エピソード

  • L'ostracisme est une institution originale de la Grèce classique, pratiquée notamment à Athènes. Le terme est forgé à partir du mot "ostracon", qui désigne une coquille d'huître.

    C'est en effet sur ce fragment de coquillage, ou, plus souvent, sur un tesson de céramique, qu'était inscrit le nom de la personne qui devait être ostracisée.

    C'est à Clisthène, dont les réformes, au VIe siècle avant notre ère, ont fondé la démocratie athénienne, qu'on attribue généralement la création de l'ostracisme. Cependant, le premier ostracisme n'intervient qu'au début du Ve siècle avant J.-C.

    Quand un citoyen athénien est victime d'un ostracisme, il est banni de la cité pour dix ans. Il ne s'agit pas d'une mesure judiciaire. Elle ne s'accompagne ni d'une amende ni de la confiscation des biens de la personne ostracisée. Et elle conserve même ses droits de citoyen.

    Il s'agit surtout d'une mesure de défiance. Ainsi, elle touche les citoyens qu'on trouve trop influents et qu'on soupçonne de vouloir s'emparer du pouvoir.

    L'ostracisme était du ressort de l'"Ecclesia", l'assemblée rassemblant les citoyens d'Athènes. Elle pouvait compter jusqu'à 40.000 membres mais n'en comportait, en réalité, guère plus de 6.000.

    La procédure aboutissant à l'ostracisme se déroulait de la manière suivante. L'Ecclesia se prononçait, par un premier vote, sur l'opportunité de prononcer un ostracisme.

    En cas de résultat positif, on procédait, un peu plus tard, à un second vote. Les citoyens devaient désigner, lors de ce scrutin, la personne qui devait être ostracisée. Ils inscrivaient son nom sur l'ostracon, ce tesson de poterie dont on a déjà parlé.

    Ils allaient ensuite le déposer dans un lieu fermé d'une cloison de bois. Contrairement à d'autres votes, celui-ci était donc secret. Compte tenu de l'enjeu d'un tel scrutin, il fallait un nombre de voix très important pour décider d'un ostracisme.

    En effet, pas moins de 6.000 suffrages devaient se porter sur un nom. Si c'était le cas, la personne touchée par l'ostracisme avait dix jours pour quitter le territoire d'Athènes. Des personnages prestigieux, comme Thémistocle, furent victimes de cette pratique.
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  • Pour écouter la série sur Xavier Niel sur mon podcast Comment j'ai bâti un empire:

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    Il existait, au Moyen-Âge, un usage judiciaire qui ne manque pas de nous surprendre aujourd'hui. En effet, du XIe au XVIIIe siècle environ, des animaux étaient traduits en justice.

    Ce qui signifie qu'on les jugeait coupables de certains actes. En reconnaissant leur responsabilité, dans ces actions, on les traitait comme des hommes, et non comme des choses.

    Les animaux qu'on pouvait appréhender, comme les porcs, les vaches ou les chevaux, étaient enfermés dans une cellule. Puis ils comparaissaient devant un tribunal. Là, le procès se déroulait selon les règles habituelles. Des témoins étaient entendues et le juge prononçait sa sentence.

    S'il s'agissait d'animaux dont il était très difficile, ou même impossible, de s'emparer, comme les insectes, on d'adressait à la justice ecclésiastique.

    Certains animaux passaient en jugement plus souvent que d'autres. C'était notamment le cas des porcs, qui, malgré certaines interdictions, vaquaient librement dans les rues des villes et des villages.

    Il leur arrivait ainsi de s'en prendre à de jeunes enfants et même de les tuer. Dans ce cas, ils étaient souvent condamnés à mort. Les juges se déplaçaient jusqu'à la prison où était détenu l'animal pour lui lire la sentence.

    Leur châtiment variait. Ils étaient souvent étranglés et pendus par les pattes arrière. Mais certains étaient brûlés vifs. Parfois, les animaux étaient mutilés, à l'endroit où ils avaient blessé leur victime.

    Curieusement, certains d'entre eux étaient affublés de vêtements d'homme avant de subir leur châtiment. Quant aux frais de justice, qui n'étaient pas négligeables, ils étaient à la charge du propriétaire de l'animal jugé.

    Quand les animaux, des chenilles, des sauterelles ou des mouches par exemple, étaient déférés devant les tribunaux ecclésiastiques, ils risquaient souvent l'excommunication.

    Avant de la prononcer, on se rendait sur les lieux, un champ dévasté par des insectes par exemple, et on leur enjoignait de partir sans tarder. L'ordre était même répété plusieurs fois.

    L'homme partageait parfois le sort de l'animal. Dans les cas de bestialité par exemple, l'homme ayant copulé avec un animal pouvait être brûlé avec lui.
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  • Au football comme au rugby, le Royaume-Uni ne présente pas d'équipe nationale, sauf dans le cadre des Jeux olympiques. Ainsi, toutes les composantes du pays, à savoir l'Angleterre, l'Écosse, le pays de Galles et l'Irlande du Nord, ont leurs propres équipes de football.

    Mieux encore, les Britanniques organisent, depuis 1884, un tournoi de football auquel participent ces quatre entités régionales. C'est un peu comme si les Normands jouaient contre les Auvergnats !

