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  • Casey, la rappeuse de légende, est l’invitée du 66e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de rap, de rock et de rage.

    L’édito de Lauren :

    C’était le 13 novembre 2019, au festival Les Créatives, à Genève, une quinzaine culturelle et intersectionnelle qui est l’un des plus géniaux événements féministes du monde. Ce soir-là, j’ai interviewé Casey en public. On était une petite centaine dans un café du centre. J’étais impressionnée, je l’avoue, ça faisait près de trois ans que j’essayais d’obtenir un entretien avec elle. Parce qu’elle n’est pas seulement l’un des plus grands noms du rap en France depuis près de vingt ans, mais aussi une autrice à la plume d’exception, porteuse d’idées politiques, indispensable à celles et ceux qui veulent faire avancer la société dans le bon sens, celui de la révolution. 

    La veille je l’avais vue sur scène aux côtés de Virginie Despentes et de Béatrice Dalle dans Viril, un spectacle musical qui compile des textes radicaux féministes, signés par Paul B. Preciado, Valérie Solanas, Audre Lorde, Leslie Feinberg et d’autres. C’était dingue. Vraiment dingue.

    Résumé de l’épisode :

    Après six ans, Casey, voix iconique et adulée du rap français (04:36), revient avec un nouveau projet explosif, Ausgang et une réédition de ses deux premiers albums solo, Libérez la bête et Tragédie d’une trajectoire. 

    Née en 1976 à Rouen, Casey se passionne pour le rap à l’adolescence. Elle y trouve des représentations de sa réalité (12:15) et une échappatoire intellectuelle au racisme qu’elle rencontre dans sa scolarité (18:57). Présente sur des mixtapes à partir de 1995, elle sort un premier album solo en 2006, puis un second, en 2010, qui rendent mythiques son flow unique et ses textes qui bousculent. Sa famille vient de Martinique, elle qui a grandi dans le 93, deux lieux qu’elle considère « chez elle » (26:02). Nourrie de l’œuvre d’Édouard Glissant et d’Aimé Césaire, elle glisse dans ses écrits la notion d’hybridité et la pensée décoloniale (27:30). Elle affirme la grandeur du rap (04:36), milite pour son droit à s’embourgeoiser (37:33) à l’image du rock, style dans lequel elle aime s’engouffrer pour des projets collectifs. Son dernier opus porte ses idées politiques, la défense des faibles et des cassés et traite des failles et de l’envie, parfois, de se soustraire au monde (41:47). 

    Si son identité de genre n’a jamais été une zone d’exploration (24:57), elle connaît le poids du patriarcat (47:03) et les thématiques qu’elle aborde se rapprochent de celles des plus grandes penseuses féministes d’aujourd’hui, comme Virginie Despentes, qu’elle rencontre en 2015. En 2019, elle plonge dans la pensée queer en commençant à jouer dans Viril (10:05), un spectacle mis en scène par David Bobée, accompagné par le groupe Zëro, où elle partage l’affiche avec Despentes et Béatrice Dalle. Elles y déclament, sur fond de rock, des textes radicaux de Valérie Solanas, Paul B. Preciado, Zoe Leonard et Leslie Feinberg, comme pour mieux exprimer toute la « virilité » et de la colère des femmes.

    Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! 

    Le morceau que vous entendez dans l’introduction est « Aidez-moi » de Casey.

    Merci au festival Les Créatives pour avoir rendu cet enregistrement possible.

    La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes

    Réalisation de l’introduction et générique : Aurore Meyer-Mahieu

    Programmation et coordination : Gaïa Marty

    Montage et mixage : Marion Emerit

  • Cécile Duflot, écologiste convaincue, figure de la vie politique française et aujourd’hui présidente de l’ONG Oxfam France, est l’invitée du 65e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de foi, de robe et de gêne.

    L’édito de Lauren :

    « Ce sont les jeunes comme nous qui seront les plus touchés par l’immobilisme de nos dirigeants. Des recherches montrent que la pollution engendrée par la combustion des énergies fossiles constitue la principale menace pesant sur la santé des enfants dans le monde. Au mois de novembre, cinq millions de masques ont été distribués dans les écoles de New Delhi, la capitale indienne, en raison des brouillards de fumées toxiques. Les énergies fossiles nous étouffent, littéralement.

    La science s’écrie qu’il est urgent d’agir, et pourtant nos dirigeants osent l’ignorer. Nous continuons donc à nous battre. [...]

    Cette action doit être forte et à grande échelle. Car la crise climatique ne concerne pas seulement l’environnement. C’est une crise des droits de l’homme, de la justice et de la volonté politique. Des systèmes d’oppression coloniaux, racistes et patriarcaux l’ont créée et alimentée. Nous devons les démanteler. Nos dirigeants politiques ne peuvent plus fuir leurs responsabilités. »

    Tribune parue le 29 novembre 2019 dans Project Syndicate et signée par Greta Thunberg, Luisa Neubauer, Angela Valenzuela, Evan Meneses et Hilda Flavia Nakabuye.

    Résumé de l’épisode :

    Cécile Duflot, grande figure de la scène politique française, est aujourd’hui la présidente de l’ONG Oxfam France qui lutte contre les inégalités. Un combat pour elle intimement lié à celui qu’elle mène pour l’écologie (07:02). À Oxfam, elle a participé à porter la plus grande mobilisation en ligne de France : l’Affaire du siècle, un recours en justice contre l’état français pour inaction face au changement climatique (10:46). Née le 1er avril 1975, elle grandit en Seine-et-Marne entre un père syndicaliste et une mère dont les convictions écologiques rythmaient son enfance (15:02). Une famille qui lui a aussi transmis de fortes valeurs de vie collective et un attachement à la foi catholique qu’elle formule plus volontiers aujourd’hui pour appuyer sur la différence de traitement des communautés religieuses dans une France crispée sur la question de la laïcité (22:21). Venue à Paris, elle enchaîne les petits boulots pour payer ses études et obtient un DEA de géographie ainsi qu’un diplôme de l’ESSEC en alternance. Elle adhère aux Verts en 2001, devient porte-parole du parti en 2005 et sa plus jeune secrétaire national en 2006. Réélue à 92,7% des voix en 2011, elle est nommée en 2012 ministre du logement et de l’égalité des territoires dans le gouvernement de François Hollande. Un parcours fulgurant qui ne lui vaut pourtant pas la reconnaissance dont profite ses pairs masculins (35:45) ! Ce sexisme de la vie politique s’incarne  très publiquement dans les réactions face à son jean porté en conseil des ministres et sa robe à l’Assemblée nationale (42:24). En 2014, elle quitte le gouvernement, en désaccord avec les valeurs défendues par le nouveau premier ministre, Manuel Valls (51:17). Si elle croit toujours à l’importance de l’action publique (12:03), elle se retire de la vie politique en 2017 et prend la direction d’Oxfam France en 2018. Cette institution, au-delà des ses actions sociales et environnementales, met en place des actions très concrètes en interne pour prévenir le harcèlement au travail. Un positionnement qui lui importe après avoir témoigné dans le procès Baupin (55:38). Elle appelle aujourd’hui à « un combat contre la gêne », pour pouvoir enfin dénoncer les violences dont sont victimes les femmes (1:00:05).

    Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! 

    Les extraits de discours que vous entendez dans l’introduction proviennent de la conférence de presse des militantes pour le climat Vanessa Nakate, Luisa Neubauer, Greta Thunberg, Isabelle Axelsson et Loukina Tille, qui a eu lieu à Davos le 24 janvier 2020.

