus loin :
Rapports de The Shift project La confĂ©rence des grandes Ă©coles Le manuel de la grande transition La Contagion Ă©motionnelle de Christophe HaagCogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de lâIngĂ©nieur. Cet Ă©pisode a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Alexandra VĂ©pierre, en collaboration avec Intissar El Hajj Mohamed. Le gĂ©nĂ©rique a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Pierre Ginon et le visuel du podcast a Ă©tĂ© créé par Camille Van Belle.
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Les solutions numĂ©riques pour faciliter lâĂ©coconduite existent, et WeNow en fait partie. Comment fonctionne une telle solution, dâun genre nouveau en France ? Est-elle adaptĂ©e Ă tout type de vĂ©hicule ? Quelles rĂ©ductions de lâempreinte carbone prĂ©sage-t-elle ? Quelles sont les bonnes pratiques Ă adopter en tant quâautomobiliste ?
Pour rĂ©pondre Ă ces questions, et bien dâautres encore, Techniques de lâIngĂ©nieur reçoit Fabien Carimalo, cofondateur de WeNow.
Vers un changement des habitudes [0:00 - 7:50]
Le but derriĂšre WeNow nâest pas de dĂ©carboner les Ă©missions carbone sur les routes, mais de changer le comportement des conducteurs en les incitant Ă opter pour lâĂ©coconduite. GrĂące Ă un boĂźtier connectĂ©, les Ă©missions du vĂ©hicule sont mesurĂ©es et ensuite transmises Ă lâapplication WeNow qui va afficher ces chiffres Ă lâintention du conducteur et lui recommander la dĂ©marche Ă suivre (un « coaching ») pour rĂ©duire, « de 10 Ă 15% », sa consommation Ă©nergĂ©tique. Fabien Carimalo Ă©voque ce rapport, publiĂ© en juin par le Haut Conseil du Climat et qui rappelle que le transport est le secteur ayant le plus dâimpact CO2 en France : « Le secteur des transports en France est le premier contributeur aux Ă©missions de gaz Ă effet de serre territoriales avec une part de 31 % en 2019, soit 136 Mt Ă©qCO2 ». PrĂ©cisons toutefois que la solution WeNow est pour lâinstant rĂ©servĂ©e aux flottes de vĂ©hicules des entreprises.
Un environnement de données compréhensible [7:50 - 26:20]
Un systĂšme de points auquel s'ajoutent des challenges mis en place par WeNow « de maniĂšre systĂ©matique ou pas », qui pourraient aboutir Ă des rĂ©compenses (selon le souhait de lâentreprise cliente), fait partie de lâenvironnement de lâapplication. « Un gestionnaire de flotte ou un manager va avoir accĂšs Ă une sĂ©rie de donnĂ©es, mais nous sommes conscients du fait que trop de donnĂ©es tue la donnĂ©e », prĂ©vient Fabien Carimalo. « Lâenjeu pour nous nâest pas de mettre Ă disposition des mĂ©gaoctets et des gigaoctets de donnĂ©es auprĂšs dâune personne qui nâaura pas le temps de les utiliser, mais de mettre en place un systĂšme qui est simple, centrĂ© sur lâessentiel et facilement comprĂ©hensible ».
Une centaine de sociétés clientes [26:20 - 45:40]
« Nous avons choisi de partir sur les vĂ©hicules de sociĂ©tĂ©s car câest dĂ©jĂ lâenvironnement le plus sensibilisĂ© Ă la rĂ©duction de lâempreinte carbone », explique Fabien Carimalo. Avant de poursuivre : « Il y a des obligations pour les entreprises, mĂȘme dĂšs leur crĂ©ation, notamment sur la nĂ©cessitĂ© de rĂ©aliser un bilan carbone. Aujourdâhui, cela sâest largement gĂ©nĂ©ralisĂ© en France, avec la loi dâorientation des mobilitĂ©s qui impose aux entreprises dâune certaine taille dâinclure dans leur flotte une part plus ou moins significative de vĂ©hicules Ă©lectrifiĂ©s. Il y a donc un enjeu de contrainte du cĂŽtĂ© du secteur privĂ©, mais aussi un enjeu stratĂ©gique et marketing pour les grands groupes qui doivent montrer lâexemple surtout quâils ont les moyens dâengager la transition ».
Sobriété énergétique tout en gaming [45:40 - 51:22]
Pourquoi adopter lâengagement par le jeu ? RĂ©ponse de Fabien Carimalo : « LâĂ©cologie punitive, pour nous, nâa aucun avenir. Il faut donner aussi un sens positif Ă lâaction communautaire, collective, Ă lâencouragement, et au fun. Ce sont des leviers Ă©nergĂ©tiques qui font partie de notre sociĂ©tĂ© et de notre culture. Lâapprentissage par le jeu est quelque chose qui est presque naturel. Il est beaucoup plus puissant dâapprendre sur le climat et dâaller vers la sobriĂ©tĂ© Ă©nergĂ©tique, tout en sâamusant. Cela donne envie dây revenir. DâoĂč notre conviction : si nous voulons avoir de lâimpact et fĂ©dĂ©rer Ă grande Ă©chelle, le jeu est un levier puissant qui fait partie du quotidien des jeunes gĂ©nĂ©rations. »
Références citées :
Les rapports du Haut Conseil du Climat
La loi dâorientation des mobilitĂ©s
Pour aller plus loin :
Les rapports de lâAdeme
WeNow
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Quelle est la différence entre biocarburants avancés et biocarburants conventionnels ? Quelles technologies permettent de produire des biocarburants avancés ? Quels sont les freins et les leviers pour leur déploiement en France ?
