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La 11è Conférence d’examen du Traité sur la Non-Prolifération s’est achevée, il y a quelques jours, à New York sans accord final, pour la troisième fois consécutive, après 2015 et 2022.
Ce traité vieux de 50 ans n’a pourtant jamais été aussi crucial : guerre d’Ukraine, tensions avec l’Iran, course aux armements en Asie, et même les menaces de retrait de certains États -comme l’Iran qui s’interroge publiquement sur son adhésion- remettent en cause l’équilibre nucléaire mondial. À New York, les discussions sur le traité de non prolifération ont non seulement pas abouti, mais elles se sont aussi déroulées dans un contexte accusatoire et conflictuel. Tout se dérègle et la menace nucléaire est revenue à la Une de l’actualité mondiale. La Russie ne cesse d’agiter le chiffon rouge du nucléaire, notamment lorsqu’elle est en difficulté sur le front. L’Iran a franchi toutes les lignes rouges et la Corée du Nord fait d’incroyables progrès balistiques et nucléaires s’appuyant sur son nouvel allié russe. Le désarmement est en péril. La menace nucléaire grandit aussi vite que le désir de protection nucléaire augmente. Jamais autant de pays ne s’étaient intéressés à cette arme de dissuasion massive. Le TNP est-il encore un rempart ou s’est-il transformé en château de cartes, prêt à s’effondrer ?
Invités :
Emmanuelle Galichet, enseignante chercheur en Sciences et Technologies Nucléaires au CNAM Jean-Marie Collin, directeur pour la France de la Campagne Internationale pour abolir les Armes Nucléaires, ICAN France. Campagne ICAN qui a reçu le Prix nobel de la paix en 2017. -
Une région de 7.000 îles et 40 millions d’habitants. Un carrefour géopolitique en ébullition qui se retrouve en première ligne de l’urgence climatique mondiale. La lutte contre les effets du dérèglement climatique est devenue la première préoccupation pour la plupart des gouvernements caribéens, ce qui modifie en profondeur leurs priorités diplomatiques. On parle pour la région d’une géopolitique de la survie.
La priorité climatique n’est pas celle de Donald Trump davantage préoccupé par la place qu’occupe la Chine aujourd’hui dans la région, le trafic de drogue, le commerce maritime, le pétrole, les questions migratoires. On n’entend plus parler de ses intentions sur le Canal de Panama, mais le président a fait usage de sa force au début de l’année (2026) en menant une opération militaire sans précédent au Venezuela, bombardant Caracas et capturant Nicolas Maduro. Alors que Washington intensifie sa présence militaire dans les eaux caribéennes, la pression sur les alliés régionaux de Nicolas Maduro s’accroît. Cuba subit un blocus énergétique total depuis le début de l’année : les livraisons de pétrole vénézuélien ont cessé, les États-Unis bloquent les tankers à destination de l’île et les sanctions s’intensifient. Raul Castro a été inculpé le 20 mai 2026 pour le meurtre d’Américains en 1996. Une décision judiciaire vue comme une excuse pour que Washington puisse intervenir sur l’île, enlever et incarcérer l’ancien guérillero afin de précipiter un changement de régime. Malgré la chute de Nicolas Maduro, Pékin reste un acteur-clé dans la région. Quant à la Communauté caribéenne et à l’Association des États de la Caraïbe, elles ont bien du mal à unifier leurs positions face aux crises. Entre dépendance énergétique, pression géopolitique et quête de souveraineté, regard sur les défis de la Caraïbe dans l’écriture de son propre destin.
Nos invités :
Laura Faxas, sociologue, ancienne ambassadeur de la République Dominicaine en France, en Suède et en Autriche ainsi qu’auprès de l’UNESCO. Coordinatrice en France du Think Tank dominicain FUNGLODE Jacqueline Laguardia Martinez, économiste. Professeure titulaire à l’Institut des relations internationales de l’Université des Indes Occidentales. Spécialiste des relations internationales de la Caraïbe, de l’intégration régionale des petits États insulaires en développement et des liens Cuba/CARICOM Sebastian Nieto Parra, chef de la Division des dynamiques du développement régional -Afrique, Asie et Amérique Latine et Caraibe- au Centre de développement de l’OCDE. Coordinateur de « Caribbean Development Dynamics 2026».Émission en partenariat avec la Maison de l'Amérique Latine à Paris et son Forum 2026 « L'Amérique Latine toujours », dans le cadre de la 13è édition des Semaines de l'Amérique Latine et des Caraïbes. Et la collaboration de Christophe Ventura.
