Episodes

  • Depuis le collège, depuis l’époque où j'ai découvert l'Antigone d'Anouilh, le mot «espoir» me fait invariablement penser à l'expression «sale espoir». C'était une sacrée découverte, que l'espoir pouvait être épuisant, ignoble, inutile. C'est au tout début de la pièce, tragédie dans laquelle Antigone va mourir pour ses principes, et les spectateurs le savent d'emblée, puisqu'ils savent qu'ils vont voir une tragédie, et que dans une tragédie on meurt. Et le choeur déclame: «C'est propre, la tragédie. C'est reposant, c'est sûr… Dans le drame, avec ces traîtres, avec ces méchants acharnés, cette innocence persécutée, ces vengeurs, ces terre-neuve, ces lueurs d'espoir, cela devient épouvantable de mourir, comme un accident. On aurait peut-être pu se sauver, le bon jeune homme aurait peut-être pu arriver à temps avec les gendarmes. Dans la tragédie on est tranquille. D'abord, on est entre soi. On est tous innocents en somme! Ce n'est pas parce qu'il y en a un qui tue et l'autre qui est tué. C'est une question de distribution. Et puis, surtout c'est reposant, la tragédie, parce qu'on sait qu'il n'y a plus d'espoir, le sale espoir ; qu'on est pris, qu'on est enfin pris comme un rat, avec tout le ciel sur son dos, et qu'on n'a plus qu'à crier, à gueuler à pleine voix ce qu'on avait à dire, qu'on n'avait jamais dit et qu'on ne savait peut-être même pas encore. Et pour rien; pour se le dire à soi, pour l'apprendre, soi. Dans le drame, on se débat parce qu'on espère en sortir. C'est ignoble, c'est utilitaire. Là, c'est gratuit. C'est pour les rois. Et il n'y a plus rien à tenter, enfin!»»

    Ce texte disait que c'est épuisant d'espérer, de s'accrocher, de s'obstiner. Épuisant et parfois stérile. Alors jusqu'où faut-il espérer? C'est une histoire d'espoir et d'obstination qu'Alban raconte au micro d'Ayoub Bel-Hyad.

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    Cet épisode a été mixé par Jean-Baptiste Aubonnet. La musique est de David Aknin. Maureen Wilson était à l’édition et à la coordination. Transfert est présenté par Charlotte Pudlowski et produit par Louie Média pour Slate.fr.

  • La romancière féministe Benoîte Groult, qui a traversé le 20e siècle et vu la condition des femmes évoluer de l'absence du droit de vote à la loi sur la parité, répondait en 1975 à une interview télévisée, et parlait de son premier mariage. L'homme qu'elle avait épousé était mort au bout de 8 mois.  "J'étais veuve, et ça c'est un état social. Étant veuve j'étais une femme, ça y est j'étais épanouie, je me suis mise à travailler avec plus d'ambition et de courage, j'existais. La dignité pour une femme –Jean Foyer notre ancien ministre le disait encore en 73– une femme ne tire sa dignité que du mariage. C'est tout de même monstrueux. Nous ne sommes pas des êtres humains complets si nous ne sommes pas mariés."

    Comment une vie de femme peut-elle être transformée, modelée, voire entravée par un mariage à un homme? Inès raconte son histoire au micro d'Amel Almia, pour Transfert.

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  • Dans les toutes premières lignes de son essai Sorcières, la puissance invaincue des femmes, Mona Chollet décrit sa fascination pour ces créatures. Elle évoque les sorcières des Disney, celles de romans nordiques. «Elles fouettaient l’imagination, procuraient des frissons de frayeur délicieuse, donnaient le sens de l’aventure, ouvraient sur un autre monde. Pendant la récréation, à l’école primaire, mes camarades et moi traquions celle qui avait élu domicile derrière les buissons de la cour, obligés de nous en remettre à nous-mêmes face au flegme incompréhensible du corps enseignant. La menace flirtait avec la promesse. On sentait soudain que tout était possible, et peut-être aussi que la joliesse inoffensive, la gentillesse gazouillante n’étaient pas le seul destin féminin envisageable. Sans ce vertige, l’enfance aurait manqué de saveur. (...) La sorcière incarne la femme affranchie de toutes les dominations, de toutes les limitations ; elle est un idéal vers lequel tendre, elle montre la voie.»

    Peut-être avons-nous tous et toutes eu, dans notre enfance, une sorcière? La promesse d’un peu de magie quand le monde en manquait. D’un pouvoir dans l’impuissance apparente. C'est une histoire de sorcellerie et de famille que raconte Alice au micro de Maud Benakcha.