    La raison essentielle de cette absence d'équipe nationale est à rechercher dans la conception qu'ont les Britanniques de leur pays. Les nations qui le constituent ont toujours conservé leur langue et leurs particularismes.

    Et ce d'autant plus que la formation de la Grande-Bretagne, en 1707, s'est faite par un acte d'union, qui spécifiait que les deux Royaumes d'Angleterre et d'Écosse n'étaient unis que dans la personne d'un souverain commun.

    Si le pays est dépourvu d'équipe nationale, c'est aussi parce que, dès le départ, les quatre nations qui le constituent ont eu leur propre équipe. Or, ce sont les Britanniques qui sont à l'origine du football international.

    En effet, ils ont organisé le premier match opposant deux nations, l'Écosse et l'Angleterre, le 30 novembre 1872. C'est-à-dire bien avant la création de la Fédération internationale de football association, ou FIFA, en 1904.

    Au moment de cette création, Les Britanniques, souhaitant conserver leur organisation propre, ont imposé à la FIFA la présence de leurs quatre équipes, représentant chacune l'une des nations composant le Royaume-Uni.

    De son côté, l'Union des associations européennes de football, ou UEFA, a tenté de conditionner l'acceptation de nouveaux membres au respect de règles plus strictes. Elle a ainsi décidé de n'admettre que les pays faisant partie de l'ONU. Mais cette décision a été annulée par le Tribunal arbitral international du sport.

    Malgré cette déconvenue, l'UEFA continue à se montrer exigeante envers certains pays, comme le Kosovo, dont l'indépendance, proclamée en 2008, n'est pas reconnue par tous les pays, et notamment par la Serbie. De son côté, la FIFA n'admet pas des entités territoriales comme la Laponie, les Îles Vierges ou encore Porto Rico.
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  • Décidément, les téléphones portables servent à tout, y compris à régler ses comptes. En effet, bien des utilisateurs, et notamment des couples, pratiquent le "fexting". Contraction des mots anglais "fight", qui signifie "combat", et "texting", qui veut dire "envoi de messages", le "fexting" désigne donc l'habitude de régler un différend par messages interposés.

    Le terme aurait été popularisé par le couple présidentiel américain. En effet, la "First Lady" a confié à un journaliste qu'elle envoyait de temps à autre à son mari des messages courroucés.

    Ce qui lui évitait de se disputer en public avec le Président, ce dont les médias n'auraient pas manqué de faire leurs choux gras. De nombreux couples en feraient autant.

    Aux yeux de ceux qui le pratiquent, le "fexting" ne manque pas d'avantages. Les timides en profitent pour dire leur quatre vérités à des gens qu'ils n'oseraient jamais affronter en face.

    Pour certains, cette méthode permet également de prendre du recul et de choisir ses mots. L'antagoniste n'étant pas là, on se sent plus calme et on risque moins de perdre ses moyens, sous l'effet d'une colère qu'on ne peut pas toujours maîtriser.

    Par ailleurs, l'envoi d'un texto peut sembler assez anodin. Dans l'esprit de nombre d'utilisateurs, il n'implique pas de résoudre un éventuel conflit dans l'immédiat. Il laisse donc le temps de la réflexion.

    Mais des psychologues et des thérapeutes alertent sur les dangers du "fexting". En effet, les mots employés sont parfois mal interprétés par le destinataire du message.

    Et, comme ils sont écrits, et qu'on peut conserver les messages, ils ont souvent plus d'impact. Et parfois, comme à l'oral, les mots utilisés dans un texto dépassent la pensée de ceux qui les emploient. Mais, là, il est plus difficile de réparer les dégâts.

    En effet, le mal est fait, il est souvent difficile de le réparer par d'autres messages. Ils ne font souvent que renforcer le malentendu. Même des couples unis ou des amitiés solides ne résistent pas toujours aux méfaits du "fexting".
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  • Le 18 juin 1815, la sanglante bataille de Waterloo sonne le glas de l'Empire. Contraint à abdiquer une seconde fois, Napoléon sera exilé sur la lointaine île de Sainte-Hélène, où il trouvera la mort en 1821.

    La bataille entraîne un véritable carnage. Très variés, les chiffres donnés par les historiens vont de 5.000 à plus de 30.000 morts, sans compter les très nombreux blessés. Mais il est possible que ce bilan soit encore sous-évalué.

    La plupart de ces soldats ne vont pas recevoir de véritables sépultures. Pour des raisons sanitaires, une partie des dépouilles sont incinérées ou inhumées dans de vastes fosses communes.

    De nombreux cadavres sont donc enterrés de manière sommaire ou même laissés sur le champ de bataille. Et pourtant il est très rare de trouver des ossements ayant appartenu à des combattants de Waterloo.

    Dans ces conditions, on peut se demander ce que sont devenus ces restes humains. Une réponse assez macabre est donnée par certains historiens. D'après eux, il est probable que ces os aient été récupérés par des paysans. Certains, même, n'auraient pas hésité à déterrer les cadavres pour s'en emparer.

