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  • Tout le monde en rêve, mais que signifie notre désir de jardin ?

    En ville, le contact avec la nature se cantonne souvent à l’arrosage de ficus en open space ou la contemplation des ronds-points fleuris. On peut s’en accommoder mais à l’heure où les forêts partent en fumée et la biodiversité en capilotade, il est temps de réfléchir à la pauvreté des rapports que nous entretenons avec les arbres, les plantes, les fleurs, et tout ce qui pousse autour de nous. Peut-on espérer être un tant soit peu à la hauteur de l’urgence écologique si on ne sait même pas faire la différence entre un saule et un frêne ? Planter des semis ? Soigner le mildiou ? Bichonner un kiwi ? Après un été passé à regarder la planète en feu, Delphine Saltel entame une série consacrée à nos désirs de jardin et au besoin vital de changer notre relation au monde vivant. Ce seizième épisode de "Vivons heureux avant la fin du monde" débute par un rembobinage historique en compagnie de la géographe Flaminia Paddeu, qui apporte un éclairage historique sur la disparition progressive des jardins en ville, et le fossé qui s’est ainsi creusé entre les citadins et la nature. Qu’est-ce que cela change d’avoir une parcelle de terre près de chez soi et de s’en occuper ? De profiter d'un espace, privé ou collectif, potager ou botanique, pour développer une relation pratique, physique, profonde avec les écosystèmes ? La biologiste Anne-Caroline Prévot débroussaille les allées vers un jardin politique...
    Avec :Flaminia Paddeu, géographe, maitresse de conférences à l'université Sorbonne Paris Nord et chercheuse au laboratoire PleïadeAnne-Caroline Prévot, biologiste de la conservation, écologue, directrice de recherches au CNRS
    Bibliographie : Sous les paves la terre, Flaminia Paddeu, Editions Seuil, Collection anthropocène, 2021 La Nature à l’oeil nu, Anne-Caroline Prévot, CNRS Editions, 2022
    Merci à Xavier de la Porte 
    Vivons heureux avant la fin du mondeComment s’habiller, échanger, s’aimer dans les années 20 ? Pour se bricoler une morale minimale en des temps de crises sociale et écologique, Delphine Saltel explore chaque mois nos incohérences et les solutions possibles. Mêlant questionnement personnel, tribulations domestiques, reportages et entretiens avec des chercheurs et des activistes, ce podcast veut alerter, éveiller et rassurer sur un autre monde possible. Une production ARTE Radio.


    Enregistrements : juillet-septembre 22 - Texte, voix, prises de son & montage : Delphine Saltel - Réalisation & mixage : Charlie Marcelet - Musiques originales : Arnaud Forest, Samuel Hirsch - Illustration : Raphaelle Macaron - Production : ARTE Radio

    - Arnaud Forest, Samuel Hirsch

  • La tyrannie de la minceur et comment s'en débarrasser

    C’est comme un murmure au fond du cerveau. Des pensées parasites permanentes. Au sujet du ventre (est-ce qu’on va voir mon bourrelet avec ce t-shirt ?), des fesses (pourquoi j’ai repris du gratin dauphinois ?) ou des cuisses (ce petit paréo sera parfait pour cacher ma culotte de cheval). En effet, ça ne vole pas très haut, et on est au courant qu’il y a mieux à faire que de surveiller ses kilos. Mais le fait est que ça nous pourrit la vie, surtout si on est une femme. Les psychologues appellent ça l’anxiété corporelle : une forme de haine de soi chevillée à la cellulite et qui condamne à manger des endives. D’où vient cette tyrannie de la minceur ?  Pourquoi intériorise-t-on si docilement la règle sociale qui fait de la minceur une condition sine qua non de la beauté ? Alors qu’elle rend tout le monde malheureux, et provoque de graves troubles du comportement alimentaire chez 5% des adolescentes ? Et surtout, comment s’en libérer ? 
    Pour ce dernier épisode avant la plage , Delphine Saltel sonde les méandres de notre rapport au corps et l’obsession contemporaine pour la taille 38. Désespérée de voir sa fille stresser sur son poids à même pas 12 ans et demi, elle part à Poitiers consulter deux chercheurs en psychologie sociale qui étudient les mécanismes de la comparaison sociale, l’exposition passive aux normes de minceur et leur impact sur la psyché féminine.  Elle croise le récit d’Eloïse, une jeune femme fascinée par l’élection de Miss France et touchée par l’anorexie, avec celui de la réalisatrice féministe Ovidie. Une plongée dans le bain culturel qui abreuve nos posts Instagram et nos imaginaires conditionnés. Car il est urgent de dégraisser nos méconnaissances, et de faire fondre les injonctions au summer body
    Merci à Xavier de La Porte Avec : - Ovidie, autrice et réalisatrice- Armand Chatard, professeur de Psychologie sociale à l’université de Poitiers- Leila Selimbegovic, Maître de conférences à l’Université de Poitiers- Eloïse Références :- Tu n’es pas obligée, Ovidie et Diglee, Editions la ville brûle, 2022- Beauté fatale, Mona Chollet, Editions de la découverte, 2012- L’impact de l’exposition à des images de minceur idéalisée sur l’insatisfaction corporelle chez des jeunes femmes françaises et italiennes, Rachel Rodgers et Henri Chabrol, Elsevier, 2009- The impact of exposure to unrealistically high beauty standards on inhibitory control, Leïla Selimbegovic, Catherine Juneau, Ludovic Ferrand et al., Presses Universitaires de France, 2019- The effect of experimental presentation of thin media images on body satisfaction: a meta-analytic review, Lisa Groesz et al., International journal of eating disorders, 2001 Vivons heureux avant la fin du mondeComment s’habiller, échanger, voyager, s’aimer dans les années 20 ? Pour se bricoler une morale minimale en des temps de crises sociale, écologique et sanitaire, Delphine Saltel (Que sont-ils devenus ?, Y'a deux écoles) explore chaque mois nos incohérences et les solutions possibles. Mêlant questionnement personnel, tribulations domestiques, reportages et entretiens avec des chercheurs et des activistes, ce nouveau podcast veut alerter, éveiller et rassurer sur un autre monde possible.