    Cet épisode a été mixé par Jean-Baptiste Aubonnet. La musique est de Maxime Daoud. Maureen Wilson était à l’édition et à la coordination. Transfert est présenté par Charlotte Pudlowski et produit par Louie Média pour Slate.fr.

  • Le très libéral magazine The Economist expliquait récemment que la vision extrêmement pessimiste souvent donnée du monde du travail moderne n'avait aucun sens. Il suffisait, selon celui-ci, de regarder le 'boom' récent du nombre d'emplois. Mais quels emplois?
    Vous qui nous écoutez, sur le chemin de retour du travail, ou en route pour vous y rendre, quel genre de journée passez-vous? Stressante, excitante, épanouissante? Diriez-vous que vous êtes heureux dans votre travail? D'aller au bureau? Qu'est-ce qui fait de nos journées des moments de plaisir ou tout du moins, qui leur donne du sens? Ce questionnement autour du travail, c'est ce qui marque l'histoire réalisée par Rémi Dybowski-Douat pour Transfert.

    Cet épisode a été mixé par Jean-Baptiste Aubonnet. La musique est de Raphaël Ankierman. Maureen Wilson était à l’édition et à la coordination. Transfert est présenté par Charlotte Pudlowski et produit par Louie Média pour Slate.fr.

  • Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. C’est le credo de Candide, héros de Voltaire, qui découvrira au fur et à mesure du roman d’apprentissage que son optimisme furieux est parfois aveugle. L’ironie de Voltaire assassine sa naïveté.
    Qui peut bien rester optimiste en toute situation? Qui peut, face au froid à la fin, à la maladie et aux tremblements de terre rester optimiste? Ces gens existent pourtant, et ils ne ressemblent pas toujours à Candide. Ils peuvent être optimisme avec intelligence et avec résolution.
    Cet optimisme, c'est ce qui marque l'histoire que Caroline a raconté au micro d’Elodie Font et d'Eric Lange pour Transfert.
    Cet épisode a été mixé par Jean-Baptiste Aubonnet. La musique est de David Stzanke. Maureen Wilson était à l’édition et à la coordination. Transfert est présenté par Charlotte Pudlowski et produit par Louie Média pour Slate.fr.

  • Il y a quelques années, un article du New York Times renvoyait vers une étude proposant 36 questions pour tomber amoureux. 36 questions qui pouvaient, en exposant nos vulnérabilités, nous rapprocher intimement d’une personne, être un accélérateur. Tout ce qu’il serait nécessaire de savoir sur quelqu’un. Pourtant, il n’y avait rien sur les croyances.
    En quoi croyons-nous ? Et à quel point est-ce que cette foi peut-elle supporter un écart avec la foi de l'autre? Un écart infime, minime, tenable, immense, un gouffre? Ces questionnements ont été ceux de Jeanne, qui a raconté son histoire au micro de Sarah-Lou Lepers pour Transfert.

    Cet épisode a été mixé par Jean-Baptiste Aubonnet. La musique est de David Aknin. Maureen Wilson était à l’édition et à la coordination. Transfertest présenté par Charlotte Pudlowski et produit par Louie Média pour Slate.fr.

  • Il y a quelques années, un article du New York Times renvoyait vers une étude proposant 36 questions pour tomber amoureux. 36 questions qui pouvaient, en exposant nos vulnérabilités, nous rapprocher intimement d’une personne, être un accélérateur. Tout ce qu’il serait nécessaire de savoir sur quelqu’un. Pourtant, il n’y avait rien sur les croyances.
    En quoi croyons-nous ? Et à quel point est-ce que cette foi peut-elle supporter un écart avec la foi de l'autre? Un écart infime, minime, tenable, immense, un gouffre? Ces questionnements ont été ceux de Jeanne, qui a raconté son histoire au micro de Sarah-Lou Lepers pour Transfert.


    Cet épisode a été mixé par Jean-Baptiste Aubonnet. La musique est de David Aknin. Maureen Wilson était à l’édition et à la coordination. Transfertest présenté par Charlotte Pudlowski et produit par Louie Média pour Slate.fr.

  • Il y a quelques années, un article du New York Times renvoyait vers une étude proposant 36 questions pour tomber amoureux. 36 questions qui pouvaient, en exposant nos vulnérabilités, nous rapprocher intimement d’une personne, être un accélérateur. Tout ce qu’il serait nécessaire de savoir sur quelqu’un. Pourtant, il n’y avait rien sur les croyances.
    En quoi croyons-nous ? Et à quel point est-ce que cette foi peut-elle supporter un écart avec la foi de l'autre? Un écart infime, minime, tenable, immense, un gouffre? Ces questionnements ont été ceux de Jeanne, qui a raconté son histoire au micro de Sarah-Lou Lepers pour Transfert.

