Episodes

  • LE VIRUS QUI AFFOLE L'ÉCONOMIE MONDIALE ! 26-02-2020


    Invités

     

    Philippe DESSERTINE

    Directeur de l’institut de Hautes Finances

     

    Dominique SEUX

    Directeur délégué de la rédaction des Echos


    Valérie NIQUET

    Responsable du pôle Asie à la Fondation pour la recherche stratégique

    Auteure de « "La puissance chinoise en 100 questions"


    Sylvie MATELLY

    Directrice adjointe de l’IRIS


    L'expansion du nouveau coronavirus à travers le monde inquiète la communauté internationale et le monde de la finance. En Chine, où les contaminations diminuent, le nombre de décès– 52 en 24 heures – a atteint son plus faible niveau depuis trois semaines. Mais la maladie continue de se propager et concerne désormais, plus d'une trentaine d'États. Selon l’Organisation mondiale de la santé, la menace d'une pandémie est réelle et le monde n'est "tout simplement pas prêt" à y faire face.

    En France, les autorités ont fait savoir qu’un homme de 60 ans est décédé dans la nuit de lundi à mardi à Paris. Enseignant d'un collège de Crépy-en-Valois dans l'Oise, il n’avait pas voyagé dans une zone touchée par le coronavirus. Il est le premier Français à décéder du covid-19 depuis le début de l'épidémie. Un deuxième cas de coronavirus dans l'Oise a été confirmé par le directeur général de la Santé. Hospitalisé à Amiens, il serait dans une "situation clinique grave". Des investigations sont en cours pour déterminer la source de ces contaminations. Un peu plus tôt on avait appris que trois autres personnes étaient hospitalisées à Strasbourg, Paris et en région Auvergne-Rhône-Alpes. Ce qui porte à quatre le nombre de malades hospitalisés en France. À Beaune, en Côte-d’Or, une partie des clients d’un hôtel sont confinés après le décès d’un touriste originaire de Hong Kong.

    En Italie, le pays d’Europe le plus touché par l’épidémie, un douzième décès a été enregistré. Le gouvernement recommande aux Français de reporter leurs voyages vers les régions italiennes les plus touchées par l’épidémie. En revanche pas question de fermer les frontières, ni de reporter les évènements sportifs. Le match de la Ligue des champions entre l’Olympique Lyonnais et la Juventus de Turin aura bien lieu ce soir, avec 3000 supporters italiens attendus au stade Gerland. "Il n’y a pas de malade identifié à Turin, ni dans la région du Piémont. Il n’y a pas lieu d’empêcher les supporters de venir" a affirmé le ministre de la Santé Olivier Véran, en réaction à un mouvement d’opposition.

    Avec la propagation du virus, l’inquiétude commence à gagner les populations mais aussi le monde économique. De l’Asie aux Etats-Unis en passant par l’Europe, les places boursières sont très nerveuses depuis quelques jours en raison du regain d'inquiétudes liée à l'expansion du coronavirus, tandis que sur le front économique on commence à s’interroger sur les conséquences de l’épidémie sur l’activité. Alors que le ministre de l’Economie, fait déjà état d’un impact de 0,1 % sur la croissance en 2020, l’exécutif s’inquiète notamment des chaînes d’approvisionnement industrielles. Car avec 50 milliards de produits chinois importés chaque année, cette crise montre la dépendance de l’économie française à un pays devenu l’ "atelier du monde". Le coronavirus agit comme un "game changer", évènement qui change la donne, de la mondialisation estime Bruno Le Maire. Pour le ministre, il est urgent de "s’interroger sur la dépendance stratégique de certaines filières", en particulier "le secteur de la santé".

    Aujourd’hui, “80 % des principes actifs pharmaceutiques (les molécules qui confèrent au médicament ses propriétés thérapeutiques ou préventives, NDLR) utilisés en Europe sont fabriqués hors de l'espace économique européen, dont une grande partie en Asie”, explique l’Académie française de pharmacie. Les trente-cinq molécules de base en oncologie sont produites en Orient, surtout en Chine, par trois fabricants, poursuivent les professionnels de la santé qui incitent sur le fait que l’épidémie chinoise “pourrait faire peser une grave menace sur la santé publique en France et en Europe”. Pour l’Académie, alors que de plus en plus de populations se retrouvent confinées et que les fermetures d’entreprises s’enchaînent en Chine, il est indispensable de "relocaliser la production des matières premières pharmaceutiques". La direction générale de la santé assure de son côté avoir demandé aux industriels de prendre des "mesures ad hoc pour garantir la continuité de la couverture des besoins sanitaires pour les patients français".

    Alors que sait-on sur les personnes contaminées en France ? Quelles sont les conséquences économiques de l’épidémie ? Faut-il s'inquiéter d'un mini-krach boursier ? Y a-t-il un risque de pénurie de médicaments en Europe ? L’épidémie va-t-elle rebattre les cartes de la mondialisation ?


    Diffusion : tous les jours de la semaine à 17h45

    Rediffusion : tous les jours de la semaine à 22h30

    Format : 65 minutes

    Présentation : Caroline Roux et Axel de Tarlé

    Réalisation : Pascal Hendrick, Jean-François Verzele, Jacques Wehrlin, Nicolas Ferraro et Benoît Lemoine

    Productions : France Télévisions / Maximal Productions

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  • CORONAVIRUS : L'ÉPIDÉMIE À NOS PORTES 25-02-2020


    Invités


    Daniel LÉVY-BRUHL

    Epidémiologiste – Santé Publique France


    Marie-Paule KIENY

    Directrice de recherches à l’INSERM – Ancienne sous-directrice générale de l’OMS


    Caroline TOURBE

    Journaliste sciences et médecine au « Point »


    François BRICAIRE

    Infectiologue – Académie nationale de médecine


    La France n’a plus de malade hospitalisé sur son sol, pourtant le coronavirus n’a jamais semblé aussi inquiétant alors que l’épidémie de pneumonie virale s’est accélérée hier à travers le globe. La Chine a annoncé ce mardi 71 décès supplémentaires, soit le chiffre quotidien le plus bas depuis plus de semaines, mais trente pays sont désormais touchés. L’Organisation mondiale de la santé s’inquiète d’un risque de "pandémie" et juge "très préoccupante" l’augmentation du nombre de cas en Corée du Sud, en Iran et en Italie.

    La péninsule italienne, avec sept morts et 283 personnes contaminées (contre 6 quatre jours plus tôt), principalement en Lombardie et Vénétie, est le pays le plus touché en Europe. Une situation qui a poussé les autorités italiennes à prendre plusieurs mesures d’urgence. D’autant plus que deux nouvelles régions, la Toscane et la Sicile, ont recensé des cas de contamination. Face à l’exposition du nombre de personnes contaminées depuis vendredi, un cordon sanitaire a été mis en place autour d’une dizaine de villes du Nord, placées en quarantaine. Plusieurs événements, comme le carnaval de Venise, la semaine de la mode de Milan ou encore des matchs de football, ont également été reportés ou se joueront à huis clos.

    Une situation jugée "très évolutive" par les autorités françaises qui se préparent au pire, au cas où le Covid-19 ferait son entrée en force sur le territoire tandis que les appels se succèdent au numéro vert mis en place par le gouvernement (0800 130 000). "Nous avons beaucoup d’alertes" a expliqué ce matin le ministre de la Santé. "C’est tout à fait normal car l’épidémie est à nos portes. Nous nous préparons, nous préparons l’ensemble des dispositifs de veille sanitaire et d’intervention, en ville comme à l’hôpital, dans l’hypothèse où l’épidémie viendrait" a expliqué Olivier Veran.

    Dans les Alpes-Maritimes, département frontalier du Piémont, le dispositif sanitaire a été renforcé, notamment pour déceler au plus vite les cas suspects et augmenter les capacités d’accueil des malades dans les structures de soins. Sur le plan national, quelque 70 hôpitaux supplémentaires vont être activés. Le nombre de laboratoires équipés en tests diagnostics va être augmenté de façon à atteindre une capacité de plusieurs milliers d’analyses par jour, contre 400 aujourd’hui.

    D’autre part, des recommandations ont été émises pour les personnes revenant des régions italiennes touchées, sur le modèle de celles déjà en vigueur pour la Chine (Chine continentale, Hong Kong, Macao), Singapour et la Corée du Sud. Ainsi durant les 14 jours suivant le retour (durée jugée suffisante pour couvrir la période d’incubation du virus), ces personnes doivent être prudentes. Il leur est demandé de privilégier "le télétravail" et d’éviter "les contacts proches (réunions, ascenseurs, cantine…)". Ces personnes doivent prendre leur température deux fois par jour, surveiller "l’apparition de symptômes d’infection respiratoire (toux, difficultés à respirer…)" et porter un masque chirurgical lorsqu’elles sont en face d’une autre personne et lorsqu’elles doivent sortir. Les enfants "ne doivent pas être envoyés à la crèche, à l’école, au collège ou au lycée". Enfin, en cas de symptômes, toute personne doit contacter le 15 (SAMU) et ne surtout pas se rendre chez leur médecin traitant ou aux urgences, "pour éviter toute potentielle contamination".

    En revanche, pas question pour l’exécutif de fermer la frontière franco-italienne ou d’y renforcer les contrôles comme le demandent la présidente du RN Marine le Pen ou le député LR Eric Ciotti. "Un virus ne s’arrête pas aux frontières" a fait savoir le ministre de la Santé ajoutant ce mardi que l'annulation des événements collectifs (Fashion Week de Paris, match de football) n'est pas à l'ordre du jour.

    De son côté, l'urgentiste Patrick Pelloux s’est dit "terriblement inquiet" pour l'Ile-de-France. "Les hôpitaux ont été laminés financièrement au cours de ces dernières années, trouver du personnel et de la place ne sera pas facile", a-t-il affirmé, assurant qu'il ne saurait pas "comment faire" si on devait "multiplier par dix les arrivées" quotidiennes aux urgences. Et pour éviter tout risque, il préconise notamment d'annuler certains grands événements sportifs à venir en région parisienne, comme c'est le cas dans d'autres pays du monde, comme à Tokyo, au Japon, ou encore à Pyongyang, en Corée du Nord, où les marathons ont été annulés.