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Estão a faltar episódios?
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Barrière montagneuse qui s’étend sur près de 1 200 kms entre mer Noire et mer Caspienne, le Caucase est considéré comme la frontière sud de l’Europe avec l’Asie, mais c’est aussi une aire de contacts autant que de frictions entre Empires ottoman, perse et russe. Intégré à l’URSS à partir de 1921, il est composé de deux ensembles : le Grand Caucase au nord et le Petit Caucase au sud, traversé par les frontières de la Géorgie, de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan.
Trois États devenus indépendants avec l’effondrement de l’URSS en 1991 et qui forment la Transcaucasie, tandis qu’au nord, la Ciscaucasie appartient à la Fédération de Russie. Si le Caucase du Nord semble aujourd’hui pacifié au prix de dizaines de milliers de morts depuis la dernière guerre de Tchétchénie, le Caucase du Sud demeure une zone instable sur les plans politique et géopolitique que Moscou, mobilisé actuellement sur le front ukrainien, considère encore comme stratégique. Zone instable... C’est ce que nous allons voir dans cette édition en partenariat avec la revue « QUESTIONS INTERNATIONALES » consacrée à la Géopolitique du Caucase. Parmi les points d’attention, l’élection parlementaire du 7 juin prochain en Arménie qui a lancé un processus d’adhésion à l’Union européenne, tandis que la Géorgie s’aligne sur le modèle russe. Et que les États-Unis veillent au grain. JD Vance était en Arménie en février 2026 et c’est à Washington qu’a été signé en août 2025 un accord entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie à l’issue de la dernière guerre du Haut-Karabagh. Entre guerres gelées, alliances changeantes et rêves européens, le Caucase du Sud est aujourd’hui plus que jamais au cœur des tensions mondiales.
Invités :
Sylvia Serrano, politiste, professeure à Sorbonne Université et chercheure à l’antenne de Tbilissi (Géorgie) de l’Institut Français de Recherche sur l’Europe orientale, le Caucase et l’Asie du Nord (IRECA) Sabine Jansen, rédactrice en chef de Questions Internationales, professeure de Relations internationales au CNAM et chercheuse associée à Paris Cité Thorniké Gordadzé, enseignant à Sciences Po et chargé de programme pour le voisinage oriental et la mer Noire à l’Institut Jacques Delors. -
Au début du mois de mai 2026, un sommet intitulé « Africa forward » (« en avant l’AFRIQUE »), organisé pour la première fois dans un pays anglophone, le Kenya, réunissait 35 chefs d’État et de gouvernement de tout le continent ainsi que des représentants des sociétés civiles et de grands groupes français et africains. Il y fut surtout question d’investissements et d’affaires.
La France, contestée voire expulsée de certaines de ses anciennes possessions et affaiblie politiquement, cherche à maintenir sa présence sur le continent sur le terrain économique, y compris dans les pays anglophones. Un mouvement de redéploiement économique a déjà été entamé par de nombreux autres pays : la Chine, la Turquie, l’Inde, les pays du Golfe, l’Espagne, l’Allemagne et l’Italie.
L’annonce en novembre 2022 de la fin de l’opération française Barkhane au Sahel a été largement interprétée comme la clôture d’un cycle stratégique ouvert au début des années 2000, marqué par la centralité des opérations extérieures de contre-terrorisme, de stabilisation et de gestion des crises. Barkhane fut le successeur de Serval, avec une empreinte régionale étendue. Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad, Mauritanie. Le Sahel qui, au fil des années, a cessé d’être seulement un théâtre de lutte contre le terrorisme pour devenir un terrain de rivalités entre puissances, où Russie, Turquie et Émirats Arabes Unis sont particulièrement actifs. La guerre de l’information est généralement mise en avant comme le maillon faible de l’opération Barkane au cours de laquelle la France s’est vue imposer des récits adverses donnant l’image d’un pays intrusif et inefficace, questionnant sa légitimité. Et aujourd’hui, la tentation est grande dans le débat public français de réduire Barkhane à un échec à oublier.