    Mais qu'auraient-ils bien pu faire de ces ossements ? Pour les historiens, la réponse ne fait guère de doute : ils les auraient revendus à l'industrie sucrière locale. Elle était très prospère depuis l'instauration du Blocus continental, en 1806, qui avait incité à remplacer la canne à sucre, importée des colonies françaises, par la betterave sucrière.

    Des os d'animaux, souvent de cheval, étaient en effet utilisés dans le processus de fabrication. Cuits dans des fours, ils étaient réduits en poudre et donnaient ce "noir animal" qui permettait de filtrer le sirop de sucre.

    Les ossements de chevaux auraient donc été remplacés, dans certains cas, par les os des soldats de Waterloo. Suspectant le trafic, les autorités locales avaient pourtant averti les paysans qu'ils risquaient gros à le poursuivre. Mais ces os étant payés à un bon prix, il semble que l'appât du gain l'emporta sur la peur du châtiment.
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  • Le seigneur était une pièce maîtresse de la société féodale qui s'est épanouie en Europe durant le Moyen-Âge. Cette société était dominée par les relations d'homme à homme. En effet, le vassal prêtait hommage à son suzerain, ou seigneur, qui, en échange, lui devait protection.

    Le vassal ayant lui-même des vassaux, ce système formait ce que les historiens ont appelé la "pyramide féodale". Le vassal devait des redevances, en nature et en argent, à son seigneur, ainsi que des corvées.

    Ce système, aboli officiellement par la Révolution française, s'est éteint peu à peu, dans le reste de l'Europe, entre le milieu du XVIe siècle et le milieu du XIXe siècle.

    Mais, de nos jours, il reste pourtant un endroit où le système féodal est encore en vigueur. Il s'agit de la petite île anglo-normande de Sercq. Peuplé de 600 habitants, ce petit territoire insulaire d'un peu plus de 5 km2 est proche de l'île de Guernesey.

    L'île de Sercq est encore gouvernée par un seigneur. On peut le considérer comme le denier d'Europe et l'île comme le dernier État féodal. Le seigneur actuel, en fonction depuis 2016, s'appelle Christopher Beaumont. Sa famille règne sur l'île depuis 1852.

    Quand une femme en devient le seigneur, elle porte le titre de "dame", comme au Moyen-Âge. Ainsi Dame Sibyl Mary Collings Beaumont Hathaway fut le seigneur de l'île de Sercq durant 47 ans, de 1927 à 1974.

    Comme au Moyen-Âge, les seigneurs de Sercq prêtent hommage à leur suzerain. Il s'agit du monarque britannique, qui est considéré comme l'héritier du duc de Normandie, dont dépendait autrefois cette île anglo-normande.

    Le seigneur lui paie toujours un cens, une redevance dont la valeur est inchangée depuis le Moyen-Âge. Il nomme également un sénéchal, qui préside l'organe constitué par la réunion des "chefs plaids", qui possèdent le pouvoir législatif. Depuis 2008, les membres de ce Parlement sont élus au suffrage universel.

    Les Sercquiais, qui tiennent à leur particularisme, défendent leur langue et le maintien du droit coutumier normand, qui s'applique toujours sur l'île.
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  • Le Sahara occidental est un territoire de plus de 265.000 km2, situé à l'ouest du Maghreb. Il a comme voisins le Maroc, l'Algérie et la Mauritanie.

    En 1884, après des victoires remportées sur le Maroc, l'Espagne commence à coloniser le Sahara occidental. Deux pays frontaliers en revendiquent très tôt la possession : le Maroc et la Mauritanie.

    Pour le premier, le Sahara occidental doit faire partie de ce "Grand Maroc" dont la constitution a été, en quelque sorte, retardée par la domination coloniale française. Quant à la Mauritanie, elle considère que les peuples mauritanien et sahraoui présentent de nombreuses similitudes.

    Mais les ressources d'un territoire au sous-sol très riche en phosphates et en minéraux divers, et, au surplus, bordé par une mer très poissonneuse, excitent aussi bien des convoitises.

    Malgré la demande de l'ONU, en 1965, l'Espagne refuse de quitter le Sahara occidental. Cette intransigeance entraîne la formation, en 1973, du Front Polisario, un mouvement nationaliste qui réclame l'indépendance du territoire.

    C'est alors le début d'un conflit qui dure toujours, de manière plus ou moins larvée. En effet, les combattants du Front Polisario, soutenus par l'Algérie, s'opposent aux Espagnols. Après la mort de Franco, en novembre 1975, ces derniers acceptent de se retirer de la région.

    C'est à ce moment, en octobre 1975, que le Roi du Maroc, Hassan II, organise une manifestation spectaculaire. Cette "Marche verte", qui mobilise une immense foule, était destinée à mettre en scène les ambitions marocaines sur le Sahara occidental.

    Un accord, en 1975, en confie la gestion au Maroc et à la Mauritanie. Mais, quatre plus tard, la Mauritanie renonce à toute revendication sur le territoire. Désormais, c'est donc contre le Maroc que le Front Polisario va se battre.

    Malgré un cessez-le feu, entré en vigueur en 1991, la situation n'a guère évolué. Le référendum d'autodétermination, promis à la population, n'a toujours pas eu lieu. Une portion du territoire est toujours occupé par l'armée marocaine.