    Alors nos hôpitaux sont-ils prêts à accueillir des patients qui seraient contaminés par le coronavirus ? Comment le virus se propage-t-il ? Où en est la situation en Italie et dans le monde ?


    Diffusion : tous les jours de la semaine à 17h45

    Rediffusion : tous les jours de la semaine à 22h30

    Format : 65 minutes

    Présentation : Caroline Roux et Axel de Tarlé

    Réalisation : Pascal Hendrick, Jean-François Verzele, Jacques Wehrlin, Nicolas Ferraro et Benoît Lemoine

    Productions : France Télévisions / Maximal Productions

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  • CORONAVIRUS : ET MAINTENANT L'ITALIE...  24-02-2020


    Invités

     

    Philippe JUVIN

    Chef du service des urgences de l’hôpital européen Georges-Pompidou

    -

    Astrid VABRET

    Professeur de médecine et Cheffe de service de virologie au CHU de Caen

    -

    Anne-Claude CREMIEUX

    Professeure de maladies infectieuses à l'hôpital Saint-Louis à Paris.

    -

    Marc LAZAR

    Historien et Directeur du Centre d'histoire de Sciences Po, spécialiste de l’Italie


    Deux octogénaires sont décédés ce lundi, portant à au moins cinq le nombre de victimes du coronavirus en Italie du nord. Notre voisin est le pays le plus touché d’Europe et l’un des plus affectés dans le monde après la Chine (2 592 morts), la Corée du Sud (7 morts et plus de 800 malades) et l’Iran (12 morts). Avec 165 cas pour la seule Lombardie, le gouvernement italien a pris des mesures d’ampleur : 11 villes sont placées en quarantaine, le carnaval de Venise a été interrompu et les manifestations sportives interdites. Pas d’écoles non plus près du foyer de l’épidémie, à Codogno. Les rues désertes font une drôle d’impression… et le mystère du patient zéro reste entier !

    Ces nouveaux cas de Covid-19 hors du berceau de l’épidémie et "sans lien épidémiologique clair, tels que les antécédents de voyage ou les contacts avec un cas confirmé" alarment l'OMS. Le directeur général de l'institution a appelé le monde à se préparer à une "éventuelle pandémie" et a jugé "très préoccupante (...) l'augmentation soudaine" de nouveaux cas en Italie, en Corée du sud et en Iran. Des malades ont également été détectés en Irak, au Koweït, au Bahreïn et en Afghanistan, pays jusqu’ici épargnés.

    En France, Olivier Véran a succédé à Agnès Buzyn au ministère de la Santé alors que la crise sanitaire inquiète. Afin de faire face à une éventuelle propagation du virus sur le territoire, soixante-dix hôpitaux supplémentaires vont être "activés" a-t-il annoncé après une réunion d’urgence à Matignon. L’Etat achète aussi des millions de masques et cherche à renforcer les "capacités de diagnostic". Dimanche soir, le ministre de la Santé a qualifié la situation de "très évolutive" mais estime qu’une fermeture de la frontière avec l’Italie n’aurait "pas de sens". Aujourd’hui, un bus en provenance de Milan est resté bloqué à Lyon en raison d’une suspicion d’infection à bord.

    Le ralentissement économique de la Chine du fait de l’urgence sanitaire a eu une autre conséquence : les émissions de CO2 du géant chinois auraient baissé d’un quart. Et les cours de pétrole mondiaux plongent de 4%. Le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la baisse ses prévisions de croissance mondiale pour 2020. "J’ai informé le G20 que, même en cas d’endiguement rapide du virus, la croissance en Chine et dans le reste du monde serait touchée" a déclaré sa directrice Kristalina Georgieva.

    Comment le virus se propage-t-il ? Quels sont les risques en France ? A quelles répercussions économiques faut-il s’attendre ?


    Diffusion : tous les jours de la semaine à 17h45

    Rediffusion : tous les jours de la semaine à 22h30

    Format : 65 minutes

    Présentation : Caroline Roux et Axel de Tarlé

    Réalisation : Pascal Hendrick, Jean-François Verzele, Jacques Wehrlin, Nicolas Ferraro et Benoît Lemoine

    Productions : France Télévisions / Maximal Productions

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  • C DANS L'AIR DU 22 FÉVRIER : AGRICULTEURS : JE T'AIME, MOI NON PLUS

    Emmanuel Macron a inauguré ce samedi 22 février, le 57e salon international de l’agriculture. Le président de la République souhaite aller « à la rencontre de ceux qui ont des inquiétudes les plus marquées », selon les mots de l’Elysée.

    Et les rencontres se sont rapidement muées en confrontations, le président de la République se retrouvant une nouvelle fois face à un secteur agricole en crise depuis plusieurs années. Emmanuel Macron a également été interpellé par les représentants de la FNSEA, syndicat agricole majoritaire, et des Jeunes agriculteurs, dès son arrivée au Salon, vers 8h15. Ces représentants ont réclamé « des messages forts » de la part du président de la République pour répondre à la colère du monde agricole. « Nous attendons de vivre du prix de nos produits », lui a lancé un agriculteur qui déplore également que les agriculteurs « ne cessent d’être stigmatisés ».

    Vendredi, dans une interview accordée à plusieurs titres de presse régionale, Emmanuel Macron est revenu sur cet agribashing dont est victime le monde agricole depuis plusieurs années, qui peut passer par une certaine désaffection mais aussi parfois par des actions plus violentes : fauchages, insultes, dégradations, etc. « Nous sentons aujourd’hui une tension forte dans la société et il faut à la fois protéger les agriculteurs contre les stigmatisations dont ils sont l’objet et réussir la transformation du modèle agricole » a déclaré le président de la République. « Les tensions, on les sent sur l’élevage et le bien-être animal, sur l’agriculture et l’utilisation des pesticides. Je ne tolérerai aucune violence à l’encontre des agriculteurs », a-t-il ajouté.

    Les agriculteurs se sentent également vulnérables économiquement parlant. Parmi les inquiétudes, figure notamment le départ du Royaume-Uni de l’Europe, qui va laisser un trou de 75 milliards d’euros dans le budget de la PAC (politique agricole commune) pour la période 2021-2027. Emmanuel Macron a assuré, après le sommet des 27, que ce n’était pas la PAC qui payerait les frais du Brexit. Sommet qui n’aura toutefois pas permis de trouver un accord sur l’enveloppe dédiée à la PAC. Pour rappel, la France touche chaque année neuf milliards d’euros d’aides eurqopéennes.

    Au-delà du monde agricole, c’est toute la ruralité de France qui réclame plus de considération, dans ce contexte propice de campagne pour les élections municipales. Edouard Philippe présentait cette semaine son « agenda rural ». Cet agenda passera notamment par un plan d’attribution gratuite de « 10.000 à 15.000 licences IV » pour les communes de moins de 3.500 habitants ne disposant pas de bar ou de bistrot doté de ce type d’autorisation.

    Comment réconcilier les Français et les agriculteurs ? Quelles sont les solutions pour moderniser et améliorer l’agriculture française ? Comment les zones rurales peuvent-elles être revitalisées ?

    Invités :

    Jean VIARD - Sociologue, directeur de recherche au Cevipof- CNRS et auteur de « le sacre de la terre »

    Frederic DENHEZ - Journaliste et auteur de « « Le sol. Enquête sur un bien en péril »

    Pascale HEBEL - Directrice du pôle consommation et entreprises au Credoc et membre de l’académie de l’agriculture

    Nathalie MAURET - Journaliste politique au bureau parisien du groupe EBRA presse

     


    Diffusion : tous les jours de la semaine à 17h45

    Rediffusion : tous les jours de la semaine à 22h30

    Format : 65 minutes

    Présentation : Caroline Roux et Axel de Tarlé

    Réalisation : Pascal Hendrick, Jean-François Verzele, Jacques Wehrlin, Nicolas Ferraro et Benoît Lemoine

    Productions : France Télévisions / Maximal Productions

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  • RETRAITES : LA CRISE DE NERFS ! 21-02-2020


    Invités


    Pascal PERRINEAU

    Politologue


    Nathalie SAINT CRICQ

    Editorialiste à France télévisions


    Elizabeth PINEAU

    Journaliste politique à Reuters


    Yves THREARD

    Editorialiste et directeur adjoint de la rédaction du Figaro


    Au lendemain d’une dixième journée interprofessionnelle de manifestations contre la réforme des retraites partout en France, l’examen du texte se poursuit à l’Assemblée nationale où une véritable guerre d'usure se joue entre la majorité et les oppositions. Invectives, suspensions de séance, rappels au règlement, sifflets… Les débats sont houleux et la tension à son comble dans les travées alors que les députés examinent depuis le début de la semaine le projet de loi sur les retraites. A gauche, les élus de la France insoumise et du Parti communiste, notamment, demandent le retrait ou l’organisation d’un référendum sur la réforme et assument leur obstruction au texte, qui leur est soumis en procédure accélérée.

    Dans ce sens, l'opposition a décidé d'utiliser tous les moyens donnés par le règlement pour retarder les débats. Au total, plus de 42 000 amendements ont été déposés, ils devaient se réduire naturellement au cours des discussions, mais le président a décidé d'en supprimer 1 184. Un "fait inédit sous la Ve République" selon les députés communistes qui ont dénoncé une volonté "d'étouffer" leur "droit de parole". "Nous sommes le seul groupe à subir cette forme de maccarthysme ", a dénoncé Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, ciblant le président de l'Assemblée Richard Ferrand.

    "Suspendez le débat jusqu'aux élections municipales", a réclamé de son côté hier François Ruffin, le député de La France insoumise de la Somme. Mais au contraire, la majorité veut une adoption du texte en première lecture avant le premier tour des élections municipales le 15 mars prochain et envisage de plus en plus de recourir au 49.3, l'adoption du texte sans débat à l'Assemblée nationale. Selon le secrétaire d’État Jean-Baptiste Djebbari, "le 49-3 n'est pas à exclure" ajoutant ce vendredi que cette option sera décidée "en temps voulu".