Pour cette cinquième émission en partenariat avec l’INALCO, l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales et son programme DECRIPT portant sur les transformations du système international et les effets politiques et institutionnels de ces récits civilisationnels qui ont émergé sur la scène mondiale, nos invités :
Raphaëlle Chevrillon-Guibert, chercheuse en Science politique à l’IRD, Institut de Recherche pour le Développement, et membre du laboratoire PRODIG Marc-Antoine Pérouse de Montclos, directeur de recherche à l’Institut de Recherche pour le développement. Co-directeur de la collection Afrique(s) aux éditions FMSH, Fondation Maison des Sciences de l’Homme. -
Depuis quatre ans, la guerre en Ukraine s’étire, s’enlise et s’internationalise. Vladimir Poutine, qui a longtemps affiché une assurance de fer, semble aujourd’hui engagé dans une course contre la montre.
Les dernières semaines ont révélé une Russie fragilisée : un cessez-le-feu en Ukraine immédiatement violé, des célébrations du 9 mai 2026 réduites à leur plus simple expression, des signes de contestation interne inédits, et une économie asphyxiée par les sanctions, mais temporairement sauvée par la flambée des prix du pétrole due à la guerre en Iran.
Pourtant, Moscou ne lâche rien. Elle joue sur tous les tableaux : soutien indirect à Téhéran, pivot vers la Chine, et tentative de maintenir son emprise sur l’Extrême-Orient, cette région stratégique où la présence chinoise grandit chaque jour.
La Russie est-elle en train de perdre la guerre en Ukraine ? Le pivot vers l’Asie est-il une planche de salut ou un piège ? Et que nous disent les tensions internes et la situation économique sur l’avenir du régime Poutine ?
Invitées :
Francoise Thom, historienne, enseignante émérite à la Sorbonne. Son dernier ouvrage La guerre totale de Vladimir Poutine, éditions À l’Est de Brest-Litovsk Galia Ackermann, historienne et journaliste, rédactrice en chef du média en ligne Desk Russie. Son dernier ouvrage Le KGB à Tchernobyl. Une plongée inédite dans les archives ukrainiennes, aux éditions Premier Parallèle -
Depuis plusieurs mois, le Moyen-Orient est entré dans une phase de recomposition stratégique majeure. L’offensive israélo-américaine contre l’Iran a profondément bouleversé les équilibres régionaux : tensions dans le Golfe, fermeture du détroit d’Ormuz, frappes croisées, fragilité des cessez-le-feu et retour d’une logique de confrontation directe entre puissances régionales.
Derrière cette guerre très médiatisée, une autre crise, moins visible en Europe, s’aggrave rapidement : celle qui oppose le Pakistan et l’Afghanistan taliban. La situation serait proche d’une « open war », une guerre ouverte, entre Islamabad et Kaboul. Les affrontements frontaliers se multiplient, les frappes aériennes aussi, tandis que le Pakistan accuse les talibans afghans d’abriter les combattants du Tehrik-e-Taliban Pakistan, le TTP, responsable d’attentats meurtriers sur le territoire pakistanais. Au même moment, paradoxe apparent, Islamabad tente de se présenter comme médiateur entre Washington et Téhéran. Soutenu discrètement par l’Arabie saoudite, proche des États-Unis mais obligé de ménager l’Iran voisin, le Pakistan cherche à transformer une extrême vulnérabilité intérieure en opportunité diplomatique, sous l’œil observateur de New Delhi qui, de son côté, développe des liens croissants avec Kaboul, dans une logique d’encerclement régional de son rival historique. Derrière les crises du Moyen-Orient se dessine une nouvelle bataille d’influence sud-asiatique, entre Inde, Pakistan, Afghanistan, Iran, Chine et monarchies du Golfe. Assiste-t-on à une régionalisation du conflit moyen-oriental jusqu’aux portes de l’Asie du Sud ? Le risque d’un embrasement régional généralisé est-il aujourd’hui sous-estimé ?