    Et, alors que l'Espagne s'est retirée du Sahara occidental depuis près de 50 ans, le territoire n'a toujours pas reçu, malgré plusieurs tentatives en ce sens, de statut définitif.
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  • A priori, l'idée d'associer l'invention du vélo à une éruption volcanique peut paraître assez saugrenue. Et pourtant c'est la vérité.

    L'éruption en question, c'est celle du volcan Tambora, en Indonésie. Le 5 avril 1815, ce volcan connaît une éruption si violente qu'elle est considérée comme la seconde éruption la plus puissante de tous les temps.

    Et, de fait, elle aurait eu une puissance 10.000 fois plus importante que celle dégagée par la bombe d'Hiroshima ! On l'aurait entendue à une distance de 1.500 kilomètres.

    On ne s'étonnera pas qu'une telle éruption ait projeté dans l'atmosphère une masse considérable de cendres volcaniques. Au point qu'elles cachent durablement la lumière du soleil.

    Les cendres bouchent tellement l'horizon qu'on a pu appeler l'année 1816 l'"année sans soleil". Ces perturbations climatiques ont des conséquences économiques. En effet, elles touchent les récoltes et limitent la production agricole.

    Dans certaines régions, des famines se produisent et l'on tue des chevaux pour les manger. Ce faisant, les hommes se privent de ce qui est souvent leur seul moyen de locomotion.

    C'est en partie pour le remplacer que, en 1817, le baron allemand Karl Drais von Sauerbronn invente un nouvel engin. Il ressemble déjà un peu au vélo dans la mesure où il comprend deux roues, l'une à l'avant l'autre à l'arrière.

    Il y a aussi une sorte de selle pour s'asseoir. Le tout est en bois. Pour avancer, le "cycliste" se sert de ses deux jambes, qu'il pose sur le sol. Puis quand cette "draisienne", comme on va l'appeler en l'honneur de son inventeur, acquiert une vitesse suffisante, son conducteur peut rester en équilibre sur l'engin.

    C'est ainsi que le baron Drais parvient à parcourir plus de 14 kilomètres en une heure avec sa draisienne. Il faut donc considérer celle-ci comme l'ancêtre du vélo.

    Les pédales seront inventées par les frères Michaux en 1861. Près de vingt ans plus tard, en 1880, c'est la chaîne qui est mise au point par un Américain, Ogden Bolton. Le vélo tel que nous le connaissons aujourd'hui était né.
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  • Nous utilisons, dans la vie courante, des expressions dont nous ne connaissons pas toujours le sens. C'est peut-être le cas de l'expression "monter au créneau". Elle est utilisée pour désigner l'attitude d'une personne désireuse de défendre son point de vue avec détermination, surtout s'il est contesté. Il y a là comme une idée de combat, verbal bien sûr.

    Et ce n'est pas un hasard, puisque cette expression fait référence au comportement des garnisons médiévales. En effet, quand, au Moyen-Âge, ou même un peu plus tard, une ville était assiégée, les soldats montaient sur les remparts pour la défendre.

    Là ils étaient protégés, mais pouvaient utiliser les créneaux pour combattre les assaillants. En effet, ces ouvertures, pratiquées dans les remparts, permettaient aux combattants de voir leurs ennemis et de faire pleuvoir sur eux une nuée de projectiles.

    Donc, "monter au créneau" (ou "aux créneaux"), c'est prendre ses dispositions pour repousser une attaque, et, par extension, défendre vigoureusement ses convictions. Cependant, même si le ministre qui "monte au créneau" prend des risques, il est peu probable qu'il y perde la vie.

    Si quelqu'un vous "court sur le haricot" c'est qu'il vous agace. Mais d'où vient cette expression populaire ? Pour le comprendre, il faut d'abord expliquer un sens particulier du verbe "courir".

    En effet, depuis le XVIe siècle, "courir quelqu'un" signifie, dans un registre familier, l'agacer ou lui causer du tracas. Maos que vient faire le haricot dans cette histoire ?

    Dans cette acception, on peut le rattacher au verbe "haricoter", en usage depuis le XIXe siècle. Il est notamment employé pour désigner une personne importune ou mesquine en affaires, qui, pour reprendre une autre expression, "coupe les cheveux en quatre".

    Mais, toujours dans un registre familier, voire même argotique, le mot "haricot" désigne aussi les orteils. Ainsi, quelqu'un qui "vous court le haricot" c'est, en quelque sorte, une personne qui "vous casse les pieds".

    C'est d'ailleurs une expression purement française. En effet, un Allemand agacé par son voisin, par exemple, dira plutôt qu'il lui "marche sur le biscuit". On le voit, les images alimentaires ont toujours du succès.
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  • Le mot nécropole vient du grec "necros", qui signifie mort ou cadavre, et de "polis", qui fait référence à une cité-état. Il signifie donc littéralement « «cité des morts » ou des cadavres et provient à l'origine d'une zone de l'antique Alexandrie, appelée Nécropolis justement, une zone où précisément l'on enterrait les morts.