    Parallèlement, l’intersyndicale a appelé à une onzième journée de mobilisation le 31 mars prochain alors que les travaux des partenaires sociaux au sein de la conférence sur le financement des retraites s’enlisent. Le secrétaire général de Force ouvrière a vivement critiqué jeudi une conférence, qui va droit, selon lui, à un "naufrage", même si son organisation continuera d'y aller "pour surveiller" les discussions. De son côté, après un temps d’hésitation, la CGT a fait savoir, par communiqué, que la question de sa participation à un tel exercice sera posée "la semaine prochaine à ses instances dirigeantes", si le gouvernement ne donne pas suite à ses propositions.

    Mise en place par l’exécutif à la suite d’une suggestion de la CFDT, la conférence sur financement des retraites associe les organisations d’employeurs et de salariés. Ils ont jusqu’à fin avril pour présenter une solution alternative à l’instauration d’un âge pivot de 64 ans, proposée en décembre par le Premier ministre, pour que les comptes du système de retraites soient dans le vert en 2027. Et ils doivent pour cela suivre une feuille de route stricte. Le gouvernement exclut une hausse du coût du travail et une baisse des pensions. Mais les partenaires sociaux ne sont pas du tout d'accord sur le chiffre avancé par l’Etat du déficit cumulé entre 2018 et 2030, tout en s’opposant sur les mesures d’âge. Ainsi les organisations syndicales, qui dénoncent le carcan dans lequel l’exécutif enferme les discussions, seraient favorables à une solution consistant essentiellement à augmenter les cotisations et à piocher dans les réserves du système de retraite. Le Medef affirme, lui, qu’"au moins 90 % de l’effort financier doit porter sur une mesure d’âge".

    Alors en quoi consiste cette conférence de financement ? Est-elle vouée à l'échec ? Le gouvernement peut-il utiliser le 49.3 pour faire passer la réforme des retraites ? A quel prix ?


    Diffusion : tous les jours de la semaine à 17h45

    Rediffusion : tous les jours de la semaine à 22h30

    Format : 65 minutes

    Présentation : Caroline Roux et Axel de Tarlé

    Réalisation : Pascal Hendrick, Jean-François Verzele, Jacques Wehrlin, Nicolas Ferraro et Benoît Lemoine

    Productions : France Télévisions / Maximal Productions

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  • ALLEMAGNE : LA HAINE ET LE CHOC 20-02-2020


    Invités

    -

    Jean-Dominique GIULIANI

    Président de la Fondation Robert Schuman et de l’ILERI (Institut Libre des Etudes des Relations Internationales)

    -

    François CLEMENCEAU

    Rédacteur en chef international au « Journal du Dimanche »

    -

    Mìchèle WEINACHTER

    Maître de conférences en études germaniques à l’Université de Cergy-Pontoise

    -

    Bénédicte LAUMOND

    Docteure en sciences politiques, spécialiste de la droite radicale en Allemagne

    -

    Neuf morts et 5 blessés graves : l’Allemagne est sous le choc après deux fusillades à Hanau, près de Francfort, dans le centre du pays. Un tireur lourdement armé a visé mercredi soir deux bars à chicha, fréquentés dans cette ville de 200.000 habitants par une population souvent d’origine kurde. Quelques heures plus tard, le tireur présumé, Tobias R., 43 ans, a été retrouvé mort à son domicile, aux côtés d’un autre corps sans vie, celui de sa mère, d’un manifeste de 24 pages et de plusieurs vidéos. Le parquet fédéral allemand, chargé de l'antiterrorisme, s'est saisi de l'enquête. Il a indiqué disposer "d'éléments à l'appui d'une motivation xénophobe". Il semblerait que les motifs [du tireur] soient d'extrême droite", a ensuite déclaré le ministre de l'Intérieur du land de Hesse.

    Le pays fait face depuis de longs mois à une recrudescence de ce que les médias allemands appellent un terrorisme d’extrême droite. En juin dernier, Walter Lübcke, un élu allemand qui avait soutenu la politique d’accueil des réfugiés d’Angela Merkel, a été tué par un néo-nazi devant son domicile. En octobre, c’est la synagogue de Halle qui était visée par un militant néo-nazi. Vendredi, 12 membres d'un groupuscule d'extrême droite ont été arrêtés et placés en détention dans le cadre d'une vaste enquête antiterroriste. Ils sont soupçonnés d'avoir planifié des attaques de grande ampleur contre des mosquées, dans le but, selon la police, de déclencher les conditions d’une guerre civile en Allemagne.

    Depuis vingt ans, une vingtaine de groupes néo-nazis ont été interdits ou dissous outre-Rhin. Mais ces dernières années l’idéologie a progressé dans le pays, ce qui inquiète au plus haut point les autorités allemandes. La chancelière allemande, Angela Merkel a fustigé ce jeudi le "poison" du "racisme" et de la "haine" en Allemagne. "Nous nous opposons avec force et détermination à tous ceux qui tentent de diviser l’Allemagne", a-t-elle ajouté. La présidente de la Commission européenne et ex-ministre allemande Ursula von der Leyen s’est dite "profondément choquée".

    Mais d’autres responsables allemands vont plus loin et font clairement le lien entre cette violence et le climat entretenu par le parti d’extrême droite AfD. A l’instar du social-démocrate Michael Roth, secrétaire d’Etat aux affaires européennes : "Le milieu à l’origine d’actes comme ceux de Hanau se nourrit idéologiquement de fascistes comme Björn Höcke [chef de l’AfD en Thuringe]. La haine de la démocratie, le racisme, l’antisémitisme, la haine contre les Tziganes et l’islamophobie prospèrent sur des terres fertiles. Pour cela, je maintiens ma position : l’AfD est le bras politique du terrorisme d’extrême droite."

    Alors que sait-on du tireur présumé des attaques d’Hanau ? Quelle est l'ampleur du mouvement neo-nazi en Allemagne aujourd’hui ? Qu’est-ce que l’AfD, le parti d’extrême droite né en 2013, et devenu depuis 2017 la troisième formation politique allemande ? Pourquoi assiste-t-on à une progression de l’extrême droite en Allemagne ?


    Diffusion : tous les jours de la semaine à 17h45

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    Présentation : Caroline Roux et Axel de Tarlé

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  • ISLAM : MACRON CIBLE LES "INFLUENCES ÉTRANGÈRES" 19-02-2020


    Invités


    Christophe BARBIER

    Editorialiste à « L’Express »


    Hakim EL KAROUI

    Essayiste - Auteur de « L’islam, une religion française » 


    Agnès LEVALLOIS

    Maitre de recherche à la Fondation pour la Recherche Stratégique


    Sophie GHERARDI

    Directrice du Centre d'étude du fait religieux contemporain


    Lors d’un déplacement à Mulhouse hier, Emmanuel Macron a présenté les premières mesures de sa stratégie de lutte contre le "séparatisme islamiste". Pas question, a-t-il insisté, de faire un plan contre l'islam, ce qui serait "une faute profonde", "notre ennemi est le séparatisme" qui résulte d’une "manipulation du fait religieux" et conduit à "ne pas respecter les règles de la République".

    Concentrant ses annonces sur la lutte contre les "influences étrangères", le chef de l'Etat est longuement revenu sur les enseignements de la langue et culture d'origine (Elco), des cours dispensés par des enseignants envoyés par d'autres pays. Ces Elco concernent neuf pays (Algérie, Croatie, Espagne, Italie, Maroc, Portugal, Serbie, Tunisie et Turquie) et "80.000 élèves" par an, a indiqué Emmanuel Macron. "Le problème que nous avons aujourd'hui avec ce dispositif, c'est que nous avons de plus en plus d'enseignants qui ne parlent pas du tout le français. Nous n’avons pas, non plus, le contrôle sur les programmes qu’ils enseignent. C’est un problème". Par conséquence, ce dispositif sera supprimé à la rentrée scolaire prochaine et remplacé, pour les pays avec lesquels le gouvernement trouve un accord – "tous sauf la Turquie à ce stade" – par des Enseignements internationaux en langue étrangère (EILE).

    Le président de la République a également annoncé que la France allait progressivement cesser d’accueillir des "imams détachés" envoyés par d'autres pays, comme la Turquie, le Maroc et l'Algérie. Au nombre de 300 aujourd’hui, ils constituent la moitié des imams rémunérés dans le pays. Outre cette mesure, le chef de l'Etat a également indiqué que sera mis fin à l'accueil des "psalmodieurs" reçus chaque année en renfort durant la période du ramadan. Parallèlement, Emmanuel Macron a donné sa feuille de route au Conseil français du culte musulman. D’ici fin mars, le CFCM va devoir élaborer des propositions concrètes pour former et/ou certifier des imams "respectueux des lois de la République". Par ailleurs, une loi sera votée concernant le financement des lieux de culte, afin de mieux contrôler les financements venant de l’étranger. "Nous avons besoin de transparence sur les origines et les finalités. (…) On a besoin de savoir d’où vient l’argent, qui le touche, pourquoi faire", a déclaré le chef de l’État.

    Avec ces mesures de "reconquête républicaine", le chef de l’Etat entend illustrer la priorité régalienne censée caractériser, avec l’écologie, l’acte II du quinquennat. D’autres déplacements sur ce thème devraient être faits par l’exécutif la semaine prochaine et après les élections municipales. Mais d’ores et déjà que faut-il retenir des annonces d’Emmanuel Macron ? Comment sont formés actuellement les imams ? Qui finance la construction des mosquées ? L'alimentation halal, qu'est-ce que c'est ? L’islam de France est-il sous influence étrangère ?


    Diffusion : tous les jours de la semaine à 17h45

    Rediffusion : tous les jours de la semaine à 22h30

    Format : 65 minutes

    Présentation : Caroline Roux et Axel de Tarlé

    Réalisation : Pascal Hendrick, Jean-François Verzele, Jacques Wehrlin, Nicolas Ferraro et Benoît Lemoine

    Productions : France Télévisions / Maximal Productions

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  • SOIRÉE SPÉCIALE : LE RÉGIME CHINOIS À L’ÉPREUVE DU VIRUS


    Invités

     

    Pascal BONIFACE

    Directeur de l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques.