    Enregistrements : mai-juin 22 - Texte, voix, prises de son : Delphine Saltel - Réalisation et mix : Charlie Marcelet - Illustration : Mathilde Rives - Production : ARTE Radio

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  • Repenser le cocktail freudo-porno-sexo pour changer le scénario

    Comment continuer à faire l’amour sans se poser de questions quand on est hétéro, mais aussi fan de Virginie Despentes ? Intellectuellement, on peut tout à fait adhérer aux idées féministes qui démontent les pratiques érotiques standard, à base de pénétration et de domination masculine. Mais en pratique, il n’est pas forcément évident de rebooter son répertoire à fantasmes. Peut-on vraiment dégommer les scénarios sexuels incrustés dans notre psyché ? Qu’en faire ? Comment les assumer sans s’aliéner à ce fichu patriarcat ?
    En proie à ces grandes questions et à un vague sentiment de culpabilité, Delphine Saltel rencontre le philosophe Alexandre Lacroix, homme, cis, hétéro, marié, père de 5 enfants, et philosophe. Dans son dernier livre « Apprendre à faire l’amour » paru aux éditions Allary, il essaie d’interroger la sexualité hétéro standard, à sa manière. En puisant dans sa discipline quelques outils sexologiques originaux, Alexandre Lacroix nous incite à passer au rayon X les scripts sexuels dominants dont nous avons hérité. Car pour revisiter nos automatismes et notre imaginaire érotique, il faut déjà prendre conscience des règles et des conventions sociales auxquels on obéit souvent inconsciemment quand on fait l’amour. Analyser le cocktail freudo-porno-sexo qui nous abreuve, et changer nos habitudes pour espérer modifier le scénario. 
    Merci à Xavier de la Porte.
    Bibliographie :- « Apprendre à faire l’amour », Alexandre Lacroix, Allary éditions- « Trois essais sur la théorie sexuelle », Sigmund Freud, 1906- « Human sexual response », William Masters et Virginia Johnson, 1966- « Le rapport Hite », Shere Hite, Robert Laffont, 1977- « Connemara », Nicolas Mathieu, Actes Sud, 2022- « Réinventer l’amour », Mona Cholet, La Découverte, 2021
    Vivons heureux avant la fin du mondeComment s’habiller, échanger, voyager, s’aimer dans les années 20 ? Pour se bricoler une morale minimale en des temps de crises sociale, écologique et sanitaire, Delphine Saltel (Que sont-ils devenus ?, Y'a deux écoles) explore chaque mois nos incohérences et les solutions possibles. Mêlant questionnement personnel, tribulations domestiques, reportages et entretiens avec des chercheurs et des activistes, ce nouveau podcast veut alerter, éveiller et rassurer sur un autre monde possible.


    Enregistrements : avril 2022 - Texte, voix, entretiens, réalisation : Delphine Saltel - Mise en ondes & mix : Anna Buy - Illustration : Mathilde Rives - Production : ARTE Radio

  • Vivons heureux pendant que d'autres pédalent

    Depuis la pandémie, les applications de "quick commerce" ont révolutionné les comportements du citadin moyen. La recette miraculeuse ? Commander en trois clics sur son smartphone une barquette de guacamole pour l’apéro ou un pack de lait UHT, et se les faire amener à domicile en quelques minutes par un livreur à vélo. Et ceci tous les jours, de l’aube à minuit, pour un surcoût dérisoire de même pas deux euros. Flink, Cajoo, Gorillas, Getir… Une dizaine de jeunes start-up européennes se disputent, après celui de la livraison des repas, ce nouveau marché des courses d’épicerie disruptées. Leur arme fatale : un réseau de dark stores, des mini-entrepôts disséminés dans les grandes métropoles et qui permettent aux livreurs d’être à proximité des clients. Des siècles de civilisation et d’innovation technique pour ne plus bouger ses fesses du canapé... Que raconte ce business de la paresse ? Sous prétexte de nous simplifier la vie, comment cette économie change-t-elle  le visage de la ville ? Notre rapport aux autres, au travail, au temps ? D'ailleurs, quelle vie mènent ceux qui pédalent toute la journée avec des sacs isothermes sur le dos ? En rencontrant un livreur à vélo sans papiers, des geeks du numérique, et un économiste affûté et pédagogue, Delphine Saltel éclaire ce qui se passe à l’ombre des dark stores et des dark kitchens. Au cœur de nos petits arrangements avec la flemme.
    Avec :- Hubert Guillaud, rédacteur en chef d’Internet Actu- Abdallah M,  livreur à vélo- Dan Geiselhart, auteur avec Lauren Boudard de « Les Possédés, comment la tech a pris le contrôle de nos vies », Editions Arkhê- Romaric Godin, spécialiste de l’économie à Mediapart, auteur de l’article « L’innovation, potion magique de l’économie française ? Des Trente Glorieuses à nos jours, la grande illusion du progrès » dans le numéro 19 de la Revue du Crieur
    Merci à Jérôme Pimot, Joseph Confavreux, Xavier de la Porte et Paola Tubaro.
    Pour aller plus loin : - Antonio Casilli, « En attendant les robots », Seuil- Cédric Durand, « Technoféodalisme, critique de l’économie numérique », Editions La Découverte- Gurvan Kristanadjadja, « Uberisation piège à con », Robert Laffont- Romaric Godin, « La monnaie pourra-t-elle sauver le monde, vers une économie écologique et solidaire », Editions La Découverte,- Le média dirigé par Hubert Guillaud InternetActu s’est arrêté après 21 ans de loyaux services mais tout le contenu, passionnant, reste disponible là. - Le blog d’Hubert Guillaud- La newsletter TechTrash de Dan Geiselhart et Lauren Boudard
    Vivons heureux avant la fin du mondeComment s’habiller, échanger, voyager, s’aimer dans les années 20 ? Pour se bricoler une morale minimale en des temps de crises sociale, écologique et sanitaire, Delphine Saltel (Que sont-ils devenus ?, Y'a deux écoles) explore chaque mois nos incohérences et les solutions possibles. Mêlant questionnement personnel, tribulations domestiques, reportages et entretiens avec des chercheurs et des activistes, ce nouveau podcast veut alerter, éveiller et rassurer sur un autre monde possible.


    Enregistrements : mars 22 - Texte, voix, entretiens, réalisation : Delphine Saltel - Mise en ondes & mix : Charlie Marcelet - Illustration : Mathilde Rives - Production : ARTE Radio