    Ainsi une nécropole désigne un vaste ensemble de tombeaux et de sépultures regroupés en un même lieu. On l'utilise le plus souvent pour désigner les grands lieux de sépulture des civilisations antiques, mais techniquement nos grands cimétières modernes pourraient également être désignés de la sorte.

    Vous le savez, de nombreuses cultures anciennes ont eu pour tradition d'enterrer leurs morts avec des objets dont ils pouvaient avoir besoin dans l'au-delà, de sorte que dans des nécropoles on a pu découvrir quantité de textiles, bijoux, et autres objets funéraires. Des objets qui à chaque fois, permettent d'identifier certaines caractéristiques au sein d'une civilisation ou d'une société donnée, par exemple, des principes idéologiques ou des croyances...

    Réparties sur les cinq continents, les principales nécropoles sont pour la plupart associées à de grandes civilisations antiques qui ont profondément marqué l'histoire. C'est le cas des grandes pyramides de Gizeh en Égypte, figurant parmi les Sept Merveilles du monde antique, ou bien de la nécropole romaine d'Aoste.

    Cependant, certaines des plus grandes nécropoles ont des origines encore mystérieuses. C'est le cas de la nécropole de San Agustín en Colombie, qui est la plus grande nécropole d'Amérique et le site archéologique le plus important de ce pays.

    Ici soulignons d'abord que San Agustín est situé dans le département de Huila dans le Massif colombien, l'une des six régions touristiques du pays, non loin de la cordillère des Andes. Pour info c'est là que naît le principal fleuve de Colombie, le fleuve Magdalena, qui traverse le pays sur 1600 km, traversant 22 des 32 départements et qui a été l'épine dorsale de la culture, du commerce et de l'histoire de la Colombie.

    Si je vous en parle, c'est que les parcs archéologiques de San Agustín sont classés au patrimoine mondial depuis 1995 par l'UNESCO. Pourquoi ? Car c'est tout simplement le "plus grand ensemble de monuments religieux et de sculptures mégalithiques d'Amérique du Sud". 150 sculptures sur environ 78 hectares. C'est l'une des principales manifestations de la sculpture préhispanique dans le nord du continent sud-américain.

    C'est le long de la route qui traverse l'immense parc, une des principales destinations émergentes en Colombie, transformée grâce à la paix, que l'on découvre ces statues sculptées dans la pierre par une ancienne communauté. Elles représentent des figures humaines, des animaux, des divinités et des monstres, les plus grands d'entre eux mesurant 7 mètres de haut.

    Mais ce n'est pas tout. Dans ce complexe de 5 parcs archéologiques, se trouvent des endroits incroyables comme Lavapatas, un grand système de canaux sur pierre sculptée avec là encore des figures humaines, des amphibiens et des reptiles.

    Cependant, la connaissance de cette culture préhispanique aujourd'hui appelée augustinienne est limitée. La nécropole a été découverte en 1914 par l'explorateur allemand Konrad Preuss et un certain nombre de ces statues se trouvent aujourd'hui au Musée Ethnologique de Berlin. Par ailleurs aucun document écrit ne donne davantage d'explications quant à ces vestiges archéologiques.

    Aussi, avec tout sa splendeur, San Agustín reste l'un des plus grands mystères des civilisations précolombiennes.
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  • S'il n'est pas le logo officiel de l'empire Disney, Mickey Mouse en est sans conteste l'emblème le plus connu. Depuis que la célèbre souris a été créée par Walt Disney, en 1928, elle a rapporté beaucoup d'argent à son dessinateur, puis au groupe qu'il a fondé.

    On estime en effet que cette célèbre mascotte permettrait à la société Disney d'engranger près de 6 milliards de dollars par an. Soit davantage que les droits de "Star Wars", qui se sont montés à un peu plus de 4 milliards de dollars.

    La firme ne plaisante donc pas avec l'utilisation de la petite souris, représentée par trois cercles, un pour le visage et deux pour les oreilles. En effet, elle n'est toujours pas tombée dans le domaine public.

    Ce qui a permis à Disney d'intenter des procès, souvent avec succès, contre tous ceux qui ont essayé d'utiliser la célèbre souris sans demander l'autorisation à qui de droit, et donc sans payer les royalties dues au groupe.

    À vrai dire, Mickey Mouse aurait dû tomber dans le domaine public depuis près de quatre décennies. En effet, d'après la législation en vigueur à l'époque, le célèbre emblème, qui a bénéficié d'un copyright en 1928, aurait dû rejoindre le domaine public en 1984.

    Mais, grâce à une intense campagne de lobbying, pratique parfaitement légale aux États-Unis, les responsables de Disney ont réussi à repousser l'échéance jusqu'en 2003, puis 2023.

    Réussiront-ils à obtenir un nouveau délai ? Si c'est le cas, disent certains, le droit d'auteur, qui avait vocation à protéger les créateurs, deviendrait une sorte de rente de situation, au seul profit d'une entreprise déjà très florissante.

    Par ailleurs, certains voient dans les démarches du groupe une bataille d'arrière-garde. De leur point de vue, en effet, la popularité et la notoriété de la célèbre souris sont telles qu'elle semble déjà faire partie du domaine public.