    La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes

    Réalisation de l’introduction et générique : Aurore Meyer-Mahieu

    Programmation et coordination : Gaïa Marty

    Montage et mixage : Marion Emerit

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  • L’écrivaine et intellectuelle Mazarine Pingeot est l’invitée du 64e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de secret, de viol et d’intimité.

    L’édito de Lauren :

    La honte d’être fatiguée, triste ou malade.

    La honte d’être victorieuse, forte, douée.

    La honte de son corps.

    La honte de sa sexualité.

    La honte de ce qui nous fait du bien.

    La honte de ne pas boucler ses fins de mois.

    La honte d’être mère.

    La honte de ne pas être mère.

    La honte de ses addictions, la honte de ses traumatismes, la honte de sa spiritualité.

    La honte d’avoir été agressée, harcelée, violée.

    J’ai réalisé récemment que ce sentiment de honte était permanent dans la psyché des femmes. Et cette honte, c’est un mécanisme puissant de silenciation. Quand on a honte on se tait. Quand on a honte on reste seul·e. Dire « moi aussi », toutes ensemble, c’est une façon de lever la honte et de lever la loi du silence. 

    Résumé de l’épisode :

    Mazarine Pingeot est une autrice, intellectuelle et une figure bien connue de l’opinion publique française. Son dernier roman, le poignant  Se taire (éd. Julliard) porte sur un sujet malheureusement central dans la pensée et le combat féministe : le viol, qu’elle traite ici dans un souci de nuance et de complexité (11:59).  Elle grandit entre des parents aimants (26:02) mais tapie dans le secret de leur relation. Un secret qui deviendra d’autant plus important à préserver après l’élection de son père, François Mitterrand qui endosse la fonction présidentielle en 1981. Son adolescence parisienne, bien que banale dans son quotidien (21:21), n’en est pas moins rythmée par le passage de la frontière invisible entre le dedans – où tout le monde sait – et le dehors – où il faut se taire. Un secret dont elle se sent responsable et qu’elle protège de toutes ses forces (30:07) mais qui imprime sa marque sur sa personnalité, ajoutant au sentiment d’imposture, lot des femmes dans le système patriarcal (36:22). Pour faire ses preuves, elle passe des concours prestigieux et anonymes, comme celui de l’ENS, où elle est admise en 1994. C’est en sortant du déjeuner auquel l’avait conviée son père pour fêter cet accomplissement, que sa vie bascule : des paparazzis les prennent en photo et dévoilent son existence dans la presse (44:32). Agrégée de philosophie en 1997, elle est enseignante, chroniqueuse, et se lance dès 1998 dans l’écriture avec son premier roman intitulé Premier roman (57:28) qui reçoit un accueil ambivalent, où son identité n’est pas étrangère aux critiques acerbes. Elle ne se laisse pas décourager et, en tant qu’écrivaine, traite au fil des années de sujets sensibles en interrogeant la société qu’elle habite. Roman après roman, elle se réapproprie sa propre histoire, mais explore également l’infanticide dans Le Cimetière des poupées ou le viol et le silence entourant ses victimes dans son dernier roman, Se taire (01:02:20).

    Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! 

    La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes

    Réalisation de l’introduction et générique : Aurore Meyer-Mahieu

    Programmation et coordination : Gaïa Marty

    Montage et mixage : Marion Emerit

  • Yseult, la compositrice, chanteuse et toplineuse à la voix d’or est l’invitée du 63e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de corps, de scène et de pouvoir.

    L’édito de Lauren : 

    Ah ! Vous êtes là !

    Bienvenue en 2020. Pour célébrer cette nouvelle décennie, je vous offre la voix du futur.

    Résumé de l’épisode :

    Yseult est née le 18 août 1994 à Paris. Elle passe son enfance de déménagement en déménagement (15:10) et n’a pas toujours eu la relation apaisée qu’elle a aujourd’hui avec ses parents (16:32). Son adolescence bat au rythme de son envie de faire de la musique (21:20) malgré l’incompréhension de sa famille. Encore au lycée, elle chante à Montmartre sur les marches du Sacré-Cœur. À 18 ans, elle passe les castings et est sélectionnée pour La Nouvelle Star. Elle y fait l’expérience d’un rapport parfois très dur avec la presse et une partie du public (33:01) malgré son talent indéniable. Après cette émission où elle finit deuxième, elle sort un premier album mais se débat avec le sexisme et le racisme de l’industrie musicale (40:40). Au creux de cette vague, elle est contactée par ASOS pour être l’une de leur mannequin. Une expérience très positive sur le chemin de sa relation avec son propre corps (48:22). Elle n’abandonne pas la musique, loin de là, et revient avec un projet très personnel en 2019 en commençant avec le single Rien à prouver. Étant l’une des seules femmes noires du paysage musical français, elle évoque la solidarité, notamment avec Lous, qu’elle ressent comme nécessaire(39:17). Elle crée également son propre label pour pouvoir produire sa musique et celle des artistes qui la touche (44:40). Rendez-vous en 2020 pour voir la suite de sa révolution de l’industrie musicale !

    Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! 

    La chanson que vous entendez dans l’introduction est Corps, d’Yseult.

    La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes

    Réalisation de l’introduction et générique : Aurore Meyer-Mahieu

    Programmation et coordination : Gaïa Marty

    Montage et mixage : Marion Emerit

  • This episode of La Poudre was originally recorded in English. To listen to the undubbed version, click here.

    L’immense autrice et penseuse Maggie Nelson est l’invitée du 62e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de Judith Butler, de violence et d’amour.

    L’édito de Lauren :

    C’est drôle, ces derniers jours les bleuets sont apparus parmi les coquelicots et les pissenlits dans la petite prairie qui borde la rivière.

    Les cueillir et les faire sécher entre les pages 58 et 59.

    Au fond de l’eau un reflet lapis lazuli attire mon regard.

    Je plonge ma main dans l’eau. Je ramasse l’objet. C’est un morceau de mosaïque, ou peut-être un carreau de piscine. Bleu comme la rivière. Bleu comme les bleuets. Bleu comme un coup sur ma cuisse, comme mon âme les soirs d’été, comme l’encre de mon stylo sur mon carnet.

    Résumé de l’épisode :

    Maggie Nelson est née en 1973 à San Francisco où elle a grandit (08:50). Ses parents, amours de jeunesse mariés jeunes, divorcent un an avant que son père ne meurt d’une crise cardiaque. Un drame qui marque son adolescence (17:16) autant que les récits familiaux, dont celui de sa tante Jane, la sœur de sa mère, morte assassinée (25:08). Elle déménage à New York pour faire ses études et y rencontre des figures littéraires telles qu’Eileen Miles et Annie Dillard qui se révèleront très importantes pour l’autrice qu’elle est en train de devenir. Elle publie de la poésie dès 2001 et sort son premier premier essai en 2005, Jane, a Murder où elle se confronte à l’histoire de sa tante qu’elle retrace et explore. À la publication de ce livre, par un concours de circonstance le dossier de l’assassinat de Jane est rouvert. Ce procès sera le thème de son premier roman, Une partie rouge (2009) où son style d’écriture, entre notes très structurées et référencées, autofiction et poésie se déploie déjà avec brio (14:20). Elle complètera cette trilogie sur le rapport des femmes à la violence par The Art of Cruelty, un essai paru en 2009, en même parallèle de Bluets, un recueil de pensées autour du bleu dans lequel elle dissèque les ressorts de la dépression (37:10). En 2015, elle publie Les Argonautes, un nouveau roman hybride autour – entre autre – de sa grossesse et de la transformation de son compagnon Harry (54:36). Ce livre, traduit dans une dizaine de langues met son nom sur le devant de la scène littéraire mondiale. Sa pensée, profondément queer, complexe et limpide à la fois, lui vaut une reconnaissance dans de nombreux pays et un lectorat déjà en attente de son prochain écrit. 

    Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! 

    La voix française de Maggie Nelson est incarnée par Marie Labory, merci à elle.

    La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes

    Réalisation de l’introduction et générique : Aurore Meyer-Mahieu

    Traduction : Céline Leroy

    Programmation et coordination : Gaïa Marty

    Prise de son voix française : Charles de Cillia

    Montage et mixage : Marion Emerit

  • Cet épisode de La Poudre est disponible à l’écoute dans une version doublée en français. Cliquez ici pour l’écouter.

    The incredible author and thinker Maggie Nelson is the guest of the 62nd episode of La Poudre. With Lauren Bastide, they talked about Judith Butler, violence and love.

    Lauren’s foreword

    It’s funny, these past few days, bluets have appeared among poppies and dandelions in the small meadow near the river.

    I gathered them and put them to dry between the pages 58 and 59.

    In the river, a lapis lazuli sparkle catches my eye in the water.

    My hand dives in.

    I take the object. It’s a piece of mosaic, maybe a swimming pool tile. As blue as the river. As blue bluets. As blue as a bruise on my thigh, as my soul on summer evenings, as my pen’s ink on my notebook.

    Episode summary

    Maggie Nelson was born in 1973 in San Francisco where she grew up (08:50). Her parents, high-school sweethearts who were married very young, divorced a year before her father’s death from a heart attack. This tragic event, as well as her family’s story – especially her mother’s sister murder – left their mark on her adolescence (17:16). She moved to New York to go to university and met there important litterary figures such as Eileen Miles or Annie Dillard who both influenced and inspired the young writer she was becoming. She started publishing poetry in 2001 and Jane, a Murder, her first essay in which she explored and confronted her aunt’s death, went out in 2005. Coincidentally, the trial on Jane’s death was reopened at the same time. She published her first novel on the subject, The Red Parts, in which her writing style, between very structured notes and references, autofiction and poetry bloomed (14:20). She completed a trilogy on women and violence in 2009 with another essay, The Art of Cruelty, published the same year as Bluets, a collection of thoughts on the colour blue in which she explores depression’s intricacies (37:10). In 2015 she published The Argonauts, a new hybrid novel revolving around her pregnancy and the parallel transformation of her companion, Harry (54:36). This book, published in a dozen foreign languages, puts her at the forefront of world literature. Her sharp, complex and subtle writing and queer thought gives her recognition in many countries and a wide audience already waiting on her next book.

    Executive Producer : Nouvelles Écoutes 

    Production and signature tune : Aurore Meyer-Mahieu

    Production assistant : Gaïa Marty 

    Editing and mixing : Marion Emerit

  • Quelle place pour les femmes artistes dans les collections des musées ? À quel prix sont vendues leurs œuvres sur le marché de l’art ? Combien sont-elles dans les écoles d’art, dans les galeries, dans les manuels d’histoire ? Les femmes artistes peuvent-elles vivre de leur art ? Camille Morineau, commissaire d’exposition, Fabienne Dumont docteure en histoire de l’art et critique et Aïcha Snoussi, artiste plasticienne en ont débattu au micro de Lauren Bastide lors d’un enregistrement public le 4 avril 2019 au Centre Pompidou. 

    Résumé de l’épisode :

    Pour ouvrir la discussion, Camille Morineau, Aïcha Snoussi et Fabienne Dumont exposent chacune l’élément déclencheur qui leur a fait prendre conscience du biais sexiste présent dans le milieu de l’art (05:45). Elles œuvrent toutes pour en déboulonner les barrières et en détricoter les injonctions. Camille Morineau, par exemple, a monté l’exposition majeure « elles@centrepompidou » à Beaubourg en 2009 à partir des collections du musée, (09:36) confirmant ses intuitions profondes : les femmes artistes sont nombreuses, elles ont œuvré dans tous les champs de la création et elles ont, pour beaucoup été mises de côté. Fabienne Dumont, elle, s’est attaquée à exhumer et mettre en lumière l’histoire des des femmes artistes féministes des années 1970 (14:53). Quant à Aïcha Snoussi, elle rend hommage à celles qui l’ont précédée et inspirée (19:25) dans son cheminement vers la déconstruction de toutes binarités (21:13). Interroger l’art des femmes est parfois résumé à interroger s’il y a un art féminin (23:48), une affirmation que les trois invitées de Lauren Bastide contestent. Elles soulignent cependant le profond sexisme qui imprègne l’histoire de l’art (26:21), nécessitant beaucoup de travail pour rectifier l’invisibilisation dont elles sont victimes. Une invisibilisation d’autant plus forte pour les femmes racisées comme le rappelle Aïcha Snoussi (29:53). Enfin, elles clôturent cette passionnante discussion en mentionnant que ce travail de longue haleine pour faire rentrer les artistes femmes dans les manuels et dans les musées (38:00) doit être doublé d’un soutien financier pour contrevenir à la précarité qui les touche plus que leurs homologues masculins (48:25).

    Achetez des œuvres d’artistes femmes, bonne écoute et continuez de faire parler La Poudre !

    La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes

    Réalisation du générique : Aurore Meyer-Mahieu

    Prise de son : Charles de Cillia

    Programmation et coordination : Gaïa Marty

    Montage et mixage : Marion Emerit

  • Aloïse Sauvage, artiste aux multiples talents, est l’invitée du 61e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de cirque, de danse et de chant.

    L’édito de Lauren :

    Comment allez-vous ? Comment allez-vous vraiment ? Comment va votre corps ? Comment va votre esprit ? 

    Si je fais silence, là, pendant cinq secondes… ça semble long hein ? Vous avez ressenti quoi ? Moi, un léger mal au crâne, une petite tension au bas du ventre et dans mon dos aussi, au niveau des cervicales. Et au loin un bruit diffus dans ma tête. Une sorte de brouhaha fait de colère, de peur, de honte. Y a rien à faire. Il est là. Même quand je reçois de la tendresse, même quand je marche dans la forêt, même quand je regarde mes gosses.

    Parfois j’aimerais qu’on me débarrasse de ce sentiment diffus. J’aimerais que tout le monde m’aime et me comprenne, c’est humain. Mais les autres n’y peuvent rien. Il n’y a qu’une personne au monde qui puisse me libérer de ce bruit : c’est moi. C’est moi quand je m’accepte telle que je suis, avec mes failles, mes erreurs. C’est moi quand je lâche prise. Alors j’essaye. Je respire. J’y arriverai. J’ai toute la vie. Et vous aussi.