    François BOUGON

    Journaliste à « Mediapart ». Auteur de « La Chine sous contrôle »


    Marie-Françoise RENARD

    Economiste-spécialiste de la Chine/ Université Clermont-Auvergne


    Anne-Claude CREMIEUX

    Professeure de maladies infectieuses à l'hôpital Saint-Louis à Paris


    En duplex de Pékin


    Frédéric LEMAITRE

    Correspondant permanent à Pékin pour le journal « Le Monde »


    Deux mois après son apparition, le Coronavirus a déjà fait près de 1 .900 morts et contaminé 73.335 personnes. La grande majorité de ces contamination (72.438) a eu lieu en Chine continentale, les 897 autres contaminations étant réparties dans une trentaine de pays. Mais un chiffre rassurant vient d’être communiqué : le nombre de nouvelles contaminations, 1.886 contaminations en ce mardi 18 février, est au plus bas depuis le début du mois de février. De plus, hors de la province de Hubei, épicentre de l’épidémie bouclé depuis janvier, il n’y a eu que 79 nouvelles contaminations aujourd’hui en Chine continentale alors que le 4 février, on en avait dénombré 890.

    L’organisation mondiale de la santé (OMS) s’est donc montrée rassurante hier, en précisant qu’en dehors de la zone sous quarantaine, le virus « touche une très petite proportion de la population » et son taux de mortalité ne dépasse pas les 2%. Mais le directeur de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a rappelé dans sa déclaration à la presse que « le risque zéro n’existe pas », rappelant ainsi la nécessité de demeurer vigilant quant à la propagation du virus.

    Le régime chinois cherche à se montrer le plus rassurant possible sur sa capacité à vaincre le virus. Lors d’un appel téléphonique avec le premier ministre britannique Boris Johnson, le président chinois a assuré que la lutte contre le virus générait « des progrès visibles ». Xi Jinping a tout de même reconnu que l’épidémie est « un test majeur pour le système chinois et la capacité de gouvernance » du pays.

    Le gouvernement chinois a pris des mesures fortes pour endiguer l’épidémie en mettant toute la province de Hubei, soit 56 millions de personnes, en quarantaine. Le nouveau ministre de la Santé français Olivier Veyran a d’ailleurs déclaré ce matin sur France Inter que la Chine avait « pris ses responsabilités » avec ces mesures de confinement. « Je ne suis pas sûr qu'il serait possible de réaliser ça dans un pays où les réseaux sociaux seraient ouverts », a ajouté le remplaçant d’Agnès Buzyn.

    La fermeture du régime chinois est d’ailleurs une donnée non négligeable dans cette lutte contre le Coronavirus. L’histoire de Li Wenliang est de ce point de vue assez symbolique : le médecin avait lancé l’alerte sur les risques de propagation du virus, avant d’être arrêté par les autorités chinoises. Ayant succombé au coronavirus début février, Li Wenliang avait eu cette phrase qui est en train de devenir culte en Chine : « Je pense qu’il devrait y avoir plus d’une voix dans une société saine ».

    La lutte contre le coronavirus va-t-il pousser le régime communiste chinois à s’ouvrir et à laisser plus de liberté à sa population ? Les conséquences économiques de l’épidémie pourraient en tout cas le pousser à se réinventer. Si Xi Jinping reste « persuadé » de pouvoir encore « atteindre les objectifs de développement économique et social établis pour cette année », l’économie chinoise devrait être fortement impactée. Tombée à 6,1% l’an dernier, la croissance du pays avait connu son plus faible taux depuis trente ans. Et depuis plus d’un mois, la Chine tourne au ralenti, avec des villes en quarantaine, des usines fermées et une consommation en berne. Le fort ralentissement de l’économie chinoise, qui pèse 16% de l’économie mondiale, va également avoir des conséquences pour la croissance mondiale.

    Le modèle économique chinois va-t-il être stoppé par l’épidémie ? Comment Xi Jinping gère-t-il cette crise ? Le régime communiste peut-il être remis en question ? Quelles sont les conséquences de cette épidémie d’un point de vue diplomatique et géopolitique ?


    Diffusion : tous les jours de la semaine à 17h45

    Rediffusion : tous les jours de la semaine à 22h30

    Format : 65 minutes

    Présentation : Caroline Roux et Axel de Tarlé

    Réalisation : Pascal Hendrick, Jean-François Verzele, Jacques Wehrlin, Nicolas Ferraro et Benoît Lemoine

    Productions : France Télévisions / Maximal Productions

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  • AFFAIRE GRIVEAUX : LE RUSSE, L’ÉTUDIANTE ET L’AVOCAT 18-02-2020


    Invités


    Alain BAUER

    Professeur de Criminologie – CNAM


    ARIANE CHEMIN

    Ecrivain, grand reporter au Monde


    Galia ACKERMAN 

    journaliste et spécialiste du monde russe et ex-soviétique


    Yves THRÉARD

    éditorialiste et directeur adjoint de la rédaction du Figaro


    L'artiste activiste russe Piotr Pavlenski et sa compagne Alexandra de Taddeo, au cœur du scandale des vidéos à caractère sexuel ayant poussé Benjamin Griveaux à renoncer à la mairie de Paris, sont présentés ce mardi à un juge d'instruction après l’ouverture d’une information judiciaire par le parquet de Paris. A cette occasion, Alexandra de Taddeo a été mise en examen pour "atteinte à l’intimité de la vie privée" et "diffusion sans l’accord de la personne d’images à caractère sexuel", pour son rôle dans la conservation, la transmission et la diffusion des vidéos intimes de l’ancien candidat LREM et ancien porte-parole du gouvernement. Elle est placée sous contrôle judiciaire avec interdiction d'entrer en contact avec son compagnon. Ce dernier va être entendu par le juge. L'avocat proche de Piotr Pavlenski Juan Branco a indiqué aujourd’hui que l’activiste russe est "prêt à en découdre" et que pour lui "il s’agit d’une procédure politique".

    Ces développements font suite au dépôt, samedi, d’une plainte contre X de Benjamin Griveaux. Les enquêteurs vont désormais tenter de démêler les responsabilités des deux principaux suspects et d’établir d’éventuelles complicités dans la diffusion des vidéos sur Internet. Une question qui depuis le début de l’affaire est au cœur de l'enquête. Dès samedi, l'avocat de Benjamin Griveaux, Richard Malka, a mis les pieds dans le plat. "Clairement je ne crois pas du tout que [Piotr Pavlenski] ait agi tout seul. Qui a agi à ses côtés ? Je n'en sais strictement rien", s'était-il interrogé sur LCI, sans s'avancer davantage.

    Mais au fil des jours, les suspicions vis-à-vis d'une intervention russe se sont immiscées dans l'affaire. Sans évoquer ce dossier, Emmanuel Macron avait estimé samedi lors de la Conférence sur la sécurité de Munich, que la Russie "allait continuer à essayer de déstabiliser" les démocraties occidentales. "Elle continuera d'être un acteur extrêmement agressif sur ce sujet dans les prochains mois et les prochaines années et dans toutes les élections, elle cherchera à avoir des stratégies de la sorte ou elle aura des acteurs qui le feront", avait assuré le président de la République, au lendemain de la chute de l'un des poids lourds de son mouvement et près de trois ans après avoir été lui-même la cible d'un piratage de grande ampleur, les "MacronLeaks".

    De son côté, la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a affirmé hier sur LCI que Piotr Pavlenski "avait sans doute été aidé" sans se risquer plus loin dans les hypothèses. Le secrétaire d’Etat au Numérique a lui indiqué n’avoir "aucune preuve ni aucun indice qui laisse penser que la Russie soit impliquée".

    Pour le moment, si on ne connaît pas les raisons exactes qui ont poussé Piotr Pavlenski à diffuser sur la Toile les vidéos à caractère sexuel, la méthode utilisée pour faire tomber le candidat LREM ressemble à un "kompromat", en russe, un "dossier compromettant". A savoir une vidéo ou une photo, le plus souvent à caractère sexuel, que le pouvoir utilise pour faire chanter ou chuter des opposants. Généralisée pendant la Guerre froide par les services secrets russes, cette technique a été remise au goût du jour par Vladimir Poutine, avec une nouveauté : la diffusion des images à la télé.

    Parmi les nombreuses victimes du kompromat russe ces dernières années, il y a notamment un Français : Yoann Barbereau qui était le patron de l'Alliance Française d'Irkoutsk, en Sibérie. En 2015, son ordinateur a été piraté et des documents personnels, notamment une photo sur laquelle il est torse nu à côté de sa fille de 5 ans, ont été diffusés sur Internet. La justice russe s'en est servie pour l’accuser d'être un pédophile. Le simulacre d'enquête qui a suivi l'a accablé. Placé sous bracelet électronique en attendant son procès, il est parvenu à s’enfuir en 2016. Il a été condamné par contumace à quinze ans de colonie pénitentiaire.

    Que reproche la justice à Piotr Pavlenski et Alexandra de Taddeo ? Qui est l’avocat Juan Branco ? Comment interpréter les déclarations d'Emmanuel Macron sur les risques d’ingérence russe dans les prochaines élections ? Qu’est-ce qu’un kompromat ?


    Diffusion : tous les jours de la semaine à 17h45

    Rediffusion : tous les jours de la semaine à 22h30

    Format : 65 minutes

    Présentation : Caroline Roux et Axel de Tarlé

    Réalisation : Pascal Hendrick, Jean-François Verzele, Jacques Wehrlin, Nicolas Ferraro et Benoît Lemoine

    Productions : France Télévisions / Maximal Productions

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  • AFFAIRE GRIVEAUX : LES LEÇONS D'UN SCANDALE 17-02-2020


    Invités

    Roland CAYROL

    Politologue


    Bruno JEUDY

    Rédacteur-en-chef à Paris Match


    Vanessa SCHNEIDER

    Grand reporter au Monde


    Chloé MORIN

    Experte associée à la Fondation Jean Jaurès


    La LREM n’a pas traîné à trouver un successeur à Benjamin Griveaux, qui a annoncé le retrait de sa candidature à la mairie de Paris vendredi matin. Alors que les noms de Marlène Schiappa ou Mounir Mahjoubi ont un moment été évoqués, c’est finalement Agnès Buzyn qui a été choisie dimanche à la demande d’Emmanuel Macron. Ce lundi matin, celle qui était jusqu’à présent ministre de la Santé a laissé sa place à Olivier Veran au cours d’une cérémonie de passation de pouvoir où on l’aura vue très émue.