  • Rencontre avec l'autrice jeunesse Marie Pavlenko

    Comment parler à nos enfants de la crise écologique sans leur refiler une angoisse trop lourde à porter ? Le réchauffement planétaire sera vraisemblablement un processus long auquel nos enfants et les enfants de nos enfants devront s'habituer. Qui les forcera à vivre dans les décombres de nos rêves de croissance et de technologie. Comment le leur dire ? Comment leur donner des ressources pour faire face à cette situation ? C'est une question d’éducation, mais aussi de récit, de fiction. Car les histoires qu'on se raconte et que l'on raconte aux autres participent à la prise de conscience écologique et nous poussent à l'action. Pour défricher quelques pistes, Delphine Saltel rencontre l’autrice jeunesse Marie Pavlenko. Elle écrit des albums jeunesse et des romans pour adolescents (science-fiction, fantasy, vie quotidienne). Il y est toujours question de la nature, des animaux, du monde vivant qui nous entoure, mais jamais de manière didactique ou culpabilisante. Elle nous donne ainsi des clés précieuses pour sortir de l’hébétude qui nous saisit face au dernier rapport du GIEC. Le but de cette démarche ? Comprendre ce qui se joue dans l’expérience de la nature, apprécier la capacité des livres à nous reconnecter au monde vivant, et déjouer l’amnésie environnementale et générationnelle qui nous menace. 
    Vivons heureux avant la fin du monde (12) : Comment parler de l'effondrement avec ses enfants
    Quelques livres de Marie Pavlenko à lire et à offrir aux adolescents :- « Et le désert disparaîtra », Flammarion- « Un si petit oiseau », Flammarion- « Je suis ton soleil », Flammarion- « Un été avec Albert », Flammarion
    Quelques liens pour prolonger la réflexion sur l’extinction de l’expérience de nature :- Se mobiliser contre l’extinction d’expérience de nature, Anne-Caroline Prévot, Espaces naturels.- Children’s affiliations with nature: structure, development, and the problem of environmental generational amnesia, Kahn, P.H. In P. H. Kahn & S. R. Kellert (Eds.), Children and nature: psychological, sociocultural, and evolutionary investigations, pp. 93–116. MIT Press.- Biodiversity conservation and the extinction of experience. Miller, J.R.  Trends in Ecol. Evol. 20, 430–434.- Transformation of Experience: Toward a New Relationship with Nature- Ré-ensauvageons la France. Plaidoyer pour une nature sauvage et libre. Stéphane Durand et Gilbert Cochet,  Collection Mondes Sauvages.


    Enregistrements : janvier 22 - Texte, voix, entretiens et montage : Delphine Saltel - Réalisation et mix : Arnaud Forest - Musique originale : Arnaud Forest - Illustration : Mathilde Rives - Production : ARTE Radio

    - Musique originale : Arnaud Forest

  • La séparation (3/3) : ce qu’on ne vous dit jamais sur la garde alternée

    Le dernier volet de notre trilogie sur la séparation est consacré aux enfants, à ce qui leur arrive quand le duo parental splitte pour de bon et qu’il faut inventer la vie d'après. On n'a pas forcément tous la fantaisie ni les moyens de se construire un "sépartement", un appartement commun mais séparé, comme le font Romane Bohringer et Philippe Rebbot dans leur joli film “L'amour flou” (2018), et dans la série qui a suivi.Alors, Delphine Saltel préfère centrer cet épisode sur le mode de garde encouragé par la loi française depuis 2002 : la “résidence alternée”. La vie découpée en semaines paires ou impaires, les usines à gaz logistiques, les dilemmes éducatifs, et autres tribulations familiales en tous genres que cela entraine. Avant, lors d'une rupture conjugale, les juges aux affaires familiales confiaient la garde à l'un ou l'autre des parents. Dans la très grande majorité des cas, c’était la mère : le père, lui, avait juste un week-end sur deux. Aujourd'hui, on valorise le système plus égalitaire du "une semaine sur deux et la moitié des vacances scolaires", notamment parce qu'il permet aux enfants de garder un lien fort et régulier avec les deux parents. Ça semble mieux pour tout le monde, en tout cas sur le papier. Mais surprise, malgré ce consensus apparent, la résidence alternée n’est pas si répandue que ça. Elle est même minoritaire : d’après les chiffres du dernier recensement de 2020, 12 % seulement des enfants de couples séparés vivent en alternance chez leurs parents. Pourquoi un tel fossé entre le modèle conforme à nos idéaux et nos pratiques réelles ? Et que révèle-t-il ? Il faut aller voir ça de plus près, débusquer ce qui se cache dans les angles morts pour mieux comprendre les défis, les galères et les questions que nous pose cette nouvelle manière de faire famille…
    Avec :- Emilie Biland, sociologue- Claude Martin, sociologue- Benoit Hachet, sociologue - Irène Théry, sociologue- Reportage dans un centre de médiation familial- Témoignages de Stéphanie D. , mère divorcée et Mathilde G,  qui a vécu en résidence alternée dans son enfance. 
    Bibliographie :- Gouverner la vie privée : L’encadrement inégalitaire des séparations conjugales en France et au Québec, Emilie Biland, ENS Editions- Une semaine sur deux, Comment les parents séparés se réinventent, Benoît Hachet, Les Arènes- “Etre un bon parent”, une injonction contemporaine, Claude Martin, Presses Ehesp.- Le démariage, Justice et vie privée, Irène Théry, Editions Odile Jacob- Au tribunal des couples, Enquête sur les affaires familiales, Collectif Onze, Editions Odile Jacob
    Merci aux équipes des centres de médiation Olga Spitzer et à Xavier de la Porte.


    Enregistrements : sept-décembre 21, janvier 22 - Texte, voix, entretiens et montage : Delphine Saltel - Réalisation et mix : Anna Buy - Musique originale : Arnaud Forest - Illustration : Mathilde Rives - Production : ARTE Radio

    - Musique originale : Arnaud Forest

  • La séparation (2/3) : L'argent dans le couple est tabou et source d'injustices

    Le deuxième volet de notre petit "guide de survie en cas de séparation" est consacré à une question sonnante : la guerre économique qui se déclenche à l’heure d’une rupture. Quand on vit en couple, l’argent reste souvent un sujet tabou que l’on a tendance à laisser sous le tapis. On perpétue un idéal romantique où les préoccupations bassement  matérielles entacheraient la pureté des sentiments.  Mais au moment d’une séparation, on a plus tellement les moyens de la jouer grand prince : on doit sauver sa peau et quelques billes pour pouvoir retomber sur ses pieds.  Alors, le désamour vire au conflit armé, et les porte-monnaies en prennent un coup.
    Pour décrypter la violence des négociations économiques entre ex-amoureux, nous retrouvons la grande sociologue Irène Théry ("la Sociologue et l'ourson") qui nous livre quelques munitions. Tout d’abord, elle nous invite à débusquer les injonctions contradictoires cachées derrière le principe de co-parentalité : quel est le prix du lien que l’on souhaite absolument maintenir avec son ex pour élever les enfants dans une atmosphère à peu près respirable? Si on ne veut pas y laisser trop de plumes,  il est urgent de comprendre comment la conjugalité creuse les inégalités, au sein du couple hétérosexuel en tout cas. Toute une série de mécanismes insidieux planqués dans la vie de tous les jours que décrit magistralement la sociologue Céline Bessière dans "Au Tribunal des couples" et "Le genre du capital", deux ouvrages du collectif Onze. A travers les séances de médiation conjugale où des couples en instance de séparation négocient leur arrangement financier, les conseils avisés d’une gestionnaire de patrimoine ou le récit cash et poignant de Béatrice, une quadragénaire fraîchement divorcée, se dessinent peu à peu nos illusions romantiques et quelques pistes pour conquérir l’équité économique de notre nouvel idéal amoureux.
    Avec- Irène Théry, sociologue- Céline Bessière, sociologue - Héloïse Bolle, gestionnaire de patrimoine - Béatrice M., divorcée - Reportage dans un centre de médiation conjugale
    Bibliographie : - Le démariage, Justice et Vie privée, Irène Théry, Editions Odile Jacob - Le genre du Capital, Céline Bessière et Sibylle Gollac, Editions La découverte - Au tribunal des couples, Enquête sur les affaires familiales, Collectif Onze, Editions Odile Jacob - Les bons comptes font les bons amants , Héloïse Bolle, Editions Le Cherche Midi
    Merci aux équipes des centres de médiation Olga Spitzer ; à Julien Simonnot, avocat de la famille ; à Delphine Dhilly.
    Vivons heureux avant la fin du mondeComment s’habiller, échanger, voyager, s’aimer dans les années 20 ? Pour se bricoler une morale minimale en des temps de crises sociale, écologique et sanitaire, Delphine Saltel (Que sont-ils devenus ?, Y'a deux écoles) explore chaque mois nos incohérences et les solutions possibles. Mêlant questionnement personnel, tribulations domestiques, reportages et entretiens avec des chercheurs et des activistes, ce nouveau podcast veut alerter, éveiller et rassurer sur un autre monde possible.