Invités :
Olivier Weber, écrivain et grand reporter. Des Anges et des ogres qui vient de paraître chez Calmann-Lévy Jean-Luc Racine, directeur de recherche émérite au CNRS, chercheur senior au think tank Asia Centre -
« La voie de la négociation est plus utile et plus douce que celle des armes. » Voilà ce que disait l'un des négociateurs de Louis XIV. Mais l'actualité récente qu'elle nous emmène en Iran, au Venezuela ou en Ukraine, nous pousse à nous demander si la diplomatie est morte. Ou bien si elle prend d'autres formes…
Soumises aux réseaux sociaux, tributaires de plus en plus d'intérêts privés, et semblant balayées d'un revers de main par un président américain qui cultive l'unilatéralisme comme une force. Question que l'on posera à nos invités :
Guillaume Devin, professeur émérite des universités à Sciences Po, membre associé du CERI, auteur de Notre système international. Une approche politique des relations internationales, éditions Le Cavalier Bleu
Nicolas Normand, ancien ambassadeur de France au Mali, au Congo-Brazzaville et au Sénégal. Auteur du Grand livre de l’Afrique : Chaos ou émergence au sud du Sahara ? (Eyrolles)
Marc Pierini, ancien ambassadeur de l'Union européenne et chercheur à Carnegie Europe, auteur de Deux générations en guerre – Mémoires familiales pour comprendre le retour de la guerre en Europe, autoédité.
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C'est un événement musical que certains considèrent avec condescendance, voire mépris, comme le summum du kitsch et du clinquant. Et pourtant, le 16 mai 2026, Vienne, la capitale autrichienne, accueillera la 70e édition de l'Eurovision. Un concours de chansons fédérateur créé en 1956 par l'Union européenne de radio-télévision, retransmis en direct par une trentaine de pays dans le monde et suivi par quelque 160 millions de téléspectateurs. Mais l'Eurovision n'est pas qu'un simple divertissement, il est aussi devenu au fil des ans un enjeu géopolitique et un laboratoire des tensions contemporaines.
Pourquoi l'Eurovision reste-t-il un instrument de soft power pour beaucoup d'États qui y participent ? Pourquoi un spectacle qui se voulait fédérateur est-il aujourd'hui le théâtre de rivalités identitaires ou linguistiques, d'exclusions ou de maintiens diplomatiques ? Que reste-t-il de la vocation initiale du concours : l'aspiration à la paix européenne ? L'Eurovision n'est-il aujourd'hui qu'une vitrine de la pop culture mondialisée ou demeure-t-il un espace de partage qui peut encore tirer son épingle du jeu face à la concurrence des plateformes globales ? Pourquoi les chercheurs en font-ils un objet d'étude ? On en débat avec nos invités :
Florent Parmentier, docteur en géopolitique, spécialiste des dynamiques européennes et enseignant à Sciences Po Cyrille Bret, docteur en philosophie, chercheur associé à l’Institut Jacques Delors, enseignant à Sciences Po.Tous deux ont publié Géopolitique de l’Eurovision, la bande-son de la construction européenne, aux éditions Bréal.
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Il y a une semaine au Mali, une série d’attaques simultanées contre des positions stratégiques de l’armée dans plusieurs villes, y compris la capitale Bamako, a fait vaciller la junte au pouvoir. Le numéro 2 du régime, le ministre de la Défense Sadio Camara, a été tué à Kati tandis que la ville symbole de Kidal, dans le nord, tombait aux mains des rebelles. Un camouflet pour la junte et pour les paramilitaires russes contraints de battre en retraite.
Des attaques menées conjointement par le Jnim (Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, affilié à al-Qaïda) et par le FLA, le Front de libération de l’Azawad, cette vaste zone du nord du Mali dont les séparatistes touaregs réclament l’indépendance depuis des décennies.
Mardi 28 février 2026, après trois jours de silence, le chef de la junte, Assimi Goïta, a appelé à un sursaut national et déclaré la situation sous contrôle mais les rebelles continuent de progresser : ils se sont emparés hier du camp militaire stratégique de Tessalit dans le nord.
Que cherchent le Jnim et le FLA ? Ont-ils les mêmes objectifs ou sont-ils des alliés de circonstance ? La junte, qui ne contrôle qu’à peine 30% du territoire, pourra-t-elle se maintenir au pouvoir après avoir échoué, avec ses partenaires russes, à restaurer la paix et l’autorité de l'État dans tout le pays ? En cas d’effondrement du régime militaire, faut-il craindre un effet domino au Sahel ? Quel rôle joue l’Algérie en coulisses ?
Avec :
Bakary Samb, directeur du Timbuktu Institute et fondateur de l’Observatoire des radicalismes et conflits religieux
Francis Kpatindé, ancien journaliste, spécialiste de l’Afrique, enseignant à Sciences Po
Oumar Berté, politologue, avocat associé au barreau de Paris et chercheur associé au Centre d’études juridiques de l’Université de Rouen-Normandie.