Pour rĂ©pondre Ă ces questions, Techniques de lâIngĂ©nieur reçoit Jean-Christophe ViguiĂ©, responsable des programmes âbiocarburantsâ Ă lâIFP Ănergies Nouvelles (IFPEN). LâIFPEN a menĂ© plusieurs projets en partenariat avec des industriels et des laboratoires de recherche pour dĂ©velopper des technologies de production de biocarburants avancĂ©s.
Les biocarburants avancés, quésaco ? [1:10 - 3:02]
Les biocarburants avancĂ©s sont « dĂ©finis par une liste de ressources dans la directive europĂ©enne RED II [Directive des Energies Renouvelables, NDLR] », explique Jean-Christophe ViguiĂ©. « Ce sont des ressources qui nâentrent pas en compĂ©tition directe avec un usage alimentaire ». Ils sont ainsi diffĂ©rents des biocarburants « produits Ă partir de ressources qui entrent en concurrence avec un usage alimentaire ».
Comment produire les biocarburants avancés ? [3:02 - 7:02]
« On peut distinguer deux grands types de technologies ». Une premiĂšre catĂ©gorie est celle des technologies thermochimiques, oĂč « la biomasse est dâabord dĂ©construite en la gazĂ©ifiant Ă trĂšs haute tempĂ©rature », avant de rĂ©aliser une synthĂšse Fischer-Tropsch. « La deuxiĂšme grande voie est une voie biochimique » qui commence Ă©galement par une dĂ©construction de la biomasse mais se termine par une fermentation grĂące Ă des biocatalyseurs afin dâobtenir de lâĂ©thanol. LâIFPEN a notamment co-dĂ©veloppĂ© deux technologies de production de biocarburants avancĂ©s : Futurol et BioTfuel.
Du développement à la commercialisation [7:02 - 12:07]
Pour dĂ©velopper ces technologies, « il faut mettre en place de nombreuses compĂ©tences, en chimie, en gĂ©nie chimique, en hydraulique, en hydrodynamique, en biotechnologie, en Ă©conomie ou en analyse environnementale ». Ensuite, il faut sâassurer de maĂźtriser le risque technologique. Le procĂ©dĂ© est assez long : il a ainsi fallu 10 ans pour complĂ©ter le projet Futurol (de 2018 Ă 2019) et 11 ans pour BioTfuel (de 2010 Ă 2021 ; en cours de validation).
Des freins et des leviers [12:07 - 16:56]
Pour Jean-Christophe ViguiĂ©, la France a lâavantage de disposer de trĂšs larges ressources agricoles et forestiĂšres, sans oublier que le pays a fourni « dâimportants efforts de recherche et dâinnovation avec le soutien de lâEtat ». Un point bloquant rĂ©side dans la rĂ©glementation en vigueur sur les Ă©missions des vĂ©hicules : celle-ci « se focalise sur les Ă©missions de CO2 au pot dâĂ©chappement, ce qui est un biais dans la rĂ©glementation car ce CO2, quand il provient des biocarburants, est comptĂ© comme un CO2 qui proviendrait des carburants fossiles ».
Pour bien décarboner nos transports [16:56 - 29:47]
Selon lâIFPEN, les filiĂšres avancĂ©es permettraient de rĂ©duire les Ă©missions de gaz Ă effet de serre par un facteur de 10, par rapport Ă la rĂ©fĂ©rence fossile. « Un vĂ©hicule qui roule aujourdâhui avec du biocarburant synthĂ©tique prĂ©sente un bilan plus favorable quâun vĂ©hicule Ă©lectrique ». Et de conclure : « Les biocarburants et les biocarburants avancĂ©s en particulier sont une trĂšs bonne solution pour dĂ©carboner nos transports. Ils doivent donc ĂȘtre mis en Ćuvre aux cĂŽtĂ©s de lâĂ©lectrification, de lâhybridation, et câest probablement en combinant toutes ces solutions que nous pourrons atteindre un objectif ambitieux de dĂ©carbonation des transports. »
Ressources citées :
Directive européenne RED II
Les chiffres de la Direction gĂ©nĂ©rale de lâĂ©nergie et du climat (DGEC)
Références pour aller plus loin :
Le site de lâIFPEN
La plateforme européenne Etip bioenergy
Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de lâIngĂ©nieur. Cet Ă©pisode a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Intissar El Hajj Mohamed, en collaboration avec Alexandra VĂ©pierre. Le gĂ©nĂ©rique a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Pierre Ginon et le visuel du podcast a Ă©tĂ© créé par Camille Van Belle.
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