    Résumé de l’épisode :

    Aloïse Sauvage est performeuse, circassienne, danseuse, chanteuse et actrice, elle a ainsi de nombreuses et talentueuses cordes à son arc (04:56). Née le 25 septembre 1992, elle a grandi au Mée-sur-Seine (11:14) et garde de très bons souvenirs de son enfance et de son adolescence dans cette petite ville du 77 (18:30). Hyperactive depuis son plus jeune âge (23:20), elle joue de plusieurs instruments de musique et fait du break dès le collège. Elle s’intéresse très tôt au rap, inspirée par ses textes engagés, rythmiques et puissants (28:23). Après le lycée, elle se forme à l’académie Fratellini, l’une des plus prestigieuses écoles de cirque contemporain (34:34). Elle a été entre autres l’une des interprètes de Raphaëlle Boitel, l’une des grandes créatrices de cirque contemporain d’aujourd’hui. Si elle se définit circassienne, c’est aussi parce que cette discipline lui permet de ne pas choisir entre théâtre, danse et musique, ce qu’elle continue à mettre en pratique dans ses propres performances scéniques (40:37). Elle incarne une vraie liberté dans sa façon de refuser les cases de la création mais aussi dans celle de se réapproprier les étiquettes : elle donne ainsi son propre sens à celle de « femme » (42:23) dans son cheminement et apprend à s’assumer, comme individu, comme chanteuse (56:03) ou encore comme actrice, notamment dans le film 120 battements par minute où on a pu la voir en 2017. Une voie qu’elle se trace avec brio malgré les doutes, et dans laquelle elle porte sa vision de la société, moins genrée, moins hétéronormée (01:02:08), toujours plus fluide et incandescente.

    Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! 

    La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes

    Réalisation de l’introduction et générique : Aurore Meyer-Mahieu

    Programmation et coordination : Gaïa Marty

    Montage et mixage : Marion Emerit

  • Priscillia Ludosky, lanceuse d’alerte et militante, est l’invitée du 60e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de démocratie, de résistance et d’écologie.

    L’édito de Lauren :

    Sortir. Marcher. Brandir des pancartes. Lever les poings. 

    Crier. Protester. Contester. Refuser. Persister. 

    S’unir. S’élever. Se soutenir. S’allier. 

    Être gazé·e·s. Être frappé·e·s. Être ignoré·e·s. 

    Recommencer.

    Résumé de l’épisode :

    Priscillia Ludosky est née en 1985 en banlieue parisienne où elle grandit (10:50). Poussée vers une profession sécurisante par sa famille, elle travaille pendant onze ans dans la banque (16:12). En 2017, elle amorce un changement de carrière et crée sa propre entreprise de cosmétiques bio. Le 29 mai 2018, elle met en ligne une pétition fouillée et sourcée pour protester contre la hausse du coût du carburant après avoir découvert que les nouvelles taxes ne finançaient en rien la transition écologique, comme annoncé pour les justifier (25:12). Véritable lanceuse d’alerte (32:25), sa pétition recueille en quelques mois des centaines de milliers de signature : c’est l’un des principaux déclencheurs du mouvement des Gilets Jaunes. Le 17 novembre 2018, elle prend une part active au premier rassemblement national de celui-ci et s’engage à long terme dans cette lutte. Au sein du mouvement, elle accepte de prendre une place en tant que porte-parole de tou·te·s celleux qui ont signé sa pétition, mais ne s’attribue jamais un rôle de leadeuse. Sa mesure et sa mise à distance des forces politiques tentant de s’approprier son discours lui valent une légitimité et de nombreuses plateformes dont elle fait bon usage pour continuer à porter les enjeux du mouvement, comme le référendum d’initiative citoyenne (44:30). Aujourd’hui, elle continue le combat entamé il y a un peu plus d’un an et montre son engagement dans les causes qui lui tiennent à cœur, dont la lutte contre les violences policières (59:40) ou celle pour de vraies politiques écologiques (01:06:05). 

    Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! 

    La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes

    Réalisation de l’introduction et générique : Aurore Meyer-Mahieu

    Programmation et coordination : Gaïa Marty

    Montage et mixage : Marion Emerit

  • Nouvelles Écoutes présente Intime & Politique, un flux de podcasts féministes produits par Nouvelles Écoutes et proposés par Lauren Bastide.

    Intime & Politique, ce sont des documentaires sonores de 4 à 6 heures qui s’attaquent aux racines des discriminations sexistes et des stéréotypes de genre. Dans cette première saison, trois réalisateur·ice·s activistes exploreront la thématique des corps sexués des femmes et proposeront de décaler les regards pour faire évoluer les comportements et les mentalités, à travers d’intenses plongées sonores et sensorielles dans le quotidien des femmes.

    Pour vous abonner : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/intime-politique/id1488643718

    Et pour suivre toute l’actualité de l’émission, abonnez-vous au compte @intimeetpolitique_ne sur Instagram.

  • Marie-Noëlle Battistel, députée, Lisa Carayon, maîtresse de conférence en droit, spécialiste des questions du droit à disposer de son corps et Sharlen Sezestre, chargée de plaidoyer international au Planning familial étaient au micro de Lauren Bastide le 12 juillet 2019 dans le cadre d’un enregistrement public à l’Assemblée nationale pour les vingt ans de la Délégation aux droits des femmes.

    L’édito de Lauren :

    C’était le le 12 juillet dernier, à l’Assemblée Nationale. 

    La Délégation aux droits des Femmes de l’Assemblée, et sa présidente Marie-Pierre Rixain, m’avaient invitée à enregistrer un épisode de La Poudre. 

    Franchement j’en ai vu des lieux prestigieux, j’en ai vécu des moments dingues, mais ce jour-là j’avais un petit pincement au ventre inédit. Un certain sentiment de gravité.

    J’ai voulu qu’on parle du droit à l’IVG. Ce droit que l’Assemblée Nationale a donné aux femmes le 17 janvier 1975. Ce droit qu’on pourrait tout aussi bien nous enlever. Vous étiez nombreuses ce jour-là, dans la salle. L’émotion était forte. Je suis fière de partager ce moment avec vous aujourd’hui.

    Description de l’épisode :

    La loi Veil du 17 janvier 1975 est l’un des tournants historiques majeurs de l’histoire récente des droits des femmes. Pourtant, dès le début des échanges, Lisa Carayon et Sharlen Sezestre rappellent à quel point les compromis politiques qu’avaient dû faire Simone Veil pour faire adopter ce texte ont situé la loi dans le champs du médical, de l’exception et de la négociation sur le droit des femmes à disposer de leurs corps (09:57). Avec Marie-Noëlle Battistel, elles insistent sur la fragilité de l’acquisition de ce droit (14:02) et sur les forces politiques qui le menacent aujourd’hui. Après une remise en question de la nécessité-même d’une loi (21:08), elles s’interrogent sur celle du délai d’accès à l’IVG, dont les bornes temporelles sont encore en discussion aujourd’hui (23:02). Elles balayent également les questions cruciales de la double clause de conscience, pesant encore aujourd’hui sur la possibilité des femmes de se voir refuser l’intervention par les praticien.ne.s consulté.e.s (31:04), la limitation géographiques causée par la réduction du nombre de médecins présent.e.s et de centres accessibles (31:58) et celle de la remise en question de la médicalisation de cet acte (37:28). Si certaines des limitations ont été supprimées depuis le vote de 1975, comme la clause de détresse par exemple (45:28), ou l’entretien obligatoire (50:47), et si certaines avancées ont pu voir le jour comme le délit d’entrave voté en 2017 (53:04), Lisa Carayon et Sharlen Sezestre rappellent la grande disparité territoriale et les questions profondément intersectionnelles qui viennent contrebalancer ce tableau encourageant et rappeler les inégalités des femmes dans l’accès à l’avortement. Cette dernière replace aussi ce droit tel qu’il est appliqué en France par rapport au contexte international, affirmant la nécessité d’une solidarité pour le défendre au-delà des frontières (1:03:33). Tandis que Marie-Noëlle Battistel et Marie-Pierre Rixain, présidente de la Délégation, assurent leur volonté de continuer à agir contre les violences gynécologiques et pour un soutien financier des actions menées, Lisa Carayon clôture cet important échange en affirmant que si l’envie est grande de se battre pour la constitutionnalisation du droit à l’avortement, de nombreuses lois sont déjà à notre disposition pour tenter de faire respecter les droits des femmes (1:32:22). Saisissons-nous en et poursuivons le combat !