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Le 4 avril 2025, la Une du magazine britannique The Economist a été très remarquée . On y voyait en gros plan un Donald Trump vociférant sous l’œil d’un Xi Jinping au sourire impénétrable pour illustrer cette petite phrase : « N’arrêtez jamais votre ennemi quand il est en train de commettre une erreur... »
Depuis le début de la guerre lancée contre l’Iran par Israël et les États-Unis, le 28 février 2026, la Chine observe avec beaucoup de retenue les tensions autour du détroit d’Ormuz, et le piège dans lequel Donald Trump s’est enferré. À l’inverse d’un président américain qui change d’avis en permanence, insulte ses alliés, promet d’anéantir la civilisation iranienne, et déclenche une crise énergétique qui affecte toute la planète, le président chinois renforce son image de dirigeant responsable, réaffirme ses liens avec l’Iran sans lui apporter officiellement d’aide militaire directe, dénonce un monde régi par la loi de la jungle et reçoit avec les honneurs à Pékin aussi bien le Premier ministre espagnol Pédro Sanchez, virulent critique de Donald Trump, que le prince héritier d’Abou Dhabi, alors que les Émirats arabes unis essuient des attaques iraniennes après chaque frappe américaine…
Alors quels bénéfices économiques, stratégiques et politiques, la Chine espère-t-elle tirer de la situation chaotique dans le golfe ? Peut-on dire que la Chine sort gagnante de cette guerre menée contre l’Iran ?
Avec
- Emmanuel Véron, géographe, spécialiste de la Chine contemporaine, chercheur associé au centre de géopolitique de HEC
- Didier Chaudet, géopolitologue spécialiste de l’Iran, de l’Afghanistan, du Pakistan et de la politique chinoise au Moyen-Orient et en Asie du Sud, co-fondateur de l'Observatoire de la Nouvelle Eurasie.
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Ils sont devenus depuis 2022 l’emblème de la guerre en Ukraine en permettant à Kiev de contrer la supériorité de l’armée russe. Faciles à produire, d’un rapport coût/efficacité imbattable, ils occupent désormais une place de choix dans l’arsenal militaire de bon nombre de pays, de l’Europe au Moyen-Orient, de l’Afrique à l’Asie... Ils sont également très prisés d’acteurs non étatiques, notamment des groupes jihadistes au Sahel.
Drones de surveillance ou de reconnaissance, drones navals, drones tueurs ou kamikazes, leurs noms sont presque devenus familiers tant ils sont cités dans les reportages de guerre : du drone iranien Shahed au turc Bayraktar, en passant par l’américain Reaper.
Alors les drones ont-ils révolutionné la guerre moderne ? Et quel type de guerre ? Peuvent-ils vraiment redessiner les équilibres régionaux ou leur prête-t-on un trop grand rôle ? Qu’appelle-t-on la diplomatie du drone ? Quel avenir pour ces drones militaires de plus en plus performants ? Et comment s’en protéger ?
Deux invités :
- Étienne Marcuz, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique (la FRS), analyste sur les questions de dissuasion et d’armement stratégique
- Guillaume Lasconjarias, historien militaire et professeur associé à Sorbonne Université.
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Il y a une semaine, des élections législatives se tenaient en Hongrie. Elles ont vu Viktor Orban fortement et franchement désavoué. Un choix des électeurs hongrois qui dépasse largement les portes de la Hongrie. Un pouvoir illibéral a été défait et avec lui un discours eurosceptique dissimulé derrière un patriotisme qui interroge.
La défaite est aussi celle de Donald Trump et de son idéologie MAGA qui ont tenté d’interférer dans l’élection. Les ingérences russes et américaines dans le scrutin ont été mises en échec. Et au-delà dans un contexte international marqué par la guerre en Ukraine, l’affirmation de la Russie comme une menace durable pour l’Europe et un engagement américain incertain sur le Vieux Continent, les interrogations autour de l’avenir du lien transatlantique se multiplient, ravivant les incertitudes européennes quant à leur architecture de sécurité.
Invité :
Thierry de Montbrial, membre de l’Académie des sciences morales et politiques. Fondateur et président de l’Institut français des relations internationales. Également fondateur et président de la World Policy Conference.