    Cet épisode a été mixé par Jean-Baptiste Aubonnet. La musique est de David Aknin. Maureen Wilson était à l’édition et à la coordination. Transfertest présenté par Charlotte Pudlowski et produit par Louie Média pour Slate.fr.

  • «Le bon sens nous dit que les choses de la terre n'existent que bien peu, et que la vraie réalité n'est que dans les rêves», écrit Baudelaire dans Les Paradis artificiels.
    Dans cet essai, il explore le lien entre création et drogues, et expore notamment les effets du hashish. «Pour digérer le bonheur naturel, comme l'artificiel, il faut d'abord avoir le courage de l'avaler, et ceux qui mériteraient peut-être le bonheur sont justement ceux-là à qui la félicité, telle que la conçoivent les mortels, a toujours fait l'effet d'un vomitif.» Après mille considérations, il en vient au lendemain de la drogue. « terrible lendemain » écrit-il. Tous les organes relâchés, fatigués, les nerfs détendus, les titillantes envies de pleurer, l'impossibilité de s'appliquer à un travail suivi, vous enseignent cruellement que vous avez joué un jeu défendu. La hideuse nature, dépouillée de son illumination de la veille, ressemble aux mélancoliques débris d'une fête. L'homme a voulu être Dieu, et bientôt le voilà, en vertu d'une loi morale incontrôlable, tombé plus bas que sa nature réelle. C'est une âme qui se vend en détail.» Mais entre les deux? Entre le moment où l’on avale et le terrible lendemain? C'est ce moment que raconte Florian, au micro de Maureen Wilson, pour Transfert.
    Cet épisode a été mixé par Jean-Baptiste Aubonnet. La musique est de Maxime Daoud. Gabrielle Ramain et Maud Benakcha était à l’édition et à la coordination. Transfertest présenté par Charlotte Pudlowski et produit par Louie Média pour Slate.fr.

  • En grandissant, nous avons tous appris des choses sur notre histoire que nous avions ignoré. Que nos parents ne s’étaient pas rencontrés exactement à la date dite. Qu’il y avait eu un adultère. Que notre père avait été malade. Que nous n’étions pas issus de la famille que l’on croyait.
    À partir de quel moment cette redéfinition de notre histoire devient une redéfinition de tout notre être ? Quelle distance, entre ce que nous avions cru et ce que nous comprenons être, nous mène à tout réviser ? Et quelles sont les informations qui ne resteront plus jamais dans le secret, pour que nos enfants puissent se construire eux-mêmes ?
    Ces questionnements ont été ceux de Julie, qui a raconté son histoire au micro de Judith Chétrit pour Transfert.

    Cet épisode a été mixé par Jean-Baptiste Aubonnet. La musique est de Raphaël Ankierman. Maureen Wilson était à l’édition et à la coordination. Transfertest présenté par Charlotte Pudlowski et produit par Louie Média pour Slate.fr.

  • À l’hiver 2003, le public de la Comédie Française découvre pour la première fois un texte de Marie Ndiaye. Papa doit manger raconte le retour d’un père sénégalais dans sa famille qu’il a quittée il y a plus de dix ans. Il toque à la porte de cet appartement de Courbevoie dans lequel il espère retrouver les deux enfants qu’il a fait avec une femme blanche, qui vit désormais avec un nouvel homme, blanc lui aussi, à la bonne conscience de gauche. «C’est moi, mon oiseau. C’est moi. Papa est revenu» dit-il à sa fille sur le palier. «Papa est revenu mais Papa ne savait pas, Mina, que les enfants changent aussi vite. Papa croyait que les enfants attendraient son retour avant d’avoir l’air de parfaits inconnus.» Cette histoire, c'est surtout le récit d’une famille déchirée par des rapports de classe et de race.

    De cette pièce bouleversante naissait ces questions: comment une famille écartelée entre deux continents, deux histoires, deux rapports de pouvoir et de domination, peut-elle se retrouver? Après tant d'années d'éloignement ? Comment les souffrances des uns peuvent-elles se concilier avec les attentes des autres? Et de ces multitudes d’ambiguités, quel genre d’amour et de consolation peut éclore? Ce sont ces mêmes questionnements qui ont nourri Christine dans sa quête de vérité. Elle raconte son histoire au micro d'Iris Ouédraogo pour Transfert.

    Cet épisode a été mixé par Jean-Baptiste Aubonnet. La musique est de David Aknin. Maureen Wilson était à l’édition et à la coordination. Transfert est présenté par Charlotte Pudlowski et produit par Louie Média pour Slate.fr.