    Bonne écoute et continuez de faire parler La Poudre !

    Liste d’associations et de sites œuvrant à l’information et à la pratique d’IVG en France et dans le monde :

    Le planning familial (France) : https://www.planning-familial.org/fr

    Paye ton IVG (France) : https://www.facebook.com/payetonivg/ 

    Federacja na rzecz Kobiet i Planowania Rodziny (Pologne) : http://federa.org.pl/ 

    Prochoice America (États-Unis) : https://www.prochoiceamerica.org/ 

    Planned parenthood (États-Unis) : https://www.plannedparenthoodaction.org/issues/abortion 

    Association pour la santé reproductive des personnes LGBTQI (États-Unis) : https://urge.org/ 

    Association pour la santé reproductive des femmes racisées (États-Unis) : https://www.sistersong.net/ 

    Campagne pour l’avortement (Argentine) : http://www.abortolegal.com.ar/sumate-a-la-campana/ 

    Socorristas en Red (Argentine) : http://socorristasenred.org/

    Le discours que vous entendez dans l’introduction est un extrait de l’intervention de Simone Veil dans l’émission « Débat à l’Assemblée nationale : réforme de la loi sur l’avortement » produit par Office national de radiodiffusion télévision française en 1974 et provenant des archives de l’INA. Merci à l’INA pour son autorisation.

    La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes

    Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu

    Programmation et coordination : Gaïa Marty

    Prise de son : Charles de Cillia

    Mixage : Marion Emerit

  • Inès Rau, mannequin étincelante et actrice, est l’invitée du 58e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de corps, d’âme et de liberté.

    L’édito de Lauren :

    Elles s'appelaient Claudia, Cindy, Linda et Naomi. 

    Elles étaient placardées au dessus de mon lit d’adolescente. Jambes nues, peau luisante, cheveux longs et ondulés. 

    Il y avait bien un poster de Brad Pitt dans un coin, mais c’était elles qui m’obsédaient, c’était elles mes saintes-patronnes. 

    On les appelait les super modèles. 

    Elles ont servi de véhicules à des injonctions ravageuses pour l’estime de soi des femmes. 

    C’est par leur faute que pendant des années j’ai acheté de la fast fashion, passé mes jambes à la cire chaude, claqué ma paye en balayage, fait des régimes, porté des strings… Habitudes dont le féminisme m’a aidé à me délester.

    Mais elles étaient indépendantes, flamboyantes, et célèbres pour gagner plus d’argent que le photographe qui les immortalisait ou que le styliste qui les habillait. D’ailleurs, l’hymne de cette bande de femmes, c’était Freedom de George Michael.

    Elle n’ont pas subi leur beauté, elles en ont fait une arme. 

    D’ailleurs, personne n’aurait songé à les traiter d’idiotes.

    Résumé de l’épisode :

    Inès Rau est mannequin, actrice et autrice d’un livre autobiographique Femme (Flammarion). Elle s’est inventée et se considère comme sa propre œuvre d’art (05:28). Née en 1990, elle grandit en petit garçon dans les quartiers populaires de Nancy (08:00), une enfance qui contribue à faire d’elle la femme libre et sûre d’elle qu’elle est (09:50) malgré des relations familiales complexes. Elle garde cependant un amour et une admiration profondes pour sa mère et pour sa grand-mère dont elle porte le nom (12:30). Sa seconde naissance advient lorsqu’elle débarque à Paris, à 18 ans (20:08). Elle y vit dans une grande précarité, mais aussi dans le monde de la nuit, grâce auquel elle apprend à assumer la féminité qu’elle a toujours porté en elle (25:00). Elle entreprend une transition de genre et travaille rapidement comme mannequin, sans jamais évoquer son histoire (29:23). En 2017, Playboy fait d’elle la première playmate transgenre, c’est son coming out. Si elle est fière de son parcours, elle n’en reste pas moins méfiante face au dévoiement de l’expérience de la transidentité (32:50) et doit gérer la curiosité souvent déplacée qui entoure son anatomie (38:05). Curiosité qu’elle gère avec brio, parlant librement de sa sexualité, de la beauté de son corps de son rapport au hommes (43:50) et de son identité (49:25). Malgré les attaques transphobes auxquelles elle a dû faire face (54:47), son engagement écologiste la porte aujourd’hui et sa carrière d’actrice, débutée avec le rôle de Marcia dans l’adaptation en série de Vernon Subutex ne fait que commencer (06:45) !

    La chanson que vous entendez dans l’introduction est Freedom! ‘90 de George Michael.

    Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! 

    La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes

    Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu

    Programmation et coordination : Gaïa Marty

    Mixage : Marion Emerit

  • L’artiste contemporaine Laure Prouvost et la commissaire d’exposition Martha Kirszenbaum, duo à l’origine du pavillon français de la Biennale de Venise 2019 sont les invitées du premier épisode du cycle L’art & La Poudre en partenariat avec l'association Aware. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé d’art, de femmes et de poulpe.

    L’édito de Lauren :

    L’art n’a pas de nation. L’art n’a pas de temps. L’art n’a pas de sexe. Ou si ? En mai, après l’ouverture de la Biennale, à Venise, l’eau s’est mise à monter. Je suis allée sur le toit du pavillon français. J’ai embarqué dans un bateau, avec deux femmes. C’était Laure Prouvost, l’artiste, et Martha Kirszenbaum, la commissaire. Grandes, lumineuses, musclées, invincibles, belles… On a vogué des jours. On a vogué des nuits. On a atteint une île et on a accosté. Sur le sol, au bord de l’eau, des micros. On s’est assises, et on a parlé. 

    Résumé de l’épisode :