    Agnès Buzyn avait pourtant déclaré vendredi matin sur France Inter qu’elle ne pouvait pas participer à la campagne pour les municipales car elle avait un « agenda très chargé » avec des sujets trop importants, au premier rang desquels l’épidémie de coronavirus et la crise dans les hôpitaux publics. 

    Cette nomination surprise a été rapidement raillée par les adversaires de LREM à la mairie de Paris. « Nous nous étonnons qu'une ministre engagée sur les dossiers majeurs comme la réforme des retraites, la crise de l'hôpital, le plan grand-âge et surtout la gestion de la pandémie mondiale du Coronavirus, abandonne son poste du jour au lendemain », a ainsi déclaré Nelly Garnier, la directrice de campagne de Rachida Dati, dans un communiqué publié sur Twitter.

    Au-delà de ses conséquences politiques, l’affaire Griveaux continue sur le plan judiciaire avec la garde à vue de Piotr Pavlenski, à l’origine de la diffusion de la vidéo intime de Benjamin Griveaux et de sa compagne Alexandra de Taddeo, à qui la vidéo intime était destinée. Cette affaire montre également la faculté et la rapidité avec la quelle les réseaux sociaux peuvent détruire une réputation et plomber une carrière politique.

    Quels rôles ont joué Piotr Pavlenski, sa compagne Alexandra De Taddeo et son avocat Juan Branco ? Comment peut-on lutter contre la propagation de ce genre de vidéos sur les réseaux sociaux ? La candidature d’Agnès Buzyn à la mairie de Paris est-elle sans espoir ?


    Diffusion : tous les jours de la semaine à 17h45

    Rediffusion : tous les jours de la semaine à 22h30

    Format : 65 minutes

    Présentation : Caroline Roux et Axel de Tarlé

    Réalisation : Pascal Hendrick, Jean-François Verzele, Jacques Wehrlin, Nicolas Ferraro et Benoît Lemoine

    Productions : France Télévisions / Maximal Productions

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  • C DANS L'AIR DU 15 FÉVRIER : AFFAIRE GRIVEAUX : LA FIN DE LA VIE PRIVÉE ?

    "Abomination", "boules puantes", "naufrage voyeuriste", "déballage délétère"… Le renoncement de Benjamin Griveaux à se présenter la mairie de Paris à la suite de la publication sur Internet de vidéos privées à caractère sexuel a déclenché depuis hier une avalanche de réactions. Dans une rare unanimité, la classe politique a apporté son soutien à l’élu LREM et a dit son "dégout" devant ces pratiques. Beaucoup se sont aussi inquiétés du cap franchi dans une "américanisation de la vie politique" et ont évoqué une "menace pour la démocratie".


    Cette affaire marque-t-elle une rupture dans notre vie politique ? Pour la première fois en France, la publication de vidéos intimes sur Internet a un impact direct sur une campagne électorale. Au-delà du coup de théâtre dans la course à la mairie de Paris, cet évènement pose de nombreuses questions.

    Aux Etats-Unis, plusieurs leaders politiques ont déjà été victimes de ce genre de révélations. L’histoire de Gary Hart, candidat démocrate à l’élection présidentielle de 1988, étant l’une des plus célèbres. Donné favori pour la Maison-Blanche, il avait été contraint de renoncer après avoir été pris en flagrant délit d'adultère. En France aussi, les attaques sous la ceinture ont toujours existé en politique. On se souvient de l’affaire du garde du corps assassiné Markovic en 1968 qui avait sali le nom Georges Pompidou, quand les rumeurs, en général sur le sexe et l’argent, ont pollué de nombreuses campagnes locales ou nationales. Mais avec les réseaux sociaux, cette campagne entre dans l’ère du "tous les coups sont permis".


    Pour le président LR du Sénat, Gérard Larcher, "il est grand temps de réguler les torrents de boue qui se déversent sur les réseaux sociaux". La diffusion des images doit "évidemment être poursuivie", a insisté de son côté le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner. La diffusion sur Internet de photos ou de vidéos sexuellement explicites d’une personne sans son accord est passible de deux ans de prison et 60 000 euros d'amende. L’avocat de Benjamin Griveaux a indiqué qu’il allait engager dans ce sens des poursuites contre toutes les personnes qui ont "violé la loi" en publiant ou en partageant sur les réseaux sociaux ces vidéos privées.


    Insultes, moqueries, torrents de boue, diffamation…Abrités souvent derrière des surnoms, des internautes se défoulent contre les élus sur les réseaux sociaux, mais la violence dépasse aussi parfois la Toile. De plus en plus d'élus voient leur permanence dégradée et recouverte de tags. D'autres ont été agressés, insultés ou font l'objet de menaces.


    Pourquoi cette multiplication des violences faites aux élus ? Benjamin Griveaux avait-il une autre issue que de renoncer à sa candidature ? Qui pourrait le remplacer dans la course à la mairie de Paris ? Y a-t-il une américanisation de la vie politique française ? Est-ce la fin de la vie privée en politique ?

    Invités :

    Yves THRÉARD - Directeur adjoint de la rédaction du Figaro

    Jérôme FOURQUET  - Directeur du département Opinion de l’institut de sondages IFOP

    Cécile CORNUDET - Editorialiste politique aux Echos

    Alexandra SCHWARTZBROD - Directrice adjointe de la rédaction de Libération


    Diffusion : tous les jours de la semaine à 17h45

    Rediffusion : tous les jours de la semaine à 22h30

    Format : 65 minutes

    Présentation : Caroline Roux et Axel de Tarlé

    Réalisation : Pascal Hendrick, Jean-François Verzele, Jacques Wehrlin, Nicolas Ferraro et Benoît Lemoine

    Productions : France Télévisions / Maximal Productions

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  • GRIVEAUX : FIN DE PARTIE À L’HEURE DES RÉSEAUX SOCIAUX 14-02-2020


    Invités

     

    Bruno JEUDY

    Rédacteur en chef de Paris-Match


    Raphaëlle BACQUE

    Journaliste au Monde


    Soazig QUEMENER

    Rédactrice en chef politique à Marianne


    Bernard SANANES

    Président de l’institut de sondage Elabe


    C'est un tournant dans la campagne des municipales et dans la vie politique française. Benjamin Griveaux, l’un des principaux candidats à la mairie de Paris, député de La République en marche (LRM) de Paris et ancien porte-parole du gouvernement, a annoncé qu’il renonçait à se présenter, à la suite de la diffusion sur la Toile d'une vidéo à caractère sexuel. "Depuis plus d’un an ma famille et moi avons subi des propos diffamatoires, des mensonges, des attaques anonymes, la révélation de conversations privées dérobées ainsi que des menaces de mort. Ce torrent de boue m’a affecté mais il a surtout fait du mal à ceux que j’aime. Hier un nouveau stade a été franchi : un site et des réseaux sociaux ont relayé des attaques ignobles mettant en cause ma vie privée. Ma famille ne mérite pas cela, personne ne devrait subir une telle violence. En ce qui me concerne, je ne souhaite pas nous exposer davantage quand tous les coups sont désormais permis. Cela va trop loin. C’est pourquoi j’ai décidé de retirer ma candidature. Cette décision me coûte mais mes priorités sont très claires, c’est d’abord ma famille", a-t-il déclaré ce vendredi matin dans une courte allocution.

    Peu après cette déclaration, le quotidien Libération a publié un article dans lequel l’artiste contestataire russe Piotr Pavlenski explique avoir mis en ligne les images très intimes, qu’il aurait obtenu d’une "source" "qui avait une relation consentie avec Benjamin Griveaux". L’activiste, réfugié politique en France depuis mai 2017, a dit avoir voulu ainsi "dénoncer l’hypocrisie" de l’élu LRM, "qui dit qu’il veut être le maire des familles et cite toujours en exemple sa femme et ses enfants. Mais il fait tout le contraire". Il a par la suite prévenu sur BFM TV que "ce n'était qu'un début et qu'il y aurait d'autres vidéos".

    L’avocat de Benjamin Griveaux a indiqué qu’il envisageait de porter plainte. "Il y a une violation caractérisée de la vie privée, en infraction au code civil comme au code pénal", a expliqué Richard Malka, interrogé par Le Monde. "On utilise la vie privée pour déstabiliser un homme, et le salir. La loi ne le permet pas". Le fait de diffuser une vidéo intime sans le consentement de ceux ou celles qui en font l'objet sont passibles d'une peine de 60 000 euros d'amende et deux ans de prison.

    "Attaques immondes", "Torrent de boue", "Menace pour la démocratie"… L’affaire a provoqué une onde de choc dans l'ensemble des équipes de campagne - de droite comme de gauche - en lice pour le poste de maire de Paris mais aussi dans toute la classe politique. Depuis Le Havre, Edouard Philippe a exprimé "sa sympathie" envers Benjamin Griveaux. Puis le Premier ministre a publié un tweet dans lequel il adresse son total soutien à l'ancien candidat LREM : "Je pense à Benjamin Griveaux qui a pris une décision en conscience. Une décision difficile. À présent il est urgent de laisser l'homme et sa famille en paix." Sibeth Ndiaye, la porte-parole du gouvernement, a également réagi vivement en dénonçant les "boules puantes" et une "campagne de bassesse".

    Dans un tweet, le chef de file de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon a pour sa part condamné la publication "odieuse" "d'images intimes pour détruire un adversaire". "Non, tous les coups ne sont pas permis", a-t-il écrit dans ce message, ajoutant : "Insoumis, ne participez d'aucune façon au règlement de compte dont Benjamin Griveaux fait l'objet". Le député européen Raphael Glucksmann s'est lui aussi indigné de la tournure prise par les événements, qualifiant cette histoire de "profondément dégueulasse et inquiétante pour la suite. La politique, cela ne doit pas, cela ne peut pas être ça. Ressaisissons-nous collectivement ou nous allons tous nous noyer dans la fange".