  • Enfant, on rêve parfois d'être pris dans des histoires rocambolesques, qui viendraient nous sortir de notre ennui et donner un caractère unique à notre existence. Mais comment réagiriez-vous si soudain, votre quotidien était fendu en deux et prenait des tournures de film dramatique? Si vous étiez confronté à une situation hors norme, à une très grande violence? De quelles ressources votre esprit, votre corps, pourraient-ils alors faire preuve? C'est ce qui est arrivé à Vanessa. Cette histoire de violente rupture dans la normalité, elle l'a raconté au micro de Gabrielle Ramain pourTransfert
    Cet épisode a été mixé par Jean-Baptiste Aubonnet. La musique est de David Sztanke. Maureen Wilson était à l’édition et à la coordination. Transfert est présenté par Charlotte Pudlowski et produit par Louie Média

  • En philosophie, le doute est très valorisé. Il est la condition de la remise en question des préjugés, du monde autour de soi, la condition d’émergence de la pensée. Douter c’est formidable, en philosophie. Mais imaginez vous devoir vivre dans le doute, chaque jour. Imaginez devoir douter au quotidien, ne pas savoir. Imaginez un immense vide au creux de votre vie, sans que vous ne puissiez savoir avec certitude d’où il vient, s’il se remplira de nouveau un jour, comment. Cette incertitude, Claire la raconte au micro de Sarah-Lou Lepers, pour Transfert.
    Cet épisode a été mixé par Jean-Baptiste Aubonnet. La musique est de David Aknin. Maureen Wilson était à l’édition et à la coordination. Transfert est présenté par Charlotte Pudlowskiet produit parLouie Média


  • Vous connaissez cette expression, voir midi à sa porte? Cette faculté qu’on a de parfois voir seulement ce qui nous arrange, ce qu’on a envie de voir. Ça marche pour tout et n’importe quoi. Vous n’avez pas envie d’aller chez votre psy, il vous a dit qu’il partait en vacances bientôt, vous en déduisez qu’il voulait annuler votre séance. Ce n’est pas le cas et quand il vous en parlera, la prochaine fois, vous direz ‘ha mince, je croyais que vous aviez annulé!” Ça marche pour les derniers pépitos que vous avez mangé (ha je pensais que t’en voulais plus, tu avais laissé le paquet sur la table en partant), les poubelles que vous n’avez pas sorties (ha mais je croyais que tu allais le faire, tu avais dit que tu les avais vues ce matin?) ou toutes les choses plus ou moins graves ou triviales que vous avez tellement envie d’entendre que vous les imaginez. Vous avez tellement envie d’entendre qu’il y a une solution à votre problème, que s’il n’y en a pas, vous êtes prêt à croire que cette parole prononcée à la va vite, cette personne débarquée à l’improviste dans votre vie, c’est elle la solution. C’est là que vous devenez le plus vulnérable. Prêt à vous faire avoir…C’est ce qui est arrivé à Cédric et qu’il a raconté à Agathe Le Taillandier. 

    Cet épisode a été mixé par Jean-Baptiste Aubonnet. La musique a été composée par Maxime Daoud. Maureen Wilson était à l’édition et à la coordination. Transfert est présenté par Charlotte Pudlowski et produit par Louie Média

  • Dans Will Hunting, le film de Gus Van Sant qui a fait de Matt Damon une star, Will est un gosse du sud de Boston qui passe ses soirées à boire des bières avec ses copains, à chercher la bagarre sur des terrains de basket, à traîner son ennui de job en job. Jusqu’à ce qu’on se rende compte que c’est un surdoué et qu’un ponte des mathématiques s’allie à un ponte de la psychanalyse pour le sauver. Mais imaginez que personne ne se soit jamais penché sur son sort. Qu’il n’ait pas été un surdoué du niveau d’Einstein mais simplement un surdoué normal si l’on peut dire. Un haut potentiel qui s’ignore, et que les autres ignorent. 
    C'est un peu cette histoire que Lise raconte au micro de Sarah-Lou Lepers.

    Cet épisode a été mixé par Jean-Baptiste Aubonnet. La musique a été composée par David Sztanke. Maureen Wilson était à l’édition et à la coordination. Transfert est présenté par Charlotte Pudlowski et produit par Louie Média

  • D'où vient l'amour d'une mère ? À quelle source naît-il, cet amour, dont on se rend bien compte aujourd’hui, qu’il n’est pas inné, pas immuable, pas immédiat ? Cet amour dont Romain Gary écrivait qu’il donne de mauvaises habitudes ? Dont il écrivait encore : « avec l’amour maternel, la vie vous fait à l’aube une promesse qu’elle ne tient jamais.» À quelle racine commence cet amour, qui vous oblige ensuite selon Gary de manger froid jusqu’à la fin de vos jours ? L'histoire de cette semaine est une histoire d'amour maternel. Yaëlle la raconte dans Transfert au micro Maureen Wilson. 