    Quelle place pour les femmes dans l’art contemporain ? Comment les artistes françaises entrent-elles dans les musées, les foires et prix internationaux, les institutions ? Laure Prouvost, née en 1978 à Croix, est l’une des artistes contemporaines les plus reconnues de sa génération. Avec Martha Kirszenbaum, jeune commissaire d’exposition née en 1983 à Vitry-sur-Seine, elle a réalisé le pavillon français à la Biennale de Venise 2019. L’œuvre qui en a résulté, Deep Sea Blue Surrounding You (Vois ce bleu profond te fondre) est un voyage sensoriel et initiatique, l’épopée mystique et transfrontalière d’une douzaine de personnages, de la banlieue parisienne à la lagune vénitienne. Toutes deux passées par un parcours international (05:15), elles revendiquent la liberté que leur a apporté ce changement de paradigme (09:30) et le questionnement sur les identités et les frontières qu’il entraîne. Un questionnement qui fait partie intégrante de leur proposition à la Biennale (10:06). Elles ont pourtant grandi en France : Laure Prouvost dans le Nord (18:32), une enfance campagnarde et réfractaire à l’autoritarisme du système scolaire, et Martha Kirszenbaum en région parisienne (22:46), entre classicisme versaillais et parents moins conventionnels.C’est l’Angleterre qui accueille Laure Prouvost dès ses débuts et lui remet le prix Turner. Elle devient ainsi la première française à recevoir cette prestigieuse récompense pour une œuvre qui, déjà, questionnait les frontières et les moyens de les contourner (31:39). Pour Martha, ce sont les États-Unis qui lui offrent la possibilité de diriger un centre d’exposition, alors qu’elle manquait de modèles de femmes commissaires d’exposition dans son pays d’origine (26:00).Au-delà de ces problématiques géographiques, Laure Prouvost évoque au micro de Lauren Bastide sa propre féminité (39:24) mais aussi sa mise en scène du corps féminin dans ses œuvres (43:00). Sensibles à la place des femmes et à leur représentation dans l’art, elles sont d’ailleurs toutes les deux signataires de l’appel « Not suprised » qui dénonce les violences sexuelles dans le monde de l’art (55:57). Un monde où les femmes peinent encore à trouver leur place et un équilibre entre vie privée et vocation (1:01:25).

    Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! 

    Les extraits sonores et les morceaux de Lafawndah et Flavien Berger que vous entendez dans l’épisode sont extraits de l’œuvre Deep Sea Blue Surrounding You (Vois ce bleu profond te fondre). Merci à Laure Prouvost pour son autorisation.

    La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes

    Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu

    Programmation et coordination : Gaïa Marty

    Mixage : Clotilde Fauchille

  • Clara Luciani, talentueuse musicienne et chanteuse, est l’invitée du 57e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de se chercher, de se perdre et de se trouver.

    L’édito de Lauren :

    Il y a des matins, je me lève, je me dis qu’on n’est pas mal : je vois le mot « féminicide » écrit en une des journaux, un vrai beau clitoris dans un manuel de SVT, je me dis que des trucs sont rentrés, que le monde a compris qu’on ne voulait plus se faire parler comme à des enfants par nos médecins, qu’on aimerait bien jouir nous aussi et que la charge mentale, bah ça se répartit. Il y a des matins où je me dis qu’on n’y arrivera jamais, qu’il y a trop de voix qui couvrent les nôtres. Celles qui disent qu’on ne peut plus rien dire, qu’une femme voilée n’a pas le droit de se baigner, que deux femmes c’est pas des parents, et puis le droit d’importuner, et puis certaines l’ont bien cherché.Vous connaissez la théorie du tube de dentifrice ? Une fois le dentifrice sorti du tube, cela devient très difficile de le faire rentrer. Alors on fait quoi ? Bah on insiste, on persévère, on lâche rien. Gardez la tête haute et tenez-moi la main. Solides comme des roches, fortes comme des lionnes et fières comme des paonnes - oui, la femelle du paon s’appelle une paonne. Persistons toutes ensemble. Bienvenue dans La Poudre, saison 4.

    Résumé de l’épisode :

    Clara Luciani est née en 1992 à Marseille et a grandi dans sa banlieue, à Septèmes-Les-Vallons (08:20). Entourée d’une mère attachée à la culture (10:40) et d’un père musicien, elle rêve d’un jour, comme la Solange de Jacques Demy, « vivre de son art à Paris » (26:15). À 19 ans, elle atteint la capitale, où elle jongle entre petits boulots et expériences musicales diverses (21:33). Elle se cherche, travaille, tremble sur scène… Les séquelles du harcèlement scolaire qu’elle a subi dans son adolescence la rattrapent et entament sa confiance en elle (17:16), mais la scène la libère et la fortifie, l’aide à accepter et à trouver sa féminité (24:00). C’est le chanteur Raphaël qui, en lui proposant de jouer sur sa tournée (34:17), la sauve du découragement, après sept ans de persévérance. Mais c’est sa première grande rupture amoureuse (43:05) qui lui inspire les premières chansons dans lesquelles elle se reconnaît vraiment et lui font gagner l’amour du public. Depuis, elle enchaîne les concerts, y a été confrontée au sexisme, mais y a aussi gagné des amies dont elle admire les actes de réelle sororité (47:50). Sa trajectoire flamboyante depuis la sortie de son album « Sainte-Victoire » ne fait que commencer !

    Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! 

    La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes

    Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu

    Programmation et coordination : Gaïa Marty

    Mixage : Marion Emerit

    Pour les produits bareMinerals, code LAPOUDRE offrant 15% de réduction sans minimum d’achat. Valable jusqu’au 31/10 sur le site https://www.bareminerals.fr

  • Cet épisode de La Poudre a été publié en français le 27 juin 2019. Pour l’écouter, remontez dans les archives ou cliquez ici : 🇫🇷.

    The singer, musician, producer and performer Chris is the guest of the 55th episode of La Poudre. With Lauren Bastide, they talked about performance, control and sex.

    Chris is an international pop music icon. This discussion starts with an exchange on the importance of queer thought and her creative work (04:36). Born Héloïse Letissier in 1988 in Nantes (France) and passionate about literature, she studies theatre and literature in Lyon. She mentions how lucky she was to grow up surrounded by books (06:08), with a father who is a literature teacher and a very free and independent mother (11:10). This did not prevent her from feeling strangely out of place and nostalgic as a child (14.22). Fortunately, theatre will rescue her from this spleen (15:22). She recalls the sexist violence she had to face at the Lyon school for the performing arts (27:13), which pushed her to abandon her dream of becoming theatre director… Never mind, she embarked on a trip to London, met a drag queen trio and decided that her life would revolve around queerness (34:58): Christine and the Queens was born. In 2014, her first album comes out: "Chaleur humaine" will sell more than a million copies. The same year, she wins the Victoire de la musique prize as woman performer of the year. Shorter hair, shorter name, her second album, "Chris", comes out in October 2018 and offers a more precise definition of her vision of femininity (38:08) while defending her claims for various sexualities and her own pansexual identity (49:20). She makes visible a burning, hungry and uninhibited feminine desire, in a much needed feminist gesture!

    Executive producer: Nouvelles Écoutes

    Production and signature tune: Aurore Meyer-Mahieu

    Translation: Zisla Tortello

    English voice-over: Elise Anderson-Scotto

    Production assistant: Gaïa Marty

    Recording: Charles de Cillia

    Mixing: Clotilde Fauchille

  • Cet épisode de La Poudre a été publié en français le 11 octobre 2018. Pour l’écouter, remontez dans les archives ou cliquez ici : 🇫🇷.

    In this episode revolving around witches, Mona Chollet deciphers why society is in need of witches (03:29) and talks about her childhood in Switzerland (06:20). She also evokes contemporary witches role models (11:03), what it means to have “a life of your own” (15:41), the economic reasons for witch hunts (22:20), how medicine was confiscated by men (29:10), ecofeminism (37:02), the cultural heritage of femininity (40:50), how witch hunts are in fact misogynistic mass crimes (46:14) as well as radical feminism (50:35).