    Enfin, même tombées dans le domaine public, des œuvres comme "Cendrillon" ou "Alice au pays des merveilles" peuvent rapporter gros. Ce serait sans doute la même chose pour Mickey.
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  • Si vous souhaitez découvrir mon podcast Choses à Savoir Histoire:

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  • Qui n'a pas rêvé de trouver dans son jardin un coffre plein de pièces d'or ? Il faut bien dire que la chose n'est pas fréquente. Mais si vous faites quand même une telle trouvaille, que se passe-t-il ?

    Il faut d'abord considérer la nature du trésor. S'il s'agit de pièces ou d'objets très anciens, ils peuvent présenter un intérêt d'un point de vue historique ou scientifique.

    Dans ce cas, vous êtes tenu de signaler la découverte à la mairie de votre commune, qui avertira ensuite les services compétents. L'État peut conserver ce trésor durant 5 ans. Au terme de ce délai, il peut vous le restituer ou vous indemniser.

    Si vous estimez que votre trouvaille n'a pas d'intérêt archéologique ou scientifique, c'est une loi plus ancienne qui s'applique. Elle prescrit que le trésor vous appartient en totalité si vous l'avez trouvé dans un terrain ou une maison vous appartenant.

    Si vous le découvrez dans le jardin de votre voisin, vous devez lui en donner la moitié et garder l'autre moitié pour vous.

    Pour être considéré comme faisant partie d'un trésor, les objets découverts doivent être "trouvés". Autrement dit, vous devez tomber sur eux par hasard. Si, muni d'un détecteur de métaux, vous entreprenez des fouilles, le trésor découvert n'en sera pas un, du moins d'un point de vue juridique.

    Si vous voulez faire des recherches dans ce but, il faut demander une autorisation officielle. Sinon, vous pouvez être condamné à payer une forte amende.

    Autre point important : pour être considéré comme tel, le trésor doit avoir été caché; En effet, si vous trouvez un sac rempli de pièces dans votre grenier, lieu utilisé ordinairement pour entreposer des objets, il ne sera pas assimilé à un trésor.

    Ce sera le cas, en revanche, s'il est enterré dans votre jardin ou dissimulé dans un trou creusé dans le mur. Enfin, si vous trouvez du pétrole chez vous, il ne vous appartiendra pas. En effet, toutes les ressources minières sont la propriété de l'État.
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  • Les médias se font régulièrement l'écho de ces animaux de compagnie qui, par la volonté de leurs maîtres fortunés, deviennent plus riches que beaucoup d'humains. Mais ces histoires se passent dans des pays comme les États-Unis, où il est possible de léguer ses biens à des animaux.

    En France, et dans de nombreux autres pays, les animaux ne peuvent pas hériter de la fortune de leurs maîtres. Et pourtant leur statut juridique a évolué. En effet, depuis 2015, ce ne sont plus seulement des biens meubles, autrement dit des objets.

    Une loi de 2015, dont le contenu a été inscrit dans le Code civil, fait des animaux des "êtres vivants doués de sensibilité". Mais ce nouveau statut les protège surtout contre les mauvais traitements.

    Il n'accorde pas pour autant aux animaux la personnalité juridique. C'est elle qui définit la capacité à être détenteur de droits et de devoirs. Parmi ces droits, figure celui de pouvoir hériter d'un bien.

    Ainsi, vous ne pouvez pas faire un testament en faveur de votre chien. Il serait annulé de plein droit. Mais il reste pourtant une solution : ce que les juristes appellent le "legs à charge".

    De quoi s'agit-il ? Faire un legs à charge, c'est léguer une somme d'argent à une personne ou une association, en précisant qu'elles doivent s'occuper de votre animal de compagnie.

    Il est même possible de préciser par écrit, dans un document officiel, que cette somme ne peut avoir d'autre objet que l'entretien de l'animal et les soins à lui donner.

    Vous pouvez même prendre des précautions supplémentaires. En effet, vous pouvez craindre qu'au décès de la personne chargée de soigner votre animal, celui-ci soit négligé.

    Dans ce cas, vous pouvez faire un legs "de residuo". Il prévoit que, si la personne chargée de votre animal disparaît, le reste de l'argent légué soit confié à une autre personne, nommément désignée. Et, là encore, il est spécifié, dans le document, que cette personne doit continuer à s'occuper du chien ou du chat.
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  • On le sait, la langue française ne manque pas de difficultés. Ainsi, le genre de certains mots pose parfois quelques problèmes. C'est notamment le cas des mots qui sont à la fois masculins et féminins.

    À cet égard, il faut faire un sort particulier au mot "gens". En effet, quand il est précédé d'un adjectif, il se met souvent au féminin. Ainsi, on dira "de vieilles gens" ou "ces bonnes gens".

    Mais si l'adjectif est apposé, c'est-à-dire séparé du reste de la phrase par une virgule, le mot "gens" est du genre masculin. Exemple : "coléreux et brutaux", ces gens sont dangereux".

    Si "gens" est suivi d'un adjectif, il est également masculin. Ainsi, on dira "des gens intelligents". Mais il y a plus curieux; en effet, le genre du mot "gens" peut changer dans la même phrase, selon que les adjectifs sont placés avant ou après le mot. Exemple : "Ces vieilles gens sont très lents".