    Pour la première fois en France, une vidéo privée à caractère sexuel publiée sur Internet a un impact direct sur une campagne électorale. Comment ces images ont-elles pu circuler sur la Toile ? Quelles vont être les conséquences de cette affaire ? Qui pourrait remplacer Benjamin Griveaux dans la course à la mairie de Paris ?


    Diffusion : tous les jours de la semaine à 17h45

    Rediffusion : tous les jours de la semaine à 22h30

    Format : 65 minutes

    Présentation : Caroline Roux et Axel de Tarlé

    Réalisation : Pascal Hendrick, Jean-François Verzele, Jacques Wehrlin, Nicolas Ferraro et Benoît Lemoine

    Productions : France Télévisions / Maximal Productions

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  • CORONAVIRUS : 60 000 MALADES, LA PSYCHOSE S’ÉTEND 13-02-2020


    Invités


    Antoine BONDAZ

    Chercheur à la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS)


    Sylvie MATELLY

    Economiste

    Directrice adjointe de l’Institut de relations internationales et stratégiques


    Anne-Claude CREMIEUX

    Professeure de maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Louis à Paris

     

    Jean-Claude MANUGUERRA

    Virologue, directeur de la cellule d'intervention biologique d'urgence de l'Institut Pasteur


    Le répit n'aura été que de courte durée. Ce jeudi, les Bourses mondiales sont reparties nettement à la baisse en raison de la résurgence des craintes liées à l'épidémie de coronavirus en Chine où le nombre de nouveaux malades a explosé : plus de 14.840 nouveaux cas de contamination ont été détectés en 24 heures, soit dix fois plus que la veille, ainsi que 242 nouveaux décès a annoncé ce jeudi la commission de santé de la province du Hubei, épicentre de la crise du Covid-19, que Pékin a décidé de reprendre en main. Estimant que les autorités locales étaient incapables de faire face à la situation, Xi Jinping a fait tomber les têtes et changé de politique sanitaire. Ainsi alors jusqu'à présent, seuls les cas confirmés par des kits de tests standards étaient comptabilisés, les autorités ont décidé qu'une radio pulmonaire pouvait désormais suffire à diagnostiquer l'infection au virus. Mais à tort ou à raison, ce changement de méthode pour repérer les malades ne fait que nourrir la méfiance sur les chiffres livrés par les autorités chinoises et l’inquiétude sur l'ampleur réelle de l'épidémie qui continue de se propager.

    Au Japon, le ministre de la Santé a annoncé ce jeudi un premier cas de décès d'une personne porteuse du nouveau coronavirus, tout en restant prudent sur la cause de la mort de cette femme de 80 ans. Il a également indiqué que 44 nouveaux cas positifs au coronavirus Covid-19 ont été détectées à bord du paquebot de croisière Diamond Princess, actuellement en quarantaine. Au total, 713 personnes sur 3 711 initialement à bord du paquebot ont été à ce jour testées. Parmi elles, 218 ont été infectées et 5 présenteraient des "symptômes graves". Au Vietnam, la commune de Son Loi, 10.000 habitants, située près de Hanoi, a été placée en quarantaine pour vingt jours par crainte d’une propagation du nouveau coronavirus. Quand dans l’Union européenne, les ministres européens de la Santé, réunis à Bruxelles, ont souligné ce jeudi la nécessité de mieux coordonner leurs mesures face au nouveau coronavirus et ont alerté sur de possibles problèmes d’approvisionnement en médicaments mais aussi en équipements de protection en provenance de Chine.

    "Nous avons besoin d’aller plus loin, de nous coordonner sur les mesures barrières, l’arrivée des voyageurs, l’analyse épidémiologique des cas, les stocks de protection", a affirmé Agnès Buzyn, en arrivant à cette réunion d’urgence. Elle a par ailleurs souligné que "cette crise" pouvait "s’installer sur plusieurs mois", et s’est inquiétée des "impacts" sur la disponibilité des équipements de protection (gants, masques) pour les personnels soignants.

    De son côté l’OMS, après avoir évoqué "une très grave menace pour le monde" et estimé qu’il était "beaucoup trop tôt" pour prédire une fin de l’épidémie, a laissé entrevoir hier "une chance réaliste de stopper l'épidémie" devant un parterre de 400 scientifiques venus du monde entier, et réunis pour deux jours à Genève sur ce dossier prioritaire. L’objectif de cette conférence : tenter d'y voir plus clair sur ce que l'on sait, ce que l'on ignore, sur le coronavirus, et harmoniser la riposte sur fond de course au vaccin.

    Période d'incubation, symptômes... Que sait-on sur le coronavirus ? Comment sont menées les enquêtes sanitaires dans l'entourage des malades ? Enfin où en est-on sur la recherche d'un vaccin ?


    Diffusion : tous les jours de la semaine à 17h45

    Rediffusion : tous les jours de la semaine à 22h30

    Format : 65 minutes

    Présentation : Caroline Roux et Axel de Tarlé

    Réalisation : Pascal Hendrick, Jean-François Verzele, Jacques Wehrlin, Nicolas Ferraro et Benoît Lemoine

    Productions : France Télévisions / Maximal Productions

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  • MACRON ET L'ÉCOLOGIE : VIRAGE OU MIRAGE ? 12-02-2020


    Invités


    Christophe BARBIER

    Editorialiste politique à « L’express »


    Nathalie SAINT CRICQ

    Editorialiste à « France Télévisions »


    Astrid de VILLAINES

    Journaliste politique au « Huffington Post »


    Brice TEINTURIER

    Directeur Général délégué de l’institut de sondages Ipsos


    A trois semaines des municipales, l'exécutif se met au vert. Après avoir tenu ce mercredi matin son quatrième Conseil de défense écologique, le président de la République doit participer ce soir à un dîner entouré de scientifiques experts du climat dans un refuge qui surplombe la Mer de Glace dans le massif du Mont-Blanc, glacier qui a spectaculairement reculé ces dernières années. Un cadre atypique choisi pour marquer les esprits : Emmanuel Macron veut afficher le virage écologique du quinquennat en annonçant des mesures en faveur de l'écologie et de la biodiversité, enjeux des prochaines échéances électorales.

    Parmi les décisions attendues : une meilleure protection du massif du Mont-Blanc avec l'entrée en vigueur d'un arrêté préfectoral de protection naturelle, l'augmentation des aires protégées pour couvrir 30 % du territoire contre 20 % actuellement ou encore le développement des services publics éco-responsables à travers une vingtaine d’engagements.

    Mais ces mesures restent très timides selon les associations qui se montrent sceptiques, rappelant que la France ne respecte toujours pas l’Accord de Paris et que l’exécutif vient de réviser sa stratégie nationale bas-carbone (SNBC) pour la période 2019-2023. Plutôt que de respecter ses objectifs initiaux, le gouvernement a choisi de relever le budget carbone sur ces années, ce qui permettra à la France d’émettre plus de CO2 que prévu. De même en jugeant fin janvier que la France ne parviendrait pas à sortir du glyphosate à 100 % dans 3 ans, Emmanuel Macron avait suscité un tollé parmi des ONG et des élus écologistes mais aussi un malaise chez les députés En Marche.

    Des troupes LREM, particulièrement à vif depuis les propos du chef de l’Etat sur le manque d’humanité - qui étaient réunies hier soir à l’Elysée pour une réunion d'explication et de remobilisation avant l’examen du projet de loi sur la réforme des retraites qui doit débuter ce lundi 17 février dans l’Hémicycle. "Nous sommes dans un moment difficile de la vie nationale et parlementaire. Mais on est embarqués dans une aventure commune, quels que soient les choix des uns et des autres", a entamé Emmanuel Macron insistant sur le "devoir d'unité" car "notre avenir n'est pas dans la création de chapelles". "Si les professionnels, ce sont ceux qu'on a virés il y a deux ans et demi, et que les amateurs c'est vous, alors soyez fiers d'être amateurs !" a-t-il lancé avant de dresser les grandes lignes de la fin de son quinquennat, centré sur "le régalien et l'écologie".

    Alors quelles sont les mesures du gouvernement en faveur de l'écologie et de la biodiversité ? Est-ce un virage écologique ? Le chef de l’Etat a-t-il rassuré sa majorité ? Quels sont les enjeux des élections municipales ?

  • ALLEMAGNE : L’APRÈS-MERKEL CHAMBOULÉ PAR L’EXTRÊME-DROITE  11-02-2020


    Invités


    François CLEMENCEAU

    Rédacteur en chef international au « Journal du Dimanche »


    Jean-Dominique GIULIANI

    Président de la Fondation Robert Schuman et de l’ILERI

     

    Hélène MIARD-DELACROIX

    Professeure d'histoire et de civilisation de l'Allemagne contemporaine à l’Université Sorbonne


    Sylvie KAUFFMANN

    Editorialiste au « Monde »


    L'Allemagne s'est enfoncée hier un peu plus dans une crise politique majeure avec le retrait de la dauphine d'Angela Merkel, et beaucoup désormais s’interrogent : à quoi ressemblera l’après-Merkel ? La chancelière allemande elle-même pourra-t-elle aller au terme de son mandat ? L'un des proches d’Angela Merkel, le ministre de l'Economie Peter Altmaier, a évoqué une "situation extrêmement grave" pour le parti conservateur allemand, l'Union chrétienne-démocrate (CDU). "Il en va de notre avenir", a-t-il dit, tandis que la dirigeante des écologistes a parlé d'une "situation dramatique" pour le pays.

    En cause ? La décision historique prise la semaine dernière par la droite (CDU) et les libéraux (FDP) de s’allier avec l’extrême-droite (AfD) arrivée en deuxième position avec sa frange la plus radicale, celle qui remet en cause la repentance pour les crimes du IIIème Reich, plutôt que de laisser une alliance des gauches et des Verts diriger la région de Thuringe. Une première depuis l’après-guerre, qui plus est dans un territoire hautement symbolique. C’est en effet dans cette même région d’ex-Allemagne de l’Est que pour la première fois le Parti national-socialiste de Hitler était entré dans un gouvernement régional, en 1930. Trois ans plus tard, il était chancelier.