    Enregistrements : septembre, novembre 21 - Texte, voix, entretiens et montage : Delphine Saltel - Réalisation et mix : Karen Beun - Musique originale : Arnaud Forest - Illustration : Mathilde Rives - Production : ARTE Radio

    - Musique originale : Arnaud Forest

  • La séparation (1/3) : Les nouvelles règles du jeu

    Parmi les dégâts collatéraux de la crise sanitaire, il faut compter l'explosion du nombre de séparations. Certains cabinets d’avocats spécialisés dans les divorces ont vu leur activité augmenter de 120%. Visiblement, les confinements successifs sont venus accélérer une tendance déjà bien en place : depuis le milieu des années 60, l’espérance de vie moyenne des couples n’a cessé de chuter. Les couples stables qui blanchissent ensemble sont en voie d’extinction, et nos trajectoires affectives de plus en plus précaires. Cela, hélas, on le sait. Alors, au moment de tomber amoureux, d’habiter ensemble et de faire des enfants, pas la peine de lire des livres de psycho ou de développement personnel dans l'espoir d'entretenir la flamme pour faire perdurer son couple. On ferait mieux de prendre acte des statistiques et de se préparer à l’éventualité d’une séparation, au cas où. D'anticiper ce qui arrive quand on passe par la case rupture, garde alternée et ou famille recomposée. Des étapes devenues banales dans nos jeux de l’oie amoureux mais qui, à l’échelle individuelle, chamboulent toujours tout comme un tremblement de terre.
    Pourquoi on se sépare autant, si vite et si mal, et comment encaisser cette épreuve sans y laisser toutes ses plumes ? Pour démarrer cette deuxième saison de Vivons heureux avant la fin du monde, Delphine Saltel entreprend de constituer un petit guide de survie en cas de séparation, en trois épisodes. Elle enregistre des couples qui cherchent à communiquer dans un centre de médiation familiale - interroge des divorcés plus ou moins traumatisés - rencontre des chercheuses en sciences sociales et des historiens qui décryptent ce qui se cache derrière cette forte augmentation des séparations conjugales.
    Séparation, mode d'emploi (1/3) : Les nouvelles règles du jeu Dans ce premier volet, la célèbre  sociologue Irène Théry, qui travaille sur la séparation depuis des années, déblaie le terrain autour de nos idéaux collectifs : le couple stable, l’amour toujours, ce qu’on en attend, ce qu’on y projette. Car c’est loin d’être bien clair dans nos têtes, surtout quand on se situe dans le ventre mou du modèle hétéro-monogame-avec enfants. L'égalité des sexes a totalement rebattu les cartes, et reconfiguré l’idée même du couple. Pour comprendre ce qui nous arrive, il faut commencer par expliciter les règles du jeu qui organisent désormais nos vies amoureuses et familiales  : duo-conversation, art de la dispute, CDD amoureux, liens de filiation indissolubles. Irène Théry nous invite à faire un détour par les comédies de l'âge d'or de Hollywood (Hawks, Lubitsch, McCarey) en compagnie du philosophe américain Stanley Cavell. Nous comprenons que quand Katharine Hepburn tient tête à Cary Grant, c'est le couple moderne qui est en jeu. Ainsi, l’autrice du Démariage nous livre quelques clés pour déverrouiller nos dilemmes et nos injonctions contradictoires. De quoi limiter la casse si on doit finir un jour, hélas, par se partager les meubles ou la garde des enfants.
    Avec :- Irène Théry, sociologue, autrice de "Le démariage"- Le témoignage de Sophie D.- Un reportage dans un centre de médiation familiale de l'association Olga Spitzer
    Bibliographie : - Irène Théry, Le démariage, Editions Odile Jacob, 1993.- Irène Théry, Couple, filiation et parenté aujourd’hui, Editions Odile Jacob, 1998.- Stanley Cavell, A la poursuite du bonheur, Hollywood et la comédie du remariage, Vrin , 1993.- Eva Illouz, La fin de l’amour, Seuil, 2020.- Mona Chollet, Réinventer l’amour, La Découverte, 2021.
    Liens utiles :- La sociologue et l’ourson
    Films : - L’impossible monsieur Bébé, Howard Hawks- Indiscrétions, George Cukor- Marriage Story, Noah Baumbach- Scenes from a marriage, série de Hagai Levi
    Vivons heureux avant la fin du mondeComment s’habiller, échanger, voyager, s’aimer dans les années 20 ? Pour se bricoler une morale minimale en des temps de crises sociale, écologique et sanitaire, Delphine Saltel (Que sont-ils devenus ?, Y'a deux écoles) explore chaque mois nos incohérences et les solutions possibles. Mêlant questionnement personnel, tribulations domestiques, reportages et entretiens avec des chercheurs et des activistes, ce nouveau podcast veut alerter, éveiller et rassurer sur un autre monde possible.