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Depuis la fin de la guerre froide, une idée s’est imposée pour expliquer les tensions du monde : celle d’un affrontement entre civilisations. Une idée popularisée par l’Américain Samuel Huntington, selon laquelle les conflits ne seraient plus idéologiques ou territoriaux, mais culturels, religieux, presque identitaires.
Le regard sur le Moyen-Orient est particulièrement intéressant tant on y assiste à l’effritement progressif des grands pôles de civilisation arabo-musulmane contemporains incarnés par l’Irak, la Syrie, et potentiellement l’Égypte. Effritement que d’aucuns décrivent comme l’une des tragédies géopolitiques majeures du XXIè siècle. Là où naquirent jadis les premières cités-États, le droit codifié et les empires fondateurs, nous assistons aujourd’hui à une fragmentation sans précédent qui remet en question la pérennité de ces berceaux de l’humanité. Aux côtés de l’effritement, il y a aussi l’embrasement. Depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 et la riposte israélienne, le feu ne s’arrête plus au Moyen-Orient. Destruction presque totale de Gaza. Maintenant le Sud Liban, conjointement à l’attaque israélo-américaine sur l’Iran. Une situation particulièrement suivie par la Turquie qui célébrait en 2023 son 100ème anniversaire et dont le narratif civilisationnel est particulièrement développé. Les paradigmes de civilisation sont en hausse dans le monde entier et la compétition accrue pour l’exercice hégémonique du pouvoir. Nostalgie de l’empire. Critique de la modernité.
Émission en partenariat avec l’INALCO, l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales et son programme DECRIPT portant sur les transformations du système international et les effets politiques et institutionnels de ces récits civilisationnels qui ont émergé sur la scène mondiale.
Invités :
Sophia Mahroug, maîtresse de conférences à l’Université Sorbonne Abu Dhabi, spécialiste de l’Iran contemporain et des Gardiens de la révolution Lætitia Bucaille, professeure de Sociologie politique à l’INALCO, chercheuse au Centre d’études sur les mondes africains, américains et asiatiques et membre senior de l’Institut universitaire de France. Son dernier ouvrage « Gaza, quel avenir ? » dans la collection Essais chez Stock Jan-Markus Vömel, historien. Spécialiste de la Turquie moderne et plus particulièrement de l’islamisme turc. Chercheur postdoctoral sur le Proche et Moyen-Orient du programme de recherche DECRIPT de l’INALCO. -
Longtemps, la raison d’État a prévalu sur la justice, les règlements diplomatiques des guerres prenant le pas sur l’exigence d’éthique de réparation des victimes. Longtemps aussi, on a choisi l’amnistie en croyant qu’elle mènerait à l’amnésie, et avec elle à l’effacement des souffrances.
Il a fallu la Seconde Guerre mondiale et ses atrocités pour que se mettent progressivement en place les composantes d’une justice internationale avec le procès de Nuremberg, les Tribunaux spéciaux pour l’ex-Yougoslavie et le Rwanda, et la création de la Cour pénale internationale.
Récent donc, l’édifice est également fragile face aux coups de boutoir des régimes autoritaires mais aussi des démocraties en proie à la montée des nationalismes et populismes. Notre système mondial est aujourd’hui en proie à la destabilisation et au retour en force de l’impunité au mépris de tout droit international.
Jean-Paul Chagnollaud est notre invité. Professeur émérite des Universités et président d’honneur de l’IREMMO, il publie « Oublier ou punir ? Justice pénale internationale et politique », aux éditions le Cavalier Bleu.
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Élections législatives ce dimanche (12 avril 2026) en Hongrie, pays de 10 millions d’habitants, qui pourraient marquer un tournant historique. Après seize années au pouvoir, le Premier ministre Viktor Orbán fait face à son défi le plus sérieux depuis son retour en 2010.