    Pris à contre-pied par ce vote sans précédent, l'état-major de la CDU a, certes, reproché aussitôt à ses élus thuringeois d'avoir mêlé leurs voix à celles de "nazis" de l’AfD, parlé de "journée noire", obtenu en 24 heures la démission de Thomas Kemmerich à la tête de l'exécutif du Land de Thuringe et demandé un nouveau scrutin, les secousses de ce séisme politique ébranlent tout le paysage politique allemand et au-delà. Tirant les leçons de cette crise politique, Annegret Kramp-Karrenbauer, la dauphine de Merkel, a annoncé lundi renoncer à lui succéder et vouloir abandonner la présidence du parti conservateur dans quelques mois, le temps de trouver un successeur, qui sera en même temps candidat à la chancellerie.

    Mais un tabou est tombé en Allemagne avec ce vote du 5 février. Et aujourd’hui, le CDU et le FDP apparaissent affaiblis, de plus en plus tiraillés entre adversaires et partisans d'une coopération avec l'extrême-droite. Ainsi selon un sondage publié le 6 février, seulement un quart des électeurs du FDP refuseraient tout rapprochement avec l'AfD, parti devenu au mois de septembre 2017 la troisième formation politique allemande avec 12,64 % des suffrages et 93 députés au Bundestag.

    Elections après élections, les résultats confirment la poussée des mouvements d'extrême droite et des partis nationalistes en Europe. Hier, le Parti nationaliste Sinn Fein, jusqu’alors marginalisé pour ses liens historiques avec l’IRA, a créé la surprise en réalisant une percée historique lors des législatives en Irlande, bousculant les deux partis centristes qui se partagent habituellement le pouvoir.

    Partisan d'une réunification de l'Irlande, le succès de ce parti constitue-t-il la première réplique du Brexit ? Comment analyser la crise politique qui secoue l’Allemagne ? Qui succédera à Angela Merkel ? Quel avenir pour le couple franco-allemand ? Pourquoi le discours d’Emmanuel Macron sur la dissuasion nucléaire embarrasse-t-il l’Allemagne et plus largement les Vingt-Sept ?

  • CORONAVIRUS : POURQUOI L'OMS S'INQUIÈTE  10-02-2020


    Invités


    Valérie NIQUET

    Maitre de recherche à la Fondation pour la Recherche Stratégique


    Antoine BONDAZ

    Enseignant à Sciences Po


    Daniel LEVY-BRUHL

    Epidémiologiste – Santé Publique France

     

    Carine MILCENT

    Professeure associée à l'école Paris Sciences économiques, spécialiste du système de santé chinois


    L’épidémie de coronavirus traverserait "une période de stabilité" selon l’OMS. En France, un dépistage est en cours sur les personnes ayant été en contact avec les cinq vacanciers britanniques infectés par le virus dans une station de Haute-Savoie : les premiers tests sont négatifs. Mais à l’autre bout du monde, 66 nouveaux cas ont été détectés ce lundi à bord du navire de croisière Diamond-Princess, en quarantaine dans le port de Yokohama depuis plusieurs jours. Si le virus se stabilise en Chine, risque-t-il de continuer à se propager ailleurs ? Aujourd’hui, le directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé a tweeté : "Il y a eu des cas inquiétants de propagation du 2019nCoV par des personnes sans antécédents de voyage en Chine". Ne voyons-nous que la "partie immergé de l’iceberg" comme il le suggère ?

    La gestion politique et sanitaire de l’épidémie de coronavirus par le régime de Pékin est allègrement commentée. Depuis décembre, Xi Jinping et son gouvernement s’échinent à montrer leur capacité à contrôler la crise – en construisant des hôpitaux en un temps record, en plaçant des millions de personnes en quarantaine – pourtant le pays déplore désormais 908 morts et 40 171 personnes infectés. Le pouvoir chinois avait certes pris 10 jours avant que l’OMS ne décrète l’urgence de santé publique de portée internationale le 30 janvier. Le directeur général de l’organisation a vanté la "transparence" et la "rapidité" de la Chine dans cette crise. Pourtant, dimanche soir, l’organisation a décidé d’envoyer une équipe d’experts sur place pour enquêter. Et obtenir le feu vert du gouvernement chinois n’a pas été une mince affaire !

    Dans le pays, des citoyens chinois commencent à élever la voix contre le pouvoir central. Vendredi, la mort du médecin lanceur d’alerte Li Wenliang des suites du virus a beaucoup ému, d’autant plus qu’en premier lieu, la police avait accusé le jeune ophtalmologue de "diffuser des rumeurs". D’autres médecins comme lui avaient été arrêtés avant que les autorités ne rétropédalent. Aujourd’hui, c’est la disparition du reporter chinois Chen Qiushi qui interroge la population.

    Depuis plus de trois semaines, la deuxième puissance économique mondial tourne au ralenti. Congés prolongés, usines fermées, restrictions de déplacement : de nombreux sites industriels sont à l’arrêt à Wuhan. Les patrons d’enseignes étrangères implantées sur ce territoire s’inquiètent, comme ceux du secteur automobile français, très présents dans la région. "Pour ce trimestre, il y aura très probablement des conséquences négatives", a déclaré Kristalina Georgieva, la patronne du Fonds monétaire international (FMI).

    Y’a-t-il encore un risque de contagion mondiale ? Atteint-on le pic de l’épidémie ? Le régime politique chinois va-t-il pâtir de sa gestion de crise ?


    Diffusion : tous les jours de la semaine à 17h45

    Rediffusion : tous les jours de la semaine à 22h30

    Format : 65 minutes

    Présentation : Caroline Roux et Axel de Tarlé

    Réalisation : Pascal Hendrick, Jean-François Verzele, Jacques Wehrlin, Nicolas Ferraro et Benoît Lemoine

    Productions : France Télévisions / Maximal Productions

    Retrouvez C dans l'air sur France.tv

  • C DANS L'AIR DU 8 FÉVRIER : DÉLINQUANCE EN HAUSSE : MAUVAIS CHIFFRES POUR MACRON ?

    Les chiffres, inquiétants, de la délinquance tombent très mal pour Emmanuel Macron et sa majorité. Les données du service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) font notamment état d’une importante hausse du nombre d’homicides constatés en 2019 : 970, contre 894 l’année précédente. Et cette hausse de 9% inquiète car elle fait suite à deux ans de stabilité au niveau statistique et que le nombre d’homicides en 2019 est plus élevé qu’en 2015 et 2016, deux années qui ont vu la France être frappée par des attaques terroristes de grande ampleur. Et la hausse de la délinquance a également été importante pour d’autres catégories : les violences sexuelles (+12%), les coups et blessures volontaires (+8%) ou encore les escroqueries (+11%).

    Ces chiffres, calculés sur le nombre de plaintes déposées en 2019, ont été largement commentés cette semaine par la classe politique. Dans une interview au journal du dimanche, Xavier Bertrand a estimé que la politique sécuritaire du gouvernement virait « au fiasco ». « Le pays est sous tension, divisé comme rarement. Nos rues sont le théâtre de violences depuis plus de quinze mois. Contrairement à sa promesse, non seulement le Président n’a pas réconcilié les Français, mais il les a souvent dressés les uns contre les autres », a asséné le président du conseil régional des Hauts-de-France, en faisant référence à la période des gilets jaunes puis à celle des manifestations contre la réforme des retraites.

    Le ministre de l’intérieur a répondu à Xavier Bertrand dès mardi au micro de BFMTV : « Je ne crois pas à la politique du chiffre, on peut faire tout dire aux chiffres. Je vais vous donner un exemple, les vols à main armée ont baissé, ils n'ont jamais été aussi bas. Les vols violents n'ont jamais été aussi bas, ils ont baissé de 9%.", a insisté Christophe Castaner. Le ministre a également voulu mettre l'accent sur les taux d'élucidation, en hausse, en citant notamment celui des cambriolages à Paris (+14,5%) et les importantes saisies de l'OFAST (700 kilos de cocaïne en Gironde, 500 kilos à Rungis).

    La question de l’insécurité et de la délinquance s’invite donc dans la campagne des municipales et dans certaines villes, elle en devient même le thème central. A Montpellier, le thème de la sécurité est présent dans les professions de foi de tous les principaux candidats. Et ils proposent pour la plupart, peu importe leur bord politique, l’embauche de policiers supplémentaires. Le candidat LREM Patrick Vignal veut embaucher 100 nouveaux policiers municipaux, tout comme le candidat LR Alex Larue qui souhaite aussi « faire partir les punks à chien du centre-ville » alors le candidat RN Olaf Rokvam porte le chiffre de policier municipaux supplémentaires à 250. La candidate EELV propose pour sa part de réimplanter des postes de polices municipales dans les quartiers.

    Des campagnes au grande ville, la question de la sécurité - et du sentiment d’insécurité - pourrait donc bien devenir un thème central de la prochaine élection municipale. Comment peut-on expliquer cette hausse des chiffres de la délinquance ? Quelles sont les solutions pour garantir la sécurité des Français ? Quelles conséquences ces statistiques peuvent-elles avoir au niveau politique ?

     


    Diffusion : tous les jours de la semaine à 17h45

    Rediffusion : tous les jours de la semaine à 22h30

    Format : 65 minutes

    Présentation : Caroline Roux et Axel de Tarlé

    Réalisation : Pascal Hendrick, Jean-François Verzele, Jacques Wehrlin, Nicolas Ferraro et Benoît Lemoine

    Productions : France Télévisions / Maximal Productions

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  • VIRUS : LA CHINE DIT-ELLE TOUTE LA VÉRITÉ ? 07-02-2020


    Invités

     

    Valérie NIQUET

    Maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique


    François BOUGON

    Journaliste à « Mediapart » - Auteur de « La Chine sous contrôle »


    Sébastien JEAN

    Directeur du Centre d'études prospectives et d'informations internationales (CEPII)


    Mary-Françoise RENARD

    Professeur d’économie à l’université Clermont-Auvergne – Auteure de « Economie de la Chine »


    Il était l’un des premiers médecins chinois à avoir sonné l’alarme à Wuhan en décembre, ce qui lui avait valu d’être accusé par les autorités de propager des "rumeurs". Arrêté par la police, puis réhabilité, le docteur Li Wenliang est mort hier soir. Il a succombé à la maladie et son décès a déclenché un torrent de réactions de tristesse sur les réseaux sociaux, mais aussi des critiques d’une rare violence contre le régime. Pendant quelques heures, le hashtag "liberté d’expression" a fleuri sur Weibo, défiant les tabous de la censure, avant d’être bloqué. De nombreux internautes ont également fait circuler la chanson des Misérables "Do you hear the people sing ?", hymne des manifestants pro-démocratie à Hongkong.