    Enregistrements : été 21 - Texte, voix, entretiens et montage : Delphine Saltel - Réalisation, musique originale et mix : Arnaud Forest - Illustration : Mathilde Rives - Production : ARTE Radio

    - Musique originale : Arnaud Forest

  • Vivons heureux... (8) : Les réseaux, les enfants et nous

    Beaucoup d’ingénieurs de la Silicon Valley interdisent à leurs enfants d’utiliser les réseaux sociaux qu’ils ont pourtant eux-mêmes façonnés à coup de boutons "like" et de filtres à selfie. C’est gentil de nous avertir : ils estiment avoir mis au monde un monstre incontrôlable qui menace les générations futures. Cela ne nous empêche pas pour autant de naviguer chaque jour sur les eaux troubles de Facebook ou d’Instagram, mais avec une forme de mauvaise conscience et pas mal d’inquiétude.Narcissisme de masse, addiction, chronophagie, haine en ligne, déclin culturel, espionnage, troubles de l’attention... Pour arrêter de fantasmer tous azimuts et cadrer ses enfants shootés aux défis tiktok,  Delphine Saltel essaie de décortiquer la relation amour-haine que nous entretenons avec les plateformes. Sommes-nous vraiment malades des réseaux sociaux ? et si oui, de quoi exactement ? Comment vacciner ses enfants ? Les convaincre de ne pas faire tout comme Maman, scotchée à sa Timeline ?Elle appelle à la rescousse  d’autres cervelles que la sienne, cherche les bonnes questions et quelques ingrédients pour se bricoler une hygiène familiale numérique : Bernard Harcourt, le juriste américain qui a forgé la notion de “société d’exposition”, décrypte notre nouvelle ère de surveillance généralisée, tissée dans la trame même de nos narcissismes numériques. Des psychologues auscultent le règne de l’autopromo permanente et du voyeurisme , ce que l’on cherche exactement dans le reflet de nos selfies. Anne Cordier, chercheuse en sciences de la communication, analyse les usages réels des adolescents digital native. Au fil du dernier épisode de cette première saison apparaissent quelques bouées de sauvetage pour surnager dans cette vaste foire aux vanités virtuelles.
    Avec : - Bernard Harcourt, Professeur de droit à Columbia University, avocat, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales- Sabine Duflo, Psychologue clinicienne- Anne Cordier, maîtresse de conférences en Sciences de l'Information et de la Communication à l'université INSPE de Rouen Normandie- Clothilde Leguil, psychanalyste de l’Ecole de la Cause freudienne,  philosophe, professeur des universités au département de psychanalyse de l'université Paris-VII
    Bibliographie : - Bernard Harcourt, La société d’exposition, Désir et désobéissance à l'ère numérique, Seuil, 2020- Clothilde Leguil, Je, Une traversée des identités, PUF, 2018- Anne Cordier, Grandir connectés : les adolescents et la recherche d'information, C & F éditions, 2015 - Sabine Duflo, Quand les écrans deviennent neuro toxiques, Marabout,  2018- Marion Zilio, Faceworld, le visage au XXIe siècle, PUF, 2018
    Merci à Xavier de La Porte
    Vivons heureux avant la fin du mondeComment s’habiller, échanger, voyager, s’aimer dans les années 20 ? Pour se bricoler une morale minimale en des temps de crises sociale, écologique et sanitaire, Delphine Saltel (Que sont-ils devenus ?, Y'a deux écoles) explore chaque mois nos incohérences et les solutions possibles. Mêlant questionnement personnel, tribulations domestiques, reportages et entretiens avec des chercheurs et des activistes, ce nouveau podcast veut alerter, éveiller et rassurer sur un autre monde possible.


    Enregistrements : avril-mai 21 - Réalisation, musique originale et mix : Arnaud Forest - Texte, voix, entretiens et montage : Delphine Saltel - Illustration : Mathilde Rives - Production : ARTE Radio

    - Musique originale : Arnaud Forest

  • Comment jeter ses déchets sans être une ordure

    Après avoir fini les nouilles sautées du traiteur asiatique, est-ce qu'on doit jeter la barquette en plastique dans le bac jaune ?  Ou dans la poubelle normale, verte ? Et où ira-t-elle ensuite, cette petite barquette, quand les éboueurs l'emporteront dans leur camion ? Que deviendra-t-elle ? Ce genre de grandes questions métaphysiques, on y pense tous les jours en soulevant le couvercle de la poubelle, mais la plupart du temps on ne creuse pas trop pour avoir les réponses. On se doute que ça ne doit pas être folichon, et que les barquettes, il y en a pas mal qui flottent en microparticules quelque part dans les mers bleues du sud. Alors, mieux vaut se raconter de belles histoires sur le tri, le recyclage, les pulls en laine polaire que l’on sait fabriquer grâce au plastique des bouteilles d’eau, et donc peut-être avec les barquettes du traiteur aussi, si ça se trouve. Pour soulager sa mauvaise conscience d’occidental privilégié, on est prêt à tout. Même à remplir des petits sacs en kraft de riz ou de corn-flakes en vrac. C’est pas grave d’en foutre par terre et que tout se renverse au fond du panier, ce qui compte c’est de se sentir un peu moins coupable. Et de pouvoir continuer comme d’habitude son métro-boulot-dodo de la consommation heureuse. Heureusement, il y a des gens qui se penchent sur nos ordures sans se pincer le nez et qui y réfléchissent. Des urbanistes, des sociologues, des activistes qui nous aident à faire le tri sélectif dans nos idées reçues et nos comportements. Pour enfin regarder en face nos déchets,  et vivre avec plutôt que d’essayer tout le temps de les enfouir au fond de la poubelle. 
    Avec :- Jérémie Cavé, urbaniste, chercheur en écologie territoriale, enseignant à sciences po Toulouse, membre de l'atelier d'écologie politique de Toulouse (Atécopol)La ruée vers l’ordure, Conflits dans les mines urbaines de déchets, PUR 2015- Baptiste Monsaigeon, sociologue et maître de conférences à l'université de Reims Champagne ArdenneHomo detritus, Critique de la société du déchet, Seuil 2017- Flore Berlingen, militante de l'écologie et des communs, ex- directrice de l'association Zero Waste FranceRecyclage, le grand enfumage - Comment l'économie circulaire est devenue l'alibi du jetable, Editions Rue de l'Echiquier,  2020- Ariane, adepte du zero déchet- Marcel Bouché , directeur de recherche à l’INRA, et géodrilologue (spécialiste des vers de terre )Des vers de terre et des hommes, Découvrir nos écosystèmes fonctionnant à l'énergie solaire, Actes sud, 2014- Les membres de l’association de quartier "Compost coty "
    Ressources :- L'invention des déchets urbains, France, 1790-1970, Sabine Barles, 2005- Catalogue de l'exposition Vies d'ordures, De l'économie des déchets. Mucem, Marseille, 2017- ADEME: Agence de la transition écologique
    Vivons heureux avant la fin du mondeComment s’habiller, échanger, voyager, s’aimer dans les années 20 ? Pour se bricoler une morale minimale en des temps de crises sociale, écologique et sanitaire, Delphine Saltel (Que sont-ils devenus ?, Y'a deux écoles) explore chaque mois nos incohérences et les solutions possibles. Mêlant questionnement personnel, tribulations domestiques, reportages et entretiens avec des chercheurs et des activistes, ce nouveau podcast veut alerter, éveiller et rassurer sur un autre monde possible.