Celui qui a théorisé la « démocratie illibérale » a profondément transformé le pays : réforme du système électoral, contrôle accru des médias, affaiblissement des contre-pouvoirs. La Hongrie est aujourd’hui régulièrement accusée par les institutions européennes de dérive autoritaire, au point que certains eurodéputés estiment qu’elle n’est plus une démocratie à part entière. Mais le contexte a changé. L’économie ralentit, l’inflation a marqué les esprits ces dernières années, et surtout, les fonds européens sont en partie gelés en raison de préoccupations liées à l’État de droit. Face à lui, un homme inattendu : Péter Magyar, ancien proche du pouvoir devenu opposant. À la tête du parti Tisza, il incarne une alternative conservatrice mais pro-européenne, centrée sur la lutte contre la corruption et la restauration des institutions. Selon les sondages, il est même donné en tête. La campagne a été marquée par un climat particulièrement tendu : accusations d’ingérences étrangères, usage de désinformation, instrumentalisation de la guerre en Ukraine. Orbán fait campagne contre Bruxelles et contre Kiev, affirmant que ses adversaires entraîneraient la Hongrie dans la guerre. Au-delà de la Hongrie, c’est un scrutin à forte portée internationale. Car Viktor Orbán est aujourd’hui le seul dirigeant européen à entretenir à la fois des liens étroits avec Vladimir Poutine et à être soutenu par Donald Trump. La Hongrie peut-elle tourner la page Orbán ? Ou bien son système est-il désormais trop solidement installé pour être renversé ?
Invités :
Jacques Rupnik, directeur de recherche au CERI de Sciences Po, spécialiste de l’Europe du centre et de l’Est. Auteur de nombreux ouvrages. Et cet essai qui vient de paraître dans le Grand Continent, sur Viktor Orban Florent Parmentier, secrétaire général du CEVIPOF de Sciences Po ; « Géopolitique de l’Eurovision » Par téléphone, depuis Ottawa, Roman Krakovsky, professeur agrégé. Directeur de la Chaire en Études slovaques et centre-européennes à l’Université d’Ottawa. -
C’est un globe-trotter qui, depuis un demi-siècle, raconte ou décrypte les soubresauts du monde, de Johannesbourg à Pékin en passant par Jérusalem… Il a été témoin du massacre des écoliers noirs de Soweto en 1976 sous l’apartheid. Il a assisté au retour de Yasser Arafat sur sa terre de Palestine en 1994 et observé l’incroyable essor de la Chine dans les années 2000… Et depuis huit ans, il tente d’analyser chaque matin sur France Inter la bascule du monde.
Ce monde issu de la Seconde Guerre mondiale, dont la boussole était le droit international, qui est en train de disparaître, piétiné par des autocrates en mal d’empire ou à l’égo surdimensionné. Quelles leçons tirer du passé pour éviter le pire ? Serons-nous capables de construire demain un nouveau monde, meilleur et plus équitable ? Ces deux questions sont au cœur du dernier livre de Pierre Haski, La fin d'un monde : Comprendre notre époque.
Invité :
Pierre Haski, journaliste, chroniqueur Géopolitique à France Inter et au Nouvel Obs, président du conseil d'administration de Reporters sans frontières, auteur de La fin d'un monde : Comprendre notre époque aux éditions Stock.
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Plus de 1300 morts, près de 4000 blessés, 1 million de déplacés : c’est le bilan d’un mois de guerre menée par Israël au Liban… L’escalade a commencé le 2 mars quand le Hezbollah a lancé une attaque sur l’État hébreu pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei. La riposte israélienne a été massive : pluie de bombes sur les fiefs du mouvement chiite, assassinats ciblés jusqu’au cœur de Beyrouth, incursion terrestre de quatre divisions, envoi de centaines de drones qui quadrillent en permanence le ciel libanais…
Israël a revendiqué hier 3500 frappes depuis le 2 mars sur le Liban. Alors jusqu’où l’État hébreu est-il prêt à aller pour désarmer le Hezbollah ? Veut-il vraiment réoccuper le Sud-Liban, 26 ans après en être parti, chassé par le mouvement chiite soutenu par l’Iran ? L’État hébreu peut-il répéter ce qu’il appelle « le modèle Gaza », c’est-à-dire raser les villages frontaliers pour empêcher le retour de centaines de milliers d’habitants de la région ? L’armée libanaise a-t-elle les moyens de contrer pareil scénario ? Quelle est la stratégie du Hezbollah, accusé par le gouvernement libanais d’avoir entrainé le pays dans la guerre ?