    Certains mots s'écrivent de la même manière, au masculin et au féminin, mais, quand ils changent de genre ils changent aussi de sens. Ainsi, il ne faut pas confondre la greffe de rein avec le greffe du tribunal, la crêpe, délicieux dessert, avec le crêpe, qui est un tissu, ou encore le page de la Renaissance avec la page du livre.

    Mais certains mots changent de genre selon qu'ils sont employés au singulier ou au pluriel, et, dans ce cas, ils conservent à peu près le même sens.

    C'est le cas du mot "amour". On dira donc :"son amour pour elle est très fort", mais "des amours enfantines". De même, le mot "orgue" change de genre dans les mêmes conditions.

    On parlera ainsi de "l'orgue monumental de la cathédrale" mais "des grandes orgues de cette collégiale". Il en va de même du mot "délice". On dira ainsi : "ce gâteau est un vrai délice", mais "ils ont connu de merveilleuses délices".

    Le cas du mot "hymne" est un peu différent. Au féminin, il désigne plutôt un chant chrétien et un chant national au masculin.
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  • Pour écouter Choses à Savoir Sciences:
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    Pour écouter Choses à Savoir Histoire:
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    De nos jours, les propriétaires d'animaux de compagnie leur sont très attachés. Aussi, quand ils meurent, ils tiennent, la plupart du temps, à leur donner une véritable sépulture.

    Il est d'ailleurs interdit de jeter le corps d'un chien ou d'un chat dans une rivière ou dans la nature. Mais peut-on les enterrer dans son jardin ? Oui, à condition de respecter certaines conditions.

    En premier lieu, le terrain doit appartenir au propriétaire de l'animal mort.
    Par ailleurs, une telle inhumation ne peut être envisagée que pour un animal de moins de 40 kilos.

    De même, la tombe de l'animal doit se trouver à une certaine distance des maisons et des points d'eau. L'animal ne doit pas être enterré dans une bâche en plastique, par exemple, qui pourrait polluer le sol. Il vaut mieux l'envelopper dans un linge ou le placer dans une boîte en carton, en osier ou en bois.

    S'il est inhumé à même le sol, la tombe doit être assez profonde. Enfin, le corps doit être recouvert de chaux vive.

    La loi interdit d'enterrer dans son jardin, ou ailleurs, un animal excédant les 40 kilos. Dans ce cas, il faut faire appel, dans un délai de deux jours, à une entreprise d'équarrissage.

    Elle intervient surtout pour des animaux volumineux, comme les chevaux par exemple.
    Le décès de l'animal doit être déclaré à la commune, dans un délai précis. Faute de quoi, le contrevenant s'expose au paiement d'une forte amende.

    L'animal mort peut également être confié au vétérinaire, qui le prendra en charge. Il faut rappeler que l'inhumation d'un animal de compagnie dans son jardin n'est pas la seule solution.

    Il est également possible de le faire incinérer. Il peut s'agir d'une crémation collective ou individuelle. Dans ce dernier cas, il est possible de récupérer les cendres de l'animal.

    Il existe enfin des cimetières animaliers. À vrai dire, ils sont assez peu nombreux. Dans ce cas, il faut acheter une concession, pour une durée variable, et régler une taxe spécifique. Souvent privés, ces cimetières sont fréquemment gérés par des associations.
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  • L'ordalie, pratiquée au Moyen-Âge, est aussi appelée "jugement de Dieu". En effet, cette pratique repose sur la croyance que, si un homme est innocent ou coupable de l'action dont on l'accuse, Dieu l'indiquera. Car, bien entendu, aucune action humaine ne saurait lui échapper.

    On va donc soumettre l'accusé à une épreuve. Elle est souvent dangereuse et peut même provoquer la mort. S'il s'en sort à son avantage, c'est qu'il est innocent. En effet, c'est Dieu qui lui a permis de surmonter cette épreuve.

    En revanche, si l'épreuve n'est pas concluante, ou que l'accusé y succombe, c'est qu'il est coupable. En effet, c'est Dieu qui lui a envoyé ce châtiment.

    Les juges ont tout de même une certaine latitude : ce sont eux qui décident de soumettre une personne au jugement de Dieu et qui choisissent le type d'ordalie à laquelle elle sera soumise.

    Il existe en effet plusieurs sortes d'ordalies. On peut demander à l'accusé de traverser un bûcher. S'il en sort indemne, c'est qu'il est innocent. C'était aussi le cas si, après avoir tenu en main une barre rougie au feu, la plaie se cicatrisait bien.

    Le même principe était appliqué dans le cas de l'ordalie par l'eau bouillante. Dans ce cas, l'accusé était invité à plonger son bras dans un baquet d'eau bouillante, afin de ramasser un objet déposé au fond du récipient. Là aussi, c'est l'évolution de la plaie qui indiquait le verdict prononcé par Dieu.

    Mais l'accusé pouvait être également plongé dans une eau froide et bénie par un prêtre. Il montrait son innocence en coulant au fond de l'eau. S'il flottait, c'est que l'eau bénite le "refusait" : il était donc coupable.