    Enregistrements : mars 21 - Texte, voix, réalisation : Delphine Saltel - Musiques originales et mix : Arnaud Forest - Illustration : Mathilde Rives - Production : ARTE Radio

    - Musiques originales : Arnaud Forest

  • L'éducation positive passée au crible

    Avant, quand ça chauffait à la maison, les parents nous envoyaient parfois réfléchir dans notre chambre. On claquait la porte bien fort et eux, dans leur sagesse ancestrale, levaient les yeux au ciel en disant  : « De toute façon, quoi qu’on fasse, ça sera raté… » Aujourd’hui on vise plus haut. On veut faire mieux qu’être juste le parent “suffisamment bon” loué par le pédiatre américain Donald Winnicot dans les années 60. Quand on fait des enfants, c’est qu’on l’a désiré : comme un projet personnel, une promesse de bonheur et de réussite. C’est normal, c’est l’idéal qui flotte dans l’air du temps. Celui que véhiculent notamment les manuels d’éducation positive au rayon « développement personnel » de la FNAC :  une relation fondée sur le respect des besoins et des émotions de l’enfant , la bienveillance, la démocratie familiale. Alors on fait tout pour être les parents qu’on aurait rêvé d’avoir : zen, souriant, à l’écoute, 100% formidables. On achète plein de livres, on consulte “mamanbienveillante.com” , on essaye plein d’astuces et de méthodes. Et évidemment… ça ne marche pas, ou pas toujours, loin de là. Pourquoi ?Dans cet épisode, le second consacré aux mirages de la parentalité, on passe l’éducation positive à la loupe : pourquoi on aspire tous plus ou moins à cet idéal alors qu’il est si difficile à mettre en pratique, en vrai, dans la vie de tous les jours? Est-ce que c'est juste une mode, une arnaque marketing ? Qui sont les experts qui nous abreuvent de discours scientifiques sur le cerveau des bébés et la manière dont on doit leur parler ? Est-ce qu’il faut faire des stages, lire des livres, se « mettre en respiration ventrale » pour devenir ce parent parfait qui ne crie jamais ? Est-ce un horizon ou un mirage destiné à nous culpabiliser sans fin, et à pourrir tous les moments imparfaits qu’on passe avec nos enfants ?
    Avec :- Isabelle Roskam, psychologue clinicienne- Béatrice Kammerer, journaliste spécialiste d’éducation- Claude Martin, sociologue- Clara H. et Emilie S.Merci à Mathilde Bernos et Karine Le Loët
    Références :- Béatrice Kammerer, L’éducation vraiment positive, Editions Larousse- Isabelle Roskam, Moïra Mikolajczak, "Le burn-out parental", De Boeck Supérieur- Claude Martin, « Être un bon parent » : une injonction contemporaine, Presses de l’EHESP- Frank Furedi, Parents paranos: laissez tomber votre culpabilité, vous êtes très bien !, Aliasetc- Sharon Hays, The Cultural Contradictions of Motherhood, Yale University Press- Claude Martin, Collectiviser la question parentale : les apports des parenting cultures studies, Revue Lien social et politiques, Erudit- Ellie Lee et Jan Macvarish, Le « parent hélicoptère » et le paradoxe de la parentalité intensive au XXIe siècle, Revue Lien social et politiques, Erudit
    Vivons heureux avant la fin du mondeComment s’habiller, échanger, voyager, s’aimer dans les années 20 ? Pour se bricoler une morale minimale en des temps de crises sociale, écologique et sanitaire, Delphine Saltel (Que sont-ils devenus ?, Y'a deux écoles) explore chaque mois nos incohérences et les solutions possibles. Mêlant questionnement personnel, tribulations domestiques, reportages et entretiens avec des chercheurs et des activistes, ce nouveau podcast veut alerter, éveiller et rassurer sur un autre monde possible.


    Enregistrements : janvier 21 - Texte, voix, réalisation : Delphine Saltel - Musiques originales et mix : Arnaud Forest - Illustration : Mathilde Rives - Production : ARTE Radio

  • Etre un bon parent, une injonction impossible

    Vous connaissez les soirées 4D après le travail : devoirs, douche, dîner, dodo ? Rien de tel pour se faire un petit burn-out, et se demander ce qui nous a pris de faire des enfants. Pourquoi personne ne nous prévient du niveau d’épuisement que l'on va atteindre en se reproduisant ? Personnellement, je n'ai rien vu venir. Peut-être que je ne voulais pas entendre… Tellement rivée à mon envie de jouer au papa et à la maman, de rentrer dans le grand cycle de la vie. On est censés s'épanouir dans son rôle de mère ou de père, le jouer à fond, mais on ne questionne pas vraiment la pression que cela nous met. Ce qui se cache derrière l’idéal de l'enfant choisi, désiré, et de son parent hyper-investi, sur-informé, bienveillant, toujours à l’écoute… Ce que cela réclame de chacun de nous et que la société toute entière nous demande.Pour ce premier épisode consacré à la parentalité, je suis allée voir une psychologue clinicienne spécialiste du burn-out, des mères et des pères plus ou moins surmenés. J’ai discuté avec mes filles, enregistré nos disputes, glané deux ou trois concepts éclairants chez des sociologues. Je n'ai pas trouvé la formule pour shampouiner de la lotion anti-poux dans la joie mais j'ai mieux compris les modes de parentalités auxquels je m’accroche :  d'où ils viennent, quels groupes sociaux les diffusent. Pourquoi ils ne nous font pas tant de bien que ça. Une manière de débusquer l’hypocrisie du modèle que l’on s’impose collectivement, et de déblayer quelques pistes pour re-politiser nos vies de parents.
    Avec :- Isabelle Roskam, psychologue clinicienne- Claude Martin, sociologue- Charlotte Debest, sociologue- Samuel Bonvoisin, L’oasis de Serendip- Emilie S.
    Références :- Isabelle Roskam, Moïra Mikolajczak, "Le burn-out parental", De Boeck Supérieur- Claude Martin, « Être un bon parent » : une injonction contemporaine, Presses de l’EHESP- Charlotte Debest, Le choix d'une vie sans enfant, Presses universitaires de Rennes- Frank Furedi, Parents paranos: laissez tomber votre culpabilité, vous êtes très bien !, Aliasetc- Sharon Hays, The Cultural Contradictions of Motherhood, Yale University Press- Claude Martin et, Xavier Leloup, Le déterminisme parental en question : la « parentalisation » du social, Revue Erudit
    Vivons heureux avant la fin du mondeComment s’habiller, échanger, voyager, s’aimer dans les années 20 ? Pour se bricoler une morale minimale en des temps de crises sociale, écologique et sanitaire, Delphine Saltel (Que sont-ils devenus ?, Y'a deux écoles) explore chaque mois nos incohérences et les solutions possibles. Mêlant questionnement personnel, tribulations domestiques, reportages et entretiens avec des chercheurs et des activistes, ce nouveau podcast veut alerter, éveiller et rassurer sur un autre monde possible.