    Mona Chollet is a journalist and essayist born in 1973 in Geneva, Switzerland. Her last book, “Witches: the Undefeated Power of Women” published in September 2018 by La Découverte publishing house, is an ongoing success. After a B.A. in literature in Geneva, she left for Lille (France) to study journalism at the École Supérieur de Journalisme. After her graduation, Mona Chollet did some freelance work for Charlie Hebdo magazine. Today, she is head of publication and journalist for the Monde Diplomatique and is also the author of five highly documented and captivating essays. The last three are considered as true bibles for feminist activists : « Beauté fatale - Les nouveaux visages d’une aliénation féminine » ( "Fatal Beauty, The New Faces of Feminine Alienation" - 2012 - Zones éditions), « Chez soi, une odyssée de l’espace domestique » ( "At Home, a Domestic Space Odyssey" - 2015 - Zones éditions) et « Sorcières, la puissance invaincue des femmes » ( "Witches, the Undefeated Power of Women" - 2018 - éditions La Découverte). 

    Executive producer: Nouvelles Écoutes

    Production and signature tune: Aurore Meyer-Mahieu

    Translation: Zisla Tortello

    English voice-over: Laura Benson

    Production assistant: Gaïa Marty

    Recording: Charles de Cillia

    Mixing: Clotilde Fauchille

  • Cet épisode de La Poudre a été publié en français le 1er novembre 2018. Pour l’écouter, remontez dans les archives ou cliquez ici : 🇫🇷.

    In this episode, Anne Hidalgo talks about what it is to be a political woman in 2018 (03:57), her childhood in Lyon and her memories of Andalusia (04:48), her family history impacted by Franco’s nationalism (10:30), her French naturalisation at 14 years old (18:05), how she became a feminist (21:47), the link between Paris and her political career (27:25), the parity law (39:00), how to stay healthy when faced with her opponents’ attacks (48:15), why she was opposed to separate spaces at the afrofeminist festival Nyansapo (57:10) and her relationship with her uterus (1:05:49).

    Anne Hidalgo is Paris’ mayor since March 2014 and the first woman to ever hold this position. Born in June 1959 near Cadix in Andalusia (Spain), she arrived in France with her family in 1961 and grew up in a working-class neighbourhood in Lyon. In 1984, after her studies in labour and trade-union law, she becomes health and safety inspector in the French department Val-de-Marne. She is then 23 years old and the youngest person in France to hold this position. She becomes a member of the French socialist party in 1994. She starts up in politics in 1997, working for Martine Aubry who is then minister of Employment and Solidarity and becomes her advisor. In 2001, she runs for the municipal elections in the 15th arrondissement in Paris. She wins a seat at the Paris city council. She becomes the previous mayor of Paris Bertrand Delanoë’s deputy mayor. In September 2012, she announces her decision to run for the next municipal election in 2014, which she wins against the right-wing candidate Nathalie Kosciusko-Morizet. In October 2018, she gets the authorisation from the Paris’ Tribunal to pedestrionise a whole section of the Seine’s banks. This measure symbolises her term, centered on environmentalism and the fight against cars.

    Executive producer: Nouvelles Écoutes

    Production and signature tune: Aurore Meyer-Mahieu

    Translation: Zisla Tortello

    English voice-over: Sharon Mann

    Production assistant: Gaïa Marty

    Recording: Charles de Cillia

    Mixing: Clotilde Fauchille

  • This episode of La Poudre was originally recorded in English. To listen to the undubbed version, click here.

    L’immense militante féministe américaine Gloria Steinem est l’invitée du 56e épisode de La Poudre. Figure historique des luttes féministes aux États-Unis, elle revient sur son parcours et ses combats. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé d’écriture, de voyage et d’intuition.

    L’édito de Lauren

    J’ai interviewé Gloria Steinem.

    Non mais voilà, j’ai interviewé Gloria Steinem. C’est merveilleux, c’est du miel dans les oreilles, la puissance théorique de cette femme. Ce qu’elle dit sur la parole, sur la non-violence, sur les médias, sur le racisme. Elle est absolument extraordinaire, elle a la voix et la beauté militante enchanteresse d’une femme de 80 ans qui a passé sa vie sur la route à partager la pensée féministe. Et même si le son laisse un peu à désirer, et j’en suis profondément désolée, je remercie du fond du cœur le Mona Bismarck Center et les éditions Harper Collins de m’avoir permis d’échanger avec Gloria Steinem en public ce soir-là.

    Avant de laisser la place à notre entretien, je voudrais dire merci aux Gloria Steinem françaises. Il y en a plein, elles sont nombreuses, ces militantes du quotidien qui donnent leur temps et leur énergie à notre combat, au péril de leur vie personnelle et même de leur santé, parfois. Elles se reconnaitront, et puis, elles sont plein à être passées ici, à ce micro. Mais, parce que j’ai envie, j’adresse aujourd’hui une pensée immense à Paye Ta Schnek alias Anaïs Bourdet, pour le travail incroyable qu’elle a abattu depuis 2012 avec ce Tumblr qui a changé la vie de bien des femmes. Merci Anaïs !

    Bon, je vais vous laisser en compagnie de Gloria, passez un bel été, je reviens à la rentrée pour une saison 4 de La Poudre encore plus explosive. Prenez soin de vous, et surtout continuez de faire parler La Poudre.

    Résumé de l’épisode

    Gloria Steinem est née en 1934 dans l’Ohio et raconte son incroyable parcours dans son dernier livre, « Ma vie sur la route ». C’est donc en parlant d’écriture et de l’importance de partager nos histoires que débute cette discussion avec Lauren Bastide (05:49). Elle évoque son enfance atypique et les traces qu’ont laissées les histoires de ses parents sur ses propres choix de vie (06:57), mais aussi ses années passées sur la route et l’état d’esprit d’ouverture qu’elle y a cultivé (09:12). Les combats féministes qui l’ont portée toutes ces années l’ont poussée à combattre sa peur de la prise en parole en public (13:37) mais aussi à apprécier les rencontres et le rapport particulier qui s’établit entre les personnes lorsqu’elles sont en présence les unes des autres (14:24). Une évidence qu’elle a redécouverte en Inde, lors de ses premiers voyages (18:05), maintenue par les usages des femmes et dont s’est d’ailleurs inspiré Gandhi dans la création de son mouvement de résistance pacifiste ! (18:50) Avec Lauren Bastide, elle évoque ensuite la création de son propre média comme une étape nécessaire pour que les problématiques et les discours des moins privilégié.e.s finissent par prendre de la place dans l’espace public (16:19). Un discours qu’elle a toujours souhaité profondément intersectionnel, rappelant que les avancées féministes aux États-Unis sont majoritairement portées par des femmes racisées, et ce, depuis toujours (22:16). Mais si tous ces projets ont pu se réaliser, c’est aussi un petit peu grâce au Dr John Sharp, le médecin qui, comme elle le rappelle au micro de Lauren Bastide, l’a aidée à avorter à une époque où sa démarche était illégale (26:53). Elle rappelle ainsi l’importance de partager ces expériences qui font partie de la vie de nombreuses femmes et de protéger leurs droits durement acquis dans des sociétés qui se sont construites sans, voire contre elles (27:17). Après ces éclairages du passé, cette discussion se clôture sur la vision de Gloria Steinem de la révolution féministe en cours et sur la colère comme moyen de la nourrir et de porter les militantes au quotidien (33:00).

    Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! 

    Cet épisode a été enregistré au Mona Bismarck American Center le 19 mars 2019.

    La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes

    Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu

    Coordination : Gaïa Marty

    Prise de son voix française et mixage : Charles de Cillia

    Pour faire parler La Poudre sur les réseaux sociaux, rendez-vous sur Instagram @lapoudretv, sur Twitter @lapoudrene et sur Facebook sur la page La Poudre podcast

    Vous l’avez sûrement remarqué, La Poudre aime les livres. Si vous aussi, rendez-vous sur notre site La Poudre lit, où nous recommandons toutes les deux semaines des ouvrages pour aller plus loin après l’écoute des épisodes.