Invités :
Anthony Samrani, co-rédacteur en chef du journal L’Orient-Le Jour, a publié en 2024 dans la collection Tract de Gallimard « Liban, la fin d’un pays, la fin d’un monde ? » Denis Charbit, politiste et professeur de sciences politiques à l’université ouverte d’Israël, auteur de Yitzhak Rabin, la paix assassinée paru chez Lattes. Karim Emile Bitar, enseignant à Sciences Po et professeur à l’université Saint-Joseph de Beyrouth. -
À mesure que la confrontation régionale s'est durcie autour de l'Iran, une vieille périphérie revient brutalement au centre des discussions ; le Kurdistan iranien. Cette bande montagneuse de l'ouest du pays adossé à l'Irak et la Turquie où se mêlent depuis longtemps marginalisation, répression, politisation kurde et présence de partis armés.
Et les groupes kurdes d'Iran sont face à un dilemme risqué : pris entre l'affaiblissement relatif du régime sous les frappes, les signaux contradictoires venus de Washington et le risque d'être activés comme levier sans qu'aucune fin politique claire ne leur soit garantie... peuvent-ils devenir un acteur de la guerre ? Ou bien sont-ils la surface de projection d'un imaginaire stratégique extérieur ?
Avec
- Adel Bakawan, directeur de l'Institut européen pour les études sur le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord
- Myriam Benraad, professeure à l'Université d'Exeter, autrice de Jihad la métamorphose d'une menace, au Cavalier Bleu.
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Des noms minuscules sur les cartes, mais des effets immenses sur la planète. Ormuz, Bab el-Mandeb, Suez ou encore Malacca : ces détroits bien plus que de simples passages maritimes sont des points de compression du commerce mondial, de l'énergie et des stratégies militaires. Dans le contexte de la guerre iranienne, Ormuz apporte la démonstration spectaculaire que, dans le monde contemporain, contrôler un détroit c'est déjà peser sur l'ordre international...
Avec
- Guillaume Ancel, ancien officier, auteur de Petites leçons sur la guerre, comment défendre la paix sans avoir peur de se battre ?, aux éditions Autrement
- Emmanuel Hache, adjoint scientifique à IFP Énergies nouvelles et directeur de recherche à l’IRIS. Dernier ouvrage : Géopolitique des matières premières, Éditions Eyrolles, 2025
- Nicolas Mazzucchi, docteur en géographie économique, directeur de recherche au Centre d'études stratégiques de la marine.
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Il y a cinquante ans, le 24 mars 1976, l’Argentine basculait dans la nuit. Un coup d’État militaire renversait la présidente Isabel Perón et installait une junte dirigée par le général Jorge Rafael Videla. Commençait alors ce que les militaires appelaient le « Processus de réorganisation nationale » : une dictature qui allait durer jusqu’en 1983 et faire près de 30 000 disparus, selon les organisations de défense des droits humains.
Arrestations clandestines, torture systématique, exécutions, vols de bébés, disparitions forcées — un système de terreur pensé pour effacer toute trace.
Au cœur de ce dispositif répressif, un lieu est devenu symbole : l’Escuela de Mecánica de la Armada, l’ESMA.
Officiellement École de mécanique de la Marine, en plein Buenos Aires. Officieusement, l’un des plus grands centres clandestins de détention et de torture du pays. Environ 5 000 personnes y auraient transité. La plupart n’en sont jamais revenues.
Aujourd’hui, l’ESMA est un site de mémoire. Un lieu de transmission, d’archives, de pédagogie. Mais cette mémoire est de nouveau contestée. Depuis l’arrivée au pouvoir du président Javier Milei, les politiques publiques de mémoire sont fragilisées, les financements réduits, et certains discours relativisent, voire nient, l’ampleur des crimes de la dictature.
Alors, que représente l’ESMA dans l’histoire argentine ?
Comment un lieu de terreur devient-il un lieu de mémoire ?
Pourquoi la bataille autour du passé est-elle redevenue si vive aujourd’hui ?
Pour en parler, nous recevons deux grandes spécialistes de ces questions, les historiennes et chercheuses Marina Franco et Claudia Feld, qui publient « Crimes contre l'humanité à ESMA. Anatomie d'un centre de détention clandestin en Argentine (1976-1983) », Éd. Anamosa.
Invitées :
Marina Franco, professeure à l'UNSAM et chercheuse au CONICET. Membre fondatrice du Centre d'histoire du temps présent de l'École interdisciplinaire des Hautes études en Sciences sociales en Argentine Claudia Feld, professeure à l'Université de Buenos-Aires et chercheuse au CONICET. Membre fondatrice du Centre d'études sur la mémoire et directrice de la revue CLEPSIDRA. - Mostrar mais