    Enregistrements : décembre 20 - Texte, voix, réalisation : Delphine Saltel - Musiques originales et mix : Arnaud Forest - Illustration : Mathilde Rives - Production : ARTE Radio

  • Vivons heureux (4) : Cadavres exquis dans nos assiettes

    Mettre quelques merguez à griller sur le barbecue pour ses amis, ou des brochettes marinées, c’est un peu le sens de la vie, un truc simple qui rend tout le monde heureux. Sauf que dans la merguez, il y a de l’agneau. Et dans les brochettes, du bœuf, ou du poulet. On n’y pense pas vraiment. Ça gâcherait notre plaisir de se dire qu’on va planter notre fourchette dans des morceaux de cadavre. Tout est bien organisé pour oublier les animaux, comment ils ont vécu et comment ils sont morts. Pourtant de plus en plus de militants, vegan ou antispécistes nous le remettent sous les yeux. Peut-on encore continuer à manger tranquillement nos saucisses sans les entendre ? Juste parce qu’on aime le goût du grillé ? Pourquoi la chair animale reste au centre de tous nos plats, de nos menus à la cantine, au restaurant ? D’où ça nous vient ? Et comment  s’organise t'on individuellement et collectivement pour soulager nos mauvaises consciences carnivores ? Les arguments pour arrêter la viande tiennent-ils debout ?  Pour essayer de dépiauter ce qui se passe dans notre assiette et dans nos têtes avec la viande, Delphine Saltel questionne ses habitudes, rencontre une philosophe et une nutritionniste, des experts en climatologie, en agronomie et en steak de soja.
    Avec- Florence Burgat, Philosophe de la condition animale ("L’humanité carnivore", Seuil)- Erik Birlouez, Ingénieur agronome (AgroParisTech) et sociologue (agriculture et alimentation)- Pierre Alexandre Maiziere de l’Association des végétariens de France- Marie Antoinette Sejean, Nutritionniste- Nicolas Treich, Economiste à l’INRA- Patrice Dumas, Ingénieur au CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement)- Florent Quellier, Historien de l'alimentation- Marie Pavlenko
    Références : - Florence Burgat, L’humanité carnivore, Edition du Seuil, 2017- Jonathan Safran Foer, Faut il manger les animaux ?  et L’avenir de la planète commence dans notre assiette, Editions de l’Olivier- Fabrice Nicolino, Bidoche, Edition Les liens qui libèrent- Geoffroy le guilcher, Steak Machine, Editions Goutte d’Or- Marcela Iacub Fayard, Confessions d’une mangeuse de viande, Edition Fayard- Peter singer, Animal liberation, 1975
    Nouveau podcast : Vivons heureux avant la fin du mondeComment s’habiller, échanger, voyager, s’aimer dans les années 20 ? Pour se bricoler une morale minimale en des temps de crises sociale, écologique et sanitaire, Delphine Saltel (Que sont-ils devenus ?, Y'a deux écoles) explore chaque mois nos incohérences et les solutions possibles. Mêlant questionnement personnel, tribulations domestiques, reportages et entretiens avec des chercheurs et des activistes, ce nouveau podcast veut alerter, éveiller et rassurer sur un autre monde possible.


    Enregistrements : octobre, novembre 20 - Texte, voix, réalisation : Delphine Saltel - Musiques originales et mix : Arnaud Forest - Illustration : Mathilde Rives - Production : ARTE Radio

  • Vivons heureux (3) : Ce que le smartphone fait à nos vies, à la planète, à nos cerveaux

    Une armée de zombies qui vit tête baissée, les yeux scotchés à la lumière bleue : voilà ce que le smartphone a fait de nous. Levez le nez, regardez un peu autour de vous, dans le métro, dans la rue, à la maison, partout : c’est nous. Une bande de crétins numériques, frénétiques du clic, intolérants à l’ennui et au silence. Une armée qui swipe, scrolle, poste et like.On est 5,28 milliards à avoir un smartphone. On passe notre vie à caresser sa vitre : 85 fois par jour en moyenne, 4 à 6 heures par jour en tout. Il est de bon ton de dire qu’il nous pourrit la vie, mais qui arrive à s’en passer ?Alors, si on se regardait en face, si on se tirait le selfie ? Pour essayer de comprendre, aller voir d’un peu plus près ce qui se cache derrière l’écran tactile de ce petit objet noir inoffensif en apparence. Se demander ce que le smartphone fait à nos vies, à la planète, à nos enfants, à nos cerveaux ? Sans technophobie primaire, parce qu’on n’a pas prévu de relancer la mode du pigeon voyageur non plus.  Mais ce serait quand même pas mal d’essayer de garder le contrôle, de briser les chaînes de notre servitude volontaire. Un petit sursaut de dignité, d’intégrité pour apprendre à domestiquer cette merveilleuse saloperie. Deuxième cerveau ? Baguette magique ? Doudou ? Remède ou poison, c’est encore nous qui décidons.
    Avec :- Frédéric Bordage, Spécialiste français du numérique responsable- Francoise Berthoud, Ingénieure de recherche en informatique- Philippe Bihouix, Ingénieur spécialiste de l’épuisement des ressources minérales- Nicolas Nova, Professeur associé à la Haute École d'art et de design à Genève- Sebastien Bohler, Rédacteur en chef de la revue Cerveau & Psycho, auteur de "Le bug humain"- Anne-Sophie Jacques, Journaliste, co-auteure de "Déclic"- Maxime Guedj, Ingénieur, co-auteur de "Déclic"
    Références :- Frédéric Bordage "Sobriété numérique, les clés pour agir", préface d'Isabelle Autissier, présidente du WWF France, Buchet Chastel, 2019- Philippe Bihouix, "L'Âge des low-tech : Vers une civilisation techniquement soutenable" Seuil, coll. « Anthropocène », 2014- Nicolas Nova, "Smartphones : Une enquête anthropologique", Genève, Mētis presses, 2020- Maxime Guedj, Anne-Sophie Jacques, "Déclic", Les arènes, 2020
    Nouveau podcast : Vivons heureux avant la fin du mondeComment s’habiller, échanger, voyager, s’aimer dans les années 20 ? Pour se bricoler une morale minimale en des temps de crises sociale, écologique et sanitaire, Delphine Saltel (Que sont-ils devenus ?, Y'a deux écoles) explore chaque mois nos incohérences et les solutions possibles. Mêlant questionnement personnel, tribulations domestiques, reportages et entretiens avec des chercheurs et des activistes, ce nouveau podcast veut alerter, éveiller et rassurer sur un autre monde possible.