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  • Cet épisode de La Poudre est disponible à l’écoute dans une version doublée en français. Cliquez ici pour l’écouter.

    The great feminist activist Gloria Steinem is the guest of the 56th episode of La Poudre. Historical figure of feminist fights in the United States, she rewinds on her journey and her battles with Lauren Bastide. Together, they talked about writing, travelling and loving.

    Lauren’s foreword

    I interviewed Gloria Steinem.

    No, but, really, here it is: I interviewed Gloria Steinem. It’s wonderful, it’s like honey in your ears, the theoretical power of this woman. What she says about speech, about non-violence, about the media, about racism. She is absolutely extraordinary. She has the voice and the mesmerising beauty of an eighty year-old activist, who spent her life on the road, sharing the feminist thought. And even though the sound isn’t of the finest quality, and I’m terribly sorry about that, I thank from the bottom of my heart both the Mona Bismarck Center and Harper Collins France who allowed me to talk to Gloria Steinem in public that evening.

    Before moving on to our interview, I want to say thank you as well to all our French Gloria Steinems. There are many of them, these day-by-day activists who give their time and energy for our fight, at the expense of their personal life and even health, sometimes. They will know who they are, actually many of them already came through here. But just because I fancy it, I turn my thoughts to Paye ta Schnek, also known as Anaïs Bourdet, for the amazing work she has done with her Tumblr since 2012, changing so many women’s lives. Thank you Anaïs.  

    Now, I leave you by Gloria Steinem’s side. Have a beautiful summer, I’ll come back in the fall with an ever more explosive season 4 of La Poudre. Take care of yourselves and keep The Powder alive.

    Episode summary

    Gloria Steinem was born in 1934 in Ohio and tells her incredible journey in her last book, « My Life on the Road ». Talking about writing and the importance of sharing our stories both open her discussion with Lauren Bastide (05:49). She mentions her unusual childhood and the marks her parents’ personal stories left on her own life choices (06:57), but also her years spent on the road and the open state-of-mind she developed there (09:12). The feminist fights she upheld pushed her into surpassing her own fear of speaking in public (13:37) but also into appreciating the encounters and the specific bond created by being in the actual presence of each other (14:24). She rediscovered this necessary and simple relation, preserved by women in India, during one of her first trips there (18:05) ; a technique which inspired Gandhi in the creation of his pacifist resistance movement! (18:50) With Lauren Bastide, she brings up the creation of her own media as a necessary step to make sure the less privileged’s discourses and issues end up taking space in the public sphere (16:19). Discourses she always fought to maintain as intersectional as possible, reminding us that feminist advances in the US were always mainly supported by women of colour (22:16). But if all her projects came to life, it is also - a little bit - thanks to Dr John Sharp, the doctor who helped her abort at a time when the procedure was illegal (26:53). She reminds us how important sharing these experiences - which are part of so many women’s lives - is, and how important it is to protect these hard-won rights in societies built without, if not against, women (27:17). After shedding some light on her past and its lessons, this discussion ends on Gloria Steinem’s vision of the current feminist revolution and on the necessary anger fueling it and driving activists everyday (33:00).

    This episode was recorded at the Mona Bismarck American Center the 19th of March 2019.

    Executive Producer : Nouvelles Écoutes 

    Production and signature tune : Aurore Meyer-Mahieu 

    Production assistant : Gaïa Marty 

    Mixing : Charles de Cillia

  • Sharone Omankoy, militante et fondatrice du collectif Mwasi, Lexie, créatrice du compte Instagram Aggressively Trans et Émilie Jouvet, cinéaste et photographe étaient sur la scène du festival « Patriarchy is Burning », crée par Gang of Witches, au micro de Lauren Bastide pour un enregistrement en public, le 16 juin 2019. 

    L’édito de Lauren : 

    RADICALITÉ

    RADICALITÉ

    RADICALITÉ

    RADICALITÉ

    Plus je pense à ce mot, moins je comprends ce qu’il veut dire. Et pourtant je le revendique et je le chéris. Radicale. Bien sûr. On ne lâche rien. C’est une histoire totale, un féminisme de la totalité, un féminisme pour les 99%, pour citer deux livres que je vous mets en référence dans La Poudre lit.

    Ce jour là, j’étais au Yoyo, sur scène, au cœur de l’exposition « Patriarchy is Burning » orchestrée par Gang of Witches, incroyable collectif de sorcières artistes au sublime univers graphique. Il y avait un public attentif, et sur scène, Sharone Omankoy, la fondatrice du collectif Mwasi, Lexie, du compte Agressively Trans, et Émilie Jouvet, réalisatrice porno féministe.

    Et contre toute attente, il est sorti de notre échange comme un sentiment d’apaisement, de fluidité, de soin de soi.

    Comme elle peut être douce, la radicalité.

    Résumé de l’épisode : 

    C’est le mot-même de «radicalité » qui est tout de suite remis en question par Sharone Omankoy, militante afroféministe depuis de nombreuses années, qui ouvre le bal en évoquant sa surprise quand on a taxé Mwasi - le collectif afroféministe qu’elle a co-créé -, de radical notamment à cause de leur non-mixité (08:33). Lexie renchérit en expliquant en quoi être simplement qui elle est et en parler a fait d’elle quelqu’un de radical aux yeux des autres (11:26). Pour Émilie Jouvet, c’est le fait d’être taxée de radicale qui l’a poussée à l’être (14:06).

    Et si tout n’était qu’une histoire de corps ? Le regard de la société sur son propre corps a nourri l’afroféminisme de Sharone Omankoy (18:25), et le désir de Lexie de montrer des corps trans sur son compte Instagram (21:40). Émilie Jouvet, elle, ne cesse d’interroger à qui appartiennent les corps des femmes et qui décide de leur sort (29:35).

    Entre parcours de PMA (31:06) et législations violentes sur les corps trans qui avaient encore court jusqu’à très récemment (41:50), Émilie Jouvet et Lexie rappellent les oppressions pesant sur les communautés minorisées, dont les positions politiques dites « radicales » ne sont que la revendication du droit de vivre librement. C’est cette violence qui les pousse à prendre la parole, le stylo ou la caméra pour qu’émergent enfin des représentations de leurs vécus (43:55).

    Mais porter ces revendications use. L’articulation des oppressions et le travail de pédagogie permanent épuisent. 

    Les trois militantes insistent sur le besoin de recul, de calme, de protection. Sharone Omankoy rappelle la différence entre enjeux collectifs et besoin thérapeutique individuel (55:06) et toutes trois délivrent quelques conseils pour se mettre à l’abri et prendre soin de soi.

    Pour finir, saviez-vous qui sont les TERFS ? Rendez-vous avec Lexie pour un petit détour par l’univers des féministes « radicalement » transphobes (56:47).

    Cette rencontre se clôture sur de riches échanges avec le public autour de l’énergie à consacrer à la pédagogie, de conseils pour prendre soin de soi ou de ce qu'il faut pour être un•e bon•ne allié•e (1:02:18).

    Bonne écoute ! Et continuez de faire parler La Poudre !

    La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes

    Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu

    Coordination : Gaïa Marty

    Mixage : Marion Émerit

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