    Considéré comme un héros national par l’opinion publique, la mort du jeune médecin de 34 ans a pris une dimension politique. Le régime a annoncé l’envoie d’une équipe d’experts à Wuhan pour enquêter sur les circonstances de sa mort "telles qu'elles ont été rapportées par les masses". Des officiels locaux avaient été sanctionnés il y a quelques jours, mais aujourd’hui les autorités font face à un flot de colère alors que l’épidémie de pneumonie de coronavirus continue de se propager dans le pays et que le bilan s’alourdit. Il est désormais de 636 morts et plus de 31 000 personnes contaminées sur le territoire chinois.

    Consciente que le monde entier a les yeux tournés vers elle, la Chine tente de rassurer sur sa capacité à faire face à la crise sanitaire en adoptant des mesures de plus en plus draconiennes. Mais alors que l’Empire et sa province du Hubei, foyer de l’épidémie, semblent de plus en plus isolés, l’inquiétude et les interrogations grandissent chez les citoyens, gouvernements et entreprises du monde entier. Par crainte d'une propagation du coronavirus, de nombreuses entreprises sont contraintes depuis le 23 janvier de laisser leurs sites de production fermés, en attendant un feu vert des autorités chinoises. Toyota a annoncé ce vendredi un nouveau report de la reprise de la production dans ses usines en Chine, au moins jusqu’au 17 février. Apple a fermé toutes ses boutiques chinoises, Starbucks, la moitié de ses 4 000 cafés, quand Nike et Adidas ont décidé la fermeture de nombreux magasins. Près de Pékin, la ligne d'assemblage de l'A320 d'Airbus est maintenant à l'arrêt.

    L’épidémie du coronavirus, qui bloque l’Empire du Milieu depuis plusieurs semaines, affaiblit déjà l’économie chinoise. Les économistes s’attendent désormais ce que la croissance du PIB de la Chine au premier trimestre baisse de 1 % à 2 % par rapport au taux de croissance annuel de 6 % qui prévalait avant l'apparition du virus. Une baisse de l’activité chinoise, premier pays importateur et exportateur mondial, qui fait trembler l'économie mondiale.

    Alors quelles seront les conséquences pour la Chine et le monde ? L’épidémie peut-elle provoquer une crise économique mondiale ?

  • VIOLENCES SEXUELLES : LA FACE CACHÉE DU SPORT ?  06-02-2020


    Invités

     

    Yves THREARD

    Directeur adjoint de la rédaction du "Figaro"


    Emmanuelle ANIZON

    Grand reporter à "L’Obs"


    Béatrice BARBUSSE

    Maître de conférences en sociologie à l’Université de Créteil

    Ancienne Handballeuse professionnelle


    Corinne BOULLOUD

    Rédactrice en chef adjointe du service des sports de "Europe 1" 


    Séisme dans le monde du sport. Après le tennis et la natation, le patinage artistique est secoué par les révélations sur des affaires de violences sexuelles à la suite du témoignage poignant de Sarah Abitbol. Ancienne vedette dans la discipline, dix fois championne de France, multimédaillée européenne et troisième aux Championnats du monde en couples en 2000, elle vient de publier un livre ("Un si long silence") dans lequel elle révèle qu’elle a été violée par son ancien entraîneur, Gilles Beyer, entre 1990 et 1992, alors qu'elle avait 15 à 17 ans.

    Depuis plusieurs anciennes patineuses françaises de haut niveau ont accusé dans la presse leurs entraîneurs d'agressions sexuelles, et la ministre des Sports, Roxana Maracineanu, a demandé la démission du président de la Fédération française des sports de glace, Didier Gailhaguet en poste depuis vingt ans. Eclaboussé par ces affaires de viols et de pédophilie, le patron du patinage artistique français s'est défendu bec et ongles mercredi lors d’une conférence de presse, refusant de démissionner, niant toute responsabilité, accusant la ministre d’être "moralisatrice" et de céder à la pression médiatique. Une attitude qui a fait réagir Sarah Abitbol qui a accusé le patron de la fédération de ne pas avoir "protégé ses athlètes".

    Et maintenant, que va-t-il se passer ? Alors que le bras de fer est engagé entre la ministre et le président de la Fédération française des sports de glace, dans le monde du sport les langues se délient et des affaires éclatent dans plusieurs disciplines. Mais est-ce vraiment la fin de l'omerta sur les violences sexuelles dans le sport ? Dans une tribune publiée dans Le Parisien mercredi, plus d’une cinquantaine d’athlètes de haut niveau, dont Teddy Riner, la joueuse de tennis Tatiana Golovin et la danseuse sur glace Nathalie Péchalat ont décidé de donner de la voix pour dire stop aux violences sexuelles dans le sport : "Combien de victimes demeurent encore blotties dans la honte et la peur ? Combien auraient pu être évitées ? Ne laissons pas le mur du silence se reconstruire", écrivent les athlètes qui appellent à la création d’une cellule d’écoute indépendante. Ils demandent également l’adoption de mesures législatives “permettant la révocation de tout individu, quel que soit son statut, impliqué dans une affaire de violences sexuelles”, mais aussi “l’interdiction à vie d’exercer tout métier au contact de la jeunesse, quel que soit le domaine, pour tous les agresseurs et les prédateurs sexuels avérés”. Enfin, ils veulent la “mise en place d’actions de formation, de sensibilisation et de prévention pour éduquer les enfants, adolescents, entraîneurs et managers dans toutes les structures sportives”.

    Alors quelles sont les issues possibles au bras de fer entre la ministre des Sports et Didier Gailhaguet ? Faut-il revoir l’organisation des fédérations sportives ? Comment lutter contre les violences sexuelles ? Quelles mesures doivent prendre les pouvoirs publics ?


    Diffusion : tous les jours de la semaine à 17h45

    Rediffusion : tous les jours de la semaine à 22h30

    Format : 65 minutes

    Présentation : Caroline Roux et Axel de Tarlé

    Réalisation : Pascal Hendrick, Jean-François Verzele, Jacques Wehrlin, Nicolas Ferraro et Benoît Lemoine

    Productions : France Télévisions / Maximal Productions

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  • TRUMP, LA RAGE DE NANCY ET LA SURPRISE DE L'IOWA  05-02-2020


    Invités

     

    Nicole BACHARAN

    Politologue spécialiste des Etats-Unis

    Auteure de « Le monde selon Trump »


    Thomas SNEGAROFF

    Historien spécialiste des Etats-Unis

    Auteur de « L’Amérique et son président, une histoire intime »


    Lauric HENNETON

    Spécialiste des Etats-Unis

    Auteur de « Atlas historique des Etats-Unis »


    Melissa BELL

    Correspondante à Paris de la télévision américaine CNN International


    A neuf mois de la présidentielle américaine, Donald Trump se voit déjà reconduit à la Maison-Blanche. Lui qui devrait être acquitté ce mercredi à l’issue de son procès en destitution au Sénat a prononcé mardi son dernier discours sur l’état de l’Union. Adoptant un ton plus optimiste que par le passé, le président des Etats-Unis a vanté ses promesses "tenues" et "le come-back" des Etats-Unis, avec une économie "rugissante" "plus forte que jamais". Fort des meilleurs sondages depuis son élection - 49% d'opinions favorables selon une dernière enquête – le milliardaire républicain a montré, en ancienne star de la télévision, qu’il savait mieux que personne mettre en scène un spectacle. Dans cette même Chambre des représentants qui l'a mis en accusation en décembre dernier pour "abus de pouvoir" et "entrave à la bonne marche du Congrès", Donald Trump a bruyamment loué son bilan et a tiré plusieurs scuds sur les démocrates qui ont manifesté très clairement leur désaccord.

    Ainsi alors que Donald Trump a refusé en arrivant de serrer la main de la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi a décidé de lui rendre la monnaie de sa pièce en déchirant la copie du discours du président une fois qu’il venait de terminer en assurant que le "meilleur était à venir". Celle qui occupe le troisième échelon le plus important de la politique américaine est devenue au fil des mois la principale opposante à Donald Trump. Son geste symbolique montre l’étendue de la division qui traverse la classe politique américaine comme l’ensemble du pays, en ce début de campagne présidentielle mouvementé….

    Car pendant que l’hôte de la Maison-Blanche prononçait dans une ambiance tendue au Congrès son discours sur l’état de l’Union, appelé à être le véritable coup d’envoi de sa campagne électorale, dans l’Iowa, premier Etat à se prononcer dans la primaire démocrate, avec plus d'un jour de retard dû à une panne calamiteuse du système de comptage, 71 % des dépouillements ont finalement été rendus publics mardi. Et ils donnent en tête Pete Buttigieg. Inconnu du grand public il y a un an, le maire de South Bend, dans l’Indiana, vétéran de l'Afghanistan, ouvertement homosexuel, plutôt centriste et sans expérience nationale contrairement à ses concurrents semble pourtant avoir surclasser les caciques du parti que sont Joe Biden, Bernie Sanders, et Elizabeth Warren. Alors comment expliquer cette victoire surprise ? Qui est Pete Buttigieg ? Peut-il être le nouvel Obama ? Trump sort-il renforcé de son procès ? Enfin la course à la Maison Blanche est-elle en train de devenir une course au compte en banque ?


    Diffusion : tous les jours de la semaine à 17h45

    Rediffusion : tous les jours de la semaine à 22h30

    Format : 65 minutes

    Présentation : Caroline Roux et Axel de Tarlé

    Réalisation : Pascal Hendrick, Jean-François Verzele, Jacques Wehrlin, Nicolas Ferraro et Benoît Lemoine

    Productions : France Télévisions / Maximal Productions

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