    Enregistrements : août, septembre 20 - Texte, voix, réalisation : Delphine Saltel - Musiques originales et mix : Arnaud Forest - Illustration : Mathilde Rives - Production : ARTE Radio

  • Vivons heureux... à deux ?

    Avant, c'était simple : on se mariait une bonne fois pour toutes, et si on était malheureux, on attendait que l’autre meure. Au moins, c'était clair, transactionnel et bien fichu. Aujourd'hui, on se met en couple par libre choix. L'unique condition préalable, c'est l'amour. Rien que ça. Une entité sociale avec l'amour pour unique condition ? Sans rire ? Qui a eu cette idée folle ? Et comment s’est-on retrouvé à reproduire massivement le même modèle : stable, monogame, cohabitant ? On est beaucoup, en tout cas chez les hétéros, à courir après un idéal en kit et prêt à l’emploi : toi, moi, l’amour, une maison, éventuellement du cake au chocolat pour les enfants. Souvent, de plus en plus, on n’y arrive pas, alors on se quitte. Et puis on recommence. Au lieu d’amener notre vieux modèle de couple au garage, de lui ouvrir le capot et d’en dévisser les normes : les notions d’exclusivité, de fidélité, de liberté par exemple. Heureusement, il existe des gens très intelligents qui réfléchissent à tout ça. Je suis allée les voir. Dans cet épisode, une historienne, une grande sociologue, une juriste, et même un philosophe nous aident à réinventer l’amour, la vie commune, et le sexe aussi.Avec :- Bibia Pavard, historienne, maîtresse de conférences à l’université Paris II Panthéon Assas- Eva Illouz, sociologue, directrice d'études à l'EHESS- Marcela Iacub, juriste et essayiste- Pierre Zaoui, philosophe- Lisa
    Références : - Bibia Pavard, Ne nous libérez pas, on s’en charge, Une histoire des féminismes de 1789 à nos jours avec Florence Rochefort, et Michelle zancarini-Fournel, Editions de la découverte, 2020- Eva Illouz, Pourquoi l’amour fait mal, Seuil, 2012- Eva Illouz, La fin de l’amour, Seuil, 2018- Marcela Iacub, La fin du couple, Stock, 2016- Marcela Iacub, En couple avec moi-même, Léo Scheer, 2020- Pierre Zaoui, Théorie du couple, Revue du crieur numéro 16, 2020- Pierre Zaoui, La traversée des catastrophes, Seuil, 2010- Jüne Pla, Jouissance Club, Marabout, 2020- Alain de Botton, Aussi longtemps que dure l’amour, Flammarion, 2016- Stéphane Rose, En finir avec le couple, La Musardine, 2020- Le film "Scènes de la vie conjugale" d'Ingmar Bergman, 1973- Le film "Marriage Story" de Noah Baumbach, 2019
    Remerciements : Nicolas Champeaux
    Nouveau podcast : Vivons heureux avant la fin du mondeComment s’habiller, échanger, voyager, s’aimer dans les années 20 ? Pour se bricoler une morale minimale en des temps de crises sociale, écologique et sanitaire, Delphine Saltel (Que sont-ils devenus ?, Y'a deux écoles) explore chaque mois nos incohérences et les solutions possibles. Mêlant questionnement personnel, tribulations domestiques, reportages et entretiens avec des chercheurs et des activistes, ce nouveau podcast veut alerter, éveiller et rassurer sur un autre monde possible.


    Enregistrements : juin, juillet 20 - Texte, voix, réalisation : Delphine Saltel - Musiques originales et mix : Arnaud Forest - Illustration : Mathilde Rives - Production : ARTE Radio

  • Vivons heureux... (1) : Malaise dans la penderie

    L'industrie du textile et de la mode crée de faux besoins pour qu'on achète sans cesse des habits. Notre cerveau est conditionné pour vouloir du nouveau, à n'importe quel prix. Y compris celui de la destruction des ressources, de la pollution et du gaspillage. Mais il faut savoir qu'une robe en coton bio n'est souvent pas plus écolo qu'une chemise en synthétique. Alors, que faire contre la fast-fashion ? Doit-on fabriquer soi-même ses vêtements avec des épluchures ? Des gens réfléchissent, d'autres (ou les mêmes) agissent. Delphine Saltel explore sa penderie, notre cerveau et les alternatives possibles. Premier épisode d'un nouveau podcast pour se bricoler une morale minimale par temps de crise. 
    Avec :- Majdouline Sbai (sociologue spécialisée en environnement, membre du collectif Ethique sur l’étiquette)- Julia Faure (ingénieure en agronomie, co-fondatrice de la marque de vêtements LOOM)- Sébastien Bohler (docteur en neurobiologie moléculaire, rédacteur en chef de la revue Cerveau et Psycho)- Jean-Baptiste Fressoz (historien des sciences, des techniques et de l’environnement)
    Remerciements : Clémence Mignot - Elsa Monségur (La textilerie) - Nayla Aljtouni
    Nouveau podcast : Vivons heureux avant la fin du mondeComment s’habiller, échanger, voyager, s’aimer dans les années 20 ? Pour se bricoler une morale minimale en des temps de crises sociale, écologique et sanitaire, Delphine Saltel (Que sont-ils devenus ?, Y'a deux écoles) explore chaque mois nos incohérences et les solutions possibles. Mêlant questionnement personnel, tribulations domestiques, reportages et entretiens avec des chercheurs et des activistes, ce nouveau podcast veut alerter, éveiller et rassurer sur un autre monde possible.
    Livres : - « Une mode éthique est-elle possible ? » de Majdouline Sbai- « Le bug humain : Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l’en empêcher ? » de Sébastien Bohler- « L’apocalypse joyeuse, une histoire du risque technologique » et « L’événement Anthropocène, La Terre, l’Histoire et nous » de Jean-Baptiste Fressoz


    Enregistrements : décembre 19, janvier 20 - Texte, voix, réalisation : Delphine Saltel - Musiques originales et mix : Arnaud Forest - Illustration : Mathilde Rives - Production : ARTE Radio

  • Don't worry, be happy

    Comment s’habiller, échanger, voyager, s’aimer dans les années 20 ? Pour se bricoler une morale minimale en des temps de crises sociale, écologique et sanitaire, Delphine Saltel explore chaque mois nos incohérences et les solutions possibles. Mêlant questionnement personnel, tribulations domestiques, reportages et entretiens avec des chercheurs et des activistes, ce nouveau podcast veut alerter, éveiller et rassurer sur un autre monde possible.


    Enregistrements : 2019, 2020 - Réalisation : Delphine Saltel - Musiques originales et mix : Arnaud Forest - Illustrations : Mathilde Rives