    Mais l'ordalie pouvait aussi impliquer deux personnes. Dans ce cas, elle prenait surtout la forme du "combat judiciaire". Il opposait deux personnes, dont chacune prétendait être innocente.

    Il s'agissait d'une lutte à mort, dont le vainqueur était proclamé innocent des faits incriminés. Les personnes concernées n'étaient pas obligées de se battre elles-mêmes; elles pouvaient désigner des champions, qui combattaient à leur place.
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  • Pour écouter le podcast Faits Divers de Choses à Savoir:

    Apple Podcast:
    https://podcasts.apple.com/us/podcast/faits-divers/id1634132713

    Spotify:
    https://open.spotify.com/show/206pWa4UKAgDLTLgx5l9ch?si=ac8911da8028483b

    Deezer:
    https://deezer.com/show/3871907

    Google Podcast:
    https://www.google.com/podcasts?feed=aHR0cHM6Ly9mZWVkcy5tZWdhcGhvbmUuZm0vRk9ETDc1NTQ3MTkxMzI%3D

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    Au jeu d'échecs, c'est la Reine, ou plutôt la "dame", qui a le plus de possibilités. En effet, elle peut se déplacer aussi bien à l'horizontale qu'en diagonale ou à la verticale, et d'autant de cases que le souhaite le joueur.

    Elle est donc plus puissante que le roi qui peut, lui aussi, se déplacer dans toutes les directions, mais d'une seule case. S'agit-il là d'une manifestation précoce d'un féminisme inattendu ?

    En effet, le jeu d'échecs est très ancien. Il aurait été créé aux Indes, voilà environ 1.500 ans. Mais, à cette époque et en ces lieux, où la place de la femme était réduite, il n'y avait que des pièces masculines sur l'échiquier. On le voit, il n'est donc pas question de féminisme.

    Le jeu d'échecs s'est ensuite répandu en Perse, puis dans les pays musulmans. Et la pièce que nous appelons la "dame" se nommait alors "fiz" ou "vizir". Ce nom était aussi un titre, porté par le plus puissant ministre d'un calife ou d'un émir.

    Par conséquent, cette pièce ne pouvait pas être plus forte que le Roi. C'est ce qui explique qu'à cette époque, le "vizir" ne pouvait se déplacer que d'une case en diagonale.

    Alors comment le "vizir" est-il devenu la "dame" ou la "Reine" ? La responsable de ce changement est peut-être Isabelle Ière, dite la Catholique, qui règne sur la Castille et le Leon de 1474 à 1504.

    Elle s'était prise de passion pour les échecs, transmis à l'Espagne par les Arabes d'Andalousie, qu'elle avait d'ailleurs vaincus. Cette femme de pouvoir n'aurait pas toléré que, dans ce jeu, la Reine fût reléguée à une position subalterne par rapport au Roi.

    Elle aurait donc fait changer les règles, exigeant qu'on donne la place centrale à la Reine. Il se peut aussi qu'au moment de l'introduction du jeu d'échecs en Europe, vers le Xe siècle, on ait mal traduit le mot "vizir". Par la faute de traducteurs incompétents, le "vizir" serait cette "dame" pourvue de tous les pouvoirs par Isabelle la Catholique.
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  • Il en est des comptines comme des contes de fées. Certaines sont loin d'être innocentes. Elles racontent en effet, sur des musiques allègres, des histoires horribles. C'est le cas de la célèbre chanson "Il était un petit navire".

    Elle met en scène l'équipage d'un navire dont les vivres se sont épuisées. Les matelots tirent alors à la courte paille pour savoir lequel serait mangé par les autres. Le sort tombe sur un jeune mousse qui, de désespoir, adresse une prière à la Vierge Marie.

    Pendant ce temps, ses compagnons réfléchissent à la meilleure manière d'accommoder le jeune marin. Mais la brusque irruption de poissons dans le bateau sauve le mousse in extremis.

    Il est donc question, dans cette chanson, d'une sorte de cannibalisme de nécessité. Les paroles de ce chant de marin ont été modifiées au XIXe siècle, avec l'ajout, à la même période, du refrain que nous connaissons aujourd'hui.

    Quand un enfant chante "Jean Petit qui danse", il ne se doute pas du sens réel des paroles. Heureusement pour lui. Il est question, dans cette chanson, d'un certain "Jean Petit", qui danse avec son doigt, puis avec son pied et ainsi de suite.

    À chaque couplet, toutes les parties du corps déjà citées sont reprises. Rien que de très innocent me direz-vous. Sans doute, si on ne sait pas à quoi la comptine fait référence.

    En fait, elle parle du supplice de la roue. Très en vogue sous l'Ancien Régime, il consistait à briser, un à un, les membres du condamné, attaché sur une roue. Cet horrible châtiment était public. La comptine ferait allusion à Jean Petit, l'un des meneurs de la révolte paysanne des Croquants, qui souleva une partie du Rouergue au milieu du XVIIe siècle.

    En effet, il fut bien condamné à la roue. Pour certains, cette chanson très populaire daterait donc du XVIIe siècle. Elle est accompagnée d'une chorégraphie, dans laquelle les danseurs forment une ronde, puis frappent le sol avec la partie du corps dont il est question dans la comptine.
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