    Cet épisode a été mixé par Jean-Baptiste Aubonnet. La musique a été composée par David Aknin. Transfert est présenté par Charlotte Pudlowski et produit par Louie Média

  • Vous vous tenez sur le quai du métro. Vous voyez le premier wagon arriver et vous imaginez vous jeter sur les rails. Un instant vous vous dites, "et si je le faisais"? Vous n'en avez aucune envie, mais de manière fugace, la peur d'en avoir envie vous traverse. La peur de vos propres pensées. Cette peur là, c'est celle qui a assailli Martin. Il le raconte dans Transfert à Iris Ouédraogo.
    Cet épisode a été mixé par Jean-Baptiste Aubonnet, coordonné et édité par Maureen Wilson. La musique a été composée par Maxime Daoud. Transfert est présenté par Charlotte Pudlowski et produit par Louie Média

  • À quoi servent les histoires? C'est une question qui traverse tous les épisodes de Transfert. À quel point nous aident-elles à comprendre, à analyser, à faire montre d'empathie. Pour cet épisode de Noël, on s’est demandé à quel point l’amour des histoires, peut donner envie d’en créer une, d’en rêver une, le talent de faire vivre, le temps d’une nuit, des personnages, des décors, et de les planter dans la vraie vie. Et ce petit conte de Noël est aussi l'occasion de rendre hommage à la manière dont vous faites vivre les podcasts dans votre quotidien. Et à ce qu'ils peuvent provoquer. Iris Ouédraogo a réalisé cet épisode; Maxime Daoud a composé la musique. 

  • Dans le documentaire Sexe sans Consentement, de Delphine Dhilly et Blandine Grosjean, sorti en mars 2018 dans le sillage du mouvement MeToo, il y avait tous ces témoignages passionnants, terrifiants, sur la zone grise du consentement. Sur ces rapports sexuels qui avaient eu lieu, alors que les femmes n’en avaient pas eu envie. Et il y avait cette femme notamment, peut-être 25 ou 28 ans, chatain, créoles aux oreilles, sourire rouge. Elle racontait une fête, qui avait eu lieu chez un garçon. À un moment donné de la soirée il avait commencé à l’embrasser et à l’emmener dans sa chambre. Elle avait gentiment dit non, il avait fermé la porte derrière eux, elle lui avait dit “non je préférerais rentrer chez moi”, une fois, deux fois, et il avait continué. Et puis elle a cette phrase: "Il y a aussi cette question de rester poli" Elle a arrêté de dire non et de résister, parce qu’elle avait peur, parce qu’il était plus costaud, mais aussi pour rester poli. Et un peu plus tard elle dit encore: “J'aime pas être pas gentille”.
    La gentillesse, la politesse, ces valeurs qu’on apprend aux petites filles quand on autorise les petits garçons à se bagarrer, à dire non, à s’imposer. Ces valeurs qui irriguent les vies, l’enfance terminée, et font taire une femme, face à un homme qui abuse d’elle. Il y a tellement de raisons et de manières d’écouter le désir d’un homme plutôt que le sien. Tellement de manières de tenir compte de lui plutôt que de soi-même. Tellement de manières dont un homme peut user de pouvoir sur une femme. A fortiori s’il est plus âgé, plus riche, plus connu, plus élevé qu’elle dans la société. 
    Cet épisode de Transfert raconte l’histoire d’Héloïse, il est réalisé par Iris Ouédraogo et produit par Louie Média pour Slate.fr.


  •  Dans L’année de la pensée magique, l’écrivaine américaine Joan Didion raconte la mort soudaine de son mari, avec qui elle vivait depuis quelques décennies, avec lequel elle travaillait chaque jour à leur domicile, puisqu’il était écrivain comme elle, avec lequel elle partageait tout. Joan Didion raconte la manière dont chaque mort revêt un sens particulier, invite un deuil particulier. Et elle écrit encore, un peu plus loin: «On sait combien le deuil peut faire vaciller l’esprit». Dans cet épisode, Hélène raconte comment sa ressemblance avec son père, et la mort de celui-ci, ont fait vaciller sa vie.

    Cet épisode de Transfert est réalisé par Judith Chétrit, et la musique est de Maxime Daoud. Transfert est présenté par Charlotte Pudlowski et produit par Louie Média